Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 09:22

Le zèle et la charité du pape saint Marcel ne pouvaient pas­ser inaperçus ; ils le désignèrent à la fureur de Maxence, l'un des dépositaires du pouvoir impérial d'alors. Maxence fit comparaitre le saint pontife devant un tribunal qui, certain de sa ferme résistance, ne l'exhortait à l'apostasie que pour avoir l'occasion de le condamner solennellement.

En effet, le simple et ferme refus de Marcel entraîna la douloureuse peine de la flagellation, précieuse conformité avec le divin Maître. Puis, ne voulant pas terminer d'un seul coup une vie qu’il se plaisait à torturer, ce juge inique fit arracher le saint pasteur à son troupeau, et pour joindre l'insulte à la souffrance, son église fut remplacée par une étable, et ses brebis fidèles, par les plus vils animaux, auxquels on le con­traignit de donner les soins les plus humiliants.

Neuf mois se passèrent ainsi, pendant lesquels le père des chrétiens veil­lait, priait, pleurait pour l'Église, écrivait des lettres, des ex­hortations pleines de force et de tendresse, et soutenait de toutes manières le courage et la ferveur de ses nombreux enfants.

Les clercs de la ville de Rome voulurent arracher leur pontife à cette mort lente, à laquelle Maxence l'avait fait condamner ; ils le délivrèrent pendant la nuit, et le conduisi­rent secrètement chez une sainte veuve, dont la joie fut ex­trême en recevant ce précieux dépôt ; sa maison, dans la­quelle elle le tint caché, fut consacrée par le pape, et devint le lieu de réunion des fidèles, qui nommèrent eux-mêmes cette nouvelle église : Saint-Marcel.

Mais on ne pouvait trom­per longtemps l'odieuse vigilance des ennemis de Dieu ; la re­traite de Marcel fut découverte ; on s'empara pour la seconde fois de sa personne, pour la seconde fois aussi on le jeta dans une étable, plus infecte, plus sombre encore que la première.

A peine vêtu, à peine nourri, contraint à de rudes et repous­sants travaux, il succomba, dans l'année 309, à ce martyre d'un genre jusqu'alors inconnu.

Saint Marcel, demandez à la Vierge Marie, mère de Jésus de nous venir en aide, afin de hâtez le retour d’exil de notre Saint Père Paul VI. Nous vous prions d’intercéder en notre faveur, vous qui avez aussi connu l’exil etc…

Extrait de : Lectures et Méditées (1933)

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 09:42

«Une mission d'apostolat authentique, qui n'a d'ailleurs d'au­tre fin, que l'établissement du règne universel de Jésus-Christ.»

D'autre part, trois ans plus tard, l'encyclique Quas primas sur la royauté du Christ (qui prolonge et développe l'encyclique Ubi arcano sur la paix du Christ), l'encyclique Quas primas ajoutait ces éclatantes considérations : « Du jour où l'ensemble des fidèles comprendront qu'il leur faut combattre vaillamment et sans relâche, sous les étendards du Christ-Roi, le feu de l'apostolat enflammera les cœurs, tous tra­vailleront à réconcilier avec leur Seigneur les âmes, qui l'ignorent ou qui l'ont abandonné, tous s'efforceront de maintenir inviolés ses droits. »

On est maintenant en mesure de donner la définition précise, complète, officielle de l'Ac­tion catholique, que d'innombrables documents pontificaux ont, depuis dix ans, largement explicitée : « L'Action catholique est la parti­cipation des laïques organisés à l'apostolat hié­rarchique de l'Eglise, en dehors et au-dessus des partis politiques, pour l'établissement du règne universel de Jésus-Christ. »

Remarquons tout de suite le terme « parti­cipation » des laïques à l'apostolat hiérarchi­que. « Collaboration » ne serait pas assez dire. L'Action catholique, en effet, ne se juxtapose pas à l'apostolat hiérarchique, mais elle en fait partie intégrante. On voit donc quelle éléva­tion de niveau entraîne, pour le laïque, l'ap­partenance à l'Action catholique, qui le trans­fère d'emblée à un plan supérieur quasi sacer­dotal.

