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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 18:59

 

Jésus à Bethléem a des bienfaits à répandre sur tous ceux qui vont l'adorer, l'implorer, lui témoigner confiance et amour.

 

Êtes-vous coupable ? Il est la miséricorde incar­née.

Êtes- vous languissante? Il brûle d'amour pour vous.

 

Enfant de Jésus, ne voulez-vous pas entrer dans ce Cœur, puisqu'il vous est toujours ouvert ?

 

Songez en outre que des trésors inestimables sont cachés dans ce Cœur d'Enfant. C'est là que la grâce a sa source ; c'est là que réside la sainteté. Là les sacrements ont leur principe; là l'Église a son aliment.

 

Tout ce qu'il y a de beau et de bon, sur la terre et dans le ciel, se trouve enfermé dans le Cœur de Jésus Enfant. Oh ! Qu’il est doux d'habiter dans ce Cœur ! Dites-lui que vous voulez y établir votre demeure éternelle avec Marie et Joseph.

 

Et maintenant, si vous avez cette intimité avec le Cœur de l'Enfant Jésus, ne serez- vous pas pénétrée de confiance en lui ?

 

Ne redeviendrez-vous pas entant à côté de lui, vous rappelant toujours qu'il est votre seigneur et votre Dieu ?

 

Un enfant entre sans cérémonies ni compliments dans la chambre de son père ; il s'assied près de lui et ils s'entretiennent ensemble. Nous sommes enfants de Dieu, frères de Jésus : Entrons donc avec confiance à Bethléem, sous l'humble toit qui l'abrite. Dans la familiarité de l'âme avec Dieu est la parfaite union. Purifions nos âmes et alors la présence de Jésus ne nous cau­sera pas de trouble ; bien au contraire, elle nous inondera de consolation.

 

Mais voici un trait bien touchant pour exciter encore davantage votre amour envers l'Enfant divin. Le P. Zucchi, la Compagnie de Jésus, remit un jour une petite image l'Enfant Jésus à une personne un peu mondaine, qui, tout l'acceptant avec reconnaissance, demanda en riant ce qu’elle devait faire de ce petit Enfant.

Le saint homme, qui savait qu'elle était grand amateur de musique, et qu'elle y consacrait une bonne partie de ses journées, répondit :

 

«Je vous invite seulement à placer la petite image sur clavecin où vous avez coutume de jouer.»

 

Elle le fit, et comme elle avait sans cesse devant elle cette image à côté de ses morceaux de musique, elle ne pouvait s’empêcher, chaque fois qu'elle jouait, de la regarder souvent. Et voilà que peu à peu ses yeux se portant de plus en plus souvent sur le divin Enfant, ils y demeurèrent longtemps fixes, et de jour en jour son cœur se sentit attiré davantage vers lui. Elle ne tarda pas à entremêler son jeu de longs repos, de fréquents soupirs, pendant lesquels elle considérait attentivement l'image.

 

Hélas ! disait-elle alors en poussant un profond gémissement, quel humiliant contraste entre cet Enfant et moi ! Il a abandonné le ciel et choisi la terre afin que moi j'abandonnasse cette terre et je choisisse le ciel. Et cependant, combien mon cœur est fortement attaché à ce monde, et combien il s'élève péniblement vers le ciel ! Cet Enfant aime la pauvreté, moi les richesses ; il recherche la misère et le besoin, moi le superflu et le bien-être ; il ambitionne le mépris, moi les honneurs et les distinctions ; il marche sur un chemin d'épines, et moi je veux arriver au ciel par un chemin de rosés ; déjà, quoique encore enfant, il tend ses petits bras vers la croix, et moi je recule devant la plus légère mortification ; il veut prendre son premier repos dans une étable et sur un peu de paille grossière, afin qu'un jour je trouve le repos dans le palais de la gloire céleste. O pauvre petit Enfant ! Tu fais et tu souffres tout pour moi, et moi je fais et je souffre si peu pour toi !

 

Ses yeux alors se mouillaient de larmes, et l'émotion profonde qu'elle ressentait lui inspirait de généreux propos.

 

Non, s'écria-t-elle un jour qu'elle venait de repasser ces pensées dans son cœur, non, cela ne peut aller ainsi !  Tant d'amour ne peut et ne doit être compensé que par le plus ar­dent amour.

 

Elle se lève, et comme autrefois la Samaritaine, elle est transformée par les touches puissantes de la grâce. Disant adieu à toutes les frivolités mondaines, elle devient une fer­vente adoratrice de Jésus Hostie, à qui elle se dévoue tout entière et à jamais.

 

Oh ! Combien elle doit aujourd'hui s'applaudir au ciel de cet acte de générosité !

 

26 Décembre, FÊTE DU JOUR: Saint Etienne, premier martyr.

 

Saint Etienne était, selon toute apparence, au nombre des soixante-douze disciples de Nôtre Seigneur.

 

Après l'As­cension, il fut choisi par les apôtres pour être un des sept dia­cres ; il est même nommé le premier de tous avec cette men­tion élogieuse : « Etienne, homme de foi, rempli de l'Esprit-Saint. »

 

 Le ministère des sept diacres fut des plus fructueux ; mais plus que tous, Etienne, plein de grâce et de force, ac­complissait parmi le peuple des prodiges et d'éclatants mi­racles.

 

Un grand nombre d'adversaires se levaient pour dis­cuter avec lui, mais « ils ne pouvaient résister à la sagesse et à l'esprit qui parlaient en lui. »

 

 Ils entrèrent en fureur. Etien­ne fut aussitôt traduit devant le sanhédrin et accusé comme son divin Maître d'avoir blasphémé contre Moïse et contre Dieu.

 

Il reprocha vivement aux princes des prêtres leur en­durcissement de cœur, leur résistance à l'Esprit-Saint et la mort du Juste. Aveuglés par la colère, ils grincèrent des dents contre lui et le condamnèrent à être lapidé.

 

Saint Etienne fut conduit hors de la ville. Ayant donné leurs vêtements à gar­der à Saul, jeune homme qui devait être un jour saint Paul, les Juifs lancèrent contre Etienne de lourdes pierres ; mais lui, les yeux levés au ciel, s'écriait : « Je vois les cieux entrou­verts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu.»

 

Il ex­pira en priant pour ses bourreaux : « Seigneur Jésus, pardon­nez-leur, ils ne savent ce qu'ils font. Recevez mon esprit ! »

 

Saint Etienne porte le titre de premier martyr, parce qu'il fut le premier qui eut le bonheur de donner sa vie pour Jésus-Christ.

