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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 19:32

 

 

Jeunes filles, c'est principalement à vous que s'adresse cette lecture. Les mains de vos frères, encore sur les bancs du collège ou dans les écoles spéciales, saisiront bientôt le fusil et l'épée : entre vos mains, la Providence a placé aussi des armes, mais qui sont moins meurtrières.  Il y a d'abord les armes spirituelles, dont je nommerai ici les deux principales : le chapelet et le scapulaire. Le chapelet, c'est l'arme de poche. Vous savez combien le revolver est maintenant à la mode : on a souvent affaire à des ennemis hypocrites, on est exposé à de mauvaises rencontres ; le re­volver, pour certaines personnes et spécialement pour les voy­ageurs, est un précieux auxiliaire.

L'Enfant de Marie doit avoir aussi son petit revolver, cette arme mignonne, commode, qui ne pèse pas, qui tient peu de place, qui demande peu d'art à manier, avec laquelle la moins adroite vise toujours juste : c'est son chapelet.

Ah! Que de fois, lorsqu’on promène ses ennuis par monts et par vaux, ou même encore dans la solitude de sa chambrette, on se trouve aux prises avec ce maudit assassin qui vous crie furieusement : Votre trésor !... Le trésor, c'est l'innocence, c'est ce joyau de la pureté, mille fois préférable à tous les biens de la terre. Que ferons-nous, chère enfant, devant cette ter­rible injonction ?

Allons-nous consentir à ce que nous propose le tentateur ? Allons-nous trahir Jésus, notre bien-aimé Sauveur, et Marie, notre bonne Mère ?

Vous ne le voudriez pas, assurément. Mais alors il faut lut­ter, car le démon vous presse, vous harcèle et livre à votre âme un formidable assaut. Vite, le chapelet !  Lancez dans la direction du ciel vos tout-puissants Ave Maria et l'ennemi prendra la fuite.

Seconde arme de la jeune chrétienne : le scapulaire. C'est son bouclier, sa cuirasse.

Oh ! Elle est solide, cette cuirasse ! Elle est à l'épreuve, non seulement de la balle, mais même du canon. Le ministre de la guerre n'a rien à voir dans cette armure ; mais l'Église en tient particulièrement le dépôt dans ses arsenaux. Un si grand nombre de ses enfants ont dû leur salut à cette arme protectrice !

Nous ne vous demandons pas si vous portez le scapulaire ou la médaille qui le remplace ; la chose n'est pas douteuse ; mais vénérez-le comme il le mérite ; matin et soir, baisez-le avec amour.

Dans les dangers auxquels votre âme se trouve exposée, en face de ces fantômes séducteurs que le démon présente à votre imagination, rappelez-vous que l'image de Marie repose sur votre poitrine et promettez à votre Mère de lui rester fidèle. Jamais, sous aucun prétexte, ne consentez à vous sé­parer de votre cher scapulaire.

 

Après les armes spirituelles, il y a celles de la vie privée. Voici les principales d'après un auteur de notre temps.          

La première arme dont une jeune fille peut utilement se servir, c'est la plume. Sans elle, vous lutteriez plus difficilement contre l'oisiveté, ce dangereux ennemi de l'innocence. Usez de la plume pour noter les bonnes pensées qui vous viennent ou que vous lisez dans les livres. Maniez volontiers la plume, pourvu que ce soit avec pureté d'intention, pour la gloire de Dieu et le désir d'acquérir une utile formation.

Sur le même rang que la plume, ou même plus haut encore, il faut mettre l'aiguille. Oh ! Devenez habiles à faire courir cette mignonne aiguille, symbole de l'activité ! II faut l'esti­mer, ce petit instrument, moins pour les gracieuses broderies qui naissent sous vos doigts, grâce a lui, que parce qu'il em­bellit bien des vies de jeunes filles et les empêche de se dé­coudre.

L'aiguille enseigne l'amour du travail et l'humilité. Une jeune fille qui aime l'aiguille ne devient pas une jeune fille boudeuse et ennuyée ; la vierge dont les yeux restent baissés sur sa couture prend l'habitude de la modestie.

J'hésite à nommer la troisième arme, que l'importance de l'ordre  et  de  la  propreté  rend   indispensable   à   la  jeune fille, le balai.

Ah ! Oui, ne faites pas la grimace ! Jeunes chrétiennes, nous se devons pas craindre de nous déshonorer en tenant le balai, |e plumeau entre les mains. En vérité, une faute d'orthographe n'est-elle pas plus excusable que du désordre, de la malpropreté dans vos appartements, de la poussière sur vos meubles, etc. ?

A ces armes, je voudrais ajouter le fuseau, symbole de l'assiduité au foyer de la famille. Qu'elle est touchante cette image de la « Mère admirable » filant la quenouille pour subvenir aux besoins de son Fils I Si le fuseau n'est plus de noire âge, conservons du moins les vertus dont il est l'emblème. Ne soyons pas de ces jeunes filles légères qu'un obscur travail exaspère et qui aiment à courir dans le monde : notre place est auprès de la famille.

Chères Lectrices, passez de temps en temps la revue de vo­te petit arsenal et veillez à ce que les armes qui le composent ne se rouillent pas !... Mais surtout rendez-vous bien compte que vous possédez et utilisez toujours les armes spirituelles recommandées dans la sainte Écriture et chéries des saints de tous les siècles : une foi vive, une charité active et sincère, une vigilance  de tous les instants.  Aimez  à recourir au bon Dieu lorsque le démon veut vous livrer un de ses assauts ; ne négligez jamais la méditation, la fréquentation des I sacrements : voilà ce qui fait les vaillantes, ce qui leur assure lia victoire ici-bas, la palme du triomphe au ciel ! 

 

Tiré de : Lectures méditées.    (1933)  (87-1)

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

 

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