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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 05:29

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

Les initiatives de Mgr Montini ont également concerné le grave problème des ouvriers qui arrivaient en masse dans la région de Milan; et pour eux, il a institué le Centre diocésain des immigrés d'assistance spirituelle et morale, en collabora­tion avec le « Comité technique d'immigration » de la com­mune. Le problème le plus urgent, le plus angoissant était celui du logement : l'archevêque Montini fit construire de nombreuses pensions pour ouvriers, dans les zones les plus dépourvues.

 

Une autre initiative d'une charité sociale particulièrement délicate consista à garantir la possibilité de travailler à ceux qui avaient dû engager au Mont-de-Piété jusqu'aux instru­ments et aux machines avec lesquels ils gagnaient leur vie : à l'occasion de Noël, il faisait dégager ces biens, rendant ainsi à ces pauvres gens l'espérance du travail et leur confiance en eux-mêmes.

 

Mais Mgr Montini ne se contentait pas de cela, il voulait creuser jusqu'au bout, aller à la racine du mal, de cette méses­time également coupable des travailleurs et des patrons pour l'Église et pour la Foi.

 

Dans un discours adressé à Turin le 27 mars 1960 aux cadres il dit : « La première catégorie, celle des patrons, celle qui offre au travail les fruits de la pensée, de l'étude, de la technique et de l'organisation, est encore paralysée par l'objection rationaliste et par la prétention philosophique d'en « savoir davantage », avec son esprit scientifique, que tous les prophètes de la religion. La religion, pour une telle mentalité, ne résisterait pas à la confrontation avec le ratio­nalisme moderne; celui-ci la dépasserait, l'expliquerait, la rendrait vaine et seule la science serait valable. »

 

Dans le même discours, mais à propos de la catégorie des travailleurs, Montini relevait la « formidable objection pra­tique propre aux esprits habitués à des raisonnements linéaires et quelque peu bornés qui consiste à dire que la religion distrait les travailleurs de ce qui doit leur importer avant tout, c'est-à-dire de leurs propres intérêts économiques et sociaux; la religion les subjugue, les apaise, les fixe en un système juridique et social dans lequel d'autres vivent dans l'abondance, la sécurité, le plaisir, le privilège, alors qu'eux n'y trouvent que peine et soumission. » De quelque manière qu'ait pris naissance cette fausse opinion, concluait Montini, aucun observateur loyal ne voudra soutenir que la religion est un instrument d'exploitation et de servitude. Pourtant, chacune des deux catégories sociales en lutte, patrons et ouvriers, accuse l'Église : l'une de trop protéger les pauvres, l'autre de prendre parti pour les riches; l'une reproche à l'Évangile de ne pas donner d'importance aux valeurs économiques, l'autre, de prêcher la sainte pauvreté.

 

La vérité, Mgr Montini l'a montrée à plusieurs reprises, avec une cohérence exemplaire, dans ses différents discours, demandant un triple effort d'intelligence pour comprendre :

 

« Primo : que dans la vie et la doctrine de l'Église, il n'y a rien de contraire au travail et que l'Église veut une solution humaine, rationnelle, ordonnée, progressive de la question sociale;

 

« Secondo : que la nature même du travail doit être regardée avec bienveillance en ce qu'il vise à la perfection et mérite la récompense sublime de la prière;

 

« Tertio : qu'il faut participer à la conception universelle de la religion, sans laquelle « le monde finit par sembler absurde, parce que les vraies dimensions de la réalité nous échappent. »

 

Mais le plus grand mérite de sa pensée socio-religieuse, inspirée de sa profonde culture, consiste à avoir identifié la source de la crise moderne, spirituelle avant d'être sociale, dans la pensée philosophie du XIXe siècle, dans l'idéalisme qu'il appelle « métaphysique du gratuit » et dans les déri­vations politiques du libéralisme et du radicalisme d'un côté, du communisme de l'autre. La racine du mal, affirme-t-il, est dans l'effort de la pensée moderne pour faire abstrac­tion de Dieu; une seconde racine se trouve dans les vicissitudes historiques qui, de la révolution française à nos jours, ont brisé la conception unitaire de la vie.

 

« L'homme de travail s'enivre de capacité créatrice et formatrice, il pense être la première cause, supérieure aux causes naturelles... voilà pourquoi il se détache facilement de la religion. »

 

« D'où la grande mission pastorale de l'Église de notre temps : « Le rapprochement entre le monde du travail et celui de la Religion ne peut advenir que comme fait spiri­tuel... Dans ce domaine de la vie aussi, on devra considérer deux facteurs décisifs et mystérieux : La liberté humaine et l'intervention de la grâce divine. »

 

Grâce à eux, il est possible d'espérer « un ordre nouveau dans lequel une véritable paix résulte de la conjonction de la conscience religieuse, des besoins du peuple travailleur et de l'organisation économique de l'entreprise. »

 

Toute la sagesse de son œuvre pastorale ouvrière se trouve dans cet équilibre harmonieux entre le travail et l'initiative privée; en effet Mgr Montini a toujours exprimé en termes sans équivoque sa ferme confiance en la liberté d'entreprise en tant qu'instrument indispensable du progrès commun. Ses visites à la Foire de Milan en font foi et, s'il faut citer un texte, prenons son discours du 31 décembre 1957 aux cadres de la capitale lombarde, à qui il expliqua que la liberté d'en­treprise est l'expression naturelle de la liberté unique et indivisible de l'homme, dont Karl Marx fut par conséquent un négateur.

 

Nous souhaitons que l'infatigable et lumineux apostolat ouvrier de l'archevêque de Milan dans le monde du travail, ce « géant encore myope et inquiet », ait réussi à balayer définitivement la dramatique équivoque de notre temps, qu'une démagogie excessive et inconsidérée a souvent porté à l'exaspération : les travailleurs ne sont pas uniquement ceux qui transpirent matériellement dans les ateliers, les usines ou les champs; ce sont aussi ceux qui gagnent leur pain dans les bureaux, les écoles, les professions libérales ou les arts; et surtout : la charité sociale, les revendications et l'élévation des travailleurs ne doivent pas venir seulement de la gauche mais aussi d'une conception humaine et chré­tienne de la vie...

