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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 20:49

 

N'arrive-t-il pas à certains chrétiens de se dire : « Je voudrais m'intéresser au sort des âmes du Purga­toire, mais j'ai déjà trop à faire de songer à mon salut ! Charité bien entendue commence par soi-même... ! »

 

Vous qui voulez avant tout votre salut, et certes avec raison, détrompez-vous. Vous travaillerez encore plus efficacement pour vous-mêmes en vous dévouant aux âmes du Purgatoire.

 

« Si votre intérêt vous touche, dit un pieux auteur, priez, faites des bonnes œuvres à l'intention des défunts. Assuré­ment, vous ne perdrez jamais ce que vous leur donnerez : Elles vous le rendront au centuple. Comme l'enseignent les docteurs, les âmes saintes ont un grand crédit auprès de Dieu après la mort ; elles ressemblent à ces vieux soldats qui, pour obtenir une grâce de leur prince, lui montrent les nombreuses bles­sures reçues à son service.

 

« Or, dit Bellarmin, les âmes souf­frantes sont saintes ; elles prient comme les saints, et comme eux elles sont exaucées en vertu de leurs mérites antérieurs. »

 

Elles ne peuvent plus mériter, mais elles peuvent faire jouir des mérites surabondants de leur vie passée les personnes à qui elles s'intéressent. La pensée d'un échange si avantageux doit donc vous engager à multiplier vos pieux suffrages pour les âmes du Purgatoire, bien loin de refroidir votre zèle.

 

Non seulement les âmes du Purgatoire nous compensent de nos prières pour elles de la manière que nous venons de dire, mais, lorsqu'elles sont délivrées de leur affreuse prison, elles portent dans le ciel l'amitié qu'elles ont conçue pour nous au milieu de leurs larmes, et elles ne cessent plus de nous com­bler de bienfaits.

 

Quel bonheur de penser que nous aurons plus tard des intercesseurs affectueux et sincères auprès du trône de Dieu, des amis qui ne trahiront jamais leurs engagements, et qui, pleins de sollicitude pour nos intérêts, écarteront par leurs prières les pièges que le démon tend chaque jour à notre inexpérience et à notre faiblesse !

 

Déjà même, dans le Purga­toire, tout semble indiquer que ces bonnes âmes prient pour leurs bienfaiteurs. «Lorsque je souhaite obtenir quelque grâce du Père éternel, disait sainte Catherine de Bologne, j'invite les âmes du Purgatoire à la demander en mon nom, et par leur intercession j'obtiens ce que je désire. » On pourrait citer des exemples innombrables de personnes qui affirment avoir reçu des grâces signalées par l'intercession des âmes du Purgatoire.

 

Saint Léonard de Port Maurice racontait dans une instruc­tion le trait suivant :

 

« Devenu orphelin dès son bas âge, saint Pierre Damien fut recueilli par un de ses frères qui le maltraitait et le laissait manquer de tout. Le pauvre enfant trouva un jour sur la route une pièce de monnaie. C'était pour lui un trésor : Il lui venait à l’esprit mille manières de l'employer pour subvenir à ses besoins. Cependant, après mûre réflexion, notre jeune saint, au lieu de dépenser son argent, le donna à un prê­tre pour qu'il dît une messe à l'intention des âmes du Purga­toire... Eh bien, à partir de là, son sort changea complète­ment. Accueilli par un autre de ses frères, meilleur que le pre­mier, il fut vêtu et nourri convenablement, il put faire ses études et il devint ce grand homme, ce grand saint, l'honneur du collège des cardinaux et de la sainte Église. Vous voyez combien sont reconnaissantes les âmes du Purgatoire !... »

 

Un laïque tout dévoué aux œuvres chrétiennes travaillait à la conversion d'un vieillard dangereusement malade. Ayant épuisé tous les moyens que lui suggérait son zèle sans pouvoir le décider à se confesser, il eut la pensée d'intéresser les âmes du Purgatoire à son salut. Il s'engage donc à faire célébrer un certain nombre de messes pour la délivrance de l'âme la plus délaissée, avec cette condition tacite qu'elle-même se char­gerait à son tour d'obtenir au moribond la grâce du repentir. Le même soir, ce pauvre pécheur, qui avait résisté à toutes les sollicitations et qui était sur le point de se perdre pour l'éter­nité, demanda un prêtre ; il remplit ses devoirs de chrétien et mourut dans les sentiments de la plus sincère pénitence.

 

Que de traits merveilleux on peut lire à ce même sujet dans la vie de la Mère Marie de la Providence, fondatrice de la Con­grégation des Auxiliatrices du Purgatoire ! Vraiment, par les âmes souffrantes, elle demandait des miracles comme nous demandons notre pain quotidien; et tout ce qu'elle demandait, elle l'obtenait.

 

Pourquoi n'essaierions-nous pas à notre tour ? Dira-t-on : Je ne puis pas ? » Raison fondée ou menson­gère que donnent couramment une foule de chrétiens lorsqu'on leur propose une bonne œuvre à faire, un apostolat à exer­cer, une entreprise qui intéresse la gloire de Dieu, le salut des âmes, le soulagement des malheureux....

 

Mais qui donc pourra faire valoir cette excuse lorsqu'on lui dira : « Devenez le libérateur, la libératrice des âmes du Pur­gatoire ?... »

 

Non, rien n'est plus facile, quoique rien ne soit plus fécond en excellents résultats. Pour remplir une si belle mission, il ne faut ni science, ni génie, ni fortune ; il n'est besoin ni de voyages, ni de démarches, ni de travail. La bonne volonté seule suffit.

 

Et quels fruits immenses on peut espérer ! Que la simple sa­gesse humaine, autant que la foi, nous détermine donc à nous intéresser à une aussi belle cause, même dans notre intérêt !

