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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 07:45

En regardant d'un peu haut et sans rien mé­connaître, on peut avancer que la richesse ou la pauvreté sont indifférentes à la vie. On n'en dirait pas autant de la misère, qui frise, si elle ne l'atteint, la totale impuissance.

 

Encore reste-t-il à l'homme misérable la possibilité merveil­leuse d'être un héros, parfois un martyr. Mais la pauvreté est compatible avec une vie nor­male et haute; la richesse aussi; chacune a ses avantages et chacune ses pièges; dans notre vie complexe, on ne peut assurer laquelle réussira, laquelle échouera. La seule ressource est d'op­poser à la complexité du dehors la simplicité élevée du dedans. Alors, elles s'égalent.

 

La richesse est de ne manquer de rien; mais il y a deux façons de satisfaire cette requête : ou courir après ce qui manque, ou se contenter de ce que l'on a.

 

Les faibles pensent à ce qu'il leur faille pour agir et pour vivre; les forts pensent à vivre et à agir avec ce qu'ils ont. Les premiers mau­dissent le sort; les seconds le dédaignent ou se vengent de lui. « Les grands hommes ont de petits lits », dit M. Henri Lavedan.

 

Quand on ne sait pas se contenter de ce qu'on a, c'est en vain qu'on désire ce qu'on n'a pas; on ne saurait en user avec sagesse.

 

Qui n'est pas prêt à la patience est tout prêt pour l'abus.

 

L'humanité a besoin de la richesse, qui repré­sente pour elle un supplément d'existence et de pouvoir; mais chaque humain, pour peu qu'il sache s'adapter à son cas et s'assimiler ce qui est à sa disposition dans la richesse commune, peut être riche avec peu d'argent.

 

Le bon riche a le droit de dire : tant mieux! Mais c'est à la condition, s'il devient pauvre, de savoir dire : tant pis!

 

C'est que, quand on a de l'argent, on a « de quoi vivre »; mais après cela, il faut vivre, et quand on sait le « prix » des choses, il reste à en découvrir la valeur.

 

Le pauvre qui est à plaindre n'est pas celui qui manque d'argent; c'est celui dont l'âme est dépourvue et les ambitions spirituelles petites.

 

On dira de celui-ci : quel pauvre homme! On ne le dira pas de celui qui vit petitement et montre un grand cœur.

 

On peut trouver le moyen de s'enrichir de sa pauvreté, comme des riches trouvent le moyen de s'appauvrir du fait de leur argent. Si les riches sont privilégiés en quelque chose, c'est parce qu'ils peuvent dire avec Septime Sévère : « J'ai eu tout, et j'ai vu que tout n'est rien. »

 

Ceux qui détiennent la vérité définitive au sujet de la richesse, ce sont les enfants, et c'est pourquoi l'Évangile veut qu'on leur ressemble. Les gens sérieux, qui regardent avec un sourire d’indulgence les jeux des enfants, ce sont eux qui bâtissent des châteaux de sable.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 02:55

Nietzsche définit l'héroïsme : « l'état d'un homme qui poursuit un but au regard duquel lui-même ne compte plus ». Et il observe qu'une telle attitude condamne un être à aller du même geste au-devant de ses plus grandes douleurs et de ses plus hautes espérances. Pour qu'il en fût autrement, il faudrait que le héros habitât un univers parfait, parfait lui-même. Or le monde est « livré à la malice », dit saint Jean, et le héros constate chaque jour — c'est sa plus grande peine — qu'il n'est que la caricature et comme la comédie de son propre idéal.

 

Les plus grands cris de désespoir ont été jetés par les génies, les héros et les saints. Désespoir exaltant, celui-là, et non point mortel; aiguillon de l'action, non instrument de chute; car il n'a pas pour objet un milieu hostile qu'on aurait la tentation de déserter, mais un obstacle inté­rieur dressé devant un objet qu'on estime plus que tout, qu'on veut à tout prix, et qui attire infiniment plus que l'obstacle ne repousse.

