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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 18:44

Qui l'en dispenserait ? Pour lui, la prière est bien plus nécessaire que pour les justes, car ses besoins sont plus urgents. S'il veut que sa prière soit méri­toire et satisfactoire, qu'il ait soin avant de la com­mencer de faire un acte de contrition parfaite, disant à Dieu de tout son cœur : « Mon Dieu, parce que vous êtes souverainement aimable, je vous aime par­dessus tout ; et pour l'amour de vous, je me repens de tout mon cœur de vous avoir offensé et je vous pro­mets de ne plus le faire. »

 

L'acte de contrition parfaite a, en effet, la vertu d'effacer tous les péchés, même en dehors du sacre­ment de pénitence, car il est fondé sur la charité. Or, « la charité, dit le Saint-Esprit, couvre la mul­titude des péchés » ; et il n'est pas possible qu'elle règne dans un cœur en même temps qu'une faute grave. Elle est donc la planche de salut pour ceux qui sont surpris par un accident mortel, et qui n'ont pas le temps de recevoir les sacrements ; et elle est la ressource de ceux qui, ne pouvant pas se confesser aussitôt après une faute sérieuse, veulent se récon­cilier avec Dieu.

 

Qu'ils récitent de tout cœur l'acte de contrition parfaite avec la ferme résolution d'accomplir désor­mais tous les commandements de Dieu et de se con­fesser, par conséquent, ils retrouveront la grâce.

 

Toutefois, autre chose est le mérite de la prière, et autre chose son efficacité pour obtenir ce qu'elle demande. La prière du juste a un droit de justice au mérite ; mais l'efficacité de la prière repose sur la miséricorde de Dieu, comme le remarque saint Thomas. Il convient à cette miséricorde de se laisser fléchir par la prière du pécheur ; et, du reste, la pro­messe divine de tout accorder à la prière s'adresse à tous. « Quiconque demande reçoit, et quiconque cherche trouve, et on ouvre à quiconque frappe. » supposé, bien entendu, qu'on demande dans les con­ditions voulues.  Sur ces paroles de l'Évangile, saint Jean Chrysostome dit : « Quiconque  demande reçoit, qu'il soit juste ou pécheur,… »

 

Quand on ose dire : Je suis trop grand pécheur, je n'oserais m'adresser à Dieu, c'est comme si l'on disait : Je suis trop pauvre, donc je ne dois pas de­mander l'aumône; je suis trop malade pour recou­rir au médecin. C'est là se rebuter de ce qui devrait nous exciter davantage à la prière.

 

On lit, il est vrai, dans l'Évangile, que Dieu n'exauce pas les pécheurs ; mais cette parole n'est pas de Nôtre Seigneur, ni de ses Apôtres, mais de l'aveugle-né, qui l'a dite n'étant pas encore assez éclairé intérieurement, comme remarque saint Au­gustin. Le publicain était mieux avisé ; aussi fut-il loué et approuvé par Nôtre Seigneur lui-même. Se tenant en bas du temple, et s'estimant indigne de s'approcher du sanctuaire, il se reconnaissait grand pécheur, et alléguait ce motif pour incliner Dieu à lui faire miséricorde: « Soyez-moi propice. Seigneur, disait-il, car je suis un pécheur » ; et il se retira jus­tifié. C'est en vain qu'il eût fait cette prière, dit saint Augustin, si Dieu n'exauçait pas les pécheurs. Quel que soit l'état de conscience d'un ministre de l’Église, dit saint Thomas, toutes les prières qu'il fait au nom de l'Église sont fructueuses, soit à l'autel, soit dans les offices ecclésiastiques, lors même que sa prière particulière ne vaudrait rien, car l'Église, au nom de laquelle il prie, est toujours agréable à Dieu.

 

Aux pécheurs, quels qu'ils soient, saint Augustin dit, dans un de ses sermons : « Appliquez-vous aux prières, confessez vos péchés, priez pour qu'ils soient effacés, pour qu'ils deviennent moins nombreux, pour qu en avançant vous-même dans le bien, ils cessent tout à fait; néanmoins, ne désespérez pas, mais, tout en étant pécheur, priez. »  

 

Hélas ! Il est des hommes qui, sous l'influence des habitudes vicieuses, ont perdu les lumières de la grâce. Ils vivent dans un aveuglement étrange. Leur cœur  n'a  plus  d'élan vers le bien,  il  est insen­sible à toutes les exhortations des prêtres, des pa­rents, des amis. La foudre elle-même ne les réveille pas de leur sommeil léthargique.  Quelle ressource leur reste-t-il ? La prière, dont Dieu donne la grâce à  tous les hommes.

 

Qu'ils crient  donc, comme l'aveugle de l'Évangile: «Seigneur, faites que je voie ! » Ou comme le lépreux : « Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir ! » Et s’ils ne cessent pas de prier, et s'ils le font dans les conditions voulues, Dieu ne les  abandonnera pas. Il  ne les laisse même sur la terre que pour qu'ils reviennent enfin à lui.

