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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 17:18

 

Jésus venait d'expliquer aux apôtres la puissance de la loi ; pour les entretenir dans l'humilité, il leur proposa cette parabole : « Qui de vous, ayant un serviteur occupé à la­bourer ou à faire paître les troupeaux, lui dit, aussitôt qu'il est revenu des champs : Allez vous mettre à table ? » Dieu nous occupe durant cette vie comme il lui plaît ; il est le Maître et les saints, même au milieu de leurs tribulations, disaient : Nous avons un bon Maître.

 

Il faut labourer son sillon, comme le veut le Seigneur, qui, étant la sagesse éternelle, sait beau­coup mieux que nous ce qui nous convient. Les uns labourent avec des succès visibles, tout leur réussit, le monde leur ap­plaudit ; d'autres sèment dans les larmes et ne voient point grandir la moisson.

 

Tous sont sous la main de Dieu, et il les emploie pour leur salut. L'essentiel, c'est d'être souple sous cette main divine, de se laisser conduire, et de se résigner si la prospérité visible ne couronne pas de constants efforts. Que de saints ont été contredits ! Voyez dans les temps moder­nes, le vénérable abbé Olier, saint J.-B. De la Salle et le Bx de Montfort !

 

Peu d'hommes ont conduit la charrue parmi plus de difficultés ; peut-être n'ont-ils pas espéré le plein succès de leurs œuvres, et cependant, la congrégation de Saint-Sulpice, les frères des Écoles chrétiennes, les filles de la Sagesse ont été les fruits de ce travail laborieux et rendent témoignage de la vertu de leurs fondateurs ! Les bons chrétiens, jusqu'au soir de la vie, travaillent sous les ordres du Père céleste; ils travail­lent au dehors, œuvres extérieures, besogne de leur état, œu­vres de zèle et de charité ; et puis, ils travaillent dans l'inté­rieur de la maison, selon l'expression de la parabole : « Le Maître dit : Apprêtez-moi à souper, ceignez-vous, et servez-moi jusqu'à ce que j'aie mangé et bu. »

 

Ce travail domestique auprès du Maître chéri délasse le serviteur fidèle ; c'est, en étant auprès de son Maître, en lui parlant, en le priant, qu'il se dispose à son travail du lendemain et qu'il le rend fruc­tueux.

 

L'âme chrétienne doit ainsi ordonner sa vie : le travail et la prière, les devoirs envers les hommes et les devoirs plus doux envers Dieu, et marcher d'un pas soumis dans la voie que le doigt divin lui a marquée.

 

Mais quand elle aura rempli sa journée, quand, dans sa vieillesse, jetant les yeux en arrière, elle verra ses bonnes œu­vres, ses prières ferventes, ses souffrances résignées, pourra-t-elle concevoir de l'orgueil et se croire quelque chose de grand? Non, le Seigneur nous le déclare : « Quand vous aurez accom­pli tout ce qui est commandé, dites : Nous sommes des servi­teurs inutiles ; nous n'avons fait que ce que nous étions obli­gés de faire. »

 

En effet, de quoi pouvons-nous nous enorgueillir et pourquoi nous placer si haut ? Tant de faiblesses furent mêlées à nos vertus, et nos meilleures actions elles-mêmes ne furent-elles pas le fruit d'une grâce spéciale et imméritée ?

 

Nous sommes des serviteurs inutiles quant au succès, car c'est Dieu seul qui en dispose ; quant aux moyens, car tous, esprit, talents, for­ces, nous les tenons de Dieu, et notre volonté même serait bientôt ébranlée s'il ne daignait la soutenir. Nous ressem­blons à une enfant qui travaille à un ouvrage de couture sous les yeux de sa mère ; la mère conduit les doigts de sa fille, la guide, la conseille, la dirige ; quand l'ouvrage sera terminé, l'enfant aura-t-elle le droit de s'enorgueillir ?

 

Les saints, qui se connaissaient si bien eux-mêmes, qui connaissaient si bien la nature humaine, étaient, par conséquent, très sincères dans leur profonde humilité ; ils reconnaissaient qu'ils faisaient peu de chose, qu'ils ne faisaient ce peu qu'avec l'aide de Dieu, et ils se proclamaient dans toute la simplicité de leur cœur des serviteurs inutiles.

