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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 20:39

 

Avoir d'humbles sentiments de soi-même.

 

TOUT homme désire naturellement de savoir ; mais la science sans la crainte de Dieu, que vaut-elle?

 

1. Un humble paysan qui sert Dieu est certainement fort au-dessus du philo­sophe superbe qui, se négligeant lui-même, considère le cours des astres.

Celui qui se connaît bien se méprise, et ne se plaît point aux louanges des hommes.

Quand j'aurais toute la science du monde, si je n'ai pas la charité, à quoi cela me servirait-il devant Dieu, qui me jugera sur mes œuvres? (I cor. XIII, 2, 3).

 

2. Modérez le désir trop vif de sa­voir ; on ne trouvera là qu'une grande dissipation et illusion.

Les savants sont bien aises de paraî­tre et de passer pour habiles.

Il y a beaucoup de choses qu'il impor­te peu ou qu'il n'importe point à l'âme de connaître; et celui-là est bien in­sensé qui s'occupe d'autre chose que de ce qui intéresse son salut.

La multitude des paroles ne rassasie point l'âme ; mais une vie sainte et une conscience pure donnent le repos du cœur et une grande confiance près de Dieu.

 

3. Plus et mieux vous savez, plus vous serez sévèrement jugé, si vous n'en vivez pas plus saintement.

Quelque art et quelque science que vous possédiez, n'en tirez donc point de vanité ; craignez plutôt, à cause des lumières qui vous ont été données.

Si vous croyez beaucoup savoir, et savoir bien, souvenez-vous que c'est peu de chose près de ce que vous ignorez.

Ne vous élevez point en vous-même (ROM. xi, 20) : avouez plutôt votre ignorance.

Comment pouvez-vous songer à vous préférer à quelqu'un, tandis qu'il y en a tant de plus doctes que vous, et de plus instruits en la loi de Dieu?

Voulez-vous apprendre et savoir quelque chose qui vous serve, aimez à vivre inconnu et à n'être compté pour rien.

 

4. La science la plus haute et la plus utile est la connaissance exacte et le mépris de soi-même.

Ne rien s'attribuer et penser favo­rablement des autres, c'est une grande sagesse et une grande perfection.

Quand vous verriez votre frère com­mettre ouvertement une faute, même une faute très grave, ne pensez pas cependant être meilleur que lui ; car vous ignorez combien de temps vous persévérez dans le bien.

Nous sommes tous fragiles; mais croyez que personne n'est plus fragile que vous.

 

RÉFLEXION.

L'orgueil a perdu l'homme, l'humilité le relève et le rétablit en grâce avec Dieu. Son mérite n'est pas dans ce qu'il sait, mais dans ce qu'il fait. La science sans les œuvres ne le justifiera point au tribunal suprême; elle aggravera plutôt son jugement. Ce n'est pas que la science n'ait ses avantages, puis­qu'elle vient de Dieu; mais elle cache un grand piège et une grande tentation. Elle enfle, dit l'Apôtre (I Cor. VIII, 1) ; elle nourrit le superbe, elle inspire une secrète préférence de soi, préférence criminelle et folle en même temps; car la science la plus étendue n'est qu'un autre genre d'ignorance, et la vraie per­fection consiste uniquement dans les disposi­tions du cœur. N'oublions jamais que nous ne sommes rien, que nous ne possédons en propre que le péché, que la justice veut que nous nous abaissions au-dessous de toutes les créa­tures, et que, dans le royaume de Jésus-Christ, les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers (MATTH. XIX, 30).

 

Extrait de la traduction de l’Abbé F. DE LAMENNAIS (1942)

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 21:12

SOURCE intarissable de force mo­rale et de consolation spirituelle, l’Imitation de Jésus-Christ devrait être connu de toute âme chrétienne. Ce que cet ouvrage a été pendant cinq siècles, il l'est à plus forte raison aujourd'hui quand le monde a si grand besoin de paix et d'espoir.

