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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 17:19

CROIRE, là est  le   bonheur…              

Tu ne l'apprécies peut-être pas à sa juste valeur, le bonheur de croire, toi qui as trouvé la Foi dans ton berceau. Mais interroge ceux qui ont dû la conquérir de haute lutte, et tu comprendras mieux quel inesti­mable trésor tu possèdes.

« Salut, grande Nuit de la Foi. Voici la Nuit qui, mieux que le jour, nous documente sur la Route » s'écrie Claudel, le poète converti.

La Foi est en effet un guide qui nous trace un chemin sûr à travers les obscurités de ce monde. Elle ne dissipe pas toutes les énigmes, elle ajoute même de l'obscurité, mais c'est une obscurité peuplée de constellations lumineuses, qui permettent au voyageur que nous sommes, d'aller de l'avant sans hésitation.

« A mesure que j'approfondissais le Credo, écrit le philo­sophe converti, G. Dumesnil, mon émerveillement pouvait se comparer à celui d'un de ces héros de contes extraordinaires qui, s'enfonçant dans l'orifice d'une caverne horrifique et ténébreuse, débouche dans les splendeurs d'un domaine enchanté ». La Foi est en effet un enrichissement incomparable de notre intelligence et de notre vie, parce qu'elle nous met en possession des secrets de la vie divine et de sa communication à nos âmes; elle prélude à la vision face à face, qui nous fera jouir de Dieu infiniment.

Un   bonheur   à   conquérir.

Car la Foi a ses exigences. Elle veut une entière soumission : de notre intelligence; une fois que celle-ci a reconnu que c'est Dieu qui lui parle par l'intermédiaire du Christ et de l'Église, elle n'a plus qu'à se prosterner devant ces vérités qui la dépassent, et à se laisser emprisonner par une intelligence qui en sait plus qu'elle : l'intelligence de Dieu; de notre volonté; car toutes les vérités que la Foi nous impose ont leur répercussion sur toute notre vie; elles indiquent un chemin à suivre qui conduit vers la lumière et la joie, mais qui se présente d'abord comme terriblement escarpé; de notre âme tout entière; car plus encore que les choses humaines, les vérités divines demandent qu'on les aborde de toute son âme pour les pénétrer, les posséder, les savourer.

Un   bonheur  à   protéger.

Car la Foi a des ennemis en toi et autour de toi.

En toi, c'est la vanité, l'orgueil, la négligence à t'in­struire, la légèreté, l'insouciance, la sensualité, la pré­tention intellectuelle, la fausse science ; prochainement : les études trop spécialisées, te confinant dans un domaine humain qui seul te paraîtra intéressant et important; plus tard enfin : le désir d'une situation brillante, l'amour de l'argent, et un embourgeoisement progressif qui tue chez tant d'hommes l'estime des valeurs spiri­tuelles.

Autour de toi : l'ambiance matérialiste; un monde qui n'a pas l'air de se soucier de la grâce, ni du Christ, ni de Dieu; des journaux, des livres qui omettent le surnaturel, ou le nient, ou le combattent; des délas­sements savamment combinés pour paganiser insensi­blement mais sûrement l'âme.

Dis-moi, sauras-tu tenir ? Sauras-tu approfondir ta Foi, en acquérir une connaissance d'homme ! Sauras-tu la pro­téger courageusement contre les influences mauvaises et pour cela observer les règles de vigilance que l'Église t'impose ? Sauras-tu faire passer ta Foi dans toute ta vie, car « si l'on ne vit pas comme l'on pense, on finit par penser comme l'on vit » (Bourget).

Saurais-tu mourir, s'il le fallait, pour défendre ta Foi ?

Extrait de : AU LARGE – Méditations pour Étudiants. (1960)   Jean Le Presbytre

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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 01:58

UN DIEU QUI SE DONNE…

La   vie inaccessible.

Le poète a beau dire : « O lacs, rochers muets, grottes, forêts obscures... », pour que ceux-ci l'entendent et « gardent le souvenir », il devrait au préalable créer en eux l'ouïe et la mémoire.

Tu peux, tant que tu veux, expliquer à ton chien les subtilités d'un théorème de géométrie, les beautés de Virgile et les secrets de ton cœur, il n'en saisira rien tant que tu n'auras pas créé en lui une intelligence capable de te suivre. Dieu, Lui aussi, aurait eu beau dire : « Regardez jusqu'au fond de Moi-même, con­templez-y les Trois Vivants que nous sommes et vivez dans notre intimité »... autant nous demander de fixer le so1eil ou de pénétrer dans un brasier. Il faut qu'il crée en nous une sorte de nouvel être, nanti de nouvelles facultés, capable de Le voir comme Il se voit, de L'aimer comme Il s'aime, de vivre dans l'intimité des TROIS.