 

La vénérable Agnès de Langeac signait ses lettres, et de très bonne foi : La gâte tout, Agnès. Que dirons-nous, nous qui nous croyons si utiles, peut-être si indispensables, et qui pensons parfois que Dieu doit bien nous savoir gré des petits services que nous lui rendons ?

 

Seigneur, je suis mille fois plus à vous qu'une esclave ; mon devoir et mon bonheur, c'est de vous servir ; j'y trouve mon avantage et ma gloire ; vous pouvez vous passer de votre pau­vre créature sans rien perdre ; vous pouvez, d'un mouvement de votre divine volonté, créer des millions de créatures bien supérieures à moi ; je suis trop heureuse que vous daigniez agréer mes faibles services, mon cœur pour vous aimer, mon esprit pour vous connaître, mon intelligence pour songer à vous, et mon corps pour travailler dans le champ où vous m'avez placée.

 

Quoique je fasse, je ne serai jamais qu'une servante inutile, mais quoi que je fasse aussi, si je vous aime, le moindre sou­pir de mon âme, s'élevant vers vous, aura du prix devant vo­tre infinie Bonté. Tout mon désir est de vous servir jusqu'à la fin de ma vie, et de mourir en me confiant humblement à vo­tre miséricorde.

 

Saint Alphonse Rodriguez, confesseur.

 

Tandis qu'il étudiait à l'université d'Alcala, Alphonse perdit son père et fut appelé à Ségovie pour reprendre et continuer le négoce de sa famille. Peu après, il se maria et devint père de deux enfants. Mais lui qui avait toujours vécu très saintement, n'était pas appelé à servir Dieu dans le monde. Son commerce ne réussit pas, et la mort lui enleva sa femme et ses enfants. Ainsi rendu à lui-même, Alphonse s'offrit pour être frère coadjuteur dans la Compagnie de Jésus. Cette réso­lution, inspirée par son humilité, fut approuvée par son directeur et Dieu l'en récompensa par un admirable esprit d'oraison et cette science infuse des choses divines que le Saint-Esprit peut seul enseigner. Telle fut la réputation de vertu d'Alphonse, que dans les humbles fonctions de portier au collège de Majorque, le saint frère devint l'oracle des plus importants personnages. Dans ses entrevues avec eux, Al­phonse manifesta les dons surnaturels les plus rares tels que la prescience de l'avenir et la connaissance des pensées les plus intimes des cœurs. Il compta au nombre de ses enfants spirituels saint Pierre Claver.

 

Le Pape Léon XIII a mis Alphonse au nombre des Saints.

 

Tiré de LECTURES   MÉDITÉES  (1933)

 

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 17:33

 

Mon Dieu, qu'ils sont à plaindre ceux qui ne croient ni à vous ni à une autre vie, ou plutôt qui s'efforcent de se persuader qu'il n'y faut pas croire ! Au fond, est-ce la conviction d'un seul d'entre eux ? Qui dira ce qui se passe au fond d'un cœur ?

 

Sous une apparence stoïque il peut se trouver là bien des détresses, bien des questions posées, bien des supplications secrètes. Après tout, les athées qui paraissent mourir sans souci ne nient pas seulement la foi chrétienne ; ils nient aussi la famille. Pour mourir ainsi, il faut ne rien aimer, ou n'aimer que comme aiment ceux qui se disent que la mort c'est la fin.

 

Lorsqu'on menait à l'échafaud Roucher et Chénier, Roucher se sentit ému : « Ma femme, ma fille ! » s'écria-t-il : C'est un songe qui finit ; » répondit Chénier, en vrai païen du dix-huitième siècle.

 

Est-il une parole plus mauvaise et plus désolante ? Pauvre Chénier, le pensiez-vous réellement, que les affections sont des rêves et des rêves qui prennent fin ? Le par-delà ne solli­citait-il réellement pas votre pensée ? Ah ! Vous étiez alors bien peu sensible !