Mais, des trois notes, qui caractérisent essen­tiellement l'Action catholique, à savoir l'apos­tolat hiérarchique, l'élément laïque, l'organisa­tion, c'est sur l'élément laïque qu'il convient particulièrement de mettre l'accent, pour réa­gir contre un certain cléricalisme, — qu'on excuse le mot, — qui a trop souvent énervé le mandat apostolique de l'Eglise, en le mutilant de la participation active des fidèles. Le plus authentique interprète de Pie XI en la matière, Mgr Pizzardo, a pu écrire : « L'Action catholi­que est la chose des laïques. » En conjonction sans doute avec la hiérarchie, qui l'inspire et la dirige. Mais c'est la chose des laïques. Ainsi le veut l'apostolat plénier, confié non seulement aux évêques et aux prêtres, mais avec eux et dans leur prolongement aux fidèles, aux laïques, qui sont, comme on l'a si bien dit, leur longa manus, ou pour parler français, leurs bras indis­pensables, spécialement à une époque où tant de milieux — par exemple, le monde ouvrier! — sont fermés à l'action sacerdotale et où, d'ail­leurs, le sacerdoce lui-même est trop souvent raréfié.

Dieu nous garde cependant d'exagérer ce point de vue, qui d'un cléricalisme, qu'on veut éviter, ferait verser au contraire dans une ma­nière de laïcisme. Mais retenons du moins l'élé­ment capital, sans quoi l'Action catholique serait vidée de tout contenu; elle est la chose des laïques! Des laïques investis d'une mission d'apostolat authentique, qui n'a d'ailleurs d'au­tre fin, entendons-nous bien, que l'établissement du règne universel de Jésus-Christ. Ce qui nous permet de préciser que l'Action catholique est donc essentiellement d'ordre religieux, et que, du coup, elle « transcende » la politique de parti ou les partis politiques… Fin (Pages 85 à 91 sur 429)

Extrait de : Sa Sainteté PIE XI. Mgr R. Fontenelle. (1937)

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 09:10

« L'Eglise, qui détient la vérité et le pouvoir du Christ, a seule mission de donner aux esprits la formation qui convient; elle est aussi seule en mesure, non seulement de rétablir aujour­d'hui la véritable paix du Christ, mais encore de la consolider pour l'avenir, en conjurant les menaces imminentes de nouvelles guerres, que Nous avons signalées. Seule, en vertu d'un man­dat et d'un ordre divin, l'Eglise enseigne l'obli­gation pour les hommes de conformer à la loi éternelle de Dieu toute leur activité, publique aussi bien que privée, en tant qu'individus comme en tant que membres de la collecti­vité... »

On voit avec quelle insistance Pie XI met en relief le rôle indispensable et, pour ainsi dire, exclusif de l'Eglise : le Christ n'a confié ce dé­pôt sacré qu'à l'Eglise seule... L'Eglise seule jouit de ce pouvoir, exerce ce contrôle... On ne pouvait en effet plus magnifiquement, plus com­plètement célébrer la divine mission de l'Eglise. Il était bon d'en faire le rappel, pour y insérer à sa vraie place, y situer exactement l'Action catholique.

Car l'Eglise, — on l'avait trop oublié! — l'Eglise, qui a seule grâce et pouvoir d'exercer l'apostolat, que lui a confié son divin Fonda­teur, se compose des pasteurs et des fidèles. On a cru souvent que ceux-ci n'avaient qu'un rôle passif, et qu'à ceux-là seuls revenait le soin de militer et de conquérir. S'imagine-t-on l'Eglise, cette grande armée du Christ-Roi, n'envoyant que ses chefs au combat, et condamnant ses troupes au repos? Il ne faut pas oublier que les fidèles aussi font partie de l'Eglise, et non pas seulement la hiérarchie. Les sacrements de baptême et de confirmation, en les rendant chrétiens et parfaits chrétiens, les ont habilités pour l'apostolat. Ils sont marqués d'un sacerdoce au sens large. Et, tout en étant subordonnés à la hiérarchie, comme les sujets le sont aux gou­vernants, ils ont un véritable ministère à exer­cer personnellement. Telle est la conception essentielle de l'Action catholique, qui fait pren­dre au laïcat conscience de son éminente dignité et de son rôle actif dans l'Eglise. Ici comme ailleurs, Pie XI en avait posé les fondements dans sa première encyclique : « Rappelez à l'attention des fidèles, disait-il aux évêques, que c'est en travaillant dans des œuvres d'aposto­lat privé ou public sous votre direction et celle de votre clergé, à développer la connaissance de Jésus-Christ et à faire régner son amour, qu'ils mériteront le titre magnifique de race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple ra­cheté; c'est en s'unissant très étroitement à Nous et au Christ pour étendre et fortifier par leur zèle industrieux le règne du droit, qu'ils travailleront à établir avec plus d'efficacité la paix générale entre les hommes ». Et, un peu plus loin : « Les transformations sociales ont amené ou accru la nécessité de recourir au con­cours des laïques dans les œuvres d'apostolat. » (A suivre)