 

On eut en différentes occasions la preuve que son apostolat ouvrier était dans le vrai et que les équivoques commen­çaient déjà à tomber, quand, par exemple, il parvint à réunir autour de lui, au Vigorelli, des milliers et des milliers d'ou­vriers de toutes les industries milanaises, ces « frères lointains » qui le préoccupaient tant.

 

Il faisait d'un seul coup leur conquête, comme il avait fait celle de la ville ; il leur disait ces paroles de vie, ces paroles nouvelles qui savaient les toucher. Ses visites systématiques et infatigables aux usines, aux bureaux, aux magasins, aux boutiques des artisans, où il arrivait à l'improviste, accom­pagné de son seul secrétaire, traduisaient sa recherche anxieuse et cordiale du dialogue humain qu'il recommandait tellement à tous et qui contribuait si bien à établir des contacts sincères et ouverts.

Comme le bon curé de campagne qui met le nez dans l'humble boutique, il disait : « Me voici, comment ça va ? » et s'informait du travail, du succès des affaires, de l'état des familles.

 

En partant, il laissait ses conseils, son sourire et sa bénédiction et, si besoin était, son aide économique. Les humbles disaient : « Il est vraiment démocratique!... » Et d'autres : « Avec un prêtre comme ça, moi aussi, je suis d'accord!... » C'était l'éloge auquel le grand Archevêque était le plus sensible.

 

Sa réputation et la bienfaisante influence de son apostolat ouvrier commençaient déjà à franchir les frontières de son diocèse pourtant démesuré, et à se répandre un peu partout.

 

En août 1960, l'Archevêque des travailleurs fut invité à prononcer à Assise une conférence sur la papauté au cours de l'un des intéressants cours d'études chrétiennes que, depuis longtemps déjà, la Pro Civitate Christana de don Jean Rossi organise annuellement. Un jeune participant raconte : « Ce matin-là, je vis une voiture pleine d'hommes et je leur demandai qui ils cherchaient. » L'un d'eux prit la parole : « On est des ouvriers et on vient de Prato pour écouter le cardinal Montini. » Je répondis, assez embarrassé : « Vous savez, aujourd'hui le cardinal doit faire un discours plutôt difficile, je ne sais pas s'il vous intéressera... ». « On n'est pas venu pour ça, cet homme-là nous aime vraiment, nous autres ouvriers, on veut seulement lui baiser la main, et après, on s'en va! »

 

Sa dernière grande manifestation publique comme pasteur du diocèse milanais eut lieu, toujours au Vélodrome Vigo­relli, le 1er juin 1963, à l'occasion de la nuit sainte, la traditionnelle réunion diocésaine en préparation de la Pen­tecôte. Malgré la pluie, une foule énorme de quinze mille hommes, jeunes travailleurs, membres de l'Action Catho­lique ou pas, emplissaient la grande enceinte. Tous les esprits étaient tournés vers Rome où le pape Jean XXIII luttait contre la mort. Dans son inoubliable homélie, le cardinal Montini dit entre autre : « Toute vision incomplète ou erronée du monde n'engendre ni la civilisation ni la paix. La conception matérialiste selon laquelle le bien-être éco­nomique, par ailleurs indispensable, suffit à fonder la paix, ne peut rien engendrer de bon. Et moins encore, la théorie plus matérialiste qui veut que, du conflit des classes et de l'esprit subversif, puisse découler une paix humaine et sin­cère. »

A suivre…

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 21:58

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

Noël 1960 fut un Noël « chaud » sur le plan syndical. Depuis plusieurs semaines, les travailleurs du secteur électro-ménager étaient en grève pour des questions de salaires et de normes. Une grande manifestation avait été décidée pour le matin de Noël, à l'heure même où Montini, devenu cardi­nal, s'apprêtait à adresser son homélie aux fidèles. Il dit, entre autres choses : « le Christ en venant au monde mani­feste des préférences pour certaines catégories d'hommes : ceux qui sont dans le besoin, qui souffrent, qui sont persé­cutés; et Noël nous fait penser à la douleur humaine. Nous ne pouvons oublier en ce jour béni, la souffrance qui existe encore en ce monde. Souffrance à cause du péché humain. Souffrance à cause de l'injustice, de l'égoïsme, de l'hypocri­sie, de la corruption, de l'oppression; souffrances dues à la pauvreté, au manque de pain et de logement, de travail et de sécurité sociale et à la criante injustice de la répartition économique dont tant de gens souffrent encore. Aujour­d'hui même cette célébration nous pousse à nous demander s'il n'y a pas, à côté de nous, des frères chargés de maux, qui souffrent... »

 

Paroles d'humaine compréhension, de participation à des problèmes d'actualité brûlante, qui nous montrent le pasteur Montini sensible aux souffrances de ses fils. Mgr dell'Acqua ne lui avait-il pas dit en prenant congé dans les bureaux de la Secrétairerie d'État, au moment de sa nomination : « les milanais salueront certainement en vous l'archevêque des travailleurs. »

 

Et Montini lui-même au lendemain de son arrivée pro­mettait aux ouvriers de Sesto San Giovanni : « Avec la grâce de Dieu, je ferai tout mon possible pour être l'archevêque des travailleurs. »

 

A Varese, célébrant le dixième anniversaire de la fonda­tion des A. C. L. I., il donna cette consigne : « le pain, le toit, les vêtements, le travail, ne doivent manquer à aucun homme. Faites vôtre cette thèse et que ceux qui ont la possibilité de guider la politique et l'économie consacrent tous leurs efforts à ce qu'il en soit ainsi. »

 

Du reste, dans son discours de présentation à la cathé­drale, il s'était tracé ce programme pour son œuvre pasto­rale : « J'adresse dès maintenant ma bénédiction aux travail­leurs, sachant que mon souci devra être d'inviter ces fronts courbés sur le travail terrestre à se relever au vent de l'esprit; à élever le travail, quel qu'il soit, matériel ou spirituel, aux fins supérieures qui doivent l'informer pour qu'il soit vrai­ment chrétien; mon souci sera donc de coopérer pour qu'au lieu d'un champ de lutte, le travail devienne le terrain de sincères et pacifiques rencontres humaines, conçues comme une véritable collaboration des classes au bien commun; il sera aussi de prêter, là où existent encore souffrance, injus­tice et légitime aspiration à des améliorations sociales, mon soutien franc et solidaire de pasteur et de père. »

 

On évalue à plusieurs centaines le nombre des visites qu'il rendit aux ouvriers et à leurs dirigeants, sur leur lieu de tra­vail. Ces échanges, toujours cordiaux et ouverts contri­buèrent à faire mieux connaître aux travailleurs l'Église dans sa véritable nature, à dissiper les équivoques et à faire renaître un sentiment religieux qui pouvait être depuis longtemps caché ou opprimé par le dur labeur de chaque jour.

