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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 02:55

                     

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

Mgr Montini ne trouva-t-il donc que des roses sur son chemin à la Secrétairerie d'État ? La question se pose spon­tanément après tout ce que nous avons vu. Tant de louanges et de reconnaissance le laisseraient croire. Nous pensons pourtant qu'il n'en a pas été ainsi.

 

Ce que Mgr Montini doit avoir souffert à la Secrétairerie d'État est une page secrète que nous ne nous sentons pas en état de révéler, mais des témoignages sélectionnés et dignes de foi, peuvent nous en confirmer certains aspects. Il serait, en effet, ingénu de penser que, dans ces milieux, où évoluent des hommes, comme partout, et où se traitent des problèmes si graves et si délicats, n'apparaît pas de temps en temps quelque incompréhension.

 

Choses de ce monde; et le mystère de l'Église réside juste­ment en ce que sa réalité divine et immanente est administrée par des hommes faillibles.

 

La sensibilité innée de l'esprit et du cœur a été approfondie chez Mgr Montini (et cela est peu connu) par deux attaques d'une maladie dont la nature clinique a le pouvoir d'aigrir un esprit humain ou de le raffiner dans sa sensibilité. Il se trouvait désarmé et sans défense devant ces escarmouches de corridor, et sa réaction était de se réfugier dans son silence, sa réserve et sa profonde spiritualité intérieure.

 

Nous étonnerons sans doute en disant que des personnes très proches de lui l'ont vu pleurer en certains moments d'intime et humain abandon auquel les hommes les plus forts  peuvent parfois succomber.

 

Quoi qu'il en soit, Pie XII affirma solennellement, au consistoire secret de 1953, peu de temps après avoir élu Mon­tini et Tardini Pro Secrétaires d'État : «... Il y a autre chose que nous ne pouvons passer sous silence : notre intention était d'insérer dans votre Sacré Collège, les deux prélats d'élite qui président, chacun dans sa propre section, aux des­tinées de la Secrétairerie d'État; leurs noms étaient les pre­miers inscrits sur la liste des cardinaux à élire, déjà préparée par nos soins. Toutefois, ces prélats, donnant une insigne preuve de vertu, nous ont demandé avec tant d'insistance de les dispenser d'une si haute dignité, que nous avons cru opportun d'accueillir leurs suppliques répétées et leurs vœux. Ce faisant, nous avons néanmoins voulu, de quelque façon, récompenser leurs vertus et nous leur avons concédé, comme vous le savez, un titre supérieur qui atteste mieux et plus plei­nement le champ de leur activité. »

 

La tranquillité intérieure et extérieure de Mgr Montini, ne subit donc aucune fêlure, et, bien qu'étant déjà une très haute personnalité — et pas seulement à Rome — il mani­feste comme toujours sa proverbiale modestie en mille épi­sodes quotidiens.

 

Un jour qu'il attendait, sous la marquise de la gare Termini, une haute personnalité étrangère, une petite vieille, sur­chargée de paquets et de deux valises de carton attachées tant bien que mal avec une ficelle, le prit pour un prêtre quelconque.

 

« Vous m'donnez un coup d'main pour charger tout ça, Révérend ? » lui demanda-t-elle.

 

Et Mgr Montini, sans se troubler le moins du monde, mais avec son léger sourire incertain et empressé, lui prit des mains valises et fagots et les lui hissa sur le tramway, sous les yeux stupéfaits de deux ou trois prélats. Puis il aida la petite vieille à grimper et quand, du haut du marche pied, elle ne sut exprimer sa reconnaissance qu'en se penchant  pour lui tracer une croix sur le front avec une bénédiction, il ne se départit pas de son habituel sourire.

 

Toute cette expérience à la Curie Romaine aura une heureuse issue. Devenu pape, Montini, dans un très clair et pressant discours planificateur sur « La Curie Romaine et le Concile », prononcé le 21 septembre 1963, rappellera les longues années pendant lesquelles il fit partie du gouver­nement central de l'Église et annoncera, comme l'écrivit Il Quotidiano de Rome (22 septembre 1963) « l'un des projets qui lui étaient chers depuis longtemps : la réforme de la Curie Romaine. Le pape Montini a passé une longue période de sa vie au sein du gouvernement central de l'Église et cette expérience s'est traduite en un texte plein de nouveautés et de perspectives. La décision la plus importante consiste à associer les évêques au pape « dans l'étude et la responsa­bilité du gouvernement ecclésiastique » pour une collabo­ration directe encore plus organique et une vision immé­diate des problèmes de l'Église dans tous les coins du monde. Avec cet appel, dont Paul VI a rendu compte au Concile, est résolu de la façon la plus harmonieuse et permanente, le problème des rapports entre Pontife romain et Épiscopat universel, problème que le Concile débattra dès les pre­mières répliques de la seconde session, quand il devra affron­ter le schéma De Ecclesia. A cette perspective, qui se traduit sur le plan pratique par une sorte de Concile permanent cons­titué par un corps consultatif d'évêques de trente cinq régions du monde, le Pape a joint la décision d'internationa­liser la Curie Romaine, de la simplifier pour la rendre apte à de nouvelles fondions et de lui donner une préparation œcuménique afin d'en faire « une vraie communauté de foi et de charité étroitement unie au Pape ». Enfin, il a annoncé que toute possibilité de frottement entre centre et périphérie serait surmontée puisque la curie doit être un organe « plein de respect et de sollicitude envers ces prélats que l'Esprit-Saint a chargés, en tant qu'évêques, de gouverner l'Église de Dieu.

 

« Nous avons désiré cette rencontre au début de notre Ministère apostolique, dira Paul VI, d'abord pour rendre présent à tous et de façon explicite et collective notre cordial et respectueux salut. Nous avons nous-même, pendant de longues années, eu l'honneur de prêter notre humble concours à la Curie Romaine; nous avons eu dans les rangs qui la composent de très dignes maîtres et supérieurs, d'excellents collègues et collaborateurs, d'inoubliables amis; nous avons partagé les peines, les responsabilités, les études, les  expériences, les joies et les douleurs de ce complexe et singulier organisme; nous avons suivi pendant plus de trente ans le déroulement de sa vie, d'un poste d'observation privilégié, la Secrétairerie d'État, l'excellent, le fidèle organe qui assiste le pape dans son activité personnelle; et nous avons pu ainsi mieux apprécier la savante composition de la Curie Romaine, dérivée d'une tradition cohérente et flexible; nous avons écouté les avis relatifs à ses besoins nouveaux; nous avons recueilli aussi les critiques qui lui sont adressées et nous en avons fait souvent un sujet de réflexion sincère; nous avons enfin connu et apprécié l'efficacité des services que la Curie Romaine rend au Pape et à l'Église. »

 

Un jour de l'automne 1954, le téléphone sonna et Montini accourut car le son caractéristique de la sonnerie indiquait que l'appel était de Pie XII. La conversation fut inhabituel­lement longue, elle dura peut-être plus d'une heure. Quand elle prit fin, le pro secrétaire reparut avec un air absorbé et sévère. Une chose de ce genre n'était jamais arrivée : quelques heures plus tôt était mort le cardinal Schuster, archevêque de Milan, et Pie XII venait d'exprimer pour la première fois à Montini son intention de lui confier la succession du diocèse milanais. Montini s'en montra troublé mais seulement parce qu'il pensait aux graves responsabilités qui lui tombaient sur les épaules.

 

La nomination fit grand bruit; on en parla beaucoup et on l’interpréta de différentes manières; quelques-uns même avec malveillance. La question était : mise à la retraite ou promotion ?

