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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 10:25

Disons d'abord que le Confiteor est une formule de contrition et c'est un acte qui possède toute l'efficacité de la contrition parfaite.

Cette prière remonte à la plus haute antiquité chré­tienne et l'auteur en est inconnu. Elle nous est familière depuis notre enfance, et la plupart des fidèles la récitent machinalement, sans se douter que c'est un petit chef-d’œuvre d'oraison. Une analyse sommaire suffira pour nous en convaincre.

C'est d'abord un acte de contrition.

La contrition, en effet, est l'acte par lequel le pécheur, conscient de sa culpabilité, se détourne du péché et se retourne vers Dieu, pour lui demander pardon. Il n'est pas besoin d'insister pour prouver que cette définition s'applique d'une façon parfaite au Confiteor.

C'est aussi un acte qui équivaut en efficacité à l'acte de contrition parfaite, puisqu'il contient un acte de charité parfaite envers le prochain. En effet, nous n'y demandons pas pardon uniquement pour nous-mêmes, mais aussi pour les autres hommes, et nous y prions pour leur salut éternel : « Que le Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde et que, nous ayant pardonné nos pé­chés, il nous conduise à la vie éternelle. »

En second lieu, le Confiteor est la formule de con­trition que l'Église a consacrée officiellement par l'emploi qu'elle en fait dans la liturgie. Elle en prescrit la récitation avant la réception de plusieurs sacrements, et elle l'a introduite dans la liturgie de la messe. Avant de monter à l'autel, le célébrant — simple prêtre, évêque ou Souverain Pontife — doit se prosterner profondément pour réciter cette prière d'humilité. Après quoi, le ser­vant la récite à son tour au nom des assistants; puis, quand vient le temps de la communion, les fidèles qui désirent s'approcher de la sainte table la récitent de nouveau en même temps que le servant.

Si nous faisons maintenant l'analyse du texte, nous trouvons que le Confiteor est composé de quatre par­ties. Les deux premières constituent chacune un bref résumé des grandes litanies, cette prière sublime et grandiose dans laquelle l'Eglise nous fait implorer tour à tour les différentes catégories des habitants du ciel, en commençant par la Sainte Trinité et en passant suc­cessivement par la sainte Vierge, les anges, les saints de l'Ancien Testament et les différents groupes de saints du Nouveau Testament.

La première partie du Confiteor n'est cependant pas une prière de demande : c'est une confession. Le pécheur confesse d'abord à Dieu tout-puissant qu'il a grandement péché en pensée, en parole et en œuvre. Le texte latin porte le mot nimis, ce qui signifie trop. En effet, pour un chrétien et un catholique, que Dieu a traité avec un amour de prédilection, en faisant de lui son enfant et eu se donnant à lui, ce serait encore trop de commettre même un seul péché véniel. Voilà pour­quoi les plus grands saints ont pu réciter le Confiteor avec des sentiments de sincère contrition. Comme les plus grands pécheurs, ils ont pu s'avouer coupables sans invoquer aucune excuse : « Par ma faute, par ma très grande faute ».

La même confession se fait ensuite à la Bienheu­reuse Marie toujours Vierge, à saint Michel Ar­change et par lui à tous les saints anges, à saint Jean-Baptiste et par lui à tous les saints de l'Ancien Testament, aux Apôtres saint Pierre et saint Paul et par eux à tous les saints apôtres et disciples du Christ et enfin à tous les saints qui peuplent actuellement le paradis. Parmi ces saints, il y en a plusieurs qui s'intéressent à nous d'une façon particulière : sans oublier Marie, qui est notre mère et la Médiatrice universelle, ainsi que notre Ange gardien, il y a aussi nos ascendants : aïeux et aïeules, grands-pères et grand'mères, peut-être un père ou une mère, des frères ou des sœurs et des amis. Ces milliards de bienheureux qui ont la vision béatifique nous voient en Dieu d'une façon plus claire que nous ne nous connaissons nous-mêmes. La vue de notre culpabilité et de notre repentir est de nature à déter­miner en eux un sentiment de profonde compassion; et, comme ils ont accepté d'être les témoins de notre humi­liation, ils sont, pour ainsi dire, obligés d'intercéder pour nous.

C'est alors que commence la seconde litanie qui est une prière d'imploration par laquelle nous supplions Marie, les anges et toutes les catégories de saints aux­quels nous avons fait l'aveu de nos faiblesses et de notre déchéance de vouloir bien « prier pour nous le Seigneur notre Dieu ».

Peut-on supposer que ces bienheureux qui aiment Dieu de tout leur coeur, de toute leur âme, de toutes leurs forces et de tout leur esprit, qui ont pour leur pro­chain un amour de même degré, pourraient faire la sourde oreille à cette supplication d'un pécheur repen­tant? Et peut-on s'imaginer alors la somme de grâces obtenues par les prières de ces milliards de saints qui sont les amis de Dieu et auxquels Celui-ci ne peut rien refuser, parce qu'il les aime d'un amour infini ?

Voilà pourquoi, fort de cette masse surabondante d'intercessions, le pécheur peut maintenant envisager sans crainte le Dieu tout-puissant et, animé d'une sainte audace, demander pardon, non seulement pour ses propres péchés, mais aussi pour ceux de tous les hommes, et Le prier à son tour de les conduire à la vie éternelle.

Enfin, dans un dernier élan de confiance, le pécheur demande au « Dieu tout-puissant et miséricordieux », pour lui-même et pour tous les hommes, le pardon, l'absolution et la rémission des péchas commis.

Ces simples considérations suffisent à nous montrer que le Confiteor n'est pas une prière banale, et qu'il a été conçu par quelqu'un qui devait être un maître dans la pratique de l'ascétisme.

Il reste cependant une difficulté qui mérite quelques instants d'examen :

Le pardon des péchés est l'œuvre de la Miséricorde divine. On pourrait donc naturellement s'attendre à ce que l'Eglise nous fasse invoquer cet attribut de Dieu au cours de toute cette priera. Or, c'est à la Toute-Puissance surtout que le Confiteor paraît s'adresser : « Je confesse à Dieu tout-puissant»; «Que le Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde... »

C'est dans la dernière partie seulement que le texte fait allusion à la Miséricorde de Dieu après la Toute-Puissance : «Que le Dieu Tout-Puissant et Miséri­cordieux ».

Peut-on attribuer cette anomalie apparente à une distraction de l'auteur ?