 

Toutefois, que quiconque est en état de péché et prie pour s'en affranchir ait soin de coopérer, à la grâce que lui obtient la prière. Qu'il fasse des efforts pour se corriger de  ses mauvaises habitudes, qu'il renonce aux occasions qui le perdent, car celui qui nous a créés sans nous ne nous sauvera pas sans nous. Mais, avec la prière et la bonne volonté, un pé­cheur arrivera à ne plus pécher, à ne plus mettre d'obstacle par conséquent à la libéralité de Dieu à son égard, à recouvrer l'amitié de Dieu, a persévérer dans la grâce, et à mériter le ciel.

 

Extrait de : LA CLÉ DU CIEL  (1904) P. Berthier. M. S.

 

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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 20:29

Nous sommes dans un temps où l'orgueil humain est tel que certains esprits pourraient en venir à croire qu'ils s'humilieraient en priant. Qu'ils se ras­surent, la prière est un acte d'humilité', mais « celui qui s'humilie sera exalté, a dit Nôtre Seigneur, et celui qui s'exalte sera humilié. » Cette sentence se réalise dès ce monde en ceux qui ne prient pas. Peut-on imaginer un abaissement plus grand pour un homme que de se mettre au niveau des brutes et de leur devenir semblable ? Or, c'est ce qui arrive à qui­conque ne prie pas. Qui ne le sait ? C'est la raison qui nous distingue des animaux. Donc ne pas faire des actes de raison, c'est oublier sa dignité.

 

Écoutons saint Thomas :

« C'est par la raison que nous commandons aux inférieurs ; c'est aussi par la raison que nous deman­dons quelque chose à ceux qui sont au-dessus de nous. La prière est donc un acte de raison; elle est donc propre aux créatures raisonnables; c'est pour­quoi les bêtes ne sauraient prier. »

 

Donc passer sa vie sans faire de prière, qu'est-ce autre chose que de se mettre, par ce côté-là du moins, au rang des brutes ? Et s'il était permis à ce sujet de passer du sévère au plaisant, nous raconterions l'anecdote suivante. Un missionnaire que nous avons bien connu, et qui est mort en odeur de sain­teté, faisait, dans une maison d'éducation, le caté­chisme à de tout jeunes enfants. Il leur dit donc un jour : « Savez-vous, mes enfants, quelle différence il y a entre un enfant qui ne prie pas et un petit chien ? » L'un d'eux lève la main, en disant: « Moi, Monsieur, je le sais.

 

— Dites-la donc, mon enfant.

 

— La différence, Monsieur, c'est que le petit chien n'a pas besoin de s'habiller. »

 

Cette différence est évidemment au profit de l'ani­mal; mais il y en a une autre qui est bien autrement au détriment de l'homme ; c'est que l'animal, n'ayant pas la raison, n'aura pas à rendre compte d'en avoir abusé.

 

Mais quelle responsabilité redou­table pèse sur l'homme, à qui Dieu a accordé l'hon­neur de connaître son Créateur, s'il refuse de l'invoquer ? Mais nous aurons plus tard l'occasion de revenir sur ces considérations. Il s'agit dans ce cha­pitre de comprendre que la prière élève l'homme. La prière est une chaîne d'or par laquelle nous attirons Dieu à nous, et par laquelle il nous attire à lui. Qui ne serait honoré d'avoir accès auprès des grands de la terre, de pouvoir les aborder à toute heure, d'être toujours accueilli à leur audience ? Mais que sont les princes de ce monde comparés à Dieu ? Quelle gloire incomparable, « quelle grande dignité, par conséquent, de pouvoir nous entretenir avec Dieu ! dit saint Jean Chrysostome. La prière nous unit aux anges, car le travail des anges est de prier sans cesse. Par la prière nous cessons d'être mortels et bornés par le temps. Par nature, il est vrai, nous sommes mortels, mais nous passons à une vie immortelle en nous entretenant dans un com­merce familier avec Dieu. Il est nécessaire, en effet, que celui qui est familier avec Dieu devienne supérieur à la mort et à tout ce qui est sujet à la cor­ruption. »

 

Prier, c'est élever son esprit à Dieu et s'unir à lui.Il est hors de doute que cette élévation et cette union contribuent beaucoup à notre avancement. Dieu étant, en effet, la source du bien des créatures, la  créature sera d'autant plus parfaite qu'elle en sera plus rapprochée. Mais ce rapprochement n'est pas un rapprochement corporel; c'est par esprit que nous nous élevons vers Dieu, que nous nous en rap­prochons et que nous participons  à sa perfection sans limites.

 

Plus on est près de la lumière, mieux on voit; plus on est près d'un foyer de chaleur, plus on éprouve son action. Mettez un objet quelconque en contact avec un brasier, aussitôt le feu s'en empare et le pénètre jusqu'à se l'assimiler.  Or, si telle est l'action du feu matériel, quelle sera l'action de celui qui sur­passe en noblesse, en énergie, en activité pénétrante, tout ce qui existe?