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 03:27

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

Après quatre années d'une intense activité pastorale, l'hon­neur de la pourpre cardinalice lui était conféré par Sa Sainteté Jean XXIII, au consistoire du 15 décembre 1958; il venait couronner les mérites incomparables de l'archevêque de Milan, en revêtant d'un plus haut prestige hiérarchique une œuvre pastorale ininterrompue et qui a offert un exemple de généreux dévouement, de sagesse méthodique et de par­faite adhésion aux exigences de l'apostolat moderne.

 

Il fut le premier cardinal créé par Jean XXIII la première créature et Milan poussa un soupir de soulagement. Un jour­nal de la ville salua la première place attribuée à Montini sur la liste des vingt-trois cardinaux créés par le Pape, comme « une revanche pour le cœur plein d'amertume de l'homme de la rue milanaise, qui attendait cette nouvelle depuis des années ».

 

Il était évident qu'à l'orgueil de clocher se mêlaient de l'affection et une forte sympathie pour le prélat; on l'appelait d'ailleurs Éminence depuis le jour de son arrivée à Milan.

 

Tout le monde jurait savoir qu'au conclave qui s'était déroulé trois mois auparavant, plus d'un cardinal avait voté Montini, bien qu'il ne fût pas éligible, puisqu'il n'avait pas encore revêtu la pourpre. Cela prouve à quel point l'intérêt pour cette éminente figure d'archevêque était vivant dans le public et comment son œuvre pastorale dans la capitale éco­nomique et sociale de l'Italie était partout suivie.

 

Rapportons ici quelques souvenirs du P. Bevilacqua : «... Roncalli et Montini ? Oui, ils ont été très amis. Pourtant, Roncalli, à dire la vérité, a toujours été un peu intimidé. Certes, Montini avait été son supérieur dans la diplomatie. Après ? Ah, après Roncalli lui a dit : « Maintenant que je t'ai fait cardinal, toi avant tous les autres, tu sais bien où  est ton devoir de premier cardinal. Tu dois venir à Rome à chaque anniversaire de mon couronnement et chanter la  Messe pour moi. C'est une obligation. Je sais, je sais que  le jour de mon couronnement est le 4 novembre et que le  4 novembre est aussi le jour de la saint Charles; mais n'oublie pas que je t'attends! »

 

L'accord était parfait sur les choses fondamentales et quand, à Venise, le salut du Congrès socialiste a causé tous ces ennuis à Roncalli, qui a-t-il appelé pour le défendre à la conférence des évêques Vénètes ? Montini.

 

Le cardinal Montini, chaque fois que cela lui a été possible, a satisfait au désir de Jean XXIII et a chanté la Messe pour l'anniversaire de son couronnement; ce désir du pontife avait bien sûr un autre motif, plus profond, que mille petits indices successifs feront bientôt apparaître.

 

Don Jean Rossi écrit : « Jean XXIII aimait beaucoup le cardinal Montini et avait pour lui une très haute estime. Il fut son premier cardinal et peut-être aussi le plus proche de son cœur. Pressentait-il qu'il serait son successeur ? Je ne sais, mais pendant le Concile il fut le seul n'appartenant pas à la Curie à qui il donna l'hospitalité au Vatican. »

Quoi qu'il en soit, le cardinal Montini gardait sur le secré­taire de son bureau privé, une photo en couleurs de Jean XXIII avec une dédicace autographe : Pro Missa bene cantata (Pour une messe bien chantée). Montini, c'est de notoriété publique, chante un peu faux et le pape Jean s'est bien gardé de laisser passer l'occasion de lui décocher une bonne petite flèche!

 

La journée du cardinal Montini était l'une des plus intenses que l'on puisse imaginer. A 6 h 30, il célébrait sa messe dans sa petite chapelle privée et servait, aussitôt après, celle de son secrétaire. La prière du matin se terminait par la récitation (scandée, presque une psalmodie) de la première partie du bréviaire : Matines, Laudes et Prime.

 

Quand des affaires pressantes l'y contraignait, et cela n'était pas rare, il passait directement de sa chambre à cou­cher à son petit bureau privé pour s'occuper des dossiers urgents. Là, en face de son secrétaire, sur une console, étaient encadrées les photographies de son père et de sa mère. Au-dessus, fixés au mur, trois petits tableaux représen­tant des images sacrées de style byzantin, le style des icônes russes : un cadeau de don Gnocchi au retour de son empri­sonnement en Russie. Derrière le bureau, la photo du pape Jean dont nous avons déjà parlé.

 

L'intérêt du cardinal Montini pour l'information était constamment éveillé et il a toujours eu la réputation d'être un grand lecteur de tous les journaux. Son moment favori pour cette lecture, dans son appartement du palais archi­épiscopal de Milan, était celui du petit déjeuner, à 8 h 30.

 

A l'occasion d'événements importants ou d'éditions spéciales, le kiosque voisin de la place du Dôme lui fournissait d'autres exemplaires.

 

Selon son plan de travail régulier, qui ne subissait de variations qu'à l'occasion des visites pastorales, il donnait audience à 9 h 30 à Mgr Schiavini, le Vicaire Général. Puis commençaient les audiences du jour, qui se poursui­vaient parfois jusqu'à une ou deux heures de l'après-midi; elles se déroulaient dans un petit salon aux fauteuils dorés. Le repas, très frugal, était pris en compagnie de deux secré­taires. Après un bref repos et un arrêt à la chapelle pour la récitation des Heures, de Vêpres et de Complies, il se remet­tait ponctuellement à 16h 3o à sa table de travail, jusqu'à l'heure du dîner. Dans son bureau il recevait les membres de la Curie et ses collaborateurs directs. Après dîner, le car­dinal Montini regardait le journal télévisé, puis récitait le rosaire avec d'autres prêtres. Il préférait le réciter tout en se promenant dans la grande salle de la bibliothèque et dans le corridor recouvert de hautes étagères de livres. Assis derrière le bureau de la bibliothèque, il s'entretenait ensuite pendant environ deux heures avec son secrétaire, lisant la correspondance, signant le courrier officiel déjà prêt et écri­vant les lettres de caractère personnel; puis, seul dans son bureau, il travaillait tard dans la nuit.

 

Pendant le dépouillement de la correspondance, il lui arrivait souvent d'écouter un disque de musique symphonique, Beethoven surtout, Bach et Chopin.

 

Si pourtant quelque bonne pièce était retransmise à la télévision, il y jetait un coup d'œil; la halte devant le petit écran se prolongeait quand apparaissait Ernesto Calindri. Lorsqu'il apprit que le fils de l'acteur était entré au couvent, le cardinal Montini lui adressa une lettre affectueuse qui frappa et émut Calindri.