 

« Sachez tous que l'Église est avec vous, disait l'archevêque, qu'elle est à côté de ceux qui souffrent et que ce n'est qu'en suivant ses traces que nous pouvons espérer en une civili­sation vraiment nouvelle : un monde qui ne pourra venir de l'incompréhension, mais seulement de la soif de justice qui est à la base du christianisme. »

 

II ne faut pas s'étonner de ce que ces paroles brûlantes et pleines d'une fascination nouvelle pour le monde du travail, aient commencé à préoccuper ceux qui n'avaient aucun intérêt à voir s'écrouler les barrières séculaires qui ont séparé les travailleurs de la compréhension maternelle de l'Église et du salut chrétien; surtout si l'on considérait que ce pâle et sec archevêque prenait les choses au sérieux et qu'il ne se contentait pas de grands mots et de belles phrases, mais menait à fond la lutte pour l'élévation spirituelle et sociale des ouvriers. En 1956, dans la nuit de l'Epiphanie et pour le premier anniversaire de son arrivée à Milan, un groupe de terroristes faisait exploser un puissant engin sur la façade de l'archevêché, du côté où il logeait. Ce geste insensé ne le troubla pas : le lendemain il célébra la messe de l'Epiphanie, pendant laquelle il annonça la Grande Mission dans les cent vingt-cinq paroisses de la ville et partit, aussitôt après, visiter les sans-abri de Senavra, dans la banlieue milanaise.

Cet intérêt de l'archevêque Montini pour le monde du travail, n'est pas dicté seulement par l'évolution historique et par des situations sociales contingentes. Il l'est aussi par une préparation doctrinaire claire et précise et cela est important pour qui veut évaluer son action pastorale au milieu de ces travailleurs qui lui étaient si chers.

 

Devenu pape, il dira aux curés de Rome, en un témoignage ému, qu'il remerciait Dieu de l'avoir ainsi « entraîné au dialogue avec la puissante multitude, presque indéfinissable, presque inaccessible, des protagonistes du monde moderne... les industriels, les cadres de l'économie et ce géant, parfois encore myope et inquiet, l'homme de travail. »

 

« Le travail n'est pas profane disait-il dès 1955 aux membres de l'A. C. L. I. de Milan; il est, à sa manière, une prière et une collaboration à l'œuvre de Dieu; le travail humain est sacré. »

 

II prit entre autres initiatives celle de célébrer une messe pour les exposants de la Foire de Milan afin de montrer que l'Église ne demeure pas étrangère à ce qui est la plus grande manifestation annuelle du travail milanais. En 1956, il disait à ces exposants : « gens du travail, de l'industrie, du com­merce, ouvriers et patrons, citoyens et magistrats, vous accomplissez un grand cycle et vous le couronnez d'une sublime valeur spirituelle. Comme des mineurs qui ont épuisé leur corps et aveuglé leurs yeux pour arracher au sein de la terre ses richesses cachées, vous sortez dans le soleil, le vent et la liberté de l'horizon chrétien. »

 

Et encore : « le travail est grand mais il n'est pas une fin en soi. S'il restait une fin, il serait un joug, un esclavage et un châtiment. Plus haut sera le but proposé, plus fécond, plus joyeux, plus libre et plus sacré sera le travail humain. Ce but doit être le service et l'amour du Père Céleste et la prière filiale à sa paternelle Providence. »

 

Combler le fossé qui s'est créé à l'époque moderne entre le travail et l'Église a été la préoccupation constante, presque obsessionnelle de Mgr Montini. « Je me sens votre ami, je comprends nombre de vos sentiments, disait-il aux travail­leurs de Pirelli en visitant l'usine, je comprends aussi que vous me regardiez avec une question muette; maintenant, je n'ai rien à vous donner, j'ai les mains vides. Mais je sais que, parce que vous travaillez, vous aspirez à quelque chose qui se trouve au delà de la peine, au delà du salaire, au delà de la matière. Vous aspirez à un peu de vie vraie, à un peu de bonheur. Et dans ce domaine, j'ai d'immenses trésors à vous donner : l'espérance, le sentiment de la dignité humaine, d'immenses horizons de lumière; vous avez une âme et moi j'ai des trésors pour cette âme. »

 

Avec ces prémices et dans cet esprit, l'encyclique Mater et Magitra sur « les récents développements de la question sociale, à la lumière de la doctrine chrétienne », ne pouvait qu'être l'objet d'une extraordinaire attention de la part de Mgr Montini; il convoqua le Synode Mineur de 1961 à l'Uni­versité catholique pour en étudier, avec ses prêtres, l'appli­cation pratique.

 

« II faut que nous devenions tous au moins sommairement compétents, disait-il à cette occasion. Comme nous savons expliquer, par exemple, la doctrine des sacrements et de la prière, nous devons aussi expliquer ce chapitre qui vient s'insérer dans la doctrine chrétienne... Il ne suffit pas de faire la charité de l'aumône et des mots, il faut aussi que nous nous occupions de cette charité sociale. Il développait ensuite avec une adhésion précise à la réalité que nous vivons tous les actions à accomplir.

 

C'est justement pour étudier et coordonner cette action qu'il avait déjà institué l'Office Social Pastoral à la Curie, confié à Don César Pagani, car, comme il l'avait dit dès 1955 aux membres de l'A. C. L. I. de Busto Garolfo : « Le temps d'aller au peuple avec de grands mots et des promesses est passé. Il faut lui apporter des faits, avec des lois et des réa­lisations : c'est la méthode que nous devons instaurer. »

 

L'Office Social Pastoral devait se montrer aussi un conseiller vigilant au cours des moments les plus critiques des diffé­rentes grèves qui ont secoué le diocèse milanais.