 

FÊTE du  9 novembre. Saint Théodore, martyr.

 

Saint Théodore, issu d'une noble famille de l'Orient, s'en­rôla très jeune dans les armées impériales. En 306, l'em­pereur publia un édit qui obligeait tous les chrétiens à sacrifier aux dieux.

 

Théodore venait précisément d'être incorporé dans une légion et se rendait avec elle dans la province du Pont, lorsqu'il fut mis en demeure de choisir entre l'apostasie et la mort. Il répondit sans trembler à son chef qu'il était prêt à se laisser couper en morceaux, et à offrir chacun de ses membres en sacrifice à son Créateur mort pour lui sur la croix. Cet officier, dans l'espoir de vaincre Théodore par la douceur, ordonna qu'on le laissât en paix pendant quelques jours pour lui donner le temps de réfléchir ; mais le jeune chrétien ne profita de sa liberté que pour incendier le temple de la déesse Isis, action dont il ne fit du reste mystère à personne. Le juge le pressa de nouveau de sauver sa vie en reniant sa foi, mais Théodore, s'armant du signe de la croix, répondit : « Aussi longtemps que j'aurai un souffle de vie, je confesserai le nom de Jésus-Christ. »

 

Il fut condamné à être brûlé vif, et lorsque les flammes s'élevèrent du bûcher, on vit l'âme du généreux martyr monter vers le ciel.

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 21:27

Il semble que ce soit une raison bien suffisante de venir au secours des âmes du Purgatoire que l'étendue et la rigueur de leurs supplices ; et bien des personnes ne pensent pas plus loin en priant à leur intention.

 

Et pourtant, même en dehors de là, nous avons les raisons les plus sérieuses d'accomplir cet acte de charité envers les défunts.

 

La première, c'est que nous procurons ainsi la gloire de Dieu. Plus il y a d'élus dans le ciel, plus Dieu à de vrais ado­rateurs ; eh bien, par nos satisfactions, nous pouvons aug­menter le nombre des élus, et conséquemment glorifier Dieu d'une manière efficace. Bien plus, nous lui causons de la joie, car il voudrait récompenser les malheureux détenus du Pur­gatoire ; il voudrait les serrer sur son cœur. Mais sa justice s'y oppose et demande une expiation. Or, en délivrant les âmes du Purgatoire, nous faisons cesser cet état de violence où Dieu se trouve en quelque sorte vis-à-vis d'elles. Aussi, rien ne saurait-il lui être plus agréable que cette dévotion.

 

Un nouveau motif de soulager nos frères défunts, c'est que nous pouvons ainsi consoler le Cœur de Jésus, qui leur por­te l'amour le plus tendre et désire ardemment leur délivrance. Les âmes du Purgatoire doivent lui être particulièrement chè­res, puisqu'elles ne l'offensent plus et qu'elles soupirent après le bonheur de sa présence. S'il n'écoutait que sa bonté, il leur ouvrirait à toutes les portes du ciel ; mais il a en quelque sorte les mains liées par les droits de la justice divine. Oh ! Si nous l'aimons, venons donc en aide à ses amis qui souffrent ! C'est un père, le meilleur des pères, qui attend qu'on délivre ses enfants : ne lui refusons pas cette consolation : Jésus-Christ nous en récompensera au centuple.

 

Une autre raison encore, qui doit produire sur notre esprit une impression sérieuse, c'est que la dévotion aux âmes du Purgatoire comporte l'exercice de la charité chrétienne sous toutes ses formes et ne peut manquer par conséquent d'atti­rer sur nous les bénédictions du ciel.

 

Qui le dit ?... Saint François de Sales ; et il le démontre jusqu'à l'évidence.

« Cette dévotion, écrit-il, renferme en elle-même toutes les œuvres de miséricorde. Descendre en esprit au milieu des feux du Purgatoire, n'est-ce pas visiter les malades ? Verser la rosée de la grâce céleste sur des âmes dévorées du désir de voir Dieu, n'est-ce pas donner à boire à ceux qui ont soif ? Avancer pour elles le moment où elles posséderont le ciel, dont elles sont affamées, n'est-ce pas nourrir ceux qui ont faim? Payer la rançon de ces pauvres captifs, briser leurs chaînes par nos prières, n'est-ce pas racheter les prisonniers ?

 

Intro­duire les exilés du Purgatoire dans la cité triomphante des esprits bienheureux, n'est-ce pas donner l'hospitalité aux étrangers ?... »

 

Qu'ajouter à ces consolantes paroles ? Oui, vraiment, celui qui prie pour les défunts exer­ce d'une manière admirable la charité ; or, la charité est un passeport pour le ciel.

 

Enfin, rappelons-nous que la dévotion envers les pauvres âmes peut être pour nous un devoir de justice, motif bien plus impérieux encore de la pratiquer. Supposons un instant que par imprudence vous ayez blessé votre père, votre mère, ou l'une de vos amies, quels regrets n'en ressentiriez-vous pas ! Comme vous seriez heureuse de pouvoir réparer le mal ! Eh bien, voilà votre situation vis-à-vis des âmes dont nous par­lons. Elles souffrent d'affreuses douleurs, et elles souffrent à cause de vous ; la justice exige que vous soulagiez ces pauvres âmes, victimes de vos imprudences, d'autant plus que vous le pouvez si facilement. Qu'est-ce que quelques prières, quel­ques sacrifices, en comparaison des tourments qu'elles en­durent ! Ayez à cœur d'acquitter au plus tôt une dette sacrée.

 

Demandons-nous après cela, et en nous appuyant sur ces considérations, pour quelles âmes nous devons principale­ment prier.

 

Ce sera naturellement pour celles dont la justice, la re­connaissance et la piété filiale nous font un devoir de nous souvenir devant Dieu.

