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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 09:30

Jésus est par excellence celui qui a aimé en souffrant. Après avoir épuisé le contenu dou­loureux d'un cœur d'homme, il a voulu que la lance nous ouvrît ce cœur uni à la Divinité, pour que le fond infini nous apparût, après les mani­festations finies de sa tendresse.

 

Catherine de Sienne ne peut se lasser de ru­miner ce thème : l'amour, le sang, l'homme et Dieu formant un mélange où l'âme se perd de confusion et d'extase. « La douleur fut faite divine, dit-elle, quand le sang du Fils unique fut pétri et comme mêlé avec la nature divine par le feu de la divine charité, qui fut le lien qui le tint attaché et cloué à la croix. »

 

Oh! La croix! La croix chargée d'amour, ruis­selante du sang glorieux et inondée de lumière céleste, quel talisman des douleurs, et quel appui pour les forces humaines qui déclinent! Quelle gloire pour notre humanité! La petite terre est plus grande que tous les astres, si en elle seule a été planté ce que Paul Claudel appelle « l'Eden de la croix », si sur elle seule se dressent l'hostie et le calice, où l'amour et le sang chantent encore et toujours la Divinité.

 

Anatole France écrivait : « La terre n'est qu'un grain de sable dans le désert infini des mondes, mais si on ne souffre que sur la terre, elle est plus grande que tout le reste du monde. » C'est vrai. Ce n'est vrai cependant que par la croix; car cela seul est grand que Dieu estime et que Dieu aime, et Dieu n'aime les corps souffrants, les âmes douloureuses, les familles en deuil ou les patries qui saignent qu'à travers son Église, à travers la Sainte Famille, à travers l'âme et le corps du Premier-né humain.

 

Rien ne vaut, en la souffrance, que ce qu'elle a de divin dans sa source, dans ses motifs, dans son inspiration chrétienne, dans sa fin. C'est la leçon de tout homme éprouvé, alors qu'il serait tenté d'orgueil stoïque, ou surtout de découra­gement et de rancœur.

 

Quand vous souffrez, faites  une croix; ap­prochez, plutôt, la croix du Christ, la croix fra­ternelle.   Couchez-y   pieusement   vos   membres; reposez là votre cœur, ou votre esprit troublé, ou votre conscience inquiète.

 

Tenez-vous proche du cœur divin aux indicibles battements. Prenez le rythme. Écoutez le commentaire et la sublime suggestion qui apaise :   « Mon Père, je remets mon esprit entre tes mains. » Il dit cela pour la mort;  dites-le aussi pour la vie.  Je te remets mon esprit, Père. A toi le jugement; à toi le gou­vernement;  à moi la  soumission  confiante.  Je ne comprends pas : je n'ai pas besoin de com­prendre; mon cœur soupçonne et cela me suffit. Tu aimes : je me livre à l'amour. Tu es le maître de l'œuvre;  je  suis l'ouvrier, l'imagier  qui sculpte, et aussi la pierre qu'on sculpte. Je col­labore par mon seul consentement. Je sais! Il s'agit de m'établir    « en la forme de Dieu »; j'accepte les conditions, la morsure de l'outil, le choc du marteau, et je goûte par avance la beauté heureuse. Amen.

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

Dernière de cette série.  Avez-vous aimé ?

 

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 01:04

S'il n'y avait pas l'amour, nous aurions de fortes raisons de croire notre univers abandonné au hasard, tout au moins quant aux satisfactions ou à l'aide qu'il nous apporte. La douleur, scan­dale des philosophies et des âmes, n'a que ce seul antidote. Mais avec lui en Dieu, avec lui en nous, tout se transforme.

 

Dieu aime. Sa création est une œuvre d'amour. Au sommet de la création, l'homme est invité à porter ses regards vers les fines créatrices, à les juger en leur honte exaltante et à aimer en retour. La chaîne est formée; le courant passe; dans ce jeu d'effluves montants et descendants, quelle place pour la douleur révoltée ou cha­grine ?