 

A suivre …

 

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 02:58

 

N’ayez pas peur, il y aura deux fins du Mondes.

Il y aura la VOTRE et la vraie fin de ce monde.

 

La VOTRE peut arriver n’importe quand.

L’autre ne peut arriver comme ça, GRATUITEMENT.

 

Il doit y avoir d’abord LE GRAND MIRACLE.

Celui de Garabandal EN ESPAGNE.

Aussi le retour d’EXIL  du Pape Légitime…

 

Si cela vous intéresse, pour plus de détails…

Visiter : elogofioupiou tweeter

 

Ou GARABANDAL

 

 

 

 

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 02:54

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

La visite de Mgr Montini aux ouvriers de Sesto San Gio­vanni moins de quarante-huit heures après son arrivée dans le diocèse plut et déconcerta en même temps.

 

La réputation d'être un prêtre de gauche l'avait, à tort, précédé à Milan. La manie d'étiqueter les gens dans le domaine politique est pourtant ce qu'il y a de plus mesquin et de plus éloigné de l'action d'un ministre de l'Église et de l'Église elle-même. Mais cette renommée n'en fit pas moins naître le soupçon chez les bien-pensants, qui se refusaient à faire l'effort nécessaire pour comprendre que la première solli­citude d'un évêque s'adresse toujours à ceux dont il semble le plus éloigné. Et c'est aux « frères lointains » séduits par l'idéologie matérialiste, pris dans les filets des manœuvres politiques et syndicales, qui ont abandonné l'Église et la religion que s'adresseront toujours les soins les plus dili­gents et affectueux de Mgr Montini. Certains prélats de la curie milanaise, collaborateurs et amis de l'archevêque, s'em­ployèrent très rapidement à faire comprendre que les visites aux ouvriers étaient parfaitement orthodoxes et conformes à la maxime évangélique de la charité et du salut; mais tout le monde ne comprit pas et il resta des sceptiques.

 

A ce propos on nous a raconté qu'il y a quelques années, quand l'archevêque de Milan alla inaugurer et bénir les nouvelles salles de catéchisme de la paroisse Saint-Antonin à Concesio, on entendit au milieu des ovations, crier avec emphase : « Vive le prêtre de gauche! » Montini fut extrê­mement surpris. Plus tard, s'entretenant à la cure avec l'archiprêtre, don Louis Bosio, il lui dit, repensant à cette étrange exclamation : « Comment, prêtre de gauche ! Prêtre des travailleurs, oui; mais pas de gauche! »

 

L'archevêque de Milan savait bien que dans la foi et l'amour de Dieu et du prochain, il n'y a ni droite ni gauche, mais une ligne verticale de perfection et d'ascension vers le ciel; il ne s'occupait pas le moins du monde de ce qu'on | pouvait dire et penser de son œuvre infatigable en vue de ramener à la religion le monde du travail.

 

Sesto San Giovanni, cœur mécanique de Milan et toutes les autres industries le virent entrer dans leurs usines. Les journaux se contentaient par indolence ou par conformisme de publier au lendemain de chaque visite l'habituel compte-rendu de l'éternel hymne au travail, au progrès et à la civi­lisation que l'archevêque était sensé avoir entonné dans l'usine X ou Y, selon la version que le service de presse de l'usine X ou Y se hâtait de faire parvenir aux différentes rédactions. Mais tout le monde savait, à Sesto et ailleurs (les ouvriers, encore émus, en parlaient jusque dans les réunions de leur syndicat ou de leur parti), que Montini prêchait partout des paroles saintes et brûlantes sur la dignité du travail, sur la prédilection de l'Église pour les pauvres, sur la nécessité pour tous les chrétiens que la justice sociale devînt une réalité.

 

L'archevêque était sincèrement impatient d'écarter« toute équivoque entre l'Église et les travailleurs » en effaçant le soupçon et l'accusation d'une alliance entre la religion et le capital : c'est là qu'est la vérité, simple et complexe à la fois, et non dans la simplification hâtive d'un prétendu gauchisme.

 

Il était étonnamment à son aise dans le monde du travail et se sentait chez lui parmi les humbles. Ses manières n'avaient rien de démagogique et pourtant les ouvriers l'écoutaient avec enthousiasme quand il disait, par exemple : « La religion n'est pas l'alliée du capitalisme oppresseur du peuple. Les premiers à se détacher de la religion n'ont pas été les tra­vailleurs mais les grands entrepreneurs et économistes du siècle dernier, qui rêvaient de fonder un progrès et une civilisation sans Dieu et sans le Christ. Et que l'on ne vienne plus dire que la religion est l'opium du peuple et conspire à éteindre en lui l'énergie et l'espoir de progrès ; la religion est sa lumière et sa gloire; elle est sa force.

 

« Et encore : Un jour viendra, il le faut, où, des usines et des champs, l'hymne du peuple montera vers Dieu, où le vacarme des machines deviendra musique, la fumée des che­minées encens et où le travail humain chantera la prospérité, la paix, le bonheur de la société humaine... »

 

C'est pourquoi tout le monde condamna les sifflets qui l'avaient accueilli dans une grande usine de la banlieue mila­naise. N'accordons pas à cette manifestation plus d'impor­tance qu'il ne lui en accorda lui-même. C'était une usine d'une écrasante laideur. Sous ses énormes structures et ses hautes cheminées qui vomissaient jour et nuit d'acres relents chimiques, elle abritait aussi des « départements spéciaux » pour les ouvriers les plus durs. Qui d'entre nos lecteurs est allé dans une usine de ce genre ? Nous qui y sommes allés nous comprenons le ressentiment et l'hostilité de ces travail­leurs. C'était une usine — dit le chroniqueur d'un journal indépendant de Milan — « où l'homme se sent à peine diffé­rent du boulon et où il semble qu'un message d'amour soit une chose aussi archaïque et fragile qu'une fable pour enfants. » Les gens humiliés et offensés qui y travaillaient, pleins de souffrance et de rancœur, ne connaissaient l'Église qu'à travers le cliché caricatural du vieil anticléricalisme qui montre le capitalisme en haut de forme, donnant le bras au carabinier moustachu et au prélat replet.