 

Le désespoir du héros naît de l'impossibilité et de la nécessité rigoureuse du parfait.

 

Qui ne nous demande pas l'impossible ne nous honore pas assez, et qui nous le demande nous consterne.

 

Il y a en nous un sens de l'impossible et il y en a la peur, comme d'un inaccessible sommet. C'est la misère personnelle du héros en même temps que sa gloire.

 

Quant au milieu où le héros évolue, le cas est pareil. Gloire et misère aussi. A l'ordinaire, les hommes sont en contact surtout par leurs faiblesses. Le héros est presque toujours seul. Pourtant, il attire. Il attire précisément à condition de ne pas se conformer.

 

Contradiction? Non; dualité. Il y a en nous deux êtres, dont l'un s'agrège au frère en faiblesse et l'autre au héros. Celui-ci est pour les hautes parties de l'âme; celui-là pour les moyennes et les basses, et l'on ne renoncerait ni à cette complicité secrète, ni à cet idéal.

 

De là vient sans doute que les héros spirituels ou temporels, si peu utilisés dans le fait, sont cependant surveillés et jugés avec une âpreté implacable. On en veut davantage à un grand homme de bien qui a un défaut ou qui commet une faute, qu'à un médiocre ou à un vicieux. On lui en veut de sa défaillance. On lui en veut d'avoir seulement une défaillance. Diversement, il nous gâte, par sa valeur persistante le métier d'homme, et par sa faute celui de héros. Est-ce là une injustice? Oui; mais c'est aussi un hom­mage. Pour tous c'est une leçon.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 08:20

On peut penser que le sage et le héros spiri­tuel ne sont qu'un. Toutefois, la qualification d'héroïsme ajoute à la sagesse un dépassement qui se compare à elle comme au beau la subli­mité.

 

Tout homme est un héros en herbe, et tout chrétien le commencement d'un saint, un enfant de sainteté, si je puis dire, mais qui rarement arrive au terme. L'héroïsme, au gré de William James, est la définition de toute vie : combien plus de la vie selon l'esprit et selon le Saint-Esprit, de la vie en l'intimité de son Auteur, où elle se réfugie en sa plénitude !

 

Dans la vie humaine, c'est l'exception idéale qui est le vrai, précisément parce qu'elle est l'idéal. Nous sommes fils de l'idée, et c'est par conformité à cette idée que nous sommes nous et que nous sommes.

 

Parlant des actions qui ont mérité à quel­ques-uns la Croix Victoria, Kipling observe : « L'homme ne peut la gagner qu'en oubliant lui-même sa propre gloire et en travaillant pour quelque chose au delà, en dehors, extérieure à lui-même. Et il n'y a pas d'autre façon, semble-t-il, de gagner dans ce monde quoi que ce soit qui vaille la peine d'être gagné. »

 

Que s'il s'agit de gagner Dieu, d'escalader en grand essor la vie éternelle, de conquérir une intimité de choix dans la famille intime du Père, du Fils et de l'Es­prit groupant les élus, la nécessité s'accroît de se dépasser soi-même, non seulement dans son être inférieur et dans son honneur terrestre, mais dans son tout, laissant trôner dans ses préoccu­pations et régner dans sa conduite l'unique hon­neur et l'unique bon vouloir divins.

 

Ce besoin d'infini est ce qui répond le mieux à notre nature, quand nous sommes avertis par la foi et prévenus par la grâce. On retrouve sa marque, au négatif, jusque en la frénésie du mal, dans cet instinct satanique et grandiose quand même qui pousse certains êtres à de redoutables excès.

 

Un Baudelaire nous révèle cette souve­raineté de l'abus, cet héroïsme de la misère, qui précipite au néant, avec des gestes magnifiques, une âme éprise de grandeur et de liberté.

