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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 08:58

Connaissez-vous le pouvoir de l’Acte de contrition…                

La contrition est l'acte par lequel l'âme se détourne du péché et se retourne vers Dieu pour lui demander pardon et pour implorer en même temps le secours de sa grâce afin de ne plus pécher à l'avenir.

Il y en a deux sortes : la contrition imparfaite et la contrition parfaite.

La contrition est imparfaite lorsque le motif de notre regret du péché est le mal que le péché nous cause à nous-mêmes : par exemple, la perte du droit au ciel et le châtiment de l'enfer auquel nous aurions été condamnés si la mort nous avait surpris en état de péché.

La contrition imparfaite suffit pour obtenir le pardon des péchés lorsqu'elle est accompagnée de la réception d'un des trois sacrements que Notre -Seigneur a institués pour la rémission des péchés : le Baptême, la Péni­tence et l'Extrême-Onction.

La contrition est parfaite lorsque le motif de notre regret est le mal que le péché fait à Dieu : offense à sa majesté, à sa sainteté, révolte contre son autorité sou­veraine, mépris de son amour, souffrances de Notre -Seigneur, etc. Autrement dit, la contrition parfaite consiste à regretter le péché par un motif d'amour.

Et c'est précisément parce que la contrition est une des variétés de l'amour de Dieu, qu'elle obtient le par­don du péché sur-le-champ et avant même la réception du sacrement de Pénitence. Il faut cependant que cet acte contienne la résolution au moins implicite d'accuser ses péchés à sa prochaine confession.

Il est donc d'une souveraine importance de faire souvent des actes de contrition ou de charité parfaite, puisque ces actes ont la vertu d'assurer en nous l'état de grâce. En agissant de la sorte, on se conforme à l'esprit de l'Eglise qui tâche par tous les moyens d'in­culquer dans l'âme des fidèles l'esprit de contrition. A cette fin elle consacre deux périodes de l'année — l'Avent et le Carême — à l'acquisition de cette vertu. En effet, la pénitence dont elle nous recommande la pratique au cours de ces deux périodes, c'est d'abord et surtout la pénitence intérieure, c'est-à-dire la con­trition. On peut, pour des raisons valables, être exempté de la pénitence extérieure et du jeûne; mais personne n'est exempté de la pénitence intérieure, parce que nous sommes tous des pécheurs; et c'est l'intention de l'Eglise que nous répétions souvent des actes de contri­tion pendant ces temps consacrés à la pénitence afin d'en acquérir l'habitude pour le reste de l'année.

Quant aux formules, elles sont nombreuses et nous pouvons les varier à l'infini.

Nous possédons d'abord celle que nous avons ap­prise dès notre enfance et que notre langue a consacrée sous le titre d'Acte de contrition. C'est un acte de contrition parfaite, car tous les motifs de regret qu'il contient sont tirés de l'offense que le péché fait aux attributs de Dieu.

« Mon Dieu, j'ai un extrême regret de vous avoir offensé parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable et que le péché vous déplaît; pardonnez-moi par les mérites de Jésus-Christ, mon Sauveur, je me propose - moyennant votre sainte grâce - de ne plus vous offenser et de faire pénitence.»

Il y a aussi le Confiteor, qui est la formule de contri­tion officielle de l'Eglise. Dans un chapitre précédent, nous avons montré que cette prière est un petit chef-d'oeuvre de contrition parfaite.

On peut encore se servir de formules plus courtes, sous la forme d'oraisons jaculatoires, afin de pouvoir les répéter plusieurs fois au cours de nos journées : « Mon Jésus, miséricorde!», c'est-à-dire: «pardonnez-moi mes péchés ! », ou mieux encore : « pardonnez-nous nos péchés ! » Il suffit, en effet, de faire l'acte de contrition au pluriel pour lui acquérir la valeur d'un acte de con­trition parfaite, puisqu'il contient alors un acte de charité parfaite à l'égard du prochain. C'est ainsi d'ail­leurs que Nôtre-Seigneur nous a enseigné à implorer la miséricorde de Dieu dans le bel acte de contrition qu'il a inclus dans le Pater : « Pardonnez-nous nos of­fenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. »

Nous avons d'excellentes raisons de nous attacher à cette dernière formule.

D'abord, à cause de sa brièveté, nous pouvons très bien l'employer à la façon d'une oraison jaculatoire qui peut se répéter plusieurs fois chaque jour, même au mi­lieu des occupations les plus absorbantes.

De plus, le fait qu'elle a été composée par le Fils de Dieu lui-même lui confère une valeur exceptionnelle bien propre à nous inspirer une confiance absolue en son efficacité pour nous-mêmes et pour les autres.

N'oublions pas enfin que chaque fois que nous im­plorons le pardon divin pour nos péchés personnels et pour ceux des autres, nous procurons à Dieu l'occasion d'exercer l'attribut qui, au dire de l'Eglise, est la carac­téristique de sa divine perfection : Sa Miséricorde in­finie.

Extrait de : LES PLUS BELLES PRIÈRES.  Léon Lebel S. J. (1950)

Voir aussi: http://elogofioupiou.over-blog.com/article-l-acte-de-contrition-falsifie-ampute-de-sa-partie-la-plus-importante-124166969.html

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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 17:33

Tous les chrétiens ont une destinée et une mission…

Tous les chrétiens ont  par la grâce de leur bap­tême, une destinée à poursuivre et une mission à remplir.

Une destinée : votre sanctification et votre salut.

Une mission : collaborer à la sanctification et au salut des âmes.

