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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 08:34

« Les âmes se perdent, parce qu'elles ne peuvent pas unir le com­mencement à la fin. » Le commencement, c'est le désir du bonheur; la fin, ce serait la rencontre du vrai bonheur; mais on s'égare en route.

 

Tel est bien, en effet, le risque. La chance nous est offerte à tous; mais il n'y a d'heureuses chances que celles dont on profite. Au berceau miraculeux de Jean-Baptiste, les voisine deman­daient: « Que pensez-vous que sera cet enfant? »

 

Chaque berceau d'homme, toujours miraculeux de par l'appel effectif qui le touche nommément et le marque, pose la même question. Que sera cet humain? Que sera-t-il dans l'absolu où les valeurs décisives sont fixées et inscrivent la fin des choses? Quel succès aura cette vie? Quel échec? A quel degré le succès ou l'échec seront-ils portés? Car « il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père », dit Jésus, et les de­meures infernales ne leur correspondent-elles pas ?

 

On a dit que le chef-d'œuvre du diable est de faire douter de son existence, ou en tout cas de se faire oublier : ainsi la meilleure chance de l'enfer et la pire chance du ciel est qu'on les ignore; on agit alors comme si le ciel et l'enfer n'existaient pas. Mais ils existent.

 

Non seulement ils existent à la manière d'un terme heureux ou funeste; ils existent encore à la manière d'un fait permanent, dont le terme est manifestation plutôt que chose nouvelle. La vendange n'est-elle pas d'avance accrochée aux ceps, et le vigneron n'en suppute-t-il pas la valeur d'un bout de l'année à l'autre? Des accidents heureux ou malheureux peuvent survenir; mais quotidiennement la nature travaille; l'homme surveille et applique soit effort; à la fin, les jours de soleil et de labeur s'additionnent dans la cuve. Ainsi chaque jour notre destinée s'accomplit, heure par heure, minute par minute. C'est une tâche qui ne s'interrompt pas. Et il ne suffit pas que nous la négligions pour qu'elle se suspende; elle va d'elle-même, en raison de précédentes impulsions ; elle confirme ses progrès ; elle aggrave ses déviations; elle n'est jamais deux instants au même point; mais tout état qu'elle révèle est une promesse ou une menace éternelle.

 

Tout homme, à tout moment, pose un acte qui le sauve ou qui le perd. Quel résultat se prépare pour lui ? Qu'en pense  l'éternité   penchée   sur   le temps ?  C'est la question que toute durée humaine pose au long de son cours en raison de sa nature morale.

 

Notre temps d'hommes n'est pas un temps vide, un temps d'horloge où nous ferions tomber dé-ci, dé-là, quelques faits significatifs dont l'avenir ferait la somme; notre temps est vivant; notre temps est nous-mêmes, et c'est nous-mêmes, vivants du temps, qui tissons en vivant notre éternité.

 

O toi vivant, qui lis ceci, comment vis-tu ? Ton risque est toi-même. Si tu vis bien, tu es déjà un élu; il n'est que de le demeurer et de l'ac­croître.

 

Mais si tu vis mal ?  A toi maintenant de choisir et de faire ce qu’il faut !

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 21:05

Il n'y a pas de vrais malheurs en ce monde, il n'y en a que dans l'autre. Il y a du bonheur dans l'autre, et il y en a aussi, dès maintenant, au titre de présage et d'espoir.

 

L'alternative est donc de nous diriger vers le vrai bonheur, conformé­ment au vœu d'une conscience fidèle, ou de nous jeter vers le bonheur immédiat et apparent, fût-il au prix du suprême malheur.

 

Du côté de Dieu, ce choix dépasse le temps. Le Livre de vie où tout est inscrit n'attend pas le choc des heures. De notre côté à nous, pour autant que nous sommes unis à Dieu, collaborant à la pensée et à la providence de Dieu, on peut dire que le choix est intemporel aussi. De toute éternité nous décidons en Dieu de notre propre destin, et quand l'horloge du temps en donnera le signal, chacun de nous ira « en son lieu », comme Judas ou comme saint Paul. Ainsi se clôt l'alternative.

