Cette Messe dite de Paul VI, mais qui n'est pas de Paul VI, cette Messe d'origine Lutherano-Taizéenne, que les Pasteurs Protestants affirment pouvoir dire dans leur Cène, est-elle valide, dite par un Prêtre Catholique ? Voilà un problème angoissant. Des fidèles font des centaines de kilomètres, chaque dimanche, pour avoir la vraie Messe Catholique, fixée par l'Ordo Missae de Saint Pie V. La nouvelle Messe est-elle valide ? La question est complexe. Je fais mienne la solution du Théologien du «Courrier de Rome» du 15 octobre 1973.
« Normalement, la célébration selon le nouveau rite est valide. Car de même que Paul VI, en instituant le nouveau rite, n'a nullement expressément renié le caractère de véritable Sacrifice de la Messe, ni positivement contesté — et encore moins récusé — l'authentique Consécration Transsubstantiation du Pain et du Vin au Corps et au Sang du Christ, ainsi les prêtres qui l'ont adopté dans l'obéissance n'entendaient nullement rompre avec les définitions formelles du Concile de Trente...»
J'avoue que, pour ma part, c'est ce que j'ai fait d'enthousiasme et de bonne foi, au début.
Mais en voyant tant d'abus, de profanations !... En considérant ces abus de traductions ou autres allant jusqu'au sacrilège... contre lesquels on ne réagit pas !... j'ai reconnu l'arbre à ses fruits et je suis revenu en arrière.
Ici je n'objecte pas ces sacrilèges, devenus hélas ! Si graves et si nombreux qu'on ne les compte plus. Je pose la question du «Pourquoi ?»
Pourquoi ces prêtres, ces laïcs en arrivent à de pareils actes, qui autrefois auraient soulevé tout un diocèse, toute une région, pour faire un acte de réparation ? Pourquoi, aujourd'hui, en face de ces sacrilèges, on ne rencontre plus de réaction ? Je pense que peu à peu, à force de faire des gestes protestants, on endosse une mentalité hérétique. On en arrive à une mentalité sans la Foi I Les Prêtres, à force de supprimer les gestes de la Foi, à force de se contenter de paroles qui omettent de rappeler la réalité du Sacrifice offert sur l'Autel, finissent peu à peu par perdre la Foi. Ces Fidèles qui communient dans la main et debout, souvent sans purifier leur conscience, avec des livres de prière qui ne parlent que d'assemblée, de repas et de mémorial de Cène, deviennent plus ou moins protestants sans trop s'inquiéter. De pIus, ces concélébrations permises pour des cas exceptionnels par le Concile, mais généralisées, diminuent considérablement le nombre de Sacrifices offerts et le nombre de Messes. Sans parler de la diminution de ferveur des CON célébrants. Dieu est-il honoré autant ? Le péché autant réparé ? Les grâces obtenues ? Comme si chacun célébrait ? On peut en douter.
Toutefois, revenons à la validité de la nouvelle Messe.
Oui, si elle est dite par un Prêtre validement ordonné et qui prononce les paroles de la Consécration en ayant l'intention de consacrer. II y a le minimum pour que la Consécration, la Transsubstantiation du pain et du vin au Corps et au Sang du Christ soient opérés. Le nœud de la question sur la Messe est là : Y a-t-il vraie Consécration ou non ? S'il n'y a pas de vraie Transsubstantiation du pain et du vin au Corps et au Sang du Christ, il ne peut y avoir Messe. Mais s'il s'agit ici d'un Pasteur qui n'est pas un Prêtre, ou d'un prêtre qui n'entend pas consacrer réellement le Pain et le Vin, ou ne prononce pas les paroles requises pour la Consécration, ces Messes-là sont invalides.
Il peut être difficile souvent de s'en rendre compte. Mais si l'on sait pertinemment que le Prêtre n'a pas l'intention de consacrer ou modifie les paroles de la Consécration, cette Messe est certainement invalide, et dans ce cas-là, on ne doit pas assister à cette Messe. Il faudra alors chercher une Messe vraiment catholique. Et si, malgré nos efforts, au prix même de sacrifices, nous n'en trouvons pas, il vaut mieux ne pas assister à la Messe ce jour-là plutôt que d'assister à une parodie de Messe qui n'est certainement pas catholique. Ce jour-là, on remplacera la Messe par quelques exercices de piété et une communion spirituelle.
Avec les vieux prêtres qui ont la Foi, il y a plus de chance qu'ils célèbrent convenablement. Mais avec des jeunes qui n'auraient pas la Foi en la Transsubstantiation, ou croient que l'Église n'a pas l'intention de Consacrer, on peut craindre davantage que ces Messes ne soient pas valides. Il faudrait alors se renseigner auprès du Prêtre lui-même.
«L'absence ou la disparition chez un Prêtre de toute foi en une Consécration du pain et du vin à l'authentique Présence Réelle et Sacramentelle du Corps et du Sang du Seigneur, rend la Messe Sacrilège et indubitablement invalide ! » (Courrier de Rome N° 123). Hélas ! Plus on va, plus ces cas se renouvellent.
Si l'on vient de voir en France cette chose douloureuse qui ne s'était plus vue depuis le siècle de la Réforme, qu'un Archevêque donne subitement sa démission, officiellement pour raison de santé. En fait, tout le monde sait qu'il avait perdu la Foi en la Présence Réelle. Un autre Évêque français disait récemment en montrant un Tabernacle : « Vous croyez, que Notre Soigneur est là ? Moi aussi je le crois, mais pas comme vous.»
On ne compte plus les prédicateurs qui disent en pleine cathédrale que Notre Seigneur n'est là que d'une présence spirituelle. Si récemment un Doyen de Faculté de Théologie Catholique disait : « Quand vous entendez jouer du Wagner, eh bien Wagner est en quelque sorte présent au milieu de vous. Ainsi en est-il de la présence du Christ dans l'Eucharistie...» Etc. Et je pourrais continuer à citer des exemples... Ne me dites pas que le danger d'hérésie que je signale est hypothétique.
Les Luthérano-Taizéens ont déjà fait un mal immense... et personne ne crie : Au feu ! Au feu !...
A suivre
Cette série d’articles est tiré de :
La Messe Catholique est-elle encore permise ?
Auteur: L.M. Barrielle C.P.C.R.-V. (6 Janvier 1974)
elogofioupiou.over-blog.com