 

La vie n'est un drame qu'en raison de ce choix. Elle est la lutte que nous menons, dans un sens ou dans l'autre, en bien ou en mal, contre Dieu et contre nous, pour notre souveraine joie ou bien notre totale perte.

 

Tout autre drame est un jeu d'enfant. Or le héros fait confiance au bien. Il s'y donne à plein cœur. Sachant que le mal est traître, il a pour lui l'horreur qu'on a pour Judas baisant le Christ comme on donne la mort.

 

Le héros est prêt à tout sacrifice, égal à tout effort, ennemi de toute compromission, ignorant de toute demi-mesure, de tout repli et de toute ombre. Il fait sa loi des conditions que nous avons tracées de la vraie vie : s'éloigner de soi-même pour se voir; se fuir pour se retrouver; se nier pour s'affirmer; se combattre pour s'af­franchir; tout donner pour tout posséder; mou­rir pour vivre.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 08:58


                        

Extrait des visions de Ste Françoise Roumaine.

Ces mauvais esprits deviennent plus malicieux, plus savants et plus iniques dans leurs entreprises contre notre salut, parce que, dans leurs précédentes luttes contre les âmes qu'ils ne pouvaient vaincre par leurs propres forces et leur science personnelle, ils ont été instruits de ruses plus perfides par leurs compagnons, tombés d'un chœur céleste plus élevé, et plus astucieux et plus puissants qu'eux.

 

Tous les démons qui sont sur la terre et qui sont déchus du dernier rang de la milice angélique ne sont pas occupés à nous tenter. Ceux qui n'exercent pas cette fonction ne restent pourtant pas inactifs. Leur rôle consiste à tourmenter leurs compagnons d'infortune chargés d'éprouver les hommes, lorsqu'ils ne peuvent vaincre ceux-ci et les amener à obéir à leurs suggestions.

 

La justice divine en a ainsi ordonné et, chaque fois qu'un esprit tentateur ne réussit pas à triompher de l'âme qu'il a pour mission d'induire au mal, chaque fois qu'il ne peut, malgré ses efforts, l'incliner vers le péché, il est lui-même frappé par les autres diables. Ce tour­ment s'ajoute aux autres peines générales qu'il endure.

Toutes les fautes que nous commettons réjouissent l'enfer, mais aussi tous les actes de vertu que nous accomplissons, toutes les prières que nous prononçons, sont des occasions d'humiliations et de souffrances pour le Révolté et ses esclaves.

 

Lorsque le saint nom de Jésus est prononcé par un homme avec dévotion, tous les démons, aussi bien ceux qui sont dans les ténèbres de l'abîme que ceux qui parcourent les airs ou habitent la terre, sont forcés de fléchir le genou. Ils ne le font pas de leur propre vo­lonté, mais ils y sont contraints par la force divine de ce nom très saint.

 

Il arriva une fois, raconte sainte Françoise Romaine, que, s'entretenant avec son directeur de conscience de sujets spirituels, elle prononça le nom de Jésus. Aus­sitôt des démons, que la bienheureuse voyait sous divers aspects, frappèrent la terre de leur bouche avec une grande crainte.

 

Plus  la personne qui dit ce nom béni excelle en charité et en perfection chrétienne, plus les esprits déchus éprouvent de peine et souffrent cruellement.

 

Par contre, lorsque des pécheurs transforment cette appellation en blasphème ou en une vaine formule, les diables, bien que contraints malgré eux de plier le genou, ne s'en affligent pas, mais sont contents et s'en réjouissent à cause du péché qui est commis. De cette façon parfois ils s'attristent et parfois ils éprouvent de la satisfaction, mais, dans l'un comme dans l'autre cas, ils sont forcés de témoigner leur respect à leur Créateur.

 

De même toutes les fois que le nom de Jésus est pro­noncé soit en vain, soit par blasphème, soit par parjure, tous les esprits glorieux qui habitent la céleste patrie, de nature angélique ou de nature humaine, fléchissent le genou avec un grand respect. Ils n'éprouvent pas, il est vrai, la même joie que lorsqu'ils l'entendent louer et bénir, mais ils ne le saluent pas moins avec une ex­trême révérence.