 

Avec quelle puissance, il s'empa­rerait de nous si nous n'y mettions pas d'obstacle par notre négligence et par notre éloignement?

 

Voyez encore comme les substances à odeur forte communiquent  promptement leurs  propriétés.   Il suffit de les toucher légèrement pour que la main soit imprégnée de la même odeur  et  la répande autour d'elle. Dieu est aussi la source infinie de toute suavité et de tout parfum. C'est pourquoi, dès que notre âme s'est mise avec lui en rapport intime, elle conserve quelque chose de ce parfum et de cette suavité.

 

En outre, dans la prière, l'âme à les yeux fixés sur Dieu et ce regard lui donne une noblesse et une excellence particulières. Il y a cette différence entre les choses sensibles et celles qui sont l'objet de l'intelligence, que les premières nuisent d'autant plus au sens qu'elles sont plus parfaites; tandis que les choses que saisit l'intelligence augmentent la perfec­tion de l'intelligence proportionnellement au degré de leur  propre  perfection.  

 

Une lumière trop vive éblouit et aveugle ; une détonation bruyante rend sourd ! Au contraire, si l'intelligence s'avilit en s'occupant de pensées rampantes, elle s'ennoblit en s'occupant de  pensées hautes.   Or,   comme  Dieu   est  d'une noblesse hors de comparaison, la prière, qui donne pour objet à la pensée de l'âme cette beauté souve­raine, ennoblit en quelque sorte infiniment l'intel­ligence.

 

Sur ce passage de l'Évangile, où il est dit que « pendant que  Nôtre Seigneur  priait,   son visage devint tout autre », Corneille de Lapierre nous a laissé ce beau commentaire : « Ce qui arriva à Nôtre Seigneur dans sa transfiguration était arrivé bien avant à Moïse, qui descendit de la montagne où il s'était entretenu avec Dieu, portant sur son front des rayons de lumière. Plusieurs saints depuis ont trouvé dans leur commerce avec Dieu un reflet céleste qui rayonnait sur leur visage. C'est ce qu'on rapporte de saint Antoine, de saint Ignace et d'autres. »  Mais c'est surtout  la  transfiguration  de l'âme qu'opère la prière. Car c'est dans la prière que la lumière divine éclaire l'âme sur Dieu, sur elle-même et sur tout ce qui l'intéresse. C'est là qu'on demande et qu'on obtient les grâces qui lavent toutes les souil­lures de l'âme, et la rendent supérieure à tous les assauts de l'ennemi du salut. C'est là que la déso­lation fait place à la consolation, la faiblesse à la force, la tiédeur à la ferveur, le doute à la sécurité, la tristesse à la joie, la pusillanimité au courage.

 

Quand l'aigle prend son vol dans les airs, son plu­mage illuminé par les rayons du soleil devient écla­tant. Ainsi l'âme s'élevant au-dessus d'elle-même jusqu'à Dieu brille d'un reflet divin. Elle apprend, en les voyant de haut, que les choses d'ici-bas sont petites, fragiles et méprisables, que ce n'est qu'au ciel qu'il y a de vrais honneurs, de vraies richesses et de vrais plaisirs. C'est là aussi qu'elle comprend que les douleurs de cette vie, la pauvreté, la maladie, la faim, la persécution ne sont rien, comparées à la gloire qu'elles nous préparent ; et, par conséquent, elle prend la résolution de les soutenir énergiquement.

 

C'est là enfin qu'elle s'unit à Dieu et ne fait qu'un même esprit avec lui. Peut-on rien imaginer de plus noble, de plus sublime ?

 

En vérité, l'homme n'est grand qu'à genoux, sa dignité grandit à mesure qu'il prie davantage; et il s'abaisse d'autant plus qu'il néglige davantage de s'entretenir avec Dieu.

 

 

Extrait de : LA CLÉ DU CIEL  (1904) P. Berthier. M. S.

 

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 21:06

II est difficile d'apprendre à un aveugle ce que c'est que la vue. Toutes les explications qu'on peut lui en donner ne réussiront pas à la lui faire com­prendre tant qu'il ne l'aura pas éprouvée: mais elles auront pourtant pour résultat de lui faire désirer de voir, et de lui donner du regret d'en être privé. On peut en dire autant des joies que donne la prière. Celui qui ne les a pas goûtées ne peut les comprendre, mais en lui prouvant que ces consolations ne sont pas des chimères, mais des réalités certaines, il con­cevra, avec le repentir de s'en être privé par sa négli­gence, la résolution de chercher à se les procurer. Que la prière apporte à l'âme la joie, nous en avons pour garants Dieu lui-même, la raison, le témoignage et l'expérience de tous les saints, et c'en est assez pour convaincre toute âme droite.