 

Seul, dans son petit bureau, il se consacrait à la rédaction de discours, de documents, de lettres. Le cardinal écrivait, de préférence à la main, jusqu'à cinquante lettres par jour. Il a une belle écriture, claire, linéaire. Sa machine à écrire, don de Pie XII, n'était utilisée que pour les documents et les lettres les plus importants et de caractère réservé : nous en citerons deux parce qu'écrits en des moments particulièrement difficiles et délicats.

 

La première lettre est adressée au célèbre Padre Pio de Pietralcina, porteur des stigmates de saint Jean Rotondo, à l'occasion du cinquantième anniversaire de son ordination sacerdotale, à un moment où, autour du doux frère stigma­tisé, se déchaînait une amère et douloureuse tempête.

 

« Milan, le 20 juin 1960

 

« Très Vénéré Père, j'entends dire que vous célébrerez bientôt le cinquantième anniversaire de votre ordination sacerdotale; et j'ose venir vous exprimer moi aussi, dans le Seigneur, mes félicitations pour les grâces immenses à vous conférées et par vous dispensées.

 

« C'est vraiment l'occasion de répéter, avec allégresse et reconnaissance pour la bonté de Dieu : Venite, audite, et narrabo, omnes qui timetis Deum, quanta fecit animae meae ! C'est ainsi que le sacerdoce mérite d'être célébré. Et que dire du vôtre, favorisé de tant de dons et d'une si grande fécon­dité!

 

« J'exprime en même temps le vœu que le Christ Seigneur ait à vivre et à se manifester dans votre personne et votre ministère, comme dit saint Paul : Vita Jesu manifestetur in carne nostra mortali.

 

« Je sais que vous priez aussi pour moi. J'en ai un immense besoin; veuillez recommander toujours au Seigneur ce dio­cèse en même temps que votre très dévoué en Jésus-Christ,

 

J. B. Card. Montini, archevêque. »

 

 

A suivre

 

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 18:50


                         

 

 

Jésus naît au milieu de la nuit parce que le monde entier était enveloppé de ténèbres et qu'il venait, comme le soleil, pour les dissiper. Toutes les âmes humaines étaient dans les ténèbres, et Jésus devait les éclairer de sa lumière.

 

Ame pieuse, tu es aussi obscurcie par la nuit des passions et de l'ignorance : Approche-toi de la crèche et une grande lumière en jaillira pour t'éclairer. De plus, l'amour-propre t'aveugle, il te cache la lumière de la raison; approche du Seigneur et dis-lui : « Seigneur, faites que je voie ! »

 

Jésus naît dans le silence de la nuit, parce qu'il est ennemi du bruit et de l'agitation. Marie et Joseph sont absorbés dans la contemplation, quand Jésus vient au monde. Si vous n'ai­mez pas le silence et le recueillement, vous n'entendrez pas le Seigneur. Dieu n'a jamais parlé à une âme livrée aux dissipations mondaines.

 

De plus, dans le silence de la nuit tout est en paix : Soyez en paix avec Dieu et avec vos frères ; veillez la nuit dans un silence paisible et vous verrez le Sauveur.

 

Une veille de Noël, saint Bernard éprouva un pieux désir de savoir l'heure à laquelle Jésus était né. Dieu permit qu'a­lors il lui vînt un doux assoupissement pendant lequel l'Enfant Jésus lui apparut dans un berceau en forme de crèche, et il entendit une voix qui disait : « Minuit».

 

Minuit ! O heure, à jamais bénie, qui nous a donné notre Rédempteur et le Bien-Aimé de nos âmes !... Riches et pauvres, justes et pécheurs, tous doivent se réjouir en voyant l'Homme Dieu apparaître. « Jésus Enfant est notre frère selon la na­ture, » Marie est notre mère, Joseph est notre père bien-aimé.

 

Les Anges envient notre sort. Les Patriarches soupiraient après ce beau jour et n'ont pu le voir, et nous, chaque année, nous en jouissons de nouveau. Dieu s'est fait homme, afin que l'homme retrouve le droit au bonheur du Ciel, en Sa compagnie. O sublime mystère !

Jésus est né, nous devons donc aussi renaître avec lui. De quelle manière ? En menant une vie conforme à la sienne. Jé­sus est pauvre, nous devons nous détacher des richesses ; Jésus est humble, nous devons fuir les honneurs ; Jésus est mortifié, nous devons faire la guerre à nos convoitises ; Jésus Enfant, à peine né, s'offre comme victime pour nous à son Père : Nous devons nous immoler avec lui.

 

A peine né aussi, Jésus se comporte envers Marie et Joseph comme un petit enfant à l'égard de son père et de sa mère. Tantôt il incline sa tête sur le chaste sein du Patriarche, tan­tôt il la repose sur ses épaules, tantôt il se suspend à son cou. Ces ineffables tendresses font pénétrer dans le cœur de Joseph des flèches d'amour. 0 félicités de Joseph, qui ne vous envie­rait !

 

Ame pieuse, veux-tu que Jésus te caresse ? Détache-toi des créatures, mais encore plus de toi-même. Ne cherche que lui, et alors il viendra à toi avec les baisers les plus tendres. Sois fidèle à la prière, accueille bien les divines inspirations, et Jésus se fera ton céleste compagnon, il sera tout à toi.

 

Joseph s'épanchait avec Jésus. Il le baisait, le berçait saintement entre ses bras, le cédait à sa Mère, puis le repre­nait, le pressait amoureusement sur son cœur : Quelle vie délicieuse ! Ame dévote, quelles caresses fais-tu à Jésus ? L'appelles-tu ? Le cherches-tu ? Soupires-tu, avec une soif ardente, après la sainte communion ? Désormais, sache voir Jésus en toute chose. Désire-le en toute action. Si tu veux qu'il te ca­resse, caresse-le ; car, dit l'Esprit-Saint, « Le Seigneur est bon pour celui qui le cherche. »

 

Le Père éternel résidait dans l'âme de Joseph el de Marie, en leur communiquant sa sainteté et son amour de père. Qui peut donc dire combien ils aimaient l'Enfant Jésus ?  «Ce n'est plus moi qui vis, pouvait dire chacun d'eux, c'est Jésus qui vit en moi. » Jésus Enfant était l'âme de leurs pensées, de leurs désirs, de leurs actions.

 

Apprends, âme pieuse, à trouver en Jésus, avec Marie et Joseph, la lumière de ton esprit, la vie de ton cœur ; loin de suivre les ténèbres, c'est-à-dire le monde, ni la mort, c'est-à-dire les inclinations vicieuses, ne mets ton bonheur que dans la société de Jésus, Marie, Joseph.

