Jésus: « Je fais tout, mais je demande votre petite goutte d'eau, moyennant quoi soyez assurés de la victoire…
Je demande votre acte de foi dans l'aujourd'hui, c'est-à-dire au jour le jour, sans vous préoccuper du lendemain, mais pour toujours. Mettez aveuglément vos pas dans mes pas. Ne faites pas provisions de calculs humains, car ce serait vain. Restez à chaque instant dans la foi totale. La manne chaque jour nourrissait vos pères dans le désert. Je dis aussi dans l'aujourd'hui parce que dans le renouveau de mon action, les jours vous paraîtront comme un jour.
Mais encore, attention : « virilité dans l'exécution ».
Ce mot d'ordre montre que Dieu veut non seulement que nous fassions un acte de foi, mais que nous participions à son action. Il ne veut pas d'amollissement. Il n'aime pas les efféminés. Il en a horreur l'homme qui se fait femme, non seulement dans les mœurs, mais dans l'avachissement de l'âme. Il veut la virilité dans l'exécution contre nous-mêmes d'abord, c'est-à-dire conte nos péchés par un repentir sincère et la résolution ferme de ne plus recommencer (c'est par ce moyen que nous reprendrons courage). Mais il la veut aussi, cette virilité, contre tous ceux qui d'une manière oblique ou directe, profanent son Eucharistie, détournent sa doctrine, asservissent son peuple au démon. Contre tous ceux qui outragent son Amour.
Virilité dans l'exécution, dans les combats présents et à venir. Par la parole, la plume et sans doute, bientôt, le sang et les armes. Ainsi se réalisera « le plus beau fait qui jamais fut accompli en Chrétienté », comme le prophétisait la sainte de la Patrie. (Jour de la fête de sainte Jeanne d'Arc le 13 mai 1973)
« Le Jésus de notre calvaire, dans la sérénité de sa mort... » Et en effet, sur ce fond de combat, dans cette angoisse mêlée de certitude, se détache la paix du Christ. Alors jaillit en notre mémoire un flot qui se bouscule : « Je vous donne ma paix », « Je vous donne ma paix », « Courage, petit troupeau ! », « J'ai vaincu le monde », « La vie a triomphé de la mort », « Mort, où est ta victoire ? », « Satan sait qu'il est déjà vaincu ».
« Le Jésus de notre calvaire (chapelle), dans la sérénité de sa mort, la tête penchée vers les siens, nous dit :
« Ayez confiance... J'ai tout réglé avec la Justice de mon Père ; il suffit que vous ajoutiez dans l'aujourd'hui la pureté de votre foi, la virilité dans l'exécution ».
Un an avant sa mort très exactement, c'est-à-dire en janvier 1971, Claire FERCHAUD adressait à un ami laïc ce mot qui sonne comme une devise et qui nous gonfle d'espérance.
Pourquoi cette courte lettre ? A vrai dire, l'ami dont il s'agit, bien que comprenant que c'était là un bien précieux, n'en réalisa pas toute la portée. Il fit néanmoins passer le message dans son entourage immédiat, mais les intelligences, là encore, restèrent voilées. Ce n'est qu'à partir du décès de Sœur Claire que, peu à peu, et dans tous les cœurs à la fois, le sens en fut perçu.
Dans la chapelle du couvent du Sacré-Cœur, à Loublande, Jésus en Croix domine l'autel. A ses pieds, sur le bois de la Croix : le drapeau du Sacré-Cœur. A gauche, la Très Sainte Vierge Marie , à droite, Saint Jean, l'apôtre que Jésus aimait, reflet du divin Maître, miroir du sacerdoce pur et virginal. L'admirable calvaire se détache sur un ciel où déjà le bleu de la résurrection le dispute au gris enténébré de la mort. Est-ce un ciel d'orage ou de gloire ? On ne sait. Les deux à la fois sans doute. Le cœur est oppressé, mais aussi plein d'espoir. La lutte entre la mort et la vie, entre Satan et Dieu, est gigantesque.
Mais Claire écrit : « Le Jésus de notre calvaire, dans la sérénité de sa mort... » Et en effet, sur ce fond de combat, dans cette angoisse mêlée de certitude, se détache la paix du Christ. Alors jaillit en notre mémoire un flot qui se bouscule : « Je vous donne ma paix », « Courage, petit troupeau ! », « J'ai vaincu le monde », « La vie a triomphé de la mort », « Mort, où est ta victoire ? », « Satan sait qu'il est déjà vaincu ».
Ces paroles répercutées par les apôtres sont donc toujours les mêmes ? Oui. Il n'y a rien de changé depuis l'an 33. Mais voilà qu'il nous semble que la croix du Christ, par sa messagère Claire, s'est faite, dirons-nous, très intime, car aujourd'hui Jésus parle « la tête penchée vers les siens ». Du coup, ce n'est pas au petit troupeau des disciples qu'il lançait à la conquête du monde que Jésus parle, mais — en ces années 1970 — aux siens actuels, au nouveau petit troupeau. Et comme sa parole nous est transmise dans un temps bouleversé, annoncé non seulement par ses saints, mais par sa Mère, c'est encore du Golgotha que Jésus amorce la réalisation certaine, absolue et totale, des promesses de son Sacré-Cœur : « Ayez confiance... j'ai tout réglé avec la Justice de mon Père... »
A suivre
Extrait du LE MOYEN DU SALUT, de Claude Mouton et Henri Guillemain. Diffusion de la Pensée Française.
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