 

Le 12 décembre suivant, le cardinal Tisserant, doyen du lucre Collège, le sacra évêque dans la basilique vaticane. Pape aurait voulu procéder lui-même au sacre de son plus intime et fidèle collaborateur, mais il sortait à peine d’une grave maladie.

 

Le Saint-Père voulut pourtant participer à la cérémonie, face à la radio. On l'entendit sur les ondes dire que, cette consécration lui était réservée, en raison de toute son affection pour le consacré, mais que la divine Providence ne lui avait pas permis de l'accomplir. Le vœu de Pie XII était que le nouvel archevêque de Milan « qui a la connaissance de fait et l'amour sans limites de l'Église, puisse donner au troupeau la forme toujours antique et toujours nouvelle que le Pasteur des pasteurs, et toutes les âmes avec lui, attendent de son action et de sa vie ».

 

Et, quelques semaines plus tard, après avoir surmonté la première attaque violente de la maladie qui devait l'emporter, Pacelli appela à son chevet le nouvel archevêque de Milan, l'embrassa et lui fit don d'une précieuse croix pectorale, répondant ainsi à la question que nous avons rapportée plus haut.

 

Ce fut le dernier souvenir que Mgr Montini emporta de Rome.

 

A SUIVRE

 

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 03:28

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

 

Parmi les mille charges de la Secrétairerie d'État, Mgr Mon­tini devait suivre l'organe officiel du Saint-Siège.

 

Le P. jésuite Persico du collège Arici de Brescia nous apprenait que Montini serait devenu un grand journaliste s'il n'avait suivi une autre route. Voici un article du « jour­naliste » Montini que le Cardinal de Milan écrivit en 1961 en digne fils de son père, pour l'Osservatore Romano qui célé­brait en un numéro unique le centenaire de sa fondation.

 

Un article qui éclaire bien des points tant sur le journal du Vatican que sur son auteur et sur la clarté de ses idées.

 

« Chacun sait qu'un journal est toujours difficile à faire; l'Osservatore Romano l'est tout particulièrement ; mais rares sont ceux qui s'en rendent compte. Je me rappelle qu'au temps où je prêtais service à la Secrétairerie d'État, dont le journal du Vatican dépend dans une certaine mesure, il m'arrivait souvent de recueillir des critiques à son propos. Or, ce n'était pas les critiques que tout lecteur se permet à l'encontre de son journal habituel (car si la liberté de la presse est un fait, celle de critiquer la presse existe aussi, à un degré supérieur et jamais contesté). C'était des critiques qui concernaient la disproportion entre le domaine immense que le journal aurait dû refléter, celui du monde catholique, et la relative exiguïté de ses nouvelles. Pour être tout à fait exact, il faut ajouter qu'elles allaient jusqu'à mettre en doute son aptitude même à donner à ce monde une voix et du relief.

 

Et ne parlons pas de celles qui concernaient l'étroitesse de son rayon de diffusion!

 

Manque de moyens, pensais-je; et cela était, car contrai­rement a ce que croient habituellement les gens, Romains compris, le Vatican, depuis la bourrasque napoléonienne, a toujours été très limité dans ses moyens; on peut même dire que de 1870 à la Conciliation, il a été pauvre. Et qui vit d'obole, même de celle de Saint-Pierre, ne peut se permettre de faire du luxe. Sous cet aspect, le Vatican, digne noble ruiné, vit d'économie et porte son manteau royal, un peu usé, sur une honorable indigence.

 

Mais ce n'était pas là la vraie difficulté dont souffrait l'Osservatore Romano car, en fin de compte, il trouvait des moyens suffisants, sinon larges : rédacteurs, correspondants, matériel technique... peu de choses en comparaison de ce dont disposent les grands journaux, mais de bonne qualité, et même excellente sous certains rapports (il suffit de consi­dérer les personnes qui composaient la rédaction et celles, dont le comte dalla Torre, qui l'entouraient). La difficulté, ou plutôt les difficultés, étaient moins apparentes mais plus réelles dans d'autres domaines. Comparez par exemple les sujets auxquels la presse consacre ordinairement des pages et des pages et ceux auxquels ce journal offre sa noble voix.

 

 On notera dès l'abord que l'Osservatore Romano ne parle pas ex professo de théâtre, de sport, de finance, de modes, de pro­cès, de bandes dessinées, de mots croisés... ou de tout ce qui semble attirer, sinon intéresser ce qu'on appelle le grand public. Quant à la publicité, comme elle est justement châ­tiée! Et puis regardez les nouvelles, leurs titres comme leur texte, si tranquilles, si propres, si dignes, incapables de com­muniquer le moindre frisson, le moindre sursaut au lecteur comme si on voulait le former à une calme et bonne éduca­tion mentale. Journal sérieux, journal grave, qui donc le lirait dans le tramway ou au bar, qui donc ferait cercle autour ?

 

Ce n'est pas qu'une feuille d'une si grande importance manque de titres sur sept colonnes et de pages à la compo­sition impressionnante; mais l'œil, avide de découvrir ce qui a bien pu éclater dans le monde, se fait tout de suite scruta­teur, puis se retire sans rien laisser apparaître de sa secrète désillusion : la page, la grande page est en latin! Bien; nous le connaissons tous le latin; mais nous le lirons mieux ce soir, ou demain; comprenez-moi, c'est du bon latin, il faut le prendre au sérieux!

 

Et même quand la page aux grands titres n'est pas en latin, on ne peut toujours pas dire qu'elle soit d'une lecture agréable. Édifiante, oui : mais ce n'est pas faire tort au véné­rable journal que de dire qu'il ne peut servir de passe-temps comme tant d'autres, dispensateurs de repos et d'évasion. Et nous ne disons rien de l'habituelle chronique des événementiels vaticanes, éclatante bien sûr, et qui nous procure le plaisir d'un incomparable spectacle aulique, mais que nous avons un peu l'impression de connaître déjà, toujours égal à lui-même.

 

Cet Osservatore Romano, si important, si soigné, si aimé, comment pourrait-on en faire le « Grand Journal » qu'il a le droit d'être et que nous avons le devoir de publier ? Cette expérience attristée m'instruisit sur un autre chapitre de dif­ficultés auxquelles la feuille vaticane ne peut se soustraire et qui sont toutes à son honneur; elle est un « journal d'idées », et non pas comme tant d’autre un simple organe d'information; elle veut être, avant tout, je crois, formatrice. Elle ne veut pas seulement donner des nouvelles; elle veut créer des idées. Il ne lui suffit pas de rapporter les faits tels qu'ils adviennent, elle veut les commenter pour montrer ce qu'ils auraient dû être. Elle ne s'entretient pas seulement avec ses lecteurs; elle s'adresse au monde : elle commente, elle discute, elle fait de la polémique; et, si cet aspect peut éveiller l'intérêt du lecteur, il exige énormément de celui qui écrit. Il ne suffit pas au rédacteur d'utiliser téléphone, télé­scripteurs, communiqués, agences, ciseaux et colle; il doit aussi juger, évaluer, tirer son message de son expérience et plus encore de sa conscience : un message personnel, vivant, neuf, original. Et surtout vrai, surtout valable. Ici le journa­liste est interprète, guide, maître; il est quelquefois poète et prophète. Art difficile. Sublime, oui; mais difficile. Il faut l'essayer pour y croire. Tout vrai journaliste le connaît, mais à l’ Osservatore Romano cet art est plus que jamais délicat et exigeant.