Sa   mise  à   notre   portée.

Dieu a fait ce miracle.

En nous donnant la Foi, Dieu crée en nous l'ouïe capable de L'entendre et l'œil capable d'entrevoir son secret; en nous donnant la Charité, Il crée en nous un cœur capable de battre à l'unisson de son cœur caché; en nous donnant la Grâce sanctifiante, Il crée en notre âme une nouvelle vie, qui nous met à même de vivre dans son intimité.

Mais la Grâce, la Foi et la Charité, tout cela n'est qu'un com­mencement; tout cela ne nous met en contact avec la vie secrète de Dieu que d'une manière voilée, imparfaite, inachevée.

Tout cela germe et grandit en nous sans que nous le sentions, jusqu'au jour où, l'épreuve étant terminée, la Foi deviendra la Vision face à face, la Charité deviendra le Cœur à cœur éternel, la Grâce fera place à la Gloire des élus.

Je Vous verrai tel que Vous êtes, ô mon Dieu, Trinité que j'adore, et tellement éperdu sera l'amour qui me soulèvera, que je ne pourrai plus que Vous dire : « O Père, Père, notre Père... »

Le Dieu sensible.

Il s'est adapté à nous. Aux êtres de chair que nous sommes, Il est venu et continue à venir par la voie sensible. Pour nous faire « dieux (dans l’éternité) », Il s'est fait homme. Et Il continue à nous enseigner par des hommes : l'Église, le Pape (ce que fera S. S. Paul VI lors de son retour) ; à nous sanctifier par des hommes : les prêtres, et par des éléments sensibles : la Messe, les Sacrements; à nous conduire à Lui par des hommes: le Pape encore, les évêques, les prêtres.

Adore Dieu Trinité dans le miracle de Ses adaptations, dans le mystère de Son Christ et de Son Église.

Extrait de : AU LARGE – Méditations pour Étudiants. (1960)   Jean Le Presbytre

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 09:48

Dieu est Père, Fils et Esprit Saint. Il est Trinité…

DIEU INTIME.

Ta   vie  secrète.

TOUTE âme a sa vie secrète... La tienne aussi.  C'est le sanctuaire impénétrable où tu  caches  le meilleur de tes pensées et tes désirs les plus généreux, ou, tout au moins, cette nostalgie de grandeur et de beauté qui travaille l'âme la plus terne et la plus déchue. Tu vaux mieux que ta vie...

Tu es plus grand que toi...

Autour de toi, on t'ignore. Au public, aux camarades aux maîtres, aux parents même tu ne montres souvent que la surface froide, indifférente, impassible, moqueuse. Et l'on ne sait pas quelle âme s'abrite derrière l'âme qu'on voit. A moins que, ne soulevant le voile, tu ne permettes à quelqu'un d'y pénétrer, d'y tout voir et tout regarder, d'y vivre en quelque sorte comme tu y vis toi-même ou comme il vit dans son âme à lui. Pas de plus grand honneur que tu puisses faire à quel­qu'un... pas de plus grande joie que tu puisses lui procurer... pas de plus grand don que tu puisses lui faire : lui livrer l'inaccessible toi-même. C'est cela qu'on appelle amitié, intimité, fusion des âmes.

La  vie   secrète   de   Dieu.

Dieu, Lui aussi, a sa vie secrète, son royaume intérieur, voilé aux investigations du philosophe, hors de portée de nos désirs. Le vrai Dieu vaut mieux que le Dieu que ma raison prouve. Il est plus grand que le Dieu des philosophes.

Il est Père, Fils et Esprit Saint; il est Trinité.

Pour toi, ce n'est peut-être qu'une formule algébrique quelque peu inquiétante.  En réalité,   c'est  une vie, la vie secrète, intime, profonde de Dieu, la vie la plus riche, la vie la plus vie, la vie vraiment vie.

Jamais nous ne l'aurions soupçonnée, si Dieu ne nous avait, dans ses confidences, révélé ce secret « Lui-même », et invités à y pénétrer, à y vivre comme Il y vit Lui- même.

Tu es, toi, comme toute créature intelligente, appelée à l'intimité, à l'amitié, à la vie divine.

Crois!... Adore!... Aime!