 

Ce jour-là, le prélat qui entra dans leur cantine alors qu'ils consommaient le « plat du jour » n'avait vraiment rien de replet; mais le capitaliste était à ses côtés, mieux, tous les dirigeants de l'entreprise l'entouraient, obséquieux. « Qui sait si la Rousse n'est pas dehors aussi » murmura quelqu'un. La bordée de sifflets fut irrépressible.

 

« Alors, raconte le journaliste, témoin oculaire de la scène, l'archevêque Montini s'en alla, tout seul, au fond de l'im­mense labyrinthe de tables et de bancs, les mains levées en un geste de bénédiction, une ride douloureuse entre ses grands yeux cernés de noir. Ils le regardèrent en silence. Puis, brutalement, les applaudissements éclatèrent. »

 

Ce geste, le fait d'affronter seul une hostilité imméritée avaient suffi à lui valoir le respect et les applaudissements, car il n'avait pas encore commencé à leur dire ces choses qu'il avait déjà dites ailleurs et qu'il allait répéter d'usine en usine : « J'espère que mon ministère me donnera la grâce de dissiper l'équivoque que certains veulent voir entre l'Église et la classe laborieuse, entre notre temps, tendu vers la paix et le progrès technique, et l'Église. Pourquoi ne pas voir une convergence d'intérêts ? Nous devons bâtir sous d'heureux augures une société nouvelle, un monde meilleur. Vous, qui vivez le sentiment de l'injustice parmi les hommes, vous devez considérer l'Église comme votre amie, votre interprète et votre mère. »

 

A suivre…

 

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 09:02

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

II fut très vite possible de se faire une idée précise de la direction qu'il s'apprêtait à donner à son épiscopat milanais. Le lendemain même de son arrivée, après la messe célébrée dans la basilique patriarcale de Saint Ambroise, il alla visiter les malades pauvres de la policlinique.

 

Le jour suivant, il se rendit à l'hôpital des rachitiques et quarante-huit heures après son entrée dans Milan, il était déjà parmi les ouvriers de la Stalingrad d'Italie, à Sestos San Giovanni, la zone la plus rouge de tout le diocèse.

 

A deux cancéreux qui n'avaient pu assister à son arrivée, il dit, en franchissant le seuil de leur pauvre maison : « je suis venu ici pour vous connaître et vous promettre de parler de vous au Seigneur. » Une photo le montre dans le jardin d'enfants d'une usine, un bébé sur les genoux; il regarde en souriant les autres petits qui jouent, essayant vainement de construire un château avec des cubes de bois colorés. Deux ouvriers observent la scène dans un coin. La personnalité de l'archevêque est toute entière résumée dans ces anecdotes significatives.

 

Écoutons encore don Jean Rossi : « Il a toujours ressenti et largement mis en pratique l'impérieux désir d'approcher les familles les plus nécessiteuses, de visiter les infirmes et de s'agenouiller devant leurs lits, de s'intéresser aux cas les plus pitoyables pour répandre sur tous cet amour du prochain qui est le plus puissant témoignage de l'amour de Dieu. »

 

En même temps, il procédait avec tact et délicatesse, à la réorganisation de sa curie milanaise. On lui a attribué à ce propos, le qualificatif de technocrate. Le vocable pourra déplaire, mais il nous semble magnifiquement approprié. Le nouvel archevêque décida qu'on ne pouvait travailler parmi des meubles vénérables, précieux du point de vue de l'anti­quaire mais aussi peu commodes que fonctionnels. Il fit envoyer au musée les vieux fauteuils et les étagères pleines de vers et se rendit lui-même à la fabrique de meubles de Cantù pour commander des fauteuils de Style suédois avec accoudoirs en métal et des tables de travail en teck. De même, quand il fera construire de nouvelles églises dans tous les quartiers de Milan, il ne se laissera jamais séduire par la tentation, si chère au clergé, du monumental au détriment du fonctionnel.

 

La première année, 1955, fut pratiquement absorbée par la prise de conscience des problèmes spirituels, sociaux et humains de son immense troupeau. Après les hôpitaux, il commença à visiter les grandes usines de la métropole lombarde, puis les paroisses (le diocèse qui s'étend sur quatre provinces en compte plus de mille et la ville à elle seule, cent vingt cinq). Il poursuivit avec la visite de toutes les œuvres d'apostolat catholique d'éducation et d'assistance, éparses dans la ville et le diocèse. Il brûlait d'impatience de prendre un contact, humain avec ce troupeau de plus de trois millions et demi d'âmes : tâche immense, écrasante, doulou­reuse surtout. Souvent on l'entendra dire : « Combien de fois, en traversant cette ville absorbée et tendue dans son travail incessant, nous sommes-nous demandé avec angoisse comment faire parvenir une parole amie à tous ces gens qui nous semblent si éloignés du trésor vital de notre vérité et, en même temps, si unis par des liens de sympathie civile et de fraternité chrétienne! »

 

Ainsi commença à germer en son cœur, dès 1955, le grand projet de la Mission Milanaise qui prendra forme en 1956 (avec le programme de rénovation de la vie spirituelle dans la capitale lombarde) et sera annoncée en 1957.

 

En même temps il eut à faire face au problème aigu du développement religieux de la métropole, entouré d'une banlieue à la croissance vertigineuse, avec de graves questions humaines et spirituelles à affronter sans délai. Il avait déjà expérimenté les responsabilités du gouvernement central, il lui  fallait  maintenant  se  mesurer  avec  les  gigantesques difficultés pastorales d'une ville dans laquelle chaque jour naissent cent enfants,  s'installent   cinquante  immigrés  et s'agite  une  masse  ouvrière  de  centaines  de  milliers  des personnes; masse constituée essentiellement de déracinés que les trains ramassent le matin dans l'hinterland et ramènent le soir à la maison. L'archevêque Montini comprit que les visites pastorales, inventées quatre siècles auparavant par Saint Charles Borromée, n'étaient peut-être plus suffisantes et que leur ancien schéma trahissait un formalisme qu'il fallait vivifier.

