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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 12:30

(A).   —   LE   TÉMOIGNAGE   DE   L'ÉCRITURE

Dès le troisième chapitre de la Genèse, le démon apparaît sur la scène du monde. L'auteur sacré nous le présente sous la forme d'un serpent ; un serpent trompeur et menteur, qui tente Ève, l'incite à l'envie, à la désobéissance et la fait tomber dans le péché, entraînant, par là même, la malédiction sur 'a terre et tout ce qu'elle contient.

 

En général l'Ancien Testament ne fait que peu allusion à 1’action du démon. C'est ainsi, par exemple, qu'Isaïe interpelle ce dernier par ces mots : « Com­ment es-tu tombé du ciel, astre brillant, Fils de 1’aurore ? Comment es-tu renversé par terre, Toi le destructeur des nations ? »(Isaïe XIV,  12).

 

Ces derniers mots, notons-le en passant, mettent en relief le rôle social de Satan. Et le livre de la Sagesse nous dit : « C'est par l'envie du diable que la mort est entrée dans le monde » précisant donc l'oeuvre de mort opérée par lui.  ( Sap.  II, 24.). Mais le Nouveau Testament nous montre  par contre de très nombreuses indications sur son action.

 

1. La lutte  engagée entre le Christ et Satan.

 

Nous assistons, comme en un film grandiose, à cette lutte, dès la tentation de Jésus-Christ dans le désert. Satan essaye d'obtenir la soumission du Christ : « Je vous donnerai tout cela, si tombant à mes pieds, vous m'adorez » (Matt. IV. 9.). Jésus rencontre par la suite le démon tout au long de sa route ; et saint Matthieu nous rapporte cette parole du Christ : « C'est par l'Esprit de Dieu que je chasse les dé­mons » (Matt. XII, 28.). Il s'agit vraiment d'une chasse, le Christ va à la poursuite de Satan, Il l'exclut et annihile son action. Saint Pierre affirmait de même : « Jésus de Nazareth allait de lieu en lieu, faisant du bien et guérissant tous ceux qui étaient sous l'empire du diable » (Acte.  X,  38.). Par sa mort, le Christ a définitivement vaincu le démon, saint Paul nous l'affirme catégoriquement :

 

«... Par sa mort, I1 réduisit à l'impuissance celui qui avait le pouvoir de la mort, à savoir le diable » (Hébr. II,  14.). Et saint Jean résume comme suit le rôle du Sauveur : « Voici pourquoi s'est manifesté le Fils de Dieu, pour détruire les œuvres du diable » (I Jean III,  8.).

 

Néanmoins, la victoire acquise par le Christ, ne l'est qu'en principe. De fait, Satan reste « Prince de ce Monde » et son Empire se prolonge dans ce monde par le péché. Le champ du Père reste livré aux attaques de l'ennemi, ainsi qu'il est dit : « Celui qui sème le bon grain, c'est le Fils de l'Homme, le champ c'est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du royaume ; l'ivraie, les fils du Malin » (Matt.   XIII,   19.). De telle sorte que les Apôtres se trouvent à leur tour en face des armées diaboliques ; ils doivent livrer le même combat. Tel, saint Paul aux prises avec le mage Elymas, s'écrie : « Homme plein de toutes sortes de ruses et de fourberies, fils du diable, enne­mi de toute justice, ne cesseras-tu pas de pervertir les voies droites du Seigneur ?» (Acte.  XIII, 10.). Aujourd'hui, comme dans tous les temps, « la lumière (du Christ) luit dans les ténèbres » (Jean 15.), et le monde ignore et rejette la lumière.

 

2. Le règne de Satan.

 

Jésus, aux prises avec les perfidies des Pharisiens, les dénonce en ces termes : « Vous avez le diable pour père et vous voulez accomplir les désirs de votre père ; il est homicide depuis le commencement du monde et n'est point demeuré dans la vérité, parce qu'il n'y a point de vérité en lui. Lorsqu'il pro­fère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur, et le père du mensonge » (Jean  VIII, 44.).

 

Telle est la manière d'agir du démon qui règne sur le monde. — Notre Seigneur l'appelle le « Prince de ce monde ». — Aussi, à la veille de sa Passion, avertit-il ses apôtres : « Je ne m'entretiendrai plus guère avec vous, car voici venir le Prince de ce monde » (Jean XIV, 30; lire encore Jean XII, 3l et XVI, 11.), indiquant par là que Judas — suppôt de Satan — approche.

 

Ce sont, en effet, les pécheurs qui sont les citoyens de ce Royaume : « Celui qui fait le péché, est du diable... Voici en quoi se manifestent les enfants de Dieu et les enfants du diable : quiconque ne fait pas la justice n'est pas de Dieu, ni celui qui n'aime pas son frère » (I Jean III, 8-10.).

 

Et l'on se souvient de l'aver­tissement solennel lancé par Pierre aux premiers chrétiens : « Veillez ; votre adversaire le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de vous, cher­chant qui dévorer » (I Petr. V, 8.). Saint Paul fait écho à saint Pierre en disant : « Revêtez-vous de l'armure de Dieu, afin de pouvoir résister aux embûches du diable. Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les princes, contre les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits mauvais répandus dans l'air », (Ephes. VI, 11-12.).

 

Dès lors, on peut caractériser l'Empire satanique comme suit : Satan poursuit à travers le monde son oeuvre de mort — il est « homicide » — il suscite des obstacles aux prédicateurs de la vérité — car il est « menteur » — il persécute, il fomente l'ido­lâtrie, il répand le doute et souffle la révolte. Cet Empire s'étend sur le monde et son époque est le siècle présent.

 

Il faut bien noter avec le Père Prat que « le grand ennemi s'est ainsi créé un royaume, dans le but de faire échec au royaume de Dieu ».

 

« Saint Paul décrit tantôt Satan comme un seul personnage ou comme un être collectif représentant le pouvoir du mal ; tantôt, il le dissémine en une multitude d'esprits mauvais, habitant les sphères supérieures, les régions supra mondaines, les ténè­bres » (F. PRAT,  Théologie de saint Paul, II, p. 73.).

 

Un commentateur résume cette même idée comme suit : « L'idolâtrie est l'expression sociale de la do­mination de Satan parmi les hommes » (R. P. Durand, Évangile selon saint Jean, p. 350 (Coll. Kerbum Salutis).). En toute occasion, Satan veut tromper les hommes, en se déguisant en Dieu, en idole. « Satan se déguise en Ange de lumière » (II Cor. XI, 14.).

 

3. Les  trois concupiscences  du  monde.

 

Saint Jean nous montre le monde soumis, sous l'action diabolique à une triple concupiscence : « Car tout ce qui est dans le monde : la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux et l'orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais du monde » (I  Jean  II, 16.).

 

Si on aime le monde, tel quel, on aime aussi ses vices. La concupiscence de la chair est caractérisée par la soif de l'or et des matières précieuses ; elle fait amasser des fortunes qu on garde avec un soin jaloux. Elle fait « coller » à la terre. On trouvera en particulier dans le « capitalisme » d’aujourd'hui plusieurs mani­festations de cette concupiscence.

 

La concupiscence des yeux, est marquée par la soif des distractions et des amusements. On désire jouir et on se livre à la volupté. On use avec excès des choses charnelles. On découvrira souvent dans la littérature, le théâtre, le cinéma, l'appel de cette concupiscence. L'orgueil de la vie invite l'homme à paraître puissant, dominateur. Il fait vivre dans le faste et fait donner libre cours à toutes les ambitions. La soif de puissance, le désir d'hégémonie, le nationalisme, l'impérialisme, le totalitarisme sont tous des produits authentiques de cet orgueil de la vie.

 

Telles sont les trois armes préférées qu'utilise Satan pour corrompre la vie sociale (Lire  BOSSUET, Traité de la Concupiscence  (1694).). Saint Jean n'hésite pas à dire : « Le monde entier est plongé dans le mal » (1  Jean V, 19.).

 

4. La chute finale.

 

Malgré son astuce, sa ruse, sa force et ses succès provisoires Satan connaîtra au terme de son action terrestre une défaite retentissante. Toute l'armée diabolique et tous ses « suivants » finiront par une culbute gigantesque dans le feu éternel (Matt. XXV, 41.).

 

L'Apocalypse nous montre, en deux raccourcis im­pressionnants, cette venue du démon sur la terre pour tenter les hommes et pervertir le monde et ensuite son départ catastrophique et définitif, pour tomber dans la géhenne.

 

Voici la vision de saint Jean, con­templant l'entrée de Satan dans le champ de bataille terrestre : « Il fut précipité le grand dragon, le serpent ancien, il fut précipité sur la terre et ses anges furent précipités avec lui... et il alla faire la guerre au reste de ses enfants, à ceux qui observent les comman­dements de Dieu et qui gardent le commandement de Jésus » (Apoc. XII, 9.).

 

A la fin des temps, le départ du même Satan sera encore plus précipité. Saint Jean précise : «... et le diable, leur séducteur, fut jeté dans l'étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète, et ils seront tourmentés jour et nuit aux siècles des siècles » (Apoc. XX, 9. ).