 

Il faut être bien grand pour devenir un élu. Il faut être bien grand pour faire un damné. Il fallait être bien grand aussi pour provoquer toutes les merveilles et tout le drame du plan créateur, du plan rédempteur, pour éveiller le cosmos, dans le cosmos la vie, dans la vie la pensée, dans la pensée la grâce, en faveur de la grâce et pour sa réparation : la crèche, la croix et le prodige permanent de nos autels et de nos tabernacles.

 

Il y a dans la vertu une sorte d'infinité, celle que suppose et implique un choix inconditionné appuyé de la grâce. Il y a dans le péché la sorte d'infinité contraire. Dans les deux cas se révèle notre vraie taille, que nous sommes empressés à méconnaître.

 

Qui nous dira ce qu'est en nous l'esprit, ce qu'est en nous le Saint-Esprit! Il faut bien que nous soyons au plan de Dieu et quasi « de son monde », pour pouvoir l'offenser, et il faut que nous en soyons aussi pour l'aimer comme il veut qu'on l'aime, en fils et en commensaux de sa table, A l'avilissement du pécheur correspond la hauteur d'où il tombe et réciproquement. Som­met. Abîme.

 

L'alternative a de quoi épouvanter, ou exalter, suivant le cœur. On nous propose un combat de chevaliers, où il s'agit de la vie et de la mort. Le héros dit : « C'est beau !» ; le lâche grince ; la pauvre âme se confie. Mais ne devrions-nous pas avoir honte de demander qu'on nous traite en peureux, quand on nous traite en princes?

 

«Le destin est l'excuse des faibles et l'œuvre des forts», dit un contemporain. Ne cherchons pas d'excuse. Avec Dieu nous pouvons toujours être forts et faire notre destin.

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 12:41

Une fois reconnue notre nature et une fois jugée notre situation dans l'ordre moral telle que la notifie notre appel, on a le droit de dire que celui qui n'est pas heureux, c’est qu’il ne veut pas l'être, et que celui qui l'est, ne peut pas sans le vouloir, cesser de l'être. Notre sort est tout entier entre nos mains.

 

Serait-ce un paradoxe? On nie, alors, nos pré­suppositions, c'est-à-dire l'économie chrétienne tout entière. Pour le chrétien, rien de ce qui compte n'est d'ici. Nous n'en avons jamais que des prémices. Mais à son heure et en sa forme authentique, nous ne pouvons manquer le bonheur que par notre propre défection. Qui peut nous l'arracher, si nous le tenons de Dieu par droit de fils et comme héritage?

 

Et qui peut nous le donner, hors ce Dieu, au temps marqué par lui, lors de la manifestation qu'il prépare? Notre bonheur consiste en un gage sûr. Notre bonheur est une espérance. En ces deux for­mules tient toute la vérité de notre foi, en cette question d'une si angoissante portée humaine.

 

Le malheur veut que, même croyants, nous ayons toujours peine à accepter de telles consé­quences. Notre cœur est sceptique pour les réa­lités et crédule pour les mensonges. Rêveur quand il désire et, possédant, impitoyable cri­tique, il passe d'objet en objet, pensant toujours saisir la chimère. Il ne la saisit point. Notre dernier geste est de tendre encore vers elle une main défaillante.

 

Cela n'est pas surprenant. C'est un cas de cette cécité que nous devons à notre complexion où le physique prédomine. Tirez votre âme du fond de votre chair, vous percevrez que le bonheur vrai, pour le voyageur de ce monde, est d'être dans la voie du bonheur, d'en avoir des assu­rances fermes, d'en goûter, si Dieu le permet, quelques heureux présages, mais non point comme biens qui suffisent.

 

Nous avions déjà appris de Socrate que la conscience mérite plus de foi, en fait de bonheur, que toutes les promesses du monde; qu'il y a plus de sécurité à faire le bien et à éviter le mal, qu'à se jeter passionnément vers des biens qui sont peut-être des maux, en fuyant des maux qui sont peut-être des biens.