 

Mais quand ce nom béni est invoqué et exalté, sur­tout par des personnes consacrées entièrement à Dieu, les habitants du Ciel manifestent une vénération pro­fonde et une joie indicible.

 

De même lorsque les hommes prononcent les autres noms de Dieu et celui de la Vierge Mère, les esprits glo­rieux, anges et saints, en éprouvent de la joie et de la fierté à proportion des mérites de ceux qui parlent.

 

Sainte Françoise Romaine disait que toutes les fois qu'elle proférait le nom de Jésus, ou que quelqu'un le prononçait devant elle, son ange, qu'elle voyait conti­nuellement, faisait la révérence avec un visage éclatant de félicité et un mouvement plein d'allégresse. Il ap­portait à cette action une telle dignité, une telle grâce, que la bienheureuse, à sa vue, se sentait tout enflammée d'amour pour Dieu.    FIN

 

Extrait de la : Vie de Ste Françoise Roumaine. (Chapitre III) Thibaud Landriot et Cie 1841.

 

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 09:44

                         

Extrait des visions de Ste Françoise Roumaine.

La servante du Christ comprenait en effet et con­naissait, par une faveur de la grâce divine, de quel rang était tombé chacun des ennemis qui la combattaient.

 

Lorsque ces esprits malfaisants viennent tenter une âme qui se défend courageusement, certains d'entre eux l'assaillent de front et les autres par derrière, comme des traîtres.

 

Cela arrivait souvent à sainte Françoise Romaine. Elle apercevait les diables placés derrière elle faire des signes à ceux qui se tenaient devant, et à leur com­pagnon chargé plus spécialement de l'éprouver. Elle les voyait, sous différents aspects, exécuter ce manège, et elle le comprenait. Elle se trouvait alors dans son état naturel et non pas en extase.

 

La bienheureuse fut interrogée par son Père spiri­tuel, au nom de l'obéissance, sur le point de savoir si elle distinguait ces démons les uns des autres, tant ceux qui tombèrent du dernier chœur angélique que ceux qui déchurent d'autres rangs de l'armée céleste.

 

Elle répondit qu'elle les distinguait parfaitement à cause de leur astuce et de leur malice dont le degré les rendait facilement reconnaissables les uns des autres. Elle le voyait et le comprenait dans les diables eux-mêmes et dans leurs tentations et leurs luttes contre elle-même et les autres personnes.

 

Lorsque les âmes s'endurcissent dans le péché mor­tel, les malins esprits s'établissent sur elles, comme sur un trône, et les dominent sous divers aspects et par des moyens différents, selon le nombre et la gravité de leurs péchés.

 

Mais lorsque ces âmes se repentent de leurs fautes et les confessent, les démons perdent leur empire sur elles et se voient renversés du siège ou ils s'y étaient ins­tallé ; alors ils rôdent tout autour d'elles, les tentent, s'efforcent d'y pénétrer de nouveau au moyen de quelque perfide   suggestion, et leur  causent mille in­quiétudes.

 

Cependant après une bonne confession ils ne peuvent plus les tourmenter autant, parce qu'ils ont été affaiblis par la puissance et l'efficacité préventive du sacrement de pénitence.

 

Cependant l'âme qui, durant sa vie terrestre, n'a pas su remporter la victoire sur les esprits mauvais, vient à sortir du corps qui lui avait été accordé pour gagner dans les combats la béatitude éternelle.

Le démon qui lui avait été donné pour l'éprouver se précipite sur elle avec un grand élan et une grande fureur et l'entraîne vers l'enfer.