 

Tel a été notre bienfaiteur ; soit sous le rapport spirituel, soit au temporel, il nous a rendu de précieux services : C'est un devoir pour nous de l'en payer par les moyens en notre pou­voir, et tout au moins de prier pour lui.

 

Tel autre expie en Purgatoire des péchés que nous l'avons porté à commettre, soit par nos mauvais exemples, soit par de pernicieux conseils, soit par des impatiences et des mou­vements d'humeur, d'insubordination qui ont provoqué ses fautes.

 

Ou encore sa complaisance pour nous, son désir de nous rendre service l’a fait tomber dans plusieurs péchés. A nous de prier pour lui.

 

Et nos parents, nos frères, nos sœurs, est-il vraiment né­cessaire de rappeler ce que nous leur devons après la mort ?

 

Que leurs tendres supplications ne nous trouvent pas insen­sibles, mais qu'elles nous enflamment d'une sainte ardeur pour l'expiation et le gain des indulgences.

 

NDLR. Vous pouvez prier pour ma petite sœur Lucie, qui vient de terminer son pèlerinage sur cette terre.

 

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 22:22

 

Qui n'a remarqué, dans ses afflictions et ses chagrins, qu'il éprouve une douleur beaucoup plus sensible lors­que sa conscience l'oblige à dire : « Je souffre cela par ma faute ? »

 

On se console d'un mal qu'on ne pouvait pas em­pêcher ; mais être condamné à une peine rigoureuse parce qu'on l'a bien voulu, et tandis qu'on pouvait, au lieu de cette peine, jouir d'un bonheur immense, c'est là un sujet des regrets les plus amers, d'une inexprimable tristesse. Tel est l'état des âmes du Purgatoire. Elles se représentent sans cesse com­bien il leur était facile d'éviter telle et telle faute, que la Jus­tice divine leur fait si sévèrement expier, et elles demeurent inconsolables de les avoir commises. Plus ces fautes étaient légères, mieux elles comprennent la folie qu'elles ont faite en ne cherchant pas à les éviter. Cette vue, disent les saints, est pour elles comme un ver rongeur qui les déchire cruellement et ne leur laisse de repos ni jour ni nuit.

 

« Chacune de ces pauvres âmes, remarque un pieux auteur, se dit avec une poignante amertume : II ne tenait qu'à moi d'assurer ma félicité pendant que j'étais sur la terre : j'en avais tous les moyens ; je pouvais racheter toutes mes dettes par une légère pénitence, une aumône, un jour de jeûne, une injure soufferte avec patience, une visite faite à un malade, un pauvre soulagé, un affligé consolé, une petite mortifica­tion, suffisaient pour mon bonheur. Me voilà privée de ce bonheur pour longtemps, par ma négligence ! Où êtes-vous donc, ô mon Dieu, qu'êtes-vous devenu ? Plus je vous cherche, plus vous semblez vous éloigner de moi. Si au moins je ne vous étais pas désagréable, je ne souffrirais qu'à demi. Mais quand je me rappelle que vous refusez de m'admettre en votre présence à cause de mes fautes, c'est là le plus rigoureux de tous mes tourments.

 

Dans ces cuisants chagrins, dans ces regrets mortels, dans ces importuns souvenirs, les âmes des défunts deviennent elles-mêmes leurs propres bourreaux, et semblent être ingé­nieuses à augmenter leurs peines. Elles se reprochent d'avoir obligé Dieu à les éloigner de lui ; elles avouent qu'elles ne souf­frent que ce qu'elles ont mérité. Elles n'ignorent pas qu'elles ont des droits incontestables au royaume des cieux, qu'elles sont les héritières du Père éternel, les cohéritières de son Fils, et elles se voient obligées de vivre dans un horrible cachot, éloignées de leur patrie et bannies de la présence du plus ten­dre de tous les pères. La charité et l'amour les élèvent vers le ciel, mais les chaînes de leurs péchés non suffisamment ex­piés les retiennent. Dieu, comme père, les appelle; mais com­me juge, il les rejette. Quelle plus pénible situation que d'être attiré d'une main, et repoussé de l'autre ! Avoir toujours de­vant les yeux les délices du ciel, et ne pouvoir les posséder !

 

Être   à la porte du Paradis, et ne pouvoir y entrer ! Ce ver rongeur est si déchirant que ceux qui en ressentent (les morsures frémissent à chaque coup qu'il leur porte, et ces coups sont perpétuels. Nous ne pouvons apprécier de telles souffrances, parce que notre ignorance du surnaturel est trop profonde ; mais les âmes du Purgatoire en ont une connais­sance intellectuelle et expérimentale qui décuple leur douleur. Elles savent qu'elles sont destinées à jouir de Dieu, qu'elles en sont aimées, qu'elles l'aiment, et qu'un jour viendra où il se donnera totalement à elles, et qu'elles seront totalement à lui ; mais le délai de ce bonheur les torture sans cesse. Voyez si ces pauvres âmes ne sont pas parfaitement dignes de votre  compassion !

 

Maintenant essaierons-nous d'établir une comparaison entre les maux de cette vie et les souffrances du Purgatoire ?  Non sans doute, car il n'y a aucune ressemblance entre les uns et les autres. Un jour saint Augustin entendit de jeunes insensés, qui, dans leur étourderie, osaient s'écrier : « Peu importe le Purgatoire, pourvu qu'on n'aille pas en enfer !