 

La douleur, comme la joie, est une collabo­ration. L'une et l'autre s'égalent. L'une appelle l'autre ainsi qu'un écho. « Je surabonde de joie au milieu de mes tribulations », écrivait Paul. Il est joyeux, parce que sa vie, elle aussi, « sura­bonde », parce que le travail où il s'exténue est un grand œuvre d'édification, c'est-à-dire de construction spirituelle dans l'amour, et que ses tribulations apparaissent à son esprit de foi comme l'élément principal de la tâche.

 

Agir, pâtir, prouvent tous deux l'amour, mais combien plus sûrement pâtir! Agir répond à nos instincts; souffrir les opprime: travaillant contre soi, on est plus sûr de servir purement.

 

« Dans la voie de l'amour, dit le poète persan, la souffrance est une joie, la douleur un soutien. Que le cœur désireux de guérir soit blessé da­vantage ». Novalis écrivait : « Lorsqu'on fuit la douleur,  c'est qu'on ne veut plus aimer.» Et sainte Catherine de Sienne, parlant d'elle-même, disait : « Elle se délecte dans ses peines, et la mesure de ses peines est la mesure de sa joie. »

 

Il est vrai que les parfaits seuls sont à la hauteur de tels jugements et surtout de passions si sur­humaines. Il y a là du héros. Mais le vrai sens de la vie, avons-nous dû reconnaître, c'est le héros qui le conçoit. Pour nous, faibles cœurs, la souffrance par amour est une douceur qui nous épouvante, comme ces rosés qu'un homme des glaces n'osait toucher, de peur de se brûler les doigts. Que notre amour s'accroisse, il trouvera sa loi, comme l'ont trouvée les êtres sublimes. Il estimera toute simple l'exclamation de Thérèse d'Avila : « Ou souffrir, ou mourir »; ou bien servir l'Amour, ou bien le rejoindre. Bien mieux, consentir à ne jamais le rejoindre, afin de le mieux servir : « Toujours souffrir et ne jamais mourir. »

 

Que l'humble chrétien étranger à ces outrances cornéliennes sache du moins ceci : la douleur trouve dans la pensée et dans l'amour de Dieu des compensations merveilleuses. Des tristes sentiers de ce monde, l’amour sait faire une route inondée de soleil.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 10:12

Maintenant je vais mentionner des prophéties de Saint Jean de Bosco, qui portent sur le retour de Paul VI et correspondent bien à ce qu'ont décrit les exorcismes suisses.

 

Le 5 janvier 1870, Saint Jean de Bosco eut une vision prophétique sur la fin des temps, et il en informa Pie IX. Le message contenait une mise en garde à l'égard du pape, mais comme nous l'avons vu dans le cas du secret de la Salette, s'il ne s'était adressé qu'à Pie IX, le message

n'aurait pas constitué une véritable prophétie. Pie IX n'était donc qu'une figure du pape de la fin des temps, fin des temps qui a été pour ainsi dire repoussée à notre siècle du fait de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception.

 

Or, voici ce que disait Saint Jean de Bosco :

« Lors de sa deuxième visite de la grande prostituée de Babylone, les fidèles endeuillés appelleront. La maison de prostitution Européenne qui a perdu son chef est en proie au chaos. »   (Note : Dans la Bible, l'idolâtrie des juifs est métaphoriquement comparée à une prostitution.)

 

La prostituée de Babylone désigne bien évidemment la Rome moderniste, ce qui démontre que cette prophétie s'applique à notre époque. De surcroît, il est dit : « qui a perdu son chef », et l'on comprend bien ici qu'il ne s'agit pas d'une vacance, vous allez voir pourquoi. Plus loin il est question du Palais en flammes et du retour du « Vénérable vieil homme de Rome » ; or les exorcismes nous ont justement appris que lors du retour de Paul VI, le Vatican serait en flammes. Le vieil homme est bien le pape, car Saint Jean de Bosco dit dans la suite du message « votre Souverain », avec un grand « S », ce qui démontre qu'il ne s'agit pas d'un simple chef temporel. En outre, il dit « Rome ingrate, Rome efféminée, Rome superbe ! », expressions qui démontrent là encore que l'époque concernée est la nôtre : la Rome efféminée est celle des rencontres inter-religieuses d'Assise, qui pratique l'impureté spirituelle.

