Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 22:11

 

« Le christianisme ne nous demande pas de quitter la terre pour regarder un ciel imaginaire, mais de devenir nous-même ce Ciel, de transfigurer notre vie en laissant transparaître en nous toute la lumière et toute la joie de Dieu. Il ne s'agit pas de nous détourner de la vie, mais d'y entrer, car c'est avant la mort que nous risquons d'être mort si nous refusons de faire de notre vie une création continuelle de grâce et de beauté.


Il ne s'agit donc pas d'apprendre à mourir, mais d'apprendre à vaincre la mort et de devenir une source jaillissante de vie éternelle au coeur de chacune de nos journées.


Être chrétien, c'est faire fleurir toutes les fleurs dans la certitude que l'amour aura le dernier mot !


C'est par là que nous affirmerons le règne de la grâce en étant gracieux nous même, en essayant d'écouter les autres autant qu'ils ont besoin de l'être pour qu'ils se sentent aimés et découvrent le prix de la vie, le trésor caché au fond de leur coeur qui est le Dieu vivant.

Dieu, s'il est vraiment la Vie de notre vie, il faut que ça se voie, que nous soyons, pour tous, l'accueil d'une amitié sans frontières.

 

Alors, on porte Dieu et on communique sa joie en chantant  puisque, comme le dit saint Augustin : «Celui qui aime chante ».



http://www.mauricezundel.ca/mz_pensees.php

 

 

elogofioupiou.com

 

 

 

Partager cet article
Repost0
18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 21:25

 

« Comment la joie peut-elle éclater au sein de la tribulation et pouvons-nous, aujourd'hui, dans ce monde déchiré, nous livrer à la joie, l'hommage le plus essentiel de notre foi en réponse à la tendresse de Dieu ? C'est que derrière l'épreuve il y a l'Amour.

Que veut dire le signe de la Croix sinon que Dieu meurt d'amour pour ceux-là même qui refusent de l'aimer, qu'au fond de toute réalité, derrière toutes les catastrophes, il y a l'Amour, et davantage, que dans le mal, Dieu a mal.


La réponse chrétienne, c'est d'abord de montrer que le mal est infini, que, pour le comprendre, il faut lui donner des dimensions proprement divines. Le mal est finalement le mal de Dieu. Mais si c'est Dieu qui a mal, au coeur du mal, il y a donc cet Amour qui ne cessera jamais de nous accompagner. Davantage, il sera frappé avant nous, en nous et pour nous.


Cela apparaît possible dès que l'on se souvient de l'amour des mères. Une mère en pleine santé peut vivre la maladie de son enfant plus douloureusement que lui-même, en raison même de cette identification d'amour dont son amour est capable. Comment voulez-vous que l'amour de Dieu soit moins maternel ?


C'est pourquoi aucun être n'est frappé sans que Dieu le soit en lui, avant lui, plus que lui et pour lui. Mais si le mal a cette dimension, alors il y a une blessure divine qui ne cesse de solliciter notre générosité ».

 

In : Dieu, première victime du mal, Lausanne, 1963

 


http://www.mauricezundel.ca/mz_pensees.php

 

 

elogofioupiou.com

 

Partager cet article
Repost0
17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 23:11

 

C'est Bourdaloue qui va nous le dire, avec sa doctrine si sûre et son irrésistible logique. « Peu de personnes ont un vrai zèle pour les âmes du Purgatoire et, parmi ces personnes, peu l'exercent selon les règles de la religion et d'une solide charité. »

 

Pourquoi ? Parce qu'il y en a peu qui réellement contri­buent à soulager leurs peines ; peu qui, se servant des moyens que nous fournit pour cela le christianisme, leur procurent les secours dont elles ont besoin, et dont elles pourraient profiter. J'avoue, encore une fois, qu'on ne laisse pas d'avoir pour les morts de la piété ; mais il arrive que ce qu'on appelle piété, est dans les uns une piété stérile et infructueuse, dans les au­tres une piété d'ostentation et de faste ; dans ceux-ci, une piété mondaine et païenne, qui n'agit point par les vues de la foi ; dans ceux-là, une piété qui, toute chrétienne qu'elle est, ne produit que des œuvres mortes.