 

Sainte Françoise Romaine voyait ces âmes infortunées, ainsi menées avec une rage et une cruauté inouïes, porter leurs péchés inscrits sur leurs fronts. Elle lisait ces caractères de honte et comprenait ainsi les causes de leur damnation ; mais chacune de ces infortunées connaissait les fautes de ses compagnes de malheur par une simple opération de l'esprit.

 

Les autres démons qui habitent sur la terre parmi les hommes accompagnent aussi l'âme réprouvée. Ils la tourmentent cruellement et la déchirent avec achar­nement jusqu'à ce qu'ils l'aient jetée dans l'enfer.

 

Alors le mauvais esprit qui a été victorieux de cette créature humaine, et ses compagnons d'iniquité qui se sont unis à lui pour la faire souffrir se réjouissent et célèbrent leur triomphe avec grande joie, tandis que leur victime tombe dans l'abîme.

 

Mais l'ange gardien qui, durant toute la vie terrestre de cette âme, s'est tenu constamment à sa droite et lui a suggéré sans relâche les bons conseils qu'elle a repous­sés, ne la quitte pas immédiatement après la mort. Après qu'elle est sortie de son corps, il l'accompagne jusqu'au moment où elle est précipitée dans l'enfer qu'elle a mérité justement par ses péchés, puis il remonte à la place qui lui a été fixée dans la gloire bienheureuse.

 

Mais lorsque, par une opération de la grâce divine, l'âme est envoyée en purgatoire, et lorsqu'elle est pla­cée dans la demeure inférieure de ce lieu de purification, le démon qui, durant son séjour sur la terre, lui avait été donné pour l'éprouver, se tient sous ses yeux hors du purgatoire. Là il est tourmenté cruellement sur l'or­dre de Lucifer, parce qu'il n'a pas réussi à gagner une nouvelle recrue au royaume infernal. Le supplice qu'il endure pour ce motif est distinct et séparé des peines générales qu'il subit pour n'avoir pas pris parti pour Dieu lors delà grande révolte du commencement, et il s'y ajoute comme un accroissement de tourment.

 

De son côté, l'âme, placée dans la demeure inférieure du purgatoire, souffre des peines particulières à cause des victoires partielles qu'elle a permis au malin esprit de remporter sur elle, et à cause aussi de l'épouvante qu'elle ressent à le voir si horrible, et de la douleur qu'elle éprouve, d'entendre ses reproches. Son ancien tentateur, en effet, lui fait honte des supplices qu'elle endure, et lui répète qu'elle les a mérités en obéissant à ses suggestions perverses et en offensant son Créateur.

 

Après que cette âme a été purifiée de ses fautes dans la demeure inférieure du purgatoire et en est sortie, le démon retourne sur la terre et il y est en butte aux moqueries des autres esprits mauvais, parce qu'il a perdu cette âme par sa mollesse et par sa négligence.

 

Lorsque ces suppôts de l'enfer, chargés du rôle de tentateurs, n'ont pas réussi dans la mission qui leur avait été confiée par Satan, ils ne sont plus délégués auprès d'autres hommes pour les éprouver ; mais ils errent sur la terre, tristes et misérables, et commettent les autres méfaits qu'ils peuvent.

 

Quelquefois, par une permission divine, ils sont en­voyés pour leur confusion dans le corps de bêtes brutes. D'autres fois ils possèdent les hommes et les femmes vivants et affirment mensongèrement être les esprits des défunts. Ils prennent même fréquemment les noms des décédés dans le but de diffamer leur mémoire.

 

Mais les démons qui ont gagné les âmes qu'ils étaient chargés de tenter, après avoir conduit leurs victimes en enfer, remontent sur la terre et demeurent parmi nous avec la réputation de vaillants et victorieux cham­pions de la cause de Lucifer. Leur chef leur confie ensuite de nouvelles missions semblables auprès des hommes.       (A suivre)

 

Extrait de la : Vie de Ste Françoise Roumaine. (Chapitre III) Thibaud-Landriot et Cie 1841.