 

Les ressources subjectives, de celui qui a de l'esprit, sait improviser et donner aux mots l'heureuse étincelle de son intuition et de son humeur, ne suffisent plus; ici, il faut aussi un respect doctrinal, large et solennel, celui de la mentalité catholique, toujours présente, toujours « engageante ». Bien plus, cette objectivité, ce continuel témoignage au pano­rama de vérité morale et religieuse dans lequel chaque chose doit être cadrée, demandent au rédacteur une conviction, un amour, un enthousiasme, personnels et vivaces, toujours vigilants, toujours à l'œuvre. Et, comme si toutes ces diffi­cultés ne suffisaient pas, une autre considération vient encore les aggraver : ce journal n'est pas seulement un journal d'idées (et de quelles idées, près de Saint-Pierre !), c'est aussi un journal de milieu, du milieu Vatican. Il est imprimé au Vatican et cela lui vaut prestige et liberté; mais il est diffusé en Italie et à l'étranger et cela lui impose des limites et des précautions considérables. On l'imprime au Vatican, il est donc en partie officiel, mais en partie seulement : il est, d'une part, responsable comme un oracle de la hiérarchie, de l'autre, discutable comme l'expression de la pensée de celui qui y écrit de sa propre autorité.

 

La distinction est claire mais la réalité est délicate et complexe : L’étole sacrée s'étend sou­vent au-delà de ses limites officielles, ou tout au moins le croit-on, et des questions ou des doutes surgissent à chaque instant sur le poids à donner aux nouvelles et aux articles de l'illustre et vénérable quotidien.

 

C'est cette incertitude qui crée autour de l'Osservatore Romano un halo, de respect pour les uns, de méfiance pour les autres : elle recommande le journal aux experts, aux poli­tiques, aux savants, aux diplomates et aux dévots, elle en éloigne le lecteur ordinaire.

 

Difficultés graves et multiples donc, qui expliquent en grande partie les efforts que nécessitent la composition et la diffusion de ce très singulier journal. Mais à bien y regarder, ce sont justement ces difficultés qui lui confèrent tant de dignité, d'autorité et de force dans la fonction propre de la presse périodique.

 

J'en fis moi-même l'expérience pendant la dramatique période de la dernière guerre, quand la presse italienne était bâillonnée par une censure impitoyable. L'Osservatore Romano eut alors un rôle merveilleux, non qu'il se fût arrogé de nou­veaux et profitables devoirs, mais parce qu'il continua, impa­vide, son office d'informateur honnête et libre.

 

Ce fut comme lorsque toutes les lumières, sauf une, s'éteignent dans une pièce : tous les regards se dirigent vers celle qui est restée allumée. Par chance ce fut la lumière tranquille et flamboyante, la lumière apostolique du Vatican. L'0sservatore apparut alors tel qu'en substance il a toujours été : un phare orienteur.

 

Et l'on vit renaître la confiance dans le journal Vatican : sa foi, sa fonction, son réseau d'informateurs et de collabora­teurs, son autorité et sa liberté, son âge et son expérience même peuvent en faire un organe de presse de tout premier ordre.

 

Car les éléments que nous avons baptisés difficultés peuvent être, s'ils sont évalués avec sagacité et habilement utilisés, considérés comme des particularités et, de ce fait, constituer une très intéressante originalité du journal.

 

Nul autre en effet ne peut disposer d'un champ d'obser­vation, de sources et de thèmes d'information plus riches, plus vastes et plus variés; nul autre ne peut exercer avec un jugement plus autorisé, une fonction plus bienfaisante d'édu­cation à la vérité et à la charité. Ne l'appelle-t-on pas, à juste titre, « le journal du Pape » ?

 

Et c'est certainement cette relative primauté dans la mis­sion journalistique, malgré des moyens modestes, un langage et des rapports fraternels, qui oriente le programme d'un Osservatore Romano toujours jeune et rassemble autour de lui les vœux unanimes au moment du centenaire de sa fidèle et indomptable publication. »

 

Si cela n'est pas « l'article » par excellence, concis, aigu et clair, où pourra-t-on le trouver ?

 

Il est aussi révélateur de certains aspects mystérieux du monde du Vatican et de cette vie intense et toujours mesurée qui se déroule au-delà du portail de bronze.

 

La responsabilité d'un journal comme l'Osservatore Romano, qui, contrairement à tous les autres journaux du monde, ne porte le nom d'aucun directeur ou responsable mais seulement celui de la Typographie vaticane, n'était pas une mince charge pour le substitut de la Secrétairerie d'État...

 

Surtout en ces temps si durs de la guerre et de l'après-guerre, où l’Osservatore était resté, comme l'affirme Montini lui-même, la seule lumière libre et objective, qui brillât encore dans la tourmente.

 

A suivre

 

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 02:06

                       

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

 

C'est encore Wladimir d'Ormesson qui a découvert le secret de cet homme discret, méthodique, d'une capacité de travail déconcertante, d'une réserve tout apparente.

 

Chargé de transmettre à Mgr Montini, qui quittait Rome pour Milan, l'adieu de tout le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, il lui dit textuellement : « Ce que nous, diplomates, respectons et aimons le plus en vous, c'est que derrière le Ministre du Saint-Siège, nous avons tou­jours senti le prêtre. »

 

Le prêtre : toujours, partout, par-dessus tout et avant toute autre chose.

 

Du cadre de son activité à la F.U.C.I., ressort indubita­blement la figure d'un prêtre fidèle au plus haut point à une vocation vécue dans toute sa plénitude, avec générosité et sans limites. C'eSt la vocation qui le porte à animer les « courtes retraites » de la basilique Saint-Paul et à prêcher pendant des années chaque dimanche dans l'église de Saint Yves de la Sapienza; c'est la vocation qui le mène pour de longues heures au confessionnal de l'Église Neuve, qui le pousse à assister les familles les plus pauvres et abandonnées dans les baraques repoussantes de la Porte Metronia et à réorganiser les Conférences universitaires de Saint-Vincent (qui opèrent encore aujourd'hui à Primavalle).

 

Et c'est la même conception du service de l'Église et des âmes qu'il met dans son activité diplomatique, dans son œuvre à la Secrétairerie d'État pendant la guerre, et dans les organi­sations de conception moderne qu'il fonde, en accord avec les temps troublés de l'après-guerre : l'A.C.L.L, le C.I.F. ou, dans le domaine international, la Commission des Secours ou la W.E.R. de la N.C.W.C. américaine.

 

Prêtre toujours, partout et avant tout.

 

Sa vie privée même, si on peut parler de la vie privée d'un homme en contact avec tant de gens pendant 18-20 heures par jour, dans un bureau aussi centralisé que la Secrétairerie d'État, est un témoignage de sa fidélité au sacerdoce, avant toute autre chose.

 

Quelqu'un qui l'a connu de très près, nous assure que Montini a toujours célébré sa messe à six heures et demi du matin, restant ensuite longuement en prière et en méditation avant d'aller au bureau et d'y rester jusqu'à quatorze et même quinze heures, toujours serein, affable, maître de lui avec tous. Après un repas léger, toujours le même, il était de nouveau au travail à dix-sept heures et y restait jusqu'à deux heures du matin, surtout s'il avait à examiner des documents importants ou à écrire des lettres délicates.

 

Il vivait seul, assisté d'une gouvernante, comme un simple curé de campagne, mais sa maison se trouvait dans l'un des plus beaux et des plus célèbres palais du monde, dont l'anti­chambre est une loggia décorée de fresques de Raphaël. Il n'avait pas de temps à consacrer à ses amis. Et les rares personnes admises à rompre de temps en temps sa solitude étaient des personnalités marquantes comme le P. Bevilacqua ou le poète Ugo Piazza, dont nous avons rapporté un précieux témoignage.

 

Montini avait hérité de son père une confortable fortune, mais après avoir tout dépensé en bienfaisances et vendu jusqu'à sa voiture, il se vit contraint de demander un petit loyer à son neveu pour pouvoir l'accueillir.

 

Ces quelques exemples suffiront à faire comprendre ce qu'était dans le privé le pro secrétaire d'État, l'un des hommes les plus puissants du Vatican.