 

J'appelle piété stérile et infructueuse pour les morts celle qui ne consiste qu'en de vains regrets, qu'en d'inutiles la­mentations, qu'en des transports de douleur, qu'en des tor­rents de larmes, qu'en des emportements et des désespoirs ; or il n'est pourtant rien de plus commun. « Nous voyons tous les jours des morts pleurer d'autres morts, disait de son temps saint Bernard, nous voyons des hommes vivants, mais tout mondains et par là morts devant Dieu, pleurer sincèrement et amèrement la mort de ceux qui leur ont été chers pendant leur vie. Mais que nous paraît-il en tout cela ? Beaucoup de pleurs et peu de prières, peu de charité, peu de bonnes œu­vres ; des gémissements pitoyables, mais, de nul effet ; des excès de désolation sans aucun fruit. »

 

Cet abus que condamnait saint Bernard semble avoir passé parmi nous, non seulement en coutume, mais, ce qui me pa­raît plus étrange, en bienséance et en devoir, puisque au­jourd'hui ceux qui se piquent de vivre selon les lois du monde, à force de pleurer leurs morts, se tiennent comme dispensés de prier pour eux. A peine verrez-vous maintenant une femme du monde, au jour ou de la mort ou des funérailles de son mari, s'approcher des autels, et s'acquitter du devoir essentiel de la religion ; vous diriez qu'y manquer soit une marque de sa tendresse. Pendant que des étrangers accompagnent le corps et recommandent l'âme à Dieu, celle-ci dans sa maison fait l'inconsolable et la désespérée. Est-il sensé de se dispenser des prières solennelles de l'Église, pour payer aux morts un tribut de larmes qu'ils ne nous demandent point, et qui ne leur sera jamais utile ? Car enfin, je vous le demande, de quel secours peut être à une âme l'excès de votre douleur ? Tous ces témoignages d'une affliction outrée et sans mesure seront-ils capables d'adoucir sa peine ? Pensez-vous que ce feu puri­fiant, dont elle ressent les vives atteintes, puisse s'éteindre par les larmes qui coulent de vos yeux ?

 

«Ah! Mon frère, écrivait autrefois saint Ambroise à un sei­gneur de marque, pour le consoler sur la perte qu'il avait faite d'une sœur unique qu'il aimait, réglez-vous jusque dans votre douleur ; toute violente qu'elle est, soyez équitable et chrétien. Dieu vous a ôté une sœur qui vous était plus chère que vous-même, priez pour elle et pleurez sur vous ; pleurez sur vous, parce que vous êtes un pécheur encore exposé aux tentations et aux dangers de cette vie ; et priez pour elle, afin de la délivrer des souffrances de l'autre. Voilà le zèle que vous devez avoir ; car voilà ce qui lui peut servir, et de quoi elle vous sera éternellement redevable. » Rien de plus juste que cette remontrance, qu'il faudrait bien davantage nous appli­quer à nous-mêmes.

 

