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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 17:50

 

 

Cette idée du Pape a vraiment été une idée géniale et qui le définit tout entier.

 

Elle a été aussi la plus merveilleuse des trouvailles pour relancer son pontificat, à un moment particulièrement délicat de l'histoire de l'Église et de l'humanité.

 

Le pape Paul VI a toujours été l'homme des idées excep­tionnelles, marquées d'une très nette empreinte personnelle, de cet irremplaçable style « montinien », qu'il a depuis l'en­fance, comme nous avons pu le voir à maintes reprises au cours de cette biographie. La Grande Mission de Milan en est un exemple clair.

 

Le nouveau Pape avait d'ailleurs fixé sa prédilection apostolique le 21 juin 1963, en choisissant le nom de Paul. Le nom d'une personne est important; il est toujours un programme quand il est choisi dans des circonstances par­ticulières et solennelles, comme la profession religieuse ou l'élévation d'un nouveau pontife à la Chaire de Pierre. Saint Paul fut en effet le plus ardent et infatigable marcheur du Christianisme. Il fut le premier grand guide de la nouvelle religion, le premier scout de la foi.

 

Sa vie ne fut qu'un voyage : il parcourut des milliers de kilomètres et rencontra des millions de personnes. Ses lettres, dans lesquelles le terme voyage est répétées comme une néces­sité de la foi, en sont un vivant témoignage. Indubitablement, le christianisme, mission et témoignage de vérité, naissent en chemin. Aujourd'hui, surtout, que l'Église a entrepris un nouveau chemin vers « des cieux et des terres nouvelles » …

 

Nous avons vu que Paul VI n'en est pas à son premier grand voyage : le 5 juin 1960, archevêque de Milan, il quitta la « Malpensa » à destination de l'Amérique et, en deux semaines, accomplit quator2e vols, qui le conduisirent à New York, Chicago, Philadelphie, Washington, Baltimore, Brasilia, Saô-Paulo, Rio-de-Janeiro.

 

En 1962, du 19 juillet au 10 août, il se rendit en Afrique, où il visita les ouvriers italiens qui travaillent au grand bar­rage de Kariba et de nombreuses villes d'Afrique du Sud.

 

Nous avons rapporté le mot du pape Jean, qui se révèle maintenant comme une authentique prophétie, disant que son successeur « monterait dans les avions ». Et cet avion de la compagnie Alitalia, le premier qu'il ait pris en tant que pape, ne sera certainement pas le dernier.

 

LA  LONGUE PRÉPARATION  SECRÈTE

 

Paul VI va donc en Terre Sainte, là où le Christ a vécu et fondé l'Église : c'est un événement historique dont la portée dépasse la chronique contingente. Pierre est venu d'Antioche à Rome en 42 de notre ère (l'année est incertaine); il y est resté vingt-cinq ans... il a été le premier Pon­tife de Rome et c'est à Rome qu'il est mort martyrisé en 64 ou 67.

 

Depuis lors, en 1930 années environ, aucun pape n'est jamais retourné en Palestine. Paul VI est le premier des 262 successeurs de Pierre qui entreprend un pèlerinage en ces lieux sacrés, qui fasse le voyage du grand retour, qui remonte à la source. Il le fait en un temps de Concile, presque pour signifier un retour au Concile de Jérusalem, celui au cours duquel les Apôtres décidèrent de lancer l'Église à la conquête du monde païen et de permettre à Paul de baptiser les gentils, sans leur imposer de rites, de contraintes ni de lois particulières. Ce fut un concile largement ouvert aux néces­sités de la société du temps… Un concile dans lequel on lança la première codification du Verbe de Jésus, avec le Credo ou Symbole des Apôtres.

 

C'est la première fois qu'un pontife va en Terre Sainte, la première fois depuis 160 ans qu'un pape franchit les fron­tières de la péninsule italienne (si l'on excepte Pie VII qui alla à Paris en 1804 et fut traîné en France cinq ans plus tard, prisonnier de Napoléon); la première fois aussi qu'un pape voyage en avion; ce sont là des faits et des circonstances qui étaient tout simplement impensables jusqu'au 4 octobre 1962, le jour où le pape Jean, souriant et serein, malgré la maladie qui le dévorait déjà, fit son fameux pèlerinage à Lorète et à Assise…

 

Mais si ce pèlerinage en Terre Sainte est déjà sensationnel en lui-même, les perspectives qu'il ouvre sont incalculables pour le moment. Il suffit de songer qu'à Jérusalem, Paul VI rencontrera les patriarches des Églises d'Orient, et surtout Athénagoras de Constantinople, qui est le primus inter pares, c'est-à-dire une sorte de Pape Orthodoxe, qui n'a pas juris­prudence sur les églises autonomes mais jouit d'une pri­mauté d'honneur reconnue.

 

Quand l'inspiration de ce pèlerinage vint-elle à Paul VI ? Il est difficile d'indiquer une date, d'établir un jour précis. On peut dire que Jean-Baptiste Montini désirait, depuis de nombreuses années, se rendre en Terre Sainte, mais qu'il n'avait jamais pu réaliser ce rêve. Élu pape, le 21 juin 1963, il demandait à la Secrétairerie d'État, dès la fin juillet, un rapport détaillé et très secret sur la situation religieuse, sociale et politique de la Palestine.

 

Les très rares prélats au courant de cette requête pensèrent immédiatement que Paul VI projetait un geste d'une impor­tance exceptionnelle. L'idée mûrissait rapidement, et peut-être était-elle déjà définie dans les grandes lignes, quand, à la mi-août, survint un fait singulier. Un matin, le Pape trouva, dans son courrier du jour, un pli provenant de Nazareth, expédié par les « Compagnons de Jésus charpentier ».