 

Qu'il est frappant le contraste de ces athées avec les mou­rants qui ont appartenu à Dieu, eux et toute leur famille, pendant leur vie ! Quel nouveau et bien différent spectacle !

 

La mort y conserve sa majesté ; elle y garderait même ses terreurs si l'Hôte divin n'était pas là. Mais il est là ; et les tendresses sont aussi là. Elles se serrent autour du lit d'agonie. Les yeux inondés de larmes cherchent le ciel ; ils parlent d'amour indestructible et d'éternel avenir. Il y a partout dans cette chambre une douleur et une espérance, un adieu et un  au revoir.

 

Un chrétien mourant à la fleur de l'âge disait à sa femme : « Tiens-moi la main, jusqu'à ce qu'une autre main me prenne pour m'introduire là-haut. » Et ainsi, les mains serrées, dans l'amertume des déchirements insondables, dans la douceur des certitudes bienheureuses, ces deux époux, plus unies que jamais, attendaient l'heure du délogement.

 

Ces jours-là sont les jours de bataille de la famille religieuse, mais ses jours de triomphe aussi. Sa force de relèvement et de consolation ne se révèle jamais aussi puissamment. Au moment où il semble qu'elle se brise, son unité resplendit. Au moment où il semble qu'elle meurt, sa vie éclate. La mort est là ? Non, la vie ; c'est bien elle que nous contemplons. Alors on comprend ce qu'une voix consolante murmurait jadis :

 

La mort, cette dernière amie,

Qu'on craint et qu'on ne connaît pas.

 

Non, on ne la connaît pas, la mort telle que l'a faite Jésus-Christ, telle qu'elle apparaît au sein de nos bonnes familles. Là, tout est simple. On n'a garde de tromper le malade et de s'imaginer lui rendre service en ne l'avertissant pas de se préparer pour son suprême combat. Y a-t-il rien de véné­rable, d'attendrissant, comme une famille qui avertit ? Ah ! Vous n'avez pas besoin de lui recommander les ménagements, elle sait bien que le malade est depuis longtemps familiarisé avec la pensée de la mort, et elle craindrait mille fois plus de manquer de fidélité envers lui en ne l'avertissant pas. Entre chrétiens, le premier devoir, le premier serment, c'est celui-là. Dussions-nous en mourir nous-mêmes, nous irons, nous prendrons notre pauvre cœur à deux mains, nous trou­verons la force de balbutier une parole qui sera comprise. J'ai vu des mères, héroïquement fidèles, qui se penchaient sur la couche d'un fils et qui lui disaient : « Mon enfant, Dieu te rappelle. »

 

II faut savoir dire cela. Le mourant a droit à l'entendre, et cette parole sera pour lui la preuve par excellence d'un amour qui ne périra jamais. Ne faut-il pas qu'on se prépare, si chré­tien soit-on, à la rencontre prochaine de Dieu et pourrait-il y avoir une plus amère douleur, pour le malade qui a de la religion, s'il savait qu'on l'expose à être frustré des sacrements en reculant le plus possible le moment de la révélation ? Mais jamais on n'a de ces fausses tendresses dans les familles où Dieu réside en maître absolu.

 

Quel souvenir que celui de ces dernières prières ! Quelle impression que celle de ces derniers entretiens ! Quels rendez-vous que ceux qu'on se donne alors ! Quels appels que ceux qu'on entend ! Quelle démonstration de vie que celle qui nous vient des agonisants !

 

Quelles prédications que celles de nos lits de mort et quelles radieuses espérances !

Toute chrétienne famille a confiance de compter des membres dans le ciel.  «J'ai six enfants, » me disait une fois un de mes amis ; et comme je m'étonnais, ne lui en connaissant que quatre: « J'ai six enfants, répétait-il, quatre dans la maison d'en bas et deux dans celle d'en haut. » Les rapports du père avec ceux de la maison d'en haut étaient aussi fréquents, aussi; simples, aussi naturels, aussi vrais, que s'ils l'avaient quitté  pour habiter un pays où la famille entière serait disposée à  les rejoindre.