 

Si, pendant de nombreuses années, il a pu paraître froid et détaché (ce que pouvaient expliquer ses hautes fonctions), il suffisait de le connaître d'un peu plus près pour s'apercevoir qu'il avait une secrète humanité et le goût des choses simples et modestes.

 

Quand il célébrait la messe à Sainte-Anne, près de l'une des entrées secondaires du Vatican, ou dans une chapelle contiguë au siège de Osservatore Romano, il aimait, s'il en avait le temps, se mêler aux ouvriers et aux gens du peuple de Borgo Pio. Souvent, quand aucun travail urgent ne le retenait, il sortait seul, à pied, pour s'occuper de quelque affaire de moindre importance.

 

Sa compréhension et son besoin de communiquer avec les gens simples étaient immenses sous sa grande réserve natu­relle.

 

Un employé du Vatican, Victor Mariani, rencontra un jour Mgr Montini près du Largo Argentina, marchant à côté d'une vieille dame et portant une grosse valise avec une peine visible. Mariani s’approcha et lui demanda avec déférence s’il pouvait faire quelque chose pour lui. «Oui, répondit Montini, accompagnez Madame.»  Celle-ci raconta ensuite à Mariani que « le Monseigneur » s'était offert gentiment à lui donner un coup de main, en lui disant : « La valise est lourde, puis-je vous aider ? » La pauvre femme n'avait aucune idée de la personnalité de son interlocuteur.

 

Mais c'est encore dans sa compréhension et sa compassion pour ses confrères déchus qu'il montre le plus profondément son esprit sacerdotal.

 

Sa charité dans ces occasions peu connues, se réchauffait d'élans émouvants. Un 24 décembre, il s'achemina, seul, vers l'une des plus sordides ruelles romaines.

 

Le froid piquant n'avait aucune prise sur lui non plus que la bruyante allégresse des gens en route pour la Messe de Minuit, tant il était anxieux de porter son cadeau de Noël à un pauvre ami, prêtre défroqué, qui l'attendait dans une lugubre chambre, seul avec son épouvantable souffrance. Le distingué prélat frappa et entra. Ils parlèrent longuement les mains dans les mains, cœur à cœur. Ils avaient été amis et maintenant la crise de conscience de celui qui était tombé constituait le banc d'essai de la profondeur et de la sincérité de cette amitié. Et dans cette pièce sordide, au sein de ce drame de la conscience et de la misère, quand Mgr Montini s'en alla, le miracle de Noël avait fleuri.

 

Mgr Montini a toujours éprouvé cette compassion pour ses confrères déchus et surtout il les a toujours aidés et soulagés en résolvant, avec une délicatesse et un tact infinis, leurs scabreuses situations familiales et économiques. Avec la coopération réservée de personnes qui lui étaient parti­culièrement chères, il les dirigeait vers des endroits discrets et confortables où, loin de toute préoccupation, ils pouvaient méditer dans le calme et la sérénité pour retrouver petit à petit le chemin du retour à Dieu et à leur vocation.

 

La personne très proche de Paul VI qui nous a rapporté ce témoignage, nous a révélé un autre don particulier de Mgr Montini : sa compréhension profonde du cas de certains prêtres de grande valeur, qui n'ont pas réussi à accéder aux poètes de responsabilité et de prestige qu'ils auraient pourtant mérités.

 

Pie XII savait bien qui était Mgr Montini et depuis long­temps il en avait donné la preuve publique avec une lettre qu'il lui adressa en mai 1945 à l'occasion du vingt-cin­quième anniversaire de son ordination :

 

 « Nous savons que ceux qui apprécient vos vertus — et ils sont légion — s'ap­prêtent à fêter cette date et nous voulons les devancer, car nous connaissons de longue date, et mieux que quiconque, votre remarquable caractère, votre intelligence aiguë, votre diligence et votre piété. » Un présent, un calice, accompa­gnait la lettre. Ce jour-là, Mgr Montini célébra la messe dans l'Église Neuve, entouré d'innombrables amis, de toute la Curie Romaine et du corps diplomatique au complet.

 

Une anecdote de 1947 éclaire sa personnalité d'un jour inhabituel, mais très révélateur du style « montinien ».

 

Il fallait rédiger un article sur la charité de Pie XII, la proverbiale charité du Pape, et l'on avait confié ce soin à un jeune écrivain de l'Osservatore Romano. Il en tira un morceau de bravoure, plein de solennité et de sonneries de trompette, majestueux, pompeux et surtout très long.

 

Le substitut Montini fit remarquer que le Pape avait tou­jours aimé la concision et ajouta : « II y a beaucoup trop de barques de Pierre et de pêcheurs d'âmes là-dedans. Les gens ont besoin de quelque chose de plus solide, ils veulent com­prendre et voir clair, sans se donner trop de mal. » Il pria le jeune homme de s'asseoir et lui dicta l'article qui n'occupa qu'une demi-colonne du journal et dans lequel il n'y avait rien d'aulique. Mgr Montini se serait justifié en disant que cet article était « immodérément pompeux » : un jugement sévère mais sincère.

A SUIVRE

 

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 02:12

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

Que nos lecteurs veuillent bien excuser ce long rappel historique : il était indispensable pour comprendre et « cadrer » l'œuvre de Mgr Montini à la Secrétairerie d'État, auprès des deux grands papes que furent Pie XI et Pie XII. L'Osservatore Romano n'a-t-il pas écrit que « cette œuvre du substitut puis pro secrétaire d'État Montini ne peut être dissociée de celle des pontifes dont il fut l'intime collabo­rateur, dans une période historique, travaillée par les évé­nements de la guerre et par ses terribles conséquences sur l'humanité tout entière » ?

 

La guerre, en effet mit en lumière les grandes qualités de Mgr Montini, en faisant du Vatican le lieu de rencontre des puissances adverses et en donnant au substitut l'occasion de montrer toute son habileté diplomatique, sa grande pru­dence, sa charité et son esprit d'abnégation. Il reçut la dif­ficile mission d'entretenir et de développer les relations diplo­matiques avec les états, belligérants ou non, les organisa­tions de la Croix Rouge et autres organismes internationaux ou directement, avec les gouvernants et les militaires. Cer­taines situations ne laissèrent pas d'être aussi embarrassantes qu'humoristiques pour Mgr Montini : il se trouva un jour assis entre les ambassadeurs d'Allemagne et d'Angleterre et, pendant toute la durée de la rencontre, évita d'adresser la parole à l'un ou à l'autre pour ne pas donner l'impression que le Saint-Siège favorisait une puissance plutôt que l'autre.

 

Le P. Bevilacqua dit très justement en parlant de cette époque que « le Vatican devenant par la volonté de Pie XII le cœur battant de l'humanité crucifiée, Mgr Montini fut le principal artisan de cette magnifique transformation ».

 

Si nous devions parler plus longuement de ce « cœur battant », il nous faudrait écrire un autre livre et peut-être ne serait-ce pas encore suffisant!

 

Rappelons simplement que Mgr Montini fut le réalisateur de cette légendaire « charité du Pape » qui a sauvé Rome et mille autres villes italiennes de la faim et de la destruction. Le mot d'ordre, donné par Pie XII, et qu'il exécuta scrupu­leusement en fondant la Commission Pontificale d'Assistance était « la charité jusqu'au bout ».

 

Le Saint-Père donna d'abord, personnellement, l'ordre de mettre le Cercle Saint-Pierre en état de satisfaire aux premiers besoins des sinistrés des zones dévastées par la guerre qui affluaient à Rome en troupes interminables et apeurées. L'institution mobilisa et agrandit ses cuisines, les fameux « réfectoires du Pape » et, assistée de différentes congréga­tions religieuses, organisa la distribution de soupes chaudes et de vivres dans toute la ville, privée de gaz, d'électricité, de combustibles et de provisions alimentaires.