 

La voix calme de Thomas à Kempis, tendre et puissante à la fois, nous avertit constamment que l'amour se nourrit d'amour, et la crainte de crainte, et ; nous montre où nous pouvons ranimer   notre   ardeur   et   raviver   nos  forces. En outre, nos tendances déviatrices naturelles, les dangers du dehors comme les peines intérieures, tout s'y trouve analysé avec conci­sion, clarté, simplicité et onction,— véritable arôme d'Écriture Sainte.

 

Mais c'est toujours à l'Hôte Divin du Tabernacle que l'auteur nous con­duit. En effet, tout un livre de l’Imi­tation  se trouve consacré à la Sainte Communion, ce Don Précieux qui est nourriture pour les affamés, remède pour les malades, fontaine où les âmes altérées peuvent étancher leur soif,—en un mot, la plénitude de la vie.

 

Et c'est ainsi que l’Imi­tation se lira, à la lumière qui découle de la Lampe Eucharistique ; car c'est là qu'on apprend que le Christ est amour, et que le seul moyen de l'imi­ter et de lui ressembler c'est de l'aimer.

 

Or ce ne sera pas par de vaines prières, ni par des actes stériles d'adoration, ni par des marques ex­térieures que nous montrerons notre amour pour Dieu; il nous faudra l'aimer dans notre prochain. Le Christ Lui-même nous a dit : "Je vous donne un commandement nouveau: que vous vous aimiez les uns les autres, et que vous vous aimiez com­me je vous ai aimés. En cela tous connaîtront que vous êtes mes dis­ciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres." (St. Jean, XIII, 34, 35.)

 

Mais si nous devons aimer notre prochain comme le Christ Lui-même nous a aimés, que nous faudra-t-il faire alors? Il a été notre Lumière; soyons-en une pour nos semblables. Il nous a enseigné par ses exemples; parlons-leur par nos actions. Il a été notre propitiation ; soyons pour eux un moyen de réconciliation.

 

Au temps qu'il était chancelier d'Angleterre, Saint Thomas More écrivait à Érasme au sujet de l’Imi­tation de Jésus-Christ: "S'il était lu, ce livre assurerait le bonheur des na­tions."

 

C'est encore notre conviction aujourd'hui : si l’Imi­tation était lu, et compris, et surtout mis en pra­tique, ce serait pour le monde entier le gage certain du bonheur dans la vérité et la justice.

 

rev. J. M. lelen, Ph.D.

 

Extrait de la traduction de l’Abbé F. DE LAMENNAIS (1942)

 

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 20:42

 

 

      Il faut imiter Jésus-Christ et mépriser toutes les vanités du monde.

 

1. Celui qui me suit ne marche point dans les ténèbres (Jean. VIII, 12), dit Notre Seigneur.

Ce sont les paroles de Jésus Christ,   par   lesquelles   il   nous exhorte à imiter sa vie et sa conduite, si nous voulons être véritablement éclairés et délivrés de tout aveuglement de cœur. Faisons donc notre principale étude de méditer sur la vie de Jésus-Christ.

 

2. La doctrine du Sauveur est bien plus excellente que celle de tous les saints, et une personne qui en aurait le véritable esprit y trouverait une manne cachée.     

Mais il arrive que la plupart de ceux qui entendent souvent l'Évangile n'en sont pour cela guère plus touchés, parce qu'ils n'ont point l'esprit de Jésus-Christ.

Pour bien comprendre et bien goûter les paroles de Jésus-Christ, il faut chercher à former notre vie sur le modèle de la sienne.

 

3. Que vous sert de parler savamment de la Trinité, si, n'étant pas humble, vous vous rendez désagréable à la Tri­nité !

Non, ce ne sont point les paroles sublimes qui sanctifient l'homme et qui le justifient : c'est la vie vertueuse qui le rend

ami de Dieu.