 

Rappelons que cette congrégation religieuse fut fondée il y a quelques années par un prêtre français, Paul Gauthier. Professeur au séminaire de Dijon, Gauthier était revenu d'une visite en Terre Sainte avec un poids sur le cœur. C'était sur la terre du Christ qu'il avait vu des milliers d'êtres humains plongés dans la misère la plus sombre ; c'était sur la terre du Christ qu'il avait touché du doigt la scandaleuse opposition entre chrétiens qui se disputaient la propriété du Saint Sépulcre, partagé entre catholiques, orthodoxes grecs et monophysistes d'Antioche. Il avait alors pensé, avec ses confrères, qu'il fallait faire quelque chose.

 

C'est ainsi que naquit la congrégation des « Compagnons de Jésus charpentier »; charpentier, c'est-à-dire travailleur, proche des pauvres et des abandonnés. Ils partirent et s'établirent à Nazareth où s'était déroulée une grande partie de la vie du Christ. Ils voulaient vivre les mêmes souffrances que le peuple, l'aider à se relever, lui témoigner leur fraternité par le sacrifice. En Palestine, la vie s'est arrêtée au temps de Jésus : les gens s'habillent de la même façon, souffrent autant, et, par milliers, habitent encore dans des grottes. Les compagnons choisirent pour chapelle une grotte, où Jésus était peut-être entré, et déposèrent le Saint Sacrement dans la très antique mangeoire creusée dans la roche. L'Église se réunissait en Concile; pouvait-elle trouver meilleure occasion de se prononcer sur la misère, sur l'intolérance raciale et religieuse, sur la division des âmes, sur toutes les plaies de l'humanité, particulièrement douloureuses et exas­pérées en Palestine ?

 

Les Compagnons écrivirent à des cardinaux et à des évêques, demandant que le Concile traitât aussi de thèmes sociaux. Il se constitua une sorte de mouvement de « l'Église des Pauvres » dont font partie les cardinaux Léger et Lercaro, l'évêque chilien, Mgr Larrain, qui a vendu sa croix pectorale pour fonder une école, le colombien Mgr Botero Salazar, qui a quitté son palais pour s'établir dans une petite maison du quartier ouvrier, et l'évêque du Sahara, Mgr Mercier, qui débarqua à Gênes et rejoignit Rome à pied, pauvrement vêtu et mendiant son pain quotidien.

 

A suivre…

 

Extrait du volume : PAUL VI 

                                G. SCANTAMBURLO

                                Édition; Maison Mame  (1964)

 

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 17:23

 

 

Lorsque Salomon monta, sur le trône, âgé seulement de dix-sept ans, Dieu lui demanda ce qu'il souhaitait. « Seigneur, répondit le jeune prince, je ne suis qu'un en­fant, et je dois régner sur un grand peuple. Je ne vous de­mande ni les honneurs ni la fortune, mais une seule chose, la sagesse. » Cette prière plut au Seigneur, et il accorda à Sa­lomon, non seulement la sagesse qu'il demandait, mais les ri­chesses et la gloire qu'il n'avait pas sollicitées.

 

Puissent nos vœux, chers lecteurs ressembler à celui-là ! Oubliant les vanités qui nous font exprimer tant de misérables souhaits et solliciter les petits bonheurs de ce monde, puissions-nous adresser à Dieu la même prière que Salomon : « Seigneur, donnez-nous la sa­gesse ; » et notre Père de là-haut, tout en l'exauçant, y ajou­tera par surcroît, dans toute la mesure où ils nous seront uti­les, les biens de la terre et la bonne renommée.

 

Mais, il y a longtemps qu'on l'a dit, et cette parole reste toujours vraie : Aide-toi, le ciel t'aidera. Si nous voulons ac­quérir la sagesse et, avec elle, tous les biens qui en sont la suite ou la récompense, il faut nous aider un peu nous-mêmes. La grâce de Dieu ne manquera pas, mais un certain travail personnel est nécessaire.

 

Un petit trait vous dira en quoi principalement doit con­sister ce travail, point de départ et condition du succès.

 

Un jour Socrate, passant devant le temple de Delphes, lut sur le frontispice ces mots : Connais-toi toi-même. Ce fut pour lui comme un trait de lumière. Il avait jusqu'alors pour­suivi la sagesse dans mille directions différentes ; il avait lu une multitude de livres; il n'en avait oublié qu'un: c'était son propre cœur. Il avait étudié l'histoire des peuples les plus lointains ; mais il ne connaissait pas son histoire à lui, du moins il n'avait jamais réfléchi sur les événements de sa vie.

 

II avait fatigué ses yeux à l'étude de l'astronomie, et il n'a­vait pas sondé les profondeurs de son âme. Il avait écouté les plus illustres maîtres, et il n'avait pas prêté l'oreille à la voix de sa conscience. Ces simples mots: « Connais-toi toi-même,» lui révélèrent qu'il n'était qu'un ignorant, puisqu'il avait oublié d'apprendre l'a b c de cette grande science de la sagesse. Il se mit à étudier son cœur, et il recueillit de cette élude les plus précieux résultats.