 

Puis naquit la Commission pour les Secours, qui étendit au monde entier sans exclusion la charité du Pape. Et si l'on considère l'immensité de la tâche à accomplir, on peut aisé­ment imaginer la somme de travail, d'efforts, de tact et de moyens qui fut nécessaire pour en garantir le fonctionnement normal et l'efficacité.

 

Ce fut ensuite la création de l'O.N.A.R.M.O. qui géra des cantines d'urgence, organisa des abris et des centres de secours, distribua des couvertures et vêtements, et, fut par­tout présent pour soulager les victimes des bombardements.

 

Enfin la Secrétairerie d'État organisa l'Office d'Informations, dont nous avons déjà parlé, sous la dépendance directe du substitut. Deux personnes en furent d'abord chargées : elles étaient 885 à la fin de la guerre, sans parler des organes auxiliaires représentés surtout par des Congrégations de religieuses, les militantes de l'Action Catholique dont

ineffaçables si Rome aussi... devait, pour des motifs de consi­dérations ou de difficultés militaires,... tomber victime de la furie dévastatrice de la guerre. »

 

Entre les deux discours, le quartier populaire de San Lorenzo avait été bombardé le 19 juillet 1943, et, la basilique de Saint-Laurent, l'un des temples les plus vénérables, avait été détruite. Il fut le premier à accourir pour réconforter de son auguste et paternelle présence les blessés et les familles sans abri, et réciter le De profundis, agenouillé par terre, pour les victimes restées sous les décombres fumants. Son vêtement immaculé fut taché de sang et l'on vit son substitut, Mgr Montini, qui l'accompagnait, retenir ses larmes à grand-peine devant l'horrible spectacle.

 

Après les terribles années de guerre, vinrent celles, non moins pénibles et difficiles, de l'après-guerre, de la recons­truction et de la recherche d'une paix juste et honorable.

 

Là aussi Mgr Montini fut aux côtés de Pie XII, se donnant pleinement comme toujours à toutes ces initiatives qui sont aujourd'hui célèbres et florissantes.

 

Toujours attentif à suivre les courants de la pensée sociale catholique, il faisait naître l'Association Catholique des Travailleurs Italiens, pour ramener à l'Église d'une façon vivante, pratique et concrète, ce monde du travail à qui la prédication ne suffisait plus et pour qui il ressentait une attraction particulière; il créa en même temps le Groupement des Femmes Catholiques Italiennes, pour donner à la femme italienne et chrétienne une nouvelle conscience et une nouvelle responsabilité, en accord avec les temps.

 

En 1950, il organisa l'Année Sainte et, en 1953, l'Année Mariale. Deux manifestations grandioses, qui ont requis une surprenante somme de travail. En même temps, il n'était pas question de négliger les devoirs normaux de la Secrétairerie d'État, les contacts avec un épiscopat chargé de problèmes immenses et délicats, conséquence de la guerre à peine terminée, et toujours plus international et composite, à la suite des deux Consistoires de 1946 et 1953.

 

C'est donc à juste titre que Wladimir d'Ormesson a pu affirmer : « Pendant la période de la guerre et de l'après-guerre, Mgr Montini n'a pas cessé pour sa part de faire tout ce qui était humainement possible; et la preuve de son extraordinaire réussite — c'est le plus bel éloge que l'on puisse lui faire — est que partout où on l'a vu, et on l'a vu partout à l'œuvre, il s'est fait non seulement respecter mais aimer.

 

Tous ceux qui ont eu affaire a lui, ont su apprécier cette fine compréhension, cette intuition, cette pénétration, cette exquise délicatesse de sentiments, cette hauteur de vue qui le caractérisent.

 

C'est que toujours on sent vibrer son âme évangélique, derrière les responsabilités de l'homme d'État; c'est que toujours on l'a vu chercher en toutes choses, la note juste et la solution sage et humaine des difficultés qui nous assaillent. »

 

A SUIVRE (le secret…être prêtre)

 

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 04:33

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

Cette énergique protestation (22 novembre) termina pra­tiquement la dernière bataille diplomatique de Pie XI. L'at­mosphère entre Église et l’État italien était alors si sombre et si tendue qu'on pouvait logiquement s'attendre à voir éclater un conflit ouvert que personne ne souhaitait : en fait, il put être évité.

 

Dans son message de Noël 1938, entièrement consacré à l'Italie, aux brimades perpétrées contre l'Action Catholique et à la violation du Concile, Pie XI adressait à Dieu de sin­cères remerciements pour les bienfaits de la pacification reli­gieuse italienne, dont il s'apprêtait à célébrer le dixième anni­versaire le 11février 1939, et étendait généreusement sa reconnaissance à tous ceux qui y avaient contribué, au « très noble souverain et à son incomparable ministre ».

 

Pie XI mourut la veille de la célébration, le 10 février 1939, et le discours commémoratif qu'il devait prononcer resta inédit ce qui permit aux imaginations de lui prêter, pendant vingt ans encore, des projets de condamnation du national-socialisme et de ruptures d'accords.

 

Le Conclave qui réunit, au soir du 1er mars, 62 cardinaux (dont 35 italiens et 27 de nationalités diverses) constitue la meilleure preuve possible de la cohésion de l'Église à la veille de la seconde guerre mondiale malgré les difficultés causées par les nationalismes entre 1933 et 1938.

 

Dès la fin du premier jour de vote, le 2 mars, était élu, contre l'habitude, le Secrétaire d'État du défunt Pontife, Eugène Pacelli, qui prit le nom de Pie XII.

 

Pour trouver un Conclave aussi rapide, il faut remonter à l'élection de Paul III et l'événement, bien que le vote n'ait pas été unanime — comme on l'a dit à l'époque —, est sin­gulier pour les temps modernes.

 

L'élu, qui avait joué un rôle important dans tous les grands événements de la politique ecclésiastique de la dernière décennie, semblait avoir été préparé tout exprès pour la tiare.

Au moment de cette élection, le Saint-Siège possédait assurément une grande puissance diplomatique et un vaste réseau de relations avec les pays occidentaux et d'influences en Amérique, en Asie et en Afrique ; mais les rapports entre Vatican, Italie fasciste et Reich nazi s'appuyaient exclusive­ment sur des bases concordataires dans un climat d'hostilité et de méfiance et la situation de l'Église était précaire dans de nombreux pays : en Allemagne, en Espagne, en Russie, au Mexique et en Chine. La tension internationale n'était pas moins préoccupante; Chamberlain et Daladier, revenus de la Conférence de Munich en automne 1938 en annonçant qu'une ère de paix s'ouvrait pour l'Europe, avaient été cha­leureusement applaudis! 1939 fut pourtant fatal à la paix mondiale, plus encore que ne l'avait été 1914; et la seconde guerre mondiale vint diviser en deux temps le Pontificat de Pie XII, dont les six premières années furent presque entiè­rement absorbées par les soucis de guerre. Dans sa première allocution, le nouveau Pape invitait déjà les peuples et les gouvernements à la paix.

 

Entre mars et septembre 1939, les appels et les messages de paix alternèrent avec les interventions diplomatiques de représentations du Saint-Siège auprès du Gouvernement. Mais le secret entoure encore une grande partie de ces ten­tatives et un jugement historique serait prématuré. Le 24 août, après l'accord germano-russe sur le partage de la Pologne, Pie XII déplora ouvertement la violence et rappela que « rien n'est perdu avec la paix et tout peut l'être avec la guerre ».