Extrait de : AU LARGE – Méditations pour Étudiants. (1960)   Jean Le Presbytre

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 04:21

Une pauvre clarisse, qui venait de mourir, apparut…

à son Abbesse qui priait pour elle et lui dit :

 

  « JE SUIS ALLÉE DROIT AU CIEL, CAR PAR LE MOYEN DE LA PRIÈRE SUIVANTE, QUE JE RÉCITAIS CHAQUE SOIR. JE PAYAIS TOUTES MES DETTES ET JE RÉPARAIS MES IMPERFECTIONS. »

 

                                                   ****

Père Éternel, je vous offre le Sacré-Cœur de Jésus avec tout son amour. Je vous offre également toutes ses souffrances, toutes ses humiliations et tous ses mérites :

 

POUR EXPIER, tous les péchés qu’ont commis au cours de cette journée chacune des personnes qui me sont chères.

POUR EXPIER également, tous les péchés qu’ont  commis au cours de leur vie, les personnes qui m’étaient proche et qui sont maintenant dans l’éternité.  Ainsi soit-il.

 

Gloire au Père, en même temps qu’au Fils et a vous  Esprit  Saint.

Comme autrefois, ainsi que maintenant et dans les siècles a venir.   Ainsi soit-il.

                                                   ****

Père Éternel, je vous offre le Sacré-Cœur de Jésus avec tout son amour. Je vous offre également toutes ses souffrances,  toutes ses humiliations et tous ses mérites :

 

POUR PURIFIER, le bien qu’ont mal fait au cours de cette journée chacune des personnes qui me sont chères.

POUR PURIFIER également, le bien qu’ont mal fait cours de  leur vie, les personnes qui m’étaient proche et qui sont maintenant dans l’éternité.  Ainsi soit-il. 

 

Gloire au Père, en même temps qu’au Fils et a vous  Esprit  Saint.

Comme autrefois, ainsi que maintenant et dans les siècles a venir.   Ainsi soit-il.

                                                   ****

Père Éternel, je vous offre le Sacré-Cœur de Jésus avec tout son amour. Je vous offre également toutes ses souffrances, toutes ses humiliations et tous ses mérites :

 

POUR SUPPLÉER, au bien qu’ont négligé de faire au cours de cette journée chacune des personnes qui me sont chères.

POUR SUPPLÉER également, au bien qu’ont négligé de faire au cours de leur vie, les personnes qui m’étaient proche et qui sont maintenant dans l’éternité.  Ainsi soit-il.

 

Gloire au Père, en même temps qu’au Fils et a vous  Esprit  Saint.

Comme autrefois, ainsi que maintenant et dans les siècles a venir.   Ainsi soit-il.

 

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 04:32

Le Vrai catholique et le Pseudo-catholique…

Pseudo-catholiques

Les faux catholiques sont légion. Ce sont ceux qui ne voient dans le catholicisme qu'une doctrine pleine d'abstractions et de mystères, sans relation avec la vie, mais qu'il faut bien croire pour ne pas manquer le ciel.

Ce sont ceux qui ne voient dans le catholicisme qu'une morale sévère assez inadaptée à notre siècle, mais qu'il faut respecter en gros, de peur d'aller en enfer. Ce sont ceux qui ne voient dans le catholicisme que des rites un peu désuets et vides de sens, auxquels il convient de recourir  selon le minimum imposé par l'Église pour ne pas se faire regarder de travers par ses parents ou par les gens bien-pensants. Ce sont ceux qui se rendent à tous les pèlerinages, et qui recourent à tous les saints lorsqu'ils ont une grâce temporelle à obtenir, mais qui délaissent Dieu lorsque la fortune et la santé leur sourient. Ce sont ceux qui croient que le catholicisme consiste en un parti politique pour lequel on colle des affiches au moment des élections, mais nullement dans l'obli­gation de mener une vie honnête et de donner le fond de son âme à Dieu.

Ce sont ceux qui vont tous les jours à la communion mais qui n'affichent aucun souci de mettre dans leur vie plus de justice, de bonté, de charité et de dévoue­ment.

Ce sont ceux qui cherchent à tout concilier, qui accep­tent toutes les compromissions, ceux qui rêvent d'être simultanément avec le Christ et avec le monde, et qui s'arrangent pour ne pas manquer le royaume des cieux sans toutefois renoncer à celui de la terre.