 

Malheureux, leur dit-il, taisez-vous, et apprenez que, lors même que vous réuniriez ensemble tous les maux qui affligent l'humanité souffrante, tout ce que les pénitents de la primitive Église ont subi d'humiliations et de pénitences, tout ce que les solitaires de la Thébaïde ont exercé sur leurs corps de macérations et d'austérités ; tout ce que les bourreaux ont fait souffrir de supplices aux plus scélérats, tout ce que les tyrans ont inventé de tourments pour assouvir leur rage et leur fureur sur les membres des martyrs, enfin tout ce que l'esprit humain a pu imaginer de tortures pour désoler et pousser à bout la patience humaine, rien de tout cela ne peut  entrer en comparaison avec les épreuves du Purgatoire. »

 

Aussi, quelles ne sont pas les lamentations de ces pau­vres âmes ! Tourmentées par de si rudes supplices, en proie à de si cuisantes douleurs, elle se tournent sans cesse vers (l’Église militante, et nous conjurent de les secourir avec des accents qui seraient capables de toucher les cœurs les plus durs.) « O frères, ô amis, s'écrient-elles, quoi ! Depuis si longtemps nous vous attendons, et vous ne venez pas ! Nous vous ap­pelons, et vous ne répondez, pas ! Nous endurons d'atroces souffrances, et vous n'avez point de compassion ! Nous gé­missons, et vous ne nous consolez pas ! Partout le silence et l'oubli: L'oubli sur notre nom, sur notre tombeau, sur notre vie, sur notre mort ! Personne n'est là pour prier, pour nous garder un dernier souvenir ! » Qui que vous soyez, ces voix la­mentables ne vous sont pas inconnues : Ce sont celles de plu­sieurs âmes qui vous étaient unies par les liens les plus étroits. Oh ! Ne fermez pas l'oreille à leurs plaintes, mais empressez-vous de les secourir.

 

Si cette nuit, disait un vénérable religieux, le P. Engelvin, nous étions réveillés brusquement par ce cri toujours ter­rible : « Au feu ! Au feu ! » Nous nous empresserions de quitter notre lit et de porter secours aux malheureux incendiés. Le Purgatoire ne peut-il pas être comparé à une maison dévorée par les flammes ? »

 

Lorsqu'il nous arrivera à l'avenir d'oublier le Purgatoire, soit quant à ses malheureux habitants, soit quant à nous-mêmes, rappelons-nous les paroles si simples et si fortes en même temps d'une âme souffrante : « Oh ! Que ceux qui sont encore sur la terre savent peu ce qu'ils auront à expier pour la vie qu'ils mènent ! »

 

Mais combien de temps doivent durer ces épreuves si ter­ribles ? Sera-ce des mois ? Des années entières ? Plusieurs siè­cles même ? Sera-ce jusqu'au jour du jugement dernier ? Qui pourrait y penser sans frémir ? Et qui ne se préoccuperait de se préserver lui-même, par tous les moyens en son pouvoir, de connaître une si redoutable expiation !

 

FÊTE DU JOUR: Saint Willibrord, archevêque.

Saint Willibrord, apôtre du V siècle, aborda un jour dans une île où il était défendu de tuer aucun animal et de par­ler en puisant de l'eau aux sources. Il y baptisa quelques jeu­nes Danois qu'il avait instruits pendant la traversée, et tua tous les animaux nécessaires à sa nourriture. Le roi païen de cette île entra dans une grande colère, fit mourir un des compagnons de saint Willibrord et le menaça lui-même de mort pour avoir insulté ses dieux.

 

Le saint lui répondit sans s'émouvoir : « II n'y a qu'un seul Dieu qui a fait le ciel et la terre et qui donne la vie éternelle à ceux qui l'adorent. Je vous ordonne de quitter vos dieux pour lui, et si vous refusez, vous périrez, et vos dieux avec vous. » Le roi se calma et lui dit : « Je vois bien que mes menaces sont sans effet sur vous, et que vos paroles sont aussi fières que vos actes. » Il ne se convertit pas, mais renvoya Willibrord à Pépin avec une escorte d'honneur. Le saint dut se contenter de suivre les armées de Pépin, et de travailler à la conversion des tribus qu'elles soumettaient. Cédant aux pressantes sollicitations de Pépin, le saint se rendit à Rome, où le pape le consacra archevêque d'Utrecht. Le nouveau pontife, d'un aspect noble et majestueux, d'un caractère franc et aimable, était sage dans ses conseils, agréable dans ses discours, courageux et in­flexible lorsqu'il s'agissait du service de Dieu. Des multitu­des d'idolâtres se convertirent à la parole de saint Willibrord. Dieu lui accorda, avec les succès de son apostolat, le don des miracles et la connaissance de l'avenir. Le saint Archevêque occupa le siège d'Utrecht pendant plus de cinquante ans.

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 17:37

 

« Un travail vaut ce qu'il coûte, » dit un proverbe. C'est une vérité qui est très applicable à nos bonnes œuvres en faveur des défunts. Celles qui nous imposent une gêne, une souffrance, la suppression d'un bien-être ont une efficacité toute particulière.

 

Notons du reste que les autres œuvres, comme la prière et l'aumône, ne revêtent qu'accidentellement un caractère pénitentiel et satisfactoire, tandis que la mortification est l'œuvre satisfactoire par essence. C'est ! La rançon des péchés commis.

 

La mortification, la pénitence, à un autre point de vue, doit nous tenir grandement à cœur, car, dans un certain degré, elle est indispensable au salut ; c'est l'oracle de la Sagesse : éternelle qui a prononcé que, « si nous ne faisons pénitence, nous périrons tous. »

 

Se mortifier à l'intention des âmes du purgatoire, c'est donc, d'un côté, assurer sa propre sanctification, et, de l'autre, procurer efficacement le soulagement des défunts. Du reste ce n'est pas d'aujourd'hui que la pratique de se mortifier, à l'intention des défunts, ou au moins à leur occasion, est établie, puisque nous lisons, au premier livre des Rois, dans la Bible, que les habitants de Jabès en Galaad, ayant appris la mort de Saül et de ses trois fils, se levèrent aus­sitôt, et marchant toute la nuit, prirent les corps, et les ayant ensevelis, jeûnèrent pendant sept jours.