 

Le 31 août, il adressa aux gouvernements d'Allemagne, de Pologne, d'Italie, d'Angleterre et de France, une note diplo­matique conjurant les chefs d'État de tout faire pour éviter un conflit armé. En cette occasion le Pape chercha évidem­ment à se prévaloir de toute l'autorité morale de l'Église pour éloigner la guerre.

 

Mais l'opposition de l'Allemagne et de l'Italie fit échouer toutes les tentatives de négociation et le 1er septembre 1939 les troupes allemandes entraient en Pologne; le 3, l'Angle­terre et la France déclaraient la guerre à l'Allemagne ; le 6 et le 9,  l'Union Sud-Africaine et le Canada suivaient leur exemple : la seconde guerre mondiale était commencée.

 

Bien que toujours alliée au Reich, l'Italie déclara sa non-belligérance le 1er septembre et Pie XII déploya tous ses efforts pour que le gouvernement italien restât fidèle à ce propos. Il parla en diverses occasions de la paix italienne, sollicita la médiation de l'Italie entre l'Allemagne et la Pologne et, le 28 décembre 1939, s'adressa directement à Victor Emmanuel III. Au début de 1940, il continua d'insis­ter par l'intermédiaire du nonce italien auprès du ministre des Affaires Étrangères et le 24 avril, la participation italienne à la guerre étant décidée, il adressa à Mussolini une lettre autographe faisant appel à son sens des responsabilités. Interventions diplomatiques et appels publics à la paix se multiplièrent en mai malgré les protestations de Mussolini, irrité des répercussions que la parole du Pape avait sur le peuple italien. Mais tous les généreux efforts de Pie XII, auprès de qui Roosevelt garda un envoyé personnel pen­dant toute la durée de la guerre, devaient demeurer vains.

 

Le 10 juin 1940,  l'Italie alliée de l'Allemagne entrait en guerre avec la France et l'Angleterre.

 

Les tentatives diplomatiques de Pie XII pour abréger une guerre due à l'abandon des négociations internationales, et qui pouvait donc être évitée, se révélèrent également vaines ; mais le Saint-Siège ne resta pas plus indifférent au déroule­ment de la nouvelle guerre qu'il ne l'avait été à celui du premier conflit mondial.

 

Après l'écroulement rapide et complet des États occiden­taux du continent sous le talon nazi, la domination terrestre de l'Axe s'étendit rapidement sur la moitié de l'Europe, s'appuyant sur un système qui niait tout principe de droit, de morale et d'humanité, dans un cadre scientifiquement raffiné.

 

Les destructions, les horreurs, les atrocités et la misère causées par cette domination, trouvèrent un écho douloureux dans les allocutions pontificales. Dans sa première encyclique Summï Pontificatus (20 octobre 1939), Pie XII indiqua les moyens et les fins d'une coexistence pacifique entre les peuples, donnant même les causes des maux et leurs remèdes et se référant de façon significative à la Pologne envahie.

 

Dans son allocution de Noël 1939, il rappela les principes de Droit naturel que les belligérants auraient dû respecter et condamna l'agression des petites nations, les atrocités et l'emploi de moyens de destruction illicites. Au moment de l'invasion de la Hollande, de la Belgique et du Luxembourg (1er mai 1940) il envoya des télégrammes de solidarité à leurs souverains, dénonçant l'agression alle­mande. Après l'invasion et l'occupation d'une partie de la France, il s'adressa à l'Épiscopat français pour lui donner toutes directives sur l'œuvre à accomplir en ce difficile moment.

Au début de son pontificat Pie XII, qui avait séjourné de longues années en Allemagne, en qualité de nonce aposto­lique, chercha à améliorer les relations diplomatiques avec ce pays en faisant preuve de cordialité et de confiance. Mais en vain. Les illégalités nazies dans les différents domaines de la vie ecclésiastique s'accrurent au lieu de diminuer, et le Pon­tife se vit rapidement contraint de dénoncer les nouvelles oppressions (1er juillet 1939).

 

Pendant toute la durée de la guerre le Saint-Siège main­tint, inaltérée, sa neutralité initiale. Et, même au temps de la campagne allemande en Russie, il ne céda pas aux solli­citations de Hitler, approuvé par Franco et Pétain, pour une absurde participation au front moral antibolchevique.

 

Il n'en déplora pas moins les traitements cruels en usage dans les camps de concentration, le martyre de la Pologne et les brimades contre l'Église. Devant certaines aberrations de l'idéologie nazie, le Saint-Office intervint le 24 février et le 2 décembre 1940, pour condamner le principe de l'eutha­nasie appliquée aux individus jugés « non valables pour la vie » et celui de la stérilisation, surtout forcée, parce que portant une très grave atteinte à la liberté et à l'intégrité humaine.

 

A la suite de l'élargissement du conflit, le Pontife continua de proposer le prompt établissement d'une paix juste et honorable entre les peuples et à dénoncer avec insistance la violation des pactes internationaux et les traitements inhumains infligés aux non-combattants et aux villes non défendues. Mais sans grand résultat. La guerre avait pris désormais des aspects atroces et disposait de moyens de destruction d'une puissance incroyable; des peuples entiers étaient soumis à des traitements barbares par le seul fait de leur nationalité et de leur race.

 

Heureusement, les efforts déployés dès septembre 1939 pour alléger les tristes conséquences de la guerre, furent plus profitables : en fait, ils écrivirent un nouveau chapitre de l'histoire de la charité vaticane.

 

Les demandes de nouvelles des prisonniers qui furent très vite adressées au Vatican de tous les coins du monde et l'expérience de ce que le Saint-Siège avait fait en 1918, abou­tirent tout naturellement à la création d'un Office d'Infor­mations, dont l'énorme développement dépassa largement celui de l'Oeuvre des prisonniers de la première guerre mon­diale. 885 employés prêtèrent leurs concours à l'Office Central et une main d'œuvre également nombreuse fut affectée aux filiales. De juin 1940 à septembre 1941 environ 400.000 demandes de renseignements parvinrent au Vati­can.

 

La section réservée aux Juifs persécutés par les Allemands reçut plus de 100.000 demandes. A la fin de son activité (1946), l'Office d'Informations du Vatican avait reçu presque 10 millions de requêtes et transmis n millions de messages, distribués par radio, télégraphe, courriers et services pos­taux. Tout ceci accompagné d'une vaste œuvre d'assistance en faveur des prisonniers et des évacués des zones frappées par la guerre.

 

Dans la triste alternative politique des années 1942-44, Pie XII se montra surtout préoccupé de sauver Rome. Si son intervention pour faire reconnaître « ville ouverte » le centre de la chrétienté ne put éviter les bombardements, elle eut au moins pour effet d'empêcher que la ville ne devînt un champ de bataille entre deux armées; et le 5 juin 1944 le Pape fut à juste titre acclamé Defensor Civitatis par une foule immense réunie sur la place Saint-Pierre. Le Souverain Pontife montra d'ailleurs le même intérêt pour de nombreuses autres villes d'Italie et de l'étranger. Il déploya en particu­lier une intense activité diplomatique en vue de sauver du bombardement l'antique abbaye de Montecassino, qui fut pourtant détruite le 15 février 1944.

(A SUIVRE)

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 06:08

Extrait du volume : PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

L'œuvre capitale de Mgr Montini à la Secrétairerie d'État et son influence sur l'action diplomatique de l'Église entre les deux guerres apparaissent clairement à la lumière de l'histoire.

 

La multiplication des dictatures totalitaires et le durcissement de l'extrémisme bolchevique après la première guerre mondiale minèrent les positions du libéralisme et des démo­craties parlementaires. La division du monde en blocs et les menaces que les nouvelles doctrines faisaient peser sur la prééminence de la personne humaine donnèrent naturellement à la papauté le poste de défenseur de la société chrétienne.