 

Cela revient au cri de saint Vincent de Paul : « Je ne crains que mes péchés », et le fond commun à Socrate et à l'Évangile consiste en ceci : que nous vivons, par grâce et par nature même, plus profond que les événements de notre vie; que nos états inté­rieurs portent plus loin que ce qui se voit et ce qui s'expérimente. Nous vivons, proprement, une vie éternelle.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 12:11

Ce qui fait la grandeur de l'homme, c'est moins sa raison et sa liberté, c’est son appel. Si l'on veut, c'est sa raison, mais à cause des vérités surhumaines qu'on lui propose, et c'est sa liberté, mais à cause du choix inaccessible auquel on le convie. Penser Dieu et les mystères de Dieu; voir un jour Dieu et collaborer pour sa part à l'œuvre de Dieu : tel est son lot.

 

Il n'est donc pas suffisant de plaider pour l'esprit : il faut nommer la Grâce. Pascal disait : «Au-dessus de lordre de l'esprit, il y a l’ordre de la charité, comme au-dessous il y a les grandeurs de chair

 

Dieu donne à l'homme un sublime rendez-vous. Il convient que l'homme y vienne et ne manque pas la rencontre. Se con­tenter de la nature inférieure, c'est déchoir; mais refuser la surnature, ce serait offenser. On ne refuse pas au prince. On refuse encore moins au Père tout-puissant.

 

La bonté de ce Père ferme et prévoyant éclate en ceci que, sachant notre veulerie et notre lour­deur incommensurable, il prend sur lui de nous forcer à être grands. Sachant notre inconscience, il décide pour nous. Sûr de notre légèreté, il menace autant qu'il invite. Il parle fort, parce que nous sommes sourds, et il lance des éclairs parce que nous sommes aveugles. Nous aimons à la vérité ce qui brille ; mais nous sommes froids pour ce qui resplendit. Notre âme renoncerait bien souvent à la traversée héroïque, si on ne la contraignait à prendre le départ.

 

Toujours est-il que le terme est là, dans une surhumanité qui est, Dieu y intervenant, à la vraie mesure de l'homme. Nous ne sommes jamais, nous-mêmes, que ce que nous sommes avec Dieu.

 

Quand Dieu nous crée, nous sommes avec lui pour être; quand il nous recrée en son intimité, nous sommes avec lui pour être quelque chose de lui, ses fils d'adoption, ses héritiers et ses associés éternels.

 

Mais nous n'en sommes que mieux nous-mêmes. C'est ce nous-mêmes-là qui est le vrai, puisqu'il répond au plan créateur. Quand on a compris cela, tout est renouvelé à cette lumière.

 

Ce qu'on avait pensé auparavant, ce qu'on avait vécu : passé, présent, avenir qui se colorait des idées anciennes, tout cela ne semble plus qu'un passé.

 

Cette vision, encore une fois, nous est toute naturelle comme chrétiens; en elle-même, c'est un miracle; mais ce miracle a été inauguré dans le monde et mis à la dispo­sition de tous en la personne de notre frère Jésus.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 15:38

Le paradoxe de l'homme est tout entier dans les trois constatations suivantes : une matière pénétrée d'esprit; une vie terrestre appelée dès maintenant à devenir céleste; une destinée du temps liée à une vocation éternelle.

 

Le para­doxe de notre époque, ainsi, consiste à ne tenir compte que d'une partie de lui-même, la moins haute; à l'orienter vers la matière aux dépens de l'esprit; à lui organiser une vie toute terrestre, et à nier ou à négliger totalement sa vocation éternelle.

 

La destinée reste, et on ne peut changer le plan créateur. On peut seulement le déjouer aux dépens de l'homme lui-même. C'est bien ce qui arrive. A vouloir nous combler de satisfactions, on n'aboutit qu'à nous rendre haletants, exaspérés de compétitions, écœurés et vides.

 

A vouloir se divertir au sens le plus plaisant, on se jette dans les divertissements, c'est-à-dire à l'oubli de soi-même, à l'affole­ment et au suicide moral, quand ce n'est pas à l'autre.