J'appelle piété d'ostentation et de faste à l'égard des morts, celle qui se borne à l'extérieur des devoirs funèbres, aux céré­monies d'un deuil, à l'appareil d'un convoi, à tout ce qui peut éclater aux yeux des hommes ; recherchant ce faux éclat jus­que dans les choses les plus saintes, tels que sont les services de l'Église, où souvent il y a plus de pompe que de religion ; étalant cette vanité jusque sur les autels, plus chargés des marques de la noblesse du défunt que des signes augustes du christianisme ; érigeant pour un cadavre des tombeaux plus magnifiques que ne sont les sanctuaires et les tabernacles où repose le corps de Jésus-Christ ; s'étudiant beaucoup plus à observer tout ce que l'ambition humaine a introduit qu'à pourvoir au solide et au nécessaire, qui est de secourir les âmes fidèles par nos sacrifices et par nos vœux. Non pas que je pré­tende absolument condamner tout ce qui se pratique exté­rieurement dans les funérailles ; l'abus que nous en faisons n'empêche pas que ce ne soient de saints devoirs dans leur origine, et dans l'intention de l'Église qui les a institués ; mais je veux seulement vous dire que ce n'est pas en cela que doit être renfermée toute notre piété envers les morts ; que si nous en demeurons là, nous ne faisons rien pour eux ; qu'une âme dans le Purgatoire nous est incomparablement plus obligée des bonnes œuvres et des aumônes dont nous lui appliquons le fruit, que de toute la magnificence de ses obsèques ; qu'une communion faite pour elle lui marque bien mieux notre recon­naissance que les plus riches et les plus superbes monuments ; et qu'il y a au reste une espèce d'infidélité à n'épargner rien quand il s'agit d'un corps qui tombe en pourriture pendant qu'on néglige de secourir une âme qui est l'héritière du Ciel. La vraie dévotion envers les âmes du Purgatoire sera celle qui se tiendra en garde de ces abus et se conformera aux re­commandations de la sainte Église ; celle qui se souciera peu de l'extérieur, mais apportera tous ses soins à remplir dévo­tement les pratiques religieuses destinées à soulager les dé­funts. »

 

FÊTE DU 10 novembre: Saint André Avellin, confesseur.

 

A près une sainte jeunesse, Lancelot Avellin fut ordonné  prêtre à Naples, et devint avocat devant les tribunaux ecclésiastiques. Un jour qu'il plaidait avec chaleur la cause d'un prêtre de ses amis, il lui arriva de laisser échapper un mensonge. Le soir même il tomba sur ce texte de la Sainte Écriture : « Celui qui ment tue son âme », et aussitôt il aban­donna le barreau et se consacra exclusivement à ses devoirs sacerdotaux. A trente-six ans, il entra dans l'Ordre des Théatins, et prit le nom d'André pour montrer son amour de la croix. De terribles et continuelles souffrances mirent à l'épreuve ses généreuses résolutions. Par suite d'une infirmité, André ne pouvait faire un pas sans souffrance et sans danger ; néan­moins, il ne consentit jamais à se servir de voiture, se rendant promptement, à pied, auprès des malades qui l'appelaient. Les hommes n'apportèrent jamais aucun soulagement aux souffrances de saint André. Dans sa dernière maladie, étendu sur une planche nue, il fut assailli par de cruelles tentations de désespoir, mais ne cessa pas un instant de demander à Dieu une bonne mort. Enfin, le 10 novembre 1608, il expira en paix, après un dernier combat contre l'ennemi du salut.

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

elogofioupiou.com

 

 

Partager cet article
Repost0
16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 19:35

 

« La prière est le mouvement de retour vers notre origine, qui nous permettra de nous faire nous-même origine. Dès qu'on s'approche de Dieu, on lui ressemble et, au lieu de rien subir, on devient source de tout.


La prière est donc essentielle à la vie, et c'est elle seule qui peut remonter le cours du mal et établir dans le monde le règne du Bien, s'il s'agit de retrouver ce Visage infini imprimé dans nos coeurs, si le Bien est Quelqu'un et non pas quelque chose.

 
La prière de demande n'est pas nécessairement une prière intéressée et égocentrique : elle peut devenir une prière entièrement pénétrée d'amour. Il arrive que des prières longues ne soient plus à la portée, ni de notre organisme épuisé, ni de notre esprit vidé de lui-même. Il arrive que nous ne puissions plus qu'être un cri vers Dieu qui retentit dans une forme semblable à celle-ci : «Seigneur Jésus-Christ, fils de Dieu, aie pitié de nous».


Il est bien naturel que la faiblesse humaine, telle que nous l'éprouvons, jaillisse vers Dieu dans un cri d'espérance qui, finalement, deviendra une espérance théologale, une espérance non plus pour nous, mais pour lui.


