Dieu lui-même, le Tout-Puissant, l'Éternel nous a montré la voie. Limitons-nous à des témoignages caractéristiques, puisés dans l'Ancien et le Nouveau Testament.
A. Dans l'Ancien Testament
1. Aux tout débuts de l'Écriture : «Voilà qu'une échelle était plantée en terre et son sommet touchait le Ciel, et voilà que des Anges de Dieu y montaient et descendaient» (Gen. 28, 12).
2. Pour sauver son peuple au désert, Dieu lui dit, par Moïse : «Voici que j'envoie mon Ange DEVANT toi, pour veiller sur toi en chemin, et TE CONDUIRE dans le pays que je t'ai préparé» (Exode 23, 20). (Cette parole concerne «originellement et dans son sens premier, l'Ange d'un peuple» : le peuple hébreu. Mais «elle peut être appliquée également à tout homme» (card.von Faulhaber)
B. Dans le Nouveau Testament
D'une part, les textes relatifs à Jésus lui-même.
1. Pour déclencher la geste du salut, Dieu envoya l'Archange Gabriel à Marie : «Je te salue, pleine de grâce... Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus... Marie dit alors (après avoir obtenu l'assurance que sa virginité serait préservée) : «Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole» (Luc 1, 28-38 passim).
Ainsi, le Plan du Salut fut inauguré par la Salutation angélique.
2. L'intervention des Anges s'est d'ailleurs manifestée dans TOUTES les grandes étapes de la vie du Christ. Ainsi, interviennent les annonces angéliques :
- de la conception (miraculeuse) de Jésus : à Marie (Luc 1, 26-30) ; à Joseph (Matt. 1,20-21);
- de la naissance de Jésus : Luc 2, 10-12 ;
- du Précurseur de Jésus, Jean le Baptiste : à Zacharie, son père (Luc 1, 11-17) ; à Marie (Luc 1, 13) ;
- de la protection de Jésus Enfant (des fureurs d'Hérode) : à Joseph, son père, en deux étapes : Matt. 2, 13 et 19-20 ;
- du service de Jésus dans la Tentation au désert : «Il était avec les bêtes sauvages et les Anges le servaient» (Marc 1, 13) ;
- du secours à Jésus Agonisant: Étant «en agonie», au mont des Oliviers, «voici que lui apparut, venant du Ciel, un Ange qui le réconfortait» - ou : «qui le fortifiait» (Luc 20, 43) ;
- de la Résurrection du Christ (aux saintes femmes) : Matt. 28, 2-4 ; Jean 20, 11-12; («L'Ange du Seigneur était descendu du Ciel et, s'avançant, avait roulé la pierre, et il était assis dessus. Son aspect était comme l'éclair, et son vêtement blanc comme neige. Dans la crainte qu'ils en eurent, les gardes... devinrent comme morts». Jean 20, 11-12: «Marie Madeleine se pencha vers le tombeau ; et elle vit deux Anges en blanc, assis où avait été placé le corps de Jésus, l'un à la tête et l'autre aux pieds». Matthieu 28, 2- 4
- du Retour du Christ : Actes 1,11.
3. Sans nul doute, dans la pensée de Jésus, sa promesse testamentaire : «Voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde» (Matt. 28, 20), inclut la présence et l'action, au cœur du monde racheté, des bons Anges. Que de merveilles contient ce testament !
Il contient :
et la présence perpétuelle de l'Esprit-Saint, envoyé par le Père et le Fils, grâce à la puissance du mystère pascal ;
et la présence réelle permanente du Vivant Corps eucharistique ;
et la présence, et la mission, du Corps mystique : la Sainte Église ;
et la présence, et la mission, quotidiennes, des Saints Anges.
D'autre part, les textes relatifs à l'Église.
1. Pour sauver l'Église naissante du péril de mort où elle se trouvait — par suite de l'arrestation de son chef : Pierre, le premier chef de l'Église — Dieu envoya un Ange pour lui ouvrir les portes de sa prison et le délivrer des mains d'Hérode : «Soudain, l'Ange du Seigneur survint, et le cachot fut inondé de lumière. L'Ange frappa Pierre au côté et le fit lever : «Debout ! Vite !», dit-il. Et les chaînes lui tombèrent des mains» (Actes 12, 7 et suiv.).
2. Par ailleurs, la Sainte Église séculaire, Maîtresse de vérité et d'adoration, offre au Père, après la Consécration de la Messe, le Sacrifice du Nouvel Isaac, du Fils Notre Seigneur - Sacrifice qui est aussi celui de toute l'Église, en faisant dire au célébrant : «Nous vous en supplions, Dieu tout-puissant, faites porter ces offrandes par les mains de votre saint Ange, sur votre Autel sublime, en présence de votre divine Majesté». (Certains théologiens... ont estimé qu'il ne s'agissait pas en ce lieu d'un Ange, mais du Christ lui-même ; cependant, l'ancienne rédaction du Canon, attestée par Saint Ambroise, portait le pluriel : les Anges» (Dictionnaire de la Foi chrétienne, t. I, p. 42 au mot : Ange - Cerf, Paris, 1968).
Aurions-nous alors la folle prétention de faire mieux que le Seigneur tout-puissant, que le Christ «l'égal du Père» (Jean 10, 30... - Phil. 2, 6), que notre sainte Mère l'Église ?
Alors n'imitons pas l'orgueil démentiel du Rebelle : Non serviam (Jér. 2, I 20) - je refuse d'obéir, de servir2 ; c'est-à-dire, ici, d'agir comme Dieu l'a ( fait, comme le Christ l'a fait, comme l'Église le fait ; et plongeons-nous I dans la vérité, dans l'humilité, à l'imitation de Marie, notre modèle et ( notre Mère - la Reine des Anges - dont le Fiat de l'Annonciation (Luc 1, 38) EST l'étoile de notre fiât quotidien.
Rapportons cet étonnant dialogue, témoignage du Père Lamy (Paul Biver : Apôtre et mystique : le Père Lamy (Congrégation des «Serviteurs de Jésus et de Marie», 60118 Chiry-Ourscamp, 1966, avec imprimatur, p. XII). L'abbé Édouard Lamy (1853-1931), fut un prêtre exceptionnel, confident de la Sainte Vierge, ami des Saints Anges, avec lesquels il s'entretenait couramment. «Un second curé d'Ars» : ainsi le qualifiait le cardinal Amette, archevêque de Paris.,) dont nous pouvons faire notre profit quotidien.
«La Vierge commande à son adversaire...» - «C'est à cause de Vous que je suis tombé», (lui) disait Lucifer avec rage. - «Pourtant, je n'étais pas née» — «Vous m'avez toujours combattu, toujours vaincu». La Sainte Vierge, avec tristesse : «Ce n'est pas sans déchet».
Rejetons la voix du démon. Et écoutons, comme Marie, la voix de l'Ange, messager de Dieu, que nous aimons appeler : «notre frère Ange en amour de Dieu et du prochain».
Le Bonheur ineffable et sans fin est pour l'homme au bout de cette route d'intimité à deux sur terre : de la naissance à la mort, porte de cette Béatitude, dans laquelle nous verrons alors notre compagnon angélique.
Extrait de : LES ANGES dans le combat de la Vie. Jean Marty
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