Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 19:30

 

A quoi bon chercher à me corriger de mes défauts ? dit Mlle Eulalie... Je n'en viendrai jamais à bout. Avant-hier je m'étais impatientée cinq fois. Je me suis bien promis un progrès hier. Tout compte fait, j'ai eu le dépit de cons­tater que je m'étais impatientée douze fois. C'est fini ! A laver un nègre on perd sa peine. Je me résigne à rester telle que je suis.

A quoi bon chercher à rappeler le souvenir du bon Dieu à quelques pauvres âmes qui ne le connaissent plus ?... deman­de Mlle Antoinette. Après bien des efforts je réussirai peut-être auprès d'une ou deux ; mais pendant le même temps un mau­vais petit journal en aura débauché quarante ! Il n'y a rien à faire. Je ne veux plus m'en mêler.

Nous pourrions poursuivre la série des « A quoi bon ! » Chères âmes, vous n'avez pas encore l'expérience de la vie. Il ne faut pas jeter ainsi le manche après la cognée. Vous avez eu de bonnes intentions, mais il vous aurait fallu un résultat rapide et immense. Votre entrain n'était qu'un feu de paille : la déception que vous avez éprouvée a joué le rôle d'un jet d'eau froide : elle a éteint ce feu.

Ne, veuillez pas devenir de petites saintes en un jour, ni con­vertir à vous seules tout voire quartier.

La correction des défauts ne se nomme-t-elle pas une guer­re ? Dans une guerre, on remporte des victoires et on essuie des défaites. Ne vous étonnez donc pas de n'être pas toujours victorieuses.

Les bonnes œuvres ne sont-elles pas une semence ? Mais quand on sême, il y a des graines qui sont emportées par le vent et d'autres qui sont mangées par les oiseaux.

Et puisque nous parlons de semences, regardez un peu ce vieux chêne qui fait aujourd'hui l'orgueil de la forêt. Com­ment a-t-il commencé ? Il a commencé par un gland, gros comme mon petit doigt. Le gland, jeté là par la tempête ou par une main inconnue, a disparu sous la terre. Il y est resté enfoui des mois, des années peut-être, avant de révéler son existence par une légère tige qui s'élevait vers le ciel. Que dis-je ? Cette tige elle-même est restée bien longtemps perdue au milieu des broussailles : nul ne la remarquait. Et cepen­dant elle grandissait peu a peu dans l'ombre et le silence ; elle étendait et multipliait ses rameaux, et la voilà devenue l'ar­bre superbe que nous admirons.

Ainsi de nous, pieuses chrétiennes. Nous travaillons péni­blement et souvent nous ne voyons pas le bien qui sort de notre travail. Insensées ! Nous voudrions à chaque instant produire des miracles, faire pousser des chênes géants en vingt-quatre heures ! Sachons donc attendre : Laissons au bien que nous avons jeté en terre le temps de germer et de fructifier.

Après tout, l'important est de remplir notre rôle. Ce rôle, pour nous, n'est peut-être que de faire avancer d'un pas le rè­gne de Dieu. Eh bien, faisons-le avancer d'un pas. Une autre personne viendra après nous, qui le fera avancer d'un autre pas, et ainsi de suite, et les efforts des unes s'ajoutant aux ef­forts des autres, le résultat final voulu par Dieu sera ob­tenu.

Pourquoi vouloir l'obtenir sur l'heure, comme s'il ne dé­pendait que de nous seules ? Nous ne sommes qu'une cause dans l'enchaînement des causes, un petit rouage dans l'immensité de la machine. Dieu ne nous demande que de produi­re tel minime effet ; produisons-le et ce sera bien.

Voici une petite histoire qui vous montrera le prix de la patience et de la persévérance.

Une pauvre femme, simple et pieuse, éprouvait un vif dé­sir d'aller s'édifier dans une congrégation voisine, où un pré­dicateur rappelait aux mères leurs devoirs avec chaleur et conviction. Elle demanda la permission à son mari qui refu­sa durement. Le jeudi suivant, jour de la réunion, cette fem­me, non découragée, renouvela humblement, sa demande. Mais en vain. Tous les jeudis c'était la même demande et le même refus régulièrement répétés. Résignée et persévéran­te, la malheureuse s'abstenait d'aller à la réunion et se con­tentait de lire un livre de piété chez elle.