Or, le point de départ de votre destinée et le point d'appui de votre mission, c'est l'état de grâce.

Les parents seront de dignes mandataires de Dieu, ils coopéreront à l'accroissement au moins qualitatif de la grande famille du Père, ils atti­reront ses bénédictions sur leur foyer, dans la mesure où ils lui demeureront unis par la grâce.

Les enfants puiseront dans l'amitié avec Dieu, outre les joies épanouissantes dont leur âge est justement avide, la plus solide initiation à la vie sérieuse.

Les élèves qui rêvent d'avenir, qui se promet­tent d'être quelqu'un et de faire quelque chose dans la vie, courraient indubitablement au fiasco s'ils ne travaillaient en équipe avec Dieu.

Les cultivateurs, les ouvriers de tout métier, aussi longtemps qu'ils resteront fidèles à Dieu, trouveront une surabondante compensation de leurs fatigues et de leurs ennuis, dans la certitude de ne pas souffrir ni besogner en pure perte et dans l'espérance de la récompense promise aux justes.

Les professionnels et les hommes politiques rempliront au mieux leur fonction sociale si, d'abord, il n'y a pas de cloison étanche entre leur âme et Dieu ; ensuite, s'ils subordonnent les intérêts et la politique de la terre aux biens du ciel.

Les apôtres de l'Action catholique s'agiteraient en vain et tourneraient à vide, qui ne demeure­raient acharnement unis à la source de tout apos­tolat.

La société souffre de nombreux malaises, dont plusieurs .graves. Des sociologues de tout acabit se penchent sur elle pour diagnostiquer son mal et appliquer le remède. Chacun y va de sa sugges­tion et risque sa conjecture. Mais n'est-il pas clair jusqu'à l'évidence que ce dont elle a besoin avant tout, c'est l'état de grâce ? Le reste, au moins logiquement, est conséquent. Le Christ l'a déclaré nettement il y a vingt siècles, et il n'a jamais ré­tracté sa parole : « Cherchez d'abord le, règne de Dieu et sa sainteté, le reste vous sera donné par surcroît ! » Or, chercher le reste comme s'il tenait lieu de tout, c'est renverser l'échelle des valeurs et ne pas croire à la sagesse du Christ.

La vie divine, l’amitié avec Dieu, l'état de grâce, quoi !... c'est cela qu'il faut à notre société avant tout, au-dessus de tout, moyennant tout. Et cette restauration spirituelle est l'affaire de tout le monde : prêtres et laïcs. Les uns et les autres, dans leur sphère respective et par les moyens qui leur sont propres, ont une part à fournir et un rôle à jouer.

Tant que la société ne sera pas ressuscitée à la vie surnaturelle, ses médecins travailleront sur un cadavre. Ils se montreront peut-être excellents croquemorts, embaumeurs experts, mais rien que cela ! Voilà une de ces choses que l'on sait et que l'on ne sait pas.

Que vaudraient en définitive toutes les entre­prises de bienfaisance corporelle (absolument né­cessaires), quelle consistance et quelle efficacité auraient-elles, si on ne travaillait pas avec autant d'intrépidité à ré­intégrer Dieu dans les âmes. Le Créateur a uni intimement l'esprit et la matière, l'âme et le corps. Pour ne pas mutiler le plan divin, il faut mener de front prophylaxie corporelle et prophylaxie spirituelle, hygiène du corps et hygiène de l'âme, santé naturelle et santé surnaturelle.

Le saint Curé d'Ars disait : « Notre peuple fut heureux dès qu'il eût compris qu'il n'y a pas de meilleur gouvernement que celui du Bon Dieu. » Que Dieu règne dans les cœurs, dans les foyers, dans la société, et le reste ira rondement !

Avec la grâce, on ne vit pas à vide. Par la grâce, tout peut être monnayé pour le ciel.

Par contre, toute activité, si brillante paraisse-t-elle, aboutit fatalement à la stérilité quand elle n'est pas vivifiée par l'influx divin. Au soir de la vie, il faudrait dire comme les apôtres : « Nous avons travaillé sans rien prendre. »  (Évangile selon saint Luc, ch. V, v. 5.)

Qui ne construit pas sur la grâce sanctifiante, s'épuise en vain. « Voilà, dit le Saint-Esprit, le ver qui corrompt le fruit des meilleures œuvres. » Il ne faut pas le chercher ailleurs. On a laissé

s'étioler son âme et finalement elle est morte d'asphyxie. La rupture violente d'avec Dieu a ruiné du coup toutes les entreprises. On a peut-être beaucoup semé, on n'a rien récolté. On a bâti, péniblement parfois, mais sur le sable. Beaucoup d'agitation, peu d'activité. Fébrilité bruyante et... inféconde !

Si l'on n'est pas en grâce avec Dieu, qu'est-on devenu ? On n'ose le dire ; il est déjà tellement épouvantable de le penser.

Être en état de grâce, c'est être à Dieu un trône, une maison, une cité. Connaît-on rien de plus honorable que de servir de demeure à Dieu ? Conçoit-on rien de plus juste sinon qu'il habite dans sa demeure et n'en soit jamais chassé ?

« Plus une chose va de soi, plus il faut, paraît-il, la crier sur les toits. »  (Henri Brémond ; Introduction à la philosophie de la prière.),

Eh bien ! Voici une vérité qu'il faudrait répéter avec insistance, comme une prière, à genoux : sans l'état de grâce, rien de durable sur la terre, rien de valable pour le ciel. On travaille en vain, on souffre en vain, on se démène en vain. Pendant tout ce temps, l'âme crie famine. N'est-ce pas trop dommage, quand on pourrait, en renouant l'amitié avec Dieu, don­ner à cette activité multiple une valeur éternelle ?