 

Ensuite, le vieil homme est décrit ainsi : « Maintenant il est vieux, épuisé, sans défense, dépouillé ; et pourtant avec sa parole enchaînée il fait trembler le monde. »

 

C'est mot pour mot ce qu'ont décrit les exorcismes suisses :

 

« Ce sera une mission très dure pour lui, quand il devra d'abord se montrer, faible, vieux et misérable humainement, comme il est. Il est si frêle. Ce sera pourtant une apparition religieuse très triomphale, glorieuse pourtant, de votre Chef là-bas à Rome, quand les flammes brûleront et déjà jailliront en léchant les fenêtres du Vatican, suis-je contraint de dire (...). Tout l'Enfer désire ne pas accorder à Paul VI ce triomphe, ce triomphe de devoir prochainement réapparaître à Rome quand le Vatican brûlera. Il sera là-bas.

 

Il sera alors là-bas. Il dira ce que le Très-Haut lui ordonnera de dire. Il dira cela d'une voix telle que c'est encore permis à un vieillard, pour se faire entendre de la foule, et des prêtres, des cardinaux et même des mauvais et des francs-maçons. Ils se mettront à trembler aux paroles d'un vieillard frêle qu'ils auraient préféré mort, mais qu'ils n'ont pas pu tuer. Ces paroles du vrai Pape Paul VI qui vit réellement et qui doit dire au monde ce qu'est la vérité, ce qu'est et doit être clairement et inviolablement l’Église véritable, qui se relèvera ainsi à la vue des mauvais et des bons. En présence du Vatican en flammes, ceci apparaîtra comme le symbole des flammes du Jugement final où le Très-Haut apparaîtra sous le signe de la Croix pour séparer les bons des mauvais. »                EXORCISME DU 15 JANVIER 1985 

 

Ainsi, tous les éléments de la prophétie de Saint Jean de Bosco sont présents : le Vatican en flammes, le vieillard, ce Pape déchu qui revient à Rome ; et cette image de la voix qui fait trembler le monde.

 

Ce passage en particulier est le parallèle exact des exorcismes, citons- le à nouveau. St Jean de Bosco dit : « Maintenant il est vieux, épuisé, sans défense, dépouillé ; et pourtant avec sa parole enchaînée il fait trembler le monde entier. » Les exorcismes disent : « il devra d'abord se montrer, faible, vieux et misérable humainement (...). Ils se mettront à trembler aux paroles d'un vieillard frêle. »

 

Poursuivons l'explication de la prophétie. Elle précise quant à la Sainte

Vierge, qui représente l'Église : « le vénérable vieil homme avec tous ses anciens vêtements lui appartient. » Ce qui fait écho à la prophétie de Marie-Julie Jahenny, qui elle aussi a évoqué ce vieillard : « Au …

 

Extrait de : La Survie de Paul VI et le Secret de Fatima, de Jean Baptiste André

 

 http://justina.media.gloria.tv/a/fm/mediafile-582957-1.pdf?sum=nQU2DElWrzkQeQoJrT6uLA&due=1396540445&download=1

 

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 08:44

Il y a une technique de l'action; il y a aussi une technique de la douleur.  L'essentiel, pour le chrétien, est de penser haut, cela revient   à oublier de penser à soi, à son cas, à sa plainte éventuelle et à sa peine.

 

Quand j'ai mal, j'appelle Dieu, et je pars avec lui bien loin de la douleur. Briser la chaîne du temps et fuir vers l’immobile; fixer son cœur là où règne l'éternelle sérénité, là où est notre place et où tend, d'un timide ou vaste essor, ce coup d'aile en nous qui s'appelle l'espérance, n'est-ce pas en finir avec les agitations et les rancœurs, avec les grossissements prétentieux que la souf­france, comme l'orgueil, suggère, avec les révoltes et les désespoirs, avec les dépressions et les en­gourdissements tristes? Si c'est fait, nous sommes dans la vérité de la douleur chrétienne, qui est passivité active et soumission dans la magnani­mité. Telle est la patience.