 

A nous aussi, de nous dire : « Connais-toi toi-même. » Peut-être un bon nombre d'entre nous sont aussi dans la situation où était Socrate avant d'avoir médité la fameuse maxime. Nous avons beaucoup de connaissances, mais dans le fond nous ne savons pas trop comment nous sommes et ce qui nous manque au moral. Peut-être encore connaissons-nous mieux la géographie et la statistique de notre pays que celles de notre âme. Si nous sommes de la cam­pagne, peut-être connaissons-nous mieux l'art de cultiver un champ que celui de cultiver cette âme, la nature des ter­rains que celle de nos dispositions et de nos penchants. Enfin, nous savons sans doute mieux ce qui convient, à la santé de notre corps qu'à celle de notre âme.

 

Et pourtant, où est la logique, où la saine raison dans cette immense préférence donnée aux choses temporelles ? Ne faut-il pas s'occuper plutôt de ce qui doit durer éternellement que de ce qui finit après quelques jours ? Si nous négligeons la connaissance de nous-mêmes, n'est-il pas vrai que nous ressemblons à cet homme, qui, une lunette en main, considérait le cours des astres, pendant que, ne regardant pas à ses pieds, il allait choir dans un puits ?

 

Pour dire toute la vérité, nous devons convenir que la connaissance de nous-mêmes n'est pas, au début surtout, une science bien réjouissante ;  elle réserve des humiliations  à notre amour-propre, car on y marche de désenchantement en désenchantement. Une femme qui se croyait belle, et qui est forcée tout à coup de se reconnaître laide dans un miroir, n'est certes pas ravie de la découverte.

 

C'est notre histoire : quand nous nous mettons à nous étudier avec candeur et bon­ne foi, nous nous trouvons passablement laids au moral. Nous disons de bonne foi, parce que souvent on se trompe soi-même : on veut à tout prix se faire illusion ; on imite les gens qui commandent leur portrait à un peintre et qui se fâcheraient s'il reproduisait exactement leurs traits. On peint pour soi-même un portrait de fantaisie qu'on a la naï­veté d'admirer. Cette vanité nous cache nos défauts les plus saillants ou les transforme en qualités aimables.

 

Il n'y a qu'un moyen d'arriver à la connaissance de soi-même: c'est de s'examiner devant Dieu, et, dès que l'on cons­tate certaines imperfections, de leur faire impitoyablement la guerre. Un petit examen de chaque jour y aidera avec beaucoup d'efficacité. N'en doutons pas, dès que nous nous connaîtrons parfaitement nous-mêmes, nous ne serons pas loin de posséder la véritable sagesse.

 

Voici sur cet important sujet quelques réflexions qui ne manquent pas d'à-propos.

 

« II y a, dit un pieux auteur, une connaissance devant la­quelle chacun recule, c'est la connaissance de soi-même.

 

» On ferme les yeux pour ne point se voir, preuve évidente qu'on a peur de se voir tel qu'on est. On ouvre au contraire les oreilles aux complaisants comme pour se rassurer contre son propre jugement.

 

» Cette conduite n'est ni raisonnable, ni chrétienne.

 

» Pour se bien connaître, il faut se recueillir en soi-même.

 

» Dans une eau bien tranquille, on distingue les plus petits grains de sable, et, dans la paix de l'âme, on se rend mieux compte de sa valeur personnelle. Or, s'apprécier à sa juste valeur, c'est surtout reconnaître ses défauts et ses imperfections. Si quelqu'un y contredit, c'est parce qu'il a, en dehors des défauts ordinaires, celui de ne pas vouloir les reconnaître.

 

» C'est un grand défaut, en effet, et la plus grande imper­fection, de ne pas reconnaître qu'on a beaucoup d'imper­fections et de défauts.

 

» Une chose m'a toujours frappé, c'est de voir les saints c'est-à-dire ce qu'il y a de plus grand sur la terre, s'esti­mer les derniers des hommes. Que penser après cela de quelqu'un qui se croit quelque chose, sinon qu'il n'est pas assez clairvoyant ni assez saint pour voir clair au milieu de ses misères ?

 

» Que chacun de nous en vienne à la preuve et ne craigne pas d'entrer dans son intérieur, un flambeau à la main. Ce petit examen fera plus que tous les raisonnements. Exa­minez-vous aussi sévèrement que vous jugez votre semblable; à la liste de vos péchés, ajoutez celle de vos défauts naturels, de vos bévues, de vos maladresses ; si vous vous rendez ainsi souvent compte de l'état de votre intérieur, vous parviendrez  à  acquérir cette  connaissance  de  vous-même, si précieuse et si nécessaire. »

 

FÊTE DU JOUR: Saint Lucien d'Antioche, martyr.

 

Saint Lucien, élevé dès son enfance dans la piété par de vertueux parents, devint orphelin à douze ans. Dans son abandon il recourut à Dieu comme à son véritable Père, donna ses biens aux pauvres et, sous la direction d'un saint maî­tre, nommé Macaire, se livra à l'étude des Saintes Écritures. Après une jeunesse de prière et de sévères austérités, il fut Ordonné prêtre et ouvrit une école à Antioche. Les succès «de son enseignement attirèrent sur lui l'attention des autori­tés païennes et, lorsque la persécution de l'Empereur Maxime sévit en Orient, il fut un des premiers chrétiens qui furent saisis et emmenés à Nicomédie où résidait le tyran. Confié à la garde d'une troupe de soldats apostats, il leur montra l'énormité de leur crime et les décida à confesser de nouveau Jésus-Christ jusqu'au martyre. Dans la prison, Lucien devint le Consolateur des chrétiens persécutés. Fort de sa foi, il refusa les dignités les plus considérables de l'empire et subit des tourments horribles pour le nom de Jésus-Christ. On le laissa quatorze jours sans nourriture ni lumière ; le quinzième il expira en répétant trois fois: «Je suis chrétien. » L'empereur, s'acharnant sur le corps inanimé de Lucien, le fit jeter dans la mer avec une énorme pierre attachée à la main droite.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 17:07