 

Hélas ! Ce mot de mortification répugne tout particulière­ment à la délicatesse de notre siècle. Il semble que ce soit un reste du moyen âge, destiné à disparaître pour faire place au  progrès moderne. Les disciplines, les ciliées, sont aussi étrangers à la plupart des  chrétiens de nos jours que les  vieilles arquebuses de nos pères le sont à nos armées.

 

Le jeûne et l'abstinence eux-mêmes sont tombés en désuétude. On a fait tout ce que l'on a pu pour en atténuer les antiques ri­gueurs, et, malgré cela, devant les répugnances de ses enfants, l'Église, cette mère toujours indulgente, a dû, pour éviter un plus grand mal, donner dispense sur dispense. Le carême n'est plus guère qu'un mot vide de sens; l'abstinence du samedi est tombée à peu près dans tous les diocèses, et le peu qui reste d'obligatoire est méprisé par le plus grand nombre des chrétiens.

 

Ce n'est plus dans nos mœurs, » dit-on ; belle raison ! L'évangile ne change pas avec nos mœurs, ou plutôt nos ca­prices. Tant qu'il y aura des pécheurs en ce monde, il y aura pour eux obligation de faire pénitence en ce monde... ou en l'autre ; libre à chacun d'user des dispenses que la sainte Égli­se s'est vue forcée d'accorder à notre lâcheté, mais la loi de la pénitence ne change pas, et si, en continuant de pécher, nous ne nous préoccupons pas de payer nos dettes, nous aurons un terrible compte à solder en Purgatoire.

 

Qui peut d'ailleurs prendre le risque, qu'en négligeant ainsi la pénitence, il ne tombera pas dans certaines fautes graves qui le mettront, non plus sur le chemin du Purgatoire, mais bel et bien sur celui qui mène à l'enfer ?

 

Que de saints tremblaient d'y tomber, et nous ne concevons aucune crainte ? Savons-nous d'ailleurs si nous ne serons pas un jour forcés de confesser notre foi au milieu des supplices ?

Les progrès de l'impiété rendent très possible de nouvelles persécutions. Eh bien, après avoir tant ménagé et flatté notre chair, aura-t-elle tout à coup un tel empire sur elle-même qu'elle sache endurer les mauvais traitements on même la mort ?

 

Nous avons les indulgences, dites-vous ; d'accord, mais vous oubliez que l'Église ne les accorde qu'aux vrais pénitents. Elle ne prétend pas encourager la tiédeur, mais venir ci aide à ceux qui font tout ce qu'ils peuvent.

 

Il faut donc en revenir à la pratique  de la mortification si nous ne voulons pas laisser s'accumuler ces effroyables arriérés, et nous préparer un rigoureux Purgatoire. Après cela on objectera de nouveau sans doute, qu'ayant tant à payer pour nous-mêmes, il est imprudent de nous exhorter à payer encore pour les autres : il n'en est rien cependant.

 

Si nous avons la charité de payer les dettes de nos frères, nous pouvons espérer que nous inclinerons Dieu, notre grand créancier, à user de miséricorde à notre égard, et d'ailleurs nous garderons toujours le mérite de nos œuvres, car il est inaltérable, et cette part l'emporte infiniment sur l'autre.

 

Que les personnes faibles, de santé ou de courage, ne croient pas la mortification possible pour elles. Dieu regarde moins à l'acte en lui-même qu'à la générosité du cœur ; vous ne pouvez jeûner, porter le cilice, vous donner la discipline, imi­ter en un mot les exemples héroïques des saints ; consolez-vous, il vous reste bien des moyens de vous mortifier, sans affaiblir vos forces et sans détruire votre santé.

 

S'abstenir pour l'amour de Dieu, et en esprit de pénitence, de quelque distrac­tion permise, mais où la charité ne nous oblige pas à prendre part ; se retrancher, dans les repas, quelque chose qui serait à notre goût, mais qui n'est pas nécessaire à notre santé, qui peut-être même lui est nuisible ; donner un peu moins de liberté à nos yeux, à notre langue, à nos oreilles ; ne pas cher­cher à tout savoir, à tout voir, à être au courant de mille futilités qui se disent chaque jour dans le monde ; souffrir sans se plaindre une chaleur accablante, un froid rigoureux, les intempéries des saisons,etc., voilà des mortifications qui ne sont certainement pas bien terribles et bien héroïques, mais la bonté de notre Dieu est si grande qu'il veut bien les accep­ter, en expiation de nos fautes, et en payement des fautes des défunts.

 

Qui donc serait assez lâche pour se refuser à ces légers sacrifices, que nous avons l'occasion de pratiquer chaque jour, là chaque heure du jour, pour ainsi dire ?

 

Faisons-les, et nous aurons efficacement travaillé au profit des défunts et au nôtre.

 

FÊTE DU JOUR: Saint Martin, évêque.

 

Martin n'était encore qu'un enfant lorsqu'il se fit inscrire, malgré la volonté de ses parents, parmi les catéchumè­nes pour recevoir le baptême ; aussi dès l'âge de quinze ans son père l'enrôla-t-il dans une légion romaine. Un jour d'hiver, Martin rencontra près d'Amiens, où il était cantonné, un pau­vre mendiant presque nu et transi de froid : il n'avait point d'argent, mais il partagea en deux son manteau et en donna la moitié au pauvre pour se couvrir. La nuit suivante, le cha­ritable soldat vit Notre-Seigneur revêtu de cette moitié de manteau et l'entendit dire aux anges : « C'est Martin, simple catéchumène, qui m'a donné ce vêtement. » Cette vision le décida à recevoir sans plus tarder le baptême, et bientôt après il quitta l'armée. Martin eut le bonheur de convertir sa mère ; puis, chassé de sa demeure par les Ariens, il se réfugia auprès de saint Hilaire, et fonda près de Poitiers le premier monas­tère que l'on vit en France. En 372, Martin fut élu évêque de Tours. Son peuple, quoique chrétien de nom, était encore idolâtre au fond du cœur. Sans violence, et avec le seul se­cours de ses moines, le saint évêque détruisit tous les tem­ples et les bosquets païens, complétant et affermissant par ses prédications et ses miracles la conversion de son troupeau. Ses travaux lui ont justement mérité le nom d'apôtre de la Gaule.