Il y a la prière de l'émerveillement, la prière de louange et le Psautier qui est l'essence de la prière liturgique, qui nous touche par son humilité, par sa quotidienneté, la prière d'action de grâces, la prière d'adoration. Ce qu'il faut, c'est retrouver la dimension mystique, c'est retrouver la passion de Dieu, c'est comprendre que c'est lui qui est la Vie de la vie, que la substance de l'homme s'effrite, que sa dignité vole en éclats si elle ne repose pas sur la Présence infinie. Il y a la prière de Bach, de Mozart, de Beethoven, de Michel-Ange. Il y a la prière de tous les grands artistes, de tous les géants qui ont suscité la beauté et qui n'ont pu créer qu'en se dépassant, en se perdant de vue. Il n'est donc pas nécessaire de passer par les prières rituelles, tout admirables qu'elles soient.


Mais enfin, cette prière n'empêche pas la valeur immense de cette prière de la profession, du métier et de toutes les relations humaines. Il y a une prière sur la vie, une oraison sur la vie qui est infiniment précieuse, parce que la vie tout entière est sacrée et que rien n'est profane.

Il y a la prière sur les autres qui est indispensable à l'éclosion de la charité, car Dieu sait que, limités comme nous le sommes, il est inévitable que nos limites se heurtent réciproquement. Il y a l'oraison sur la vie, qui doit être constante et qui tient à la qualité du regard. Nous regarder c'est nous perdre.

 

Regarder Dieu, c'est déjà entrer dans la Lumière. Le sens de la prière, c'est de focaliser notre regard sur Dieu en nous, dans les autres, dans l'univers, dans l'art, dans l'amour, en toutes réalités, car «toute réalité chantera - comme dit Patmore - et rien d'autre ne chantera ».


http://www.mauricezundel.ca/mz_pensees.php

 

 

elogofioupiou.com



Partager cet article
Repost0
15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 21:25

  

« Nous sommes au commencement du monde, toujours au commencement de la création. Chaque battement de notre coeur peut susciter une nouvelle étoile; chaque battement de coeur peut susciter une liberté encore endormie; chaque battement de notre coeur peut rayonner sur toute l'histoire et sur toutes les galaxies. Pourvu justement que nous entrions dans ce silence infini où l'on n'est plus qu'à l'écoute du silence éternel, où l'on s'échange avec ce Dieu caché en nous qui est la respiration de notre liberté, pour devenir avec lui une présence.


Cette présence cachée, présence diaphane, est une présence réelle qui ne s'impose jamais mais qui est offerte à tous comme une invitation à découvrir cet immense secret d'amour caché au fond de toute conscience humaine.


C'est le silence de toute la vie, au delà du contenu des mots, qui importe. Ce n'est pas ce que nous disons qui importe, mais c'est ce que nous ne disons pas. Notre parole doit aller de Dieu en nous à Dieu dans les autres.


La vie à tous les degrés ne peut conquérir sa valeur que dans le silence et le recueillement. Si cela est vrai de la vie physique, combien plus l'est-ce de la vie spirituelle. Il est impossible de communier avec Dieu sans écouter; si l'on n'écoute pas, on ne peut pas connaître Sa Volonté ».


http://www.mauricezundel.ca/mz_pensees.php

 

 

elogofioupiou.com

Partager cet article
Repost0
14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 20:49

 

N'arrive-t-il pas à certains chrétiens de se dire : « Je voudrais m'intéresser au sort des âmes du Purga­toire, mais j'ai déjà trop à faire de songer à mon salut ! Charité bien entendue commence par soi-même... ! »

 

Vous qui voulez avant tout votre salut, et certes avec raison, détrompez-vous. Vous travaillerez encore plus efficacement pour vous-mêmes en vous dévouant aux âmes du Purgatoire.

 

« Si votre intérêt vous touche, dit un pieux auteur, priez, faites des bonnes œuvres à l'intention des défunts. Assuré­ment, vous ne perdrez jamais ce que vous leur donnerez : Elles vous le rendront au centuple. Comme l'enseignent les docteurs, les âmes saintes ont un grand crédit auprès de Dieu après la mort ; elles ressemblent à ces vieux soldats qui, pour obtenir une grâce de leur prince, lui montrent les nombreuses bles­sures reçues à son service.