Nous croyons au contraire que la phraséologie qu'il a adoptée a été voulue expressément et qu'elle est justi­fiée par une raison théologique bien fondée. En effet, quand Dieu pardonne le péché, il produit toujours dans l'âme un effet d'une valeur incomparable : un degré de grâce sanctifiante. Or la grâce sanctifiante est une réalité d'ordre divin qui dépasse en perfection toutes les natures créées, même celle du plus parfait des anges. Pour produire dans l'âme le moindre degré de cette vie divine. Dieu exerce donc plus de Toute -Puissance qu'il n'en a déployée dans la création de l'univers. Voilà pourquoi, dans une de ses oraisons, l'Eglise nous fait dire : « O Dieu qui manifestez votre Toute-Puissance surtout en pardonnant et en faisant miséricorde... »

Ainsi compris, le Confiteor doit nous apparaître comme une prière grandiose et un petit chef-d’œuvre d'acte de contrition parfaite.

Extrait de : LES PLUS BELLES PRIÈRES. Léon Lebel S. J. (1950)

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 09:46

Comme le Pater et l'Ave, le Symbole des Apôtres possède une origine toute spéciale qui lui assure à nos yeux l'autorité infaillible de l'Esprit Saint. En effet, une tradition qui remonte aux origines mêmes de l'Eglise rapporte que les Apôtres, avant de se disperser pour se lancer à la conquête du monde, se réunirent pour formuler les principaux articles de foi que le Maître leur avait révélés et dont ils devaient im­poser la croyance aux hommes avant de les incorporer à l'Eglise par le baptême.

Cet événement se passa peu de temps après la Pentecôte, alors que les Apôtres étaient encore tout remplis de la lumière du Saint-Esprit.

Le Symbole des Apôtres ne contient pas explicite­ment toutes les vérités que nous sommes tenus de croire; plusieurs de ces vérités ont été éclaircies et définies par la suite, soit pour mettre fin aux hérésies, soit pour sti­muler la piété des fidèles. On peut cependant affirmer que toutes les vérités de la Révélation sont contenues au moins en germe dans le Credo composé par les Apôtres, parce que cette formule est une profession de foi aux trois grands mystères qui contiennent toute la Révéla­tion : la Sainte Trinité, l'Incarnation et la Rédemption. Le mystère de la Trinité est exprimé par les paroles suivantes : « Je crois en Dieu, le Père... et en Jésus-Christ, son Fils unique... Je crois au Saint-Esprit... »

Cette profession de foi en Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, est bien l'expression exacte du grand mystère que Dieu a bien voulu nous révéler et auquel Il nous appelle à participer en nous adoptant comme ses en­fants.

La profsssion de foi aux deux autres mystères est contenue dans la partie de la formule qui est consacrée à la personne du Fils : « Et en Jésus-Christ, son Fils unique, Notre-Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie », — c'est le mystère de l'Incarnation — , « a souffert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts. » Ces mots expriment le mystère de la Ré­demption et quelques dogmes qui s'y rattachent.

La formule se termine par la profession à quelques articles détaillés qui font partie du dépôt de la Révéla­tion: «l'Église sainte et catholique, la communion des Saints, la rémission des péchés, la résurrection, la vie éternelle.»

Si nous voulions expliquer le sens de chacune des paroles du Credo, il faudrait écrire plusieurs volumes. L'espace dont nous disposons ne nous permet que d'ajouter deux remarques.

D'abord, la récitation du Credo est un acte de foi, c'est-à-dire l'adhésion ferme de notre intelligence et de notre volonté à des vérités que Dieu a bien voulu nous révéler; le motif de notre croyance n'est pas l'évidence de la vérité elle-même, mais l'autorité de Dieu, qui est la Vérité infinie et qui, par conséquent, ne peut se tromper ni nous tromper.

Mais pour que cet acte soit possible, il faut que nous ayons la certitude que la vérité dont il s'agit a vraiment été révélée par Dieu. Notre-Seigneur y a pourvu en établissant l'Église, qu'il a constituée l'interprète infaillible de la vérité révélée. L'enseignement de l'Église est donc pour nous une règle absolument sûre que nous devons suivre sans crainte d'errer dans la foi. Cette na­ture de l'acte de foi est admirablement exprimée dans la formule que nous récitons tous les jours : « Je crois tout ce que la sainte Église catholique croit et enseigne, parce que c'est vous qui l'avez dit et que vous êtes la vérité même. »

En second lieu, l'acte de foi est un acte surnaturel. La foi, en effet, est la première des vertus théologales, lesquelles sont des quasi-facultés d'ordre divin, qui sont infusées dans notre âme en même temps que la grâce sanctifiante et qui nous permettent de faire des actes d'enfants de Dieu : la foi inébranlable en sa parole in­faillible, la confiance absolue en sa bonté infinie, l'amour filial envers Dieu et l'amour fraternel envers notre prochain.

Nous devrions nous servir souvent de ces facultés d'ordre divin afin de les entretenir et de les développer et parce que les actes de ces facultés sont les plus par­faits, les plus salutaires et les plus méritoires que nous puissions faire en cette vie.

Extrait de : LES PLUS BELLES PRIÈRES. Léon Lebel S. J. (1950)

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 08:45

L'Ave Maria se recommande à notre piété non seulement à cause de son origine céleste, mais par le sens profond des mots dont il est composé. Voici quel­ques brèves considérations qui pourront nous aider à nous faire une idée plus exacte de la richesse contenue dans cette formule de prière si chère à tous les catho­liques.

• « Je vous salue, Marie, pleine de grâce »

Il s'agit évidemment ici de la grâce par excellence, c'est-à-dire, la grâce sanctifiante, cette participation réelle de la nature divine qui sanctifie l'homme, qui l'élève à l'ordre divin, qui fait de lui un véritable enfant de Dieu. C'est la possession de ce don précieux qui rend possible la vision de l'essence divine et la jouissance du bonheur surnaturel.

La Révélation nous enseigne que le degré de gloire et de bonheur dont jouissent les bienheureux du ciel est précisément le degré de grâce sanctifiante que chacun d'eux possède au terme de sa vie méritoire.

Or, tous les théologiens affirment aujourd'hui d'un commun accord que Marie est parvenue à un degré de grâce qui dépasse incomparablement celui du plus grand des saints et du plus élevé des anges. C'est pour­quoi l'Eglise lui décerne le titre de « Reine des anges », « Reine de tous les saints » et « Reine du ciel ».

Pour nous faire une petite idée du degré de gloire dont jouit Marie au ciel, il suffit de nous rappeler que le degré final auquel parvient un être au terme de son existence méritoire dépend de deux facteurs : d'abord, du degré initial de grâce sanctifiante que Dieu infuse gratuitement dans l'âme, lorsqu'il lui confère pour la première fois le don de la vie divine, et, secondement, de l'augmentation de ce degré initial produite par les actes méritoires et surtout par les actes d'amour parfait de Dieu et du prochain au cours de la vie méritoire.