 

La famille chrétienne ne dit jamais : « Ceux que j'aimais ; » elle dit : «Ceux que j'aime. » Tout est au présent pour elle. La mort n'a pas supprimé une affection ou affaibli un lien. La famille est affligée par les départs, mais elle demeure entière et unie ; elle sait qu'avant peu on se retrouvera pour ne plus se quitter.

 

Partout où l'oubli fait son œuvre, si humiliante pour nous, le sentiment de famille est blessé. Il est des chrétiens qui ou­blient! Il est des chrétiens qui ignorent presque la famille : ce sont ceux qui, en pratique, ignorent presque Dieu. Mais là où Dieu est l'Hôte principal de la maison, soyez sûr qu'on n'oubliera pas ! Oublier?... Quoi?... Pourquoi? Qu'y a-t-il de changé? Qu'y a-t-il de compromis, à part la joie de cheminer ensemble ? Nos morts ne sont-ils plus vivants ? N'allons-nous pas vers eux ?

 

La séparation, c'est simplement un voile qui nous dérobe les chers absents. L'heure viendra où le voile sera levé pour nous et nous les retrouverons pour ne jamais les reperdre. Fasse le ciel qu'un jour nous puissions dire, en imitant une parole de Jésus-Christ : « De tous ceux que vous m'aviez donnés, ô mon Dieu, aucun ne manque à l'appel ! »

 

Tiré de : Lectures Méditées (1933)

 

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 21:08

 

Voici  l’histoire de Saint Narcisse, qui démontre la possibilité que S.S. Paul VI soit toujours vivant… Il a célébré ses 115 ans, en septembre dernier. 

 

 

Saint Narcisse fut sacré évêque de Jérusalem vers l'an 180 de Notre Seigneur.

 

C'était déjà presque un vieillard, et Dieu manifesta la vertu du saint évêque par des prodiges qui sont restés longtemps dans le souvenir des habitants de Jéru­salem. Les vertus mêmes de Narcisse lui attirèrent des enne­mis, et trois hommes sans conscience accusèrent l'évêque devant l'Église d'un crime atroce.

 

Ils confirmèrent leurs témoignages par d'horribles imprécations; l'un d'eux sou­haita d'être brûlé vif, le second d'être atteint de la lèpre, le troisième de perdre la vue si on prouvait la fausseté de leur accusation.

 

Le saint évêque soupirait depuis long­temps après la vie solitaire : il profita de cette occasion pour s'enfuir dans le désert, laissant son église dans une paix profonde.

 

Dieu toutefois parla pour son serviteur qui ne voulait pas se défendre. Le premier de ses accusateurs périt dans l'incendie de sa maison ; le second mourut en effet de la lèpre ; quant au troisième, il confessa et pleura son crime, mais l'excès même de sa douleur lui fit perdre la vue.

 

Lorsque saint Narcisse retourna à Jérusalem, il continua à édifier son troupeau par ses vertus et à le servir par ses prières et ses exemples. Il mourut à l'âge de cent seize ans, plus riche encore de mérites que d'années.

 

Conclusion, c’est Dieu qui décide de la longueur de la vie de chacun, ce n’est pas a nous de décider.  Tout lui est possible.

 

Tant que le Saint Père Paul VI est vivant, tous ceux qui lui ont succédés ne furent que des imposteurs, à la tête d’une fausse église qui répand les hérésies de Vatican  d’eux.

 

Continuons de prier pour hâter son retour d’exil.  Je vous salue Marie…

 

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 19:25

 

L’avantage de l'adversité.

 

Il nous est bon d'avoir quelquefois des peines et des traverses, parce que souvent elles rappellent l'homme à son cœur, et lui font sentir qu'il est en exil, et qu'il ne doit mettre son es­pérance en aucune chose du monde.

 

Il nous est bon de souffrir quelque­fois des contradictions, et qu'on pense mal ou peu favorablement de nous, quelques bonnes que soient nos ac­tions et nos intentions. Souvent cela sert à nous rendre humbles et à nous prémunir contre la vaine gloire.