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 20:59

 

Depuis que l'impiété et l'indifférence religieuse ont fait de si tristes conquêtes, il est bien triste de penser à l'abandon dans lequel gémissent le plus grand nom­bre des âmes du Purgatoire. Même aux siècles de foi, l'Église ne cessait d'encourager les fidèles à prier pour ces pauvres âmes, en faisant dans la liturgie le déchirant tableau des sup­plices qu'elles endurent au fond de leur ténébreuse prison. Le trésor des indulgences était ouvert au profit des défunts ; le peuple était convoqué au pied des autels sur lesquels s'of­frait la divine Victime, afin d'obtenir la délivrance, ou du moins le soulagement des malheureux captifs du Purgatoire. Si cette intercession fervente et universelle était encore jugée insuffisante par nos pères, que sera-ce donc aujourd'hui ! Et combien ne devons-nous pas être émus de compassion pour tant d'infortunés auxquels presque aucune âme ne s'intéresse et ne songe à porter secours !

 

Un chrétien vient à mourir. C'était, comme il y en a si sou­vent de nos jours, un de ces hommes que le respect humain empêche de pratiquer la religion. Il était revenu à Dieu quel­ques années, quelques mois avant d'aller paraître devant lui ; peut-être même au lit de la mort. On ne peut penser sans ef­froi à la situation de cet infortuné. Une bonne confession l'a préservé de l'enfer ; mais n'est-ce pas toute une vie de fautes et de scandales qu'il s'agit pour lui maintenant d'expier ?

 

N'est-ce pas plusieurs siècles qu'il devra passer dans une cap­tivité douloureuse ? Plusieurs siècles pendant lesquels il se lamentera sur sa folie qui l'a précipité dans ce lieu de supplices ?

 

Plusieurs siècles pendant lesquels il se sentira irrésist­iblement attiré vers la Jérusalem céleste et retombera au fond de l'abîme chaque fois qu'il essaiera de s'élever vers son Dieu? Qui donc lui viendrait en aide ?  Ses compatriotes ?  Ils n'ont plus la foi et s'étourdissent dans les plaisirs et les vanités du monde.

 

Ses amis ? Il les a perdus dès le jour où ils ont accompagné au cimetière sa dépouille mortelle ; et d'ailleurs pour eux il n’y a que le présent qui compte ?

 

Ses héritiers, ses parents ? Les uns n'ont d'autre souci que de tirer le meilleur parti possible de sa succession ; les autres sont distraits par les affaires, les relations, les voyages : peut-être n'ont-ils même pas de reli­gion ; ou bien ils ont fait dire quelques messes pour l'acquit de leur conscience et ils s'en tiennent là. Pauvre exilé du Pur­gatoire,  je vous  entends répéter d'une  voix lamentable :

 

«Vous qui m'aimez, priez pour moi ! Vous pour qui j'ai tant travaillé sur la terre, qui même êtes cause que j'ai parfois of­fensé Dieu et aggravé mon supplice, espérant ainsi mieux as­surer votre bonheur, ayez pitié de moi ! Ayez pitié de moi ! »

 

Hélas ! Y aura-t-il dans toute la famille de ce défunt une seule âme qui entendra ses lugubres plaintes ? Et s'il ne trou­ve pas de protecteurs ni d'intercesseurs chez les siens, en trouvera-t-il parmi des étrangers ?

 

Lectrice chrétienne, vous serez cet intercesseur, cette amie inconnue qui ne laissera pas se perdre dans un inutile écho l'appel du pauvre captif : « Priez, priez pour moi !... » Vous  prendrez sincèrement à cœur les intérêts des âmes du Purga­toire et vous leur porterez efficacement secours.

 

Écoutez-nous un instant. S'il est douloureux de constater l'indifférence chaque jour croissante d'une multitude d'hom­mes pour tout ce qui touche à la religion et spécialement pour le sort des fidèles défunts, en revanche il est consolant de re­poser ses regards sur le petit nombre des fervents chrétiens qui recourent à des industries nouvelles pour venir en aide à ces pauvres âmes.

 

C'est par exemple l'ingénieuse pratique de la chaîne. Dans un incendie, on se passe les seaux les uns aux autres, et c'est en faisant ainsi la chaîne qu'on arrête les progrès du feu et qu'on finit par l'éteindre.

 

Immense est l'incendie du Purgatoire, l'incendie des âmes consumées par les flammes vengeresses de la justice divine jusqu'au jour de leur délivrance. Eh bien, cet incendie, com­me l'autre, diminue d'intensité et finit par s'éteindre lorsque des chrétiens généreux font la chaîne par leurs salutaires pra­tiques.

 

On se cotise à six ou à douze personnes par exemple : la première multipliera les prières, les invocations indulgenciées, les petits sacrifices, de huit heures à neuf heures du matin ; la seconde de neuf à dix et ainsi de suite jusqu'à huit heures du soir. Oh ! Quelle admirable invention !

 

L'urne des morts : Une autre pratique assez récente et d'une sérieuse efficacité. Pour ne pas oublier les morts, on s'oblige à inscrire sur un petit billet chaque bonne œuvre accomplie à leur intention : Sacrifice d'un dessert, d'une récréation, d'une lecture, d'une conversation ; exercice religieux, visite au Saint Sacrement, chemin de la croix, etc. ; tous ces billets sont jetés dans l'urne et forment, comme autant de pièces d'or, le trésor des pauvres âmes.

