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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 20:59

 

 

ÉVITER LA TROP GRANDE FAMILIARITÉ.

 

N'OUVREZ pas votre cœur à tous in­distinctement  (EccL. VIII, 22) ; mais  confiez  ce  qui  vous  touche à l'homme   sage    et   craignant   Dieu (EccL. IX, 21; XXXVI, 15).

 

Ayez  peu  de  commerce avec  les jeunes gens et les personnes du monde.

 

Ne flattez point les riches, et ne dé­sirez point de paraître devant les grands (PROV. XXV, 6).

Recherchez les humbles, les sim­ples, les personnes de piété et de bon­nes mœurs ; et ne vous entretenez que de choses édifiantes.

N'ayez de familiarité avec aucune femme; mais recommandez à Dieu toutes celles qui sont vertueuses.

Ne souhaitez d'être familier qu'avec Dieu et les Anges, et évitez d'être con­nu des hommes.

 

2. Il faut avoir de la charité pour tout le monde ; mais la familiarité ne convient point.

Il arrive que, sans la connaître, on estime une personne sur la bonne ré­putation, et, en se montrant, elle dé­truit l'opinion qu'on avait d'elle.

Nous nous imaginons quelquefois plaire aux autres par nos assiduités; et c'est plutôt alors que nous commen­çons à leur déplaire, par les défauts qu'ils découvrent en nous.

 

RÉFLEXION.

 

Il faut se prêter aux hommes, et ne se don­ner qu'à Dieu. Un commerce trop étroit avec la créature partage l'âme et l'affaiblit: Elle doit viser plus haut.

Notre conversation est dans le ciel, dit l'Apôtre ( Phillips, VIII, 20).

 

 

Extrait de la traduction de l’Abbé F. DE LAMENNAIS (1942)

 

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 19:16

 

 

Qu'il faut fuir l'orgueil et ses vaines espérances.

 

Insensé celui qui met son espérance dans les hommes ou dans quelque créature que ce soit.

N'ayez point de honte de servir les autres, et de paraître pauvre en ce monde, pour l'amour de Jésus-Christ.

Ne vous appuyez point sur vous-même, et ne vous reposez que sur Dieu seul.

Faites ce qui est en vous, et Dieu secondera votre bonne volonté.

Ne vous confiez point en votre scien­ce ni dans l'habileté d'aucune créa­ture, mais plutôt dans la grâce de Dieu, qui aide les humbles et qui hu­milie les présomptueux.

 

2. Ne vous glorifiez point dans les richesses si vous en avez, ni dans vos amis parce qu'ils sont puissants, mais en Dieu, qui donne tout, et qui par­ dessus tout désire encore se donner lui-même.

Ne vous élevez point à cause de la force ou de la beauté de votre corps, qu'une légère infirmité abat et flétrit.

N'ayez point de complaisance en vous-même à cause de votre esprit ou de votre habileté, de peur de déplaire à Dieu, de qui vient tout ce que vous avez reçu de bon de la nature.

 

3. Ne vous estimez pas meilleur que les autres, de crainte que peut-être vous ne soyez pire aux yeux de Dieu, qui sait ce qu'il y a dans l'homme?

Ne vous enorgueillissez pas de vos bonnes œuvres: car les jugements de Dieu sont autres que ceux des hom­mes, et ce qui plaît aux hommes sou­vent lui déplaît.

S'il y a quelque bien en vous, croyez qu'il y en a plus dans les autres, afin de conserver l'humilité.

Vous ne hasardez pas à vous met­tre au-dessous de tous; mais il vous serait très nuisible de vous préférer à un seul.

L'homme humble jouit d'une paix inaltérable; la colère et l'envie trou­blent le cœur du superbe.

 

RÉFLEXION.

 

En considérant la faiblesse de l'homme, la fragilité de sa vie, les souffrances dont il est assailli de toutes parts, les ténèbres de sa raison, les incertitudes de sa volonté, inclinée au mal dès l'enfance (GEN. VIII, 21), on s'étonne qu'un seul mouvement d'orgueil puisse s'élever dans une créature si misé­rable; et cependant l'orgueil est le fond même de notre nature dégradée. Selon la pensée d'un Père, il nous sépare de la sa­gesse; il fait que nous voulons être nous-mêmes notre bien, comme Dieu lui-même est son bien. (St. Augustin. De lib. arbitr., lib. III, chap. XXIV) : tant il y a de folie dans le crime!