J'aime bien mieux sentir la componc­tion que de savoir comment on la définit. Quand vous sauriez par cœur toute la Bible et les sentences de tous les philo­sophes, que vous servirait tout cela sans l'amour de Dieu et sans sa grâce ?

Va­nité des vanités, tout n'est que vanité! (Eccl. I, 2.)

Rien n’est plus solide que d'aimer Dieu et de s'attacher a lui seul.

La grande sagesse, c'est de tendre au ciel par la voie du mépris du monde.

 

4. C'est donc une vanité que d'amasser des richesses périssables, et d'y mettre son espérance. C'est une vanité que de rechercher les honneurs, et de s'élever aux premières places.

C'est une vanité que de suivre les dé­sirs de la chair, et d'aimer ce qui nous doit attirer dans la suite de rigoureux châtiments.

C'est une vanité que de souhaiter une longue vie, et de se mettre si peu en peine qu'elle soit bonne.

C'est une vanité de ne penser qu'aux choses présentes, et de ne pas prévoir les futures.

C'est une vanité que d'aimer ce qui passe si vite, et de ne point s'empresser à gagner le ciel, où la joie durera toujours.

 

5. Souvenez-vous souvent de cette pa­role du Sage : L'œil n'est jamais rassasié de ce qu'il voit, ni l'oreille remplie de ce qu'elle entend. (Eccl. I, 8.)

 

Travaillez donc à détacher votre cœur de l'amour des choses visibles, pour ne vous occuper que des choses invisibles. Car ceux qui suivent leur sensualité souillent leur conscience et perdent la grâce de Dieu.

 

PRATIQUE

Pour honorer parfaitement Jésus - Christ, fit, par l'honneur qu'on lui rend, remplir les devoirs d'un véritable Chrétien, il faut s'ap­pliquera le connaître, à l'aimer et à l'imiter; et cela est absolument nécessaire au salut de tous les Chrétiens, qui ne sont Chrétiens que par la connaissance, par l'amour et par l'imitation de Jésus-Christ.

 

Prétendre plaire au Sauveur par les connaissances sublimes qu'on a de sa divinité, sans s'attacher à suivre ses exemples et à vivre comme il a vécu, c'est la plus dangereuse des vanités.

 

PRIÈRE

Que me servirait, mon Jésus, d'étudier et de connaître ce qu'il y a de plus grand dans votre personne et de plus élevé dans vos mystères, si je ne m'en appliquais le mérite et le fruit en entrant dans vos dispositions et en pratiquant vos vertus, puisque je dois, pour me sauver, savoir et faire ce que vous m'avez enseigne et ce que vous avez fait, c'est-à-dire savoir et pratiquer ma religion?

 

C'est la grâce que je vous demande, ô mon Sauveur, et que j'es­père que vous m'accorderez.

 

Ainsi soit-il.

 

Extrait de : Imitation de Jésus-Christ. Édition 1899.  Chapitre I    

 

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 20:15

 

Prière spéciale pour hâter le retour d’exil de notre Saint Père Paul VI, pape martyr de la fin des temps.

 

«Souvenez-vous, ô très pieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais entendu dire, qu’aucun de ceux qui ont eu ne recours à votre protection, imploré votre secours et demandé vos suffrages, n’ait été abandonné.

 

Animé d’une pareille confiance, ô Vierge des vierges, je recours à vous, et gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds.

 

O Mère du Verbe, ne méprisez pas mes prières, mais écoutez les favorablement et daignez les exaucer. »

 

Ainsi soit-il.

 

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 19:39


 

L'amour et l'imitation de Jésus Christ, pratiqués par Saint François de  Borgia.

 

Ce grand saint offre dans sa vie plusieurs exemples bien dignes d'être considérés par les personnes qui vivent au milieu du monde.