 

Quand Dieu parle, il a droit d'être cru. Or, voici sa parole : « La conversation avec la Sagesse divine n'a point d'amertume, il n'y a point d'ennui à vivre avec elle, on n'y trouve que joie et allégresse. »

 

« J'ai créé la paix comme fruit de la prière, » dit le Seigneur dans Isaïe. Il n'y a rien, en effet, qui rende l'âme paisible et sereine comme la prière, surtout dans les épreuves et les labeurs de la pénitence. « Quelqu'un d'entre vous est-il triste, qu'il prie. »

 

Or, voici comment Corneille de Lapierre commente ce texte : « Jésus-Christ était triste jusqu'à la mort au Jardin des Olives, il pria durant son agonie, et après il se leva avec intrépidité et se livra entre les mains des Juifs. La prière obtient de Dieu un secours, une force qui aide à triompher de la tristesse. Prier et s'entretenir avec Dieu, c'est déjà retrouver la joie et la consolation. Lors donc que vous êtes triste, n'allez pas chercher un soulagement chez vos amis, ni dans les festins, ni dans les concerts, ni dans les fables, mais bien dans la prière et les entretiens avec Dieu. Or, la tristesse a plus de puissance pour nous nuire que tous les démons. C'est par la tris­tesse que Satan triomphe des hommes; enlevez la tristesse et il ne pourra blesser personne. »

 

« Si quelqu'un de vous a l'esprit en paix, qu'il récite des psaumes. » Quoiqu'il soit utile à celui qui est triste de psalmodier, cependant cela lui est diffi­cile; mais celui qui à l'âme joyeuse se porte volon­tiers à chanter et à psalmodier, et la psalmodie con­serve et augmente sa joie et l'excite à louer Dieu. Saint Ephrem avait donc raison d'appeler la prière la consolation de ceux qui sont tristes, l'agrément de ceux qui sont dans la joie, le soulagement de ceux qui pleurent.

 

Et comment en pourrait-il être autrement ? La paix, la joie, le bonheur, sont un bien dont nous sommes avides, et que nous mendions souvent à la porte des créatures. Mais quelle est la source de ce bien? Quel est le principe de tout bien, sinon celui de qui descend tout ce qui a l'être, et qui seul a donné à chaque être tout ce qu'il a de bon, Dieu par conséquent?

 

Nous ne trouvons rien dans ce qui existe qui ne vienne de lui, rien dans les joies, dans les plaisirs du monde qu'il n'ait pas à un degré infiniment supérieur. Dieu est la félicité parfaite, le bonheur suprême, la source inépuisable de toute paix, de toute joie, de tout bien. S'en approcher souvent par la prière, c'est s'approcher du bonheur.

 

« Ne vous y trompez pas, vous crie saint Bernard, ne vous laissez pas séduire au point de croire que votre âme n'ait pas autant de plaisir dans les joies spirituelles que dans les sensations du corps. Les plaisirs de l'âme, c'est Dieu même, et Dieu n'aurait pas le pouvoir de donner autant de joie à votre cœur que la chair d'un animal mort en donne à votre palais, qu'un son harmonieux à vos oreilles, qu'un parfum exquis à votre odorat! »

 

Saint Augustin dit : Celui qui cherche Dieu cherche la joie. Celui qui s'éloigne de Dieu fuit son bonheur, sa paix, les vraies consolations. « C'est moi, dit en effet le Seigneur, c'est moi qui vous consolerai. » Aussi est-il écrit qu'il n'y a point de paix pour l'impie. On voit des gens qui ont abandonné la prière courir après les fêtes, les plaisirs, les festins, les divertissements: on les dirait heureux; et ceux qui n'y entendent rien le croient peut-être. Hélas! Ils ne font que s'étourdir et  chercher à dissiper cet inexorable  ennui, qui, fait le fond de la vie humaine'' depuis que l'homme a perdu le goût de Dieu, comme l'a dit Bossuet.

 

Saint Augustin, lui aussi, avait fui loin de Dieu; mais, revenu de ses égarements, il lui disait, instruit par l'expérience: « Ce que je sais certainement, c'est que sans Vous rien n'est bien pour moi, et que toute abondance qui n'est pas mon Dieu n'est que détresse. C'est que Vous nous avez faits pour vous, Seigneur; et notre cœur est dans le trouble tant qu'il ne se repose pas en vous. »

 

Or, la prière, ce sont-les pas par lesquels l'âme monte vers Dieu ; ce sont les mains qu'elle tend vers lui pour lui demander son secours ; ce sont les bras avec lesquels elle l'étreint et cherchent s'unir à lui. L'âme malheureuse et coupable peut bien trembler un peu quand elle aborde celui qu'elle a offensé ; le prodigue, couvert des haillons de la misère, ne reve­nait pas à son père sans que son cœur éprouvât quelque saisissement ; mais dès qu'il eut dit: « Mon père, j'ai péché », et que son père courant à sa ren­contre l'eut serré dans ses bras, quelle ne dut pas être sa joie ! C'est celle qui attend toute âme cou­pable qui cherche Dieu, si elle le fait de tout son cœur.