Le Vrai catholique

 « C'est quelqu'un qui sait ce qu'il fait et où il va, au milieu de gens qui, pires que les bêtes brutes, ne savent pas la différence entre le bien et le mal, entre le oui et le non. Il est comme un Dieu au milieu d'un peuple d'infirmes et d'alcooliques, non pas par lui-même, mais parce qu'il s'est mis en ordre avec toute la nature en se soumettant à qui il doit se soumettre. Lui seul à la liberté entre les esclaves. » (Claudel).

« C'est un homme absorbé par le sentiment de la pré­sence de Dieu au-dedans de lui..., vivant de cette pensée que Dieu est là... au cœur de son cœur. Un homme dont la conscience est illuminée par Dieu, si bien qu'il vit dans l'impression habituelle que chacune de ses pensées, toutes les fibres de sa vie morale, tous ses motifs et tous ses désirs sont étalés devant le Tout-Puissant... Au sanctuaire de son cœur, le Christ a ses entrées libres...» (Newman). C'est un homme qui, tout en vivant en Dieu et parce qu'il vit en Dieu, vit aussi pour les autres hommes. Il se sait leur frère en humanité, et leur frère dans la grâce du Christ, au moins en espérance. Et s'il marque une prédilection pour ceux de sa famille et de son pays, il n'exclut personne de son cœur et se voudrait infini pour se dévouer à tout le monde. C'est un être qui commence, un enfant qui se forme, un adolescent qui grandit, jamais un adulte avant le ciel. Il sait qu'il doit poursuivre son achève­ment jusqu'à son dernier souffle, et qu'en lui la nature et la grâce doivent croître et s'épanouir entrelacées jusqu'au moment de l'éclosion et de la floraison éternelle.

C'est un être qui attend, un voyageur en route vers la maison du Père. Le repos parfait lui est inconnu, la quiétude complète lui est interdite. Il ne s'installe pas dans la vie présente. Il ne dit pas : Arrêtons-nous ici.

Il est essentiellement un homme de désirs... un cœur inquiet tant qu'il ne trouve pas le repos éternel en Dieu. Et pourtant il est plein d'assurance, de joie, de paix, de calme et de sérénité, car il sait où il va et « à qui il a cru ».

Le chrétien qu'anime l'espérance, est établi dès ici-bas dans une invincible sécurité.

Il est comme polarisé vers l'au-delà, vers le ciel. Là est son bien suprême : Dieu; là, sa demeure définitive; là, sa famille idéale, qui ne connaîtra plus ni deuils ni séparations. Les yeux fixés sur ce terme définitif, il passe à travers ce monde comme un voyageur.

Comme tout homme, il accomplit une tâche terrestre, le plus parfaitement possible, mais sans y voir le tout de sa vie, prêt à l'abandonner quand viendra l'heure. Ce n'est pas lui qui devient neurasthénique parce que la bourse baisse. Même les cataclysmes, les ouragans les plus redoutables, sans le trouver indif­férent, le laissent calme et serein.

Il sait que « rien ne peut le séparer du Christ » et que « tout coopère au bien de ceux qui aiment Dieu » (S. Paul). Il peut se réjouir dans les tribulations, car elles passent et le préparent à un bonheur qui ne passe pas.

Extrait de : AU LARGE – Méditations pour Étudiants. (1960)   Jean Le Presbytre

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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 08:45

Demandez et vous recevrez, voilà le secret…

La prière est la clef des trésors du ciel : --                             

Le besoin de prier naît avec nous et toujours il demeure en nous comme un merveilleux soutien au milieu des tristesses de notre vie. Celui qui connaît Dieu avec sa puissance suprême et sa bonté infinie et qui comprend sa faiblesse et son néant, ne peut s'empêcher à certains moments, surtout quand il est brisé par la tristesse, meurtri par la douleur ou menacé par le danger, de pousser un cri d'appel à la Toute-Puissance qui, seule, peut le secourir, et ce cri, c'est la prière. Ce cri de l'âme est un aveu de notre faiblesse et en même temps c'est une marque de notre confiance en notre Père céleste. Ce qui a fait dire justement que la prière " est l'aveu d'une indigence qui espère. "

Et Dieu, a toujours voulu que nous recourions à sa libéralité. Il veut ne rien nous refuser mais à la condition que nous lui de­mandions tout. "Demandez et vous recevrez." (jean XVI) Demander pour recevoir, voilà la loi et, parmi les commandements que Dieu nous a donnés, il n'y en a pas de plus précis.