Or ces deux facteurs ont contribué à produire en Marie un degré de sainteté dont il est difficile de s'imaginer la grandeur.

En effet, à cause du rôle éminent que Dieu lui desti­nait dans le plan de la Rédemption, — celui de mère du Rédempteur, de coopératrice, de médiatrice universelle, etc. — le degré initial de grâce qui lui fut conféré dès l'instant de sa conception a dû dépasser celui des anges et des apôtres, dont la fonction n'a été que celle de servi­teurs et ministres de Nôtre-Seigneur. Les théologiens modernes semblent même se rallier de jour en jour à l'opinion que le degré initial de grâce qui fut accordé à Marie a dépassé le degré final du plus grand des saints et du plus élevé des anges.

Ce qui est certain, c'est que l'ambassadeur de Dieu a salué Marie en lui donnant le tire de pleine de grâce, parce qu'elle a reçu la plénitude de grâce sanctifiante qu'une créature, destinée à devenir la Mère de Dieu, était susceptible de recevoir dès le premier instant de son existence.

Mais ce premier degré, si grand qu'il soit, s'est aug­menté d'une façon incalculable au cours de sa longue vie méritoire. Nous savons, en effet, qu'avec la grâce sanctifiante Dieu infuse dans l'âme une vertu de charité du même degré que la grâce elle-même. Et comme Ma­rie a été le modèle parfait de la fidélité à la grâce, sa vie a été une suite d'actes très intenses de charité par­faite. A partir de l'Incarnation, son amour pour Dieu s'est doublé de l'amour d'une mère pour son fils. Quel accroissement de grâce cette mère a dû recevoir au cours de ses longues années de commerce intime avec un fils infiniment aimant qui était en même temps l'au­teur infiniment puissant de toute grâce et de toute sainteté. Il ne faut donc pas s'étonner que tous les saints se soient révélés impuissants à exprimer sa grandeur et son élévation.

• « Le Seigneur est avec vous »

Cette expression peut avoir deux significations.

On peut d'abord l'entendre au sens biblique de l'Ancien Testament et elle signifie alors : « le Seigneur vous est favorable, il est votre ami, il vous protège, il est votre défenseur, il est de votre côté ».

On peut aussi l'entendre dans un sens qui s'accorde avec la doctrine révélée par Nôtre-Seigneur lui-même. Il s'agit de la présence substantielle de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, dans l'âme qui possède la grâce sancti­fiante. « Si quelqu'un m'aime, Mon Père l'aimera aussi et nous viendrons en lui et nous ferons en lui notre de­meure. » En faisant ainsi de nous sa demeure, Dieu ne nous accorde pas seulement sa présence, il se donne à nous, avec un plein droit de propriété sur les trois per­sonnes divines, droit de propriété qui deviendra un droit de jouissance éternelle, si nous avons le bonheur de mourir en état de grâce.

Nous pouvons donc dire en toute vérité à Marie que le Seigneur est avec elle, puisque Dieu est en elle, qu'elle Le possède et qu'elle jouit aujourd'hui de Lui dans l'union éternelle de la vision béatifique.

• « Vous êtes bénie entre toutes les femmes... »

Ces paroles ont été prononcées par l'archange Ga­briel et aussi par sainte Elisabeth sous l'inspiration du Saint-Esprit. Le mot « bénie », benedicta, signifie : « célébrée, glorifiée ». Marie est « bénie entre toutes les femmes » non seulement parce qu'elle a reçu un de­gré de grâce exceptionnel, mais aussi parce que parmi toutes les femmes elle est la seule qui a été à la fois vierge et mère; elle a été l'épouse du Saint-Esprit et mère de Dieu. C'est ce titre de gloire qui l'élève au-dessus de toutes les autres créatures et qui lui suscitera éternellement les louanges et l'amour de tous les élus.

• « Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni »

Il semble bien que le Saint-Esprit ait révélé à sainte Élisabeth l'origine divine de l'enfant que sa jeune cou­sine portait dans son sein; car elle ajouta immédiate­ment après : « Et d'où me vient cet honneur que la mère de mon Seigneur vienne me visiter ? »

• « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous »

Cette seconde partie est un acte d'amour parfait du prochain par lequel nous demandons à Marie de prier pour tous les hommes, pendant leur vie et surtout à l'heure de leur mort, afin de leur obtenir à tous le par­don de leurs péchés et le bonheur éternel.

Concluons que la Salutation angélique n'a pas seulement une origine céleste : c'est aussi la plus belle formule de louange que nous puissions adresser à Marie et, comme le Pater, c'est une prière salutaire, qu'on ne peut réciter avec un coeur sincère sans assurer en même temps notre état de grâce et la présence de Dieu en nous.

Extrait de : LES PLUS BELLES PRIÈRES. Léon Lebel S. J. (1950)

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 09:47

Les quatre dernières demandes

La seconde partie du Pater est non moins admi­rable ; elle est composée de quatre demandes qui con­tiennent cinq actes d'amour parfait du prochain. Voici le sens de ces quatre demandes :

1. — «Donnez-nous aujourd'hui notre pain quo­tidien»

L'expression « pain quotidien » ne doit pas être prise dans le sens restreint de « nourriture ». De l'avis des meilleurs commentateurs, elle signifie tout ce qui est nécessaire pour notre vie naturelle : nourriture, logis, vêtement, etc., et aussi pour notre vie surnaturelle : grâce sanctifiante, inspirations divines, sacrements et particulièrement le Pain céleste que Nôtre-Seigneur a institué pour la nourriture de nos âmes.

Remarquons que ces moyens nécessaires à la vie temporelle et éternelle, Nôtre-Seigneur nous les fait demander au pluriel, c'est-à-dire pour chacun de nous et pour les deux milliards d'hommes, de femmes et d'enfants qui vivent actuellement dans cette vallée de larmes. Cette première demande contient donc un acte de charité parfaite qui embrasse d'un seul coup toute l'humanité.

2. — «Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés»

Cette demande est évidemment un acte de contrition dont l'efficacité est infaillible. En effet, Nôtre-Seigneur ne nous fait pas demander pardon seulement pour nos péchés personnels; il nous fait demander miséricorde au pluriel, pour les deux milliards d'hommes dont se compose l'humanité actuelle.

