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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 20:59

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

 

C'est ainsi que j'eus l'honneur d'être le seul journaliste présent, et de façon très privée, à la célébration du rite. En attendant l'arrivée de l'archevêque, don Charles qui était déjà là me pria de l'aider à dépouiller la copieuse correspon­dance amassée sur son bureau, au premier étage du grand édifice de la Pro Juventute. Mon aide consistait à ouvrir les enveloppes et à les lui tendre, pour qu'il en parcourût rapi­dement le contenu. Un œil sur la porte grande ouverte, l'autre sur les lettres, don Charles dépêchait son travail, un doux sourire sur son visage déjà creusé par la maladie qui, deux ans plus tard, devait l'emporter. Les lettres inu­tiles, c'est-à-dire celles qui contenaient seulement des éloges pour lui, finissaient en morceaux dans la corbeille. On était ainsi arrivé à une missive d'un admirateur anonyme milanais qui priait don Gnocchi de transmettre au nouvel archevêque toute son admiration pour l'œuvre qu'ils étaient en train  d'accomplir en commun, et ajoutait un éloge particulière­ment destiné à don Gnocchi. « Je n'en mérite pas tant » dit don Charles et aussitôt il déchira lettre et enveloppe, jetant les fragments dans la corbeille. La chance voulut que mon regard tombât sur des fragments où un mot était resté lisible : « un million ». Quand Mgr Montini arriva, don Charles et moi étions agenouillés sur le plancher occupés à assembler comme un puzzle avec de la colle et une feuille de vélin, les morceaux du chèque que le bienfaiteur anonyme avait joint à sa lettre.

 

Une voix nous frappa : « Laudetur Jésus Christus. » L'arche­vêque était là, sur le seuil de la porte, avec un sourire plein de curiosité et de douceur, les mains croisées sur la poitrine. Don Charles était embarrassé, et moi encore beaucoup plus, comme si on nous avait surpris en train de voler. Le doux « père de l'enfance mutilée » ne parvenait même pas à expli­quer à son grand ami l'archevêque, comment, par un excès d'humilité « qui l'avait amené à risquer de pécher par orgueil », il se trouvait agenouillé par terre en train de faire une chose qui ressemblait à un petit jeu d'enfant. Quand il sut de quoi il s'agissait, l'archevêque s'illumina et dit de sa voix paisible : « Je peux finir de coller ? Et une autre fois, don Charles, attention, on ne sait jamais. » II se baissa et avec une humilité dans les gestes égale à celle de don Gnocchi, il colla jusqu'au dernier fragment de chèque sur le vélin, me souriant avec une espèce de complicité innocente que je n'ai jamais pu oublier.

 

Peu de temps auparavant, en haut de l'escalier où trois petits mutilés étaient venus l'attendre, il eut un geste très significatif : tandis qu'il montait, un enfant poliomyélitique, poussé par un instinctif mouvement d'amour s'était aventuré à descendre à ma rencontre, porté à grand'peine par ses petites jambes grêles. L'archevêque tendit les bras, le recueillit, lui fit faire volte-face et le soutint vers les marches supérieures, lui faisant de ses propres mains des béquilles sous les aisselles; mais le courage lui manqua de le voir sautiller de marche en marche : il le souleva dans ses bras et le porta tendu devant lui, comme un pasteur l'agneau.

 

Pour la célébration des trois Messes consécutives en usage à Noël, Mgr Montini endossa sur son simple habit noir bordé de violet, la chasuble en lamé or offerte à don Gnocchi par ses chasseurs alpins. Avant le début de la Messe célébrée sur l'autel en marbre précieux que Pie XII avait donné à don Charles, un petit aveugle récita la prière des enfants mutilés et offrit à l'archevêque deux béquilles en miniature posées sur un plat de céramique, sur lequel était peint le blason du nouvel archevêque de Milan : cinq petits monts superposés, trois lys d'argent sur champ de gueules avec la devise In nomine Domini, le tout timbré du chapeau d'arche­vêque et de la croix à trois branches.

 

Jamais musiques de Bach, de Schuman et de Frank ne furent appelées à s'accorder à une aussi tragique beauté et à une si profonde spiritualité : Les enfants de chœur en robe rouge et surplis blanc, yeux éteints, bras mutilés, jambes raidies, formaient autour du célébrant un chœur de douleur sans égal; d'autres, enfermés dans leurs voitures grises com­posaient des scènes de vitrail consacrées à la souffrance humaine. Au nom de cette douleur, Mgr Montini leur parla plus doucement et plus longuement peut-être qu'il n'avait jamais fait, sans s'abandonner aux suggestions d'une facile rhétorique de circonstance, s'efforçant de dissimuler sa très profonde émotion. Au moment de distribuer la communion, quand il s'approcha de la Sainte Table, le ciboire d'or entre les mains, face à ces visages éteints, striés de bleu, à ces petites mains fanées comme des fleurs mortes, l'archevêque trembla imperceptiblement, ferma un instant les yeux, sub­mergé par l'émotion, et son visage parut émacié et pâli jus­qu'à la transparence; puis sa main droite sur laquelle se déta­chait la grosse topaze brûlée de l'anneau pastoral se leva, présentant l'hostie une, deux, dix, cent fois tandis que l’Ave Maria de Schubert soulignait le rite.

 

Quand tout fut fini, quand il eut retiré les ornements litur­giques qui conféraient à sa silhouette une dignité solennelle, l'archevêque se retrouva seul pour s'isoler en une prière qui contenait toute la douleur du monde.

 

Cette visite doit avoir laissé une trace bien profonde dans son âme, car quelques mois après son élection au trône pon­tifical, il la rappellera avec émotion au cours d'une émouvante audience accordée aux anciens polios de l'Association Ita­lienne des Invalides qui se pressaient en grand nombre autour de son trône, dans l'après-midi du 2 octobre 1963.

 

L'Osservatore Romano du dimanche suivant rapporta l'évé­nement et résuma le discours du pape : «... Le Saint Père rappelle ensuite que de telles souffrances ne doivent pas s'arrêter au niveau purement humain de la résignation, il désire qu'elles se haussent encore plus haut jusqu'au plan religieux, spirituel. Ces fils très aimés savent que le Seigneur les voit et les préfère; si les pas de leur existence physique et sociale sont entravés, ils doivent penser que l'épreuve que Dieu leur envoie est une espèce de présence du Seigneur et qu'il est si proche d'eux qu'ils peuvent entendre sa voix : « Mon fils, arrête toi : Pense que la vie est grande pour celui qui souffre, qui aime et qui tend à se dépasser. Je t'ai choisi pour que tu sois un guide et un exemple de grandeur spiri­tuelle pour les autres. Je t'ai choisi pour que tu sois proche de moi. Il est un mot de saint Paul, qui fait beaucoup médi­ter : « Christo confixus sum cruci. » Je suis cloué en croix avec Jésus; être sur la croix avec Jésus c'est dépasser le monde, entrer dans le plan de salut que le Seigneur a établi pour le rachat de notre pauvre humanité et devenir capables de répandre autour de nous les mérites, les exemples, les prières et les forces morales que seul celui qui souffre généreusement, cette foi au cœur, peut communiquer aux autres et offrir à Dieu... »

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 18:58

           

 

Grâce à Dieu, aucune de celles qui lisent cet ouvrage n'est vraisemblablement dans le cas de s'appliquer les terribles pensées que contient ce chapitre.