 

Les saints sont là du reste pour nous l'apprendre. « Les larmes de ceux qui prient, dit saint Augustin, sont plus douces que les joies de théâtre. » Et saint Bernard : « Dans la prière, dit-il, on boit le vin qui réjouit le cœur de l'homme, le vin du Saint-Esprit qui enivre l'âme et lui fait oublier les plaisirs grossiers de la terre. Il arrose et rend ainsi féconde une con­science desséchée. »

 

Saint J.-B. Vianney, curé d'Ars, disait : « La prière est un avant-goût du ciel ;   c'est un miel qui descend  dans l'âme. Les peines se fondent dans une prière comme la neige au soleil. »

 

Mais voici un soldat, un général, qui parle comme les Pères de l'Église et comme les saints. En 1876, le général de Sonis écrivait à un de ses amis : « Je ne connais rien de consolant comme la prière. » Et, certes, il avait eu besoin d'y chercher sa joie dans sa longue carrière, et, en particulier, dans la guerre de 1870, si désastreuse pour la France.

 

Qu'on lise la vie des saints qui, après tout, sont les plus heureux des hommes, et pour qui sont assuré­ment les plus grands bonheurs d'ici-bas. On les verra presque tous puiser dans leurs entretiens avec Dieu des joies ineffables qui rayonnaient parfois sur leur visage. « Mon âme, disait David, a refusé les consolations de la terre ; je me suis souvenu de Dieu, et j'ai été réjoui. »

 

Les joies qu'éprouvaient les saints dans la prière étaient parfois telles qu'ils n'en pouvaient soutenir le poids ; et ils étaient obligés de s'écrier: C'est assez, Seigneur, c'est assez! D'autres fois, ils éprouvaient une peine indicible à s'arracher à leur commerce avec Dieu ; c'est ainsi que saint Antoine, après avoir passé la nuit en prière, se plaignait au soleil de ce qu'il venait l'en distraire.

 

Qu'on ne s'imagine pas que ce soit là, des faits d'un autre âge et que l'esprit de prière ait abandonné notre terre.

 

Dans le cours de notre ministère, nous avons ren­contré, dans les diverses catégories de fidèles, des âmes dont la prière était la grande consolation, qui ne pouvaient s'arracher à leurs entretiens avec Dieu qu'en éprouvant une peine plus vive que celle d'un enfant altéré qu'on arrache du sein de sa mère, et qui avaient hâte de revenir à la prière comme à une source abondante de délices, dès que cessait l'obs­tacle qui les en avait détournées.

 

Et pourquoi recourir à ces exemples ? Ne suffit-il pas d'en appeler à l'expérience de nos lecteurs? Il serait bien à plaindre celui qui n'aurait jamais rien ressenti des joies de l'âme. Qui, parmi les chrétiens, n'a pas eu un jour, une heure dans sa vie, où il a goûté les douceurs de la prière, à l'époque d'une pre­mière confession, d'une première communion, par exemple, ou à la suite d'une retraite ou d'une mis­sion dont il avait suivi avec ferveur les exercices ?

 

Dieu n'a pas changé depuis : la prière a toujours les mêmes charmes. Si nous n'en jouissons pas, c'est que nous ne nous y appliquons pas ou que, du moins, nous ne le faisons pas avec assez d'attention et de ferveur.

 

Il arrive parfois, d'après saint Thomas, que la prière a sa valeur méritoire et qu'elle nous obtienne des grâces sans apporter à l'âme de grandes consolations parce que nous n'y mettons pas l'attention voulue.  

 

Prions avec l'application et la ferveur qui convient et nous ne tarderons pas « de sentir et de voir combien le Seigneur est doux ».

 

Extrait de LA CLÉ DU CIEL  (1904) Père Berthier.

 

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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 20:12

Lorsq'une grande calamité s'abat sur une nation, chacun doit payer de sa personne pour la conjurer. Mais n'est-ce pas surtout aux chrétiennes, favorisées de tant de appartient d'exercer un utile apostolat,   dans les milieux surtout où le prêtre ne peut avoir aucun accès ?

 

Nous l’avons dit ailleurs, on ne conçoit pas comment des personnes vraiment dévouées à la religion peuvent hésiter à rendre un service de cette importance à tel parent, par exemple, qu’elles savent exposé à la damnation éternelle. Est-ce la crainte qui retient ? Si ce parent courait un grave danger pour sa santé, sa vie, et qu'il ne vous fût pas possible de l'avertir sans éprouver une appréhension analogue, ne passeriez-vous pas au-dessus de ces vaines frayeurs ? Eh bien, la vie qui doit durer  toujours vaut-elle moins que celle d'ici-bas ?

 

Ah ! Combien de femmes regretteront un jour d'avoir ainsi été victime de la fausse honte ! Mais c'est surtout à l’heure de la mort qu’il faut s'armer de courage et refouler toutes les hésitation du respect humain, pour s'acquitter de son devoir car alors c'est bien un devoir pour les parents du moribond.