 

C'est alors que l'homme se recherche et s'admire dans tout ce qui le distingue des autres et l'agrandit à ses propres yeux, dans les avantages du corps, de l'esprit, de la naissance, de la fortune, de la grâce même, abusant ainsi à la fois des dons du Créateur et du Rédempteur.

 

Oh! Que ce désordre est effrayant, et combien nous devons trembler lorsque nous découvrons en nous un senti­ment de vaine complaisance, ou qu'il nous arrive de nous préférer à l'un de nos frères ! Rappelons-nous souvent le pharisien de l'Évangile, sa fausse piété, si contente d'elle-même et si coupable devant Dieu, son mépris pour le publicain, qui s'en alla justifié, à cause de l'humble aveu de sa misère, et disons au fond du cœur avec celui-ci: Mon Dieu, ayez pitié de moi, pauvre pécheur! (Luc XVIII, 13).

 

Extrait de la traduction de l’Abbé F. DE LAMENNAIS (1942)

 

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 19:48

 

Dieu de bonté infinie, souvenez-Vous de Vos anciennes Miséricordes. Souvenez-vous surtout de Votre Fils et de Son Agonie.  Souvenez-vous de sa mort cruelle et de Son Sang répandu, ils vous demandent miséricorde afin que Son empire soit établi sur les ruines de celui de Vos ennemis.

 

Souvenez-vous Seigneur de votre Église dans les effets de Votre Justice. Il nous semble qu’il sera peut être bientôt temps de faire, ce que vous avez promis de faire, par pitié pour nos enfants et nos petits enfants.

 

Votre Divine Loi est transgressée, et Votre Évangile est falsifié. Les torrents d'iniquités inondent toute la terre et entraînent beaucoup de vos serviteurs. Toute la terre est désolée. L'impiété est sur le trône. Votre Sanctuaire  est  profané  et  l'hérésie est jusque dans le lieu saint.

 

Ne faut-il pas que Votre volonté soit faite sur la terre comme dans le Ciel et que Votre RÈGNE arrive ?                                                                                                                                                                                  

 

N’avez-Vous pas montré a l’avance à quelques-uns de Vos messagers une future rénovation de Votre Église tout comme Vous leurs avez laisser entrevoir son auto démolition ?

 

Tous les saints du Ciel espèrent votre intervention Seigneur, pour redonner vie à votre Église militante.

 

Toutes les créatures, même les plus insensibles, gémissent sous le poids des péchés innombrables de Babylone la Grande et demandent Votre intervention spéciale pour rétablir les choses !

 

Levez – Vous, dans Votre toute Puissance, dans Votre Miséricorde et dans Votre Justice, afin qu'il n'y ait plus qu'un troupeau et qu'un seul véritable Pasteur et que tous Vous rendent la même gloire.  Amen !

 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 19:28

DE LA PRÉVOYANCE DANS LES ACTIONS.

 

Il ne faut pas croire à toute parole, ni obéir à tout mouvement intér­ieur, mais peser chaque chose selon Dieu, avec prudence et avec une longue attention.

 

Hélas ! Nous croyons et nous disons plus facilement des autres le mal que le bien, tant nous sommes faibles.

 

Mais les parfaits n'ajoutent pas foi aisément à tout ce qu'ils entendent, parce qu'ils connaissent l'infirmité de l'homme, enclin au mal et léger dans ses paroles.

 

2. C'est une grande sagesse que de ne point agir avec précipitation, et de ne pas s'attacher obstinément à son propre sens.

 

Il est encore de la sagesse de ne pas croire indistinctement tout ce que les hommes disent; et ce qu'on a entendu ou cru, de ne point aller aussitôt le rapporter aux autres.