Extrait de : Sa Sainteté PIE XI. Mgr R. Fontenelle. (1937)

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 10:40

Savoir se tenir debout et conserver la foi catholique…

JE VAIS VOUS RACONTER UNE COURTE HISTOIRE. G., Une enseignante dans une école de quartier de Montréal reçoit un ordre écrit du directeur d'enlever le crucifix comme toutes les autres enseignantes. Elle ne l'enlève pas et le directeur lui dit de l'enlever sinon elle fait face à un congédiement.
Elle a répondu au directeur de faire enlever le foulard aux trois élèves qui en portent et j'enlèverai mon crucifix et elle lui dit en même temps que, M. Richard Martineau son beau-frère travaille pour le Journal de Montréal et qu’il est toujours à la recherche de ce genre d'histoire.
Le directeur ignora ce qu'elle lui a dit et une heure et demie plus tard, Martineau s’est présenté à l'école avec un photographe à l'heure de la récréation et vous savez quoi ?

Les crucifix sont toujours dans les classes. Nous aussi, il faut faire valoir nos droits de catholique, pas seulement ceux des musulmans et des Juifs orthodoxes. Bonne journée!


Note du bloggeur : J’ai trouvé cette histoire vécu très réconfortante. Je devais la partager avec vous. Si les catholiques digne de ce nom, savaient que le Pape PAUL VI est toujours vivant, nous assisterions à quoi pensez-vous?

Paul VI a 117 ans et réapparaitra bientôt à son poste pour rétablir la VÉRITÉ et dénoncer les imposteurs qui ont monté cette imposture. http://elogofioupiou.over-blog.com/article-l-imposture-du-siecle-theodor-kolberg-123971884.html

Réveillez-vous, «toutes les religions ne sont pas bonnes», comme le dit le supposé «pape» François (?), il n’y a que la véritable religion catholique celle d’avant le faux concile Vatican 2, les autres sont des religions sataniques.

SS Paul VI est notre véritable chef, prions pour lui, comme cela doit être fait.

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 09:38

Cette vision douloureusement prophétique de l'encyclique Ubi arcano, du 23 décembre 1922!, nous pou­vons la confronter avec la situation actuelle…

La racine du mal, Pie XI la voit dans l'exclusion de Dieu et de Jésus-Christ : Dieu et Jésus-Christ exclus de la législation et des affaires publiques... Dieu et Jésus-Christ exclus de la fondation de la famille... Dieu et Jésus-Christ exclus de l'éducation de la jeunesse. Dieu et Jésus-Christ exclus de l'organisation de la paix...

C'est donc à restaurer la royauté du Christ dans la société et les individus, que s'emploiera le continuateur du Prince des Apôtres. Mais encore, comment conçoit-il son plan de campa­gne? Qui va-t-il charger pratiquement de cette reconquête? La hiérarchie ecclésiastique sans doute, mais prolongée par le laïcat investi lui-même d'une mission d'apostolat.

On va voir comment s'en explique l'encycli­que Ubi arcano, qui est bien la charte du grand pontificat de Pie XI, lequel s'y trouve déjà con­tenu tout entier, comme le chêne est tout en­tier en puissance dans le gland.

« La doctrine du Christ, dit le Pape, et ses préceptes touchant la dignité de la personne humaine, la pureté des mœurs, le devoir de l'obéissance, l'organisation divine de la société, le sacrement de mariage et la sainteté de la fa­mille chrétienne, tout cela et l'ensemble des vérités qu'il avait apportées du Ciel sur la terre, le Christ ne l'a confié en dépôt qu'à son Eglise seule, avec la promesse formelle qu'il l'aiderait et serait avec elle à jamais, et il lui a donné mission de l'enseigner, en un magistère infailli­ble, à toutes les nations jusqu'à la fin des siècles. Cette observation fait entrevoir tout de suite quels puissants remèdes peut et doit offrir l'Eglise catholique pour la pacification du monde.