 

Jésus Enfant se repose sur saint Joseph, comme sur la plus belle fleur de son jardin. Il fait dans le cœur de saint Joseph sa plus douce et sa plus chère demeure. Il n'y a pas d'âme après celle de la sainte Vierge, à qui Jésus se soit communiqué avec plus d'empressement et de grâce qu'à Joseph. Ô Jésus, ô Marie, ô Joseph, qu'il est délicieux de vous aimer ! Faites-moi, ô mon céleste Protecteur, ressentir quelque étincelle cet incendie d'amour qu'allumait dans votre cœur l'Enfant Jésus avec un de ses regards, de ses baisers, de ses sourires et de ses embrassements !

 

Comme le  bienheureux  Boniface,  religieux  de  Cîteaux s'affligeait de n'avoir pu assister une nuit de Noël à l'office divin, l'Enfant Jésus, raconte une pieuse légende, lui apparut enveloppé de langes, et, tirant sa petite main de dessous ces langes sacrés, il mit bien à découvert son visage, afin que son serviteur pût le contempler à son aise.

 

O Jésus, faites-vous voir à mon âme, dans une de ces extases d'amour, quand j'aurai le bonheur de vous recevoir au banquet eucharistique !

 

25 DÉCEMBRE, FÊTE DU JOUR:

La Nativité de N-S. Jésus-Christ.

 

Il était minuit ; le monde était plongé dans le repos ; rien ne semblait distinguer cette nuit des autres nuits, et cependant, c'était celle que Dieu avait désignée dès l'éternité pour faire éclater ses miséricordes ; c'était son silence que devait rompre l'annonce de la grande nouvelle : « Terre, écoute ! Cieux, prêtez l'oreille, voici qu'un Sauveur vous est né. » Il était minuit, et, dit le saint Évangile, Marie mit au monde l'Enfant divin, l'enveloppa de langes, et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait point de place pour eux dans l'hôtellerie. Or, il y avait dans les environs des bergers qui veillaient à la garde de leurs troupeaux. Tout à coup, un ange  du Seigneur apparut auprès d'eux, une clarté céleste l'environnait, et ils furent remplis d'une grande frayeur. Mais l'ange leur dit : Ne craignez pas, car je viens vous annoncer, à vous et à tout le peuple, le sujet d'une grande joie ; il vous est né aujourd'hui un Sauveur dans la ville de David, c'est le Christ, le Seigneur, et voici à quel signe vous le reconnaîtrez : vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche. Aussitôt une troupe nombreuse de la milice céleste se joignit à l'ange, et se mit à louer Dieu en chantant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et sur la terre paix aux hommes de bonne volonté. » Ainsi le Fils de Dieu naît dans la pauvre­té et, dit saint Bernard, « une étable est son palais, son trône est la crèche, Marie et Joseph forment toute sa cour ! »

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 03:58

  

 

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

 

Mgr Montini fut le premier missionnaire, le premier pré­dicateur de cette vaste opération apostolique qui intéressa tout le monde catholique par l'originalité de son intuition pastorale et par son efficacité spirituelle. Cette glorieuse étape de l'histoire de Milan devait, dans l'esprit de l'archevêque, « réaliser la conspiration des forces catholiques et réveiller le sentiment chrétien chez les fidèles et plus particulièrement chez ceux qui sont en dehors du rayon de notre ministère ordinaire... » « Voici donc que nous, prêtres, partons avec confiance et humilité vers l'amitié, la compréhension, et la charité du Christ. Voici que nous sommes décidés à mettre les frères lointains au premier plan dans notre prière et nos activités. »

 

Cette note dramatique et passionnée des frères lointains réapparaît constamment dans son ministère pastoral. Et c'est à eux qu'il dédiera le plus bel appel de toute la Mission : « Que de vides dans la communauté des frères ! Quelle soli­tude quelquefois dans la maison de Dieu! Si nous pouvions faire parvenir notre voix jusqu'à vous, fils lointains, ce serait avant tout pour vous demander amicalement pardon. Oui, nous à vous, avant vous à Dieu... Pourquoi ce frère est-il lointain ? Parce qu'il n'a pas été suffisamment aimé. Il n'a pas été soigné, instruit, amené aux joies de la foi. Parce qu'il a jugé la foi d'après nos personnes qui la prêchent et la représentent; et que peut-être il a appris par nos défauts à ressentir de l'ennui, du mépris, de la haine pour la religion. Parce qu'il a écouté plus de reproches et d'admonitions que d'invites.

 

Eh bien, s'il en est ainsi, frères lointains, pardonnez-nous. Si nous ne vous avons pas compris, si nous vous avons trop facilement repoussés, si nous n'avons pas été de bons maîtres pour les esprits et de bons médecins pour les âmes, si nous n'avons pas été capables de vous parler de Dieu comme il le fallait, si nous avons usé envers vous de l'ironie, de la raillerie et de l'esprit de polémique, alors nous vous demandons pardon, mais écoutez-nous... »

 

Comme le Bon Pasteur de la parabole évangélique qui laisse ses quatre-vingt-dix-neuf brebis en sécurité dans la bergerie pour rechercher celle qui s'est égarée, l'arche­vêque Montini prêcha et parla aux ouvriers des usines et aux capitaines d'industrie, au Rotary Club et aux éboueurs, au Palais de Justice et aux habitants des baraquements, aux dac­tylos et aux gens de cinéma, aux étudiants et aux hôtesses, aux fidèles dans les églises et aux malades dans les hôpitaux, aux enfants des écoles et aux garçons d'hôtels.

 

Il se donna véritablement à tous en ces jours de la Grande Mission, avec une telle générosité, un tel zèle et une si brûlante inquiétude apostolique dans le cœur que l'on put s'exclamer dans son entourage : « On dirait que nous sommes revenus au temps d'un Charles Borromée, ou encore dans les premiers temps de l'Église, pendant les prédications de Pierre ou de Paul! »

 

Là où il ne pouvait arriver en personne, avec sa voix et son cœur, il arriva par les moyens modernes de la radio, de la télévision, et de l'enregistrement sur rubans magnétiques et sur disques. Ses allocutions chaudes et palpitantes qui reproduisaient les thèmes de la Mission furent écoutées par des centaines de milliers de Milanais dans leurs maisons, chaque jour du 10 au 24 novembre.

 

Un discours radiophonique de Pie XII aux Milanais, scella l'imposante manifestation de clôture dans la cathédrale regorgeant de fidèles qui chantèrent en un retentissant chœur populaire le Te Deum de remerciement.