 

Prenez conseil d'un homme sage et de conscience; et laissez-vous guider par un autre qui vaut mieux que vous, plutôt que de suivre vos propres pensées.

 

Une bonne vie rend l'homme sage selon Dieu, et lui donne une grande expérience.

 

Plus on sera humble et soumis à Dieu, plus on aura de sagesse et de paix en toutes choses.

 

Réflexion.

 

Dieu devant être la dernière fin de nos ac­tions comme de nos désirs, il est néces­saire qu'en agissant nous évitions de nous abandonner aux mouvements précipités de la nature, dont le penchant est de tout rap­porter à soi. Et comme nul ne se connaît lui-même, et ne peut dès lors être son propre guide, la sagesse veut que nous ne hasardions aucune démarche de quelque importance avant d'avoir pris conseil, en esprit de sou­mission et d'humilité. Cette juste défiance de soi prévient les chutes et purifie le cœur. Le conseil vous gardera, dit l'Écriture, et vous retirera de la voie mauvaise (PROV. II, 11, 12).

 

Extrait de la traduction de l’Abbé F. DE LAMENNAIS (1942)

 

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 19:41

 


 

DE LA LECTURE DE L'ÉCRITURE SAINTE.

 

Il faut chercher la vérité dans l'Écri­ture sainte, et non l'éloquence.

 

Toute l'Écriture doit être lue dans le même esprit qui l'a dictée.

 

Nous devons y chercher l'utilité plu­tôt que la délicatesse du langage.

 

Nous devons lire aussi volontiers les livres simples et pieux que les li­vres profonds et sublimes.

 

Ne vous prévenez point contre l'au­teur; mais, sans vous inquiéter s'il a peu ou beaucoup de science, que le pur amour de la vérité vous porte à le lire.


Considérez ce qu'on vous dit, sans rechercher qui le dit.

 

2. Les hommes passent; mais la vé­rité du Seigneur demeure éternelle­ment (Ps. XXXVIII, 7; CXVI, 2).

Dieu nous parle en diverses maniè­res, et par des personnes très di­verses.

Dans la lecture de l'Écriture sainte, souvent notre curiosité nous nuit, vou­lant examiner et comprendre, lorsqu'il faudrait passer simplement.

Si vous voulez en retirer du fruit, lisez avec humilité, avec simplicité, avec foi, et ne cherchez jamais à passer pour habile.

Aimez à interroger; écoutez en si­lence les paroles des Saints, et ne mé­prisez point les sentences des vieil­lards, car elles ne sont pas proférées en vain.

 

Réflexion.

 

Qu'est-ce que la raison comprend?

Presque rien; mais la foi embrasse l'infini.

Celui qui croit est donc bien au-dessus de celui qui raisonne, et la simplicité du cœur bien préfé­rable à la science, qui nourrit l'orgueil.

C'est le désir de savoir qui perdit le premier homme: il cherchait la science, il trouva la mort.

Dieu, qui nous parle dans l'Écriture, n'a pas voulu satisfaire notre vaine curiosité, mais nous éclairer sur nos devoirs, exercer notre foi, purifier et nourrir notre âme par l'amour des vrais biens, qui sont tous renfermés en lui. L'humilité d'esprit est donc la disposition la plus nécessaire pour lire avec fruit les livres saints, et c'est déjà avoir profité beaucoup que de comprendre combien ils sont au-dessus de notre raison faible et bornée.

 

Extrait de la traduction de l’Abbé F. DE LAMENNAIS (1942)

 

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 19:46


 


 

DES AFFECTIONS DÉRÉGLÉES.

 

Dès que l'homme commence à dé­sirer quelque chose désordonnément, aussitôt il devient inquiet en lui-même.

 

Le superbe et l'avare n'ont jamais de repos; mais le pauvre et l'humble d'esprit vivent dans l'abondance de la paix.

 

L'homme qui n'est pas encore par­faitement mort à lui-même est bien vite tenté, et il succombe dans les pe­tites choses.

 

Celui dont l'esprit est encore in­firme, appesanti par la chair et incliné vers  les  choses  sensibles,  a  grande peine à se détacher entièrement des désirs terrestres.