 

C'est sous cet angle qu'il faut considérer le développement et l'affirmation du mouvement « pan chrétien » tendant à une union de défense et de conquête de toutes les églises chrétiennes (christianisme œcuménique). Le Saint-Siège, resté officiellement étranger à ce mouvement ne manqua pas d'ap­peler tous les chrétiens à un front unique, dans le sein de l'Église catholique, et de faire siennes certaines initiatives de l'autre bord comme la semaine universelle de prières pour l'union des églises du Pasteur Watson.

 

Devant le péril bolchevique Pie XI ne se cantonna pas au domaine purement confessionnel : à plusieurs reprises et de sa propre initiative, il invita toutes les forces conserva­trices à faire bloc et à lutter jusqu'au bout pour la défense de l'Occident chrétien. En ce sens, son attitude sembla parfois trop bienveillante à l'égard du national-socialisme allemand et surtout du fascisme (les rapports entre autorités ecclésias­tiques et civiles s'étant depuis la Conciliation développés en Italie dans un climat de confiance réciproque). Les réserves de la papauté et les moments de résistance ouverte au totali­tarisme ne firent pourtant pas défaut. Ainsi lorsqu'en 1929, peu après le concordat, Mussolini recommença à réclamer pour son parti la formation intégrale des jeunes générations, le Pape lui répondit par l'encyclique « Représentants sur la terre.»  (31 décembre 1929) qui revendiquait pour l'Église le droit d'éduquer chrétiennement cette même jeunesse. Il publia également, contre les conceptions totalitaires de l'État fasciste, l'encyclique « Nous n'avons pas besoin.» qui défendait l'Action Catholique et réclamait le droit à une action organisée de l'Église influant directement sur la vie sociale du peuple italien. Le différend devait être réglé par l'accord du 2 sep­tembre 1931.

 

Si ces conflits n'eurent pas l'importance épique que l'on a quelquefois cherché à leur donner, il est reconnu que Pie XI sut faire preuve de mesure et d'esprit d'à-propos; et le fascisme s'étant présenté depuis le début comme l'ennemi déclaré du communisme et de la maçonnerie, le désir de favoriser, dans les limites du possible, un allié dans la lutte contre les adversaires de l'Église ne dut pas lui être tout à fait étranger.

 

Les conséquences de la révolution communiste commen­çaient en effet à se manifester de la Russie à la Chine et de l'Espagne républicaine au Mexique dans le déchaînement de la persécution religieuse. Un peu partout, l'éclosion de fronts populaires menaçait de l'intérieur la stabilité de l'ordre. Le 3 mai 1932, le Souverain Pontife dénonça en bloc, dans l'encyclique « les ennemis de tout ordre social, qu'ils s'appellent communistes ou de quelque autre nom ». Et c'est dans ce climat d'opposition entre bloc conservateur et bloc bolchevique qu'il faut situer le fameux concordat signé en 1933 entre le Saint-Siège et l'Allemagne nationale-socialiste et dont Pie XI osa espérer, outre des avantages spirituels pour les catholiques allemands, une contribution de poids dans la lutte idéologique antibolche­vique. Un concordat commun avec toute l'Allemagne, sou­haité depuis longtemps d'un côté comme de l'autre, avait déjà fait naufrage après des années de pourparlers prélimi­naires conduits par Eugène Pacelli. En revanche le Saint-Siège avait mené à bonne fin la Stipulation de concordats régionaux.

 

Quand Hitler s'empara du pouvoir central en janvier 1933, il relança la négociation en vue d'un concordat commun, et très vite le vice-chancelier Von Papen et le secrétaire d'État Pacelli se mirent au travail. On assista alors à une course entre l'Autriche et l'Allemagne, à qui toucherait la première le poteau d'arrivée d'un concordat avec le Saint-Siège. Dollfuss, à qui les négociations berlinoises donnaient de vives appréhensions, arriva, bien que parti en retard, avec un mois et demi d'avance sur Hitler, le 5 juin 1933. Le concordat autrichien acceptait avec générosité les postulats de Rome : l'état confessionnel, la lutte contre le socialisme et le commu­nisme et l'adoption du corporatisme chrétien. Mais sa prise de position contre le racisme et le socialisme entraîna la chute de Dollfuss, l'année suivante, pendant le putsch nazi de Vienne (25 juillet 1934).

 

Plus laborieux, le concordat allemand n'arriva à terme que le 20 juillet 1933. En substance il ne différait guère des habi­tuelles conventions Stipulées après la première guerre mon­diale entre le Saint-Siège et les nations de confession mixte. Von Papen n'en parla pas moins aussitôt après la signature de la large complaisance du Pape envers le Reich, dont il espérait un fort appui dans la lutte antibolchevique. L'accord fut pourtant loin de recevoir un accueil fervent en Allemagne, tant chez les catholiques que du côté nazi. Au lendemain même de la signature, des discussions s'élevèrent sur sa valeur politico morale : le national-socialisme avait tendance à le considérer comme une approbation d'ensemble donnée au régime par le Saint-Siège et les contestations de l’Osservatore Romano ne parvenaient pas à le faire changer d'avis. Au début de 1934, nationaux-socialistes et catholiques alle­mands étaient plus que jamais opposés sur le terrain des écoles confessionnelles, des mouvements de jeunesse et de la presse catholique. Le cardinal de Munich Faulhaber n'hésita pas à ouvrir une vive polémique avec Rosenberg, le théoricien du nazisme et l'organisateur de la religion nor-dico-germanique qui s'implantait toujours plus officielle­ment. De 1934 à 36, le Saint-Siège n'envoya pas moins de trente-quatre notes diplomatiques au gouvernement alle­mand, relevant toute l'énormité du totalitarisme d'état, sans obtenir le moindre résultat.

 

En 1936, les divergences entre le Vatican et le Troi­sième Reich s'accrurent et prirent une tournure exception­nellement dramatique; la furieuse campagne anti bolchevique, déchaînée en Europe Centrale, toucha au paroxysme avec le Congrès de Nuremberg (9-14 septembre 1936), au moment même où la guerre civile espagnole, en s'insérant dans le conflit idéologique européen, semblait assumer l'importance internationale d'une croisade. Des contingents militaires quittèrent l'Italie et l'Allemagne à destination des fronts espa­gnols. Le jour même de la clôture du Congrès de Nurem­berg, Pie XI battait le rappel de toutes les forces conserva­trices pour la défense de la civilisation occidentale sous la direction morale de l'Église et parlait de la persécution religieuse déchaînée en Espagne, en Russie, au Mexique et en Chine par des forces de subversion universelle.

 

Le danger était énorme pour l'Église et la lutte contre les totalitarismes se dessinait désormais sur deux fronts, à droite et à gauche. Ce n'est donc pas par hasard que deux des plus célèbres encycliques de Pie XI furent préparées (pendant une grave maladie) à la fin de 1936 et au début de 1937 : La Mit Brennender Sorge (en allemand) du 14 mars et la Divini Redemptoris du 19 mars.

 

La Divini Redemptoris condamnait explicitement le commu­nisme athée et adressait une nouvelle et pressante invitation à constituer un front unique aux catholiques, aux chrétiens, à tous ceux qui croyaient en Dieu. La Mit Brennender Sorge dénonçait l'abus que l'on faisait en Allemagne du Concor­dat de 1933 ainsi qu'une série d'actions dirigées contre l'Église et condamnait en même temps les tendances pan­théistes du nazisme, visant à la divinisation de la race, du peuple et de l'État avec négation de la morale et du droit naturel et offense au judaïsme.

