Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 19:32

 


Et cependant, avant de terminer, je suis forcé de découvrir quelque chose de plus horrible encore. Combien de pauvres enfants se mettent à genoux aux pieds de leur père pour en obtenir la permission de se retirer dans un cloître, comme dans un sûr asile, afin de sauver leur âme ?

Et le père, non con­tent de leur opposer un refus net, a recours aux plus étranges procédés, aux plaisanteries, aux railleries, aux reproches, pour traverser leurs desseins et les priver d'un si grand bien. Ah ! Pères cruels, si vous vous trouviez l'un ou l'autre dans une chambre en ruine, envahie par les flammes, avec un de vos enfants à vos côtés, qui vous conjurât en pleurant de le laisser sortir pour échapper à l'incendie, seriez-vous assez inhumain pour l'en empêcher et aimer mieux le voir brûler vif au milieu des flammes ?

Or ce monde n'est-il pas un volcan en éruption ? Ne voyons-nous pas sa lave dévorante envahir les mar­chés, les places publiques, les magasins, les usines, les théâtres, les tribunaux, les villes et les campa­gnes ? Il faudrait être comme la salamandre pour ne pas brûler au milieu des flammes de tant de convoi­tises criminelles. Or que font ces pères qui empê­chent leurs enfants de fuir au fond de quelque cou­vent ? Saint Bernard se charge de vous le dire : « Ils aiment mieux voir leurs enfants périr avec eux que régner sans eux » ; ils préfèrent leur ruine éternelle à leur éternelle sûreté.

 

Que fait, d'autre part, cette mère qui ayant une fille moins avantageusement douée des dons de la nature, l'envoie par force au couvent, et l'y ren­ferme sans craindre ni les excommunications, ni les malédictions de Dieu ?

 

Et si la pauvre enfant résiste, la mère s'impatiente et blasphème. Il faut qu'elle y passe, elle n'a pas le droit de gâter la dot de sa sœur qui est la chérie, pour laquelle on dépense tant d'heures dans la journée, avec le désir impatient, inné, de la produire dans le monde, gracieuse et séduisante, et à qui on n'a pas honte d'enseigner la voie de l'iniquité, en lui disant qu'il faut faire bon accueil à tout le monde, et ne pas se montrer fière ou timide, parce qu'autrement elle ne trouverait per­sonne qui la recherchât. Dira-t-on qu'une mère pareille aime sa fille ?

 

Et si elle en venait jusqu'à trafiquer de l'honneur et de la vertu de sa fille, soit par intérêt dans le but de lui procurer une mise plus éclatante, soit par envie de la placer plus avantageusement ? Ah ! C’est là quelque chose de si révoltant que je n'ai pas le courage d'en parler ici. Je rappel­lerai seulement la sentence formidable que Nôtre Seigneur a fulminée, en déclarant que pour celui qui scandalise une créature innocente, il vaudrait mieux pour lui qu'il fût jeté à la mer avec une meule au cou.

 

Quelle sentence ne mériteront-ils donc pas ces parents qui scandalisent leurs propres enfants, et les arrachent des bras de Dieu pour les précipiter de force en enfer ? Je dis qu'ils méritent d'être jetés à la mer, non avec une meule, mais avec, une monta­gne au cou ; oui, avec une montagne, afin qu'ils apprennent à leurs dépens que la perte des enfants est une cause de damnation éternelle pour les parents, comme je le démontrerai dans la seconde partie. Reposons-nous.

 

 

(A suivre)

 

Tiré de : De l’Éducation des enfants,  œuvre de Saint LÉONARD de Port Maurice. 

Disponible « Les Guillots» Villegenon 18260  Vailly-s/-Sauldre.

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

29 

Partager cet article
Repost0

commentaires