 

Un moment désagréable est bientôt passé ; après tout, que pourrait-on craindre ? Un refus, une parole de reproche ? La belle affaire ! « Les paroles frappent l'air, dit l'auteur de l'Imitation, mais elle ne blessent point la pierre. » Si vous êtes repoussée, vous offrirez à Dieu cette petite humiliation, voilà tout. Mais croyez bien que le plus souvent vos charita­bles avertissements seront accueillis avec reconnaissance et bonheur.

 

Un père de famille, atteint d'un mal incurable, se faisait illusion sur son état. Son fils, jeune homme vertueux, com­prit qu'il avait un devoir à remplir.

 

— Mon père, lui dit-il avec affection et douleur, vous sa­vez combien je vous aime.

 

— Oui, mon fils ; je n'en ai jamais douté.

 

— Eh bien, c'est parce que je vous aime, que je veux vous rendre le plus grand des services.

 

— De quoi s'agit-il, mon enfant ?

 

— Mon bien-aimé père... Ah ! Le Seigneur de­mande de vous et de moi un douloureux sacrifice... Les larmes ne lui permirent pas d'achever.

 

— Je comprends, cher enfant, et je te remercie... Embrasse encore ton père qui t'aime... Fais venir un confesseur ; je veux mourir dans les bras de Dieu.

 

Quel malheur pour un chrétien de penser que son père ou sa mère est peut-être en enfer, et qu'il aurait pu les empêcher d'y tomber ! Comme il faut, aux approches de la mort, redoubler de prières, de vigilance et de soins dévoués !

 

Une jeune fille, sur le point de mourir, embrassa sa mère et lui dit tout en larmes :

 

Je n'ai pas peur de la mort, non ; j'ai aimé le bon Dieu, j'ai confiance qu'il me réserve une belle couronne. Mais une pensée trouble mon bonheur. Depuis longtemps vous ne vous êtes pas approchée des sacrements ; je mourrai donc privée de la consolation de vous savoir en paix avec le Seigneur, et sans l'espoir de vous revoir un jour au ciel. Quoi ! Un jour je serais au ciel et ma pauvre mère serait damnée ! Et jamais je ne la reverrais partageant mon bonheur !...

 

Il était impossible qu'une mère résistât à de pareilles sup­plications.

 

Même auprès des personnes en bonne santé, on peut exer­cer un très fructueux apostolat. Une jeune enfant gémissait de voir son père travailler le dimanche. Un jour, elle lui dit avec une douce franchise :

 

Papa, pourquoi travaillez-vous le dimanche puis­que le bon Dieu le défend ?

 

— Mon enfant, répondit le père, il faut manger les diman­ches comme les autres jours, et pour manger il faut travailler.

 

— Sans doute, reprit l'enfant, et le bon Dieu y a pourvu en nous donnant six jours sur sept car en travaillant bien les six jours, on peut trouver de quoi manger le septième, sans travailler. Mais si vous trouvez que cela ne peut pas se faire, eh bien, soit je ne mangerai plus le dimanche, pour que vous ne soyez plus obligé de travailler ce jour-là, malgré la défense de Dieu.

 

Le père se rendit à cette leçon, et sa conduite ne tarda pas à devenir chrétienne.

 

Voici un autre trait, d'une grâce naïve, qui devrait bien donner un peu d'aplomb et de sainte hardiesse aux jeunes filles dont la timidité va jusqu’a leur (fermer la bouche) alors même qu’une rencontre apparemment providentielle sem­ble leur commander de parler.

 

Clément Brentano, célèbre écrivain allemand du XIXe siècle, obtenait de beaux succès littéraires, mais son incré­dulité le rendait malheureux. Il sentait un vide en son cœur, et une voix secrète le rappelait du côté de Dieu. Une lettre à Mgr Sailer fut suivie d'une réponse qui commença l'œuvre de sa réconciliation avec la religion ; mais ce fut une circons­tance toute particulière qui décida son retour aux pratiques chrétiennes. Se trouvant un jour dans un salon de Berlin, il remarqua la fille d'une des dames présentes, toute jeune enfant, dont l’air candide révélait la paix intérieure. Moitié sérieusement, moitié par plaisanterie, Brentano lui dit :

 

Mon enfant, vous êtes plus heureuse que moi ; vous ne connaissez pas les chagrins et les soucis qui me rongent...

 

La jeune fille répondit sans se déconcerter, avec une ai­mable modestie :

 

Monsieur, vous pouvez être heureux, si vous le voulez ; vous n’avez qu'une chose à faire; c’est de vous confesser.

 

On pense bien si le poète se récria à ce conseil. Il fit des objections à sa petite interlocutrice ; elle répliqua simple­ment, mais d'une manière nette, juste et décisive. Le croi­rait-on ? Cet entretien fut comme un trait qui perça le cœur de Brentano, et au mois de mars 1817 quelque temps après cette charmante scène, le grand homme allait se jeter aux pieds d'un prêtre.