 

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 09:25

                        

Extrait des visions de Ste Françoise Roumaine.

Il faut ajouter que les démons des airs et de la terre qui firent partie du premier ou du deuxième ordre de la hiérarchie céleste souffrent de plus grands supplices que les autres déchus d'un rang inférieur.

 

Il en va de même pour les prisonniers de l'abîme in­fernal. Plus ils ont jadis occupé dans le ciel une place élevée, plus ils sont maintenant tourmentés cruellement, parce qu'ils ont été plus coupables que leurs inférieurs.

 

La bienheureuse Françoise Romaine, lorsque éclataient de violentes tempêtes qu'elle reconnaissait produites par les malices des démons de l'air, avait coutume d'al­lumer des cierges bénits et d'asperger la maison d'eau bénite. Elle assurait que c'était là le remède le plus efficace contre les tourmentes delà nature nées de cette cause.

 

Elle disait aussi que les esprits mauvais qui habitent parmi nous, nous sont donnés pour nous éprouver, sont tombés du dernier chœur céleste, de celui des Anges.

 

De même, d'après elle, les Anges qui nous sont accor­dés par la bouté divine, pour nous garder, font tous aussi partie du dernier chœur.

 

Les démons chargés de nous tenter travaillent sans relâche à nous faire périr. Ils s'y acharnent de tant de manières, avec des moyens si puissants, avec tant d'astuce, de malice et d'habileté, que l'homme qui peut échapper à un tel nombre de pièges et d'embûches, doit s'estimer véritablement heureux; car l'âme, à moins qu'elle ne soit extraordinairement vigoureuse et coura­geuse, est perpétuellement tracassée et attaquée par l'armée des esprits pervers soit d'une façon, soit d'une autre.

 

Lorsque les âmes viriles ne se laissent pas vaincre par ces tentations, mais leur résistent avec constance, les démons tombés du dernier chœur des anges recon­naissent leur impuissance et appellent à leur aide d'autres esprits plus astucieux et plus remplis de malice.

 

Ces nouveaux arrivants enseignent alors aux diables chargés de nous éprouver ; comment ils doivent s'y prendre pour tenter et tourmenter les âmes qui se dé­fendent avec un courage et une persévérance extraor­dinaires, en les attaquant avec une violence extrême.

 

Il en arriva ainsi à la bienheureuse Françoise Romaine, ainsi qu'elle le déclara à son confesseur; car non seu­lement elle était tentée et tourmentée par l'inique esprit chargé auprès d'elle de ce rôle, mais elle l'était encore continuellement par les démons des airs, déchus du chœur des séraphins, et par d'autres diables de la terre ; et elle était en butte aux attaques non pas d'un seul d'entre eux, mais de plusieurs.  (A suivre)

 

Extrait de la : Vie de Ste Françoise Roumaine. (Chapitre III) Thibaud-Landriot et Cie 1841.

 

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 12:24


                      

Extrait des visions de Ste Françoise Roumaine.

Les malins esprits qui font leur demeure dans les régions aériennes produisent très souvent des pluies, du vent, des tempêtes et des orages de grêle. Ils s'en servent pour effrayer les âmes des hommes, les troubler et finalement les affaiblir. Ils en profitent pour diminuer en elles la confiance en la divine Providence et les faire défaillir dans la foi.

 

Lorsque ces âmes sont ainsi débilitées par les ma­nœuvres des démons de l'air, les esprits déchus qui existent sur la terre, mêlés aux hommes, les amènent plus facilement et plus rapidement à commettre des péchés d'orgueil.

 

Alors les diables, tombés du deuxième ordre de la hiérarchie angélique et soumis au démon Asmodée, prince du vice charnel, et qui habitent en ce monde parmi nous, trouvant ces âmes affaiblies par les esprits des airs et tentées d'orgueil, les attaquent et les font tomber plus vite et s'embarrasser dans des fautes con­traires à la chasteté.