 

 

A SUIVRE

 

Extrait d’une brochure de M. Robert Kothen : L'ACTION SOCIALE DE SATAN

 

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 18:15

Nous devons arracher au démon cette première victoire, qui consiste à se faire oublier…

« Nous voyons aujourd'hui ce qui ne se vit jamais dans l'histoire : le drapeau de la guerre satanique contre Dieu et contre la religion effrontément dé­ployé par la rage abominable des impies à travers tous les peuples et dans toutes les parties de l'univers ».  S. S. Pie XI, Caritate Christi Compulsi, 3 mai 1932.

 

La période catastrophique que nous vivons pro­duit nettement sur les hommes l'impression que, pour troubler l'ordre du monde, des forces surhu­maines sont en jeu ; en effet, les efforts humains semblent débordés, l'homme est vaincu par la gran­deur des puissances chaotiques.

 

C'est pourquoi... après quelques siècles d'oubli, on croit à nouveau que les forces diaboliques agitent le monde. Au cours du XIXe siècle, par exemple, le Méphistophélès de Faust n'était plus qu'un sujet de jouissances esthétiques ; en effet, on ne croyait plus en la présence active et actuelle du démon dans la vie sociale.

 

Les événements du XXe siècle ont rappelé à l'hu­manité cette présence de Satan. Et M. le Cha­noine Thils disait très justement : à propos des « tares » qui affectent les sociétés : « ... d'où vien­nent-elles ? On leur assigne généralement une source bien connue : la complexité de la nature humaine, composée de matière et d'esprit, dont l'harmonieuse synergie n'est pas toujours tendue vers le bien, comme on pourrait le désirer. Mais au delà de cette explication qui est intérieure à l'homme, il en est une autre, extérieure bien qu'aussi virulente : ce sont les esprits mauvais, et notamment Satan.

 

Ce serait bien mal comprendre l'ordre surnaturel que de l'oublier : toutes les sources inspirées rappellent son existence, sa malice et sa puissance. Or, Satan n'agit pas seulement par lui-même. Vaincu en principe par l'archange Michel et ses anges il se traîne sur le sable de la mer et suscite en permanence contre le royaume messianique une opposition collective poli­tique et institutionnelle : la « Bête qui surgit de la Mer ».  (Apoc. XII-XIII.)

 

Tout le message de l'Apocalypse en est témoin ». (Gustave THILS, Théologie des Réalités terrestres, I, Pré­ludes, p. 142 (Bruges, Ed. Desclée, 1947).

 

Nous n'avons qu'à ouvrir les yeux, pour distinguer aujourd'hui dans le monde un sursaut gigantesque de la Bête.

 

Il est donc indispensable, pour tous ceux qui s'attachent à trouver une solution aux difficiles pro­blèmes sociaux qui se posent à l'heure actuelle, de tenir compte de l'élément diabolique comme source de maux ; et donc d'édifier un programme de com­bat contre ce que Saint Paul appelait déjà le « mys­tère d'iniquité ». (II Thess.   II,  7. )

 

Trop souvent encore la sociologie contemporaine demeure dominée par le positivisme et le matéria­lisme. Cette sociologie se montre radicalement in­capable de résoudre les problèmes sociaux. En effet, elle élimine à priori toute norme morale. Le posi­tiviste ne croit qu'aux faits, qu'à l'expérience dans l'ordre naturel ; il nie qu'il y ait des principes ou une règle absolue dominant la vie individuelle ou la vie sociale. (Nous nous inspirons ici de l'ouvrage de l'abbé Paul Hanly Furley, professeur à l'Université Catholique de Washington, The Mystery of Iniquity (Milwaukee, Ed. Bruce, I943).

 

Il ne s'agit donc pas, pour lui, de juger de la bonté ou de la malice d'un acte, en le rapportant à une morale abstraite ou à une volonté divine. Auguste Comte nous a appris que nous avons dépassé l'âge théologique et l'âge métaphysique. Nous vivons dans l'âge positif. Désormais la science des mœurs dé­crira ce qu'est une société saine, comment la vie sociale peut devenir normale. En effet, ce sont les façons de vivre elles-mêmes, communes à tous les hommes, qui constituent la règle de vie s'imposant à tous.  (Cf. J. DE Romanet, La Communauté terrestre et la marche tiers l'Unité selon Auguste Comte, dans Cahiers du Monde Nouveau, décembre 1945 et janvier I946; lire notamment le chapitre intitulé: Élaboration d'une morale positive.)

 

Toute société doit ainsi copier une sorte de société « standard étalon ».

 

Tel est le modèle, la norme suivant laquelle il faut vivre.

 

De fait, l'opinion publique d'aujourd'hui professe, du moins confusément, cette morale positive. Notre peuple fait des « mœurs du jour » sa règle de vie. « Il faut agir comme tout le monde ». C'est le règne du « conformisme ».

 

On rejette ainsi toute morale formelle ; les moeurs des hommes remplacent la loi de Dieu. Cette socio­logie positive basée sur une vue fausse de la vie sociale, se trouve donc incapable de déceler la nature exacte des maux sociaux et par conséquent elle ne peut y apporter les remèdes adéquats.

 

Elle commet, en particulier, trois erreurs fonda­mentales :

 

1) la sociologie positive nie l'existence du surna­turel, invisible et donc non sujet à expérience. Elle nie, par le fait même, la vraie fin de l'homme : la vie éternelle. Or, le sens même de la vie sociale est d’être tout entière orientée vers cette fin ;

 

2) la sociologie positive ignore l'existence de la grâce ; elle prétend n'agir que selon les données de la nature ; or, nous savons qu'il est impossible d'ob­server toujours en toutes choses la loi naturelle, sans le secours de la grâce ;

 

3) la sociologie positive n'admet pas l'existence d'une norme absolue et transcendante de moralité ; elle ignore la voix de la conscience ; elle prétend n'obéir qu'aux usages et aux coutumes de la société. Dès lors, elle ne peut concevoir qu'un seul moyen de créer l'ordre social : la contrainte. La sociologie positive ne trouve finalement de salut aux maux so­ciaux que dans la réglementation étatique et les doctrines totalitaires.

 

Face à cette sociologie positive se dresse la doc­trine sociale catholique. Celle-ci professe, en premier lieu, la foi en la destinée éternelle de l'homme et, en second lieu, elle ordonne toute la vie humaine, privée et publique, individuelle et sociale, vers ce terme éternel.

 

L'Église est chargée de mener directement les hommes à cette fin ; tandis que l'État n'a qu'une mission indirecte à cet égard. L’État doit organiser la vie temporelle ; mais celle-ci doit être orientée vers la vie éternelle.

 

Dans la mesure où ces deux sociétés, l'Église et l'État, organisent la vie des peuples selon les normes énoncées, la vie sociale se déroule dans l'harmonie et la paix. Dans ce cas, il n'y a pas de problème social. Toutefois, cette hypothèse ne se réalise pas. En effet, des maux sociaux torturent en permanence l'humanité.

 

C'est ici que la foi catholique propose une thèse très nette. Il s'agit là d’un mystère, le « mystère d'iniquité » dont parle saint Paul.

 

La sociologie catholique professe, en effet, qu'il y a dans le monde une force intérieure qui, sans cesse, travaille en vue de troubler l'ordre social. Cette force est la manifestation de Faction diabolique dans le monde. Georges BERNANOS, dans Lettres aux Anglais, affirme, sa croyance en une action diabolique. 1l y dit notamment : « Je ne voudrais pas irriter les lecteurs incrédules en leur parlant du Diable, mais enfin ! Les journalistes et les chefs d'État se permettent bien de le désigner fréquemment sous le nom du Mal, de « Force du Mal», pourquoi me montrerais-je plus timide qu'eux?».

 

Il est donc indispensable que la sociologie tienne compte de l'action diabolique sur la société. — On ne peut se contenter de considérer l'action de Satan, dans chaque âme individuellement, il faut en voir également les répercussions sociales.

 

Ainsi que le dit Dom Vonier : « La tâche des historiens serait grandement simplifiée s'ils prenaient à coeur cette révélation du vrai cours des choses, faite par le Fils de Dieu qui voit tout : la vision d'une armée innombrable d'esprits impurs, inca­pables de se reposer en dehors des coeurs des hommes souillés par l'iniquité. L'exécration ou la profanation de vastes étendues de contrées chré­tiennes devient aussi simple, par cette explication, que les marches d'une armée de Napoléon ». (Dom  Anschaire VONIER,  Christianus)

 

Dom Vonier parle aussi de « tentation collec­tive ». Et l'Église elle-même n'échappe pas à celle-ci : « L'Épouse (l'Église) dit-il, suit son Époux (le Christ) sur les collines dénudées au delà du Jour­dain, avec autant de fidélité que sur la cime du Mont Thabor ». Trop de catholiques ignorent encore cette action satanique sur la société ; ils font preuve d'une « in­sensibilité tout à fait incompréhensible pour un catholique à l'égard des dangers du monde invi­sible ».

 

Il y a donc lieu d'être toujours vigilant. C'est ainsi que Baudelaire a pu dire : « La plus belle ruse du Diable est de nous persuader qu'il n'existe pas » et de Rougemont ajoute : « Le premier tour du Diable est son incognito ».