    

 

Le projet, repensé pendant les neuf mois d'interruption, est divisé en une introduction suivie de quatre chapitres :

 

I. — Le Mystère de l'Église,

II. — La Constitution hiérarchique, avec une étude par­ticulière du                                                       problème de l'épiscopat,

III. — Le Peuple de Dieu,

IV. — La vocation de l'Église à la Sainteté.

 

Depuis les premières interventions, le schéma a été accepté comme base de discussion par tous les Pères conciliaires y compris ceux qui avaient présenté auparavant des centaines d'amendements. 2,900 Pères ont été convoqués aux réunions générales, alors qu'ils n'étaient que 2.778 à la première ses­sion. Malheureusement, ainsi que le Pape a fait tristement allusion, beaucoup d'évêques des pays d'au-delà du rideau de fer sont absents.

 

Pendant les neuf mois de suspension, 72 Pères conciliaires sont morts, mais 177 nouveaux Pères se sont présentés à leur place, en raison de la nomination de 98 archevêques et évêques, de 4 supérieurs généraux d'Ordres et de Congré­gations et de 75 préfets apostoliques. Dans l'enceinte conci­liaire sont également présents dix laïcs d'illustre réputation, tous dirigeants d'organisations catholiques.

 

Le nombre des observateurs des autres églises chrétiennes est passé de 45 à 64, y compris les hôtes du Secrétariat pour l'Unité.

 

Il pourra être intéressant, avant de passer à l'étude de détail, de faire une chronique rapide, mais fournie, des tra­vaux conciliaires en nous arrêtant plus particulièrement sur certains aspects de cette seconde session, et surtout sur quelques-unes des relations que divers organes de presse ont donné de l'événement.

 

La curiosité qui entoure cette seconde session, nous y avons fait allusion, n'est pas le seul fait des catholiques et des chrétiens des églises séparées de Rome. En décidant de la continuation de Vatican II, dès son premier message après son élévation au Pontificat, Paul VI n'a pas caché à l'opinion publique et à lui-même, le poids de l'héritage qui lui avait été transmis par Jean XXIII; poids si grand qu'il le « décon­certe jusqu'à la souffrance ». A côté de l'événement excep­tionnel qui engage la responsabilité morale et humaine de l'Église romaine, une question se pose tout naturellement, étroitement liée à l'attente universelle des décisions, du nouveau programme de modernisation, et des modifications canoniques qui sortiront de la libre discussion des Pères conci­liaires : « Que définira en somme, se demande-t-on beaucoup dans la presse, le Concile Œcuménique de l'ère atomique ? »

 

La continuation du Concile que Paul VI, s'il l'avait voulu, pouvait aussi bien renvoyer, remettre, suspendre ou même annuler selon les canons 222 et 229 du code de Droit Canon, maintient dans sa fermeté l'essence spirituelle de la pensée de Jean XXIII. La continuation rappelle avec insistance les efforts pour consolider la justice et la paix parmi tous les chrétiens, pour retrouver l'unité, douloureusement brisée dans le passé, et pour réformer en même temps le Droit Canon.

 

Mais, en fait, le Concile Vatican II commence seulement à cette seconde session. La première phase esquissa à peine les grandes lignes et servit surtout, dès le début, à dégager les courants de pensée, les controverses et les méfiances, à l'égard du traditionnel et, si l'on peut dire, séculaire immo­bilisme de la Curie romaine ; d'où le terme de aggiornamento, repris par la rhétorique officielle de Paul VI, en tant que possibilité actuelle de sortir des habitudes « paresseuses et sans générosité » et de ramener l'Église catholique sur le plan de la réalité, au-dessus, ou contre, l'erreur contingente.

 

La préparation de cette seconde session a corrigé les hési­tations de la première période préparatoire. Paul VI a voulu obéir à la synthèse des schémas et tout particulièrement au regroupement mesuré des responsabilités. Cette fois, la direc­tion proprement dite des travaux conciliaires et l'organisa­tion des discussions au sein des congrégations générales ont été confiées à quatre cardinaux seulement. La nationalité de ces princes de l'Église, appelés Modérateurs, reflète déjà la volonté de Paul VI. Deux de ces cardinaux, l'archevêque de Munich, Doepfner, et l'archevêque de Bruxelles, Suenens, appartiennent à deux nations où l'épiscopat est estimé pour son énergie modérée, son indépendance et son « franc-parler » vis-à-vis de la Curie. Les deux autres sont l'arche­vêque de Bologne, le cardinal Lercaro, et l'Arménien Agagianian. Le choix de ce dernier est déjà un hommage rendu aux églises catholiques qui ne suivent pas le rite romain et aux communautés des églises orientales. Tous les Conciles Œcuméniques de l'histoire représentent un procès de clari­fication que l'Église se fait à elle-même. Le « procès uni­versel » de Vatican II sera célébré et mené à bonne fin par Paul VI, après les préliminaires annoncés et dirigés par Jean XXIII. Quelques observateurs étrangers ont, en effet, écrit que le Concile dépendait seulement des directives de Paul VI en tant que protagoniste régulateur de l'assemblée. Per­sonne ne peut dire quelles seront les orientations suggérées par la volonté du nouveau Pape, dont on ne connaît pas encore la pensée réelle.

 

La première session eut ses journées de tempêtes. Les résultats concrets ont été minces par comparaison avec l'es­pérance soulevée par la grande œuvre entreprise. Le premier problème de Vatican II concerne, principalement, la décen­tralisation de la Curie et son internationalisation demandées surtout par le clergé étranger et particulièrement par le clergé français.