Un jour elle commit le crime d'aller faire cette lecture chez sa voisine en compagnie de quelques autres braves femmes. L'une d'entre elles le raconta et le mari le sut. Il rentre furieux chez lui. « Tu m'as désobéi, dit-il avec co­lère à sa femme ; tu es allée à la réunion, je ne veux plus te voir ! » Et alors, violemment, brutalement, il la chassa de la mai­son.

La pauvre femme eu beau protester, elle fut obligée de des­cendre dans la rue, à peine vêtue et couverte de honte. Elle s'assied, en pleurant, sur le seuil de sa porte, d'où elle entendait encore les éclats de la fureur de son mari.

Ce paroxysme de rage porta ses fruits. Le mari, qui sortait de table quand il s'emporta, se sentit souffrant. La digestion de son dîner avait été dérangée et il était tourmenté par de violents tiraillements d'entrailles. Maintenant, ce ne sont plus les cris de la colère, ce sont les plaintes de la douleur qui frap­pent les oreilles de la pauvre femme toujours assise à la por­te de sa maison.

Alors, timidement, elle rentre dans le corridor, elle pousse la porte de la chambre de son mari et sollicite comme une grâ­ce la permission de le soigner. Cette grâce lui est accordée. Elle le soigna si bien, avec tant de cœur, tant d'abnégation, que son mari revenu à la santé fut vaincu par l'humble dou­ceur de sa femme. Il eut honte de lui-même. Il comprit que cette femme qu'il malmenait, valait beaucoup mieux que lui, et que cette piété, qu'il gênait dans ses besoins, était le principe de sa vertu. Le jeudi d'après, il n'attendit pas que la de­mande hebdomadaire fût renouvelée. Il dit spontanément à sa femme : « Tu peux aller à la réunion. » La femme sortit rayonnante. Un peu plus tard il lui dit : « J'irai de mon côté à l'église. » La femme triompha et le mari devint, non pas seulement un mari tolérant, mais un chrétien sérieux.

Je profiterai de ce fait pour faire observer que cette excellente chrétienne, non seulement a donné une bonne leçon à son mari, mais qu'elle en donne aussi une à beaucoup d'autres femmes et jeunes filles moins patientes qu'elle. Il faut se dire qu'on doit se soumettre a quiconque a autorité sur nous, et que cette soumission, accompagnée de patience et de douceur, triomphera des cœurs les plus durs.

D’un auteur anonyme.

FÊTE DU JOUR: Saint Polycarpe, martyr.

SAINT Polycarpe, évêque de Smyrne, était disciple de saint Jean. Nous avons de lui des lettres qu'il adressa aux Philippiens pour les exhorter à l'affection fraternelle. En 107, la persécution éclata à Smyrne. Lorsque Polycarpe ap­prit que les persécuteurs étaient a la porte de sa maison, il s'écria : « Que la volonté de Dieu soit faite ! » et se remit entre leurs mains, leur demandant seulement d'être laissé seul quelques instants. Il les passa à prier pour l'Église catho­lique répandue dans tout le monde.

On l'amena à Smyrne le Samedi Saint au matin, et, comme il entrait dans la ville, une voix se fit entendre qui disait : « Polycarpe, sois coura­geux ! » A la promesse, que lui fit le proconsul, de la liberté s'il renonçait au Christ, Polycarpe répondit : « II y a quatre-vingt-six ans que je le sers, et il ne m'a jamais fait de mal, comment pourrai-je donc blasphémer mon Sauveur et mon Roi ! » Menacé du feu, le grand évêque prononça ces paroles : « Le feu de la terre ne brûle que quelques instants : mais celui de l'enfer brûle éternellement. » Conduit auprès du bûcher, il remercia Dieu à haute voix de ce qu'il daignait l'associer à l'immolation de Jésus-Christ. Le feu fut allumé, mais ne lui fit aucun mal. On dut lui percer le coeur et les flammes ne con­sumèrent que son cadavre.

Tiré de : Lectures méditées. (1933)

elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0

commentaires