Il s'engagea alors dans la lourde tâche de constructeur d'églises neuves et de fondateur d'œuvres d'assistance sociale et de nouveaux centres paroissiaux.

 

Aucune grande ville chrétienne moderne n'a construit autant d'églises neuves que Milan en ces années-là sous l'impulsion de Mgr Montini : 12 en 1955; 10 en 1956; 7 en 1957; 12 en 1958; 14 en 1959; 12 en 1960; 10 en 1961 et enfin de 1962 à aujourd'hui les 20 églises du Concile pour rappeler les vingt Conciles Œcuméniques de l'Église catholique.

 

Depuis le dramatique message de 1955 sur les nouveaux temples de la banlieue jusqu'à l'annonce de la construction des églises du Concile en passant par les appels continuels adressés aux fidèles pour leur rappeler leur responsabilité chrétienne, on assista à toute une série d'initiatives visant à donner à la banlieue les édifices sacrés capables de permettre à la popu­lation milanaise de conserver inaltéré le dépôt de la foi.

 

Environ cent paroisses furent ainsi érigées canoniquement : chiffre énorme qui rapproche l'archevêque Montini, de Saint Charles Borromée. Il fut pour les nouvelles églises le crieur public le plus persuadé et le plus persuasif, allant jusqu'à offrir son anneau pastoral et sa croix; il en suivit les dossiers dans leurs pérégrinations bureaucratiques et s'em­ploya à faire ériger des baraques ou des chapelles domestiques partout où il n'était pas possible de construire une église.

 

Un jour qu'il revenait de la zone de Giambellino, il fut frappé par la construction continuelle de nouveaux bâtiments d'habitation, sans aucune présence du sacré. « Est-il possible — se demanda-t-il — que les hommes d'aujourd'hui ne se préoccupent plus de Dieu ? » Rentré à l'Évêché avec ce lourd souci, il convoqua les responsables du Comité des Nouveaux Temples et, en leur compagnie, examina le problème. C'eSt ainsi que fut bâtie l'église du Saint Curé d'Ars, grâce à des dons provenant exclusivement des prêtres diocésains, à commencer par le pape Jean XXIII, qui offrit cinq millions, et par Montini lui-même qui donna le cœur du temple : l'autel.

 

Les milanais de toutes catégories sociales répondirent avec la plus grande générosité au pressant appel de leur arche­vêque et l'on assista à une spectaculaire floraison d'églises et d'œuvres paroissiales.

Mais la construction matérielle d'églises, même fonction­nelles et modernes, ne pouvait à elle seule opérer la péné­tration et la transformation des cœurs et des consciences auxquelles tendait le Pasteur de Milan.

 

C'est pourquoi son zèle apostolique l'amena à créer les organismes modernes et bien équipés, indispensables à une action efficace et opportune. Citons la création d'un Bureau d'Études de l'Archidiocèse destiné à préparer une évangélisation moderne et efficace au moyen d'éditions de catéchèse et de liturgie; l'institution d'un Office Social Pastoral pour l'étude et la résolution des problèmes de l'immigration croissante; l'Office d'Assistance Sociale, très moderne, dans les locaux mêmes de l'Archevêché;  L'Association pour l'assistance immédiate aux libérés de prison, regroupés dans des instituts spéciaux jusqu'au jour de leur réinsertion dans la société grâce à une situation stable et digne; les contacts avec le monde du travail à tous les échelons (dont nous parlerons plus avant); le renforcement de la presse diocésaine à laquelle s'ajouta, sur l'initiative personnelle de l'archevêque, la nouvelle revue Diocèse de Milan ; la collaboration et l'assistance aux œuvres culturelles les plus variées, avec la fondation récente de l'Académie Saint Charles que le pape Jean XXIII loua sur son lit de mort, la considérant comme la réalisation d'un rêve qu'il avait longuement caressé; l'extension des œuvres mission­naires et en particulier la réalisation originale de la mission de Kariba (Rhodésie du Sud), instituée avec des prêtres, des religieuses et des moyens financiers provenant exclusivement des diocèses de Milan et de Lodi; partie pour assister les corporations italiennes engagées dans la construction du grand barrage local, la mission resta sur place pour y pour­suivre une œuvre permanente d'évangélisation; soutenue par l'archevêché, elle obtint des résultats tels que l'initiative fut renouvelée : la seconde mission installée à Chirundu, toujours en Rhodésie du Sud, reçut la visite de Mgr Montini lors d'un mémorable voyage dont nous reparlerons.

 

A suivre

 

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 17:18

L’Ave Maria d’or… l’ultime supplication pour Paul VI…

 

Comme la Bienheureuse Mechtilde désirait ardemment saluer de la manière la plus sublime la Bienheureuse Vierge, celle-ci lui apparut portant écrite sur son cœur la salutation angélique et disant : Nulle salutation ne surpasse celle-ci; et jamais personne ne pourra me saluer plus agréablement, qu'en le faisant avec un respect que Dieu le Père m'a témoigné en me saluant, etc., comme suit :

 

"Je vous salue, Marie, en m'unissant à ce respect avec lequel Dieu le Père vous a saluée par l'Ave de l'Ange et vous a délivrée par Sa Toute Puissance de toute malédiction du péché.

 

Sainte Marie, Mère de Dieu, notre Mère :

--Priez pour nous, pauvres pécheurs;

--Hâtez le retour d’exil du pape Paul VI;

--Submergez l’humanité en péril, submergez nous de l’action pleine de  grâce de votre flamme d’amour, maintenant et à l’heure de notre mort.   Ainsi soit-il. (1)

 

 

Je vous salue, Marie, m'unissant à cet amour avec lequel le Fils de Dieu vous a éclairée par Sa Sagesse et vous a rendue semblable a un astre éclatant destiné à illuminer le ciel et la terre.

 

Sainte Marie, Mère de Dieu, notre Mère :

--Priez pour nous, pauvres pécheurs;

--Hâtez le retour d’exil du pape Paul VI;

--Submergez l’humanité en péril, submergez nous de l’action pleine de  grâce de votre flamme d’amour, maintenant et à l’heure de notre mort.   Ainsi soit-il. (1)

 

 

Je vous salue, Marie, m'unissant à la douceur de l'Esprit-Saint, douceur dont Il vous a inondée, et qui vous a rendue si ravissante de grâce, qu'il n'est personne qui cherche par vous la grâce sans la trouver.