 

La Curie se développa dans le contexte historique d'état de siège dans lequel l'Église s'est trouvée au centre du monde moderne. Dans le droit moderne, la Curie sert exclusive­ment à désigner le vaste ensemble des dicastères ecclésias­tiques qui assistent le Souverain Pontife dans le gouverne­ment général de l'Église. Son immobilisme, au fond, date à peu près de l'époque de Sixte Quint qui la réorganisa sur les bases qui, aujourd'hui encore, en constituent le fonde­ment, selon la Constitution Immensa Aeterni Dei du 22 jan­vier 1588.

 

Une tentative limitée de réforme fut accomplie par saint Pie X, pour fixer les pouvoirs des différents dicastères. Plus tard, Benoît XV accepta la réforme du pape Sarto (Pie X), tout en apportant quelques innovations dans la Congréga­tion des Églises orientales, celle des Séminaires, et celle des Universités et en supprimant la Congrégation de l'Index, dont les attributions furent données au Saint-Office.

 

Paul VI, à la veille de la seconde session de Vatican II, a précisé sa pensée sur la réalité moderne de la Curie, en adressant, le 22 septembre 1963, une allocution aux cardi­naux et aux prélats attachés aux différents dicastères de cet organisme. « La Curie Romaine, a-t-il dit, est un instrument dont le Pape a besoin et dont il se sert pour mener à bien son propre mandat divin. »

 

 Mais, dans son allocution, le Pape a souligné le fait que l'on a aussi adressé à la Curie des critiques : « Nous devons accueillir les critiques qui nous entourent avec humilité, avec réflexion et aussi avec recon­naissance. » Enfin, dans les paroles de Paul VI, il y a une précision directe sur le projet de modernisation de la Curie, dans ses Structures juridiques. « C'est de Rome que part aujourd'hui, a conclu le Pontife, l'invitation à se mettre à jour. Mise à jour de la Curie et réforme du Droit Canon sera réalisées grâce au Concile. Bien des années ont passé, a-t-il observé, et l'âge vénérable de la Curie peut expliquer la détérioration de son organisation et le décalage qui s'est créé entre les exigences, les usages des temps nouveaux et les moyens dont elle dispose; il éclaire également son besoin de se simplifier, de se décentraliser et, en même temps, de s'élargir et de s'initier à de nouvelles fondions. »

 

En ce qui concerne la Curie romaine, Vatican II confor­mera donc ses décisions aux demandes d'internationalisation.

 

Le fait le plus surprenant de ce Concile moderne c'est la présence d'observateurs orthodoxes, calvinistes et luthériens, considérés jusqu'à hier comme hérétiques et schismatiques, et appelés, aujourd'hui, « très chers observateurs » et « frères baptisés ». Les observateurs assistent aux discussions en qua­lité de témoins et dans la familiarité d'une hospitalité chré­tienne. Le Concile prouve que l'Église romaine n'a rien à cacher au monde, ami ou ennemi, en offrant aux regards ces schémas que la tradition de la Curie reléguait la plupart du temps dans le secret de ses Congrégations. Avec cette Assem­blée œcuménique, l'Église pourra peut-être se définir elle-même d'une façon moderne, en se hissant au-dessus de l'im­mobilisme de la tradition archaïque, en abandonnant défi­nitivement l'esprit de la contre-réforme et en écoutant les requêtes des protestants relatives à une modernisation de l'interprétation des Saintes Écritures.

 

Un écrivain français, commentant la reprise du Concile, a déclaré que la théologie officielle a perdu son caractère et son esprit de polémique et de défense. Tous les problèmes de notre époque seront passés en revue par le Concile dans la vision universelle de la justice et de la charité chrétiennes : depuis le problème des pays sous-développés et de la répar­tition des richesses jusqu'à l'interprétation des conquêtes scientifiques.

 

Enfin, le point le plus important concerne le dialogue entre Rome et les Églises séparées où réside l'esprit des difficultés d'ordre psychologique et historique qui condi­tionnent le catholicisme dans ses rapports avec l'Orient chré­tien et le monde protestant. L'œcuménisme romain et catho­lique ouvre ses bras au monde pour la seconde fois. En s'adressant aux Églises orientales.

 

Paul VI a dit : « Qui pour­rait nier que ces Églises tirent leur origine de l'unique tronc commun, Notre-Seigneur Jésus-Christ ? Et qu'elles ont le même baptême, la même foi fondamentale, une hiérarchie valable et des sacrements efficaces ? »

 

La charité catholique semble s'être alliée à la délicatesse évangélique à l'égard de ces malheureux pays où le clergé est, aujourd'hui encore, esclave d'un état athée. Particulière­ment significative est à cet égard l'initiative prise par Paul VI d'envoyer à Moscou, à la veille de la seconde session, l'évêque de Fribourg, Mgr Charrière, pour participer aux cérémonies données en l'honneur du Patriarche Alexis à l'occasion de son quatre-vingtième anniversaire.

 

A suivre…

 

Extrait du volume : PAUL VI 

                                G. SCANTAMBURLO

                                Édition; Maison Mame  (1964)

 

Extrait de : Le Rhin se jette dans le Tibre

 

Il est évident que l'histoire du présent Concile devra être écrite selon les normes que les anciens ont fixées aux historiens, et dont la première est la suivante :

 «Ne rien oser dire de faux, mais aussi ne rien cacher de la vérité. Ne rien écrire qui puisse donner naissance au moindre soupçon de favoritisme ou d'animosité.» (Cicéron, Or. 11. 15.)