 

Un ami de l'homme ne peut alors que lui crier avec le prophète : Hommes, re­venez à votre propre cœur. Ce qu'on vous pro­pose est bel et bon, mais n'est pas suffisant, n'est pas de votre niveau, n'est pas de votre monde, parce que l'esprit n'y a point sa juste part.

 

Les joies du corps n'aboutissent qu'au cimetière, avec quelques détours. La terre est petite et ne mérite pas que sa conquête absorbe un être im­mortel. Le temps qui fuit n'est pas égal à l'esprit qui demeure, qui en est toujours à son commen­cement et n'a d'objets à sa taille que dans l'éternel.

 

J'aime les grands desseins qui sont toujours punis, dit un héros de la Princesse lointaine. C'est beau; mais plus beaux et plus normaux sont les grands desseins qui aboutissent parce qu'ils répondent à la nature et à la capacité de ceux qui les entreprennent, à leur situation vraie, aux invitations du sort qui a nom providence, et ainsi à leurs propres vœux, explicites ou secrets.

 

Tout l'effort de notre vie a-t-il un autre sens que de changer en réalités nos intimes souhaits, qui ne sont tels qu'en raison de l'impulsion à nous imprimée par la Cause première ? On nous crée, on nous lance : cela est tout un.

 

Le dyna­misme d'un vivant fait partie de son être, et nous n'avons en tout qu'à y obéir. Mais encore faut-il l'avoir reconnu, se l'être intimé à soi-même en sa vérité et, s'il est complexe, en son harmonie, avec son échelonnement de valeurs, sous la loi de ce qu'il y a en lui de suprême.

 

D'après saint Thomas d'Aquin, les vertus mo­rales n'ont d'autre rôle que de « satisfaire comme il convient les tendances de notre nature ». Voilà pour étonner ceux qui croient à je ne sais quel « caporalisme » moral ou religieux. Mais qu'est notre nature ? Tout est là.

 

Se contenter de la nature inférieure, c'est dé­roger; s'abandonner à elle, c'est se perdre. Toutes nos attaches profondes sont hors la vie ainsi mutilée, hors d'elle les objets de nos aspirations, notre climat véritable, par suite notre fin.

 

Si nos assurances d'avenir ne consistent qu'à faire foi au meilleur de nous-mêmes et aux réa­lités qui s'y apparentent, je comprends ce philo­sophe répondant à un enquêteur qui lui demandait quel est son rêve : « Me réveiller. »

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 10:06

Ce que Léon XIII a perçu le 13 octobre 1884, et qui certes a pu le déconcerter, c'est cela qui était déjà, qui est devenu de plus en plus, qui est maintenant absolument, la RÉALITÉ. Cette perception a provoqué immédiatement, dans le Pasteur suprême, une vive réaction de défense qui s'est traduite, concrètement en acte: dans la prescription de la prière après chaque MESSE basse, dans la promulgation de l'Exorcisme contre Satan et les Anges apostats. Et il convenait que le con­tenu de cette perception fût explicité dans la Supplique à Saint Michel, au titre d'argument pressant, pour conjurer l'A archange d'agir sur le champ.

 

Tel est donc le "fait ecclésial", objectivement et provi­dentiellement concomitant à la promulgation de l'Exorcisme par Léon XIII. Le Vicaire de Jésus-Christ a discerné quelle était déjà, quelle allait devenir de plus en plus, la situation de l'Église ; et il a posé, pour le bien de l'Église, les ordinations motivées qu'impétrait cette illumination prophétique.

 

2. La portée du fait ecclésial concomitant à la promulgation de l'Exorcisme.

 

La portée d'un fait, c'est l'enseignement [et les autres conséquences] qui s'en dégage, eu égard au contexte dans lequel il s'insère. L'exorcisme contre Satan, promulgué par Léon XIII, expressément contre le père du mensonge (Jn VIII, 44) infiltré jusque  "dans la chaire de  Vérité",  cet EXORCISME TEL QU'IL FUT PROMULGUÉ, montre, ou plus précisément confirme, que le CHRIST, LUI LE CHEF, veille sans cesse sur Son Église (Matt XXVIII, 20), par le         Pape qui est son Vicaire.