 

Chateaubriand écrivait : « Au jour de la mort, il nous sera fort indif­férent d'avoir été heureux ou malheureux ». Le jour de la mort ne fait qu'apporter ici une lumière plus vive; ce qu'il fait voir est vrai dès maintenant. Qu'importe le lieu de passage? Les causes de nos douleurs ne sont pas éternelles; elles passent, et nous restons. Que si nous avons tant de peine à noyer le sen­timent de nos tristesses dans celui de notre immortalité, ne serait-ce point que nous doutons, pratiquement, d'être des immortels? Mais alors, la vie est bien peu de chose, et peu importe qu'on la passe à rire ou à pleurer.

 

« Souffrir est une courte souffrance; avoir souffert est une longue joie. » (Le bienheureux Henri Suso.) Au coeur de la douleur même, cette joie se goûte du fait qu'elle s'annonce, du fait que l'amour est là, et que d'ailleurs, dans le pire état, tempéré de la paix chrétienne, bien des choses nous restent.

 

Le grand Willy écrivait : « Le pire n'est pas, aussi longtemps que nous pouvons dire : Voilà le pire ». Hamlet félicitait Horatio d'être « un homme qui en sachant tout souffrir se rend libre à l'égard de toute souffrance ».

 

La providence nous sou­tient contre ses propres chocs; elle nous rend en équivalents supérieurs tout ce qu'elle nous dérobe; elle nous laisse ce qu'une âme haute, place toujours bien au-dessus de ses épreuves : la grandeur de la vie et la beauté du monde. Même dans un buisson d'épines, on peut rester sensible au chant des oiseaux et à la douceur du ciel.

 

On entend bien que je parle ainsi au figuré; le « buisson » est légion,  les oiseaux et le ciel sont nombreux comme la vie elle-même. Toute­fois, l'univers a ici sa part.

 

Quand nous souffrons, nous accusons l'indif­férence des choses; nous voudrions que la nature suspendît son sublime travail; mais la nature est comme nous, elle a sa tâche et ne peut s'attarder à nous consoler. Son travail ne vaut-il pas mieux pour nous que sa plainte ?

 

Quand nous souffrons, l'univers continu à être beau, utile et artisan d'une œuvre éternelle. Il est au point de vue où nous devrions être nous-mêmes : celui des abou­tissements, auprès desquels nos souffrances ne comptent plus.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 09:04

La survie de Paul VI prédite à la Salette - Éric Faure - La survie de Paul VI et son retour à Rome.  Oui Paul VI est toujours vivant en 2014.

http://prophetiesaintmalachie.over-blog.com/2014/03/la-survie-de-paul-vi-predite-a-la-salette-eric-faure.html

 

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 08:51

Cette forme spéciale de souffrance mérite peut-être une considération à part. Elle est sou­vent méconnue. On y voit ce qu'elle est en effet, un affaiblissement; on y voit moins les puissances de recueillement, de détachement, d'élargissement, d'épuration et de reprise de vie qu'elle recèle.

 

Les théologiens et les mystiques n'acceptent pas l'idée que le Christ ait pu être malade. La maladie est trop proche du péché. Elle résulte de mauvaises dispositions organiques, d'acci­dents, d'imprudences. Or le Christ fut homme parfait; dans sa vie, rien d'accidentel; dans sa conduite, rien d'imprudent et de soustrait à la divine sagesse. Mais il ne s'ensuit aucunement que la maladie ne nous apparente pas au Christ et ne nous invite point à partager avec lui ce fardeau. De lui à nous, il reste ceci qu'il a pris librement sur lui les maux humains qui conve­naient à sa condition et à sa mission terrestre, et qu'ainsi nous devons faire. La maladie s'y prête à l'égal de toute autre douleur. Le lit du malade est aussi une croix, parfois combien rude! Toutes les vertus de la croix peuvent donc y être cueillis. Dans le malaise corporel peut se cacher une vigueur secrète, à l'encontre de tant de faiblesses que nous aimerions décorer du nom de vigueur.

 

La maladie élimine de la conscience les vanités coutumières ; elle ne laisse percevoir du courant de vie que les pentes essentielles. On se croit réduit à l'état d'horloge solitaire marquant péni­blement des heures inutiles : on est en train, au rebours, de retrancher l'inutile, si la pensée discerne et accepte, en ses moments de clarté alors si fréquents, le triage qu'exigé de nous l'art de vivre.