 

A leur tour les esprits déchus des trois derniers chœurs de la milice céleste et soumis à Mammon, prince de l’avarice, qui ont pour fonction d'éprouver les humains et demeurent au milieu d'eux, attaquent ces âmes af­faiblies et enfoncées dans les dérèglements de l'orgueil et de la chair. Ils en ont plus commodément raison et leur inspirent l'avarice et l'amour exagéré de l'argent.

 

C'est alors qu'intervient Belzébuth, prince des ténè­bres. Il répand sur ces âmes qui ont quitté la pratique de la vertu les voiles de l'erreur et les éloigne de la vérité.

 

Ainsi ces âmes malheureuses, ne résistant pas aux suggestions des démons, tombent d'un péché dans un autre.

 

Chaque diable, désigné pour attaquer un homme, ne s'occupe que de lui seul et n'en tente pas d'autres, mais il applique toute son étude et tous ses efforts à le pervertir, sans prendre aucun souci d'autre chose.

 

Mais après qu'il a réussi à vaincre cet homme, il le persuade de commettre des fautes contre son prochain, dans le but d'offrir à ce voisin des occasions de tenta­tion, de scandale et de pécher. Par cette voie, ce diable attaque d'autres âmes et leur fait du mal.

 

Bien que les princes infernaux et les esprits qui leur sont soumis remplissent des fonctions distinctes sui­vant les différents vices, cependant, dans leur œuvre mauvaise, ils s'entendent entre eux et s'aident mutuel­lement dans le but de conduire les âmes à leur perte. En effet, après qu'un homme soit tombé dans une faute, s'il ne s'en retire pas promptement, il court le risque d'être entraîné plus rapidement dans d'autres.

 

Dieu, dans sa justice, a imposé aux démons, dans l'en­fer, le même ordre qu'il a établi parmi les anges dans la gloire bienheureuse. Lucifer en effet domine dans son royaume d'iniquité et de douleur. De même que les Anges glorieux obéissent aux préceptes de leur Créateur, chacun dans sa fonction, de même les esprits malins, chacun dans son rôle, obéissent aux ordres de Lucifer, parce que Dieu l'a ainsi décidé.

 

Ce ne sont pas seulement ceux qui demeurent en en­fer, qui lui sont ainsi soumis, mais ce sont aussi ceux qui habitent les airs et existent sur la terre parmi nous. Ainsi tous les actes de la tentation s'accomplissent en un seul moment.

 

Aucun démon n'oserait tenter les âmes sans l'ordre de Lucifer, et il ne peut attaquer les hommes à l'aide de ses suggestions perverses qu'autant que Dieu l'y autorise et le lui permet dans sa sollicitude pour le per­fectionnement de ses saints.

 

Lucifer d'un même regard voit tous les diables de l'enfer, des airs et de la terre. De leur côté, ceux-ci comprennent la volonté de leur roi, chacun dans l'exé­cution de son rôle. Ils se voient aussi entre eux sans aucun obstacle. Et cela se produit sur la permission et l’ordre de la justice divine.

 

Les esprits déchus qui peuplent les airs ne sentent pas les atteintes du feu infernal, cependant, sans ce tourment, ils souffrent des peines très grandes, ils se frappent entre eux d'une manière générale et ressentent des douleurs très vives à cause des bonnes actions qu'ils voient les hommes vertueux accomplir. D'ailleurs tous les autres démons sont aussi tourmentés et châtiés par la même vue.

 

Le sort des diables qui demeurent sur la terre parmi nous, est semblable à celui de leurs compagnons d'in­fortune, qui existent dans les régions supérieures, en ce qui regarde les peines qu'ils endurent.

 

Mais les anges tombés qui habitent continuellement en enfer restent toujours dans les brasiers éternels et subissent la peine du feu.

(A suivre)

 

Extrait de la : Vie de Ste Françoise Roumaine. (Chapitre III) Thibaud-Landriot et Cie 1841.

 

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