 

Mais personne ne peut avoir la certitude absolue de persévérer dans le bien ; nous devons toujours craindre de tomber dans le péché et d'être infidèle à Dieu.

 

C'est pourquoi, si zélée que l'on soit pour sa sanctification, il est toujours utile de méditer les grandes vérités, et, notamment, de considérer combien est horrible la mort du pécheur, afin de se précautionner de plus en plus contre un aussi épouvantable malheur.

 

 « La mort du pécheur, est le plus grand de tous les maux. » disait David, « La mort est cruelle, déclare saint Ber­nard, en ce qu'elle arrache l'homme à ce monde, plus cruelle encore par la séparation de l'âme et du corps, mais souverai­nement cruelle lorsqu'elle voue un de nos semblables aux sup­plices de l'enfer, et que l'âme et le corps sont livrés ensemble aux flammes éternelles. »

 

Le péché est un grand mal, mais la mort unie au péché mortel est le plus grand de tous les maux. C'est un mal absolu, éternel, sans remède, et il n'est pas de plus terrible menace dans la bouche de Dieu que celle-ci : «Vous mourrez dans votre péché. »

 

Mourir mal, ce n'est donc point mourir dans la pauvreté, dans les flammes, dans l'eau, dans d'atroces souffrances, abandonné de tous; mais c'est mourir dans l'inimitié de Dieu, dans l'état du péché mortel.

Mourir ainsi, c'est le comble du malheur pour tout homme, fût-il roi ou empereur. « Malheur à vous, dit le Sage, qui avez méprisé la loi de Dieu ! quand vous serez mort, la ma­lédiction sera votre partage ! »

Ce qui fera alors la joie et la consolation des bons, fera le désespoir et l'amertume des méchants : la mort est douce pour le juste, elle est effroyable pour le pécheur. L'un aspire à la vue de Dieu : l'autre ne redoute rien tant que de devoir pa­raître devant ce Dieu qu'il a offensé, devant ce père qu'il a outragé, devant ce juge qu'il a méprisé, devant ce chef qu'il a déserté, devant ce roi dont il a secoué le joug, devant cet ami qu'il a indignement trahi, devant ce Sauveur que ses crimes ont cloué à la croix !...

Tout conspire à accabler le pécheur, tout suscite autour de lui mille terreurs : « Le méchant à l'heure de la mort, dit le Psalmiste, sera assailli de maux. » Au-dessus de lui c'est un ju­ge courroucé qui lui prépare une sentence d'éternelle répro­bation. A ses pieds c'est l'abîme béant où il va bientôt être englouti ; devant lui c'est Jésus-Christ, prêt à venger le sang

97—12

divin qu'il a foulé aux pieds ; derrière lui, c'est le monde dont il a été l'ignoble jouet : dans sa conscience c'est « le ver ron­geur, » c'est le poids écrasant de cette multitude de péchés qui vont tout à l'heure déposer contre lui et lui valoir une expiation éternelle.

Le passé accablera le pécheur du souvenir de tant de grfi-ces dont il a abusé, de tant de moyens de salut qu'il a négli­gés ; de tant de bien qu'il a omis, de tant de mal qu'il a com­mis ; de tant de plaisirs qui l'ont séduit et flatté un instant pour le torturer maintenant sans relâche et sans fin, pareil qu'il a accordé pendant toute sa vie une aveugle préférence à la terre sur le ciel, à la créature sur le Créateur.

Le présent l'accablera de la pensée que le temps de la péni­tence est passé, et qu'il devra dans un moment quitter its biens terrestres dont son cœur est encore l'esclave.

L'avenir l'épouvantera par l'attente de l'arrêt terrible cl des affreux supplices qui sont le châtiment du péché.

Tout ce qui flattait le pécheur pendant sa vie devicndr.i pour lui un objet d'amertume et de chagrin à l'heure de mi mort. L'anxiété le torturera ; il n'y aura personne qui sri-.\ capable ni de le rassurer ni de le consoler : le monde infidèle le délaissera, tout l'abandonnera d'un commun accord : set amis de la terre comme les anges et les saints protecteurs du ciel et jusqu'à Dieu lui-même. Tous les péchés de sa vie vien­dront fondre à la fois sur lui, et avant même qu'il les expie en enfer, ils lui en feront éprouver par anticipation toutes les tortures. O spectacle épouvantable! «Vous le voyez exté­rieurement couché dans son lit, dit saint Augustin, ce malhen reux pécheur : votre foi ne vous le montre-t-elle pas traîné au feu éternel ? »

Rappelez-vous l'effroi qui accompagna la mort de plusieurs insignes pécheurs, Voltaire par exemple, en dépit de toutes les fanfaronnades d'impiété dont leur vie était remplie. A ci-moment suprême, le plus forcené libre penseur perd toute as­surance, et si l'on en voit qui affichent encore une certaine in­différence, c'est le dernier effort de l'orgueil qui les pousse :\ conserver l'attitude du calme et de la paix.

Lectrice chrétienne, rentrez en vous-même et demande/ •vous dans le plus profond de votre cœur :

N'ai-je pas fait de mauvaises confessions ? ai-je eu soin île

les réparer par une bonne confession générale ? Si la réponse est mauvaise, faites-le sans retard.

N'ai-je point nourri de haine contre mon prochain ? Si vous êtes coupable de cette grande faute, pardonnez-lui main­tenant comme vous voulez que Dieu vous pardonne un jour.

N'ai-je pas en ma possession du bien mal acquis ? Si oui, restituez-le, et ne différez pas de le faire, car votre âme vaut mille fois plus que tout l'or du monde.

N'ai-je pas chez moi de mauvais livres ou des images dés-honnêtes ? Si vous en avez, brûlez-les : il vaut mieux que ce soit un vil papier qui brûle que vous-même durant toute l'é­ternité.

Et ainsi de suite...

Renoncez au péché, renoncez aux occasions prochaines du péché ; bannissez de votre maison et de votre cœur tout ce qui pourrait rendre votre mort mauvaise, et ne redoutez rien tant que de mourir en état de péché mortel.