Cette loi de la prière date de l'origine du monde. Ouvrons l'Ancien Testament et nous verrons que le Saint Esprit s'y atta­che d'une manière toute particulière à nous faire comprendre que la prière est notre lumière dans le doute, notre force dans la fai­blesse, notre consolation dans la peine, notre soutien dans le péril et les maux de la vie, l'unique moyen de rendre à Dieu la gloire, les hommages et les actions de grâces qui lui sont dues à cause de ses infinies perfections et des bienfaits sans nombre qu'il ne cesse de répandre sur nous.

Les Livres Saints sont remplis des supplications des patriar­ches et des prophètes ; et les prières ferventes d'Abraham, de Moïse, de David et de tant d'autres saints personnages de l'An­cienne Loi sont un témoignage de la grande et antique loi de la prière.

David comprenait si bien la nécessité de la prière qu'il priait en tout temps, tantôt pour appeler Dieu à son secours contre les pièges de ses ennemis, tantôt pour le remercier des grâces qu'il lui accordait ou pour bénir son saint nom : "O mon âme, s'écrie-t-il à chaque instant, bénis le Seigneur. "

C'est la prière qui fut la force de Moïse, la ressource de sa foi, le secret de son courage, l'unique défense que ce grand législa­teur présentait humblement à Dieu pour fléchir sa colère et ob­tenir le pardon de son peuple.

C'est la prière qui sauva Ninive de la haine que Jonas lui avait annoncée ; c'est elle qui délivra Béthulie des soldats d'Holopherne, Jérusalem des menaces de Sennachérib ; c'est elle qui donnait à Josué ses victoires, à Gédéon son indomptable éner­gie, à David son audace contre ce géant philistin qui insultait le peuple de Dieu et que le jeune pâtre terrassa de sa fronde.

Pendant la captivité de Babylone, c'est elle qui sauva Daniel de la fureur des lions, qui préserva les trois jeunes hébreux dans la fournaise ardente, qui justifia Suzanne accusée de crimes par des juges prévaricateurs etc.…, toutes ces choses ne s'accompli­rent que par le secours de la prière.

Si de l'Ancien Testament nous passons au Nouveau, nous y trouverons des témoignages, encore plus expressifs et plus frap­pants, de la nécessité de la prière. Cette nécessité, Jésus nous l'insinue presqu'à chaque page de l'Évangile. En parcourant les villes et les bourgades de la Judée, il ne se lasse pas de redire à ses nombreux disciples et aux foules nombreuses qui venaient l'entendre. "Il faut toujours prier. " " C'est moi qui vous le dis, demandez et vous recevrez. " (Luc XI) " Si vous demandez quelque faveur à mon Père en mon nom, vous serez exaucé. "

Qu'il est consolant pour nous d'apprendre, au sein de notre indigence et de notre néant, que nous n'avons qu'à nous adresser à Dieu pour obtenir tout ce que nous demanderons. Et ce qui doit être le comble de notre bonheur, c'est que Dieu s'engage à se rendre à tous nos désirs justes et raisonnables sans exception ; " Demandez-moi ce que vous voudrez et je vous le donnerai." (marc VI)

De nous-mêmes, nous ne sommes que poussière, faiblesse et néant ; cependant nous avons des ennemis nombreux et puis­sants qui ne travaillent qu'à nous perdre. Si nous sommes livrés à nous-mêmes nous serons infailliblement perdus, notre perte est assurée ; nous n'avons d'autres ressources que de nous attirer la protection du ciel et cette protection, nous ne pouvons l'obte­nir que par la prière. C'est ce que le Divin Maître s'est attaché à nous faire comprendre au jardin des oliviers quand il dit à ses Apôtres : " Veillez et priez, afin que vous ne succombiez pas à la tentation ; "c'est-à-dire, vous êtes faibles et l'ennemi est fort ; la prière vous est nécessaire afin de ne pas tomber entre ses mains.

Jésus savait quelle tâche gigantesque serait celle des Apôtres et, après les avoir quittés pour monter au ciel, il ne sera plus là pour les soutenir. Aussi au soir du Jeudi Saint, après l'institu­tion de la Sainte Eucharistie, il leur dit le moyen infaillible qu'il allait leur laisser pour obtenir la grâce, l'arme toute puissante avec laquelle ils vaincraient leurs ennemis ; et ce moyen, cette arme, c'est la prière : " En vérité, je vous le dis, tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous le donnera. "

Et Jésus ne n'est pas contenté de prêcher par ses paroles la nécessité de la prière, il le fit encore par ses admirables exemples. En présence du tombeau de Lazare, avant d'opérer sa résur­rection, Jésus-Christ lève les yeux en haut et fait monter vers le ciel le précieux encens de sa prière qui est favorablement accueil­lie de la part de son Père. " (jean XI)

Souvent fuyant les bruits du monde, il allait demander un abri au désert et à la solitude et là, dans un divin ravissement, que lui procurait son zèle incommensurable pour le salut des âmes, il prolongeait sa prière, parfois même il passait sa nuit en prière.