 

Car nous avons plus d'empresse­ment à chercher Dieu, qui voit le fond du cœur, quand les hommes au dehors nous rabaissent et pensent mal de nous.

 

2. C'est pourquoi l'homme devrait s'affermir tellement en Dieu, qu'il n'eût pas besoin de chercher tant de consolations humaines.

Lorsque, avec une volonté droite, l'homme est troublé, tenté affligé de mauvaises pensées, il reconnaît alors combien Dieu lui est nécessaire, et qu'il n'est capable d'aucun bien sans lui.

 

Alors il s'attriste, il gémit, il prie à cause des maux qu'il souffre.

 

Alors il s'ennuie de vivre plus longtemps, et il souhaite que la mort arrive, afin que délivré de ses liens, il soit avec Jésus-Christ.

 

Alors aussi il comprend bien qu'une sécurité parfaite, une pleine paix, ne sont point de ce monde.

 

RÉFLEXION.

 

C'est dans l'adversité que chacun de nous apprend à connaître ce qu'il est réelle­ment.

 

Celui qui n'a, pas été éprouvé, que sait-tu? (EccL. XXXIV, 9).

 

L'homme à qui tout prospère, est exposé à un grand danger!

 

Il est bien à craindre que son âme ne s'assou­pisse d'un sommeil pesant, et qu'à l'heure du réveil on ne lui dise : Souvenez-vous que vous avez reçu vos biens sur la terre. (Luc XVI, 25).

 

Ici-bas les souffrances sont une grâce de prédilection; elles nous exercent à la ver­tu, elles nous fournissent de nouvelles occasions de mérite, et nous rendent conformes au Fils de Dieu, dont il est écrit: II a fallu que le Christ souffrît, et qu'il entrât ainsi dans sa gloire (ACT. XVII, 3).

 

Extrait de la traduction de l’Abbé F. DE LAMENNAIS (1942)

 

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 21:16

 

Nous ne pouvons rien sans la grâce de Dieu, ne l'oublions jamais : c'est un article de foi ; c'est Jésus-Christ lui-même qui nous l'a enseigné. L'Église nous dit que la grâce nous est absolument nécessaire, et que sans elle nous ne pouvons ni croire, ni espérer, ni aimer, ni faire pénitence de nos péchés. Saint Paul de son côté nous assure que, de nous-mêmes, nous ne pouvons seulement pas prononcer le nom de Jésus d'une manière méritoire pour le ciel.

 

De même que la terre ne peut rien produire si le soleil ne la féconde, de même nous ne pouvons rien faire de bien sans la grâce du bon Dieu.

 

La grâce est un secours surnaturel qui nous porte au bien ; par exemple, voilà un pécheur qui entre dans une église, il entend une instruction ; le prédicateur parle de l'enfer, des rigueurs du jugement de Dieu ; ce pécheur se sent poussé intérieurement à se convertir ; le mouvement intérieur qui l'y pousse est ce que l'on appelle la grâce.

 

Voyez, c'est le bon Dieu qui prend ce pécheur par la main et qui veut lui apprendre à marcher. Nous sommes comme de petits enfants, nous ne savons pas marcher dans le chemin du ciel, nous chancelons, nous tombons si la main du bon Dieu n'est pas toujours là pour nous soutenir.

 

Oh ! Que Dieu est bon ! Si nous pensions à tout ce qu'il a fait, à tout ce qu'il fait encore chaque jour pour nous, nous ne pourrions pas l'offenser, nous l'aimerions de tout notre cœur ; mais nous n'y pensons pas ; voilà ce qui est déplorable !

 

Rappelez vos souvenirs : les anges pèchent et ils sont préci­pités en enfer. L'homme pèche et Dieu lui promet un libé­rateur. Qu'avions-nous fait pour mériter cette faveur ? Qu'avions-nous fait pour mériter de naître dans la religion catholique, tandis qu'il y a tant d'âmes qui se perdent tous les jours dans les autres religions ?

 

Qu'avons-nous fait pour mériter d'être baptisés, tandis qu'il y a tant de petits enfants, en France, comme en Chine, en Amérique, qui meurent sans le baptême ? Qu'avons-nous fait pour mériter le pardon de tous les péchés que nous commettons depuis l'âge de raison, tandis qu'il y en a tant qui sont prives du sacrement de pénitence ?