 

S. S. PAUL VI, 31 janvier 1966.

 

http://www.a-c-r-f.com/documents/WILTGEN_Le-Rhin-se-Jette-dans-le-Tibre

 

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 11:47

L'Église, dans la fête de l'Épiphanie, honore le mystère de la manifestation de Notre-Seigneur aux nations.

 

Noël était comme une fête intime où n'étaient conviés que les représen­tants du peuple de Dieu : Marie, Joseph, les bergers ; l'Épiphanie, c'est l'expansion, dans le monde entier, des clartés du soleil de justice encore à son aurore.

 

Les Rois Mages, ve­nus de l'Orient adorer le Sauveur, furent ses premiers apôtres auprès des nations, qui attendaient, assises à l'ombre de la mort, l'annonce d'un jour nouveau.

 

Saints messagers, qui nous prêchent encore, après dix-neuf siècles, la foi, la générosité, la docilité aux inspirations de la grâce.

 

D'après, la tradition, Dieu a permis que les corps de ces saints personnages fussent conservés.

 

Pendant le siège de Milan par l'empereur Frédéric Barberousse, les principaux citoyens de la ville cachèrent ces corps, envoyés autrefois dans cette ville par Eustorgius, évêque de Constantinople.

 

A la suite de l'Empereur se trouvait Reinold, évêque de Cologne, à qui, pour prix d'un service rendu, un noble chevalier indiqua le lieu de ce dépôt précieux. L'évêque demanda à l'Empereur, pour son église, la possession de ce trésor. Frédéric lui ayant accor­dé cette faveur, Reinold fit enlever les saintes reliques, les transporta à Cologne et les plaça solennellement dans la ca­thédrale, où un grand nombre de miracles s'opérèrent par leur intercession.

 

C'est depuis cette époque que la ville de Colo­gne, fière de son trésor, porte trois couronnes dans ses armes, en souvenir des trois rois Mages.

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 17:46

 

 

Il a été évincé, méprisé et calomnié et ça continue encore après 35 ans d’absence forcée.  Nous vous suggérons de lire cet extrait d’exorcisme.

 

Aveux de l’enfer Édition DFT. Extraits de l’exorcisme du  9 Juin 1989.

En la fête du Chef sacré de Jésus en l’octave de la fête du Sacré-Cœur

 

Attendre dans la foi et la Charité, avec SS Paul VI

 

BELZÉBUTH : Suivez votre chemin sans vous égarer, le chemin de la Foi et de l’Amour. LE PAPE PAUL VI VIT, je dois encore le dire pour terminer, pour votre consolation. Il n’est pas mort! Il vit, il est vivant, ET LUI AUSSI DOIT VIVRE DANS UNE TRES GRANDE RETRAITE ET UNE TRES GRANDE PATIENCE. C’est encore beaucoup plus pénible que pour vous, de ne pas pouvoir parler alors qu’il est le Chef et devrait annoncer au monde entier qu’il est le vrai Pape. Le Pape Paul VI est le vrai Chef de l'Église. Mais il ne pourra parler que quand son heure sera venue. Elle est (presque) venue! Elle est très proche ! Il parlera dans très peu de temps ! SES PAROLES DÉPLACERONT PRESQUE DES MONTAGNES d’une certaine façon! En tous cas, ceux qui le suivront et le croiront, et les autres aussi, seront remués. Il fera ce que le Ciel veut. Le Ciel vous donnera des instructions en son temps, quand Il le voudra, et vous dira ce que vous devez faire. Vous recevrez des instructions quand la Sagesse Éternelle, Son Chef Sacré, le Siège de la Divine Sagesse, l’aura décidé pour vous. Que Sa Volonté se fasse, MEME SI JE NE LA COMPRENDS PAS ! Voilà là comment vous devez prier! Que Votre Volonté s’accomplisse, même si elle fait mal ! Que Votre Volonté soit faite, où que j'aille, où que je soie! »  

 

« Accordez, o mon Dieu, que les esprits s’unissent dans la Vérité et tous les cœurs dans la Charité »

 

Cette prière de Saint Pie X a été imprimée sur son image d’ordination par SS Paul VI.

Elle rejoint parfaitement la demande de Notre Seigneur à Térésa Higginson  de joindre dans une même dévotion à Sa Sainte Humanité Son Chef Sacré et Son Sacré -Cœur, car dit-t’Il : le cœur sans l’esprit est incapable de mérite :si un homme est privé de connaissance, que peut bien faire son cœur ? » http://amdg.over-blog.fr/article-aveux-de-l-enfer-suite-l-heure-de-la-sagesse-114072110.html

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 13:02

   

 

Nous connaissons maintenant la considérable influence de l'archevêque de Milan, le cardinal Jean-Baptiste Montini, sur la phase préparatoire et pendant le déroulement plutôt agité et parfois confus de la première session du Concile Œcuménique Vatican II.

 

 Le fait vraiment nouveau (on pourrait presque dire l'épreuve du feu) consistait en la reprise du Concile, sous la direction de la même personne mais dans un rôle absolument différent : celui de chef suprême de l'Église et guide indéfectible du Concile.

 

Le monde entier, catholique ou non, qualifié ou non, guettait le nouveau Pape, d'autant plus qu'au cours du très bref interrègne de l'Église catholique s'étaient déroulés des événements d'ordre international, et d'autres purement italiens, mais également importants du point de vue psy­chologique et moral, qui avaient profondément changé le visage de l'humanité ou en avaient tout au moins tendu l'expression.