 

Nous devons arracher au démon cette première victoire qui consiste à se faire oublier. Il faut, au contraire, tenter de faire la pleine lumière sur son action sociale. Sans doute, ici comme en tout il faut garder la mesure ; et si nous croyons en l'action diabolique dans le monde, nous croyons aussi que l'homme garde toute sa responsabilité dans les affaires terrestres. Il y a donc deux facteurs qui jouent simul­tanément pour provoquer les maux sociaux : la fai­blesse des hommes et le mystère d'iniquité.

 

En vue de mettre en évidence l'action sociale du démon, nous voudrions successivement faire appel à l'Écriture, à la Liturgie, à la Théologie, à l'Histoire. Nous voudrions enfin mettre en relief la tactique développée par le diable pour conquérir les sociétés.

 

A SUIVRE

 

Extrait d’une brochure de M. Robert Kothen : L'ACTION SOCIALE DE SATAN

 

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 19:42

LES  BÉATITUDES (SUITE 3ième et dernière partie)

« C'est faire injure au Père Céleste que de vivre dans la tristesse »

Il existe encore sur la terre quelques oasis, où les Béatitudes ont laissé leurs traces  en particulier, des lieux où des saints  ont vécues. Je pense surtout à saint François et au lieu qu'il a sanctifié de sa pré­sence, Assise.

 

Vous retrouverez le bonheur de saint François dans l'allure du brave homme marchant à la tête de son âne attelé à une vieille charrette, pour l'aider à gravir la pente ; dans l'attitude de cette vieille au visage parcheminé qui sourit aux anges en ravaudant des bardes, accroupie sur le seuil de sa porte ; dans les yeux du paysan assistant à la messe quotidienne, debout, le chapelet à la main ou humblement agenouillé sur la dalle : quelle paix heureuse dans son recueillement !

 

Vous trouverez le bon­heur de saint François à toutes les fenêtres, exul­tant sur les terrasses sous forme de fleurs : géra­niums, lierres, rosiers, pétunias, oeillets, bégonias ! Tout cela soigné amoureusement : tout ce qui chante la beauté, tout ce qui s'élève vers le ciel d'un peu de terre ou qui retombe en grappe pour bénir la terre ! Ruissellement joyeux de couleurs dans les étalages des mar­chands de céramiques — faites de leurs mains !

 

Si, sortant par la Porta Nuova, vous visitez Saint Damien que François rebâtit de ses mains et où il composa le Cantique des Créatures, vous découvrirez la profondeur du bonheur francis­cain : « Béni sois-tu, Seigneur, avec toutes tes créatures ! » De toutes choses, de toutes parts monte éternellement à Assise le cantique du Poverello.

 

Ici vraiment est arrivé le règne de Dieu. Ce lieu est saint. Le chrétien goûte à Assise la délectation de l'authentique bonheur et décou­vre le secret de la joie parfaite que détient toujours saint François entre ses mains trans­percées !

 

Voilà ce que notre civilisation a ruiné à jamais !

 

Voyons ! Nous sommes en plein Progrès ! Que diable, restons objectifs, ne nous laissons pas abuser par ces évocations du passé !

 

Bon. D'accord... Mais je n'évoque pas le passé ! Cette vision est du présent ; ce n'est pas non plus une spéculation métaphysique dans les nuées ou des « histoires de bonne femme »...

 

Allez-y voir ! Allez voir aussi les visages illuminés de joie des malades, au passage du Saint-Sacrement, à Lour­des ! Allez voir le miracle de la cité de saint Cottolengo à Turin : des estropiés, des mourants, des paralysés, des impotents, vivant heureux ! Les Béatitudes incarnées !

 

Les hommes et les femmes sanctifiés ! Et pourquoi ? Parce que « le premier pain qui se donne ici est le pain de la foi » ! Et c'est pourquoi, sans le moindre soutien, dans la « Maison de la Divine Providence » de Turin, l'autre pain, le pain du corps, n'y manque jamais. Saint Cottolengo ne se lassait pas de répéter : « Ciboires vides, sacs pleins ; ciboires pleins, sacs vides ! » C'est-à-dire : communiez d'abord et le reste vous sera donné de surcroît ; ne communiez pas et tout ira de travers !

Or, que font-ils, les chrétiens actuels ? Ils courent d'abord à leurs affaires ; et s'ils ont un peu de temps, ils vont le Dimanche à la messe ; s'ils ne l'ont pas, eh bien tant pis ! Ils préfèrent s'abreuver aux mêmes sources que leurs ennemis les athées, ces sources qui ne les désaltéreront jamais... Ils recherchent les paradis terrestres, qui seront toujours mena­cés ! Peut-on s'étonner que dans ce monde qui a oublié les Béatitudes, dans ce monde de faux chrétiens, tout aille de travers ?

 

                                                             ***

 

L'amour de Dieu bannit la crainte. C'est le sentiment primordial qui nous empêche d'être heureux. Crainte du lendemain, crainte des hom­mes, des maladies, de la mort... Crainte qui nous désarme en face des vicissitudes de la vie. Crainte qui nous met le feu aux fesses pour cou­rir, comme des enragés, des possédés ! Ah ! C'est qu'il faut avant tout nous assurer une vie douce, de belles vacances, un beau confort ! Si nous en manquions ? C'est affreux ! Nous en serions superlativement, infiniment, malheureux !

 

Voilà à quoi se soumet la volonté des humains ! Ils ont oublié que le seul objectif capable de satisfaire leur volonté, ce rayon divin en eux, c'est Dieu même. Pour que la volonté puisse se déployer en sa plénitude, elle doit poursuivre un but infini : la volonté est faite pour l'Infini. Tout ce qui est en deçà la dégonfle, la déçoit. (La violence des méthodes soviétiques montre bien de quelle puissance infinie la volonté dispose pour résis­ter ; les procédés occidentaux, plus doux mais plus cons­tants, ont eu besoin de trois siècles pour l'annihiler ! Il fallait d'abord que la volonté ne revienne plus à sa Source pour se vivifier. D'où, l'hébétude de l'Occident.)

 

La volonté d'expansion dans l'espace ne résout rien : les fusées élancées à travers le cosmos ma­tériel démontreront que ce cosmos est encore trop petit pour l'homme en qui Dieu a mis l'ap­pétit de l'infini.

 

Il n'y a pas de contorsions à faire pour s'adap­ter au réel, il suffit de s'adapter à Dieu et à notre essence, qui vient de Dieu ; il suffit de revêtir le Christ pour le vivre devant les hommes ; cela suffit pour être heureux.

 

C'est la plus merveilleuse charité que d'aider quelqu'un à mieux réaliser son visage divin. Il nous faut prendre conscience de cette initiale splendeur de chaque humain et essayer de la ranimer.

 

Pour tordue et faussée qu'elle soit, l'homme est toujours à l'image de Dieu ; et elle se fait d'autant plus exigeante qu'elle est faussée et tor­due : elle s'exprime d'autant plus par le « vague à l'âme », le « cafard », les « idées noires »...

 

La soif de sainteté qui peut torturer l'être humain, le torturer en vérité, est immense ; il ressent péniblement, sans savoir que c'est cela, le divorce entre son existence et, en lui, l'image de son Seigneur. Et, ne le sachant pas, il sème, comme à plaisir, la tristesse. Il est capable d'être cruel tranquillement, sans avoir conscience que cette cruauté vient de sa volonté égarée.

 

La volonté attend qu'on exige tout d'elle ; elle n'a de paix que dans la poursuite d'une fin unique qui réclame un effort total. Alors l'intel­ligence se met à son service et accomplit un tra­vail qui l'occupe, à son tour, tout entière. Et cette unification et simplicité de la volonté et de l'intelligence — qui ne sont plus tiraillées à hue et à dia — c'est là aussi un des traits du bonheur (Cette unification et simplicité de l'âme que l'on atteint par le haut, on peut les atteindre aussi par le bas, par l'invasion de la chair : le spasme sexuel, les alcools et toutes les drogues que l'on emploie aujourd'hui).

 

Il faut une passion pour guérir des passions : il faut une grande passion de Dieu pour ne plus être harcelé par les terrestres passions... Et c'est bien cette passion de Dieu qui nous fait vivre, tout naturellement, les Béatitudes : quelle souf­france peut nous résister lorsque nous sommes fortifiés par la puissance de Sa Gloire ?

 

Comment trouver cette Puissance ? Il ne faut pas chercher Dieu comme un «Autre», mais comme soi-même, pour mieux devenir soi-même : « Dieu de Vie et d'Amour plus présent en nous que nous-mêmes » ! (On apprend à être heureux. Il existe des écoles du bonheur. L'une des meilleures : celle des Pères de Chabeuil, d'où l'on sort, à la suite des « Exercices spirituels » de saint Ignace de Loyola, complètement transformé, revi­goré et prêt à accueillir avec le sourire tout ce que la vie peut vous offrir. Certes ces Exercices ne visent pas directement le bonheur, mais la vérité, et ils atteignent le bonheur par surcroît).

 

DIEU EST JOIE : « Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous... ne vous inquiétez de rien » (Saint  Paul  (Philip. IV, 4-7). ; voilà la vérité oubliée depuis que le jansénisme et le purita­nisme ont endeuillé le monde. Et par nos catho­liques compassés : ils en sont contaminés ! Car s'ils vivaient la doctrine du Bonheur, ils seraient toujours gais : « C'est faire injure au Père Céleste que de vivre dans la tristesse » ; voilà encore des paroles admirables de ce saint Cottolengo qui fut, d'ailleurs comme tous les saints, toujours gai. Et les paroles du Père de Foucauld : « Je jouis à l'infini d'être pauvre ». Jouissance « infinie » que l'on ne peut éprouver qu'en vivant les Béatitudes.   