Or le pardon des péchés est une grâce incomparable qui comporte non seulement l'effacement de la tache que le péché imprime dans l'âme, mais encore la divi­nisation du pécheur par la production de la grâce sanctifiante et surtout le bienfait incroyable par lequel Dieu se donne Lui-même à son offenseur en lui confé­rant un droit véritable de propriété sur la Trinité tout entière. Il faut en conclure que demander à Dieu de pardonner à tous les hommes, c'est leur vouloir le plus grand des biens, le bien infini. La formule de contrition que Nôtre-Seigneur nous apprend à réciter est en même temps un acte de charité parfaite qui obtient in­failliblement à celui qui le fait le pardon de ses fautes.

« Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. »

Voilà un nouvel acte de charité d'un mérite spécial, puisqu'il nous fait pratiquer le commandement parfait qui nous oblige à aimer même nos ennemis et à rendre le bien pour le mal.

3. — « Ne nous laissez pas succomber à la tentation »

D'après l'interprétation générale, cette demande si­gnifie : «Ne permettez pas que nous succombions à la tentation» ou, en d'autres termes : «Accordez-nous le secours de votre grâce pour nous aider à éviter le péché.»

Il s'agit donc ici d'une formule de ferme propos qui contient encore un acte de charité parfaite, puisque la grâce d'être préservé du péché n'est pas une faveur que nous demandons seulement pour chacun de nous personnellement, mais pour tous les hommes.

4. — « Mais délivrez-nous du mal »

De quel mal s'agit-il dans cette demande ?

Les théologiens distinguent trois catégories de maux : Il y a, d'abord, les maux d'ordre physique : souf­frances de toute sorte, du corps et de l'âme, qu'on désigne sous le nom d'épreuves et qui sont le lot com­mun de tous ceux qui vivent dans cette vallée de larmes.

On peut évidemment demander à Dieu de nous épargner ce genre de maux, mais personne ne peut

raisonnablement espérer être complètement à l'abri dans ce domaine. Il y a des épreuves inévitables aux­quelles toute personne sensée doit se résigner : telles sont, entre autres, les séparations, les deuils, la mort, etc.

Ces souffrances font d'ailleurs partie des maux que les philosophes appellent «accidentels», parce que, s'ils sont un mal sous un rapport, ils peuvent être un très grand bien sous un autre rapport. Il suffit, par exemple, de les accepter de la main de Dieu pour en faire un bien qui dépasse en valeur toutes les richesses d'ordre naturel. C'est précisément cette soumission à l'adorable volonté de Dieu que Notre-Seigneur nous enseigne à faire lorsqu'il nous fait dire : «Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.»

Il y a, en second lieu, le mal moral, c'est-à-dire le péché. Mais il ne peut s'agir de ce genre de mal dans la demanda présente, puisque, dans les deux demandes précédentes, nous avons déjà imploré Dieu d'en être délivrés eu le suppliant de nous pardonner nos pé­chés passés et de nous en préserver à l'avenir par le secours de sa grâce.

Reste enfin le mal suprême : la damnation éternelle, mal que les théologiens qualifient d'«essentiel», car il ne peut être un bien sous aucun rapport.

C'est évidemment de ce mal de la damnation éter­nelle qu'il est surtout question dans la quatrième de­mande et nous supplions « Notre Père qui est aux cieux » d'accorder à tous ses enfants la grâce d'une bonne mort afin de les préserver du sort terrible de l'enfer éternel.

La deuxième partie de l'oraison dominicale se ter­mine donc par un cinquième acte de charité parfaite.

Résumons. Dans le Notre Père, qu'on peut réciter en quelques secondes, Nôtre-Seigneur nous apprend d'abord à nous adresser à Dieu avec la confiance filiale d'un enfant envers son père; il nous fait faire ensuite trois actes d'amour de Dieu, dont deux sont en même temps des actes d'amour du prochain; et la prière se termine enfin par cinq actes de charité parfaite envers le prochain. Le pécheur qui récite cette prière atten­tivement et avec sincérité recouvre infailliblement l'état de grâce et celui qui a le bonheur de posséder déjà la grâce sanctifiante obtient une augmentation de plusieurs degrés de cette même grâce.

L'on est donc en droit de conclure que le Notre Père est une prière vraiment divine, un chef-d’œuvre de simplicité et de concision. Ici, aucune prétention à la littérature, aucun raisonnement savant; l'on va droit au but. Les actes d'amour jaillissent du cœur à coups ré­pétés, comme les explosions d'un feu d'artifice.

Il est à remarquer que Nôtre-Seigneur, dans la se­conde partie du Pater, nous fait prier uniquement au pluriel. Par là, l'oraison dominicale diffère d'un trop grand nombre de prières savantes et éloquentes, où le «moi» et le «je» émaillent toutes les phrases.

Malgré l'extraordinaire perfection de sa formule, la récitation du Notre Père ne produit pas toujours les effets salutaires que nous avons signalés au cours de cet article.

Deux défauts surtout contribuent à en dimi­nuer l'efficacité ou même à la rendre stérile.

° Il y a d'abord le manque d'attention

Le Notre Père est une des premières prières que nous avons apprises par coeur. On nous l'a enseigné à un âge où il nous était impossible d'en saisir le sens; nous l'avons ensuite récité pendant des années d'une façon toute machinale et sans penser au sens des paroles.

L'habitude prise au cours de notre enfance de mar­motter nos prières, sans penser à rien ; cette tendance na­turelle peut durer toute la vie et elle est fort difficile à dé­raciner. Pour la combattre, les maîtres de la vie spiri­tuelle conseillent de réciter de temps en temps quelques-unes de nos prières lentement, en laissant quelques secondes entre les groupes de mots qui forment un sens complet, afin de pouvoir ainsi réfléchir suffisamment au sens de la prière. C'est ce que l'on devrait faire chaque jour pour le Notre Père; et le temps qui semble le plus approprié pour cet exercice, c'est le matin, immédiatement après le réveil. On est sûr ainsi de commencer la journée en état de grâce et le cœur rempli d'amour de Dieu et de charité envers notre prochain.

° Il y a ensuite l'égoïsme

Le second défaut qui vicie notre récitation du Pater, c'est la tendance instinctive que nous avons tous de faire au singulier les demandes que Nôtre-Seigneur nous fait faire au pluriel. En effet, nous sommes tous égoïstes par nature; nous sommes portés à penser d'abord ou uniquement à nous-mêmes; notre salut nous intéresse et le salut des autres nous laisse indifférents. Il arrive donc que quand nous disons : «Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien», dans notre intention et notre pensée, ces mots ont le sens de : «Donnez-moi»; « pardonnez-nous nos offenses » devient : «Pardonnez-moi...»

Il faut réagir contre cette tendance égoïste et se rap­peler que le moyen le plus efficace d'obtenir beaucoup pour soi, c'est de demander beaucoup pour les autres. Nôtre-Seigneur, en effet, nous a avertis expressément qu'on nous traitera avec la même mesure que nous aurons traité les autres.