 

Une pratique très recommandable consiste à signaler aux prêtres des paroisses les personnes malades et en danger de mort. Dans les grandes villes surtout, beaucoup meurent sans se réconcilier avec Dieu, car ils n'ont pas même vu un prêtre qui ait pu leur parler de leur âme et de l'éternité.

 

Dans l'exercice du zèle, il n'y a rien d'aussi excellent que l'apostolat auprès des mourants, la prière pour ceux qui sont à l'agonie, les démarches et les pressantes instances pour qu'aucun pécheur ne meure sans recevoir les sacre­ments. En vérité, si nous réfléchissions aux grandes pensées de la foi, à ce terrible « Toujours souffrir, jamais sortir… c’est cela l’Enfer éternel ».

 

Pourrions-nous être aussi indifférentes au sort des malheureux qui vont comparaître devant Dieu !

 

Extrait de  LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

http://elogofioupiou.over-blog.com/article-trois-prieres-pour-les-mourants-95808008.html

 

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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 20:40

S. S. Paul VI aura, le 26 septembre, 117 ans. Nous voulons vous inciter, chers amis catholique, a demander avec nous, a la Divine Providence, qu’Elle intervienne en sa faveur, afin que bientôt finisse son exil.

 

A son retour, il pourra avec le soutien de la Grâce Divine, dénoncer à la face du monde entier que l’église de Rome actuel, n’est pas Celle que N.S. J.-C. a fondé, mais la Grande prostituée de la fin des temps, que Saint Jean a annoncé dans son apocalypse.

 

Nous sommes avec vous saint père et nos prières vous accompagnent.

 

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 18:45

15e DIMANCHE APRES LA PENTECOTE (21 septembre) selon la liturgie traditionnelle. Compassion de Jésus pour la veuve de Naïm, qui avait perdu son fils unique. L'Évangile de ce jour nous montre la compassion du Seigneur pour la veuve de Naïm, qui avait perdu son fils unique.

 

Une autre mère, l'Église, pleure sans cesse sur la mort spirituelle de tant de ses enfants qu'elle voudrait reconduire à la grâce de Jésus-Christ. Rappelons-nous donc que si nous avons perdu sa grâce par le péché, notre Sauveur fondé son Église, dans laquelle nous pouvons nous relever par la vertu de ses sacrements.  (Ce qui n’est plus le cas avec cette église conciliaire apostate.) (note d’elogofioupiou)

 

Introït. Prêtez l'oreille, Seigneur, et exaucez-moi; sauvez votre serviteur qui se confie en vous; ayez pitié de moi, Seigneur, car j'ai crié vers vous tout le jour. Ps. Consolez l'âme de votre serviteur, car c'est vers  vous, Seigneur, que  j'élève  mon âme.  Gloire au Père.

 

Collecte. Grâce à votre miséricorde sans fin, Sei­gneur, veuillez purifier votre Église et préservez-la; et puisqu'elle ne peut être sauvée que par vous, qu'elle soit toujours dirigée par votre grâce. Par notre Seigneur, etc. S. Ainsi soit-il.

 

Épître. Ga7. 5, 25-26; 6, 1-10. Mes frères, si nous vivons par l'Esprit, marchons dans la ligne de l'Esprit. Ne cherchons pas de vains succès; pas de provocations entre nous, pas de jalousies entre nous. Frères, si quelqu'un est pris en faute, vous qu'anime l'Esprit, redressez-le dans un esprit de douceur; et ouvrez l'œil sur vous; vous pouvez, vous aussi être tenté. Aidez-vous les uns les autres à porter vos fardeaux, vous accomplirez ainsi la loi du Christ. Se croire quelque chose alors qu'on n'est rien, c'est se faire illusion. Que chacun examine sa propre conduite; il y trouvera de quoi être fier de ce qui lui revient, et non de ce qui revient à autrui; car chacun doit porter son fardeau person­nel. Que celui qu'on instruit de la Parole donne de tous ses biens à qui l'en instruit. Ne vous y trompez pas: on ne se moque pas de Dieu. Ce que l'on sème, on le récoltera. Qui sème en sa chair, récoltera, de la chair, la corruption; qui sème en l'Esprit, récoltera, de l'Esprit, la vie éter­nelle. Mis à la belle besogne, ne nous décourageons pas; le moment venu, nous récolterons, si nous ne nous relâchons pas. Ainsi donc, pendant que nous en avons l'occasion, faisons du bien à tous, surtout à nos frères dans la foi. S. Rendons grâces à Dieu.