Les Apôtres, ces hommes à la foi naissante, étaient dans l'ad­miration d'entendre Jésus leur parler si souvent de la prière et surtout de le voir prier avec une si religieuse assiduité.

Une vie passée tout entière dans la prière ne pouvait se ter­miner que par la prière. Aussi attaché à la croix, élevé entre le ciel et la terre, sur le point de rendre le dernier soupir, Jésus-Christ n'ouvre la bouche que pour prier. Il prie d'abord pour les bour­reaux qui l'ont maltraité ; il demande à son Père de leur pardon­ner, il cherche à les excuser : " Père, pardonnez leurs car ils ne savent ce qu’ils font." (Luc, XXIII) Et sa dernière parole est adressée à son Père ; entre ses mains il remet sa belle âme.

Les Apôtres comprirent les enseignements de leur Divin Maî­tre et, au soir de l'Ascension, nous les voyons réunis dans le Cénacle avec la Très Sainte Vierge Marie, s'adonnant avec calme à la prière. (Act. 1, IV)

Les Apôtres comprirent cet enseignement. Aussi n'y a-t-il rien qu'ils recommandent avec plus de sollicitude que la prière, ni sur quoi ils reviennent et insistent plus souvent : "Soyez prudents et persévérez dans la prière, dit saint Pierre. Et saint Paul de dire : " Priez sans relâche, rendez grâces à Dieu en tou­tes choses ; car telle est la volonté de Dieu en Jésus-Christ par rapport à vous tous. " (1 tim. v)

Ce n'est pas seulement par leurs discours que les Apôtres exhor­taient les fidèles à la prière, mais ils les entraînaient encore par leurs touchants exemples ; car ils partageaient leurs temps entre la prière et les saintes fonctions de leur ministère. Et pour pou­voir s'appliquer eux-mêmes entièrement à la prière et à la prédica­tion de l'Évangile, ils élurent sept diacres pour les charger du soin des aumônes.

Les Apôtres, disait saint François de Sales, joignaient tou­jours la prière à la prédication. "Et de fait, s'ils convertirent le monde, ce n'est pas par la force des armes, ni par la puissance de l'or, ni par le prestige du savoir et de l'éloquence, c'est par quelque chose de bien plus merveilleux que tout cela, c'est par la prière, la souffrance et la prédication de l'Évangile. "

A l'exemple de Jésus-Christ et des Apôtres, l'Église a toujours cherché à faire comprendre à ses enfants que la prière est la clef des trésors du ciel.

Elle prie pour l'enfant afin que Dieu l'appelle dans sa miséri­corde aux enseignements de la foi et ouvre devant ses pas la voie de la piété et, plein des suaves parfums des préceptes de la loi sainte, il fasse la joie de l'Eglise et croisse de jour en jour en grâces et en vertu.

Elle prie pour le malade afin de lui obtenir la santé du corps, si telle est la volonté de Dieu, ou de le préparer au grand voyage de l'éternité, si Dieu juge à propos de l'appeler à Lui.

Elle prie sur la tombe comme sur le berceau. Revêtue des or­nements de deuil, elle prononce d'une voix plaintive, autour du cercueil, ces douloureuses lamentations : «N'entrez pas, Seigneur, en jugement avec votre serviteur, car personne ne saurait être purifié sans que vous lui accordiez la rémission des péchés ; ne l'accablez pas de votre sentence redoutable, mais secourez-le par votre sainte grâce afin qu'il évite la rigueur de vos jugements.»

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

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5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 02:22

L’origine du Notre Père qui êtes aux cieux…

Parmi les nombreuses formules de prières que l'Église approuve et qu'elle met à la disposition des fidèles, il en est une qui doit occuper la première place dans notre estime et dans la pratique de notre vie : c'est le Notre Père.

• Son origine

Cette prière est, en effet, d'origine divine : c'est Nôtre-Seigneur Lui-même qui l'a composée pour ap­prendre à ses apôtres comment prier. Ceux-ci étaient un peu comme nous : négligents à s'acquitter du devoir de la prière. Notre-Seigneur avait beau les talonner et leur répéter qu'il faut toujours prier et ne jamais cesser, ceux-ci ou bien faisaient la sourde oreille, ou bien ou­bliaient vite les recommandations de leur Maître.