Qu'en est-il au juste de vous, lecteur ?

Êtes-vous un de ces morts qui cherchent la vie ? Sachez que depuis longtemps Jésus vous poursuit de la sainte persécution de sa miséricorde et vous traque dans les réseaux de son amour. Il met plus d'empressement à vous offrir ses pardons que vous à les solliciter.

Que de fois peut-être, par le passé, vous l'avez trouvé sans le chercher, alors même que vous cherchiez autre chose ! En réalité, lui vous cher­chait. Il ne demande encore qu'à se donner. Ce besoin qu'à certaines heures de vide vous sentez de sa présence, de son amitié, ne vient pas de vous mais de lui. Dans tout retour vers Jésus, c'est toujours lui qui fait les premiers pas. Il frappe des coups de grâce et lance des appels suppliants.

Toutefois, il ne s'impose pas, il se fait accepter.

Il ne veut pas forcer votre liberté. Il n'entrera pas en vous malgré vous.

Il vous veut : le voulez-vous ?

Il vous appelle : irez-vous à lui ?

Il fait la première démarche : consentirez-vous à la deuxième ?

Il a soif de votre amour, il a soif que vous ayez soif de lui : n'êtes-vous pas désireux du sien ?

Il n'a qu'une haine au cœur, mais forte et terri­ble : celle du péché. Par contre, il se penche sur le pécheur avec une tendresse vraiment compa­tissante. Aucune misère ne le rebute. On dirait même qu'elle l'attire.

Pour traiter avec sa miséricorde, l'heure est toujours propice et tous les lieux sont bons.

Il n'y a jamais de honte à accuser un péché et à le réparer. Il n'y a de honte qu'à le com­mettre et à l'approuver.

De tout l'élan de votre confiant repentir, dites-lui : « Seigneur, ayez pitié de moi selon votre grande miséricorde ! »

Un vrai chrétien est donc, pour commencer, un homme en état de grâce.

Son cœur a été fait pour se draper dans l'amitié de Dieu.

Ce qu'il faut, par conséquent, c'est qu'on cesse de convoiter les jouissances défendues et qu'on apprécie davantage les richesses de l'état de grâce qui auraient bien pu manquer.

Ce qu'il faut, ce sont des parents et des enfants jaloux de leurs privilèges divins, fermement résolus à ne jamais échanger leur droit d'aînesse pour quelque plat de lentilles.

Ce qu'il faut, c'est que, chez tous, la conser­vation de l'état de grâce devienne un parti-pris, une idée fixe, une implacable obstination, un apport personnel au Que votre règne arrive, une première preuve du Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur.

Ce qu'il faut, enfin, c'est que l'état de grâce soit mis au-dessus de tout, à la fois par une appré­ciation de l'esprit et par une préférence de la volonté.

L'homme a été christianisé pour vivre en amitié avec Dieu, uni au Christ. S'il veut s'en convaincre, il n'a qu'à s'y mettre.

VIVRE EN ÉTAT DE GRÂCE !... voilà la consigne chrétienne, le premier article au pro­gramme évangélique, le mot d'ordre divin.

Telle est l'option nécessaire !

Extrait de : L’État de Grâce.  Marie-Antoine ROY, o.f.m.

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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 03:54

 L'état de grâce n'est pas facultatif…  

Premier postulat de la vie chrétienne, plus qu'instamment recommandé, il est strictement commandé.

Il n'est pas de conseil, mais de précepte. S'il y a des devoirs plus élevés, il n'en est pas de plus urgent.

Toutefois, ce n'est qu'un point de départ, non un achèvement.

Qui ne s'astreint pas à ce minimum indispensablement nécessaire, répudie le Christ et renonce au ciel.

Ce qui est triste, c'est la défaveur discrète que l'état de grâce que l’on rencontre chez ceux qui per­sistent à se dire bons chrétiens quand ils font tout justes la grimace de l'être. Ils produisent quelque bien en public pour se sentir plus libres de commettre le mal en secret. Infects en dedans, ils veulent paraître candides au dehors.

Tout est feint en eux. Leurs paroles sont niées par les actes. La réalité ne répond pas à l'appa­rence, elle est trompeuse. Les vices cachés démentent la façade d'honnêteté. Baiseurs, de crucifix et insulteurs du Crucifié  louangeurs du clergé et détracteurs de prêtres, vaniteux de leur catholicisme et paresseux pour en pratiquer les devoirs, beaux discoureurs sur la foi et dénigreurs impénitents de la morale, gémissant sur les dé­sordres du monde et absolvant à mesure les leurs, prompts à faire des cadeaux publiquement et lents à payer leurs dettes privément, stigmatisant le divorce et pratiquant l'adultère, dénonçant le vol et commettant l'injustice, se gourmant jusque dans l'accusation de leurs péchés et n'en regrettant aucun, prêts à communier le matin et à flancher le soir.

À voir ces faussaires du christianisme, à en­tendre ces charlatans de la religion, on croirait que l'Église n'a jamais eu de plus fidèles amis. Ils paraissent contents de leurs affaires et satisfaits de leur conscience. Ils sont des maîtres de la pose, des cérémoniaires de l'apparence. Pour un peu, on jurerait qu'ils ont pris le Christ sous leur pro­tection. Plus soucieux de paraître bien que de bien agir, ils ont fini par se convaincre qu'ils sauveront leur âme en sauvant la face. Le diable trouve toujours quelque truc pour rassurer la ca­naille !