 

Il est évident que l'influence de l'Église catholique dans le monde n'est pas seulement spirituelle : Elle se reflète inévi­tablement dans d'autres secteurs de la vie quotidienne de l'humanité, ne serait-ce qu'en raison de l'intégralité de la personne humaine créée par Dieu : intégralité qu'elle défend vaillamment comme le fondement de tout droit et de tout devoir, de toute liberté et de toute action de l'homme.

 

L'attente était donc plus que justifiée en ce qui concerne la réouverture des travaux conciliaires sous le nouveau Pape, et les conjectures, les prévisions, les indiscrétions et même les pressions trouvaient une garantie naturelle, sinon une justification intelligente, en ces jours mémorables et riches d'événements.

 

JOURS DE LUTTE

 

Pour donner une idée de l'atmosphère tendue qui régnait à la veille de la reprise des travaux conciliaires, il suffit de rapporter l'article de fond d'une revue italienne à grand tirage, qui rend clairement compte de la diversité des inter­prétations, des points de vue et des évaluations concernant la principale assise de l'Église catholique.

 

Le titre de cet article est en lui-même significatif : « Pas de compétition entre christianisme et communisme. »  Sous le titre « Seconde Phase », écrit la revue, Mario Alicata a publié dimanche matin dans l’Unità, un article de fond dans lequel sont précisées les conditions auxquelles Sa Sainteté Paul VI devrait se tenir, dans la mise en place et la conduite du Concile Œcuménique, pour être lui aussi accepté par les dirigeants moscovites. »

 

L'exhortation de l'Unità, à l'adresse du Souverain Pontife au moment où il s'apprête à rouvrir les travaux du Concile, se divise en deux parties. Une première partie, où on laisse transparaître tous les doutes, les perplexités et les défiances que le monde communiste nourrit à l'égard du nouveau Pape; celui-ci semble, en effet, d'après les tous premiers actes de son pontificat, s'acheminer sur une route peu convain­cante, aux yeux des communiantes. Avec une intention polé­mique manifeste, Alicata écrit : « Ne pas revenir en arrière, sur la route ouverte par Jean XXIII, mais la parcourir avec prudence, en en corrigeant les excès, et, pourrait-on dire, les erreurs, de direction politique : voilà le devoir que semble s'être assigné Paul VI. »

 

Ceci dit, on passe à la seconde partie de l'avertissement, là où se précisent, d'une manière assez rapide, les initiatives et les décisions que les communistes attendent de ce Pape et de ce Concile. « Les directives que le pape Montini dictera aujourd'hui au Concile et l'encyclique qu'il a annoncée, écrit l'Unità, parleront beaucoup plus clairement que ses attitudes ambiguës, face à certains des problèmes soulevés, avec une extrême vigueur et un immense élan intellectuel et moral, par Jean XXIII devant la conscience du monde catholique. Elles nous diront jusqu'à quel point la correction en cours attaquera ce qui semble avoir été la véritable nouveauté révolutionnaire introduite par son prédécesseur, dans la doctrine et dans la pratique de l'Église de Rome; c'est-à-dire, la conscience que la fonction universelle et unificatrice de l'Église de Rome ne peut s'expliquer qu'en acceptant une confrontation compétitive avec les autres religions, les autres idéologies et les grands courants de pensée du monde contemporain, et renonçant pour toujours à l'intolérance fanatique et à l'esprit de croisade, et en s'opposant ouvertement à la tendance des vieilles classes dominantes de l'Occident à utiliser, dans leurs propre intérêt, son prestige et son autorité. »

 

Étant admis que ni l'Unità, ni Togliatti ne s'intéressent le moins du monde à l'effort œcuménique de Rome, tendu vers la réunification des « frères séparés » de toutes les églises chrétiennes, il est clair que la « confrontation compétitive » si chaleureusement recommandée par Alicata, concerne uni­quement les « autres idéologies » et les « grands courants de pensée du monde contemporain », autrement dit le marxisme-léninisme. C'est désormais une vieille histoire que celle du défi, de la course, que les communistes fait le grand honneur de proposer aux chrétiens, dans le but édifiant de découvrir, à l'épreuve des faits, qui a raison du Christ ou de Marx.

 

L'article d'Alicata, si pauvre en nouveautés, n'aurait pas en lui-même, une bien grande importance, s'il n'avait été suivi, quelques heures après son apparition dans les kiosques, du discours à Saint-Pierre, par lequel Paul VI a effectivement ouvert les travaux de la seconde phase du Concile. Toute la dernière partie de l'allocution papale, adressée aux pères conciliaires, concerne justement « le dialogue de l'Église avec le monde contemporain », ce dialogue pour lequel les commu­nistes montrent tant d'intérêt, dans l'intention déclarée de le voir se transformer en la fameuse confrontation compé­titive.