Un jour que Jésus revenait à la charge en leur di­sant : « Demandez donc : vous ne demandez jamais rien. Priez ! », les apôtres tentèrent d'excuser leur négligence en disant : « Seigneur, nous ne savons pas prier; mon­trez-nous comment faire. »

C'est alors qu'il leur enseigna la formule du Pater : prière vraiment divine, chef-d’œuvre incomparable tant par la concision et la simplicité de la formule que par la perfection des actes qu'elle contient.

• Le chef-d’œuvre du « Notre Père »

Pour bien comprendre la vérité de cette assertion, il faut se rappeler que l'acte le plus parfait que puisse faire un être doué d'intelligence et de liberté, c'est l'acte de charité par lequel on aime Dieu pour Lui-même ou bien le prochain pour l'amour de Dieu. Cet acte est aussi éminemment salutaire, puisqu'il a la vertu de remettre automatiquement en état d3 grâce celui qui est coupable de péché mortel.

Il s'agit évidemment ici de la charité parfaite, c'est-à-dire de l'amour de bienveillance par lequel on veut du bien à celui qu'on aime. En ce qui concerne Dieu, nous ne pouvons pas, à proprement parler, lui faire du bien, puisqu'il est infini et que l'infini ne peut ni aug­menter ni diminuer en lui-même. Il n'en est pas de même de sa gloire extérieure qui est susceptible de recevoir des accroissements. Nous pouvons donc aimer Dieu de la charité parfaite en voulant qu'il soit glorifié par l'amour, par la louange, par l'adoration et par la soumission de tous les hommes à son adorable volonté, maintenant et dans l'éternité.

A l'égard des hommes, la charité parfaite nous com­mande de leur vouloir le plus grand de tous les biens : le bonheur éternel et les moyens d'y parvenir, c'est-à-dire le pardon des péchés, la grâce sanctifiante et la préservation du mal de l'enfer.

Ajoutons enfin que l'acte de charité du prochain a la même vertu que l'amour de Dieu; il nous obtient le pardon des péchés avant même l'absolution et, si nous avons le bonheur d'être déjà en état da grâce, il nous mérite un degré nouveau de grâce et de honneur éternel.

Grâce à ces remarques préliminaires, il nous sera facile d'apprécier à sa juste valeur la prière qu'un Dieu a bien voulu nous composer pour nous enseigner à prier.

• « Notre Père qui êtes aux cieux »

Dans ces premiers mots, Nôtre-Seigneur nous ap­prend que nous devons nous adresser à Dieu avec la confiance et l'amour d'un enfant envers un Père infini­ment bon et puissant.

C'est dans cette disposition d'âme que Nôtre-Seigneur nous fait ensuite formuler trois désirs qui seront trois actes d'amour parfait envers Dieu et quatre demandes qui sont autant d'actes de charité parfaite à l'égard du prochain. On peut facilement s'en rendre compte en parcourant le texte de la formule.

Les trois premières demandes

• « Que votre nom soit sanctifié »

Cette expression signifie que nous voulons que Dieu soit glorifié, c'est-à-dire qu'il soit loué, adoré, aimé, obéi, béni par tous les êtres intelligents, maintenant et dans les siècles des siècles. Cette première demande, par laquelle nous désirons la gloire de Dieu et le salut de tous les hommes, est donc un acte d'amour parfait de Dieu et du prochain.

• « Que votre règne arrive »

Ces paroles expriment encore le désir de la gloire de Dieu et du salut des âmes. En effet, demander que le règne de Dieu arrive, c'est désirer que Dieu règne sur le monde, d'abord par l'extension et le triomphe de l'Eglise, qui est le royaume de Dieu sur terre; par la grâce sanctifiante dans le coeur de tous les hommes; enfin par le bonheur éternel des élus dans le royaume des cieux.

• « Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. »

Nôtre-Seigneur nous fait exprimer ici le désir que tous les hommes soient soumis sur la terre à la sainte et adorable volonté de Dieu, comme les élus le sont dans le ciel. Cette soumission consiste aussi à accepter de la main de Dieu tout ce qu'il nous réserve dans son plan de Providence jusqu'à la mort inclusivement.

Que ce soit là le sens de cette demande, nous en avons la preuve dans le fait que Nôtre-Seigneur a repris la même formule, pour son propre compte, lorsque à la fin de son agonie il a accepté le genre de mort sanglant et douloureux que le Père avait choisi pour son Fils bien-aimé : « Que votre volonté soit faite et non la mienne. »

Or, saint François de Sales affirme que la soumission de notre volonté à l'adorable volonté de Dieu, surtout en ce qui concerne la mort, est un acte de charité par­faite.