 

Quel a été le résultat de la Grande Mission, de cet événe­ment religieux qui est un tribut fervent à l'histoire spirituelle d'une grande ville moderne « aux antiques traditions sacrées traversées d'impérieux courants de modernisme profane », d'une métropole qui peut être considérée comme un authen­tique modèle de communauté représentant toute la gamme de la problématique sociale ?

 

Avant de laisser la parole à l'archevêque lui-même pour un jugement sur sa mission, écoutons celui d'un journaliste qui la vécut de l’ extérieur pendant une semaine entière : « La Mission porte l'empreinte personnelle du cardinal Montini; personne après lui n'a été capable de la répéter et d'ailleurs ni les circonstances sociales ni l'ambiance ne s'y sont plus prêtées. Il est radicalement faux de dire, comme certains l'ont fait, qu'elle n'a pas produit les résultats escomptés; il faut considérer qu'elle répond à des exigences propres à Milan, qu'elle est le fruit de ces temps et surtout qu'elle est née de l'action d'un archevêque qui ne pouvait être que le cardi­nal Montini. Si Milan, à partir de cette époque, commença à dire que son archevêque avait une piété profonde et à le répéter, préférant mettre l'accent sur cette prérogative per­sonnelle du cardinal, c'est que, dans le ton de cette ville puissamment développée, la Mission avait réussi à greffer un élément de surnaturel : voilà le point important... Elle parvint aussi, par l'écho profond de son enseignement, à remettre en valeur la tradition religieuse du peuple : C'est là qu'est l'essence de la doctrine, d'une pensée féconde et lumi­neuse, d'un constant enseignement pastoral. Nous devons nous servir de l'expérience qui nous vient des millénaires et construire la civilisation de demain en y ancrant les préoc­cupations et les problèmes d'aujourd'hui. Nous devons pen­ser que nous serions des fous si nous abîmions ces trésors de foi que nos pères nous ont laissés en héritage. Dans le pro­gramme du magistère de Montini, il est fondamental que l'histoire de l'humanité est une histoire chrétienne, que tout ce qui s'est accompli dans les siècles se réfère au Divin Rédempteur et que, jusqu'à la fin du monde, il sera le Roi de l'Univers... Cet écho laissé dans le peuple par la Mission est déjà un fruit substantiel... »

 

Et voici ce qu'en dit l'archevêque lui-même : « Ce fut un effort pastoral pour rappeler à une vie religieuse sincère et authentique, une ville entière. Cette définition pousse à l'humilité, à la persévérance, à la prière : elle met davantage en lumière les intentions, pleines de grandeur et d'amour, que les résultats, cachés et limités; elle rappelle le caractère occasionnel de l'entreprise et par conséquent informe de l'impossibilité d'obtenir immédiatement des résultats com­plets et définitifs; elle démontre la valeur de nos moyens apostoliques mais, en même temps, en met en évidence, l'exiguïté et la précarité; elle illustre un bien accompli mais révèle au regard un champ immense de besoins insatisfaits; elle dévoile de magnifiques possibilités et dénonce des obs­tacles décourageants.

 

« Effort heureux, il doit être plein d'enseignement; effort momentané, il doit être repris ; effort initial, il doit être pour­suivi et développé; effort organisé, il doit continuer dans l'union et la concorde; effort difficile, il doit secouer toute paresse, toute illusion, toute sujétion à l'habitude; effort inapproprié, il doit avoir recours à d'autres ressources, d'autres perfectionnements, d'autres tentatives; effort révé­lateur, il doit indiquer les possibilités, les lacunes et les besoins, les méthodes et les expériences. Effort inutile ? On serait tenté de le croire en confrontant notre efficacité avec ce qui serait souhaitable pour le règne de Dieu sur un peuple héritier d'un incalculable patrimoine chrétien. Mais n'est-ce pas Dieu qui se sert de notre misérable causalité pour accom­plir ses grands desseins de miséricorde et de salut ? Inutile ? Non. « Le Royaume des Cieux est semblable à une semence... il est semblable à un serment; c'est Dieu qui les fera croître. » Dans cette confiance, nous prierons encore, nous travaille­rons encore. »

 

Analyse objective, sereine, pratique et insatisfaite comme le sont toujours de leurs actions les grandes âmes et les apôtres. Montini a justement constaté que « ce fut la plus grande mission qui ait jamais été prêchée dans l'Église catho­lique, depuis qu'elle existe », mais il a dit aussi servi mutiles sumus. Quoi qu'il en soit, c'est à juste titre qu'un quotidien catholique a écrit : « A l'intérieur d'une société satisfaite, il a semé des ferments d'inquiétudes! »

 

A suivre…

 

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 18:32

 

Mourir, c'est un mot bien simple : mais quel orateur, fût-il doué de la plus prestigieuse éloquence, pourra jamais faire un parfait tableau de toutes les circons­tances qui précèdent, accompagnent et suivent la mort ?

 

La mort est une privation universelle :

 

Une inévitable et éternelle séparation de tous les biens du corps, de tous les agréments de là nature, de toute richesse, de toute gloire, de toute dignité, de toute puissance: Séparation des parents, des époux, des proches, des enfants, des amis, des familiers, de tous les hommes en un mot, et séparation si complète qu'il n'est pas un de ceux à qui vous vous êtes attachée à plaire, pour qui vous vous êtes sacrifiée, qui voulût vous suivre dans ces régions inconnues et mystérieuses qui s'étendent au delà de la vie ! Voilà le terme de toute grandeur humaine.

 

Un moribond s'écriait en gémissant : « Hélas ! Pourquoi ai-je tant travaillé pour les miens et si peu pour moi ! » Parole vraie, mais alors inutile.

 

Vous êtes entrée en ce monde pauvre de tout bien ; et pauvre vous en sortirez. Fussiez-vous plus riche que Crésus, il ne vous sera pas donné d'emporter un grain de vos champs, une obole de vos trésors, une toison de vos troupeaux ! Votre corps lui-même, vous devrez l'abandonner à la terre, livide, défiguré, affreux à voir, d'ailleurs destiné à devenir la pâture des vers.