Extrait de : LES PLUS BELLES PRIÈRES. Léon Lebel S. J. (1950)

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 12:45

LE « NOTRE PÈRE » est parmi les nombreuses formules de prières que (la vrai) Eglise approuva et qu'elle mit à la disposition des fidèles ; il doit occuper la première place dans notre estime et dans la pratique de notre vie.

• L'origine du « Notre Père »

Cette prière est, en effet, d'origine divine : c'est Notre-Seigneur Lui-même qui l'a composée pour ap­prendre à ses apôtres comment prier. Ceux-ci étaient un peu comme nous : négligents à s'acquitter du devoir de la prière. Nôtre-Seigneur avait beau les talonner et leur répéter qu'il faut toujours prier et ne jamais cesser, ceux-ci ou bien faisaient la sourde oreille, ou bien ou­bliaient vite les recommandations de leur Maître.

Un jour que Jésus revenait à la charge en leur di­sant : «Demandez donc: vous ne demandez jamais rien. Priez !», les apôtres tentèrent d'excuser leur négligence en disant: «Seigneur, nous ne savons pas prier; mon­trez-nous comment faire.»

C'est alors qu'il leur enseigna la formule du Pater : prière vraiment divine, chef-d’œuvre incomparable tant par la concision et la simplicité de la formule que par la perfection des actes qu'elle contient.

• Le chef-d’œuvre du « Notre Père »

Pour bien comprendre la vérité de cette assertion, il faut se rappeler que l'acte le plus parfait que puisse faire un être doué d'intelligence et de liberté, c'est l'acte de charité par lequel on aime Dieu pour Lui-même ou bien le prochain pour l'amour de Dieu. Cet acte est aussi éminemment salutaire, puisqu'il a la vertu de remettre automatiquement en état de grâce celui qui est coupable de péché mortel.

Il s'agit évidemment ici de la charité parfaite, c'est-à-dire de l'amour de bienveillance par lequel on veut du bien à celui qu'on aime. En ce qui concerne Dieu, nous ne pouvons pas, à proprement parler, lui faire du bien, puisqu'il est infini et que l'infini ne peut ni aug­menter ni diminuer en lui-même. Il n'en est pas de même de sa gloire extérieure qui est susceptible de recevoir des accroissements. Nous pouvons donc aimer Dieu de la charité parfaite en voulant qu'il soit glorifié par l'amour, par la louange, par l'adoration et par la soumission de tous les hommes à son adorable volonté, maintenant et dans l'éternité.

A l'égard des hommes, la charité parfaite nous com­mande de leur vouloir le plus grand de tous les biens : le bonheur éternel et les moyens d'y parvenir, c'est-à-dire le pardon des péchés, la grâce sanctifiante et la préservation du mal de l'enfer.

Ajoutons enfin que l'acte de charité du prochain a la même vertu que l'amour de Dieu; il nous obtient le pardon des péchés avant même l'absolution et, si nous avons le bonheur d'être déjà en état de grâce, il nous mérite un degré nouveau de grâce et de bonheur éternel.

Grâce à ces remarques préliminaires, il nous sera facile d'apprécier à sa juste valeur la prière qu'un Dieu a bien voulu nous composer pour nous enseigner à prier.

• « Notre Père qui êtes aux cieux »

Dans ces premiers mots, Notre-Seigneur nous ap­prend que nous devons nous adresser à Dieu avec la

confiance et l'amour d'un enfant envers un Père infini­ment bon et puissant.

C'est dans cette disposition d'âme que Nôtre-Seigneur nous fait ensuite formuler trois désirs qui seront trois actes d'amour parfait envers Dieu et quatre demandes qui sont autant d'actes de charité parfaite à l'égard du prochain. On peut facilement s'en rendre compte en parcourant le texte de la formule.

Les trois premières demandes

• « Que votre nom soit sanctifié »

Cette expression signifie que nous voulons que Dieu soit glorifié, c'est-à-dire qu'il soit loué, adoré, aimé, obéi, béni par tous les êtres intelligents, maintenant et dans les siècles des siècles. Cette première demande, par laquelle nous désirons la gloire de Dieu et le salut de tous les hommes, est donc un acte d'amour parfait de Dieu et du prochain.

• « Que votre règne arrive »

Ces paroles expriment encore le désir de la gloire de Dieu et du salut des âmes. En effet, demander que le règne de Dieu arrive, c'est désirer que Dieu règne sur le monde, d'abord par l'extension et le triomphe de l'Eglise, (par le retour d’exil de SS Paul VI) qui est le royaume de Dieu sur terre; par la grâce sanctifiante dans le cœur de tous les hommes; enfin par le bonheur éternel des élus dans le royaume des cieux.

• « Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. »

Notre-Seigneur nous fait exprimer ici le désir que tous les hommes soient soumis sur la terre à la sainte et adorable volonté de Dieu, comme les élus le sont dans le ciel. Cette soumission consiste aussi à accepter de la main de Dieu tout ce qu'il nous réserve dans son plan de Providence jusqu'à la mort inclusivement.

Que ce soit là le sens de cette demande, nous en avons la preuve dans le fait que Nôtre-Seigneur a repris la même formule, pour son propre compte, lorsque à la fin de son agonie il a accepté le genre de mort sanglant et douloureux que le Père avait choisi pour son Fils bien-aimé : «Que votre volonté soit faite et non la mienne.»

Or, saint François de Sales affirme que la soumission de notre volonté à l'adorable volonté de Dieu, surtout en ce qui concerne la mort, est un acte de charité par­faite.

• Conclusion

Et ainsi se termine la première partie de cette prière merveilleuse et vraiment divine que Notre-Seigneur a bien voulu composer Lui-même pour nous enseigner à prier. Il nous fait faire en quelques secondes trois actes d'amour parfait de Dieu, dont deux au moins sont en même temps des actes de charité parfaite du prochain.

Si nous nous rappelons ce que nous avons dit de la valeur et de l'efficacité de la vertu de charité, il faut avouer qu'il est difficile de condenser en si peu de mots autant d'actes salutaires. (À suivre)

Extrait de : LES PLUS BELLES PRIÈRES. Léon Lebel S. J. (1950)

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 12:57

«Je crois que ceux qui prient font plus pour le monde que ceux qui combattent et que le monde va de mal en pis, parce qu'il y a plus de batailles que de prière.»

On ne le prie pas ou presque pas… voici une occasion de le faire.