R. P. hillegeer.

 

FÊTE DU JOUR: Saint Thomas de Cantorbéry, martyr.

saint Thomas Beckct naquit en 1117, dans le comté de Southwark en Angleterre. Dès son enfance, il fut at­taché à la maison de Théobald, archevêque de Cantorbéry, qui l'envoya étudier le droit à Paris et à Bologne. D'abord archidiacre de Cantorbéry, Thomas fut ensuite nommé par le roi Henri II lord chancelier d'Angleterre. Sa science, son habi­leté, les services rendus au royaume lui gagnèrent l'amitié du roi et sa plus entière confiance. L'état de l'Église d'Angleter­re était alors lamentable. Les barons s'emparaient par vio­lence des biens ecclésiastiques ; le roi saisissait les revenus des évêchés et des monastères vacants, les laissant de lon­gues années sans titulaires en empêchant les élections cano­niques. Or, en 1160, l'archevêque Théobald étant venu à mourir, le roi insista pour que Thomas liccket fût consacré à sa place. Le lord chancelier s'y refusa, prévoyant bien que son amitié avec le roi serait à jamais brisée dés qu'il serait évêque. Il céda pourtant et reçut la consécration épiscopale. La lutte ne tarda pas à s'élever entre le roi et l'évêquc. Saint l. m. 7—12

Thomas résista aux coutumes de régale qui violaient les IUj bertés de l'Église et les lois du royaume. Après six années <l| disgrâce, qu'il passa dans l'exil à Sens et à Pontigny, sainlTIic mas, sans illusion sur le sort qui l'attendait, revint comme 1g I bon pasteur au milieu de ses brebis, et le 29 décembre 1170,1 il fut martyrisé dans sa cathédrale, victime   glorieuse de srt fermeté à défendre les droits de l'Église. Ses quatre assassin»] portèrent bientôt les marques de la malédiction divine.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 18:57

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

Le lendemain de son arrivée dans le diocèse, Mgr Montini se rendait à la polyclinique pour visiter les malades; le 8 janvier, c'était le tour de l'hôpital de Niguarda et de l'Institut des Rachitiques ; « Monsieur Montini, Monsieur Mon­tini... » criait un petit enfant de l'Hôpital Majeur et le prélat, quittant les autorités, alla à son chevet et se mit à lui parler et à le réconforter. Quand il s'éloigna du petit lit, ses yeux étaient gonflés de larmes.

 

Si le cardinal avait déclaré à son arrivée qu'il porterait une affection particulière aux humbles et à tous ceux qui souffraient, on peut dire que les malades, prêtres ou laïcs, furent les favoris parmi les favoris.

 

A l'Institut Palazzolo, il baisa au front un vieux prêtre dont le corps portait de nombreuses plaies; à l'Hospice de la Sainte Famille de Cesano Boscone, un jeune infirme l'attendait dans sa voiture, à son entrée dans l'église; le cardinal Montini quitta le cortège qui le précédait, rejoignit le malheureux, le prit dans ses bras et l'embrassa.

 

Plusieurs fois on le vit pleurer pendant les visites pastorales, quand des parents lui présentaient leurs enfants atteints de graves infirmités et sans aucun espoir.

 

Ses paroles de réconfort n'étaient pas une simple formalité, elles sortaient du cœur, spontanément, et apportaient la paix à ces familles, auxquelles parvenait souvent quelque secours plus urgent.

 

A une fillette qui lui avait écrit après la mort de ses parents, il adressa de sa main une lettre émouvante et y joignit un petit cadeau qui contribua à distraire sa douleur.

 

Lors de ses visites aux malades, il trouva toujours motif à les inviter à voir au delà de leurs souffrances, à participer avec leurs douleurs à la vie de l'Église et à souffrir avec le Christ pour l'humanité.

 

Dans son message aux malades, à l'occasion de la Grande Mission, il a écrit : « La mission est venue pour vous faire réciter cette prière, le Pater Noster, avec une pleine compré­hension; pour vous rendre la dignité et l'espérance dans la douleur; pour faire de vous des frères exemplaires et coré-dempteurs avec le Christ des misères humaines; pour vous apporter la paix intérieure et la joie de l'esprit; pour vous faire sentir que vous n'êtes ni seuls, ni séparés, ni abandonnés mais que vous êtes les frères préférés, l'image transparente du Christ. »

 

Nous avons déjà rapporté les mots de don Rossi qui affirme que le cardinal Montini a toujours eu une passion particulière, celle de visiter les infirmes et de s'agenouiller devant leurs lits et nous pensons que cette passion qui devenait compréhension et compassion fraternelle et délicate, lui est venue de son enfance et de sa jeunesse pendant lesquelles sa santé précaire et deux attaques d'une douloureuse maladie ont particulièrement affiné sa sensibilité à la souffrance de son prochain. Montini voyait « l'image transparente du Christ » dans la personne du malade, mais il savait aussi ce que souffrir veut dire.

 

Il réservait une compassion toute paternelle et délicate aux enfants qui souffrent.

 

Un journal catholique de Milan a très justement écrit dans la légende d'une photographie qui le montre priant, mains jointes, parmi un groupe d'enfants : « On peut facilement mesurer la grandeur d'une âme à son aptitude à sentir le charme de l'enfance. Les mains des enfants mystérieusement consacrées par le parfum de l'innocence, cherchent le contact des mains consacrées par la grâce divine. L'Évêque, le Pasteur que fut pour tous les milanais le cardinal Montini, prenait véritablement dans le geste délicat dont il effleurait les jeunes visages ou serrait les petites mains, l'aspect radieux et inquiet du Père : « Laissez venir à moi les petits enfants ! »

 

Une visite du cardinal Montini aux Enfants Mutilés de don Gnocchi, au Foro Italico de Rome, nous éclaire sur tout ce qu'ils ont fait ensemble pour l'enfance douloureuse.

 

Mgr Montini avait été nommé depuis peu archevêque de Milan et se préparait à célébrer solennellement dans son diocèse son premier Noël d'archevêque, quand don Gnocchi arriva à Milan pour y recevoir la médaille d'or du mérite de la province. La rencontre entre le nouveau Primat du plus grand diocèse du monde et son vieux compagnon d'études et de jeunesse, don Gnocchi, « père de l'enfance mutilée » suggéra à l'archevêque un désir inattendu : celui de célébrer la messe de Noël dans la chapelle du Collège des Enfants Mutilés au Foro Italico à Rome, où don Gnocchi avait déjà fondé le premier Centre pour poliomyélitiques.

 

De nombreuses années auparavant, quand Mgr Montini était assistant national des universitaires catholiques et que don Gnocchi travaillait parmi les jeunes de l'Action Catho­lique, leurs routes s'étaient séparées; la Providence avait conduit le premier derrière les bureaux de la Secrétairerie d'État, le second sur les champs de bataille de la guerre et de la douleur, puis auprès des jeunes et des malades. Mais les divergences de destin n'avaient été qu'apparentes : Mgr Mon­tini avait continué à bercer dans son cœur l'idéal de l'apostolat parmi les jeunes et à suivre avec un vif intérêt le nouveau chemin de don Gnocchi en faveur de l'enfance mutilée. Leurs entrevues se déroulaient toujours sous le signe de ces dramatiques instances, que l'explosion d'engins de guerre abandonnés un peu partout renouvelait continuellement; et, par la vertu d'une parfaite osmose d'intelligence et de cœur, un aidait l'autre à réaliser leur commun idéal. Mgr Montini n'apparaissait jamais officiellement, par son expresse volonté, dans cette œuvre de soutien de son ami, voué corps et âme jusqu'à la mort à une cause d'amour sans égal.