Pécheurs hypocrites ? Pécheurs cyniques ?

On n'ose choisir. En tout cas, champions de la double conscience.

Sinistres farceurs ! En trompant les autres, ils se sont trompés eux-mêmes au point de ne même plus soupçonner qu'ils sont morts depuis long­temps. Sous de beaux dehors de vertu, ils cachent un cœur criminel. Si tout à coup leur âme se dé­masquait et laissait voir son fond bourbeux, com­me ils se sentiraient gênés d'afficher un titre si beau et de mener une vie si laide ! « Ah ! Combien y en a-t-il aujourd'hui qui, sous les dehors de la vie, portent en eux leurs funérailles et, semblables à des sépulcres blanchis, sont pleins d'ossements de morts ! » (Saint Jérôme; Épître 43.)

Une voix intérieure leur crie : « Vous passez pour vivants, alors que vous êtes morts. » (Apocalypse, ch. III, v. 1.)

Ils se sont faits prisonniers de leurs habitudes. Un secret besoin de ne pas se dénoncer et même de se justifier, leur suggère des arguments spé­cieux pour légitimer leurs reniements. Dans leur résignation au suicide, ils sont disposés à s'accom­moder de n'importe quelle vilenie. Ce n'est pas le royaume du ciel qu'ils prennent d'assaut, c'est le royaume du mal qu'ils affermissent sur la terre.

Certes, ils sont, hélas ! bien libres de se refuser à leur destinée. Au moins, qu'ils n'essaient plus de faire croire que c'est ça être chrétien.

Moins coupables devant Dieu sont les pécheurs avouant et déplorant leur état. Pauvres cœurs tourmentés, ils portent la guerre au dedans d'eux. Précisément parce qu'ils ne sont pas en paix avec le Christ, ils se sentent comme figés d'effroi et de stupeur à la pensée qu'entre le Maître et eux, c'est l'abîme. Ils savent bien que, de toutes les façons de renier le Sauveur, vivre en état de péché mortel sans se racheter par le repentir, n'est pas la moins ignoble. Puissent-ils, sans tarder, mettre fin à cette torture en purifiant leur cœur par un acte de contrition parfaite et faire la démarche et la demande qui leur assureront l'abso­lution sacramentelle !

Peut-on se faire une idée du coulage dans une vie vécue en marge de l'amitié divine ; une vie dont LA VIE est absente ; une vie au cours de laquelle on s'attache à la terre comme s'il n'y avait pas de ciel et on ne pense pas plus au ciel que si on ne devait jamais quitter la terre ; une vie enfin où, recevant tout de Dieu, on ne lui donne même pas l'hospitalité dans son âme ?

Ah ! Ces vies renversées, nous savons où elles mènent.

Vies meurtrières pour Dieu et pour soi. «Com­bien peu de chrétiens sont en état d'agir pour Dieu et pour eux-mêmes si, pour agir de la sorte, il faut être ami de Dieu, en grâce avec lui ! De ceux que nous appelons honnêtes gens, combien peu conservent cette pureté de conscience si né­cessaire pour se maintenir dans la grâce de Dieu ! Désolation générale que déplorait le Prophète : « Ils se sont tous égarés et, en s'égarant, ils se sont rendus inutiles.»  (Psaume 52, v. 4.)

Inutiles pour Dieu et inutiles peur eux-mêmes : pour Dieu, qui ne se tient plus honoré du bien même qu'ils font ; pour eux-mêmes, parce que tout ce qu'ils font, quoi que ce soit, n'est point marqué dans le livre de vie. En sorte que, faisant même le bien et le faisant avec ardeur et persévérance, ils ne font rien.» (Bourdaloue ;  Sermon  pour  le   mercredi  de  la  5e  se­maine du carême, sur l'état du péché et l'état de grâce.)

Cette aberration, l'explique qui pourra !

Pour être chrétien de fait, il ne suffit pas d'en porter le titre et d'en avoir l'apparence, ni de réussir à garder intacte une réputation menacée par des désordres secrets. Hélas ! Cette duplicité de l'âme qui bifurque dans la religion devient de moins en moins rare.

II faut d'abord garder l'état de grâce, en appré­ciant plus ce qu'il vaut qu'en se plaignant de ce qu'il coûte.

Voilà l'exigence préliminaire du christianisme.

Si cet élément manquait, le reste s'avérerait façade mensongère. 

Dieu aime les êtres dans la proportion où ils participent à ses perfections et les reproduisent. Il ne peut pas ne pas aimer ses infinies perfec­tions, d'abord en lui-même et ensuite partout où il les retrouve.

Il aime le grain de sable, parce qu'il a l'existence.

Il aime davantage la plante, parce qu'elle a la vie végétative.

Il aime plus encore l'animal, parce qu'il a la vie sensitive.

Il aime beaucoup plus l'homme, parce qu'il a la vie rationnelle.

Il aime immensément plus le chrétien, parce qu'il a sa propre vie divine.

Chrétien pour chrétien, il aime davantage celui qui davantage fait fructifier ce don surnaturel.

La grâce sanctifiante est infiniment plus pré­cieuse que tous les dons de la nature : richesses, talents, honneurs, prestige. « Le bien d'une seule grâce l'emporte sur le bien naturel de l'univers entier », affirme saint Thomas.  

Toute beauté est un reflet de Dieu. La grâce sanctifiante est incommensurablement plus que cela : elle est la vie même de Dieu communiquée à l’âme.

Tout l'amour que Dieu a pour les autres créa­tures n'égale pas celui qu'il donne à une âme en état de grâce.