 

Après avoir rappelé que, dans son action évangélisatrice envers le monde, l'Église s'inspire d'un principe supérieur d'amour, Paul VI a dit : « Nous devons être réalistes et ne pas cacher la blessure qui, de bien des régions, parvient à ce synode universel. Pouvons-nous être aveugles et ne pas nous rendre compte que beaucoup de places, en cette assemblée, sont vides ? Où sont nos frères des nations où l'Église est combattue et dans quelles conditions se trouve-t-elle dans ces pays ? Notre pensée à cette évocation s'assombrit, pour tout ce que nous savons et, plus encore, pour tout ce qu'il ne nous est pas donné de savoir, que ce soit au sujet de la hiérarchie, des religieux et des religieuses, ou de nombreux fils soumis à la crainte, aux vexations, aux privations et aux oppressions en raison de leur fidélité au Christ et à l'Église. Quelle tristesse devant ces souffrances et quelle peine que de voir, en certains pays, la liberté de religion et les autres droits fondamentaux de l'homme opprimés par des méthodes d'intolérance politique, raciale et religieuse! » Plus loin, pour conclure son discours, le Pape a encore dit : « Que le monde le sache : l'Église le regarde avec une profonde com­préhension, avec une sincère admiration et avec l'intention loyale, non pas de le conquérir, mais de le servir, non pas de le mépriser, mais de le valoriser, non pas de le condamner, mais de le réconforter et de le sauver. »

 

Une chose apparaît évidente dans les paroles de Paul VI : il ne parle pas de compétition, ni de défis. L'aspect combatif du dialogue demandé par Moscou, échappe à ce point à l'Église qu'elle repousse toute intention de conquête et que, de toute évidence, avec la même fermeté, elle rejette l'idée d'être conquise à son tour; éventualité qu'aucun concurrent, et tant que tel, ne serait autorisé à exclure a priori.

 

Pas de compétition donc, mais de nombreuses questions angoissantes, posées avec une insistance calme et inflexible par le Pontife aux responsables de la persécution religieuse.

 

En dehors de toute interprétation et de tout jugement intéressé, le discours par lequel Paul VI a ouvert solennelle­ment à Saint-Pierre, le 29 septembre dernier, la seconde ses­sion du Concile Vatican II, a été un discours programme : Il a mentionné chacun des travaux conciliaires qui attendaient les évêques, arrivés à Rome de tous les coins du monde, et on peut le considérer comme un véritable plan d'action du pontificat. Paul VI, toutefois, avait déjà annoncé précédem­ment qu'il promulguerait sa première encyclique dans quelque temps : Elle sera consacrée, pour autant qu'il nous est donné de le savoir, au thème de l'Église dans ses rapports avec le monde contemporain.

 

Après avoir rappelé avec émotion le souvenir de Jean XXIII « voix prophétique pour notre siècle, qui résonne encore dans notre mémoire et notre conscience, pour tracer au Concile le chemin à parcourir », le Pontife a illustré les quatre devoirs qu'il assigne à l'Assemblée Œcuménique et à l'Église :

 

I. — Connaissance ou conscience de l'Église, essentiel­lement par un approfondissement de la doctrine de l'épiscopat, sans toucher aux doctrines dogmatiques de Vati­can I, auquel se relie l’actuel Concile.

 

II. — Réforme de l'Église.

 

III. — Rassemblement de tous les chrétiens dans l'unité.

 

IV. — Colloque de l'Église avec le monde contemporain.

 

En synthétisant, le mot d'ordre du Concile proposé par Paul VI pourrait être : « Le Christ, l'Église et le monde, » et les 2,900 pères effectivement présents, depuis ce lundi 30 septembre 1963, examinent déjà, dans une atmosphère de très grande sérénité, le schéma fondamental de cette XXIe Assemblée Œcuménique : De Ecclesia.

 

  A suivre…

 

   Extrait du volume : PAUL VI 

                           G. SCANTAMBURLO

                                  Édition; Maison Mame  (1964)

 

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 00:00

 

En 1950, on demanda à un Français arrivé au Canada:

Pourquoi donc avez-vous quitté la France ?

L'émigré répondit : Je voulais oublier... Oublier quoi ?... Franche­ment, je ne le sais plus... J'ai oublié.

 

Voilà un homme à imiter.

 

S'il est important de savoir se souvenir, il l'est encore plus de savoir oublier.

 

En effet, à côté des souvenirs à garder, il en existe d'autres à éliminer, à pourchasser, à détruire. Comment y parvenir ?

 

Quand un souvenir indésirable se présente, claquons-lui la porte au nez. Détournons notre attention des événements pas­sés dont l'évocation nous déprime, nous décourage.

Refusons de penser à ce qui nous rend vindica­tifs, furieux, rancuniers.

Occupons-nous tout de suite à autre chose. Ab­sorbons nos énergies dans une occupation qui mo­bilise toutes nos forces.

Avec une telle technique, nous parviendrons à oublier la grande majorité des souvenirs qui nous rongent comme des cancers.

 

En certains cas, comme lorsqu'il s'agit de deuils récents, on parviendra à neutraliser les cha­grins et leurs effets débilitants, non par l'oubli im­médiat qui d'ailleurs serait impossible, mais par des pensées altruistes, positives.

Ainsi pensons que, pour l'être cher, les souffran­ces, les maladies, les misères sont finies et que, pour lui, une éternité de bonheur a commencé en la compagnie de Dieu, au Paradis.

 

En certains autres cas où l'oubli s'avère plus difficile, combattons ces souvenirs no­cifs avec les armes légères mais efficaces de l'hu­mour.

L'autre jour, il advint à l'un de mes amis d'échap­per le mot de Cambronne en pleine réunion de per­sonnages importants.

A la suite d'un tel impair, d'autres se morfon­draient en regrets, d'ailleurs parfaitement inutiles. Lui, raconta sa mésaventure avec esprit et en se moquant de lui-même. Il décanta ainsi l'événement  malencontreux de ses éléments empoisonnés.

En somme, ne laissons pas les événements tristes de notre passé entraver nos énergies présentes.

 

Ces événements tristes, ou bien enlevons-leur leur nocivité, ou bien oublions-les.

 

Souvenons-nous d'oublier, mais n’oubliez pas de visiter souvent votre blog :  elogofioupiou.com   et de le faire connaître, c’est très important.

 

 

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