 

Il y a toujours TOUT ce qu'il faut, au moins pour les âmes de bonne volonté qui accueillent hum­blement   cela   même  qui  est   donné  sans   le   minimiser  (Ps XI.2), ni l'extrapoler [comme le font ceux qui érigent tout acte d'un Pape en une loi qui oblige l'Église à perpétuité ].

 

Léon XIII, divinement averti, avertit l'Église et la prémunit.  Paul IV avait, lui aussi, averti l'Église, par plusieurs Bulles dont "Cum ex apostolatus" (15 Février 1559). Il faut certes, au point de vue canonique, ne pas assimiler la promulgation d'une Bulle et celle d'un Exorcisme. Mais, quant à la portée ecclésiale, l'abrogation  (c'est-à-dire l'abrogation  implicite, par non considération systématique et persistante) de "Cum ex aposto­latus" et la mutilation de l'Exorcisme, sont deux manifesta­tions du même processus de subversion.

 

Or, s'il est opportun de dénoncer, pour mieux enrayer la subversion, il faut d'abord prendre conscience qu’il y a vraiment subversion. Le Christ Chef veille sur Son Église, par Léon XIII, par Paul IV, par chaque [vrai] Pape. L'Église militante, collectif humain, auquel le Christ s'adresse par son Vicaire, n'est institutionnellement contrainte,        d'écouter et de se soumettre, que pour ce qui ressortit à l'insti­tution divine ; tandis que, comme personne morale, ce collec­tif humain est libre d'accueillir ou de refuser ce qui ressortit à l'institution ecclésiastique.

 

L'Église militante a abrogé les Bul­les de Paul IV, elle l'a payé et elle le paye en la personne du cardinal Montini. L'Église militante a mutilé l'Exorcisme de Léon XIII, elle le paye encore en la personne, Pape  Paul  VI, pape martyr de la fin des temps.

 

Qui a abrogé ? Qui a mutilé ? Avant de le considérer, rendons Gloire au Christ Chef qui triomphe par l'immanence de Sa Justice, alors qu'Il l'eût fait, pour Son Épouse virginalement fidèle, dans la prévenance de Sa Miséricorde. Et rendons grâce au Christ Chef. Oui, même et encore maintenant, Ses membres fidèles ont tout ce qu'il faut. Ils ont l'Exorcisme, tel qu'il fut inspiré, contre le père du mensonge "installé dans la chaire de Vérité".

 

Ils ont maintenant, par le constat des événe­ments, la certitude théologale de son exacte portée. Plus heu­reux même que leurs pères sous Saint Pie X, ils voient dans l'Exorcisme une prophétie ; et, qui plus est, ils la voient accomplie. Ils peuvent donc contempler, par et dans l'EXOR­CISME TEL QU'IL FUT PROMULGUÉ, l'Église elle-même s'intégrer en son Époux bien aimé, comme étant "le signe éminent de son auto crédibilité" (Vatican I. Const. "Dei Filius", de Fide catholica, cap. 3, DS 3013).

 

3. La signification de la mutilation perpétrée dans le texte pro­mulgué par Léon XIII.

 

La signification de l'omission est aussi claire pour nous main­tenant que l'est celle de la prophétie. "Rien n'est caché, qui ne soit [tôt ou tard] révélé" (Math. X. 26). Dieu opère le bien, même à partir du mal. Dieu opère que même l'erreur encoure à manifester la Vérité. Voilà ce que, brièvement, nous allons expliciter.