 

« Qu'il repose en paix ! » voilà tout ce qu'on dira de vous et puis, peut-être ne sera-t-il jamais plus question de vous dans le monde. Que de fois la mémoire des morts s'évanouit avec le dernier tintement des cloches ! Mais dût-on parler beaucoup de vous après votre mort, en seriez-vous plus avancer.  Voyez ces orateurs, ces poètes, ces hommes de guerre,  diplomates qui ne rêvent que la gloire et ne songent qu'à passer à la postérité : En supposant que leurs vœux soient accomplis,  qu'y gagneront-ils?  Les voilà morts: sauront-ils au moins qu'on rappelle leurs talents et leurs œuvres ? Ils n'en sauront absolument rien et par conséquent leur situation ne sera pas meilleure que celle du dernier paysan qui ignore lui, qu'on l'a complètement oublié. O sottise et enfantillage que cette ambition de se survivre !

 

Mais qu'est-ce encore que mourir ?

 

Mourir, c'est lutter pour le salut de son âme, dans une étroite arène, seule, faible et sans appui, baignée de sueur, ayant à tenir tête à la puissance des ténèbres, au démon, à un ennemi rusé et méchant. Épouvantable lutte ! Moment terrible après lequel le Maître suprême vous assignera à son tribunal pour vous juger avec une inflexible rigueur !

 

Mourir ! C'est s'en aller, sans guide, sans compagnon de voyage, pour une contrée lointaine, pour notre demeure éternelle, où l'on n'a égard qu'à la vertu et à la sainteté ; où toutes les choses périssables du monde sont de la fausse monnaie et hors de cours ; où l'âme doit entendre prononcer une sentence sans appel et recevoir une couronne éternelle ou une éternelle réprobation.

 

O mort! Ô fatal instant qui embrasse la durée des siècles ! Ô moment suprême dont tous les moments de notre vie devraient être le but et la fin !  Moment d'où dépendent une éternelle félicité ou une éternelle amertume, un règne éternel ou une éternelle captivité, les supplices de l'enfer ou les ravissements du ciel ! Oh ! Oui, cet instant suprême devrait être sans cesse présent à notre souvenir, si nous avions un grain de sagesse et de véritable bon sens !

 

Examinez-vous vous-même, avant de subir l'examen du Juge souverain, et corrigez sans retard ce qui vous inspire­rait le plus de crainte s'il vous fallait mourir sur-le-champ.

 

O Jésus crucifié, quelle démence de ma part que d'avoir poursuivi les biens périssables de la terre, parfois même au détriment de ce que je vous devais !

 

Quelle impiété que d'a­voir si souvent préféré, à votre amitié, qui pourra seule nous rassurer à l'heure de la mort, l'amitié des hommes qui seront alors dans l'impuissance de m'assister en rien !

 

Je reviens à vous avec douleur et je vous dis avec une profonde humilité et un sincère repentir : Jésus, ayez pitié de moi, ne m'aban­donnez pas dans ce dernier combat dont l'issue décidera de mon bonheur ou de mon malheur éternel !

24 DÉCEMBRE.  FÊTE DU JOUR:

 

Sainte Anastasie, veuve. Fille de Prétextât, riche citoyen de Rome, mais païen, Anastasie fut mariée à un noble seigneur, qui avait grand crédit dans le monde, mais qui était païen aussi et qui se nom­mait Publius. Il fallait une vertu solide pour résister aux mau­vais exemples d'un tel époux. Anastasie sut se préserver de la contagion, par son assiduité dans la prière, et par l'abondance de ses aumônes. On la voyait aller, sans suite et modestement vêtue, de prison en prison, visiter les chrétiens. Ces œuvres de charité lui attirèrent les persécutions de Publius, qui la renferma dans sa maison, où il la traitait avec beau­coup de dureté. Accablée de douleur, la jeune dame écrivit à saint Chrysogone, qui, persécuté lui-même, lui répondit qu'elle serait bientôt en liberté. Publius ayant été chargé peu après d'une mission en Perse, périt misérablement dans ce voyage; et Anastasie, délivrée d'un dur esclavage, fut mise en posses­sion de biens immenses. Elle ne s'en servit que pour secourir les pauvres et pour continuer ses charitables soins aux con­fesseurs de Jésus-Christ.

 

Sous le règne de Dioclétien, saint Chrysogone ne tarda pas à être arrêté et jugé. Anastasie se porta à sa rencontre pour le secourir et, sans aucune crainte, se montra chrétienne fervente et dévouée. Il n'en fallut pas davantage pour qu'elle fût saisie à son tour et remise entre les mains du juge Florus, qui n'épargna rien pour lui faire renoncer au culte du vrai Dieu. Voyant ses efforts inutiles, il soumit Anastasie à divers supplices, et, comme il n'avait pu la faire périr, il ordonna qu'elle fût brûlée vive, ce qui eut lieu le 25 décembre 304.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉE (1933)

 

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 03:49

  

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

Comme Jésus, que l'Évangile nous montre toujours har­celé par une nuée de pharisiens et de scribes, l'archevêque Montini le fut souvent par les critiques et les observations. Il se trouva des gens pour écrire : « l'archevêque Montini poursuit une illusion, un rêve généreux... mais un rêve... » Il n'en continua pas moins, imperturbable, à demander aux classes possédantes de fournir un exemple de vie, et aux travailleurs de mûrir leur protestation afin de la traduire en termes rationnels, c'est-à-dire chrétiens.

 

Ses visites aux usines, loin de diminuer, se multipliaient. Et certains se demandèrent avec scepticisme : « Est-il encore possible de renouer entre la religion et le monde du travail un dialogue interrompu depuis si longtemps ? » Montini répondit par le chef-d'œuvre de son apostolat ouvrier. Et tandis que le boom économique traînait derrière lui, comme un boulet, le boom de l'immigration désespérée, il proclama la Grande Mission.

 

« Il faut sortir des limites de la paroisse, disait-il aux siens, les prêtres y sont surchargés d'un travail créé par une population limitée : les clients de la paroisse... Ces gens-là sont toujours à l'Église, du matin au soir, pour prier ou pour demander des faveurs... Demandez aux curés ce qu'est l'assaut des quémandeurs de recommandations... »

 

Dehors donc, dans le vaste monde des âmes!

 

Au début de novembre 1957» des milliers de manifestes tapissèrent Milan. Sur le fond des flèches de la cathédrale, un texte : « Milanais, du 10 au 14 novembre, mille voix vous parleront de Dieu! »

 

C'était l'annonce de la Grande Mission, soigneusement préparée depuis 1955. En avril, l'idée en avait été lancée et discutée pour la première fois par le Collège des curés, présidé par le Prévôt de Saint-Étienne, Mgr Gorla.

 

On avait décidé dès cette époque de limiter la mission au territoire de la commune de Milan, représentant un million et demi d'habitants, selon les recensements paroissiaux.