 

Quand le problème des Enfants Mutilés fut en grande partie résolu, il s'en présenta un autre : celui des poliomyé­litiques. Il revêtait cette fois le visage toujours égal et toujours nouveau de la vie même, de la douleur inévitable qui ne donne aucune trêve aux générations et qui n'a pas besoin de la guerre et de ses problèmes pour se manifester. C'était Mgr Montini lui-même qui avait poussé don Gnocchi sur cette nouvelle route, après avoir visité en 1952 une colonie pour polios à Ostie.

 

« J'avais été littéralement assailli par les mères de ces bambins, angoissées de ne pas savoir où emmener leurs enfants, après cette courte parenthèse bienfaisante; » : ce sont ses propres paroles, qu'il m'a lui-même rapportées. « Les enfants poliomyélitiques, rien qu'en Italie, étaient environ soixante mille, et je ne parvenais pas à oublier ces yeux maternels pleins d'imploration, ces membres d'enfants réduits à l'état de fragiles branches sèches. Jamais de ma vie, je ne pourrai les oublier. »

Sur la route du retour d'Ostie vers Rome, la tragique vision continuait à l'obséder et Mgr Montini ne se consola qu'à l'idée d'en parler à son ami don Gnocchi et de faire avec lui et grâce à lui quelque chose de concret.

 

Il leur suffit de quelques mots pour se mettre d'accord. Les réalisations suivirent aussitôt : le plan général de l'œuvre en faveur des polios n’était pas encore tracé lorsque les premiers enfants atteints de cette maladie furent accueillis dans une section détachée de l'Œuvre Pro Juventute de don Gnocchi, au Foro Italico. Les premiers dons en argent qui parvinrent à l'Œuvre aussitôt après sa fondation arrivèrent de Milan; il était donc naturel que le nouvel archevêque choisît ce lieu pour y célébrer la messe de Noël.

 

Don Charles Gnocchi qui n'avait pas moins que lui le désir très vif de faire le bien en secret et le plus humblement possible, ne voulut inviter, pour assister à cette messe exceptionnelle, qu'un journaliste qu'il connaissait depuis longtemps et qu'il jugeait incapable de transformer en mani­festation mondaine un événement d'un caractère aussi hau­tement spirituel.

 

A suivre…

 

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 19:10

 

La mort est pour le juste le terme de sa captivité, la fin de son exil, la récompense de ses travaux, c'est sa victoire, son triomphe. Une chrétienne vertueuse qui descend dans la tombe ressemble au vaisseau qui entre au port.

 

Le juste n'a point à appréhender les accablements de la mort ; il est dans la main de Dieu, qui est son père et son protecteur. La crainte de mourir ne viendra pas le troubler, car il ne songe qu'à la joie d'une délivrance prochaine et d'u­ne éternelle union avec Jésus. La crainte de l'enfer ne l'affli­gera pas davantage, car il a la confiance de passer bientôt à une vie meilleure : les remords n'auront point accès dans son cœur, car le juste aie cœur pur. Saint Martin, voyant le dé­mon près de son lit de mort, lui criait : « Que fais-tu là, misé­rable ? Tu n'auras aucune prise sur moi, grâce à Dieu ! » Oh ! Vivez maintenant si pieusement que vous puissiez tenir le même langage à votre dernière heure !

 

Saint Louis de Gonzague ayant appris que sa fin approchait manifestait une joie extraordinaire : « Quel bonheur ! disait-il, quel bonheur! Nous allons partir! Nous allons partir! « Le cardinal Bellarmin assurait que la nouvelle de sa mort pro­chaine lui avait causé la même impression que lui eût causé la nouvelle d'un heureux événement. Rappelez-vous la joie merveilleuse de saint Stanislas Kostka, favorisé d'une vision céleste, la paix ineffable dont jouissait Saint Louis, roi de France, mourant sur une terre étrangère, et tant, d'autres saints dont la mort vous offre de si consolants exemples. Le pieux et savant Suarez, se trouvant sur le point de mou-

rir, disait avec une profonde et douce émotion : « J'ai attendu le Seigneur avec une vive impatience 1 Que vos tabernacles sont aimables, ô Dieu des armées 1 « Et il ajoutait comme s'il eût déjà un avant-goût des délices du ciel: «J'ignorais qu'il fût si doux de mourir ! »

Croyez-en la Vérité éternelle qui affirme que celui qui craint le Seigneur sera heureux à ses derniers moments : Heureux dans son corps, car ses douleurs sont allégées par l'espérance des biens éternels ; heureux dans son âme, car le calme dont elle jouit est un avant-goût et un gage de salut ; heureux, parce qu'il a la ferme confiance de comparaître devant un juge favorable, qu'il s'est toujours appliqué à servir fidèle­ment et au tribunal duquel ses bonnes œuvres l'ont précédé. Si vous voulez agir dans vos intérêts, vivez dans la crainte de Dieu, observez ses commandements, accomplissez les de­voirs de votre état : Souffrez sans impatience, et vous serez tranquille à l'heure si redoutée de la mort.

 

A cette heure suprême l'image du Sauveur crucifié est présentée aux justes comme aux pécheurs ; mais comme les sentiments qu'elle éveille en eux sont différents ! Ceux-ci ne voient dans le Christ qu'un juge sévère, dont une vie de dé­sordres doit provoquer la rigueur; ceux-là reconnaissent en lui le Rédempteur qu'ils ont aimé toute leur vie. Avec quelle consolation ils pressent sur leur cœur cette chère image ! Avec quelle confiance ils l'embrassent ! Avec quelle satisfaction ils entendent les prières de l'Église et répètent les doux noms de Jésus et de Marie qu'ils ont tant de fois invoqués pour obtenir la grâce d'une bonne mort !

 

« Heureux ceux qui meurent dans le Seigneur ! » nous dit l'Esprit-Saint. Oui, mille fois heureux ceux-là ! Quand le mon­de entier les délaisserait, quand ils périraient au fond d'une sombre prison ou sur un échafaud ; quand leur corps serait dévoré par les flammes, ou noyé dans les abîmes de la mer, mille fois heureux ceux qui meurent dans le Seigneur !

 

Mais « mourir dans le Seigneur », ce n'est pas simplement mourir après avoir observé extérieurement les lois de l'Église, ni faire partie d'une confrérie, ni répondre jusqu'au dernier soupir aux prières qu'on récite, ni se frapper la poitrine ; ce n'est même pas répandre des larmes, baiser la croix et ren­dre l'esprit en la pressant sur son cœur et sur les lèvres !

 

Mourir dans le Seigneur, c'est sortir de cette vie dans la grâce et l'amitié de Dieu.

 

Qu'importe que vous périssiez misérablement aux yeux des hommes, tuée par un accident par exemple, sans pouvoir ni vous confesser, ni prononcer même les noms de Jésus et de Marie ! Pourvu que vous mouriez dans l'amitié de Dieu et exempte du péché mortel, ce sera mourir dans le Seigneur et avoir l'assurance d'une béatitude sans fin.

Mais vous auriez beau mourir dans votre lit, après une lon­gue maladie, ayant distribué tous vos biens aux pauvres, fon­dé des milliers de messes pour le repos de votre âme et reçu les sacrements de l'Église, si vous mouriez en état de péché mor­tel, hélas ! C'en serait fait de vous, vous tomberiez dans une éternelle réprobation !