 

C'est pourquoi, lorsqu'il se refuse à les satisfaire, souvent il éprouve de la tristesse ; et il est disposé à l'impatience quand on lui résiste.

 

2. Que s'il a obtenu ce qu'il convoi­tait, aussitôt le remords de la cons­cience pèse sur lui, parce qu'il a suivi sa passion, qui ne sert de rien pour la paix qu'il cherchait.

C'est en résistant aux passions et non en leur cédant, qu'on trouve la vé­ritable paix du cœur.

Point de paix donc dans le cœur de l'homme charnel, de l'homme livré aux choses extérieures ; la paix est le par­tage de l'homme fervent et spirituel.

 

RÉFLEXION.

 

Un joug pesant accable les enfants d'Adam (ECCL. XI, 1), fatigués sans relâche par les convoitises de la nature corrompue.

Suc­combent-ils, la tristesse, le trouble, l'amer­tume, le remords, s'emparent aussitôt de leur âme.

Superbe encore au fond de l'ignomi­nie, inquiet et las de moi-même, dit saint Augustin, en racontant les désordres de sa jeunesse, je m'en allais loin de vous, ô mon Dieu! À travers des voies toutes semées de stériles douleurs. (Conf. lib. II, chap. XI). Il en coûte plus à l'homme de céder à ses penchants que de les vaincre; et si le combat contre les passions est dur, une paix inef­fable .en est le fruit.

Appelons le Seigneur à notre aide dans ce saint combat, n'en crai­gnons point le travail, il sera court; aujour­d'hui, demain; et puis le repos éternel.

 

Extrait de la traduction de l’Abbé F. DE LAMENNAIS (1942)

 

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 18:34

 

DE LA DOCTRINE DE LA VÉRITÉ.

1. heureux celui que la Vérité instruit elle-même, non par des figures et des paroles qui passent, mais en se montrant telle qu'elle est.

Notre raison et nos sens voient peu et nous trompent souvent.

A quoi servent ces disputes subtiles sur des choses cachées et obscures qu'au jugement de Dieu on ne nous reprochera point d'avoir ignorées?

C'est une grande folie de négliger ce qui est utile et nécessaire, pour s'appli­quer curieusement à ce qui nuit. Nous, avons des yeux, et nous ne voyons point (Jer. v, 21).

 

2. Que nous importe ce qu'on dit sur les genres et sur les espèces ?

Celui à qui parle le Verbe éternel est délivré de bien des opinions.

Tout vient de ce Verbe unique; de lui procède toute parole, il en est le principe, et c'est lui qui parle en de­dans de vous (Jean. VIII, 25).

Sans lui nulle intelligence; sans lui nul jugement n'est droit.

Celui pour qui une seule chose est tout, qui rappelle tout à cette unique chose, et voit tout en elle, ne sera point ébranlé, et son cœur demeurera dans la paix de Dieu.

0 Vérité, qui êtes Dieu, faites que je sois un avec vous dans un amour éternel !

Souvent j'éprouve un grand ennui à force de lire et d'entendre : en vous est tout ce que je désire, tout ce que je veux.

Que tous les docteurs se taisent, que toutes les créatures soient dans le si­lence devant vous; parlez-moi vous seule.

 

3. Plus un homme est recueilli en lui-même et dégagé des choses extérieures, plus son esprit s'étend et s'élève sans aucun travail, parce qu'il reçoit d'en haut la lumière de l'intelligence.

Une âme pure, simple, ferme dans le bien, n'est jamais dissipée au milieu même des plus nombreuses occupa­tions, parce qu'elle fait tout pour ho­norer Dieu, et que, tranquille en elle-même, elle tâche de ne se rechercher en rien. Qu'est-ce qui vous fatigue et vous trouble, si ce n'est les affections immortifiées de votre cœur?

 

4. L'homme bon et vraiment pieux dispose d'abord, au dedans de lui tout ce qu'il doit faire au dehors : il ne se laisse point entraîner dans ses actions, au désir d'une inclination vicieuse; mais il les soumet à la règle d'une droite raison.