 

« Or, dit Bellarmin, les âmes souf­frantes sont saintes ; elles prient comme les saints, et comme eux elles sont exaucées en vertu de leurs mérites antérieurs. »

 

Elles ne peuvent plus mériter, mais elles peuvent faire jouir des mérites surabondants de leur vie passée les personnes à qui elles s'intéressent. La pensée d'un échange si avantageux doit donc vous engager à multiplier vos pieux suffrages pour les âmes du Purgatoire, bien loin de refroidir votre zèle.

 

Non seulement les âmes du Purgatoire nous compensent de nos prières pour elles de la manière que nous venons de dire, mais, lorsqu'elles sont délivrées de leur affreuse prison, elles portent dans le ciel l'amitié qu'elles ont conçue pour nous au milieu de leurs larmes, et elles ne cessent plus de nous com­bler de bienfaits.

 

Quel bonheur de penser que nous aurons plus tard des intercesseurs affectueux et sincères auprès du trône de Dieu, des amis qui ne trahiront jamais leurs engagements, et qui, pleins de sollicitude pour nos intérêts, écarteront par leurs prières les pièges que le démon tend chaque jour à notre inexpérience et à notre faiblesse !

 

Déjà même, dans le Purga­toire, tout semble indiquer que ces bonnes âmes prient pour leurs bienfaiteurs. «Lorsque je souhaite obtenir quelque grâce du Père éternel, disait sainte Catherine de Bologne, j'invite les âmes du Purgatoire à la demander en mon nom, et par leur intercession j'obtiens ce que je désire. » On pourrait citer des exemples innombrables de personnes qui affirment avoir reçu des grâces signalées par l'intercession des âmes du Purgatoire.

 

Saint Léonard de Port Maurice racontait dans une instruc­tion le trait suivant :

 

« Devenu orphelin dès son bas âge, saint Pierre Damien fut recueilli par un de ses frères qui le maltraitait et le laissait manquer de tout. Le pauvre enfant trouva un jour sur la route une pièce de monnaie. C'était pour lui un trésor : Il lui venait à l’esprit mille manières de l'employer pour subvenir à ses besoins. Cependant, après mûre réflexion, notre jeune saint, au lieu de dépenser son argent, le donna à un prê­tre pour qu'il dît une messe à l'intention des âmes du Purga­toire... Eh bien, à partir de là, son sort changea complète­ment. Accueilli par un autre de ses frères, meilleur que le pre­mier, il fut vêtu et nourri convenablement, il put faire ses études et il devint ce grand homme, ce grand saint, l'honneur du collège des cardinaux et de la sainte Église. Vous voyez combien sont reconnaissantes les âmes du Purgatoire !... »

 

Un laïque tout dévoué aux œuvres chrétiennes travaillait à la conversion d'un vieillard dangereusement malade. Ayant épuisé tous les moyens que lui suggérait son zèle sans pouvoir le décider à se confesser, il eut la pensée d'intéresser les âmes du Purgatoire à son salut. Il s'engage donc à faire célébrer un certain nombre de messes pour la délivrance de l'âme la plus délaissée, avec cette condition tacite qu'elle-même se char­gerait à son tour d'obtenir au moribond la grâce du repentir. Le même soir, ce pauvre pécheur, qui avait résisté à toutes les sollicitations et qui était sur le point de se perdre pour l'éter­nité, demanda un prêtre ; il remplit ses devoirs de chrétien et mourut dans les sentiments de la plus sincère pénitence.

 

Que de traits merveilleux on peut lire à ce même sujet dans la vie de la Mère Marie de la Providence, fondatrice de la Con­grégation des Auxiliatrices du Purgatoire ! Vraiment, par les âmes souffrantes, elle demandait des miracles comme nous demandons notre pain quotidien; et tout ce qu'elle demandait, elle l'obtenait.