 

1. Dès son enfance, il s'étudia à plaire à Dieu par une parfaite innocence de mœurs, par l'application à tous ses devoirs, par une piété remarquable dans tous ses exercices. Il avait ainsi fait de grands progrès dans les vertus, lorsqu'il fut chargé de conduire à Grenade le corps de l'impératrice Isabelle, qu'on devait y enterrer, et d'assister comme té­moin à l'ouverture du cercueil et à la translation de ses restes dans le tombeau qui lui était destiné.

 

 A ce spectacle, qui mon­trait à la place d'une beauté admirée de tous une pourriture hideuse et infecte, il comprit plus que jamais le néant de toutes les choses humaines, et fit vœu de quitter la cour et de renon­cer à tout pour s'attacher uniquement au Roi du ciel. Réa­lisant ce vœu, dès qu'il le put, il entra dans la Compagnie de Jésus ; et là on le vit mener une vie toute d'amour pour Jésus-Christ, toute de progrès dans les plus éminentes vertus. Chaque jour il donnait à la contemplation des choses célestes plusieurs heures consécutives, souvent huit heures, quelque fois dix. Cent fois par jour, il se mettait à genoux pour rendre à Dieu l'hommage de son adoration et de son amour. Son bonheur était de passer devant le Tabernacle le plus de temps qu'il pouvait ; il eût voulu y demeurer toujours ; et quand il offrait le saint Sacrifice, comme quand il annonçait la divine parole, le feu sacré qui était dans son cœur resplendissait sur son visage. De là cette éminente pureté qui lui inspirait une horreur indicible des moindres fautes, des moindres imperfections, comme déplaisant à Dieu, et qui le portait à se con­fesser tous les jours ; de là cette attention à la présence di­vine dont rien ne pouvait le distraire, et à laquelle, au con­traire, tout le rappelait. La vue du ciel et de toutes les mer­veilles de la nature relevait à Dieu.

 

Lors même qu'il était dans le monde et qu'il vaquait à la chasse, la docilité de l'épervier à se laisser apprivoiser par un peu de nourriture qu'on lui donne le faisait gémir sur la dureté des hommes envers Dieu de qui ils reçoivent tout ; et les ruses de cet animal pour saisir sa proie lui rappelaient les artifices du démon pour perdre les âmes; la promptitude du chien à lâcher, à la voix de son maître, la proie qu'il porte, lui mettait également dans la pensée l'attachement des pécheurs aux plaisirs vils et dangereux que Dieu leur ordonne de quitter. Ainsi tout lui servait de moyen de s'élever à Dieu ; et, sous le regard de ce Dieu qu'il aimait, il s'attachait à faire chaque chose de la manière qu'il croyait lui plaire davantage. Il s'attachait surtout à aimer Jésus et Marie dans le prochain : d'où il concluait qu'il de­vait préférer tous les autres à lui-même, leur rendre toutes sortes d'égards et de bons offices, jusqu'à sacrifier pour eux son repos, sa santé, sa vie même, comme il le fit réellement dans la peste qui affligea de son temps plusieurs quartiers de la ville de Rome. Peut-on porter plus loin l'amour de Nôtre Seigneur ?

 

2. Pénétré de cette vérité, que l'imitation de Jésus-Christ est la meilleure preuve qu'on puisse lui donner de son amour, comme la garantie la plus sûre du salut, il s'attachait à se con­former en tout à ce divin modèle des élus. En voyant Jésus-Christ si humble dans sa naissance, dans sa vie, dans sa mort, dans son être eucharistique, il n'aspirait qu'à descendre du haut rang où l'avait placé sa naissance, qu'à se cacher dans: sa cellule du noviciat de la Compagnie de Jésus, qu'à se livrer aux plus bas offices, comme de balayer la maison ou servir à la cuisine, qu'à rechercher partout l'abjection et le mépris. La gloire semblait le poursuivre à proportion qu'il la fuyait : on lui offrit la pourpre romaine ; il la refusa et préféra l'humi­lité à tout le reste. Cette humilité éclatait dans sa conduite, dans sa démarche, dans sa conversation, dans la modestie de ses habits, dans sa déférence à l'avis des autres.