 

Tout notre mérite est de coopérer à la grâce. Voyez : une belle fleur, sans le soleil, n'a ni beauté, ni éclat, car pendant la nuit elle est toute flétrie, toute languissante ; le soleil se lève le matin, la voilà qui se redresse tout à coup, et s'épa­nouit ; il en est de même de notre âme, par rapport à Jésus-Christ, le vrai soleil de justice : Elle n'a de beauté intérieure que par la grâce sanctifiante. Pour recevoir cette grâce, notre âme doit se tourner vers le bon Dieu par une vraie conversion ; nous devons lui ouvrir notre cœur par un acte de foi et d'a­mour. De même que le soleil ne peut à lui seul faire épanouir une fleur si elle est déjà morte ; de même la grâce du bon Dieu ne pourra pas nous ramener à la vie, si nous ne voulons pas quitter le péché.

 

Dieu nous parle sans cesse par ses bonnes inspirations ; il nous envoie de bonnes pensées, de bons désirs. Dans la jeunes­se, dans la vieillesse, dans tous les malheurs de la vie, il nous exhorte à recevoir sa grâce ; quel usage faisons-nous de ses avertissements ? En ce moment même, coopérons-nous bien à la grâce ? Ne lui fermons-nous pas les portes de notre cœur ? Songez que le bon Dieu vous en demandera compte un jour. Malheur à vous, si vous étouffez le cri qui s'élève au fond de votre conscience ! Nous sommes dans la prospérité, nous vi­vons au milieu des plaisirs, tout bouffis d'orgueil; notre cœur est de glace pour le bon Dieu. C'est une boule de métal que les eaux de la grâce ne peuvent plus pénétrer ; c'est un arbre qui reçoit la douce rosée et qui ne porte plus de fruits. . .

 

Prenons garde ; faisons attention à ne pas manquer à la grâce. Le bon Dieu nous laisse libres de choisir la vie ou la mort : si nous choisissons la mort, nous serons jetés au feu, et il faudra brûler éternellement avec les démons. Deman­dons pardon à Dieu d'avoir abusé jusqu'à présent des grâces qu'il nous a faites, et prions-le humblement de nous en ac­corder de nouvelles.

 

Mais, direz-vous peut-être, c'est pénible de correspondre à la grâce et de faire toujours ce que Dieu nous prescrit par la voix de la conscience...

 

Quelle erreur ! C'est là raisonner comme les gens du monde, qui disent : « Il est trop difficile de faire son salut. » Faire le bien, éviter le mal, voilà tout ce que Dieu nous demande ; est-ce difficile ?

 

Les bons chrétiens qui travaillent à sauver leur âme sont toujours heureux et contents ; ils jouissent, par avance, du bonheur du ciel ; ils seront heureux pendant toute l'éternité. Tandis que les mauvais chrétiens qui se damnent sont toujours à plaindre ; ils murmurent, ils sont tristes, et ils le seront pendant toute l'éternité.

 

Un bon chrétien fait fort peu de cas des biens de la terre ; il ne pense qu'à embellir son âme, qu'à amasser ce qui doit le contenter toujours, ce qui doit toujours durer.

 

Après tout, que ce soit facile ou difficile, ne s'agit-il pas en effet de gagner l'éternité bienheureuse ? Croyez-moi, faisons seulement autant pour aller un jour rejoindre les saints dans le ciel que nous en faisons  pour les affaires temporelles, et nous serons sûrs de réussir. (Le Saint Curé d'Ars.)

 

FÊTE DU JOUR: Saint Simon et saint Jude, apôtres.