 

Autant le pécheur est terrifié par la perspective de la mort, autant est inondé de joie un bon chrétien lorsqu'il entend réciter à son chevet : « Ame chrétienne, partez de ce monde, de ce monde que vous avez toujours méprisé, pour aller pa­raître devant Celui pour qui vous avez travaillé avec tant de courage, souffert avec tant de constance et de résignation, combattu avec tant de générosité et de bravoure ! »

 

Quel ravissement doit transporter un prince exilé à qui l'on vient dire : « Retournez dans votre patrie, dans votre royaume ! » Quelle joie doit pénétrer le guerrier vaillant que la voix du général appelle à venir recevoir sa récompense ! Eh bien ! Votre joie sera bien plus grande encore quand vous serez rappelée de votre exil pour entrer dans la patrie éternelle, sinon aussitôt, du moins après un certain séjour dans le Pur­gatoire !

 

Combien on se félicitera alors d'avoir souffert les épreuves, d'avoir dompté sa chair et pratiqué la vertu, préféré la croix de Jésus à tous les biens du monde ! Qu'on se réjouira d'avoir confessé ses péchés avec sincérité et repentir ; de les avoir effacés par les indulgences, les aumônes, les jeûnes, les prières et les bonnes œuvres !

 

Il est en votre pouvoir de goûter ces douceurs : Choisissez aujourd'hui ce que vous voudrez alors avoir choisi, car si vous ne fixez votre choix, c'est en vain que vous formeriez alors des vœux plus raisonnables ; il sera trop tard.

R. P. Hillegeer.

 

29   DÉCEMBRE,  FÊTE DU JOUR:   Les Saints Innocents.

 

Les mages avaient quitté la crèche en évitant, sur un avis, du ciel, de repasser par Jérusalem. Hérode les attendait, anxieux de savoir quel était cet enfant salué par eux du nom de roi des Juifs ; la royauté du Messie le faisait trembler pour la sienne, et déçu par les mages, incertain du lieu exact ou était né Jésus, de son âge, de sa condition, pour sauver sa couronne, il donna l'ordre barbare de faire mourir à Bethléem et aux environs tous les enfants au-dessous de deux ans.

 

Voila comment  la   fureur   égarait    ce  roi  qui   tremblait    pour son trône. Le nombre des enfants immolés par son ambition fut de plusieurs milliers. Ces enfants, « sont morts pour le Christ, dit saint Augustin, l'innocence fut victime pour la justice, mais aucune faveur ne pouvait leur être plus avantageuse ; car, baptisés dans leur sang, ils jouent dans les cieux avec leurs couronnes, près de l'autel où s'immole l'Agneau de Dieu. » Dès le XI° siècle, l'empereur Justin dédia à ces saint \ martyrs, à Constantinople, une église, où l'on vénérait le corps de l'un d'eux. Jusqu'aux jours néfastes de la révolution on conservait aussi à l'abbaye de Saint-Denis, en France, les reliques de l'un des saints Innocents dans un berceau de palmier enchâssé dans une caisse d'argent doré. L'Église de Saints- Innocents à Paris se glorifiait d'une semblable relique. Enfermée dans un magnifique cristal garni d'argent et enrichi de pierreries par la magnificence du roi Louis XI. Ces précieux trésors ont disparu.

 

Extrait de : LECTURES   MÉDITÉES (1933)

 

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 19:09

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

Peu d'hommes ont comme le cardinal Montini mis en pratique les sept Œuvres de Miséricorde corporelle et spiri­tuelle qui ne sont rien d'autre, au fond, que le christianisme pratique et vécu, le code, plus simple et sage que celui d'Ammourabi, selon lequel nous serons un jour jugés. « J'avais faim et tu m'as donné à manger... j'avais soif et tu m'as donné à boire... entre dans le Royaume de mon Père... »

 

Un Christianisme seulement spéculatif n'est souvent que subtil orgueil intellectuel et que trouble égoïsme moral. Mgr Montini avait le christianisme spéculatif et sublime d'un saint Jean, mais il vivait et pratiquait le christianisme agis­sant et bienfaisant d'un François d'Assise.

 

Voici, pour nous éclairer sur son cœur et sa charité, un magnifique passage de sa lettre pastorale du carême 1963 sur « Le chrétien et le bien-être temporel ».

 

« II faut que nous ayons pour le Pauvre, écrit-il, un respect particulier, une grande sollicitude. Il est le miroir du Christ, il en est presque le vivant sacrement. Il stimule l'exercice de la charité, il en est l'objet. Il est le frère dont les besoins, s'ils ne lui confèrent pas de droits, sont pour nous des devoirs. Il est notre tourment si nous le fuyons; il est notre joie si nous nous en préoccupons. Il est notre maître à bien vivre, si nous écoutons sa muette leçon. Il est le compagnon de voyage qui, en définitive, est toujours à nos côtés : « Les pauvres, a dit Jésus, vous les aurez toujours avec vous. »

 

« Cette prophétie évangélique se réalise encore parmi nous, en ces temps de bien-être. Considérons la réalité du monde contemporain : il semble enfin capable de se procurer tout le pain nécessaire. Mais l’est-il vraiment ? Non, il ne l'est pas encore. Il ne l'est pas chez nous car d'innombrables hommes n'ont pas encore assez de pain pour satisfaire aux besoins normaux de la vie et à son développement naturel. La pros­périté croissante ne doit pas nous faire illusion, elle n'est pas encore équitablement distribuée, elle n'est pas sûre, elle n'est pas suffisante pour tous les besoins. C'est pourquoi, lorsque nous faisons l'apologie du bien-être, nous devrions encore encourager l'effort qui l'engendre et le garantit.

 

 

« Nous devrions aussi, dès que nos disponibilités aug­mentent, penser immédiatement à l'aumône. L'aumône : mot antique et sacré. La Bible en célèbre l'obligation et les vertus rédemptrices pour celui qui l'offre, consolatrices pour celui qui la reçoit. Toute la tradition chrétienne resplendit de cette fleur de bonté personnelle et de providence sociale. Elle fait partie de l'ascétique, de la pédagogie, de la conception sociale chrétienne et elle répond si bien à l'esprit évangélique qu'elle se confond avec ses expressions les plus essentielles et les plus authentiques : la providence, la miséricorde, la charité.

 

« Aujourd'hui nous l'appellerons bienfaisance, assistance, secours, assurance ou de tout autre nom; mais le concept devrait rester ce qu'il était à l'origine, c'est-à-dire, le don d'un bien économique, offert spontanément au frère indigent (non pour qu'il reste tel mais pour qu'il renaisse de cette indigence et, enfin, se suffise à lui-même); un don gratuit, offert par amour, pour l'amour de Dieu.