 

Sainte Marie, Mère de Dieu, notre Mère :

--Priez pour nous, pauvres pécheurs;

--Hâtez le retour d’exil du pape Paul VI;

--Submergez l’humanité en péril, submergez nous de l’action pleine de  grâce de votre flamme d’amour, maintenant et à l’heure de notre mort.   Ainsi soit-il. (1)

 

 

        Souvenez-vous de cette admirable opération des Trois Adorables Personnes en vous lorsque que l'Auguste Trinité unit la substance tirée de votre chair en une seule Personne avec la nature divine, de sorte que Dieu devint homme et l'homme retrouva ainsi son droit a l’héritage céleste(1) .

 

        La douceur qui pénétra alors votre cœur, O heureuse Mère, la joie qui vous fit tressaillir, nul homme ne pourra jamais la redire ni l’éprouver. Aussi toute créature reconnaît avec transport et confesse que vous êtes bénie et exaltée incomparablement au-dessus de tout ce qui est créé au ciel et sur terre, et que Béni est le Fruit de vos entrailles, Jésus, qui vivifie, sanctifie et bénit tout dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il »

 

Cette prière est inspirée en partie  de l’article de :

http://amdg.over-blog.fr/article-notre-dame-marie-109999474.html

 

(1)    Les parties en italique sont de : elogofioupiou

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 01:38

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

« Est-il certain, Saint-Père, que je sois à la hauteur de la tâche ? » avait demandé Mgr Montini à Pie XII en apprenant qu’il était nommé archevêque du plus grand diocèse d'Italie. Pour toute réponse, le Pape l'avait embrassé.

 

Il avait alors expédié à Milan quatre-vingt-dix caisses de livres et sa très modeste chambre à coucher. Ces livres (des ouvrages de théologie, d'art, de science et de littérature) tapissèrent bientôt toutes les cloisons de l'archevêché, cou­loirs compris; mais, quand le mobilier arriva de Rome, il fut jugé trop franciscain pour la dignité d'un si haut prélat et le lit fut écarté au profit d'un autre, plus solennel, orné de colonnes torses et d'un baldaquin, pourvu en somme d'un style et d'une histoire (mais Mgr Montini fera disparaître dès la première nuit ce lit monstrueusement « artistique » et le remplacera immédiatement par son petit lit franciscain).

 

Le 4 janvier 1955, il quitta le Vatican après avoir célébré la Messe à l'autel de Saint Pie X, dans la basilique Saint-Pierre. A l'issue de sa visite d'adieu à Pie XII, il dit simple­ment, la voix émue : « A partir d'aujourd'hui, je suis orphe­lin. » Il avait écrit au cours de la nuit précédente une lettre au Saint-Père : « Il m'est impossible d'exprimer les sentiments qui m'assaillent au moment où je me détache physiquement de cette demeure bénie. Mais, écartant le tourbillon des sou­venirs, des impressions et des pensées, je sens le violent besoin de dire à Votre Sainteté toute ma très vive et filiale gratitude pour les bienfaits que leur nombre m'empêche d'énumérer et leur importance de mesurer et qui me sont venus de la bonté paternelle, généreuse et toujours renou­velée de Votre Sainteté. »

 

Mgr Montini prit le train à la gare Termini. Un journa­liste qui voyageait avec lui observait de l'œil le fameux pro secrétaire du pape et raconta par la suite que l'habit de prélat fileté de soie et la croix d'or lui donnaient un aspect: d'harmonieuse élégance. La croix était un présent du pape et, sur le porte-bagages, une seule valise en cuir contenait ses objets personnels : une étiquette avec le nom du pro­priétaire pendait de la poignée : Docteur François Montini, frère de l'archevêque, ce qui prouvait que la valise lui avait été prêtée. Sur ses genoux, pour le protéger du froid intense, un vieux châle de laine qui avait une histoire... il lui avait été offert par une vieille dame qu'il avait un jour aidée, en signe d'humble reconnaissance.

 

Son esprit ne pouvait qu'être empli de mille préoccupa­tions, si l'on pense que son éloignement de la Secrétairerie d'État avait été interprété — et Mgr Montini ne pouvait l'ignorer — de façon contradictoire et pas toujours bien­veillante. Les observateurs les plus sensés avaient pourtant apprécié à sa juste valeur, la clairvoyante décision de Pie XII : Envoyer à Milan son collaborateur le plus fidèle et le plus estimé, pour lui permettre d'acquérir l'expérience pastorale indispensable à un futur pape. Et les faits lui ont donné raison.

 

Mgr Montini n'était pas non plus sans savoir que la métropole lombarde elle-même, accoutumée depuis le car­dinal Frédéric Borromée à voir un saint dans son évêque, avait accueilli avec froideur la nomination de son nouveau pasteur. On pensait le plus souvent que cet homme de curie avait passé plus de temps à manier des papiers et à signer des protocoles qu'à s'occuper des âmes; on croyait qu'il n'était pas apte à soutenir le poids de ce diocèse mila­nais, accessible à une œuvre apostolique moderne qui sût toucher les cœurs, malgré de fortes tensions sociales et la primauté des intérêts matériels d'une classe bourgeoise et ouvrière en continuelle ascension. On entendait souvent dire : « Après les mauvais exemples des administrateurs de la chose publique, Rome nous envoie aussi un discutable administra­teur d'âmes, un politicien de l'Église. »

 

Le 3 janvier 1955 à midi, toutes les cloches du diocèse commencèrent à sonner pour annoncer l'arrivée de Mgr Mon­tini, ce prélat du Vatican, soulignait-on, qui venait succéder à Ildefonso Schuster en la Chaire d'Ambroise après trente ans de curie. Elles sonnèrent à nouveau, comme le voulait le cérémonial, à l'Ave Maria, le lendemain et le mercredi, veille de l'Épiphanie et veille aussi de la solennelle entrée du nouvel archevêque.