Un seul degré de vie divine vaut mieux que tous les mondes ensemble. Par ce seul degré, Dieu met dans le chrétien plus de lui-même, plus de ses perfections, plus de sa ressemblance, qu'il ne s'en trouve dans le reste de l'univers.

On ne s'en étonne pas quand on se rappelle qu'une âme en état de grâce, c'est :

— une âme qui a été gratuitement lavée de la tache du péché originel et miséricordieusement purifiée de toute faute mortelle qu'elle aurait commise dans la suite ;

— une âme sanctifiée, d'une sainteté sans doute toujours perfectible, par la vie divine que le Saint-Esprit a infusée en elle ;

— une âme que Dieu a adoptée comme enfant et qu'il honore de son amitié paternelle ;

— une âme en laquelle Dieu habite paternelle­ment, pour l'aimer, l'embellir, l'enrichir des biens surnaturels ;

— une âme que le Christ s'est incorporée, qu'il a comme greffée sur lui, pour lui transmettre dans la plus large mesure possible sa propre vie filiale ;

— une âme divinisée non seulement en elle-même, mais aussi dans ses facultés, dans ses puis­sances d'actions, en sorte qu'elle est rendue ca­pable de produire des actes divins, surnaturels, méritoires pour le ciel ;

— une âme, enfin, marquée par anticipation du sceau des élus et destinée à la gloire éternelle.

Comprend-on mieux maintenant pourquoi Jésus, dans son entretien avec Nicodème, (Évangile selon saint Jean, ch. III, 1 à 21.), a appelé la vie de la grâce une renaissance, c'est-à-dire, une seconde naissance, naissance à une vie supérieure : la vie même de Dieu ? Ce qui faisait dire à saint Augustin : « Il y a deux vies en nous : la vie du corps et la vie de l'âme. La vie du corps, c'est l'âme ; la vie de l'âme, c'est Dieu. » (Commentaire sur le psaume 70, sermon 2, n. 3.)

La grâce sanctifiante, loin de détruire notre vie naturelle reçue des parents, la surélève, la sur-naturalise, l’élève au-dessus de toute nature, même angélique. Toutefois, elle ne lui demeure pas sim­plement superposée : elle la pénètre tout entière, la transforme et la divinise jusqu'à nous rendre capables de connaître Dieu tel qu'il se connaît, dans sa vie intime, et de l'aimer tel qu'il s'aime. Pour un peu, on pourrait dire qu'elle nous donne de voir avec les yeux de Dieu et d'aimer avec son cœur.

La grâce sanctifiante est donc un rejaillissement de la divinité dans l'âme, une pénétration de la vie de Dieu et de Dieu lui-même dans l'âme, une sorte d'invahissement de l'âme par Dieu. Saint Pierre l'appelle une participation à la nature di­vine.

On parle beaucoup aujourd'hui de la transfu­sion de sang. Par analogie, on pourrait dire de la grâce qu'elle est comme une transfusion de vie divine dans l'âme, à cette différence pourtant que Dieu ne perd rien de ce qu'il donne. Cette trans­fusion, commencée au baptême, se continue tant que l'âme reste fidèle à Dieu.

L'état de grâce !... c'est donc, à n'en pas douter, le bien au-dessus de tout bien, la vraie richesse incorruptible. En fait de noblesse, il n'y a, en définitive, que celle-là. Personne ne peut se faire une idée de ce qui se passe de sublime dans une âme habitée par Dieu.

Louis de Blois disait : « Si nous pouvions con­templer la beauté d'une âme dans la grâce de Dieu, nous tomberions en extase. »

Et sainte Madeleine de Pazzi : « Si nous savions combien Dieu nous aime quand nous avons la grâce sanctifiante, nous mourrions de joie. »    (A suivre)

Extrait de : L’État de Grâce.  Marie-Antoine ROY, o.f.m.

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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 11:23

LES SAINTES PLAIES ET LES AMES RELIGIEUSES… 

« Dans la Maison de Dieu, il faut vivre unies à mes Plaies, dit le Sauveur. — « Vos vœux sortent de mes Plaies !... »

Un jour, Sœur Marie Marthe étant au Chemin de la Croix et arrivant à la dixième station, Jésus fait comprendre à son épouse le mérite de son dépouillement en regard du vœu de pauvreté, lui demandant d'offrir les saintes  Plaies — « pour celles de ses épouses qui ont besoin de dépouillement, afin qu'elles sachent le revêtir par une pratique plus exacte du vœu de pauvreté ».

Puis, au Crucifiement, Il ajoute — « qu'étant vouées à Lui, nous devions être clouées à la Croix avec Lui..., — lorsque nous suivons notre propre volonté, nous nous déclarons ennemis de la Croix...  — il faut vous laisser gouverner par votre Supérieure, comme Moi, tendant les mains, je me suis laissé attacher à la Croix. »

Il lui demande encore de prier — « pour celles qui voudraient se déclouer de la Croix, en manquant à l'obéissance... »

« Ma fille, redit-Il une autre fois, regarde ma couronne, et tu verras la mortification, — mes mains étendues, et tu apprendras l'obéissance, — tu comprendras la pauvreté en me voyant tout nu sur la Croix, — la pureté en Celui que tu adores et qui est si pur !... »

Il lui enseigne que les âmes religieuses sont aussi des âmes vouées à la souffrance : « Je voudrais voir toutes mes épouses des Crucifix !...