 

Le mal est, dans un être de nature, une privation qui affecte le bien auquel cet être est, par nature, ordonné. Si on veut nuire en infligeant une privation, il faut pour y réussir, non pas user d'une violence qui provoque un réflexe d'opposi­tion à cette frustration, mais induire le sujet à estimer excel­lent le "bien diminué " qu'on consent à lui laisser. A lors, il est possible que le sujet erre provisoirement sur l'estimation con­crète de sa véritable fin ; et qu'il se mette ainsi progressive­ment dans des conditions qui lui rendent impossible de l'atteindre. Dans un tel processus, le bien véritable, celui dont on vise que là privation en arrive, c'est celui qui est diligem­ment occulté.

 

Pareillement, si on veut induire en erreur, il faut pour y réussir, non pas affirmer le faux, mais faire miroiterune "vérité diminuée"; l'esprit, appâté, déserte sa propre et native curiosité, et croit trouver toute la Vérité dans les vesti­ges qui lui en sont concédés. Dans un tel processus, la totale Vérité, celle dont on vise qu'elle ne soit pas communiquée, c'est précisément celle qui est diligemment occultée.

 

La totale Vérité, c'est en l'occurrence ce que Léon XIII, inspiré, a osé clamer : le père du mensonge est "là où fut insti­tuée la chaire de Vérité". Le signe que cela était et demeure pour ainsi dire le paroxysme de la Vérité, le signe que, "Léon XIII glorieusement régnant", le père du mensonge s'infiltrait déjà dans la chaire de Vérité, c'est qu'il a réussi à occulter ce que Léon XIII en avait révélé, avec autant de cou­rage que d'Autorité.

 

"Les ténèbres n'ont pu arrêter la Lumière" (Jn I. 4). L'acte ecclésial de Léon XIII est maintenant connu tel qu'il fut posé. L'Exorcisme, diminué quant à sa portée, par la muti­lation de la prière qui en assignait la terrifiante finalité, cet Exorcisme, fort répandu et lui-même infesté, est enfin exor­cisé !

 

C'est-à-dire que, maintenant que tout est connu et il devra être récité, tel qu'il fut inspiré par l'ESPRIT DE VÉRITÉ.

 

http://elogofioupiou.over-blog.com/article-exorcisme-contre-satan-et-ses-anges-edition-1903-leon-xiii-122337872.html

 

 

L'Exorcisme exorcisé, restitué en son intrépide et native pureté, rayonnera partout la Vérité que Satan avait provisoi­rement réussi à occulter.

 

La Vérité libérera l'Église (Jn III, 32). L'Exorcisme vierge, ardemment vécu et récité, opérera, "par l'intercession de la Vierge Immaculée Mère de Dieu, de Saint Michel Archange, de Saint Joseph époux de Marie, des saints Apôtres Pierre et Paul et de tous les Saints ", que le père du mensonge soit expulsé du "Lieu où fut institué le Siège du bienheureux Pierre et la chaire de Vérité ".

 

Cet article a été inspiré par  celui de Mgr. M. L. Guérard des Lauriers.  (17 juin 1984.)

 

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 09:40

Les fidèles, attachés à la Tradition, sont familiarisés avec l’Exorcisme contre Satan et les Anges révoltés, publié par ordre de S.S. le Pape Léon XII. Ils doivent, plus que jamais, le réciter, mieux que cela : Le prier, ils seront comme je l'ai moi-même été, confirmés dans cette pratique et divine­ment consolés, en revenant à la source, et à la Vérité.

 

C'est qu'en effet, le texte actuellement si répandu d'une part, et le texte original publié par ordre de Léon XIII en 1903, dernière année de son Pontificat d'autre part, ces deux textes diffèrent entre eux. Cette différence concerne il est vrai, non l'Exorcisme lui-même, mais la "Supplique à Saint Michel " qui le précède. Elle consiste :

 

Premièrement, en quel­ques interversions [dans l'ordre des prières], deuxièmement en deux omissions. Le premier point étant sans  importance, c'est le second que nous allons considérer. La dif­férence, par omissions, entre les deux textes, peut être, comme tant d'autres choses, envisagée à deux points de vue : soit quant au fait ; soit quant à la signifi­cation.

 

1. — Le fait de l'omission.