 

Illuminer la Souffrance par la Joie, la Croix par la Résurrection ! Retourner le monde par l'Hostie, faire de la terre une Hostie ! Voilà l'immense élan radieux qui emporte les « Bien­heureux » !

 

                                                         ***

 

Notre civilisation a fait de son mieux, depuis la Révolution, pour chasser la Doctrine du Bonheur hors du monde. On se croyait enfin débarrassé. Pas du tout ! Les peuples la cher­chent dans la nuit...

 

Quelque chose bouge dans les profondeurs de l'âme du monde ; un jour ou l'autre, elle écla­tera en plein jour. Comment ? Dieu seul le sait ; on ne peut encore le deviner...

 

La doctrine du Bonheur renaît, après une lon­gue éclipse, en Angleterre, en Hollande, en Alle­magne, en Suisse ; elle naît en d'autres pays qui ne furent jamais catholiques : aux États-unis, au Japon, au Sud Vietnam, aux Îles Philippines, en Birmanie et dans les pays qui gémissent sous le joug soviétique...

 

Une vague de fond soulève les peuples qui ont besoin d'être heureux, et qui sentent, plus ou moins consciemment, qu'ils ne le sont et ne le seront jamais sans la doctrine des Béatitudes, sans ce miracle divin qui transfigure la vie en changeant toute souffrance en joie...

 

Que faire ? C'est à désespérer ! Comment ? Ces peuples ne se sont-ils pas habitués au Malheur ? Depuis que l'Europe est déchristia­nisée et divisée, on les a pourtant si bien entraî­nés... Eh bien, on les empêchera à tout prix de revenir à la doctrine du Bonheur...

 

Il y a un bon moyen : Satan, l'Incarnation du Malheur, ne s'attaquera plus aux âmes, en par­ticulier, il jouera à fond son influence sur les grands ensembles ; il régnera par la politique presque sur tout l'univers ! Son action sera écla­tante d'insolence en Orient ; et de perfidie, en Occident.

 

                                                                 ***

La tempête fait rage, les ténèbres sataniques s'épaississent ; gardons les yeux fixés sur le rayon de soleil qui les traverse et qui bientôt les chassera.  Le retour de Paul VI sera la mèche qui allumera, la grande lumière, celle de DIEU.

 

Quand le surnaturel surgira encore dans le monde, et en particulier au sein de la Fille aînée de l'Église dont l'histoire fut ensemencée d'in­terventions divines, alors tous les calculs satani­ques seront balayés...

 

Il en fut ainsi, il en sera de même, — peut-être demain…

 

En notre époque qui marche vers sa fin reten­tit l'appel mystérieux d'une Vie Nouvelle ; si dans le monde actuel tout est corrompu, déna­turé, souillé, il reste néanmoins des âmes illumi­nées par un bonheur qui n'est pas de ce monde ; elles finiront par embraser le monde de leur flamme de joie, fille de la Joie éternelle du Christ !

 

 

FIN

 

Nous espérons que vous avez aimé ce magnifique chef d’œuvre de Paul Scortesco

 

Extrait de : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR   Œuvre de Paul Scortesco  (1960)

                   Imp. JOUVE, 15, rue Racine, Paris. -Dépôt légal : 1960

 

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 17:51

                    

CHAPITRE II LES BÉATITUDES   (SUITE 2ième  partie)

LA DOCTRINE DU CHRIST, C'EST LA DOC­TRINE DU BONHEUR. Tous nos échecs et nos malheurs proviennent du refus d'accepter les lois du bonheur proposées par Dieu même : les huit Béatitudes. Prodigieux retournement des valeurs humai­nes !

 

Le Christ est venu pour ceux qui souffrent. Il fréquentait, en particulier, les « gens sans importance », qui passent aux yeux du monde pour les plus souffrants, les truands, les pros­tituées, les mendiants ; ils avaient besoin plus que les autres d'être libérés des mirages et appa­rences de ce monde.

 

La souffrance surnaturellement transfigurée : « Bienheureux ceux qui pleurent »... Bonheur qui ne vient pas de la chair ni du monde, mais du dedans. De Dieu en nous. Malheur radical de notre temps : la joie ne peut plus jaillir de la vie intérieure : « Toute la beauté de la fille du roi est au-dedans » (Ps. XLIV, 16). C'est notre âme, la fille du roi ! Qu'en avons-nous fait ? Une mendiante qui attend, au coin des rues, les passants qui pourraient lui offrir une aumône ; nous attendons tout du dehors !

 

« Bienheureux serez-vous lorsque l'on vous in­sultera, lorsque l'on vous persécutera, et lorsque l'on dira toute sorte de mal contre vous à cause de moi, en mentant. Soyez dans la joie et dans l'allégresse »... Si ce n'est pas de la vie inté­rieure illuminée par la grâce, d'où vient ce total renversement des valeurs ? Quelle preuve fla­grante de la victoire de l'Esprit !

 

Art de vivre authentiquement et uniquement chrétien : n'avoir pas peur des adversités. Les offrir à Dieu et en tirer une joie : Imitation de la Croix. Qui n'est pas aimée pour elle-même mais comme instrument de perfection. La dou­leur offrande a perdu sa force de destruction. Elle est joie puisqu'elle est amour. Art de vivre complètement perdu aujourd'hui.

 

Ne pas se prendre au sérieux, garder le sens de l'humour, être gai de se savoir le dernier des derniers ! Exulter quand les pires coups s'abat­tent sur vous ou sur votre œuvre ; vivre tou­jours dans la joie en se crucifiant pour Jésus : « GAUDETE SEMPER » ! Autant de traits qui  appartiennent au vrai chrétien.

 

Le secret du bonheur : être content et joyeux quoiqu'il arrive, car rien n'arrive sans la per­mission de Dieu.

 

Pour être heureux il faudrait que rien ne s'op­pose à notre volonté. Or, il n'existe qu'une seule volonté à laquelle rien ne s'oppose : la divine Volonté. Ayons donc cette volonté et nous serons heureux ; celui-là donc possède le bonheur dont la volonté est conforme à celle de Dieu.

 

On peut éprouver en cette vie même le com­mencement de la béatitude céleste :   elle  prend ici-bas la forme des huit béatitudes terrestres : bienheureux ceux qui ne sont pas riches et com­blés parce qu'ils ne s'endorment pas ; bienheu­reux les pauvres qui portent la croix parce qu'ils se tiennent éveillés et seront ressuscites. Satan veut nous faire croire, comme à Jésus lui-même, que la béatitude du ciel commence sur la terre par la possession  des   richesses  de  ce  monde. Nous   aurons   garde   de   nous   laisser   égarer : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. Heureux vous, qui avez faim maintenant,  car   vous  serez  rassasiés. »  (Luc ; VI, 20).

 

Qu'attendons-nous de la terre ? Les moyens d'y être purifiés, d'y devenir ce que nous som­mes, de nous préparer à être reçus au ciel par le Christ qui est déjà au sommet de notre âme et de ressusciter avec Lui. Le reste n'est qu'illu­sion ! Tous les messianismes collectivistes ne sont que des hallucinations, ils veulent nous faire croire que, dans l'avenir, le malheur et la misère seront bannis de la terre !

 

Or, lorsqu'on prêche les Béatitudes on n'annonce pas un avenir prestigieux de la société, on annonce un maintenant divinisé, une union de l'âme à Dieu et à notre prochain, un maintenant vécu dans un amour purifié, tellement amour qu'il en est béatitude. Et c'est alors, par surcroît, une cité plus humai­ne. Le Christ n'est pas venu pour briser les chaînes de la servitude, mais pour nous insuf­fler le pouvoir surnaturel de les rendre plus légères, — tellement légères qu'elles nous sou­lèvent au lieu de nous écraser...

 

« Bienheureux les pauvres en esprit »... Ne plus vivre par soi mais de la vie même du Verbe incarné ; se vider de soi pour être rempli par l'Esprit de Dieu : pauvreté qui mène à la plus sublime des richesses ! Hélas, pour un homme atteint de cécité spirituelle, c'est être réelle­ment pauvre que de vivre et raisonner en s'ap­puyant sur le Sacré. Aveuglement fondamental que de croire à la richesse de la révélation des sens et à la pauvreté de la Révélation de Dieu !

 

Identification d'amour avec Dieu dans les ténèbres... Ton avoir fait écran ! Enlève-le ! Et alors les ténèbres se changent en opulente et éblouissante Lumière !

 

Ta vie, ô homme moderne, est un refuge contre toi-même. Pour ne pas permettre à Dieu de te dépouiller de tout ce qui est en toi et n'est pas toi !

 

« Bienheureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu »...

 

Nul n'est malheureux par les événements, mais par sa réaction envers les événements : si cette réaction est une acceptation souriante et paisible, tout est joie ; si elle est haineuse et vio­lente, tout est souffrance.

 

« Enfants de Dieu »... Nous sommes créés pour aimer Dieu et devenir des saints de Dieu, — « en dansant de joie devant l'Arche du « Seigneur » !