« Ne faut-il pas que l'épouse ressemble à son Époux ? Déclare Celui que la sainte Amante des Cantiques dépeint ainsi : « Mon Bien-Aimé est blanc et vermeil. »

« Je te donnerai des souffrances pour toute la  journée, lui promet-Il, afin que tu ailles plus souvent aux Sources heureuses de mes divines Plaies. Je veux que tu sois crucifiée avec Moi ; je le veux de toutes manières... — A mesure que tu diras: oui, je te crucifierai davantage.

« Ma fille, regarde ma couronne ! Je n'ai pas dit : elle me fait trop souffrir — je l'ai acceptée de mon Père, pour vous !

«Regarde mes mains ! Je n'ai pas dit : Je ne les donne pas, cela me fera trop souffrir ! — et de même pour mes pieds. »

Puis, Jésus montre à sa servante sa chair sacrée, déchirée, en lambeaux : « Partout tu trouveras des Plaies en ton Époux ! — Je veux que tu sois ainsi ! — Contemple-Moi sur la Croix : lorsque  j’y étais, je ne regardais ni les bourreaux ni leurs outrages..., je regardais mon Père. — Il faut ainsi accomplir votre devoir, en faisant ce que je veux, sans autre regard vers la créature..., comme Moi je regardais mon Père uniquement ! »

Un autre jour, lui apparaissant sur la Croix tout décharné, n'ayant que la peau sur les os, ce tendre Maître s'écrie : « Voilà, ma fille, où doivent passer ceux que je me suis choisis et qui veulent arriver à la gloire, — non pas ceux qui lèvent la tête. — Ma Mère a passé par ce chemin... Il est bien rude pour ceux qui vont par force et sans amour ; mais doux et consolant est le chemin des âmes qui portent leur croix avec générosité. — « Il faut que les épouses de Jésus Crucifié souffrent...  — Je n'ai plus que mes épouses pour me dédommager. »

Dans un autre entretien, Jésus dit encore : « Ma fille, il faut bien aimer le Crucifix et vous crucifier pour aimer Jésus, afin de pouvoir mourir comme Jésus et ressusciter dans la vie comme Lui.

« Je renouvelle maintenant les grâces de ma Passion... — c'est à vous d'en répandre le bénéfice sur le monde entier. »

(À suivre)

Extrait de : Soeur Marie Marthe Chambon de la Visitation Sainte-Marie de  Chambéry.  Monastère de la Visitation.  1937

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 08:11

LES PÉCHEURS, qui méprisent le Crucifix, seront rejetés…      (14)

Les Plaies de N.S. J.-Christ sont des sources de grâces pour les pécheurs, et des leçons éloquentes pour les âmes religieuses :

« Il y a bien longtemps, — c'est toujours Jésus qui parle, — que je désire vous voir distribuer les fruits de ma Rédemption ! Vous faites maintenant ce que je veux pour le salut du monde.  A chaque mot que vous prononcez du chapelet de la miséricorde, je laisse tomber une goutte de mon Sang sur l'âme d'un pécheur.

« Les hommes foulent aux pieds mon Sang, je veux que vous, mes épouses, vous m'aimiez et travailliez pour mon amour.

« Si, avec toutes les richesses dont mes Plaies sont remplies pour vous, vous n'en profitiez pas, vous seriez bien coupables...

« Les âmes qui ne vénèrent pas mes saintes Plaies, et qui, au contraire, les ridiculisent,  ces âmes-là, je les rejette.

« Les pécheurs méprisent le Crucifix : je prends patience, mais un jour viendra où je me vengerai.

« Viens avec ton cœur, mon épouse, viens avec ton cœur bien vide, parce que Moi, j'ai de quoi le remplir : viens à la conquête des âmes. »

Et lui faisant voir dans le monde une quantité de pécheurs : « Je te les montre, afin que tu ne perdes point de temps. »

En temps de Carême ou de Retraites, la vision de Jésus souffrant durait parfois des journées entières :

« Ma fille, j'ai autant souffert pour une seule âme, que pour toutes ensemble... La Rédemption a été abondante !  Et le Sang rédempteur coulait à flots des blessures adorables, et Jésus murmurait avec amour : « C'est le Sang de ton Époux !... de ton Père !... C'est pour vos âmes qu'il a été versé !  Il n'y a que Moi qui puisse verser ainsi ce Sang divin !...  Ma fille, je suis ton Époux ! Je suis tout à toi pour les âmes !... »

Quelquefois, elle voyait la Justice de Dieu irritée, prête à s'appesantir sur le monde : « Ne me prie pas, je veux punir, disait le Christ dans son indignation. « Le monde, pour être régénéré, aurait besoin, d'une  seconde rédemption. ».

Le Père Éternel, interve­nant, déclarait : « Je ne puis donner mon Fils une seconde fois. » Mais notre Sœur comprenait que, par l'offrande réitérée des saintes Plaies, nous pouvions opérer cette rédemption.

A mesure qu'elle les offrait, elle voyait la colère divine se changer en une douceur de grâce qui se répandait sur le monde.

« Ma fille, disait une autre fois le Seigneur Jésus, il faut remporter la palme de la victoire : elle vient de ma sainte Passion... « Au Calvaire, la victoire paraissait impossible, et cependant, c'est de là que mon triomphe a éclaté. Je désire, constamment que vous profitiez de ma Rédemption par la correspondance à mes grâces que tant d'hommes méprisent... »

Notre-Seigneur l'épouvanta en lui donnant une vue de sa Justice excitée par les péchés des hommes... Alors, tout éperdue, elle s'écria, en s'humiliant profondément : « Mon Dieu, ne regardez pas notre misère, mais regardez votre miséricorde. »

Et elle recommençait à apaiser le Sauveur par les invocations multipliées aux saintes Plaies.