« Ayant été seule constituée par Dieu inter­prète et gardienne de ces vérités et de ces pré­ceptes, l'Eglise seule aussi jouit à jamais du pouvoir efficace d'extirper de la vie publique, de la famille et de la société, la plaie du maté­rialisme, qui y a déjà opéré tant de ravages; d'y faire pénétrer les principes chrétiens, bien supérieurs aux systèmes des philosophes, sur la nature spirituelle ou l'immortalité de l'âme; d'opérer le rapprochement de toutes les classes de citoyens, et d'unir le peuple tout entier par les sentiments d'une profonde bienveillance et par une certaine fraternité; de défendre la di­gnité humaine et de l'élever jusqu'à Dieu; de corriger enfin et d'améliorer les mœurs publiques et privées, de façon que tout soit pleinement soumis à Dieu, qui voit les cœurs, et conforme à ses enseignements et à ses préceptes ; que le sentiment sacré du devoir soit la loi de tous, particuliers et gouvernants, et même des institutions publiques; et qu'ainsi le Christ soit tout en tous. (A suivre)

Extrait de : Sa Sainteté PIE XI. Mgr R. Fontenelle. (1937)

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 12:24

« Il convient, disait Pie XI, de mesurer avec soin l'étendue et la gravité de la crise, puis d'en rechercher les causes et les origines, si l'on veut y appliquer le remède approprié. »

Alors, comme aujourd'hui, la paix était au premier plan des préoccupations pontificales : « Les prophètes, disait Pie XI, ont des mots qui conviennent merveilleusement à notre épo­que : Nous attendions la paix et nous n'avons rien obtenu. Les vieilles haines continuent de s'affirmer, ou sournoisement dans les intrigues de la politique comme dans les fluctuations du change, ou sur le terrain découvert de la presse quotidienne et périodique; elles ont même

en­vahi des domaines, qui, par leur nature, sont fermés aux conflits aigus, tels que l'art et la littérature...

« Il en résulte que des inimitiés et des atta­ques réciproques entre les peuples les empê­chent de respirer. Ces pénibles conséquences de la dernière guerre, tous les pays sans excep­tion les ressentent. Et le remède tardant à venir, la crise devient chaque jour plus intolérable. De là, comme une nécessité pour toutes les na­tions, dans la crainte toujours croissante de nouveaux conflits, de vivre sur le pied de guerre, ce qui, outre l'épuisement du trésor public, amène l'affaiblissement physique de la race et la perturbation dans la culture intellec­tuelle comme dans la vie religieuse et morale...

« Aux inimitiés extérieures entre peuples viennent s'ajouter, fléau plus triste encore, les discordes intestines, qui mettent en péril les régimes politiques et la société elle-même. Il faut signaler en premier lieu cette lutte de classes, qui, tel un ulcère mortel, s'est déve­loppée au sein des nations, paralysant l'indus­trie, les métiers, le commerce, tous les facteurs enfin de la prospérité publique ou privée.

« Dans le domaine de la politique, les partis se sont presque fait une loi, non point de cher­cher sincèrement le bien commun dans une émulation mutuelle et dans la variété des opi­nions, mais de servir leurs propres intérêts au détriment des autres. Que voyons-nous alors? Les conjurations se multiplient : embûches, terrorisme, menaces, révoltes ouvertes et au­tres excès du même genre...

« Fait très déplorable, ce mal s'est infiltré jusqu'aux racines profondes de la société, c'est-à-dire jusqu'à la cellule de la famille; elle était déjà en voie de désagrégation, mais le cata­clysme de la guerre en a précipité la ruine...

« Enfin, partout les âmes sont devenues in­quiètes, aigries, ombrageuses. Aussi la con­fiance et la sécurité ont-elles fait place à des préoccupations anxieuses et à des craintes tou­jours en éveil; au lieu de la tranquillité de l'or­dre, gardienne de la paix, règnent un trouble et un chaos universels. De là, cet arrêt de l'industrie, cette crise du commerce international, ce déclin de la littérature et de l'art. Conséquence bien plus grave encore : la vie chrétienne a tel­lement disparu de beaucoup de milieux qu'il semble que, loin d'avancer indéfiniment dans la voie du progrès, l'humanité paraît retourner à la barbarie... » (A suivre)

Extrait de : Sa Sainteté PIE XI. Mgr R. Fontenelle. (1937)

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 12:09

OH! SI J'AVAIS SU !

Pour mieux comprendre tous les bienfaits de la révélation, mettons-nous à la place d'un jeune homme qui n'en a jamais entendu parler — par exemple à la place de ce petit soldat dont le Père Lenoir, aumônier militaire de la guerre 1914-1918, nous raconte l'histoire émouvante :

On m'appelle en toute hâte. Dans une grange, à côté, un enfant râle, un pauvre gosse de dix-sept ans, la poitrine maculée de sang. La position du fusil, la ficelle prise dans la gâchette, la chemise ouverte laisse voir la criminelle tentative. Le malheureux n'a plus sa connaissance.

Rapidement, — et combien anxieux! — je lui donne l'absolution, l'extrême-onction...

La balle n'a pas touché le cœur, mais elle a dû le frôler : impossible de transporter ce reste de vie, on le laisse là.