 

« Ainsi l'œuvre de miséricorde est parfaite; elle ne tire pas son principe et sa vigueur de la peur, de la contrition ou de quelque intérêt secret; elle les puise dans le cœur même de celui qui l'accomplit; et celui-ci ne cherche chez l'obligé ni sympathie ni titre de mérite, il n'attend pour lui-même ni gratitude ni louange; il lui suffit que l'œil de Dieu ait vu l'intérieur de son cœur et son geste secret. Si nous cherchons des expressions vraies et réformatrices de notre christianisme, nous devons encore, et toujours davantage, cultiver l'exercice de cette bienfaisante charité »

 

Si ces paroles sont si justes et si belles, c'est parce qu'elles sont vécues.

 

Le Pauvre est le miroir du Christ... Mgr Montini savait que ne sont pas pauvres seulement ceux qui manquent de pain, d'abri ou de vêtements ; est pauvre celui qui manque de travail, mais l'est encore plus celui qui manque de vérité, qui manque de Dieu.

 

Voilà le secret de toute son œuvre pastorale : il cherchait le pauvre, le sacrement du Christ. Lors de la première nuit de Noël qu'il passa à Milan, il ne célébra pas sa messe parmi l'éclat des cierges de la cathédrale, les chœurs des Pueri Cantores et les hermines des chanoines. Vêtu en simple prêtre, il rejoignit le port de mer, le dernier bidonville de la zone milanaise et, tandis qu'au dehors, dans la désolation de la misérable campagne, brûlaient des feux de joie, il célébra le sacrifice divin dans une baraque en bois, sous un toit en tôle rouillée, au centre d'un groupe de masures sans électricité, où quelques jours auparavant une petite fille, tombée dans une marmite où cuisait une misérable soupe, était morte ébouillantée.

 

Puis il parla aux missionnaires de la banlieue et leur dit l'urgente nécessité d'inventer de nouvelles formes d'apostolat et de liturgie en face de cette masse douloureuse de déracinés ; il incita ses prêtres à évangéliser les pauvres et à célébrer, si nécessaire, la messe en plein air, sur des tables de cuisine.

 

« Seul un cœur qui aime peut comprendre. Un cœur qui n'aime pas est porté à juger avec froideur. » Souvent quand la nuit était déjà tombée sur Milan, le cardinal sortait pour visiter un malade, porter secours à un malheureux, donner une parole d'espérance à qui était dans le désespoir ou aider quelque vieillard ruiné, trop digne pour montrer sa misère.

 

« II faut aider quiconque le demande, dit-il un jour à un dirigeant de l'A.C.L.I, si nous n'y arrivons pas nous vendrons tout ce que nous avons. »

 

Personne n'a jamais frappé en vain à sa porte; toute demande d'aide a été satisfaite, avec discrétion.

 

Les mineurs de la Candoglia lui avaient écrit pour lui parler de leur solitude et des soirées qu'ils étaient obligés de passer dans les carrières loin de leurs familles. Le cardinal leur envoya aussitôt un accordéon pour égayer leurs veillées.

 

Pendant la visite qu'il faisait chaque année à l'Hospice de la Sainte-Famille, il ne manquait jamais de s'arrêter devant les plus malheureux. Et les immigrés de la banlieue désolée se souviennent encore avec émotion des visites qu'il leur rendait, sans aucun caractère officiel, presque en cachette, s'intéressant à leurs problèmes, leur apportant le réconfort et l'espérance chrétienne matérialisés par des secours concrets.

 

Mgr Colombo a écrit, à propos de sa charité, faite de petites attentions délicates : « Il n'était jamais assez fatigué pour ne pas s'apercevoir que, près ou loin de lui, quelqu'un cachait un désir ou une peine secrète. Il y parvenait grâce à une admirable intuition, avec une geste opportun : une lettre inattendue, une louange cordiale, un don à une famille en pleurs, une bouteille de vin à un vieux prêtre malade, une boîte de gâteaux à un enfant, une invitation pour la fête de Noël à qui était seul au monde... »

 

A suivre…

 

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 20:56

 

Si Dieu veut que vous soyez malade présentement, pourquoi ne le voudriez-vous pas ? La volonté de Dieu n'est elle pas toujours sainte et adorable ?

 

Pourquoi êtes-vous au monde ? Est-ce pour faire votre volonté ou celle de Dieu ?

 

Vous lui dites tous les jours : que votre volonté soit faite ; et maintenant que Dieu vous manifeste sa volonté en vous frappant de maladie, vous opposeriez-vous à son accomplissement ? Dites donc une bonne fois du fond de votre cœur : Seigneur, que votre volonté soit faite !

 

Vous demandez à Dieu votre guérison et vous éclatez en plaintes parce   qu'il ne vous l'accorde pas : ne vaut-il pas mieux être malade avec la volonté de Dieu  que  bien  portant malgré lui ?

 

Vous vous irritez de l'impuissance des remèdes : usez-en, c'est bien ; Dieu vous y autorise ; s'ils restent sans effet, qu’avez-vous de plus sage à faire que de vous soumettre à une volonté toute-puissante, contre laquelle toute rébellion est aussi folle que superflue ?

 

«Je suis si heureuse d'être telle qu'il plaît à Dieu, disait une pieuse fille, que je n'échangerais pas mes douleurs contre une couronne. »

 

Une mère de famille, à ses derniers moments, était en proie à de vives souffrances : le prêtre l'exhorta à la résignation : « Quoi ! Lui répondit-elle, et pourquoi ne me soumettrais-je pas à la volonté de Dieu ? Toute ma vie je lui ai demandé ce qui lui plaisait, joie ou croix, et maintenant qu'il exauce mes vœux, aurais-je des motifs de me plaindre ? »

 

Heureuses les âmes qui ont de tels sentiments !

 

Vous êtes inquiète, dites-vous, parce que vous vous trouvez dans l'impossibilité de réciter vos prières, d'aller à l'église, de vous livrer à vos habitudes de piété. Et pourquoi vous troubler de ce que vous ne pouvez pas faire ? Pourriez-vous servir Dieu mieux et plus sûrement qu'en vous soumettant à sa vo­lonté ? Qu'y a-t-il de plus grand, de plus méritoire, de plus glorieux, que de souffrir pour Dieu ? Un grand nombre de saints ont été contraints de passer toute leur vie avec des in­firmités qui ne leur permettaient pas de faire de longues orai­sons, ni de se livrer aux bonnes œuvres qu'ils eussent désiré faire : ils se soumettaient à Dieu, et c'était tout ce qu'il exi­geait d'eux pour les sanctifier.

 

Mais, vous ajoutez encore, ce qui me contrarie, c'est de voir que je cause tant d'embarras à ceux qui doivent me soigner ou vivre avec moi. Tranquillisez-vous : la maladie est une occa­sion d'acquérir beaucoup de mérites, non seulement pour ce­lui qui est malade, mais encore pour ceux qui l'assistent. «Quel­le consolation, disait saint François de Sales dans sa dernière maladie, de voir les peines que ces bons serviteurs se donnent pour moi ! Ils gagnent le ciel à force de bons soins et de cha­rité. »

 

Courage donc ! Il est bien plus aisé de faire son purgatoire en ce monde que dans l'autre : songez combien vous serez heureu­x un jour si vous souffrez maintenant avec patience !