 

Pourquoi n'essaierions-nous pas à notre tour ? Dira-t-on : Je ne puis pas ? » Raison fondée ou menson­gère que donnent couramment une foule de chrétiens lorsqu'on leur propose une bonne œuvre à faire, un apostolat à exer­cer, une entreprise qui intéresse la gloire de Dieu, le salut des âmes, le soulagement des malheureux....

 

Mais qui donc pourra faire valoir cette excuse lorsqu'on lui dira : « Devenez le libérateur, la libératrice des âmes du Pur­gatoire ?... »

 

Non, rien n'est plus facile, quoique rien ne soit plus fécond en excellents résultats. Pour remplir une si belle mission, il ne faut ni science, ni génie, ni fortune ; il n'est besoin ni de voyages, ni de démarches, ni de travail. La bonne volonté seule suffit.

 

Et quels fruits immenses on peut espérer ! Que la simple sa­gesse humaine, autant que la foi, nous détermine donc à nous intéresser à une aussi belle cause, même dans notre intérêt !

 

FÊTE du  9 novembre. Saint Théodore, martyr.

 

Saint Théodore, issu d'une noble famille de l'Orient, s'en­rôla très jeune dans les armées impériales. En 306, l'em­pereur publia un édit qui obligeait tous les chrétiens à sacrifier aux dieux.

 

Théodore venait précisément d'être incorporé dans une légion et se rendait avec elle dans la province du Pont, lorsqu'il fut mis en demeure de choisir entre l'apostasie et la mort. Il répondit sans trembler à son chef qu'il était prêt à se laisser couper en morceaux, et à offrir chacun de ses membres en sacrifice à son Créateur mort pour lui sur la croix. Cet officier, dans l'espoir de vaincre Théodore par la douceur, ordonna qu'on le laissât en paix pendant quelques jours pour lui donner le temps de réfléchir ; mais le jeune chrétien ne profita de sa liberté que pour incendier le temple de la déesse Isis, action dont il ne fit du reste mystère à personne. Le juge le pressa de nouveau de sauver sa vie en reniant sa foi, mais Théodore, s'armant du signe de la croix, répondit : « Aussi longtemps que j'aurai un souffle de vie, je confesserai le nom de Jésus-Christ. »

 

Il fut condamné à être brûlé vif, et lorsque les flammes s'élevèrent du bûcher, on vit l'âme du généreux martyr monter vers le ciel.

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

elogofioupiou.com

 

Partager cet article
Repost0
13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 21:27

Il semble que ce soit une raison bien suffisante de venir au secours des âmes du Purgatoire que l'étendue et la rigueur de leurs supplices ; et bien des personnes ne pensent pas plus loin en priant à leur intention.

 

Et pourtant, même en dehors de là, nous avons les raisons les plus sérieuses d'accomplir cet acte de charité envers les défunts.

 

La première, c'est que nous procurons ainsi la gloire de Dieu. Plus il y a d'élus dans le ciel, plus Dieu à de vrais ado­rateurs ; eh bien, par nos satisfactions, nous pouvons aug­menter le nombre des élus, et conséquemment glorifier Dieu d'une manière efficace. Bien plus, nous lui causons de la joie, car il voudrait récompenser les malheureux détenus du Pur­gatoire ; il voudrait les serrer sur son cœur. Mais sa justice s'y oppose et demande une expiation. Or, en délivrant les âmes du Purgatoire, nous faisons cesser cet état de violence où Dieu se trouve en quelque sorte vis-à-vis d'elles. Aussi, rien ne saurait-il lui être plus agréable que cette dévotion.

 

Un nouveau motif de soulager nos frères défunts, c'est que nous pouvons ainsi consoler le Cœur de Jésus, qui leur por­te l'amour le plus tendre et désire ardemment leur délivrance. Les âmes du Purgatoire doivent lui être particulièrement chè­res, puisqu'elles ne l'offensent plus et qu'elles soupirent après le bonheur de sa présence. S'il n'écoutait que sa bonté, il leur ouvrirait à toutes les portes du ciel ; mais il a en quelque sorte les mains liées par les droits de la justice divine. Oh ! Si nous l'aimons, venons donc en aide à ses amis qui souffrent ! C'est un père, le meilleur des pères, qui attend qu'on délivre ses enfants : ne lui refusons pas cette consolation : Jésus-Christ nous en récompensera au centuple.