Or voici que, peu à peu, les yeux s'ouvrent, de grands yeux étonnés. Puis l'orientation se fait dans cette âme renaissante et, bientôt, nous pouvons causer.

Il me parle de sa douleur... Simplement, il me raconte le coup :

« J'étais à bout de forces... j’étais certain que ce soir je n'aurais pas même pu faire la route. J'ai essayé de mettre mon sac, ce matin, pour voir ; ça me prenait dans la poitrine et dans les jambes, je serais tombé dans les tranchées... Alors, pourquoi gêner le monde !... Ce n'est pas pour ça que je me suis engagé! Je ne croyais pas que ce serait si dur et que j'aurais moi aussi, la force de servir le pays...

Puisque je ne suis plus bon pour être un bon soldat, vaut mieux me détruire. Alors j'ai préparé mon affaire dans la grange. Mais j'ai mal visé, c'est idiot! »

Je lui demande alors ce qu'il faisait avant de s'engager... Je suis sorti d'une maison de correction, que depuis dix mois où j’avais été enfermé à l’âge de treize ans.

« Voyez, lui dis-je, comme c'est heureux que vous ayez mal visé ! Au lieu de vous punir, le bon Dieu va vous pardonner cette faute-là, ainsi que toutes les autres. »

Il me regarde d'un air de quelqu’un qui ne comprend pas.

« Au fond, mon petit, vous l'aimez bien, le bon Dieu ! »

Dénégation de la tête, et toujours l'air de ne pas comprendre.

« Voyons, vous êtes chrétien ? »

Nouvelle dénégation.

Je lui montre mon crucifix :

« Vous savez ce que c'est que cela ! »

Toujours la dénégation et l'étonnement.

« Vous n'avez jamais été à l'église ?

— Oh ! Non ! proteste-t-il, comme si je lui parlais d'une mauvaise action. Quand J'étais petit, un jour que je passais avec ma mère devant une église, elle m'avait dit : « Vois-tu, faut jamais entrer dans ces grandes machines-là : il y a là dedans, des curés qui mangent les enfants. »

— Alors vous n'avez jamais entendu parler du bon Dieu ?

— Non, jamais.

— Savez-vous que nous ne mourons pas comme les chiens, qu'il y a quelque chose après la mort ? »

Il me regarde ahuri.

Je lui explique, tant bien que mal, l'existence d'un Dieu rémunérateur, la vie future, le péché, Notre-Seigneur Jésus-Christ, les sacrements…

Et le divin Maître, qui sait bien que le temps presse, éclaire miraculeusement l'âme de ce pauvre petit, victime de l'ignorance. Rien ne lui fait difficulté. Sur la perspective du ciel, il ouvre ses yeux tout grands : « Oh! Vrai ?... » Et voici qu'un mot, spontanément, monte à ses lèvres, qui revient sans cesse à mesure que se déroulent devant lui les beaux dogmes de l'Eglise catholique : « Ah! Si j'avais su! »

Séance tenante, il veut le baptême, que je lui confère... Il rayonne, il veut aussi la sainte Eucharistie, qu'il a comprise comme le reste. « Oh! Si, monsieur, faites-moi faire ma première communion! Je me rappelle que mes camarades m'avaient parlé de ça, un jour... Et, puisqu'il est si bon, le bon Jésus, je veux l'avoir : faites-moi faire ma première communion ! »

Mais les circonstances ne s'y prêtent pas... Il est prudent de patienter jusqu'à demain.

De bonne heure, je reviens le voir. Son regard guettait la porte. Il s'illumine. « Ah! J'ai cru que vous ne viendriez pas! J'avais si grande peur de mourir sans faire ma première communion! J'y ai pensé toute la nuit! »

Ensemble, nous faisons une petite préparation, bien facile, et, sur ses lèvres décolorées, je dépose le Tout-Puissant. Alors ses yeux se ferment, et, sur sa figure de mourant, se dessine un sourire divinement beau... il avait dit : SI J'AVAIS SU !

Dieu lui laissa encore quelques heures pour se mieux préparer à rencontrer la Miséricorde Divine. Ce fut sa dernière et unique préoccupation, maintenant qu’il savait pourquoi il avait été crée…

Note du blog : J’espère que ce récit va vous amener vous aussi, à réfléchir à cette dernière préoccupation qui devrait être celle de tous les hommes de bonne volonté… Oui SI J'AVAIS SU. Maintenant vous, vous ne pourrez pas avoir cette excuse là…

Extrait de : JÉSUS, LUMIÈRE DU MONDE –II (1952)

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0