 

Pourvu que vous arriviez au ciel, qu'importe le chemin qui vous y mène ! La route peut vous paraît longue aujourd'hui, mais qu'elle vous semblera courte quand vous toucherez au terme !  Laissez Dieu agir en maître et reposez-vous sur lui avec un abandon complet, comme le passager se confie au pilote pen­dant la tempête ! Ce monde est une mer houleuse semée de mille écueils. Auriez-vous moins de confiance en Dieu pour vous conduire au ciel que dans le matelot pour vous faire aborder heureusement au rivage ?

 

Dieu sait ce qui est le plus avantageux pour votre salut : con­tentez-vous de ce qu'il fait. Il n'a nul besoin de vos conseils : Il ne demande que votre soumission. Sa bonté vous mesure les croix en raison de vos forces : Il a fixé lui-même le temps où il sera opportun de vous en délivrer, et elles ne dureront pas au delà de ce qui vous est nécessaire ou avantageux. Que cette réflexion vous soutienne et vous console.

 

Sainte Lidwine était admirablement fidèle au Seigneur : Il l'éprouva par une maladie extraordinaire durant trente-huit ans, et la patience avec laquelle elle supporta celle épreuve l'éleva à une haute sainteté.

 

Combien d'âmes sont montées au ciel par la maladie et que la santé eût précipitées en enfer ! Combien d'autres sont déjà malheureuses pour l'éternité, et qui eussent été à jamais heureuses si elles avaient été éprouvées par de longues et cruelles souffrances !

 

Saint Alipe resta couché quatorze ans : une large plaie le faisait beaucoup souffrir. Dans cette position douloureuse, il répétait constamment la même prière : « J'adore votre sainte volonté, Ô mon Dieu ! Vous êtes juste et vous m'éprouve avec équité ! » Que cette prière soit aussi la vôtre dans tous vos souffrances et vos maladies !

 

Voici encore quelques courtes oraisons que vous réciterez avec profit quand vous serez malade, non pas toutes à la foi mais tantôt l'une, tantôt l'autre.

 

O mon Dieu, je crois en vous ! — 0 mon Dieu, j'espère en vous !... O mon Dieu, je vous aime par-dessus tout ! O mon Dieu, j'ai un extrême regret de vous avoir offensé !... O Jésus, je veux souffrir, parce que vous le voulez ! 0 Jésus, je veux souffrir comme vous le voulez ! 0 Jésus, je veux souffrir an tant que vous le voulez ! O Jésus, je veux souffrir aussi longtemps que vous le voulez ! O Jésus, je veux souffrir par l'amour de vous, parce que vous avez beaucoup souffert pour l'amour de moi ! Jésus, Marie, Joseph, assistez-moi dans, mon agonie !

 

FÊTE DU JOUR: Saint Jean, apôtre et évangéliste.

 

Saint Jean est l'apôtre que désigne l'Évangile par ces mois : « Le disciple que Jésus aimait. » Notre-Seigneur aime par dessus tout, la pureté virginale et c'est cette vertu qui rendit saint Jean cher à son Cœur sacré. Le plus jeune de tous les, apôtres, Jean fut invité, sur les bords du Jourdain, à suivre Jésus, au commencement de la vie publique du Sauveur. Il fut un des apôtres privilégiés appelés à être témoins de la transfiguration et de l'agonie de Jésus.

 

A la dernière scène, sa tête reposa sur la poitrine du divin Maître, et au jour de la Passion, tandis que tous les autres fuyaient, il accompagna Jésus sur la voie douloureuse et se tint debout près de la croix avec Marie. De la croix notre divin Sauveur légua sa mère à la tendresse de l'apôtre fidèle, qui la recueillit dans sa demeure.

 

Ainsi la Vierge bénie fut confiée à un apôtre vierge, dit saint Augustin. Après l'Ascension de Notre-Seigneur, saint Jean vécut à Jérusalem, puis à Éphèse. C'est là qu'il écrivit son Évangile, si justement appelé l'Évangile de l'amour. Au­cun des autres évangélistes n'a pénétré plus avant dans la connaissance des mystères divins.  Aussi compare-t-on saint Jean à l'aigle pour exprimer la profondeur de ses vues surna­turelles. Le saint apôtre mourut à Éphèse en l'an 100 de l'ère nouvelle.

 

Extrait des LECTURES MÉDITÉES  (1933)

 

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 20:54

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

La seconde lettre a eu pour origine ce drame fleuve absurde et grotesque mais pas complètement désintéressé : Der Stellvertreter (le Vicaire) du jeune allemand en colère Rolf Hochhut qui, sous le prétexte d'offrir des documents in controversables, porte au paroxysme des rumeurs injustes et sans fondement relatives à une présumée attitude soumise, sinon passive, de Pie XII devant la persécution contre les juifs, déchaînée par le nazisme.

 

La lettre du cardinal Montini adressée, quelques jours avant son élévation au trône pontifical, au directeur de The Tablet de Londres, et publiée en anglais dans l'édition du 23 juin 1963, a été reproduite dans le texte original italien, par l'Osservatore Romano du même jour.

 

Réfutation aiguë et sereine des sottes théories du drame allemand, elle est un acte d'amour et de jalouse défense de la mémoire sacrée du grand pape calomnié. « La valeur d'un tel témoignage, écrit Osservatore, de la part d'un homme qui, en qualité de substitut de la Secrétairerie d'État, a vécu pen­dant de longues années auprès de Pie XII, n'a pas besoin d'illustration. »

 

II n'était pas rare qu'à deux ou trois heures du matin, sa fenêtre fût encore illuminée. C'était le temps qu'il consacrait, en plus de la rédaction de ses discours, à l'étude et à la lec­ture de ces auteurs qui lui offraient des points de départ et des thèmes riches d'enseignement : les Pères et les Docteurs de l'Église, les grands écrivains du dix-neuvième siècle européen et les écrivains modernes.

 

Sa préparation intellectuelle et culturelle, connue de tous, est véritablement exceptionnelle. Les quatre-vingt-dix caisses expédiées de Rome sont allées augmenter ce célèbre arsenal de livres qu'est l'archevêché milanais.

 

Quand il parle, on sent immédiatement que, non seule­ment il croit vraiment en ce qu'il dit mais aussi que sa pensée est le fruit d'une longue méditation, le résultat de longues heures d'étude. Attentif à la culture contemporaine, il a été le premier traducteur italien de Jacques Maritain, pour lequel il a un amour particulier.

 

Il fut vraiment un archevêque moderne, un homme de notre temps : il citait Bernanos, Péguy, Guardini, mais il n'était pas rare de l'entendre parler de Mann et de jeunes écrivains italiens et étrangers.

 

Il suivait attentivement les pionniers de ce renouvellement théologique dont nous sommes les témoins et qui a trouvé au Concile la confirmation de sa validité.

 

Jean Guitton, l'illustre académicien français, confiait, pendant le conclave qui élut Montini au trône pontifical, qu'il a toujours envoyé tous ses livres au cardinal de Milan et que, lorsqu'il lui expédia l'Église et l'Évangile, le cardinal en le remerciant, lui écrivait qu'il avait veillé toute la nuit pour en terminer la lecture.