 

Il y eut ensuite entre Reich et Vatican un échange de rudes notes diplomatiques; mais le Reich n'osa pas en venir à la dénonciation du Concordat. Dans son message de Noël de 1937, Pie XI illustra le conflit idéologique avec l'Alle­magne et parla des persécutions religieuses dans ce pays. Quand, du 3 au 8 mai 1938, Hitler fut l'hôte de Mussolini, le Pontife déplora, depuis sa villégiature anticipée à Castelgandolfo, l'érection à Rome d'une croix « qui n'était pas la croix du Christ » et le chancelier allemand quitta l'Italie sans être reçu.

 

A partir de 1938, on assista en Italie à un renouvellement des vexations et des attaques dirigées contre le Concordat et les Organisations Catholiques, attaques qui s'étaient assou­pies après la crise de 1931. Une première violation fut infligée aux clauses de l'accord de 1929 avec l'adoption par le fas­cisme de la théorie nazie sur la différence de race considérée comme obstacle au mariage (la réapparition d'un Empire Italien depuis 1936 était responsable de cette mesure au même titre que l'influence allemande). Le conflit suscité par cette infatuation raciste (octobre novembre 38) vint profon­dément attrister les derniers mois de la vie de Pie XI.

 

Les propositions et contre propositions échangées entre gouvernement italien et Saint-Siège ne réussirent qu'à alour­dir l'atmosphère. Pie XI agit avec l'Italie fasciste comme il avait fait avec l'Allemagne nazie : pour éviter un conflit ouvert dont les conséquences étaient imprévisibles, il jugea que le mieux était de laisser la responsabilité d'une telle situation à ceux qui l'avaient créée, tout en protestant for­mellement contre la violation du Concordat.  (A SUIVRE)

 

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 04:10

Voici un résumé des promesses données par Notre Seigneur Jésus-Christ et la Très Sainte Vierge Marie à Élisabeth Kindelmann, sur la dévotion à la 'Flamme d'Amour du Coeur Immaculé de Marie':

† Le jeûne

Le Seigneur Jésus:

« Quiconque jeûne le lundi au pain et à l'eau, en se référant à la 'Flamme d'Amour du Coeur Immaculé de Marie', délivre du purgatoire une âme de prêtre. De même, celui qui observe cette prescription recevra la grâce, pendant l'octave suivant sa mort, d'être délivré du purgatoire par ma Mère.

« Ma mère vous a accordé cela en considération de mes cinq Plaies Saintes, et la 'Flamme d'Amour' de son Coeur Immaculé M'oblige aussi. »

 La Sainte Vierge:

« Quand les prêtres observent le jeûne absolu le lundi, ils délivrent au cours de chaque sainte Messe qu'ils célèbrent pendant cette semaine, au moment de la consécration, d'innombrables âmes du purgatoire.

« Quand les consacrés et les laïcs observent le jeûne absolu le lundi, ils délivrent aussi beaucoup de pauvres âmes du purgatoire à chaque sainte Communion pendant cette semaine au moment de recevoir le Saint Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ. »

« Pour tous ceux qui observent régulièrement le jeûne absolu le lundi, ils peuvent le cesser à 18h00. Mais en remplacement, ils sont obligés de prier un chapelet avec cinq dizaines pour les âmes du purgatoire, encore le même jour. »

† Les mourants

La Sainte Vierge:

« Vois-tu, ma fille, quand la 'Flamme d'Amour' de mon Coeur s'allume sur terre, son action pleine de grâces s'écoule aussi sur les mourants. Satan est aveuglé, et avec l'aide de votre veillée de prières, le combat du mourant avec Satan prendra fin. Lors de l'apparition du doux éclat de ma 'Flamme d'Amour', les pécheurs les plus récalcitrants se convertiront, car je veux qu'aucune âme ne se perde. »

« Partagez le temps entre vous de manière qu'aucune minute de la nuit ne reste sans veillée nocturne! Aussi longtemps que quelqu'un - faisant appel à ma 'Flamme d'Amour' - fait une veillée nocturne, aussi longtemps aucun mourant de son entourage ne sera damné. Je le promets. (Si vous êtes beaucoup d'âmes réparatrices, j'accepte aussi cinq minutes par personne). Plus la prière sera fervente, plus Satan sera aveuglé et le pauvre mourant puisera de nouvelles forces pour pouvoir décider en toute justice de son destin futur. »

† Les âmes du Purgatoire

La Sainte Vierge:

« Ma Flamme d'Amour que je désire répandre toujours davantage sur vous, je la répands aussi sur les âmes du purgatoire! »

« Les familles qui font l'heure réparatrice chez elles le jeudi ou le vendredi recevront la grâce spéciale qu'elles délivreront du purgatoire, dans les huit jours, un membre défunt de leur famille après un seul jour de jeûne sévère (au pain et à l'eau). »

« Celui qui - faisant appel à ma 'Flamme d'Amour' - prie trois Ave Maria, délivre une âme du purgatoire. Celui qui - faisant appel à ma 'Flamme d'Amour' - prie un Ave Maria au mois de novembre, délivre dix âmes du purgatoire. »

« Celui qui observe un jeûne sévère au pain et à l'eau, un lundi, délivre une âme de prêtre du lieu d'expiation. »

La sainte Vierge nous promet que les âmes que nous délivrerons du purgatoire par notre prière, nous aident du haut du ciel dans nos efforts pour sauver les âmes.

† La sainte Messe

La Sainte Vierge:

« Si vous êtes en état de grâce et assistez à une sainte Messe qui n'est pas une obligation pour vous, alors la 'Flamme d'Amour' de mon Coeur rayonne dans une telle mesure que, pendant ce temps, Satan est aveuglé et la plénitude de mes grâces est transmise à l'âme pour laquelle vous offrez la sainte Messe.

« La participation au Sacrifice de la sainte Messe augmente au plus haut degré l'aveuglement de Satan.

« Satan écume de rage, et mène encore un combat plus acerbe avec ses tourments habituels, depuis qu'il sent l'avènement prochain de son aveuglement! »

 † L'adoration réparatrice au Saint-Sacrement

La Sainte Vierge:

« Quand quelqu'un fait de l'adoration réparatrice ou rend visite au Saint-Sacrement, tant que cela dure, Satan perd sa domination sur les âmes de la paroisse. Du moment qu'il est aveugle, il cesse de régner sur les âmes. »

 † L'offrande quotidienne

 La Sainte Vierge:

« Offrez votre travail à la gloire de Dieu aussi durant la journée! Si vous êtes en état de grâce, l'aveuglement de Satan ira en augmentant par cette offrande! Vivez donc dans ma grâce, pour que l'aveuglement de Satan s'étende de plus en plus et gagne un espace toujours plus grand!

« Les nombreuses grâces dont Je vous fais don, si vous en faites un bon usage - et vous devez toujours les utiliser de mieux en mieux -, ont pour résultat qu'un grand nombre d'âmes deviendront meilleures.»

† La diffusion de la 'Flamme d'Amour'

La Sainte Vierge:

« Je vous accorde à tous la grâce que vous puissiez constater le succès de votre effort - en ce qui concerne la diffusion de ma 'Flamme d'Amour' - aussi bien dans chaque âme prise individuellement, que dans votre pays et dans le monde entier. Vous qui peinez et faites des sacrifices, vous verrez que ma 'Flamme d'Amour' submergera très bientôt l'humanité entière. »

« Mes enfants, le bras droit de mon divin Fils est sur le point de frapper; je puis à peine le retenir. Aidez-moi! Si vous appelez à l'aide ma 'Flamme d'Amour', nous sauverons ensemble le monde. »

http://laflammedamour.tripod.com/promesses.htm

NDLR: Récitons tous les jours ces prières pour notre Pape Paul VI en exil, et soyez sur que  le Seigneur vous bénira.

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