 

Que ce terme de saint ne nous effraie pas ! Que l'on ne croie pas que la sainteté soit l'évo­cation d'un idéal inaccessible ! Sans rapport avec le réel ! Ne l'ai-je pas démontré tout au long de ce livre : le « réel » ne s'écroule-t-il pas quand disparaît le sens du Sacré ? Toutes les civilisa­tions ne se sont-elles pas effondrées, chaque fois qu'elles se sont éloignées du Sacré ?

 

Bien au contraire : est irréaliste toute société qui perd de vue le destin de l'homme, qui ne l'aide pas à l'atteindre : devenir un enfant de Dieu, être à l'image de Dieu !... Sans cela, on n'y trouvera dans le monde que de la veulerie, de la lâcheté, de l'anxiété, du malheur !

 

Ah non ! Ce n'est pas un « idéal inaccessi­ble »... Pour devenir un enfant de Dieu, on n'a qu'à dompter le vieil homme, source de tous les écroulements. Et pour y parvenir, se dire comme saint Cottolengo : « Dieu me voit », et voir ensuite Dieu en tout et en tous... Pour s'appro­cher de la sainteté, se répéter aussi souvent que possible les paroles de saint Bosco : « Sainte Ma­rie, mère de Jésus, faites de moi un saint ! » Il faut savoir demander, savoir prier ; car de même que le corps, pour grandir, assimile une nourriture qui appartient au milieu, l'âme, pour s'épanouir, doit recevoir une nourriture qui lui vient d'un autre « Milieu »...

 

Les âmes qui ne prient pas, ne se nourrissent pas. Les hommes qui ont perdu le sens de la prière et qui consi­dèrent que l'action est le seul moyen de parvenir à leurs fins, se surmènent, se vident d'eux-mêmes, victimes d'une hémorragie morale perpé­tuelle.

 

La déperdition de substance spirituelle com­promet l'existence même de l'humanité : elle se meurt d'inanition, — et vogue à pleines voiles comme le radeau de Méduse, cap au malheur total.

 

On se plaint que le bonheur est chose rare…  Mais combien d'hommes désirent-ils devenir des saints ? Or, il n'y a pas de bonheur véritable hors de la sainteté. C'est l'état des « BIENHEU­REUX ». C'est l'état de ceux qui veulent vivre la doctrine de la joie, les Béatitudes : « Bienheu­reux ceux qui »... Et, en effet, ils sont heureux...

 

Le bonheur est l'apanage de ceux qui veulent vivre en Dieu, de ceux qui se rappellent les paroles de Dieu : « Moi en eux, mon Père en moi ». Point d'autre Bonheur !

 

Dieu nous a donné sa vie afin que nous échap­pions à la mort et sa mort afin que nous ayons la vie ; quand on a vécu cela, non compris mais vécu, on ne peut être que dans le ravissement...

 

A SUIVRE

 

Extrait de : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR   Œuvre de Paul Scortesco  (1960)

 

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 18:11

CHAPITRE II LES BÉATITUDES (Première partie)

Comme l'oiseau pour l'air, l'homme est fait pour le bonheur éternel.

Mais sa volonté peut mettre l'accent sur tel mode de vie plutôt que sur tel autre. Elle appuie parfois — comme sur une sonnette — sur ceux qui ne peuvent lui donner que l'alarme de la voie « dévoyée ».

 

Et alors l'oiseau, aux ailes brisées, chancelle, pique une tête et se rompt le cou...

 

L'homme, vraiment homme, dépasse son désir de vivre, dans ses œuvres, dans son élan vers l'inconnu, son désir de conquêtes en sacrifiant même souvent sa vie pour elles. L'homme se distingue donc sur la terre en ceci, que son désir dépasse de toutes manières le simple désir de vivre : l'esprit contient la vie. Ainsi, en la dépas­sant et en laissant s'épanouir en lui l'esprit — ce qu'il apporte de nouveau sur la terre — il se déploie dans le sens de la Hiérarchie natu­relle : et ce déploiement lui sera signalé par la joie.

 

Or, nous l'avons vu, cet ordre peut être ren­versé. C'est alors le corps qui domine l'esprit : la partie devient le tout. La vie n'est plus un moyen mais un but, bien suprême. La bête en nous, le « vieil homme » attiré par le bien propre de sa chair trouve que l'assouvissement de ses désirs est non seulement naturel mais légitime. S'ils ne sont pas satisfaits, il lui semble que les lois de la nature et celles de la justice sont blessées dans ce qui lui arrive ! D'où la révolte, la sourde protestation qu'il oppose aux misères, aux souffrances. Misères et souffrances que sa propre inversion a engendrées !

 

Seule la volonté soumise à la chair crée et fausse le problème du mal. Car dans la satis­faction même, elle trouvera la nature mouvante des choses, ingrate et décevante : point de bonheur dans les éphémères, mais une âpre et épuisante peine. La superbe de vivre tombe sur des récifs et recommence, toutes voiles de pas­sions dehors, son éternel naufrage. La satis­faction arrive donc aux mêmes résultats que l'insatisfaction ; mais qu'elle diffère, la souf­france, le feu rouge de la voie fermée, est au bout des deux voies. La vie ne reste pas impu­nément le bien suprême !

 

Or, dès qu'elle cesse de dominer, les souf­frances disparaissent. L'«homme nouveau » com­prend alors que la souffrance n'est que le signal de la route qui descend. On ne peut donc l'éviter qu'en changeant de direction : en montant.

 

L'homme ne retrouve son équilibre et ne devient pleinement naturel que disponible et ouvert au surnaturel.

 

Ainsi le chrétien transforme la souffrance en joie : signal de la bonne route et rachat immé­diat de l'aberration. La réalité est faite pour lui d'une hiérarchie objective, « divine ». Il n'est donc pas seul sur la route. (Voilà encore une aberration douloureuse de ce temps : l'homme moderne se croit seul. Or, sur le chemin de la vie, il est accompagné par un monde invisible qui l'entoure et le protège à chaque instant : il n'a qu'à l'évoquer.) Il est guidé : les signaux qui s'allument dans sa chair et dans son âme, ce n'est pas lui qui les a inventés ! Quel­qu'un lui parle un langage qu'il peut interpréter clairement. (L'univers lui-même, n'est-il pas un foisonnement de signaux à déchiffrer ? Le laïcisme qui le désacralise, en lui étant sa valeur de signe, n'est-il pas une énorme régression ?

 

La souffrance : l'aiguillage qui dirige l'être vers la joie.

 

L'univers s'arrange donc en une série nette­ment orientée et montante. Son orientation est donnée à chaque étage par un double signal aver­tisseur qui bloque les lignes qui s'en éloignent. En vérité, la douleur physique nous avertit d'une dégradation du corps (On peut alléguer que le plaisir et la douleur nous trompent. Eh bien non : ils ne nous trompent point sur le bien et le mal passagers du corps. Si l'on boit beau­coup on éprouve une certaine euphorie due à une vasodi­latation artificielle — mais qui va être chèrement payée. L'animal sait bien s'arrêter sur la pente des plaisirs : il boit et il mange ce qu'il faut et quand il faut. L'homme, étant libre, peut saccager ses instincts ; et alors le plaisir et la douleur le trompent seulement sur le vouloir vivre du corps, et, encore plus, sur le vouloir être de l'âme ! S'il suit la pente du plaisir immédiat, l'homme arrive à ruiner sa propre vitalité et son âme, comme on le voit chez les amateurs de stupéfiants.), de même que la souffrance morale nous avertit d'une dégradation de l'âme. Signaux du même mouvement rétrograde qui traverse des plans différents. Avenue de tocsins. Fanions du Malheur !

 

Le plaisir est le signal de la santé du corps. La joie, le signal de la santé de l'âme. On peut rétorquer que l'effort moral s'accompagne de souffrance. Eh bien sûr ! C'est le signal de ce qui meurt en nous et ne veut point mourir ; la chair ne se laisse pas facilement dominer... Mais rien de plus exaltant que la hiérarchie rétablie ! La lumineuse paix, la joie véritable envahissent l'âme toute entière ! Voilà la musique intérieure et son Exécutant invisible auxquels je faisais allusion dans les premières lignes de ce livre...

 

                                                              ***

Joie de la Vérité « Gaudium de veritate », s'exclame saint Au­gustin. Soumettez à ce critérium les doctrines et les attitudes humaines et vous découvrirez où se trouve la vérité. Exemples : le désespoir cathare, la mélancolie romantique, la triste sévé­rité calviniste, l'amer matérialisme, l'angoisse existentialiste, les cafardeux bigots catholiques qui s'arrêtent à la lettre et ne vont jamais jus­qu'à l'esprit... tout ce monde est, sans conteste, dans l'erreur. La joie étant le signal objectif de la vérité, plus la vérité est parfaite et plus la joie est intense et durable. Dieu est cette force même de notre âme grâce à laquelle les souffrances les plus redoutables — y compris la mort — se changent en joie : signal de la Vérité absolue. Or, comment obtenir cette joie qui fait s'évanouir toute souffrance et fait de l'amertume une dou­ceur, si nous n'adhérons pas à la vérité par amour ?

Saint Augustin : « Seigneur faites que l'amour de la vérité ne me cache pas la vérité de l'amour !»