 

Tout le monde savait à Milan que le cardinal était un passionné de lecture et que les livres le faisaient souvent s'endormir au matin. Son frère, directeur des Edizioni Paoline de la place du Dôme, qui avait la charge de les lui procurer, recevait chaque mois du secrétaire don Macchi, une respec­table liste de volumes qui reflétaient le meilleur de la pro­duction catholique la plus récente. Le cardinal se tenait continuellement à jour. Quand il partit pour le conclave, il laissa sur son bureau deux œuvres d'apologétique très récentes dont seules quelques pages étaient coupées. « Que de livres paraissent aujourd'hui! », l’entendit-on s'exclamer pendant une visite au centre des Edizioni Paoline en 1959, « il faudrait une longue vie pour pouvoir les parcourir tous. » Et il caressait du regard les différentes collections, feuilletant les volumes en connaisseur, des classiques jusqu'aux études de sociologie.

 

Ses audiences laissaient toujours une empreinte profonde.

 

Les milanais trahissaient dans leurs rapports avec l'arche­vêque une pointe de timidité peut-être parce qu'ils pressen­taient indistinctement qu'ils ne le garderaient pas longtemps et que Rome le rappellerait un jour pour le mettre sur le trône de Pierre. La salle d'audiences de Son Éminence était toujours ouverte à tous mais tous n'y entraient pas avec la désinvolture typique des milanais, malgré les encouragements du fidèle et discret secrétaire et la certitude d'un heureux accueil de la part du cardinal.

 

Mais une fois entrés, les choses changeaient. Le cardinal s'asseyait sur un petit divan plus solide que beau. Son appar­tement est resté aussi austère que du temps du cardinal Schuster, avec en plus, la touche moderne de l'air condi­tionné.

 

L'archevêque parlait, calme, souriant; sa parole coulait, abondante, ordonnée, méditée, quelquefois chargée d'éclairs malgré un timbre toujours parfaitement courtois. On sentait qu'elle était puisée aux sources de l'Évangile et de la pensée des évêques qui ont ponctué l'histoire du diocèse ambrosien.

 

Il n'y avait pour lui ni petits problèmes ni petits interlocuteurs : toutes choses avaient de l'intérêt et de l'impor­tance, dès lors qu'elles en avaient pour son visiteur. Il avait le plus grand respect de l'âme et de la personnalité de son interlocuteur.

 

On disait à Milan : « Il vaut mieux que tu ne souffres pas de vertiges, il te prend et t'emmène vers les hauteurs. Notre cardinal parle merveilleusement; on dirait qu'il veut nous faire devenir tous savants. »

 

Au même titre que les audiences, ses rencontres ont été mémorables.

 

La passion du cardinal Montini était de faire plaisir à tout le monde, sans jamais compromettre sa dignité de prêtre, de pasteur et de prince de l'Église.

 

La charge d'archevêque ouverte à toutes les manifestations de l'esprit et de l'action, l'a amené à participer à des congrès, des banquets, des inaugurations et des réunions culturelles de tout genre; à rencontrer des personnalités politiques et des hommes du monde, des journalistes rompus au brio des propos de table et à l'humanisme le plus libre ou des hommes d'affaires et des capitaines d'industrie préoccupés par les affaires et la fuite du temps. Le cardinal ne s'est jamais trouvé gêné et n'a jamais mis les autres convives mal à l'aise. Cita­tions, répliques, mots d'esprit rencontraient un esprit ouvert et une intelligence d'aigle; même si cet aigle ne montrait pas ses serres, enveloppées de douceur évangélique. Quand il le fallait, il savait aussi traiter des affaires avec détachement ou entretenir son interlocuteur de problèmes de technique, d'industrie et d'expansion économique.

 

S'il y a quelque chose d'étrange en lui — qui semble froid et qui, au contraire, brûle de sympathie humaine — c'est que près de lui les gros industriels de la métropole ressentent plus facilement un certain malaise que les ouvriers, les humbles, avec lesquels, dès qu'il ouvre la bouche, il établit un climat de sincère et chaleureuse affection.

 

Les rencontres du cardinal Montini avec la presse, les journalistes en général, n'ont pas toujours été sereines et détendues. Ces jongleurs de la parole et de l'information, ces astucieux forgerons de la nouvelle et de l'indiscrétion trouvaient en l'archevêque de Milan, une cible très consciente de la puissance de la presse — fils de journaliste et subtil journaliste lui-même — mais sans défense par caractère, par charité et par mission, devant les escarmouches de la plume.

Devenu pape, il manifestera son étonnement et sa crainte désarmée des journalistes en un célèbre et solide discours, prononcé le 22 septembre 1963, pendant l'audience accordée aux journalistes de l'Union de la Presse Catholique Ita­lienne : « Cette fonction, exercée avec l'amour de la vérité et celui du lecteur, accomplie avec vigueur et rigueur d'esprit, au service d'une vérité contingente et fuyante, mais aussi de celle qui reste, parce que divine, et illumine la scène du monde pour notre bonheur et notre salut... cette fonction n'est pas seulement médiation — instrumentale, passive, impersonnelle — elle est aussi mission active, apostolique et plus que jamais personnelle et méritoire. »

 

II dira ensuite ce que sont « les premières réactions inté­rieures provoquées par une invitation à rencontrer des journalistes : Parler à des journalistes! Il y a de quoi trem­bler : les journalistes sont les professionnels de la parole, ils sont les experts, les artistes, les prophètes de la parole! On peut leur appliquer ce que Cicéron dit de l'orateur : Omnia novit, le journaliste sait tout; la virtuosité de sa pensée et de son langage est telle qu'elle mettrait dans l'embarras quiconque oserait discuter avec lui, même si l'interlocuteur a un mot important à dire ; ce mot d'ailleurs, face à la parole agile, facile, heureuse du journaliste, reste timide et malaisé, hésitant presque à venir aux lèvres. Parler aux journalistes! Il y a de quoi avoir peur : ils sont prêts et infiniment habiles à arracher une allusion, une phrase, à lui trouver cent signi­fications et à lui attribuer celle qui leur convient; leur curio­sité est un filet tendu dans lequel l'imprudent qui s'approche, candide et ingénu, tombe facilement, assailli de questions inattendues, de demandes compromettantes, de jugements imprévus, libres et audacieux, quelquefois impitoyables. Par­ler aux journalistes! On peut supposer que c'est superflu : ils savent tout, disions-nous; ils ne changent certes pas d'avis : ils considèrent qu'ils transmettent simplement la parole d'autrui et des faits qui ne les regardent pas; on peut croire qu'ils sont au fond un peu sceptiques, presque indif­férents, trop adroits dans la classification des opinions d'autrui pour en subir l'influence et pour donner à ce qu'ils écoutent un poids autre que professionnel; l'intérêt est pour leur journal, et non pour leur âme. »

 

Mais parlant aux journalistes catholiques, le pape dorera un peu la pilule : ... « Les premières réactions, disions-nous, parce que d'autres leur succèdent aussitôt, qui prévalent victorieusement si l'on considère... » Etc.

 

A suivre

 

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