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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 09:25

PSYCHOLOGIE DE LA VIE

Dans la psychologie de la vie, le déve­loppement du caractère, prend naturellement et convenablement sa place... « Cherchez, le royaume de Dieu et sa justice et le reste vous sera donné par surcroît. »

Il n'y a pas de meilleure méthode pour cette for­mation du caractère que celle qui commence par expliquer à l'enfant pourquoi Dieu l'a fait : c'est pour être heureux. Heureux en connaissant la Vérité, en aimant la Bonté, en cherchant à vivre la Vie véritable; bref, il deviendra un être équilibré se préparant à partir dans l'existence comme un voyageur prépare ses bagages avec discernement. Plus tard, il apprendra que la raison humaine ne suffit pas, et la Révélation complétera son instruc­tion.

Puis, si le courage lui manque parfois, il recevra la Force qui nous vient d'en haut et que nous trou­vons, entière, dans la personne du Christ.

Le biologique a trouvé sa place. L'enfant grandi sait que Dieu a mis en lui certains instincts vitaux qui demandent leur accomplissement et que, par conséquent, ils ne sont pas mauvais. Pas plus que de boire, de manger. Certes il est loisible d'en abuser — comme du feu qui réchauffe et peut brûler, comme l'eau étanche la soif et peut vous noyer.

Parmi les grandes nécessités qu'exige la bonne marche de l'univers, le maintien de la vie indivi­duelle et celui de la vie sociale sont des plus importants. La vie individuelle est maintenue par l'ins­tinct de la faim et de la soif; l'autre, par le mariage de l'homme et de la femme.

Rien n'a plus déséquilibré la psychologie de la jeunesse que la vulgarisation des principes freu­diens où l'individu est considéré avant tout sous le rapport sexuel au lieu de l'être comme homme, homme total. Le désir qui est à la base de la vie sexuelle n'est pas confiné au seul fait physique; il fait partie de la personnalité dans son ensemble; on ne peut pas plus isoler l'un de l'autre que le fait de se nourrir ne doive être isolé de notre santé. C'est l'harmonie de l'être humain tout entier qui est en jeu. Son harmonie dans l'amour.

* * * *

LE SACRIFICE CHEZ LES JEUNES

Deux choses militent en faveur de la jeunesse.

Il y a d'abord chez elle une puissance de sacrifice presque toujours inutilisée. Éducateurs ou parents négligent trop ce besoin de discipline, de solida­rité dans l'effort qui laisse les jeunes comme des soldats prêts à la bataille... sans capitaine pour les conduire. On a vu à quel point le fascisme et le communisme ont entraîné toute une génération qui avait soif d'absolu. Les faux absolus prennent la place des vrais quand on n'offre rien d'autre. Les protestations de jeunes esprits plus ou moins révolutionnaires ne prouvent pas qu'ils soient anti-sociaux. Ils protestent simplement contre la faillite des générations précédentes qui n'ont pas su résoudre pour eux le problème de l'existence.

Et puis, on juge trop souvent la jeunesse par les pires exemples qu'on en voit ça et là. C'est que le crime s'étale au grand jour, plus que la vertu.

(En 1959) Jugeons-la également sur ses plus belles, ses plus hautes expressions. On parle beaucoup de délinquance. Si nous parlions des âmes héroïques qui donnent leur vie, leur chair et leur sang, pour servir Dieu, chez nous ou dans les pays de missions..., des dizaines de milliers qui, chaque année, quittent le confort, le luxe du monde pour l'ombre de la croix où se font les saints. Ces jeunes-là ont fait le sacrifice d'un foyer, d'une route où l'on marche à deux, pour la compagnie du divin.

Il ne faut pas désespérer d'un monde où tant de jeunes se donnent à la Beauté suprême, consacrent leurs forces vitales à l'apostolat, à la contempla­tion, placent leur volonté libre dans la « liberté glorieuse des enfants de Dieu » et toute leur vie — instinctive, biologique, mentale, sociale — dans l'Amour qui ne finit pas. Et cela, non par dégoût du monde, mais au contraire parce qu'ils aiment le monde au point de se sacrifier pour lui.

Extrait de : NOTRE VIE A UN SENS, il faut le choisir. (1959) Mgr FULTON J. SHEEN

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