 

Simon était un pauvre Galiléen que Nôtre Seigneur appela à devenir une des colonnes de son Église. Les évangélistes ne nous apprennent rien de son premier genre de vie, ni des circonstances de sa vocation à l'apostolat ; ils ne nous ont conservé aucune de ses paroles, mais en inscrivant son nom parmi ceux des apôtres, ils nous ont dépeint d'un seul mot tout son caractère. Simon fut surnommé dans le collège apos­tolique : le zélé. C'est nous dire avec quelle ardeur il s'engagea dans la lutte contre le paganisme. — L'apôtre saint Jude dont l'Église célèbre la mémoire en ce même jour, était frère  le saint Jacques le Mineur. C'est lui qui, demandant un jour à Notre Seigneur: «D'où vient que vous vous découvrirez à nous et non pas au monde, mérita d'entendre cette belle promesse du Sauveur : « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera et nous viendrons à lui. » Saint Jude prêcha d'abord l'Évangile en Mésopotamie, tandis que saint Simon parcourait l'Égypte ; ils se rencontrèrent en Perse où tous deux remportèrent la palme du martyre.

 

Extrait de : Lectures Méditées (1933)

 

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 18:38

Père Céleste, je me place sur la patène avec tout mon être,  je vous offre toute ma personne, mon âme, mon corps, tous les biens que vous avez mis à ma disposition, mon intelligence, ma volonté, mes joies, mes peines d’aujourd’hui, mon travail avec ses fatigues, mes croix avec leur amertume.

 

Je veux aussi placer sur cette patène, toutes les personnes que j’aime, toutes celles qui me font du bien et qui m’en ont fait, toutes celles qui me sont chères, toutes celles qui se sont recommandées à mes prières.

 

Par le Cœur Immaculé de Marie, j’unis tout cela à l’offrande de Jésus en holocauste d’amour pour le salut et la sanctification des âmes religieuses et sacerdotales, et pour ma propre sanctification.

 

Mon Dieu, permettez que je jette dans le Calice, avec la goutte d’eau qui me représente, tous les instants de ma vie humaine depuis le jour de mon baptême jusqu'à ce que je prenne mon envol vers vous, afin que tout soit sanctifié et divinisé par le sang du Christ, et parvienne par Lui à l’adorable Trinité.

 

Permettez que je jette aussi dans le Calice, en vous offrant la vie et les souffrances, de toutes celles qui sont en état de grâce, mais qui ne les offrent pas, afin que toutes ces vies et toutes ces souffrances puissent être unies à celles du Christ, qui a souffert plus qu’aucun homme n’a jamais souffert et qui est mort afin que tous aient la possibilité d’obtenir la vie éternelle et de réaliser ainsi leur prédestination avec le secours de votre sainte grâce.

 

Pour vous adorer et vous remercier, je m’unis à toutes les Véritables Saintes Messes, qui se célèbrent encore aujourd’hui en latin à travers le monde, selon le rite de Saint Pie V, en union avec et pour le Pape Paul VI, (toujours vivant en 2012 et en exil) et aux intentions du Sacré Cœur de Jésus.

 

Je vous supplie de me réserver de ces Saintes Messes, une goutte de votre Précieux Sang, et d’en appliquer les effets en réparation de mes péchés, et aussi en expiation des péchés de chacune des personnes qui me sont chères.

 

Mon Bon Jésus venez réchauffer mon cœur du feu, de votre amour divin. Je vous aime, je vous adore et je vous remercie en mon âme.

 

Divin Cœur de Jésus, donnez au monde de nombreux et saints prêtres pour continuer l’œuvre de votre Rédemption.

 

Ainsi soit-il.

 

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 20:06

 

DES MOYENS D'ACQUÉRIR LA PAIX INTÉRIEURE ET DU SOIN D'AVANCER DANS LA VERTU.

 

NOUS pourrions jouir d'une grande paix, si nous voulions ne point nous occuper de ce que disent et de ce que font les autres, et de ce dont nous ne sommes point chargés.

 

Comment peut-il être longtemps en paix, celui qui s'embarrasse de soins étrangers, qui cherche à se répandre au dehors, et ne se recueille que peu ou rarement en lui-même?

Heureux les simples, parce qu'ils posséderont une grande paix !