 

Les Milanais étaient également déçus de ce que le nouveau pasteur, bien qu'en tête des six « Chapeaux découverts » ne fût pas cardinal. Mgr Pierre Gorla, Président du collège des Curés, sensible à cette froideur générale, diffusa un message parmi les catholiques milanais, les invitant à exprimer leur reconnaissance à Pie XII pour avoir donné au diocèse un évêque qui était « presque un autre lui-même » et à prier la Vierge pour que son apostolat donnât des fruits abondants.

 

En attendant, le train roulait, amenant vers sa nouvelle et difficile destination ce prélat frêle et taciturne dans son compartiment. Montini arriva à Lodi au cours du premier après-midi et, de là, partit en voiture avec Mgr Schiavini, Vicaire Général, vers le collège des Oblates de Rho, où il devait passer la nuit et toute la journée du lendemain : il avait désiré disparaître pendant deux jours pour une retraite entièrement passée en prière.

 

Mais Lodi est au sud de Milan, Rho est au nord. Pour rejoindre le collège des Oblates, le nouvel évêque dut contour­ner la banlieue milanaise, sans entrer dans la ville.

 

Ce premier contact avec les quartiers ouvriers de Milan, enfumés et particulièrement lugubres sous un rideau de pluie froide et serrée, avec ces rues sombres et interminables des faubourgs industriels et la foule grise, triste et pressée, fit une impression profonde sur Mgr Montini.

 

« Milan, dira-t-il quelques mois plus tard, m'apparaît quelquefois comme une immense forêt ennemie. » C'est dans cette forêt qu'il allait devoir chercher son troupeau et établir le dialogue avec chacune de ses âmes. Il faudrait dire que dans ce cas le devoir forma l'homme si cet homme n'avait déjà eu, inexplicablement, une préparation secrète et profonde à sa formidable tâche. Il est certain, quoi qu'il en soit, qu'au spectacle fugitif de la ville qui l'attendait, une immense force spirituelle vainquit son trouble passager et si naturel et qu'il eut la claire vision de l'œuvre à accomplir.

 

Et voici l'épisode qui explique si bien Montini et qui, rapporté de bouche en bouche à Milan, eut le pouvoir d'em­porter, en une vague d'émotion et de sympathie, la froideur et l'incertitude de la ville.

 

A travers les vitres de la voiture qui roulait dans la cam­pagne grise et gelée, chaque brin d'herbe était un fil de cristal. Là où la via Emilia franchit le Lambro, juste après Melagnano, à l'endroit où une démarcation dans le dallage de la route indique visiblement la frontière de la province et du diocèse, on lui dit : « Regardez, Monseigneur : ici passe la frontière idéale de votre diocèse. » Il fit alors arrêter la voi­ture et descendit. « Il avait plu —, raconte un des journalistes de sa suite — et un voile de boue rougeâtre recouvrait la route. L'ar­chevêque priait, un photographe le rejoignit : il freina son zèle d'un geste austère de la main; puis il s'agenouilla pour baiser cette boue et ce fut comme s'il voulait charger sur ses épaules toute la misère qui se cache dans une grande ville; toujours à genoux, les mains jointes contre le sol glacé, il pria la Vierge avec ferveur, à haute voix, se signa, se releva et ouvrit les bras comme pour accueillir ou pour se donner à la ville qui l'attendait. » C'était un vieux rite symbolique — note le journaliste qui confesse l'avoir observé « avec une attention impitoyable » — et on pouvait l'accomplir de bien des façons, mais pour Mgr Montini ce n'était pas une for­malité. « Quand le nouvel archevêque releva son mince visage, on put voir une balafre de boue au-dessus de sa lèvre; quel qu'il fût, cet homme qui venait de Rome pour gouverner le plus grand diocèse d'Italie prenait les choses au sérieux; et s'il devait baiser ce qui pouvait lui sembler le plus immonde, il trouvait l'humilité et la force d'âme de le faire. »

 

Le 5 janvier après-midi, Montini quitta Rho pour Milan, C'était une journée grise, froide, pluvieuse, typiquement Milanaise, une de celles qui incitent les gens à s'enfermer chez eux avec un journal, la radio ou un disque ou à jouer avec leurs enfants. Debout, dans la voiture découverte, sous la pluie, il bénit la marée humaine qui se pressait de toutes parts et rejoignit la cathédrale. La place était un carré dense de parapluies luisants, serrés les uns contre les autres. Quelques personnes, sans se soucier de l'eau, s'étaient agenouillées. L'archevêque, droit, maigre, bénissait avec un geste très doux de la main, comme pour dire : « Je suis ici, je resterai, ne craignez rien. »

 

 Son visage — note un chroniqueur de cette mémorable journée — était ruisselant de pluie, et ses vêtements trempés; au moment de gravir les marches de la cathédrale, il dut enlever ses lunettes cerclées d'or pour les essuyer; toutes les cloches de Milan carillonnaient. Les premières paroles de l'archevêque à son peuple furent : « Je prie pour que deviennent musique, le vacarme des machines et encens la fumée des cheminées. »

 

Quelques jours auparavant, il avait reçu les journalistes et leur avait confessé : « Le Milan dont je me souviens a vingt mètres sur dix, un grand arbre au milieu et autour d'une large plate-bande, quelques fleurs différentes selon la saison. C'est le jardin que je voyais par la fenêtre de la maison de mon oncle, durant les rares séjours que j'y fis dans ma jeunesse... » Milan l'accueillit pourtant avec chaleur, certain désormais qu'il connaissait à fond son rythme fébrile, son activité infatigable, les mille problèmes de son impérieuse industria­lisation et les drames infinis de son incessant flot migrateur.

 

Quelques jours après son élection au trône pontifical, Pie XI avait dit à don Jean Rossi, fondateur et animateur de la Pro Civitate Christiana : « Je t'assure qu'il est plus facile « d'être pape qu'archevêque de Milan ! » Même s'il n'était pas au courant de ce jugement, Mgr Montini était plus que convaincu de la gravité et de la difficulté de la tâche que la Providence lui avait confiée.

 

Il se préoccupa par conséquent de réorganiser et de rajeunir l'Église milanaise pour en faire un instrument de grâce dans lequel la spiritualité et le modernisme soient intimement mêlés.

 

A suivre…

 

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