Ce fait, manifeste pour quiconque considère les Docu­ments, est le suivant. La Supplique à Saint Michel [qui pré­cède l’Exorcisme], publiée sous "Léon XIII glorieusement régnant", comporte: I) dans l"Oraison", la mention de "Saint Joseph époux de Marie " ; 2) dans le texte, une descrip­tion précise de la situation dans laquelle se trouve l'ÉgliseOr, dans les éditions ultérieures, ces deux choses sont omises.

A ce fait, objet d'un constat évident, se rattacherait l'exa­men des causes qui ont contribué à le produire immédiatement. Saint Pie X a-t-il eu connaissance de ces omissions ? Si NON, jusqu'à quel point était-il maître au Vatican ? Si OUI, a-t-il voulu ou subi ? S'il a voulu, dans quel but ? Nous n’examinerons pas ces multiples questions. Nous considérons le fait comme un donné objectif qui est, comme tel, intégré dans l'ordre providentiel.

 

Voir :http://catholicapedia.net/Documents/ACRF/documents/CARRE-ES1025.pdf

 

2. — La signification de l'omission.

Nous laissons de côté, nous venons de le dire, cette signi­fication telle que la conçurent ceux qui accomplirent l'omis­sion.  

 

Nous considérons l'omission telle qu'elle se présente maintenant OBJECTIVEMENT. Elle a, en fait, occulté provi­soirement le "fait ecclésial " constitué par l'acte de Léon XIII. Examiner quelle est la signification de l'omission, requiert donc, au préalable, de mettre en lumière ce "fait ecclésial", et puis d'en dégager la portée.

1. La promulgation de l'Exorcisme par Léon XIII, constitue un FAIT ECCLÉSIAL.

 

[Un "fait ecclésial" est, par définition, un événement qui se produit dans l'Église, et qui ne peut être référé qu'à toute l'Église prise dans son ensemble ]

 

Ce "fait ecclésial", c'est maintenant seulement qu'il est, comme tel, évident. Car maintenant, il est manifeste que : « Là où fut institué le Siège du bienheureux Pierre et la chaire de Vérité, là [des ennemis très rusés] ont posé le trône de leur abomination dans l'impiété ». Il est MANIFESTE maintenant que ce qui a pu paraître pour Rampolla un but manqué, et pour les "fidèles du rang", en 1900, un pessimisme enténébré, cela, c'est la RÉALITÉ. Il est donc manifeste que Léon XIII fut divinement inspiré.

 

C'est ce que confirme la relation que voici : « Selon la version la plus largement acceptée de ce qui s'est passé, le 13 octobre 1884, après que le Pape Léon XIII eut terminé de célébrer la Messe dans la chapelle vaticane — entouré par quelques cardinaux et membres du Vatican — il s'arrêta soudainement au pied de l'autel. Il se tint là environ dix minutes, comme en extase, son visage blanc de lumière. Puis, passant immédiatement de la chapelle à son bureau, il composa la prière à Saint Michel avec instructions pour qu’elle soit dite partout après chaque Messe basse.

 

 « Lorsqu'on lui demanda ce qui était arrivé, il expliqua qu'au moment où il s'apprêtait à quitter le pied de l'autel, il entendit soudainement des voix : deux voix, une douce et bonne, l'autre gutturale et dure, il semblait qu'elles venaient d'à-côté du tabernacle.

 

Comme il écoutait, il entendit la con­versation suivante :

« — La voix gutturale, la voix de Satan dans son orgueil, criait au Seigneur : "Je peux détruire ton Église ".

« La voix douce du Seigneur : "Tu peux ? Alors, fais le donc ".

« — Satan : "Pour cela, j'ai besoin de plus de temps et de pouvoir ".

« — Notre Seigneur : "Combien de temps ? Combien de pouvoir ?"

« — Satan : "75 à 100 ans et un plus grand pouvoir sur ceux qui se mettent à mon service ".

« — Notre Seigneur : "Tu as le temps, tu auras le pou­voir. Fais avec cela ce que tu veux ". »

 

(Revue de l'ordre séculier de Saint Augustin, décembre 1981, New- York)

 

A suivre…

 

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