Office du Saint-Esprit

Cet office, …est tiré des deux plus belles séquences d'Adam de St-Victor, sur les mystères de la Pentecôte et de l’Année Litur­gique de Dom Guéranger, abbé de Solesmes. (Le Temps pascal, Tome III).

"Dans le Fils de Dieu, l'Emmanuel, nous avons notre frère, car il a pris notre chair avec ses infirmités; nous avons notre docteur, car il est la sagesse du Père, et il nous initie par ses leçons à toute vérité; nous avons notre médecin, car il guérit nos langueurs et toutes nos infirmités; nous avons notre médiateur, car il ramène, en son humanité sainte, toute l'œuvre créée à son divin auteur; nous avons notre réparateur, et, dans son sang, notre rançon: car le péché de l'hom­me ayant brisé le lien entre Dieu et nous, il nous fallait un rédempteur divin; nous avons un chef qui ne rougit pas de ses membres, si humbles qu'ils soient, un roi qui est couronné à jamais, un Seigneur que le Seigneur a fait asseoir à sa droite." (Psalmiste CIX).

Si l'Esprit-Saint nous gouverne pour toujours, c'est maintenant du haut des cieux qu'il le fait et jusqu'au moment où il apparaîtra de nouveau, pour juger les vivants et les morts, à la fin du monde. En attendant, des siècles nombreux doivent se dérouler, et ces siècles ont été destinés à l'empire de l'Esprit divin.

Quant à l'Esprit-Saint, le Dieu inconnu pour un grand nombre de catholiques, c'est Jésus-Christ lui-même, notre Emmanuel, qui durant sa vie mortelle, s'est fait le hérault de son règne prochain. Ne l'avons-nous pas entendu dire: "Il vous est avantageux que je m'en aille; car si je ne me retirais pas, le Paraclet ne viendrait pas à vous". Le monde a un grand besoin de ce divin hôte, dont le propre Fils de Dieu s'est fait ainsi le précurseur! Et afin que nous connaissions quelle est la majesté de ce maître nouveau qui va régner sur nous, Jésus nous déclare la gravité des châti­ments mérités par ceux qui l'offenseront.

Que dire de cette méconnaissance d'un grand nom­bre de catholiques envers l'Esprit-Saint? Que dire des blasphèmes contre sa personne adorable? Tout .ce qui exprime l'amour du Père et du Fils: le zèle dans la création, la Rédemption, les sacrements, les anges, les saints, la Sainte Ecriture, etc., c'est le Saint-Esprit qui est Dieu comme le Père et le Fils. L'affaiblissement et la perte de la foi d'un grand nombre de catholiques ne proviennent-ils pas de cette ignorance de l'Esprit-Saint? On ne le prie pas ou presque pas. Nôtre-Seigneur Jésus-Christ dit: "Quiconque aura proféré une parole contre le Fils, elle lui sera pardonnée; mais celui qui aura dit cette parole contre le Saint-Esprit, il n'en obtiendra le pardon ni en ce monde, ni en l'autre". ( Ils sont déjà jugés par la perte de la foi).

Cet Esprit divin vient avec une immensité d'amour qui ne saurait être méprisée impunément. Le châti­ment des blasphémateurs, dès ici-bas, est le mépris de Dieu et des choses de Dieu qui fait qu'ils se fabriquent par là leur damnation éternelle.

En novembre 1931, l'intention générale bénie par notre Saint-Père le Pape Pie XI et recommandée à l'apostolat de la prière, fut la dévotion au Saint-Esprit. On ajoutait:

"À un groupe de chrétiens, saint Paul demandait s'ils avaient reçu le Saint-Esprit. "Est-ce que cela existe?" répondirent-ils. À considérer les pratiques de dévotion de plusieurs catholiques d'aujourd'hui, l'on n'est pas loin de croire que pour eux l'Esprit-Saint n'existe pas. Ils prient saint Joseph, la bonne sainte Anne, la petite Thérèse, très bien. Mais il ne faut pas oublier Dieu: le Père, le Fils et le Saint-Esprit; ses dons, ses lumières, dont les gouvernants, les parents, les éducateurs ont tant besoin. Combien de fidèles comprennent cela: l'état de grâce fait de moi le temple du Saint-Esprit? Ceux qui aiment vraiment le Sacré-Cœur, qui en comprennent la dévotion, devraient avoir un amour profond du Saint-Esprit dont le Cœur de Jésus était rempli.

Demandons à Dieu, au Saint-Esprit spécialement, de faire que nous le connaissions, que nous l'aimions, que nous sachions le prier, et souvent.

Paroles de Sa Sainteté Pie XI, décembre 1933: "Nous n'avons qu'un mot à répéter aussi longtemps qu'on nous posera cette question: Que doivent faire ceux qui désirent le bien-être et la concorde de toute la famille chrétienne, mais qui sont dans les mêmes conditions que nous et, comme nous, astreints à juger de ces questions par ce qui se fait, ou mieux par ce qui ne se fait pas? Que leur reste-t-il à faire? D'abord prier, ensuite prier, et enfin prier toujours!"

PRIÈRE

Ô mon Dieu, suscitez parmi nous des saints; par eux faites triompher l'Eglise dans la lutte qu'elle sou­tient contre l'enfer déchaîné, et, par la vertu du Saint-Esprit, établissez le régné du Christ sur la terre entière, afin que la paix du ciel y demeure à jamais. Ainsi-soit-il.

Ô Marie Immaculée, Reine du ciel et de la terre, nous vous en supplions très humblement, demandez à Dieu qu'il inspire à tous les heureux habitants du ciel et du purgatoire de combattre avec l'Eglise mili­tante et de lui donner la victoire. Ainsi-soit-il.

Venez, Esprit-Saint, renouvelez la face de la terre.

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 09:49

La volonté de salut du Christ est condi­tionnée par les libres réactions des âmes …

A Bethléem, Jésus était un exilé; lors de la Circoncision, il était par avance le Sauveur; maintenant, à la Présen­tation, Il devient un signe de contradiction. Lorsque Jésus a été circoncis, Marie a été purifiée, bien qu'il n'ait pas eu besoin de ce rite, puisqu'il était Dieu, pas plus que Sa mère n'avait besoin de l'autre rite, puisqu'elle était conçue sans péché.

«Et quand les jours de la purification furent accomplis, selon la loi de Moïse, ils Le portèrent à Jérusalem pour Le présenter au Seigneur. » (Luc 2, 22.)

