LE SACRE-CŒUR SUR LE DRAPEAU FRANÇAIS
Décédée le 29 janvier 1972, à l'âge de 75 ans, dans son couvent de Loublande (Deux-Sèvres), Claire Ferchaud est appelée désormais à bien plus parler d'elle que durant son vivant. C'est que cette Sainte âme, qui avait eu lors de la guerre 14-18 des « communications » du Sacré-Cœur, avait osé écrire, le 16 mai 1917, aux 14 généraux de l'Etat Major français, une lettre dont la portée nationale et mondiale ne fait aujourd'hui plus de doute. Vu le contexte de la politique internationale et la crise actuelle de l'Eglise elle-même, la vie et la mort de Claire FERCHAUD débordent largement de la Vendée militaire du Poitou et de l'Anjou, pour atteindre une dimension universelle.
Deux mondes sont aujourd'hui confrontés : celui de l'O.N.U., bâti de main d'homme en vue d'un Gouvernement Mondial sans référence à Dieu, et celui des messagères du Sacré-Cœur, qui rappellent, au prix d'un témoignage héroïque, que rien de durable et de vrai ne peut se construire sans le respect des Dix Commandements. Ou Babel ou Dieu : là est la question, là est le choix. C'est un acte de foi que le monde du divin exige.
Tout a donc commencé au nord de Loublande, aux « Rinfillières », une ferme que les époux FERCHAUD exploitaient en l'absence de leurs deux fils aînés partis à la guerre et d'une fille entrée en religion dans la communauté des Sœurs de la Sagesse. Ne restaient au foyer que Joseph, 11 ans, Alice, 17 ans, Claire, 20 ans. C'est cette dernière que le Christ a choisie pour confier ses messages, comme à Sainte Marguerite-Marie et comme à Madame Royer.
Pour se rendre à la messe, Claire empruntait un de ces chemins habituels dans le bocage. A un moment, elle devait franchir un ponceau de bois jeté sur un ruisseau, près d'un chêne. Là, le Sacré-Cœur de Jésus lui apparaît, selon ses propres termes, « brisé par les coups que la France infidèle donne à son cœur », ou encore « broyé par les péchés des hommes ». Elle affirmera aussi qu'une « nouvelle religion tendra peu à peu à se substituer à l'ancienne au point d'en avoir toutes les apparences ».
Or, nous sommes en pleine guerre. Le pays est saigné à blanc. Ce qui préoccupe alors les Français, c'est la fin du conflit et non pas encore le problème religieux. Cependant, pour Claire, il est visible que les deux sont liés.
Un article du journaliste Paul COURCOURAL, dans « Le Nouvelliste de Bordeaux », attire l'attention sur ces faits surnaturels : «Nul ne te sait, écrit-il, sinon quelques prêtres et, parmi eux, l'abbé AUDEBERT Pasteur de Loublande ».
Pourtant, dès la fin de 1916, l'évêque de Poitiers, Mgr HUMBRECHT, est mis au courant. La Hiérarchie demeure très prudente, cependant une commission spéciale est nommée « pour interroger cette jeune fille sur les faveurs surnaturelles dont elle aurait été l'objet » (sic). Parallèlement, les « faits » tombent dans le domaine public ; incrédules et croyants commencent à s'affronter. Beaucoup s'interrogent. « L'Évêché permet l'exposition et la vénération d'une image nouvelle du Sacré-Cœur de Jésus, image figurant l'Homme Dieu tel qu'il se serait maintes fois révélé à Claire FERCHAUD » (Émile Marsac, le 7 juin 1918). L'auteur rapporte que c'est le 4 février 1917 que cette image est placée dans l'église de Loublande. Les pèlerins affluent. Risquant d'être victime de l'adulation populaire et ne voulant certainement pas que le véritable objet de sa mission fût détourné au profit de sa propre personne, Claire se cache.
Mais une autre « bombe » éclate. Une autre bombe spirituelle. «Pour obéir à Dieu », le 6 mai 1917, Claire Ferchaud adresse aux généraux en guerre la lettre suivante où le Gouvernement est accusé d'impiété et de trahison, ce qui provoque une censure rigoureuse (les mots entre parenthèses sont ceux qui ont été censurés) :
LA « LETTRE AUX GÉNÉRAUX »
« Mon Général,
C'est pour obéir à Dieu que j'ai l'honneur de faire connaître Sa volonté à tous les généraux de France. Nôtre Seigneur, qui aime tant les Francs, leur demande d'accomplir un acte de foi vis-à-vis de sa Royauté Divine et de réclamer près du Chef de l'État que l'image du Sacré-Cœur, signe d'espérance et de salut, brille officiellement sur nos couleurs nationales.
« En récompense de cet hommage rendu à Dieu par ses vaillants défenseurs, le Sacré-Cœur leur promet le salut et la victoire sur tous ses ennemis. C'est aussi pour éviter une catastrophe que Dieu fait avertir nos généraux de la perte que risque notre beau pays de France qui est conduit par un (gouvernement) impie et dont la (Franc-maçonnerie) dirige la France à sa perte par d'affreuses trahisons. Qu'on me permette d'exposer l'avertissement que Nôtre Seigneur, dans sa bonté, fait connaître à tous les bons Français.
« Le Sacré-Cœur de Jésus m'apparaît brisé par les coups que la France infidèle donne à son cœur. Un jour, Il se plaignait vivement, me disant: «La France me tue. Malheur à ceux qui ne se convertiront pas.» Plus tard, je revois Nôtre Seigneur pleurant sur la France ; sa voix devient grave. Il parle fort et dit : « Le peuple de France est à deux doigts de sa perte, le traître vit au cœur de la France. C'est la Franc-maçonnerie) qui, pour obtenir la perte éternelle de ce pays, d'accord avec l'Allemagne, a engendré cette guerre. Les trahisons se poursuivent, et si quelqu'un pouvait pénétrer dans l'intérieur de plusieurs Cabinets, il en découvrirait les pièges. Sans moi, la France serait perdue ; mais mon amour, qui veut la vie de cette France, arrête le fil électrique qui communique le secret de la France à l'ennemi. La (Franc-maçonnerie) sera vaincue, de terribles châtiments fondront sur elle ; mais je demande aux braves petits soldats de France, jusqu'aux généraux qui sont aux Armées, de déployer le drapeau du Sacré-Cœur malgré (les défenses formelles qu'on fera autour d'eux), et que tous, Généraux, Officiers, et simples soldats, aillent de l'avant : je leur promets la victoire. La secte (maçonnique) et le (gouvernement) actuel seront châtiés, on découvrira tous leurs engins, et plusieurs seront mis à mort ». Après cette déclaration, Nôtre Seigneur rayonne d'un vif éclat de joie et Il me dit : « Oh ! La France, comme elle sera belle un jour ; non Satan aura beau faire, jamais la France ne lui appartiendra ».
Une humble fille dévouée à son Dieu et à sa Patrie,
Claire de Jésus Crucifié.
A suivre
Extrait du LE MOYEN DU SALUT, de Claude Mouton et Henri Guillemain. Diffusion de la Pensée Française.
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