 

2. Comment quelques Saints se sont-ils élevés à un si haut degré de vertu et de contemplation?

 

C'est qu'ils se sont efforcés de mou­rir à tous les désirs de la terre, et qu'ils ont pu ainsi s'unir à Dieu par le fond le plus intime de leur cœur, et s'occuper librement d'eux-mêmes. Pour nous, nous sommes trop à nos passions; et trop inquiets de ce qui passe. Rarement nous surmontons par­faitement un seul vice; nous n'avons point d'ardeur pour faire chaque jour quelque progrès, et ainsi nous restons tièdes et froids.

 

3. Si nous étions tout à fait morts à nous-mêmes, et moins préoccupés au dedans de nous, alors nous pourrions aussi goûter les choses de Dieu, et ac­quérir quelque expérience de la cé­leste contemplation. Le plus grand, l'unique obstacle, c'est qu'asservis à nos passions et à nos convoitises, nous ne faisons aucun effort pour entrer dans la voie par­faite des Saints. Et s'il arrive que nous éprouvions quelque légère adversité, nous nous laissons aussitôt abattre, et nous recourons aux consolations humaines.

 

4. Si, tels que des soldats généreux, nous demeurions fermes dans le com­bat, nous verrions certainement le secours de Dieu descendre sur nous du ciel.

Car il est toujours prêt à aider ceux qui résistent et qui espèrent en la grâce ; et c'est Lui qui nous donne des occasions de combattre, afin de nous rendre victorieux. Si nous plaçons uniquement le pro­grès de la vie chrétienne dans les ob­servances extérieures, notre dévotion sera de peu de durée. Mettons donc la cognée à la racine de l'arbre, afin que, dégagés de pas­sions, nous possédions notre âme en paix.

 

5. Si nous déracinions chaque an­née un seul vice, bientôt nous serions parfaits.

Mais nous sentons souvent, au con­traire, que nous étions meilleure, et que notre vie était plus pure, lorsque nous quittâmes le siècle, qu'après plu­sieurs années de profession.

Nous devrions croître chaque jour en ferveur et en vertu, et maintenant on compte pour beaucoup d'avoir con­servé une partie de sa ferveur. Si nous nous faisions d'abord un peu de violence, nous pourrions en­suite tout faire aisément et avec joie.

 

6. Il est dur de renoncer à ses ha­bitudes ; mais il est plus dur encore de courber sa propre volonté.

Cependant, si vous ne savez pas vous vaincre en des choses légères, comment remporterez-vous des vic­toires plus difficiles?

Résistez dès le commencement à votre inclination; rompez sans aucun retard toute habitude mauvaise, de peur que peu à peu elle ne vous engage dans de plus grandes difficultés.

Oh! Si vous considériez quelle paix pour vous, quelle joie pour les autres, en vivant comme vous le devez, vous auriez, je crois, plus d'ardeur pour votre avancement spirituel.

 

RÉFLEXION.

 

Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix, non comme le monde la donne (Jean. XIV, 27). Quelle aimable douceur, quel touchant amour dans ces paroles de Jésus-Christ, et en même temps quelle instruction profonde! Tous les hommes souhaitent la paix ; mais il y a deux paix : la paix de Jésus-Christ, et la paix du monde. Le monde dit à l'ambitieux: Le désir des grandeurs te trouble, et t'agite; monte, élève-toi. Il dit à l'avare: L'envie des richesses te dévore: amasse, amasse, sans t'arrêter jamais. Il dit au mondain, tourmenté de ses convoitises: Enivre-toi de tous les plaisirs. Il dit enfin à chaque passion: Jouis, et tu auras la paix. Promesse menteuse! Les soucis, la tristesse, l'inquiétude, le dégoût, les remords, voilà la paix du monde. Jésus dit: Triomphez de vous-même, combattez vos désirs, domptez vos convoitises, brisez vos passions, et l'âme docile à ses commandements repose dans un calme ineffable. Les peines de la vie, les souf­frances, les injustices, les persécutions, rien n'altère sa paix, et cette céleste paix, qui sur­passe tout sentiment (Philipp. IV, 7), l'ac­compagne au dernier passage, et la suit jus­qu'au ciel, où se consommera sa félicité.

 

Extrait de la traduction de l’Abbé F. DE LAMENNAIS (1942)

 

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