L'existence du péché dans la nature humaine est soulignée non seulement par la nécessité de l'expiation dans la souffrance, lors de la Circoncision, mais encore par le besoin Ide purification. Depuis qu'Israël avait été délivré de la servitude des Égyptiens, après le passage de l'ange exterminateur de leurs premiers-nés, les premiers-nés Israélites avaient toujours été considérés comme voués à Dieu. Quarante jours après Sa naissance, soit le temps légal fixé pour les enfants mâles, Jésus fut porté au Temple. L'Exode avait décrété que tout premier-né appartenait à Dieu. Au livre des Nombres on lit que la tribu de Lévi avait été mise à part pour les fonctions sacerdotales, et cette consécration était interprétée comme une substitution au sacrifice des pre­miers-nés, rite qui n'avait jamais été pratiqué. Mais lorsque le divin Enfant fut présenté au Temple par Marie, la loi de consécration des premiers-nés fut observée à la lettre, car l'offrande de l'Enfant à Son Père était absolue et devait Le conduire jusqu'à la Croix.

La Présentation nous offre un nouvel exemple de la ma­nière dont Dieu fait homme partageait la pauvreté des hommes. L'offrande traditionnelle pour cette cérémonie était un agneau et une tourterelle, si les parents étaient riches, et deux tourterelles ou deux pigeons, s'ils étaient pauvres. Or la mère qui portait l'Agneau de Dieu venu en ce monde n'avait pas d'agneau à offrir — en dehors de l'Agneau de Dieu. Dieu était présenté au Temple à l'âge de quarante jours. Environ trente ans plus tard, II revendiquerait le Temple et l'utiliserait comme symbole de Son Corps dans lequel résidait la plénitude de la Divinité. Lors de la Pré­sentation, ce n'était pas seulement le premier-né de Marie " qui était là, c'était le Premier-né du Père éternel. Unique v, engendré du Père, II était présenté maintenant comme le premier-né d'une humanité restaurée. Une race nouvelle commençait avec LUI.

«Le vieillard Siméon, qui accueillit l'Enfant au Temple, est décrit simplement comme un homme juste, plein d'esprit de foi; il vivait dans l'at­tente du Sauveur d'Israël.» (Luc 2, 25.)

Le Saint-Esprit lui avait révélé «qu'il ne mourrait pas avant d'avoir vu l'Envoyé du Seigneur.» Luc 2, 26.

Les paroles de Siméon semblent indiquer qu'aussitôt que quelqu'un a vu le Christ, la crainte de la mort s'évanouit. Le vieillard, prenant l'Enfant dans ses bras, s'exclama de joie : « Maintenant, Seigneur, vous pouvez laisser aller en paix votre serviteur, selon votre parole; car mes yeux ont vu votre salut, le salut que vous avez préparé à la face de tous les peuples, lumière qui doit éclairer les nations, et gloire d'Israël votre peuple. » (Luc 2 29-33)

Siméon était comme un éclaireur que Dieu aurait envoyé pour guetter l'apparition de la Lumière. Lorsqu'enfin elle apparut, il était prêt à chanter son Nunc dimittis. En un pauvre petit Enfant, porté par de pauvres gens, qui ne pouvaient donner qu'une bien pauvre offrande, Siméon sut découvrir la suprême richesse du monde. Lorsque ce vieil­lard prit l'Enfant dans ses bras, il n'avait rien de l'homme âgé dont parle Horace. Il ne regarda pas en arrière, mais en | avant, et pas seulement pour s'arrêter à l'avenir de son peuple, mais pour entrevoir l'avenir des Gentils de toutes les l, tribus et de toutes les nations de la terre. Un vieillard au | couchant de sa vie parlait du levant du monde ; proche de son dernier jour, il chantait la promesse d'un jour nouveau. Il avait déjà vu le Messie par la foi, maintenant ses yeux pouvaient se fermer pour toujours, car ils ne pourraient jamais voir un spectacle plus beau. Ce qu'il venait de voir, c'était le «Salut» — non pas le salut qui sauve de la pau­vreté, mais le salut qui sauve du péché.

Le cantique de Siméon était un acte d'adoration. Au cours de l'enfance du Christ on trouve la description de trois actes d'adoration : les bergers ont adoré, Siméon et la prophétesse Anne ont adoré, les Mages païens ont adoré. Le chant de Siméon ressemblait à un coucher de soleil dans lequel une ombre annonce la présence de quelque chose. C'était le premier chant humain dans la vie du Christ. Le vieillard s'adressait A Marie et à Joseph, non à l'Enfant, car il ne convenait pas qu'il bénît le Fils du Très-Haut. Il bénit les parents, mais l'Enfant, il ne le bénit pas parce qu'il n'avait pas à Le bénir.

Après son cantique de louange, Siméon s'adressa parti­culièrement à la mère. Il savait qu'elle seule, et non pas Joseph, avait un lien de parenté avec l'Enfant qu'elle tenait dans ses bras. Il voyait en outre qu'il y aurait abondance de douleurs pour elle et non pour Joseph. Il déclara: « Celui-ci est établi pour la chute et la résurrection d'un grand nombre en Israël, et comme un signe qu'on contre­dira.» Luc 2, 34.

C'était comme si toute l'histoire du divin Enfant passait devant les yeux du vieillard. Chaque détail de sa prophétie devait s'accomplir au cours de la vie de ce Petit. On y trou­vait l'horreur de la Croix annoncée avant que Ses petits bras puissent s'étendre assez largement pour dessiner la forme d'une croix. L'Enfant susciterait une terrible contradiction entre le bien et le mal, arrachant le masque de chacun et provoquant ainsi une haine implacable. Il allait être dès maintenant une pierre d'achoppement, un glaive qui sépa­rerait le bien du mal, une pierre de touche qui révélerait les secrètes dispositions des cœurs. Les hommes ne seraient plus les mêmes dès lors qu'ils auraient entendu Son nom ou appris à connaître Sa vie. Ils seraient contraints ou de L'ac­cepter ou de Le rejeter. Il ne pourrait y avoir de compromis à Son sujet, mais seulement l'acceptation ou le refus, la résurrection ou la mort. Par Sa nature même Il mettrait les hommes dans l'obligation de révéler leur attitude secrète envers Dieu. Sa mission ne serait pas de juger les âmes, mais de les racheter et, malgré cela, beaucoup d'hommes, à cause de leurs péchés, détesteraient Sa venue.

Ainsi donc Son destin serait de rencontrer, de la part du genre humain, une fanatique opposition allant jusqu'à la mort, et cela plongerait Marie dans une profonde détresse. L'ange lui avait dit : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes », et voici que Siméon lui dit que dans sa félicité elle sera Mater dolorosa. Un des châtiments du péché ori­ginel condamne la femme à enfanter dans la douleur; Siméon déclare à la Sainte Vierge qu'elle vivra toute sa vie dans la douleur à cause de son Enfant. S'il doit être l'Homme des Douleurs, elle sera, elle, la Mère des Douleurs. Une Ma­done qui ne souffrirait pas avec le Christ souffrant serait une Madone sans cœur. Puisque le Christ a tant aimé le monde qu'il a voulu donner Sa vie pour expier son forfait, Il a voulu aussi envelopper Sa mère dans les liens mêmes de Sa propre affliction.