 

Jésus-Christ, roi des humbles, était le modèle qu'il aimait à retra­cer en toute sa conduite. En voyant ce Dieu Homme pauvre à la crèche, à la chaumière de Nazareth, dans sa vie apostoli­que, il prend en dégoût les richesses dont il jouit : il s'en dé­pouille, et se fait pauvre jusqu'à mendier son pain, jusqu'à n'avoir que des habits pauvres et d'autre nourriture que celle des pauvres. En voyant ce divin Sauveur si mortifié, si pé­nitent, il renonce à toutes les jouissances des sens ; il porte un cilice dont la dureté fait frémir ; ses disciplines sont san­glantes et journalières, et il semble n'avoir un corps que pour le faire souffrir. On le presse de se ménager : « Je le ferai, ré­pond-il, quand les délices seront pour moi des tourments et que les tourments me seront des délices : c'est là une grâce que je demande instamment au Seigneur. » Ce lui était une satisfaction d'être exposé soit aux chaleurs brûlantes du so­leil dans l'été, soit aux froids poignants de l'hiver, à tout ce que les frimas, les vents et les pluies ont de plus incommode, comme aux douleurs aiguës de la maladie, que Dieu, disait-il, donne souvent à ceux qui ne les voudraient pas et refuse à ceux qui les voudraient. Ce parfait imitateur de Jésus-Christ, nom­mé à son grand regret supérieur général de sa compagnie, se 'représente le Sauveur gouvernant ses apôtres, et, comme lui, il donne aux siens l'exemple d'un dévouement sans borne aux travaux de l'apostolat; comme lui, il les envoie sur divers points de l'univers, en Pologne, dans les îles de l'Océan, en Amérique, au Pérou et autres contrées ; comme lui enfin, il inspire aux siens le courage de mourir s'il le faut pour l’Évangile, et ses paroles allument dans leur cœur une soif si ardente du martyre, que, pendant son généralat, la Compagnie de Jésus eut la gloire d'envoyer au ciel soixante martyrs. Voilà ce que l'imitation de Jésus-Christ a fait de saint François de Borgia :

 

Qu'a-t-elle fait en moi jusqu'à présent ?

 

Tiré de Lectures Méditées (1933)

 

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 19:48

Mon Dieu je vous offre la louange que votre Fils vous offre actuellement sur un autel de par le monde, par les mains d’un prêtre fidèle à votre serviteur Paul VI, notre pape martyr et qui le nomme dans le Canon de sa messe selon le rite perpétuel de St Pie V.  Il renouvelle ainsi pour Vous, le véritable Saint Sacrifice de la Croix, d’une manière non sanglante, au quel je m’unis avec amour, pour vous adorer et vous remercier.   Ainsi soit-il.

 

 

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 20:12

 

 

Tous tant que nous sommes sur la terre, nous sommes pour­suivis par une même idée fixe, nous avons un unique idéal : Le bonheur. Peut-être nous arrive-t-il de ne pas nous en rendre compte ; mais pourtant il en est ainsi.

 

Or nous sommes victimes d'une effroyable illusion ; la voici : Nous croyons que le plaisir est la route pour arriver au bonheur, ou plutôt que le plaisir et le bonheur c'est la mê­me chose. De là cette perpétuelle pensée : Je veux le bonheur, donc je dois chercher le plaisir ; si j'ai le plaisir, j'aurai tout, il ne me manquera plus rien.

 

Le plaisir produit deux choses : La première est un étourdissement, un enivrement factice, une satisfaction vive mais passagère. La seconde, c'est le dégoût, l'ennui, le désenchan­tement, l'amertume, et souvent la honte et le remords.

 

La première de ces deux choses ressemble à la rose dont le parfum et les belles couleurs vous séduisent ; la seconde, ce sont les épines du rosier qui ensanglantent vos mains lors­que vous cueillez la rose.