 

Ailleurs, c'est un chapelet spécial récité pour le soulage­ment des défunts ; ce sont des prières au cimetière, des neuvaines de messes, ou encore l'exercice du mois des âmes fidè­lement suivi en commun.

 

Ame charitable, tout est bon, tout ce qui rapproche de Dieu et plaide auprès de lui la cause des âmes du Purgatoire ! Vous-même, vous trouverez facilement des moyens nouveaux et variés de pratiquer cette belle dévotion qui a pour objet leur délivrance. Dès ce moment donc, entrez dans la pieuse croisade, promettez de ne pas rester en arrière sur vos frères et, pour que le souvenir des défunts vous revienne plus fré­quemment, figurez-vous entendre retentir sans cesse à vos oreilles, comme une cloche d'alarme, ces désolantes paroles des pauvres exilés du Purgatoire : Ayez pitié de moi ! Ayez pitié de moi !

 

Oui, montrons-nous toutes chrétiennement empressées à procurer la délivrance des habitants du Purgatoire, avec cet­te douce confiance que d'autres, plus tard, nous rendront le même service.

 

« Un jour viendra, écrit un pieux auteur contemporain, et ce jour peut-être n'est pas éloigné, où vous saurez, par une ex­périence personnelle, ce qu'est le Purgatoire, et, comme les pauvres âmes qui y souffrent en ce moment, vous crierez avec un accent lamentable : « Vous du moins qui m'aimez, priez pour moi !... »

 

Or par une juste permission de Dieu, ces cris déchirants pénétreront l'âme de ceux à qui vous vous adres­serez dans la mesure qu'à cette heure ces mêmes voix pénè­trent votre cœur.

 

Vous avez oublié, on vous oubliera ; vous avez été bon, dévoué, charitable pour les âmes du purgatoire, c'est Dieu, Dieu lui-même qui vous rendra au centuple ce que vous aurez fait en son nom pour les siens. »

 

FÊTE DU JOUR: Saint Charles Borromée, archevêque.

 

Issu d'une des plus illustres familles de Milan, Charles Bor­romée n'avait que vingt-deux ans lorsque le pape, son oncle, le créa Cardinal en 1560, et l'associa au gouvernement de l'Église. La direction du concile de Trente fut pour le jeune prince de l'Église la première occasion de déployer son zèle ; de loin, il en suivait les sessions et en dirigeait les dis­cussions par une incessante correspondance. Sa fermeté ame­na l'heureuse conclusion de ce célèbre concile, dont saint Char­les fit exécuter les décrets avec une énergie que les plus gran­des difficultés ne purent lasser. Nommé archevêque de Milan, il restaura la discipline ecclésiastique dans son diocèse en fai­sant observer exactement les décisions du Concile. Saint Char­les fonda des écoles pour les pauvres, des séminaires pour les clercs, et sa Congrégation des Oblats pour la sanctification du clergé. Toutes ces réformes furent violemment combattues par la cour d'Espagne et les hommes attachés à l'ancien état de choses ; mais jamais le ferme archevêque ne faillit à son devoir. Inflexible quand il s'agissait de maintenir la discipline, il savait se faire aimer de son peuple comme un père. On le voyait s'arrêter parfois sur le bord du chemin pour enseigner à un pauvre le Pater et l'Ave Maria ; sa charité le portait à pénétrer dans des réduits si infects que ses gens n'osaient en franchir le seuil. Pendant la grande peste qui désola Milan, saint Charles refusa d'abandonner la ville et on le vit cons­tamment au chevet des malades et des mourants : il alla jusqu'à vendre son lit pour les soulager. L'infatigable apôtre mourut en 1584.

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 20:57

 

NOTRE PÈRE, qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

 

Donnez-nousaujourd’hui notre pain quotidien, pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, ne nous laissez pas succomber à la tentation, délivrez-nous du mal.

 

Ainsi soit-il.

 

Je vous salue, Marie, pleine de grâce; le Seigneur est avec vous, Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.

 

Sainte Marie, Mère de Dieu, notre Mère, priez pour nous, pauvres pécheurs, hatez le retour d’exil du pape Paul VI, summergez l’humanité entière de l’action pleine de grâce de votre flamme d’amour, maintenant et à l’heure de notre mort.

 

Ainsi soit-il.

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 19:31

 

Le premier tourment des pauvres exilés du Purgatoire est celui du feu. Ce feu produit sur les âmes les mêmes effets que le feu matériel produit sur les corps. Il ne peut s'éteindre ; les efforts les plus persévérants ne sauraient même le modérer. Il s'attache avec une sorte de fureur à ses victimes : les pénétrant jusqu'au plus intime de leur être, il torture leur imagination, leur mémoire, leur volonté.

 

Il agit avec une violence d'autant plus redoutable qu'il sert d'instru­ment à un Dieu vengeur, et vengeur du péché. C'est du milieu des abîmes qui vomissent la flamme que les défunts se montrent à nous en s'écriant : « Je suis consumé au fond de ces brasiers : de grâce, venez à mon secours !» Oh ! Mettons-nous donc seulement en   esprit à  leur  place  pendant   quelques secondes, et puis faisons pour les autres ce que vous voudriez que l'on fît pour nous !

 

C'est effrayant, dira-t-on, de s'arrêter à considérer un si triste spectacle, mais il est trop instructif pour qu'on puisse prudemment s'en dispenser. Après tout, nous fait remarquer saint  Augustin, il vaut mieux descendre par la pensée dans ces lugubres abîmes que d'y descendre en réalité, et d'y séjour­ner après la mort. »

 

Hélas ! Si nous étions condamnées à mourir dans les flammes, et que la cruauté du bourreau pût nous y conserver la vie pendant deux jours, ou même pendant quatre heures,

quels ne seraient pas nos cris et notre désespoir ? Qu'est-ce que le feu de la terre, en comparaison de celui de l'autre vie ?