 

A cette grande ville de tradition chrétienne et à la vie spirituelle sincère, mais distraite par d'innombrables et pres­sants intérêts pratiques, Mgr Montini voulait adresser le message de Dieu. Cette expérience d'apologétique collective visait à une renaissance religieuse des consciences ; elle devait aussi réorganiser les rangs des mouvements catholiques et semer la parole évangélique dans tous les cœurs distraits, en laissant toutefois à la grâce le soin de la féconder : C'était, en un mot, le cœur de Milan qui devait se convertir.

 

« Milan est bonne, intelligente, généreuse, affirmait l'archevêque, susceptible de progrès spirituels; je pense qu'il serait difficile de trouver une autre ville qui ait un cœur et un visage aussi ouverts que les siens. »

 

Mais devant l'immensité du message divin, la Mission, restreinte à quelques jours de prédication, était limitée : il fallait donc considérer les exigences religieuses de la ville dans leur ensemble, en laissant de côté celles de groupes ou de milieux particuliers; et exposer avec clarté et hardiesse à un monde pauvre en sens du surnaturel, le fondement de toute réalité : « la grande réalité oubliée et méconnue qu'est Dieu : Dieu créateur et notre Père; Dieu Providence; Dieu, qui s'est incarné dans le temps pour nous sauver et pour faire de notre pauvre histoire une histoire éternelle grâce à son Église. »

 

Le choix même du thème de la Mission avait un précédent spécifique : « Certains fidèles, avait dit Mgr Montini quelque temps auparavant, se sont plaints auprès de moi de ce que, de leur vie, ils n'ont entendu un prêche sur Dieu le Père. Nous avons en effet pensé à tous les saints, à toutes les vertus, aux dévotions, aux neuvaines et aux fêtes mais pas à la clé de voûte qu'est Dieu, peut-être parce que nous-mêmes ne l'aimons pas autant que nous le devrions... »

 

Dans de larges couches d'une communauté où les prin­cipes doctrinaires de la religion étaient rares et faibles, sinon complètement absents, il fallait laisser affleurer dans les consciences la persuasion de la vérité, avant même de parler de réforme des mœurs. « Le but, la cible immédiate que nous visons, disait l'archevêque, c'est de faire renaître la religion dans les consciences. » Le message, bien qu'adressé à tous les fidèles sans distinction, était donc surtout destiné à « ces secteurs de la population où l'on ne peut supposer l'existence d'une conscience religieuse, même si les gens qui la composent ont reçu le baptême. » Voilà donc la grande idée directrice de la Mission : une rencontre, face à face, des vérités éternelles avec les « frères lointains ».

 

Le thème choisi pour la prédication fut divisé en sept méditations, une par jour de la semaine, complétées par sept instructions morales, aptes à rappeler les consciences à la néces­sité de la pratique religieuse : « Dieu le Père et les devoirs envers le Père »; « Jésus-Christ révélateur du Père et le Baptême »; « la fuite du Père »; « l'Église où la route qui mène au Père et la Paroisse »; « l'attente du Père et l'activité professionnelle, volonté du Père. »

 

Les sept thèmes, élaborés par des spécialistes des disci­plines religieuses, avec l'aide d'enseignants de la faculté de théologie de Venegono, formèrent le Directiore, un exposé serein et positif de la conception chrétienne de la vie qui, sans renoncer à la précision du langage théologique, enseigne une nouvelle façon de dialoguer avec les âmes : croire avec confiance et exposer la parole de Dieu dans son audacieuse plénitude.

 

« L'Église est vivante, disait l'Archevêque illustrant ce concept, et magnifiquement apte à rencontrer le monde moderne, monde de la culture, des bureaux, des affaires, monde des jeunes surtout, et monde du travail. »

 

Mgr Montini dirigea personnellement l'organisation de la Mission : les premières réunions préparatoires des curés milanais, la nomination de quatre « Commissions d'Étude » (pour la Presse et la Propagande, le Plan de financement, la Pré­dication et l'Organisation et exécution), la visite aux comités paroissiaux à qui était confiée la préparation de la Mission à l'échelle des paroisses, l'institution de cours de théologie pour laïcs (où enseignèrent outre l'archevêque lui-même, les cardinaux Siri et Lercaro, Mgr Charles Journet, Mgr Colombo, le P. Bevilacqua et don Pascal Magni) et enfin la visite de cent cinquante établissements et organismes qui en avaient fait la demande.

 

S'adressant aux futurs prédicateurs de la Mission, Mgr Montini souligna, en juin 1957, son désir d'épurer l'activité pastorale de toute allusion politique : « Nous essaierons d'être très respectueux, même envers ceux qui professent l'athéisme. Nous ne ferons pas de sarcasme, nous ne dresserons pas notre public contre les autres. Vous êtes au courant de la grande mission protestante qui a commencé à New-York avec des moyens très supérieurs à ceux dont nous disposons : un million et demi de dollars. Cette prédi­cation, caractérisée par une violente affirmation des vérités les plus crues, les plus populaires, les plus effrayantes, dont les Saintes Écritures sont remplies, réussit à faire une telle impression que la curie new-yorkaise a dû immuniser les catholiques contre sa grande fascination. Que cela nous serve d'enseignement : nous ne devons minimiser ni la vérité ni le ton de la vérité. »

 

Malgré la rigoureuse affirmation du caractère apolitique  de la mission, les premiers signes d'opposition politique apparurent très vite lorsque la Curie, ne disposant pas suffisamment d' « aumôniers d'usine », se vit refuser l'entrée des prédicateurs dans certains établissements. On assista alors à un phénomène inhabituel et consolant. De nombreux ouvriers réussirent à quitter leur poste de travail et à se rendre en groupe auprès du prédicateur le plus proche. Bravant les représailles des commissions internes et les espions des cellules communistes toujours prêts à les dénon­cer, ils n'hésitaient pas à inventer mille prétextes, à faire déplacer leurs horaires, à se lever avant l'aube ou à rentrer chez eux très tard le soir !

 

En ces jours d'apostolat palpitant, alors que la grande ville faisait preuve d'une attente aiguë et d'un très vif intérêt pour un dialogue dont elle avait depuis longtemps perdu l'habi­tude, l'attaque de l'Unité, le quotidien communiste de Milan fut violente et, comme d'habitude, menteuse et vulgaire :

 

« On promet aux pauvres la patrie céleste pour qu'ils ne dérangent pas les riches qui doivent continuer à jouir de la patrie terrestre. Bien plus, on ne se contente pas de la discri­mination entre riches et pauvres, on distingue aussi les bons pauvres, catholiques, des mauvais pauvres, non catholiques. Ce n'est pas là défendre le pain quotidien, mais la richesse de ceux pour qui le Christ a dit qu'il était plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume des Cieux. La Mission n'était-elle donc pas pour l'archevêque Montini l'occasion de démon­trer qu'on ne peut toujours se battre du côté des gros indus­triels, même si c'est à leur intervention auprès du pape qu'il doit son chapeau de cardinal ? »

 

Au mensonge, à l'ignorance, au massacre d'une vérité, pourtant quotidienne et offerte à tous les yeux par un infa­tigable apostolat ouvrier, l'Unité ajoute la plus sotte, la plus maligne et la plus corrosive des insinuations.