 

Au surplus, l'élimination n'est ici qu'un moyen de croissance et d'acquisition. En se dégageant du temps, c'est à l'éternité qu'on accède. « Le malade passe moins que les autres », écrit Paul Claudel.

 

Là où d'autres se précipitent tête baissée, tête enveloppée, sans plus rien voir que sous l'angle aigu de leur étroite action, voire de leur folle dissipation, le malade chrétien pressent l'immensité qui l'invite.

 

Sa maladie lui est une prophétie; elle lui révèle la précarité de ce qui nous amuse et lui annonce ce pour quoi nous sommes faits.

 

Un coup de cloche ; un cran d'arrêt ; le déclenchement d'un avertisseur ; un doigt levé ; une rupture du déterminisme mental; un anti­dote des poisons de la vie; un affaiblissement de l'homme au profit du surhomme; un martèlement du héros ; une puissante impuissance que la Force universelle anime par le dedans; bref, un chan­gement de climat spirituel favorable aux révi­sions, aux reprises, par suite au progrès, peut-être à un salut gravement compromis : telle est la maladie au regard de la pensée chrétienne.

 

Un grand médecin y voit une tendance à la créa­tion d'un ordre nouveau. Transportez cette pensée de l'ordre physiologique à l'ordre mental, à l'ordre religieux, à l'ordre mystique, vous aurez exprimé son prix et sa grandeur.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 02:18

 

Anatole France racontait en conversation le fait suivant. Le chirurgien Félisé, durant la guerre de 1870, manqua un jour de chloroforme. Il en restait seulement une toute petite dose. Il décida de l'employer pour un officier qui doit subir une opération horrible. L'officier protesta. « Non, monsieur le major, il faut garder le chloroforme pour ceux qui ne sont pas gradés. »

 

Le chrétien est un gradé. Il ne prend pas pour lui le chloroforme. La douleur d'autrui le retient plus que la sienne, surtout s'il craint qu'elle ne soit pas bien située, dans le système de vie et de pensée de son compagnon humain.

 

Comme ce docteur qui n'a pas assez de drogue pour toutes les plaies, nous n'avons pas assez de larmes pour toutes les douleurs. Pourquoi les nôtres auraient-elles un privilège, quand nous sommes tous frères? Hier, nous étions en joie et nous supportions le monde; peut-être l'exal­tions-nous comme artisan de nos aises et garant de nos espoirs. Aujourd'hui nous expérimentons l'autre face des choses : n'est-ce pas une invi­tation à nous porter vers ceux qu'atteint ou que menace ce même retournement? Ne sommes-nous  pas  solidaires  en   stupeur, en confiance ou en rébellion, sous le lourd mystère du monde ?

 

« C'est tout de même une consolation, écrit Barrès, de faire de ses chagrins propres le re­mède de la douleur humaine et une des solutions du problème du mal dans l'univers, » C'est une consolation,  et c'est aussi une  obligation;  car l'ordre moral est ainsi établi. Dieu n'eût point permis le mal, observe saint Augustin, s'il n'était assez puissant pour en tirer un bien. Il a permis le mal; mais dans cette permission est incluse la volonté de nous voir concourir, tous ensemble et les uns à l'égard des autres, à la victoire du bien qu'il prépare et à l'éclosion finale de la joie. Dieu ne construit pas son univers à lui seul. Ce qu'il y a de plus beau dans la nature, c'est l'interférence des causes; ce qu'il y a de plus beau dans l'ordre moral, c'est l'entraide. Quand la douleur la requiert, l'entraide est un report de joie bien émouvant et bien généreux. Soyez heureux, mes frères je souffre pour vous. Soyez allégés, je porte; le fardeau nécessaire des dou­leurs ne vacillera pas.

 

Une noblesse n'est-elle pas incluse dans un tel sentiment? Nous y devons voir aussi un moyen de croissance; car à souffrir pour autrui en vue de nobles fins, on s'y hausse soi-même, et à aider sous cette forme, on se grandit à la fois de son propre sacrifice et du mérite d'autrui.

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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