 

Toute personne qui approche ses lèvres de la coupe du plaisir se prépare une déception ; car si la coupe contient une douce liqueur, elle contient aussi une lie empoisonnée.

Peut-être croyez-vous que nous ne vous disons pas la vé­rité, ou du moins que nous exagérons ? Nous allons faire parler quelques personnes bien connues qui ont goûté les plaisirs les plus variés et les plus exquis. Vous pourrez vous en rapporter à leur témoignage.

 

Après une enfance et   une   jeunesse très malheureuses, Mme de Maintenon parvint à la plus haute situation qu'il fût possible  d'imaginer ;  aussi  semble-t-il  qu'elle  ne  pouvait manquer d'être heureuse. A la vérité, elle fut d'abord comme enivrée des douceurs qu'elle goûtait dans ce nouvel état. Mais cette ivresse ne dura que trois semaines. Bientôt, comme elle le déclare, elle sentit le vide de l'appareil imposant qui l'envi­ronnait ; écrivant un jour à son frère, elle lui disait : Je ne puis plus y tenir, je voudrais être morte. Ce ne fut qu'en s'é­levant à une haute piété qu'elle parvint au bonheur que tou­tes les grandeurs de la terre n'avaient pu lui donner ; et c'est ce qui lui a fait dire : « Tous les états laissent un vide affreux, une inquiétude, une lassitude, une envie de connaître autre chose.

 

On n'est en repos que lorsqu'on s'est donné à Dieu.Alors on sent qu'il n'y a plus  rien à  chercher et qu'on  est arrivé  à ce qui seul est bon  sur la terre. On a des chagrins, mais on a aussi une solide consolation et la paix au fond du cœur au milieu des plus grandes peines. »

 

Les heureux du monde, disait-elle encore, ne savent véritablement que faire, et rien ne leur fait plaisir. Les jours de fête sont les plus  ennuyeux pour ceux  qui n'ont pas de piété ; ils ne savent comment les employer. Les palais, les parcs, les plus belles choses ne font plus de plaisir à la longue et deviennent indifférents. De plus, ce ne sont point ces cho­ses-là qui peuvent nous rendre heureuses : Notre bonheur ne peut venir que du dedans. Il n'y a de vrai bonheur que dans le service de Dieu. »

 

Mme Récamier avait été la femme la plus adulée et la plus recherchée de son siècle ; or elle disait souvent à sa nièce « com­bien, dans sa vie en apparence si animée et si douce, il y avait eu de vide et d'effort, et que jamais à une femme pour qui elle aurait de l'amitié elle n'en souhaiterait une pareille. « Mme Émile de Girardin (Delphine Gay), après avoir fait, elle aussi, la triste expérience des choses et des amitiés de ce monde, élevant vers Dieu son esprit et son cœur, s'écriait : « Oh ! Qu'elle est généreuse, cette religion qui d'un sacrifice nous fait une espérance ; qui nous montre toujours après la nuit, et même à cause de la nuit, un beau jour ; qui nous promet le bonheur comme une conséquence des larmes ; qui nous dit enfin : « Souffrir, c'est mériter ! »

 

On me dit que j'ai moins à me plaindre qu'une autre, écri­vait la fameuse Ninon de Lenclos. Que cela soit ou non, si l'on m'avait proposé une telle vie, je me serais pendue ! »

Une autre femme, bien connue par les égarements de son esprit et de son cœur, Georges Sand, n'a pu s'empêcher de laisser tomber de sa plume ces aveux éloquents :