 

Mais l'archevêque connaît la maturité, l'intelligence et le bon sens des travailleurs milanais; il connaît le cœur de sa ville et de son diocèse et ne se laissera pas intimider ni encore moins arrêter par de tels mensonges. Il annoncera person­nellement la Mission à plus de trente-cinq mille personnes et assistera, infatigable, à trente-cinq réunions paroissiales et vingt-neuf assemblées des différentes commissions; il don­nera des leçons aux missionnaires, aux laïcs, aux prêtres et aux curés, enregistrera sept conférences sur disques et parlera à la radio, à la télévision et à la radio vaticane. Il ne laissera surtout aucune solennité, aucune manifestation bruyante interrompre le rythme normal et trépidant de la vie milanaise.

 

A la veille de la Mission et après deux ans d'une prépa­ration intense, mille deux cent quatre-vingt-huit prédica­teurs affluèrent à Milan dont trois cardinaux : Lercaro, Siri et Urbani, vingt-quatre évêques et archevêques, six cents prêtres séculiers, cinq cent quatre-vingt-dix-sept religieux et soixante-cinq séminaristes.

 

A suivre

 

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 10:47

 

Malheur à l'homme qui ne sait pas abriter sa vie dans le Cœur de son Dieu, et s'affermir dans la si douce es­pérance de se reposer un jour au milieu de ses enfants !

 

Cependant, la vie est si courte !... et l'heure qui la termine peut sonner au moment le moins prévu !... Un ciel pour héri­tage et une éternité de bonheur !... et tout cela peut être jugé sans appel dans quelques jours, peut-être demain, peut-être avant que nous reprenions le sommeil de la nuit ou durant le calme même de ce sommeil...

 

Et malgré ces vérités qui ne sauraient passer comme les futiles frivolités de la vie, toujours le bandeau sur les yeux, nous n'en laissons pas moins notre regard s'attacher sur les changeantes folies de ce terrestre horizon, et nous oublions la seule et unique chose nécessaire en ce monde.

 

Si vos miséricordes, ô mon Dieu, sont si patientes, si multipliées, si infatigables dans cette vie, que vos jugements sont donc épouvantables dans l'autre ! Que vos justices y sont ter­ribles à qui veut y penser sérieusement !

 

Mais, Seigneur, dans ces jours de colère vous ne brisez point ceux qui auront observé vos commandements et vécu dans votre amour. Ceux-là ne chercheront point à se cacher dans les entrailles de la terre pour se soustraire à votre re­gard. Ils espéreront dans vos promesses, ils se confieront amoureusement dans vos bontés. Bannis tandis qu'ils étaient sur la terre, n'ayant toujours soupiré que pour la patrie, ils feront éclater leurs transports en abordant à ses rivages ; athlètes courageux, après s'être fatigués dans l'arène, ils tressailliront en voyant luire le grand jour du repos.

 

Oui, l'éternité est à vous, ô mon Dieu ! Mais vous l'avez promise à vos élus, pour vous y aimer encore et vous y aimer sans crainte de vous y perdre. Ce sera pour vos enfants le jour de la grande Pâque, le grand passage de l'esclavage à la liber­té. Alors, les mépris du méchant, les dédains du voluptueux, les mille séductions du monde, et les poignantes tribulations de l'exil, tout sera fini, tout aura passé... il n'y aura plus que paix et amour...

 

O Jérusalem Céleste, ô cité magnifique, terre promise des élus, quand verrai-je sur les collines des cieux se déployer tes murailles ! Quand m'apparaîtront tes remparts de jaspe et d'or renfermant toute une création de chefs-d'œuvre et de merveilles, tout ce que le Dieu du ciel a pu réunir de plus digne de sa majesté glorifiée, tout ce qu'aura pu inventer sa toute-puissance inspirée par son amour pour compléter le bonheur de ses élus !

 

Oh ! Qu'il fera bon alors avoir souffert, avoir combattu, avoir travaillé ! Alors, plus de crainte, la cité de Dieu est une cité inexpugnable. Plus d'inquiétudes pour l'avenir. L'avenir des élus, c'est l'immuable éternité, c'est l'éternité de Dieu même, l'éternité de sa joie, l'éternité de sa paix.

 

Oh !  Chante maintenant, ô Peuple prédestiné, chante les cantiques de Sion, chante avec les anges la gloire de ton Dieu ! Fais éclater avec eux tes hym­nes éternels d'actions de grâces et d'amour. Il n'y aura plus désormais qu'une union sans nuages entre ton cœur et celui que tu appelles ton Jésus, ton bien-aimé et ton tout.

 

Oui, Seigneur, les hommes reconnaîtront bien alors que vous ne les aurez pas trompés, lorsque vous leur aviez dit dans le temps : Bienheureux les persécutés, les affligés et les pau­vres, car dans l'éternité votre propre héritage sera devenu le leur ; ils partageront votre royaume, et toutes ses splen­deurs seront devenues la récompense de l'homme résigné aux souffrances de cette vie. Oh ! Que Dieu sera riche alors, qu'il sera libéral et magnifique pour payer à ses élus leur faim de justice et leur soif d'amour divin, leurs persécutions, leurs épreuves et leurs combats !

 

Qu'heureux, mille fois heureux, ceux qui s'endormiront dans la paix de Dieu pour se réveiller les convives du banquet des félicités éternelles !

 

0 mon Dieu, faites-moi donc marcher dans cette vie à tra­vers le feu des épreuves, mais soutenez-moi, soutenez-moi jusqu'à l'éternité, parce que je veux vous voir dans votre gloire ; tout mon désir est que vous soyez éternellement mon allégresse, ma possession, mon unique richesse et toute ma récompense.

 

O éternité bienheureuse, aujourd'hui, demain peut-être encore, la souffrance, les privations et les peines, mais en­suite, plus rien que ton repos, que ton bonheur, que tes inex­primables félicités...

 

H. lebon.

 

Extrait de :  LECTURES   MÉDITÉES (1933)

 

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