 

Ce n’est qu’un souffle rafraîchissant, dit une révélation autorisée. Il faut insister sur ce point, parce que la sévérité de la justice de Dieu, s'exerçant ainsi sur les plus saintes âmes, est bien propre à faire réfléchir les pauvres  pécheurs  comme  nous,   qui nous  préparons, par nos fautes, un effroyable Purgatoire.

 

La seconde peine de ce lieu d'expiation est une douleurqu'on ne saurait ni concevoir, ni exprimer ici-bas : Elle con­siste à être privé de la vue de Dieu. Peut-être, pieuse chrétien­ne, vous semble-t-il que ce supplice doive être moins rigoureux et plus facile à supporter que le premier. Détrompez-vous, il est au contraire beaucoup plus intolérable. Les âmes du Purgatoire éprouvent un désir inouï de posséder Dieu, une faim et une soif de sa présence qui ne saurait être calmées par aucun objet. Elles voudraient s'élancer vers Dieu, et elles se sentent perpétuellement repoussées. Elles aspirent à entrer au ciel, et la porte leur en est fermée. Il résulte de ce douloureux état une angoisse si cruelle pour les pauvres âmes du Purgatoire qu'elle suffirait, dit une sainte, à les anéantir, si Dieu ne leur conservait l'existence. Rien au monde ne peut nous donner une idée de cette sorte d'agonie.

 

Mettons-nous seulement devant les yeux une famille dont les membres sont très attachés entre eux et supposons qu'on vienne tout à coup à séparer les enfants de leur père et de leur mère en les empêchant d'avoir avec ces derniers aucune com­munication : Quelle ne serait pas leur douleur ! Ce père et cette mère, c'est toute leur joie en ce monde ; c'est presque une condition de leur existence : ne pouvoir plus les voir ni leur parler, peut-on imaginer un plus cruel supplice ? On rap­porte qu'à l'époque de la Terreur, des enfants ainsi séparés de ce qu'ils avaient de plus cher au monde, venaient coller leurs lèvres aux barreaux extérieurs de la prison où on avait enfermé leur mère, et on ne pouvait plus les en éloigner. L'a­mour filial a maintes fois provoqué des actes d'un extraor­dinaire héroïsme, lorsqu'il s'agissait de retrouver un père ou une mère. Tout cela ne peut pourtant nous donner qu'une faible idée de ce que souffrent les âmes du Purgatoire tant qu'elles ne peuvent se réunir à Dieu.

 

« Si, dans le monde entier, écrit sainte Catherine de Gênes, il n'y avait qu'un seul pain, dont la simple vue dût rassasier toutes les créatures, et si d'autre part, l'homme ayant par na­ture, quand il est sain, l'instinct de manger, ne mangeait point et que cependant il ne pût ni tomber malade ni mourir, sa faim croîtrait toujours, parce que jamais son instinct de man­ger ne diminuerait, et sachant que cet unique pain le rassasie­rait, et que, faute de lui, sa faim ne pourrait lui être ôtée, il serait nécessairement dans une peine intolérable ; plus il approcherait de ce pain, sans le voir, plus aussi s'enflammerait en lui le désir naturel qui le pousserait constamment vers cet aliment, objet de toute son envie. De même, les âmes du Pur­gatoire souffrent une faim très cruelle, et sont dans une grande peine, tant qu'elles ne peuvent pas se nourrir du Pain vivant qui est Jésus-Christ, vrai Dieu Sauveur et notre suprême amour. Elles voudraient s'en rassasier; elles savent qu'elles au­ront un jour ce bonheur ; mais l'attente la torture. »

 

Quand on lit ce que disent les saints sur ce supplice, quand on pèse tout cela devant Dieu, dans le silence d'une âme re­cueillie, on est forcé de s'avouer que nous sommes tous des insensés. Comment s'expliquer autrement que nous, qui n'avons pas le courage de nous faire une légère violence pour nous corriger de nos défauts, nous que le seul mot de pénitence effraie, nous nous destinons, de gaieté de cœur, à de pareils châtiments ? Ah ! les Saints, ces Saints que le monde ne comprend pas, et que volontiers il traite d'insensés, les Saints sont les sages, les vrais sages, les seuls sages, parce que seuls ils ont les secrets du temps et ceux de l'Éternité !

 

FÊTE DU JOUR: Saint Bénigne, martyr.

 

Bénigne et plusieurs autres fervents apôtres, envoyés par saint Polycarpe, se rendirent à Autun, la Rome celtique, célèbre alors par ses écoles, ses monuments et son attache­ment aux superstitions païennes. Après un court apostolat à Autun pendant lequel il conféra le baptême à saint Symphorien tenu sur les fonts sacrés par saint Andoche, saint Bénigne alla porter le flambeau de la foi à Langres, puis à Dijon. ! Il y prêcha le christianisme pendant plusieurs années, avec tant de succès que Térence, le préfet de la ville, inquiet pour la religion des dieux, le fit amener devant son tribunal. Sommé de renoncer à Jésus-Christ, Bénigne préféra la mort à l'apostasie, et il succomba dans d'horribles tourments. On le fit battre de verges, suspendre par les mains à une poulie, et  étendre sur le chevalet, sans que sa constance en fût ébranlée.  Ramené en prison, il vit un ange descendre du Ciel pour guérir ses blessures. C'était le préparer pour un nouveau combat. Enfin, un coup de lance lui arracha la vie. Ce glorieux martyre eut lieu en 179.

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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