«Offre-les moi souvent pour me gagner des pécheurs, encourageait le bon Maître, car j'ai faim des âmes !... »

(À suivre)

Extrait de : Sœur Marie Marthe Chambon de la Visitation Sainte-Marie de  Chambéry.  Monastère de la Visitation.  1937

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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 09:13

 

DEMANDES DE NOTRE-SEIGNEUR…            

En échange de tant de grâces exceptionnelles, Jésus ne demandait à la Communauté que deux pratiques dont nous allons dire un mot rapidement : l'Heure sainte et le Rosaire des saintes Plaies.

A l'époque du choléra qui, en 1867, fit tant de victimes dans la région chambérienne, Nôtre Seigneur témoigna le désir que, tous les vendredis, l'Heure sainte fût faite par cinq Sœurs dont chacune serait chargé d'honorer une de ses Plaies.

La Très Sainte Vierge unit sa demande à la demande de son divin Fils, par ces paroles où perce un douloureux regret :

« Il n'y a aucune Maison sur la terre où les saintes Plaies de Jésus soient honorées tout particulièrement le vendredi soir... Il faut pendant cette heure contempler ces saintes ouvertures et vous y enfoncer. »

Elle apprend à l'heureuse privilégiée comment devrait s'accomplir ce pieux exercice : « Ma fille, lui dit-elle, la première fois que j'ai contemplé  les Plaies de mon cher Fils, c'est lorsque son très saint Corps fut déposé entre mes bras. J'ai médité ses douleurs et j'ai tâché de les faire passer dans mon cœur... J'ai regardé ses pieds divins l'un après l'autre..., de là je suis allée à son Cœur, où j'ai vu cette grande ouverture, la plus profonde pour mon Cœur de Mère..., j'ai contemplé la main gauche, puis la droite, et ensuite la couronne d'épines. Toutes ces Plaies me perçaient le cœur!... Voilà ma Passion à Moi !... — Sept glaives sont en mon cœur, et c'est par mon cœur qu'il faut honorer les Plaies sacrées de mon divin Fils !... »

Ce fut environ à la même époque (1868-1870) que, pour entrer dans les intentions de Nôtre Seigneur, les Supérieures établirent la récitation quotidienne du « Rosaire des Saintes Plaies ».

Voici comment nous avons coutume de réciter ce rosaire :

Comme introduction, avant les dizaines, la belle prière inspirée à un prêtre de Rome :

« O Jésus, divin Rédempteur, soyez-nous miséricordieux pour nous et pour le monde entier. —  r. Amen.

« Dieu fort, Dieu saint, Dieu immortel, ayez pitié de nous et de tout le monde. — r. Amen.

« Grâce, miséricorde, ô mon Jésus, pendant les dangers présents ; couvrez-nous de votre Sang précieux. — r. Amen.

« Père Éternel, faites-nous miséricorde par le Sang de Jésus-Christ votre Fils unique; faites-nous miséricorde, nous vous en conjurons. — R. Amen, « amen, amen. »

Sur les petits grains :

« MON JÉSUS, PARDON ET MISÉRICORDE.

r. PAR LES MÉRITES DE VOS   SAINTES PLAIES. »

Sur les gros grains :

« FÈRE ÉTERNEL, JE VOUS OFFRE LES PLAIES DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST.

r. POUR GUÉRIR CELLES DE NOS AMES. »

Ces deux dernières invocations sont celles qu'avait indiquées Nôtre Seigneur lui-même et auxquelles Il a fait des promesses si belles !

En 1912, l'Église les a enrichies de 300 jours d'indulgence chacune en faveur des Religieuses de la Visitation.

Ce ne fut pas sans difficulté que les Supérieures purent faire adopter la récitation du Rosaire des saintes Plaies ; de même qu'à Paray, par un zèle extrême de la Règle, on se permit plus d'une réclamation. Et nos Mères, ainsi que la pauvre Converse, en recueillirent bien des souffrances.

Mais Notre-Seigneur les encourageait : « Ma fille, les grâces de Dieu ne sont pas données sans qu'il y ait de la difficulté pour accomplir mes volontés... Mais, plus vous rencontrerez d'oppositions et d'obstacles, plus ma grâce sera abondante.

« Il ne faut rien craindre, il faut marcher pardessus les obstacles; là est le vrai amour... Celui qui vous tient ne peut être ébranlé : toujours je serai votre défenseur !... mais il faut cette souffrance. »

Dieu le Père, tenant une clé à la main, semblait menacer d'un air sévère : « Si vous ne faites pas ce que je veux, je fermerai les Sources et je les donnerai à d'autres. »

Avec une fermeté pleine de patience et d'humilité, nos Mères Thérèse Eugénie et Marie Alexis parvin­rent à faire accepter cette pratique, si peu onéreuse du reste. — Jésus les soutint manifestement :

Une Sœur, dont la haute intelligence et le solide jugement faisaient autorité dans le Monastère, se trouvait la plus fortement opposée à la nouvelle dévotion. Or, elle vit un jour venir à elle l'humble Converse, chargée d'un message de la part du Maître ; elle s'entendit révéler une chose absolu­ment secrète, qui s'était passée entre elle et Lui, dans l'intime de son âme, chose qu'elle n'avait jamais confiée à personne... et que, dès lors, Sœur Marie Marthe ne pouvait savoir que de Dieu...

Devant une telle preuve, la Sœur se rendit loyalement, et voulut réparer son opposition passée en faisant de petites images des saintes Plaies, pour en propager le culte.