 

Une autre raison encore, qui doit produire sur notre esprit une impression sérieuse, c'est que la dévotion aux âmes du Purgatoire comporte l'exercice de la charité chrétienne sous toutes ses formes et ne peut manquer par conséquent d'atti­rer sur nous les bénédictions du ciel.

 

Qui le dit ?... Saint François de Sales ; et il le démontre jusqu'à l'évidence.

« Cette dévotion, écrit-il, renferme en elle-même toutes les œuvres de miséricorde. Descendre en esprit au milieu des feux du Purgatoire, n'est-ce pas visiter les malades ? Verser la rosée de la grâce céleste sur des âmes dévorées du désir de voir Dieu, n'est-ce pas donner à boire à ceux qui ont soif ? Avancer pour elles le moment où elles posséderont le ciel, dont elles sont affamées, n'est-ce pas nourrir ceux qui ont faim? Payer la rançon de ces pauvres captifs, briser leurs chaînes par nos prières, n'est-ce pas racheter les prisonniers ?

 

Intro­duire les exilés du Purgatoire dans la cité triomphante des esprits bienheureux, n'est-ce pas donner l'hospitalité aux étrangers ?... »

 

Qu'ajouter à ces consolantes paroles ? Oui, vraiment, celui qui prie pour les défunts exer­ce d'une manière admirable la charité ; or, la charité est un passeport pour le ciel.

 

Enfin, rappelons-nous que la dévotion envers les pauvres âmes peut être pour nous un devoir de justice, motif bien plus impérieux encore de la pratiquer. Supposons un instant que par imprudence vous ayez blessé votre père, votre mère, ou l'une de vos amies, quels regrets n'en ressentiriez-vous pas ! Comme vous seriez heureuse de pouvoir réparer le mal ! Eh bien, voilà votre situation vis-à-vis des âmes dont nous par­lons. Elles souffrent d'affreuses douleurs, et elles souffrent à cause de vous ; la justice exige que vous soulagiez ces pauvres âmes, victimes de vos imprudences, d'autant plus que vous le pouvez si facilement. Qu'est-ce que quelques prières, quel­ques sacrifices, en comparaison des tourments qu'elles en­durent ! Ayez à cœur d'acquitter au plus tôt une dette sacrée.

 

Demandons-nous après cela, et en nous appuyant sur ces considérations, pour quelles âmes nous devons principale­ment prier.

 

Ce sera naturellement pour celles dont la justice, la re­connaissance et la piété filiale nous font un devoir de nous souvenir devant Dieu.

 

Tel a été notre bienfaiteur ; soit sous le rapport spirituel, soit au temporel, il nous a rendu de précieux services : C'est un devoir pour nous de l'en payer par les moyens en notre pou­voir, et tout au moins de prier pour lui.

 

Tel autre expie en Purgatoire des péchés que nous l'avons porté à commettre, soit par nos mauvais exemples, soit par de pernicieux conseils, soit par des impatiences et des mou­vements d'humeur, d'insubordination qui ont provoqué ses fautes.

 

Ou encore sa complaisance pour nous, son désir de nous rendre service l’a fait tomber dans plusieurs péchés. A nous de prier pour lui.

 

Et nos parents, nos frères, nos sœurs, est-il vraiment né­cessaire de rappeler ce que nous leur devons après la mort ?

 

Que leurs tendres supplications ne nous trouvent pas insen­sibles, mais qu'elles nous enflamment d'une sainte ardeur pour l'expiation et le gain des indulgences.

 

NDLR. Vous pouvez prier pour ma petite sœur Lucie, qui vient de terminer son pèlerinage sur cette terre.

 

 

Extrait de LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

elogofioupiou.com

 

Partager cet article
Repost0