 

La lumière du soleil s'accompagne de cha­leur. Ainsi la Vérité lumineuse s'accompagne de la chaleur de l'Amour ; cette chaleur sans la­quelle la Vérité se glace, sans pouvoir s'apaiser ni cesser de témoigner son hivernale tristesse.

 

En effet, l'Ennemi de l'homme, la plus haute Intelligence sans amour, se signale par la tris­tesse. Début de la Messe : « Quare tristis incedo dum affligit me inimicus ! »

 

Le beau, le vrai et le bien nous révèlent la direction du Bonheur. On n'a qu'à réfléchir sur les expériences de l'artiste, du sage et du saint. (Il est évident que nous ne parlons pas de l'artiste qui traîne l'art au ras des choses sensibles et qui renverse la hiérarchie, d'où son culte du morbide et de la laideur : signal de son égarement ; ni de l'homme de science qui place au sommet ce qui est secondaire : la science de 1» matière ; d'où son effet destructif : signal de l'erreur.)

 

On trouvera chez eux une connaissance directe de l'essence du monde sous ses trois aspects — signalée par la joie — donc une libération de l'inversion provoquée par l'égoïsme vital — signalé par les peines, les soucis et l'affliction.

 

 

Pour le saint, la contemplation du beau, du vrai et du bien, les trois faces du divin, l'élève jusqu'au ravissement. Soleil de jubilation ! Dans la vallée des larmes, les Alpes de la joie ! « Dieu est la joie même », écrit le R.P. Sertillange. Écou­tez saint Jean de la Croix écrivant en sa pri­son : « Un état de bien-être ineffable, inexpri­mable » (Nuit 11,17). Écoutez saint Paul: « Étant regardés... comme attristés et nous sommes toujours joyeux ! » (Cor. VI, 10). Et le Maître : « Je vous ai dit ces choses pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit par­faite ».

 

Ainsi comprise l'âme assimile la souffrance : « Elle ne souffre plus de souffrir » (Sœur Eli­sabeth de la Trinité). Partant, on ne l'évite pas en la fuyant mais en l'abordant et en lui donnant une signification. Si c'est la bonne, elle se mue en joie, comme une fée Carabosse en fée de Lumière. Alors le pire des sacrifices devient joie, c'est-à-dire qu'il est aboli : le « Sa­crifice » n'est plus qu'une chose vue du dehors. Les privations voulues impliquent une affir­mation, celle du moi éternel : par elles il proclame son autonomie à l'égard du corps. La chair qui souffre est dominée par l'esprit qui se réjouit. Cette joie qui jaillit du plus profond de la douleur, d'une âme détachée de son corps et attachée à son Moi éternel, c'est le flot même de l'ÊTRE qui coule en elle à pleins bords. Flèche d'or de l'archer de Lumière, foudre de la grâce qui pénètre à certains moments dans l'âme du pauvre être amphibie que nous sommes... (La grande Privation et la Victoire sur la souf­france : Dieu souffrant — mourant — ressuscité. Erreur que de faire du Christ un souffre-douleur ! Il a affronté volontairement 1a souffrance pour la vaincre. Le « pourquoi m'as-tu abandonné ? » Eclipse totale de la divinité. Son anéantissement complet. Dieu est allé au maximum de distance de lui-même. Le Malheur absolu, dont aucun être n'approche. Souffrance de l'Innocent qui a payé pour tous les innocents de la création !)

 

Ceux qui voient ces choses du dehors disent : « culte de la souffrance »... Ils se heurtent aux appa­rences, ils ne voient que le spectacle, car à des faits apparemment pénibles, (soigner des lépreux, etc.)  correspond un fait invisible : la plénitude du cœur. Ce n'est donc pas l'amour de la souf­france, MAIS L'AMOUR ENCORE PLUS GRAND DE LA JOIE. Toute souffrance s'évanouit. Un cri de sainte Thérèse de Lisieux : « Je suis heureuse, oui, heureuse de n'avoir aucune consolation ! » — Sœur Elisabeth de la Trinité : « Quand on sait mettre sa joie dans la souffrance, quelle paix délicieuse ! ».

 

On  croit qu'en prenant part à la Croix on enlève toute joie  en  ce monde. Bien  au contraire, l'horreur de la souffrance en est bannie. Joie de souffrir en union avec le Christ, joie d'apporter sa part au salut du monde.

 

Le joug de la souffrance acceptée n'est plus un joug ; il est allégé de toutes manières : « Car Mon joug est léger »...

 

L'esprit transforme la couronne d'épines en­foncées dans la chair en couronne de gloire...

 

La chair nous offre ses signes, mais l'esprit les renverse et lui oppose les siens : notre liberté, notre pouvoir de jongler avec les signes de la chair, de tout changer en joie, voilà ce que le Credo du « vieil homme » a détruit aujourd'hui. Par conséquent la somme des souffrances a aug­menté depuis la déchristianisation du monde, depuis la disparition du Credo de « l'Homme Nouveau ».

 

La plus énorme subversion de l'ordre naturel, le recul de l'humanité, pouvaient-ils ne pas se signaler par l'incertitude et l'inquiétude dont nous souffrons ?

 

Les signaux s'accumulent, puis ils éclatent brusquement : latents durant des siècles, ils peu­vent atteindre à la longue l'humanité entière qui sombre dans l'angoisse et s'effondre enfin dans la catastrophe. Aujourd'hui celle qui nous menace provient des coups jetés contre nos murs par le bélier du Malheur.

 

Le corps et le sang de l'HOMME NOUVEAU dont les peuples n'ont pas voulu, retombent sur eux et ils subissent la Passion. C'est l'une ou l'autre : ou la conformité au Christ consentie dans la joie ; ou la Passion imposée dans la souffrance.

 

Dieu ne veut pas pour l'homme, chef de la création, d'un destin médiocre : pour lui, c'est la grâce ou le sang.

 

A SUIVRE

 

Extrait de : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR   Œuvre de Paul Scortesco  (1960)

 

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 10:31

CHAPITRE I  (Suite)

INSTINCT D’AGRESSION ET L’INSTINCT D’AMOUR

 « Instinct de Caïn » : il plonge et saisit parmi les aspects du monde ceux dont il tirera le maxi­mum de profit. Il croit qu'une chose est expli­quée du moment que l'on sait user d'elle. Caïn dit : radio activité magnétisme, gravitation… (Lorsque Curie découvrit le radium, l'humanité entra dans une voie qui la conduira à la destruction de la vie ; n'aurait-il pas mieux valu que cette découverte ne fût jamais connue ? Aucune arme n'a tué autant d'hommes que telle cornue ou tel microscope.). Il croit avoir tout dit. L'esprit rationnel au ser­vice de l'action possessive et agressive a traité l'univers comme une utilité ! Elle l'a rendu étranger à l'homme. Analysé par la Science ou dominé par la technique, l'univers séparé de l'homme s'est retourné contre l'homme. (Celle des Grecs était strictement désintéressée. Euclide, Pythagore l'ont maintenue en contact avec la mys­tique née de l'instinct d'amour. Archimède, auteur d'une vingtaine d'inventions, refusa qu'on en prit acte et croyait qu'on peut faire de la science autrement qu'en construi­sant des machines).

 

L'esprit de Caïn poussera de plus en plus loin l'analyse de tout ce qui tombe sous les sens, mais cette analyse ne lui permettra jamais de saisir l'être des choses, et, en particulier, l'être des choses vivantes ; celui de la plante, de l'ani­mal et de l'homme restera toujours pour lui un inconnu, — mais qu'il ne se gênera pas de vio­lenter !

 

O science moderne, tu es les griffes, le bec et l'aile du bipède humain ! Des armes, rien de plus. Par elles, tu captes la nature. Mais tu ne la connais point ! Tu refuses obstinément de percer ses apparences et d'atteindre son secret ! Tu ne veux pas pénétrer jusqu'à son Cœur !

 

Notre civilisation est sortie toute entière des mains des enfants de Caïn : ils ont tout falsi­fié, empoisonné !

 

Cependant, en certains lieux du monde la « ci­vilisation » — que Dieu soit loué ! — retarde de quelques siècles ; les hommes mènent une vie paisible, les chiens ont de vrais poils et leur cou­leur est naturelle, le pain et le vin ne sont pas encore frelatés, les maisons sont à la mesure de l'homme. Mais dans cent ans ces lieux se feront rares : ils ne résisteront pas à l'activité destruc­trice des urbanistes : ils témoigneront d'une épo­que où les hommes n'étaient pas étouffés et encasernés dans les affreuses termitières qui engendrent, selon les statistiques actuelles, la délinquance juvénile et chez les adultes, l'hypertension artérielle, des affections cardio-vasculaires et des dépressions nerveuses : autant de bonheur en perspective...

 

Les enfants de Caïn furent sans doute des guerriers et des métallurgistes, alors que ceux d'Abel furent des contemplatifs. La Machine sor­tie des mains des fils de Caïn, le patriarche des athées, a détrôné Dieu sur les autels de la Science dont l'homme est le desservant très humble et très fidèle, — jusqu'à la mort inclusivement ! Depuis cent ans, quels pas de géants dans la construction des monstres d'acier ! Quelles splendides fusées capables de semer partout la mort ! Et ne faut-il pas chercher la véritable force de propulsion des fusées soviétiques dans le sang et les larmes de tout un peuple ?