 

Évangile. Luc 7, 11-16. En ce temps-là, Jésus se rendit ensuite à une ville appelée Naïm; ses disciples et une foule nombreuse faisaient route avec lui. Comme il approchait de la porte de la ville, voici qu'on portait en terre un mort, un fils unique dont la mère était veuve; et une foule con­sidérable de gens de la ville accompagnait cette femme. A sa vue, le Seigneur fut ému de pitié pour elle et lui dit: "Ne pleure point!" Il s'approcha, toucha le cercueil (les porteurs s'étaient arrêtés) et dit: "Jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi." Le mort se redressa sur son séant et se mit à parler. Et Jésus le remit à sa mère. Tous furent saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu: "Un grand pro­phète a surgi parmi nous," disaient-ils, et encore: "Dieu a jeté les yeux sur son peuple." S. Louange à vous, ô Christ.

 

Offertoire. Espérant, j'ai attendu le Seigneur et il s'est incliné vers moi, il a écouté ma prière; et il a mis dans ma bouche un cantique nou­veau, une hymne à notre Dieu. »

 

Secrète. Permettez-nous, Seigneur, d'être tou­jours gardés par vos mystères et protégés contre les incursions du démon. Par notre Seigneur, etc.

 

Extrait du missel quotidien Saint-Joseph, 1962

 

Elogofioupiou.over-blog.com

 

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 18:27

14e DIMANCHE APRES LA PENTECOTE, (le 14 septembre, selon la liturgie traditionnelle de la vraie Église)

 

La providence divine prend soin des oiseaux du ciel et des lis des champs. Et nous, "gens de peu de foi," nous mettons tant d'intérêt anxieux dans les choses tempo­relles que nous négligeons nos devoirs religieux. Si nous cherchons d'abord les choses surnaturelles, nous pouvons compter sur le secours paternel de Dieu dans les choses temporelles.

 

Introït. Dieu, notre protec­teur, voyez la face de votre Christ; vraiment, un jour dans vos parvis vaut mieux que mille ailleurs. ps. Que vos demeures sont aimables, Seigneur des armées! Mon âme languissante se con­sume à soupirer après les parvis du Seigneur. Gloire au Père.

 

Collecte. Que votre perpétuelle bonté soit la gar­dienne de votre Église et comme, sans vous, l'humanité mortelle ne peut que se tromper, assistez-la constamment, préservez-la du mal qui la menace et conduisez-la vers le salut. Par notre Seigneur, etc. S. Ainsi soit-il.

 

Épître.   Galate. 5, 16-24. Mes frères, laissez-vous conduire par l'Esprit, et vous ne donnerez pas satisfaction aux désirs de la chair, car les désirs de la chair s'opposent à ceux de l'Esprit, et ceux-ci à ceux de la chair; il y a entre eux opposition, et c'est pour cela que vous ne faites pas ce que vous voudriez. Mais si l'Esprit vous mène, vous êtes indépendants de la Loi. On sait ce que produit la chair: débauche, impureté, libertinage, luxure, idolâtrie, magie, inimitiés, discordes, jalousies, empor­tements, cabales, dissensions, factions, envie, meurtres, ivrognerie, orgies et autres excès de ce genre. Je vous préviens, comme je l'ai déjà fait: ceux qui s'y livrent n'hériteront pas du royaume de Dieu. Le fruit de l'Esprit au contraire, c'est charité, joie, paix, patience, affabilité, bonté, longanimité, douceur, fidélité, modestie, continence, chasteté. Contre telles choses, point n'est besoin de loi. Or les hommes de Jésus-Christ ont crucifié la chair avec passions et ses convoitises. S. Rendons grâces • Dieu

 

Évangile. M.att. 6, 24-33. En ce temps-là, Jésus lit à ses disciples: "Nul ne peut servir deux maîtres; ou bien il faut haïr l'un et aimer l'autre, bien se vouer à l'un et faire fi de l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. C'est pourquoi vous dis: Ne vous tracassez pas pour votre vie, de ce que vous mangerez; ni pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, le corps plus que le vêtement? Re­gardez les oiseaux: ils ne sèment pas, ne moisson­nent pas, n'engrangent pas, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux? Qui de vous peut, à force de soucis, pro­longer d'une seule coudée la longueur de sa vie? Et pourquoi vous tracasser pour vos vêtements? Observez comment poussent les lis des champs: ils ne travaillent ni ne filent. Cependant, je vous le dis: Salomon lui-même, au comble de l'opulence, n'était pas vêtu comme l'un d'eux. Si Dieu donne tant d'élégance à la plante champêtre qui pousse aujourd'hui et sera jetée au feu demain, n'en fera-t-il pas bien davantage pour vous, gens de peu de foi? Il ne faut donc pas vous tracasser à dire: Que manger? Que boire? Comment nous vêtir? Tout cela, ce sont les préoccupations des païens; mais votre Père céleste sait bien que vous en avez be­soin. Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice; et l'on vous donnera tout le reste par surcroît." S. Louange à vous, ô Christ.

 

Secrète. Seigneur, nous vous en prions, concédez-nous la grâce d'être purifiés par ce sacrifice salu­taire et d'obtenir la faveur de votre Majesté. Par notre Seigneur, etc.

 

Extrait du missel quotidien Saint-Joseph, 1962

 

Elogofioupiou.over-blog.com

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