« La dévotion à mes Plaies est le remède pour ce temps d'iniquité, assurait le Sauveur. C'est Moi qui le veux : il faut faire vos aspirations avec grande ferveur. »

« Ma fille, je vois tout, je compte tout. — Dis à ta Mère que, chaque aspiration qu'elle fait, j'en tiens compte. Il faut qu'elle fasse tout ce qu'elle  pourra pour  maintenir le chapelet de la miséricorde.

« Je suis content de vous voir honorer mes saintes Plaies : je puis maintenant déverser plus largement les fruits de ma Rédemption.

« Il faut que vous, qui connaissez mes volontés, soyez doublement ferventes... Si vous vous relâchiez dans la dévotion à mes Plaies, vous perdriez beaucoup.

« Comme il y a une armée dressée pour le mal, il y a aussi une armée dressée pour Moi. — Avec cette prière, vous êtes plus puissante qu'une armée  pour arrêter mes ennemis.

« Vous êtes bien heureuses, vous à qui j'ai appris la prière qui me désarme : Mon Jésus, pardon et miséricorde, par les mérites de vos saintes Plaies. « — Les grâces que vous recevez sont des grâces de feu... Elles viennent du Ciel, il faut qu'elles retournent au Ciel...

« Dis à ta Supérieure qu'elle sera toujours exaucée pour quelque besoin que ce soit, lorsqu'elle me priera par mes saintes Plaies, en faisant dire le Rosaire de la miséricorde.

« Vos Monastères attirent les grâces de Dieu sur les diocèses où ils se trouvent; quand vous offrez à mon Père mes saintes Plaies, je vous regarde comme tendant les mains au Ciel pour avoir des grâces !... — En vérité, cette prière n'est pas de la terre, mais du Ciel !... elle peut tout obtenir !

« Il faut le dire à ta Mère, se le rappeler, l'écrire pour l'avenir, afin que vous y ayez recours de préférence. »

Les recommandations de Notre-Seigneur n'ont pas été vaines. L'usage s'est maintenu du recours quotidien à cette prière du ciel. Que surgissent de grandes difficultés, des besoins graves, des dangers menaçants, les invocations se font plus nombreuses et plus pressantes...

Et après une expérience de cinquante ans, la Communauté peut déclarer qu'elle a toujours eu à se féliciter de sa confiance ! Ce n'est pas que les épreuves nous aient été épargnées, ni que la mort ait espacé ses visites... Loin de là ! Mais l'épreuve elle-même s'adoucit de tant de consolation ! Et les morts sont si douces à l'ombre des saintes Plaies !

(À suivre)

Extrait de : Soeur Marie Marthe Chambon de la Visitation Sainte-Marie de  Chambéry.  Monastère de la Visitation.  1937

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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 07:58

LES SAINTES PLAIES de N.S. J.-C. ET LE CIEL…            

Notre Seigneur Jésus fait entrevoir à Sœur Marie Marthe le bonheur que procure dans les Cieux leur contemplation.

Pour donner comme un couronnement à ces magnifiques promesses, Notre-Seigneur montre enfin dans ses Plaies les « gages de notre gloire future », et Il fait entrevoir à Sœur Marie Marthe le bonheur que procure dans les Cieux leur contemplation.

« Les âmes qui prient avec humilité et qui méditent ma Passion, auront un jour une participation à la gloire de mes divines Plaies : leurs membres en recevront une beauté et une gloire étincelantes.

« Plus vous aurez contemplé mes Plaies douloureuses sur cette terre, plus vous les contemplerez glorieuses au Ciel!

« Une âme qui, pendant sa vie, a honoré les Plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ et les a offertes au Père Éternel pour les Âmes du Purgatoire, sera accompagnée au moment de la mort par la Sainte Vierge et les anges, et Notre-Seigneur en Croix, tout resplendissant de gloire, la recevra et la couronnera. »

Sœur Marie Marthe pensait un jour, en offrant les saintes Plaies, qu'elle perdait son temps. Notre-Seigneur la reprit :

« Est-ce que mes Bienheureux ne font rien avec Moi parce qu'ils font toujours la même chose ?... Ils m'aiment, ils m'adorent, ils contemplent mes Plaies et me remercient... et leur joie est toujours, pleine et entière. »

Et Jésus continue : « Ma fille, où se sont faits les Saints, sinon dans mes Plaies ?...

« C'est dans mes Plaies que mes épouses doivent régner un jour... Mes Plaies sont pour ma gloire et la vôtre. Les Bienheureux qui les contemplent depuis tant de siècles n'en sont point rassasiés..., ils les contempleront toujours et en jouiront toujours... Oh ! Que la terre est peu de chose en vue d'un si grand bien !... »

Très souvent, la vue du Ciel est offerte à cette chère âme, tandis que se fait entendre la voix de Dieu le Père : « Vois, ma fille, tout ceci est le fruit des souffrances de mon Fils!... Tout ceci t'est montré afin que tu puisses, avec plus de confiance  et de joie, offrir les saintes Plaies de Jésus... »

Et la douce Reine des élus ajoute, pour stimuler les ardeurs : « Si je suis au Ciel et les Saints aussi, nous y sommes tous par les mérites des Plaies de mon Fils.  Vous devez exploiter ces Plaies divines et vous deviendrez grandes aussi. »

Toujours la même perspective, toujours le même programme : Semer ici-bas dans les sillons des saintes Plaies ; au Ciel, moissonner éternellement dans la gloire.

(À suivre)

Extrait de : Soeur Marie Marthe Chambon de la Visitation Sainte-Marie de  Chambéry.  Monastère de la Visitation.  1937

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