 

Quel progrès de l'instinct d'agression !

Le danger est là : des hommes qui joignent désormais à leur puissance une toute-puissante méchanceté.

 

Se méfier quand l'instinct d'agression offre la « paix », cette paix qui absout ses crimes, le con­firme dans son « statu quo » actuel et lui permet de préparer en toute tranquillité le dernier bond qui lui donnerait la domination du monde. L'Oc­cident se déshonorerait et se suiciderait en accep­tant la « paix » des forçats sur une galère vivant sous l'empire de la terreur et la menace du fouet !

 

L'Occident se rappelle-t-il encore les paroles de Lénine : « La politique, même si elle prend l'aspect du pacifisme, n'est que la continuation de la guerre par d'autres moyens »... Voici l'ins­tinct d'agression au service de l'universelle et permanente révolution mondiale !

 

Voici l'œuvre terrifiante de l'instinct de la terre qui combat violemment l'instinct du ciel : mettre des « rideaux » partout, des rideaux de fer ou de bambou, des rideaux entre Dieu et nous ; empêcher des nations jadis chrétiennes de penser qu'il existe des biens meilleurs que la produc­tion industrielle ; leur interdire d'agir en tenant compte de l'existence des biens spirituels ; fon­der un monde sur le rejet de Dieu et persuader les chrétiens que cette entreprise est une simple question de justice sociale où la religion n'est pas en cause ; exciter les appétits d'une « Nouvelle Classe » et faire croire qu'elle est mue par un noble idéal ; non seulement rabaisser les hom­mes à la seule production des biens matériels, mais leur enlever toute possibilité d'accéder au moindre bien être sous prétexte qu'ils doivent se sacrifier au bonheur des futures générations !... Il ne semble pas que l'on puisse aller plus loin dans l'instinct satanique de Caïn et dans l'abaissement de l'humain !

 

« Instinct d'Abel » : recueillement qui donne la vue directe des choses par-delà les apparences. Du dehors au dedans. Vers le Centre. Toujours plus à fond. Lumière dans les profondeurs : vision de la hiérarchie de la création qui s'élève à travers ses paliers, du Multiple vers l'Un, de l'instinct d'agression à l'instinct d'amour ! Du Malheur au Bonheur !

 

L'instinct d'Abel pressent que l'univers est comme un iceberg : ce que l'on y voit est peu de chose à côté de ce qui est caché dessous ; alors Abel plonge dans les haut fonds invisibles...

 

Cet instinct ne peut pas ne pas être quelque peu haletant vers l'Essentiel ; mauvais signe, en vérité, s'il s'attarde trop aux apparences. Mais je ne dissimule pas mon enthousiasme pour l'ins­tinct d'amour qui n'est pas de ce monde et qui se manifeste si peu en ce monde...

 

Insistons un instant sur quelques trait de l'ins­tinct d'Amour. Passage du moi au toi pour aboutir au « nous ». Forme trinaire de l'amour. Miracle du point de vue de la chair. Car la chair est exclu­sive et impénétrable.

 

Miracle spirituel par lequel l'instinct d'agres­sion qui asservit se change en instinct d'amour qui sert.

 

Pour que cette transformation s'accomplisse dans sa plénitude, il faut que le palier le plus élevé de la nature humaine soit actualisé, ce qui suppose la réalisation de l'essence dans son ordre naturel : le moi, avec son action amoureuse dominant les autres paliers... Par conséquent, pour exercer une action amoureuse, le sujet doit être d'abord lui-même, en possession pleine et entière de son âme : on ne peut donner que ce que l'on a : « La plus belle fille du monde »...

 

Dans l'action amoureuse le sujet garde vis-à-vis de l'objet une attitude semblable à celle qu'il a envers lui-même : « Aime ton prochain comme toi-même »...

 

Ce don de soi est l'unique et véritable source de la joie : il n'y en a point d'autre.

 

S'oublier c'est se mettre à la place d'autrui, et ce déplacement, non seulement ne ruine pas le moi, mais il le dilate ; déplacement qui est pour lui, la vie, l'expansion de son être, et donc la joie... Quand on est l'autre on ne cesse pas d'être soi, bien au contraire, on l'est plus que jamais !

 

Divin épanouissement ! Si l'on ne t'avait pas oublié, la ferveur joyeuse n'aurait pas quitté ce monde !

 

Par l'instinct d'amour, l'âme se démure et pénètre enfin dans son royaume. Les sentiments altruistes : sympathie, amitié, enthousiasme, adoration... font rayonner l'âme comme un soleil. Ils sauvent l'âme en allant au delà des sentiments inspirés par la chair. Elle n'étouffe plus dans les limites de la chair ! Elle retrouve l'infinie étendue de son royaume spirituel...

 

L'instinct d'amour va, dans l'allégresse, jus­qu'au sacrifice même de la vie. Il sauve cette autre vie qui est en nous et ne meurt pas avec la chair : il l'affirme vigoureusement : l'instinct d'amour est un instinct de survie.

 

Par contre, les sentiments que l'on appelle égoïstes, ce sont eux qui tuent l'Ego et, avec lui, l'âme est entraînée dans la mort. Ils répon­dent à l'instinct d'agression de la chair, c'est-à-dire à la partie périssable de l'humain. Et ils tuent l'humain !

 

Et voici une question qui n'est pas sans importance. L'instinct d'amour a besoin, pour passer de la puissance à l'acte, d'une instruction et d'une éducation appropriée. Sans cela, il est facilement refoulé par les autres instincts de la nature humaine. Sans un milieu qui respecte l'humain, avec sa hiérarchie naturelle, la bête qui est en nous avec son instinct d'agression, envahira l'âme entière. Or, les personnes qui sont chargées, à notre époque, de l'instruction et de l'éducation ne sont, malheureusement, qu'as­sez rarement des personnes authentiques, c'est-à-dire des êtres normalement constitués, dont l'existence est un reflet fidèle de l'essence. Il se peut que l'âme de l'enfant soit de ce fait défor­mée, cela d'autant plus que le milieu où elle se développe, en plus de ses éducateurs, est propice à cette déformation. Un enfant dans de telles con­ditions n'aura pas un vrai moi, bien à lui, un moi spirituel avec son instinct d'amour, mais un moi charnel avec son instinct d'agression. Il ne sera pas un homme mais un sous-homme, un petit animal au masque humain... On le rencontre un peu partout, ce chérubin...

 

Un homme qui vit à l'intérieur d'institutions saines épanouit la meilleure part de lui-même et connaît la joie de cet épanouissement ; alors que cette part étouffée par de malsaines institu­tions lui donnera, plus ou moins tard, le mal de vivre. Je m'excuse de revenir sur cette question, mais il est, hélas, nécessaire d'y insister.

 

Des institutions qui ignorent la triple nature humaine, et la suprématie de l'instinct d'amour, aboutiront nécessairement à la ruine de l'hu­main. Elles le feront retourner au règne de la Bête, à la suprématie de l'instinct d'agression, à la basse époque où nous vivons...

 

Le règne de cet instinct — sous sa forme théo­rique et sa forme pratique — est imposé aujour­d'hui par la Harpie Rouge. Il ne pourra prendre fin que si le monde redevenait chrétien, que s'il remontait la pente pour retrouver l'Instinct d'Amour : le seul qui déclenche le signal de l'as­cension : la véritable joie de vivre, le bonheur !

 

On peut même prédire que sans cet Instinct qui unit, le corps du monde va bientôt éclater ; la bombe atomique n'étant que l'expression de l'instinct qui désunit. Aujourd'hui tout est désin­tégré et cela a commencé il y a deux cents ans, par le dedans...

 

L'humanité se trouve placée aujourd'hui entre le suicide et l'adoration : elle doit choisir !

 

Le combat qui se livre entre l'instinct d'agres­sion et l'instinct d'amour n'étant plus à l'échelle humaine nous aurions tort de compter sur nos seules forces. Nous ne pouvons combattre l'Ins­tinct satanique qu'en nous remettant à l'Amour divin en personne. C'est lui qui nous donnera de vaincre, c'est lui qui nous fera saisir la nature surnaturelle de notre propre amour et qui en préservera, en notre cœur fragile, sa vacillante flamme.

 

L'Instinct d'Amour se manifesta en 1917 à Fatima alors que l'instinct d'agression venait de déchaîner la première guerre d'extermination totale, alors que germait une nouvelle Révolution qui répandra à travers la planète les mœurs de l'athéisme. Manifestation de portée mondiale au moment où ce qui restait encore de l'instinct d'amour dans le monde subira le plus formidable des assauts, première tentative organisée de laïcisme universel : la contre-Eglise, avec son ins­tinct de haine, de rage et de malice va se ruer pendant quarante ans contre l'Église ! Aujour­d'hui elle a consacré, institutionnalisé l'Agression à la mesure de l'univers !

 

Dans ce deuil de l'Amour, au milieu des décombres amoncelés par la Haine, élevons les yeux vers l'unique salut, vers le plus grand amour humain qui a répondu à l'Amour divin... Et tu répondras au nôtre, ô Marie !