« Le bonheur n'est pas ce que vous croyez : ce n'est pas cette violente aspiration vers un être créé ; c'est l'aspiration sainte de la partie la plus éthérée de notre âme vers l'inconnu. Hélas ! Ce n'est pas notre âme seulement qui souffre de l'ab­sence de Dieu, c'est notre être tout entier... L'ennui désole ma vie, l'ennui me tue. Tout s'épuise pour moi, tout s'en va. J'ai vu la vie à peu près sous toutes ses faces, la nature dans toutes ses splendeurs. Que verrai-je maintenant ? Quand j'ai réussi à combler l'abîme d'une journée, je me demande avec effroi avec quoi je comblerai celui du lendemain... Il est des heures dans la nuit où je me sens accablée d'une épouvan­table douleur. D'abord c'est une tristesse inexprimable : La nature tout entière pèse sur moi, et je me traîne brisée, flé­chissant sous le fardeau de la vie, comme un nain qui serait forcé de porter un géant... Alors l'élan poétique et tendre tourne en moi à l'effroi et au reproche. Je hais l'admirable beauté des étoiles, et la splendeur des choses qui nourrissent mes contemplations ordinaires ne me paraît plus que l'im­placable indifférence de la puissance pour la faiblesse. Je suis en désaccord avec tout, et mon âme crie, au sein de la création, comme une corde qui se brise au milieu des mélodies; triomphantes d'un instrument sacré. »

 

Quelle femme pouvait humainement être estimée plus heureuse que cette célèbre madame du Deffand, placée par Voltaire sur une espèce de piédestal, et qui trônait comme une, reine dans les salons de la libre pensée, à la fin du XVIII ème siècle ? Eh bien, en fait de lectures attristantes, on trouverait difficilement quelque chose de plus caractéristique que les volumes de lettres qu'elle a laissés.

 

« Pour moi, je l'avoue, déclare-t-elle, je n'ai qu'une pensée fixe, qu'un sentiment, qu'un chagrin, qu'un malheur : c'est la douleur d'être née.

« Ignorez-vous que je déteste la vie, que je me désole d'a­voir tant vécu, et que je ne me console pas d'être née ?

« Je ne suis point faite pour ce monde-ci ; je ne sais pas s'il y en a un autre ; en cas que cet autre existe, quel qu'il puisse être, je le crains.

« On ne peut être en paix ni avec les autres, ni avec soi-même, » etc.…

 

Écoutons maintenant Mme de Staël, qui a fait tant de bruit au commencement du XIXe siècle.

« Je suis plongée, écrit-elle, dans une espèce de désespoir qui me dévore ; je ne crois pas que je me relève jamais de ce que j'éprouve. Rien ne m'intéresse plus, je ne trouve de plaisir à rien : la vie est pour moi comme un bal dont la musique a cessé, et tout me paraît sans couleur. Je vous assure que si vous lisiez dans mon âme, je vous ferais pitié. Je suis bien convaincue que le plus grand service que je puisse rendre à ce qui m'entoure, c'est de m'éloigner... Si je me laissais aller à la pente de mon esprit, j'offrirais le plus misérable spectacle. »

 

Lorsqu'on lit les Souvenirs que les grands hommes ont laissés de leur carrière, on constate les mêmes aveux, navrants, déchirants. On en trouverait   notamment de  très   sugges­tifs échantillons dans les œuvres de Byron, Lamartine, No­dier, Michelet, de Custine, Schouvalolï, Maine de Biran, Vic­tor Hugo, Sainte-Beuve, Maurice de Guérin, Alfred de Mus­set, etc. etc.…

 

Concluons avec Mme de Lambert: «La religion et le bonheur  se donnent la main ; ce sont des inséparables. Vous ne serez heureuse que par la vertu ; vous ne serez malheureuse que  par la dissipation, le dérèglement. Rentrez en vous-même : Vous pourrez reconnaître déjà que vous n'avez jamais pu véritablement vous dire malheureuse si vous n'y avez donné  lieu en manquant à quelque vertu. »

 

Par contre, les plaisirs mènent tôt ou tard à la tristesse, au chagrin, au dégoût ; sé­parés de la vraie vie chrétienne, ils sont incompatibles avec le bonheur.

 

Tiré de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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