Qui a un plus rude combat à soutenir que celui qui travaille à se vaincre?

C'est là ce qui devrait nous occuper uniquement: combattre contre nous-mêmes, devenir chaque jour plus forts contre nous, chaque jour faire quel­ques progrès dans le bien.

Toute perfection, dans cette vie, est mêlée de quelque imperfection ; et nous ne voyons rien qu'à travers une cer­taine obscurité.

L'humble connaissance de vous-même est une voie plus sûre, pour aller à Dieu, que les recherches profondes de la science.

Ce n'est pas qu'il faille blâmer la science, ni la simple connaissance d'au­cune chose: car elle est bonne en soi dans l'ordre de Dieu; seulement on doit préférer toujours une conscience pure et une vie sainte.

Mais parce que plusieurs s'occupent davantage de savoir que de bien vivre, ils s'égarent souvent, et ne retirent que peu ou point de fruit de leur travail.

 

5. Oh ! S’ils avaient autant d'ardeur pour extirper leurs vices et pour culti­ver la vertu que pour remuer de vaines questions, on ne verrait pas tant de maux et de scandales dans le peuple, ni tant de relâchement dans les monas­tères.

Certes, au jour du jugement, on ne nous demandera point ce que nous ayons lu, mais ce que nous avons fait ; ni si nous avons bien parlé, mais si nous avons bien vécu.

Dites-moi, où sont maintenant ces maîtres et ces docteurs que vous avez connus, lorsqu'ils vivaient encore, et qu'ils florissaient encore dans leur science?

D'autres occupent à présent leurs places, et je ne sais s'ils pensent seule­ment à eux.

Ils semblaient pendant leur vie être quelque chose, et maintenant on n'en parle plus.

Oh! Que la gloire du monde passe vite ! Plût à Dieu que leur vie eût ré­pondu à leur science! Ils auraient lu alors et étudié avec fruit.

Qu'il y en a qui se perdent dans le siècle par une vaine science, et par l'oubli du service de Dieu !

Et parce qu'ils aiment mieux être grands que d'être humbles ils s'éva­nouissent dans leurs pensées.

Celui-là est vraiment grand, qui a une grande charité.

Celui-là est vraiment grand, qui est petit à ses propres yeux, et pour qui les honneurs du monde ne sont qu'un pur néant.

Celui-là  est  vraiment  sage,   qui, pour gagner Jésus-Christ, regarde comme de la boue toutes les choses de la terre (PHILIPP. III, 8).

Celui-là possède la vraie science, qui fait la volonté de Dieu et renonce à la sienne.

 

RÉFLEXION.

IL y a deux doctrines, mais il n'y a qu'une vérité. Il y a deux doctrines: l'une de Dieu, immuable comme lui; l'autre de l'hom­me, changeante comme lui.

 

La Sagesse in­créée, le Verbe divin, répand la première dans les âmes préparées à la recevoir; et la lumière qu'elle leur communique est une par­tie de lui-même, de la vérité substantielle et toujours vivante. Offerte à tous, elle est don­née avec plus d'abondance à l'humble de cœur; et, comme elle ne vient pas de lui, qu'elle peut à chaque instant lui être retirée, qu'elle ne dépend en aucune façon de l'intelli­gence qu'elle éclaire, il la possède sans être tenté de vaine complaisance dans sa posses­sion.

 

La doctrine de l'homme, au contraire, flatte son orgueil parce qu'il en est le père. Cette idée m'appartient, j'ai dit cela le pre­mier, on ne savait rien là-dessus avant moi. Esprit superbe, voilà ton langage. Mais bientôt on conteste à cette puissante raison ce qui fait sa joie; on rit de ses idées fausses qu'elle a crues vraies, de ses décou­vertes imaginaires : Le lendemain on n'y pense plus, et le temps emporte jusqu'au nom de l'insensé qui ne vécut que pour être immortel sur la terre.

 

O Jésus ! Daignez mettre en moi votre vérité sainte, et qu'elle me préserve à jamais des égarements de mon propre esprit.

 

Extrait de la traduction de l’Abbé F. DE LAMENNAIS (1942)

 

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