 

Tu écrasas la tête du Malheur, ô Mère qui enfantas le Bonheur sur terre... Tu l'enfanteras encore en nos âmes en nous donnant l'avant-goût des célestes Béatitudes !

 

A SUIVRE

 

Extrait de : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR   Œuvre de Paul Scortesco  (1960)

 

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 21:04

 

QUATRIÈME PARTIE

CONDITIONS DU BONHEUR HUMAIN

CHAPITRE I

L'INSTINCT D'AGRESSION ET L'INSTINCT D'AMOUR

L'instinct d'agression est de ce monde. L'ins­tinct d'amour ne l'est point (On est prié de ne pas le confondre avec l'instinct de conservation de l'espèce, l'amour sexuel qui, par tant de ses formes, est plus proche de l'instinct d'agression que du véritable amour. Il faut donc distinguer l'amour qui prend de l'amour qui donne).

 

Le premier est à la base de la nature humaine, le second, à son sommet. Le premier engendre tous les malheurs ; le second, la joie de vivre et le bonheur.

 

L'instinct d'agression fait régner la loi du plus fort. Il engendre l'entre dévorement effréné d'une nature déchue.

 

Les vivants luttent de toutes leurs forces pour se conserver et se propager. Mais dans quel milieu luttent-ils ?  Ils luttent dans un monde où une chose ne peut pas être possédée par deux êtres à la fois ; où la matière d'un corps ne peut être celle d'un autre ; où, si un corps occupe un lieu, un autre ne peut pas l'occuper en même temps. Monde de séparation né de la volonté du premier Ange en révolte. Matière morcelée en corps séparés... Ce sont les lois de ce milieu qui engendre la férocité du monde animal. Espace vital ! Pour chacun ! Loi de la jungle ! (En une certaine mesure cela est normal : il existe une répulsion intime de tout être vivant contre ce qui n'est pas lui et ne dérive pas de lui.).

 

On pourrait déjà reconnaître, sans trop de difficulté, l'esprit qui domine en notre « civili­sation ». Mais ce n'est pas suffisant. Il faut cons­tater aussi que l'instinct d'agression a pris des proportions grandioses... Sur le plan de la chair, en un monde déchu, il est normal. Mais aujour­d'hui, il a quitté son plan qui se trouve, comme nous l'avons remarqué, à la base de la nature humaine : il s'est hissé peu à peu jusqu'à son sommet. Il règne en maître sur les intelli­gences !

 

L'instinct agressif s'exprime ainsi : « La lutte des contraires est issue des contradictions exis­tant dans l'essence même des choses »... Ce cha­rabia marxiste justifie simplement l'esprit d'agression ; c'est-à-dire, ce qui reste de l'homme quand on refoule son principe surnaturel, l'ins­tinct d'amour. Ce charabia couvre le péché d'ori­gine et les tendances combatives de la nature humaine. Et alors l'instinct d'amour ne peut plus féconder une nature envenimée, — même si elle est auréolée du beau titre de « lutte des classes collant au sens de l'histoire » ! Et alors com­mence la décadence d'une civilisation, la mort d'un monde dont l'instinct d'agression désagrège les forces de cohésion, en refoulant l'instinct d'amour.

 

L'instinct d'agression n'est-il pas le fondement de la « SCIENCE » actuelle ? Sont-ils nombreux les esprits « scientifiques » qui ne s'inclinent pas devant les théories évolutionnistes actuelles ? Or, ne sont-elles pas fondées sur le « struggle for life », la lutte des espèces, la « sélection natu­relle » ?

 

Là aussi on est victime des apparences, des phénomènes de surface de la vie. (Nous avons vu, dans le chapitre précédent, les ravages que provoque un phénomène analogue : l'estima­tion des hommes selon les apparences. En science c'est le même esprit : il s'arrête à la surface des choses.)

En effet, le « struggle for life », c'est la soumission de la vie au milieu où elle est plongée. Or, la vie est un courant de paix qui se répand, non en surface, mais en profondeur, courant destiner à relier et pacifier les forces élémentaires à l'intérieur des corps qu'elle forge. En elle-même, la vie est toute harmonie. Depuis que l'on connaît son œu­vre miraculeuse d'unification et de régulation, la vie ne devrait plus se définir par son jeu externe, le « struggle for life ».

 

Dans le moindre corps vivant, tant qu'il dure, la lutte disparaît, les chocs sont réduits au minimum. C'est pourquoi à l'état normal du corps, aucun signalement d'un con­flit ne nous parvient. La santé : sainteté de l'or­dre corporel ; unité qui règne en maîtresse. Les corps, tant qu'ils vivent, sont des îlots où règne la paix, des atterrissements de l'Amour gagnés sur le chaos des forces matérielles. Car la ma­tière est principe de division sans fin...

 

Mais les corps vivants ne figurent dans l'espace qu'une étape de l'« INSTINCT D'AMOUR ». As­pects visibles et tangibles de Son œuvre, une des phases de la lutte que l'Amour, cette force qui unit — « Instincto Divino » — mène contre les forces incohérentes de l'univers.

 

Jusqu'à l'homme, il n'a agi que dans les for­mes internes de la nature, et non entre ces for­mes où, en effet, règne la loi de la jungle. Avec l'homme, l'instinct d'amour commence à agir entre les individus — même en dehors de l'ap­pel sexuel ! (En réalité, l'appel sexuel n'appartient pas à l'indi­vidu mais à l'espèce : il s'y soumet aveuglément.). L'instinct d'amour devient cons­cient et personnel. L'homme intègre ainsi les deux instincts (d'agression et d'amour). Il se détache donc complètement de la nature.

 

En conséquence, pour que l'humanité gran­disse en s'organisant, les individus doivent se rapprocher, non pas sous l'action d'une con­trainte, mais par attrait interne, par sympathie.

 

Il faut donc que les hommes soient baignés par un nouveau « SANG », rappelant le sang qui unit les éléments du même corps. Sang d'Amour. Sang du Christ. C'est lui qui forme le corps de la nou­velle espèce : « CORPS MYSTIQUE ».

 

En avons-nous pris le chemin ?

 

Les hommes d'aujourd'hui qui ne se sentent plus organiquement liés entre eux, de sang à sang, sont mûrs pour tous les totalitarismes, c'est-à-dire pour le bagne. Au Maître divin se substitue le maître selon la terre. La marche vers l'unité sans le Christ fait naître le Césarisme. L'athéisme engendre la coercition. Et c'est le règne de l'instinct d'agression.

 

Jésus dit : « Mangez mon Corps et mon Sang et vous aurez la vie éternelle ». Instinct d'Amour.

 

Satan dit : « Mangez-vous les uns les autres ». Et c'est l'horreur d'un monde mené par l'Instinct d'Agression !...

 

                                                                ***

 

L'action des hommes peut s'effectuer de deux manières. Le sujet identifie l'objet à lui-même ou, inversement, le sujet s'identifie à l'objet.

Dans le premier cas le sujet s'empare de l'ob­jet pour le dominer. Il voit en lui une chose à asservir, ou même à détruire à son avantage. L'objet est atteint dans son indépendance, voire dans son existence. Par conséquent, dans cette sorte d'action, l'individu poursuit la satisfaction de ses propres intérêts ; il y satisfait ses besoins, ses appétits... (Consulter le livre du Dr A. Stocker : « De la Psychanalyse à la Psgchosynthèse », où il a traité magis­tralement cette question.)

 

C'est bien le cas de l'homme occidental pour lequel le monde est un réservoir où il n'a qu'à puiser des jouissances, des distractions, des amusements, des divertissements... ( Et tous les moyens sont bons pour y arriver : « A New-York toutes les heures, un homme est assassiné, sept jeunes filles sont violées, quatre-vingt-douze appar­tements sont cambriolés, quatre trafiquants de drogues sont arrêtés et quarante voitures sont volées » (Paris Presse, 17 nov. 1959). Voilà l'instinct d'agression en toute sa splendeur !)  Il veut tout prendre sans rien donner.

 

L'insensé ne voit pas qu'en ne donnant rien au monde, il supprime le monde. Il ne voit pas qu'en refusant le don au monde, il supprime la terre même sous ses pieds, cette terre d'où aurait pu jaillir la fleur du bonheur... Car pour l'âme, ce qu'elle donne l'enrichit plus que ce qu'elle reçoit. Et c'est en donnant qu'elle confère une réalité à l'objet aimé.

 

On ne sait plus que le signal du bonheur ne peut s'allumer que dans une âme dilatée par le don d'elle-même. On ne sait plus qu'il s'éteint en une âme qui attend tout du dehors, qui veut ravir sans offrir : elle ne s'y enrichit pas ; elle se vide d'elle-même !

 

L'action qui identifie l'objet au sujet, l'action qui dévore, est commune à l'homme et à l'ani­mal, — avec une différence : chez l'homme, intervient, dans son action possessive et agres­sive, son second palier : la connaissance.

 

Alors il mettra la connaissance au service de ses inté­rêts et il inventera la Technique. Et en vérité, cette Technique, en grande partie guerrière, déve­loppera son action possessive et agressive pour la conquête de la terre, en se déployant même aujourd'hui au delà de la Terre !

 

A SUIVRE

 

Extrait de : TU ES NÉ POUR LE BONHEUR   Œuvre de Paul Scortesco  (1960)

 

Elogofioupiou.over-blog.com

 

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