A partir du moment où elle entendit la prédiction de Siméon, Marie comprit que si l'Enfant était consacré pour la souffrance, elle l'était elle aussi. A peine cette jeune vie avait-elle pris son départ que Siméon, tel un vieux marin, parlait de son naufrage. La coupe d'amertume n'avait pas encore été présentée par le Père aux lèvres de l'Enfant, que déjà un glaive était montré à Sa mère.

Plus le Christ S'approche d'un cœur, plus celui-ci prend conscience de sa culpabilité. La conséquence sera, soit une demande de pardon qui fera trouver la paix, soit une révolte contre le Sauveur de la part du cœur qui n'est pas encore prêt à rejeter son iniquité. C'est ainsi qu'il séparera les bons des mauvais, le bon grain de la balle. La réaction de l'homme à la divine Présence portera témoignage : ou bien cette Présence provoquera l'opposition des natures égoïstes, ou bien elle les stimulera pour les engager dans la voie de leur régénération et de leur résurrection.

Pratiquement, Siméon désigne Jésus comme le «divin Perturbateur» qui invitera les cœurs humains à choisir entre le bien et le mal. Une fois mis en Sa présence, ils devront opter pour la lumière ou pour les ténèbres. Devant n'importe quel autre ils peuvent apparaître comme « ayant l'esprit large », mais la présence du Christ suffit à révéler si les cœurs offrent une terre fertile ou s'ils sont durs comme le roc. Il ne peut S'approcher des âmes sans les éclairer et les départager. Une fois en Sa Présence, chacun est obligé de découvrir ses pensées intimes sur la bonté aussi bien que sur Dieu.

Il ne pourrait en être ainsi s'il n'était qu'un docteur humanitaire. Siméon savait bien cela, et c'est pourquoi il dit à la mère de Nôtre-Seigneur que son Fils aurait à souffrir parce que Sa vie s'opposerait avec force aux maximes de facilité d'après lesquelles la plupart des hommes organisent leur vie. Avec telle Âme Il agira d'une manière, avec telle autre d'une manière différente, un peu comme le rayon de soleil qui amollit la cire et qui durcit la boue. Il n'y a aucune modification dans le soleil, c'est dans les objets tou­chés par ses rayons que se produisent des effets différents. Lumière du monde, Jésus sera la joie des bons et de ceux qui aiment la lumière, mais Il sera aussi comme une clarté révélatrice pour les mauvais qui préfèrent vivre dans les ténèbres. La semence est la même, mais les terrains sont différents, et chaque terrain sera apprécié d'après le rende­ment qu'il fournira. La volonté de salut du Christ est condi­tionnée par les libres réactions des âmes pour L'accepter ou Le rejeter. C'est ce que Siméon voulait dire en proclamant : « Et ainsi seront manifestées les pensées cachées dans le cœur d'un grand nombre. » (Luc 2 35)

Un conte oriental parle d'un miroir magique qui était clair lorsque les bons s'y regardaient et qui se ternissait lorsque les impurs cherchaient à s'y contempler. Grâce à cela, le possesseur connaissait toujours le caractère de ceux qui utilisaient son miroir. Siméon découvrait à Marie que son Fils serait en quelque sorte comme ce miroir : selon leurs propres dispositions intimes, les hommes aimeraient ou haï­raient Jésus. Dès que la lumière atteint une plaque photo­graphique, elle provoque une réaction chimique qui ne peut plus s'effacer. Siméon déclarait que la Lumière de cet Enfant, tombant sur les Juifs et les Gentils, imprimerait sur eux des marques ineffaçables de son action.

Siméon dit aussi que l'Enfant révélerait les dispositions secrètes des hommes. Il éprouverait les pensées de tous ceux qui Le rencontreraient : Pilate chercherait à temporiser, puis faiblirait; Hérode se moquerait; Judas pencherait pour une sorte de situation sociale bien nantie; Nicodème se glis­serait furtivement dans la nuit pour trouver la Lumière ; les publicains, collecteurs d'impôts, deviendraient honnêtes; les prostituées, pures; des jeunes gens riches repousseraient Sa pauvreté, tandis que des prodigues retourneraient à la maison paternelle; Pierre se repentirait, tandis que Judas se pendrait. Depuis ce moment jusqu'à nos jours, le Christ continue d'être un signe de contradiction. Il convenait dès lors qu'il dût mourir sur une pièce de bois dont une poutre couperait l'autre. La poutre verticale de la volonté de Dieu est traversée par la poutre horizontale de la volonté humaine de contradiction. Comme la Circoncision préfigurait l'effusion du sang, la Purification annonçait le Crucifiement.

Après avoir dit que Jésus serait un signe de contradiction, Siméon, se tournant vers Marie, ajouta : « Un glaive transpercera votre âme. » Luc 2, 35.

Elle apprenait ainsi que son Fils serait rejeté par le monde et que, lorsqu'il serait crucifié, son cœur à elle serait transpercé. De la même volonté que l'Enfant voudrait la Croix pour Lui, Il voudrait le glaive de douleur pour elle. S'il avait choisi d'être l'Homme des douleurs, Il l'avait aussi choisie pour être la Mère des douleurs. Dieu n'épargne pas toujours les bons. Le Père n'a pas épargné SON Fils, et le Fils n’a pas épargné Sa mère. Avec la Passion de Jésus il fallait compassion de Marie. Un Christ non souffrant, qui n'aurait pas payé volontairement la dette du péché des hommes, n'aurait été qu'un simple moraliste, et une mère qui n'aurait pas participé aux souffrances de son Fils n'aurait pas été à la hauteur de son rôle.

Siméon n'avait pas seulement tiré un glaive. Il avait dit aussi à quoi la Providence le destinait. Un jour l'Enfant dira: «Je suis venu apporter un glaive». Siméon révélait à Marie qu'elle sentirait ce glaive lui transpercer le cœur lorsque son Fils serait suspendu au signe de contradiction, et qu’elle-même se tiendrait debout, au pied de la Croix, dans l’accablement de sa douleur. La lance qui percerait physiquement le cœur de Jésus pénétrerait d'une manière mystique dans son propre cœur.

L'Enfant était venu pour mourir et non pour vivre, car «Sauveur» était Son nom.

Extrait de : La vie de Jésus (1960) Mgr Fulton Sheen.

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