• Conclusion

Et ainsi se termine la première partie de cette prière merveilleuse et vraiment divine que Notre-Seigneur a bien voulu composer Lui-même pour nous enseigner à prier. Il nous fait faire en quelques secondes trois actes d'amour parfait de Dieu, dont deux au moins sont en même temps des actes de charité parfaite du prochain.

Si nous nous rappelons ce que nous avons dit de la valeur et de l'efficacité de la vertu de charité, il faut avouer qu'il est difficile de condenser en si peu de mots autant d'actes salutaires.

Les quatre dernières demandes

La seconde partie du Pater est non moins admi­rable: elle est composée de quatre demandes qui con­tiennent cinq actes d'amour parfait du prochain. Voici le sens de ces quatre demandes :

1. — « Donnez-nous aujourd'hui notre pain quo­tidien »

L'expression « pain quotidien » ne doit pas être prise dans le sens restreint de « nourriture ». De l'avis des meilleurs commentateurs, elle signifie tout ce qui est nécessaire pour notre vie naturelle : nourriture, logis, vêtement, etc., et aussi pour notre vie surnaturelle : grâce sanctifiante, inspirations divines, sacrements et particulièrement le Pain céleste que Nôtre-Seigneur a institué pour la nourriture de nos âmes.

Remarquons que ces moyens nécessaires à la vie temporelle et éternelle, Nôtre-Seigneur nous les fait demander au pluriel, c'est-à-dire pour chacun de nous et pour les deux milliards d'hommes, de femmes et d'enfants qui vivent actuellement dans cette vallée de larmes. Cette première demande contient donc un acte de charité parfaite qui embrasse d'un seul coup toute l'humanité.

2. — « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés »

Cette demande est évidemment un acte de contrition dont l'efficacité est infaillible. En effet, Notre-Seigneur ne nous fait pas demander pardon seulement pour nos péchés personnels; il nous fait demander miséricorde au pluriel, pour les deux milliards d'hommes dont se compose l'humanité actuelle.

Or le pardon des péchés est une grâce incomparable qui comporte non seulement l'effacement de la tache que le péché imprime dans l'âme, mais encore la divi­nisation du pécheur par la production de la grâce sanctifiante et surtout le bienfait incroyable par lequel Dieu se donne Lui-même à son offenseur en lui confé­rant un droit véritable de propriété sur la Trinité tout entière. Il faut en conclure que demander à Dieu de pardonner à tous les hommes, c'est leur vouloir le plus grand des biens, le bien infini. La formule de contrition que Nôtre-Seigneur nous apprend à réciter est en même temps un acte de charité parfaite qui obtient in­failliblement à celui qui le fait le pardon de ses fautes.

« Comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. »

Voilà un nouvel acte de charité d'un mérite spécial, puisqu'il nous fait pratiquer le commandement parfait qui nous oblige à aimer même nos ennemis et à rendre le bien pour le mal.

3. — « Ne nous laissez pas succomber à la tentation »

D'après l'interprétation générale, cette demande si­gnifie : « Ne permettez pas que nous succombions à la tentation » ou, en d'autres termes : « Accordez-nous le secours de votre grâce pour nous aider à éviter le péché. »

Il s'agit donc ici d'une formule de ferme propos qui contient encore un acte de charité parfaite, puisque la grâce d'être préservé du péché n'est pas une faveur que nous demandons seulement pour chacun de nous personnellement, mais pour tous les hommes.

4. — « Mais délivrez-nous du mal »

De quel mal s'agit-il dans cette demande ?

Les théologiens distinguent trois catégories de maux :

II y a, d'abord, les maux d'ordre physique : souf­frances de toute sorte, du corps et de l'âme, qu'on désigne sous le nom d'épreuves et qui sont le lot com­mun de tous ceux qui vivent dans cette vallée de larmes.

On peut évidemment demander à Dieu de nous épargner ce genre de maux, mais personne ne peut raisonnablement espérer être complètement à l'abri dans ce domaine. Il y a des épreuves inévitables aux­quelles toute personne sensée doit se résigner : telles sont, entre autres, les séparations, les deuils, la mort...

Ces souffrances font d'ailleurs partie des maux que les philosophes appellent « accidentels », parce que, s'ils sont un mal sous un rapport, ils peuvent être un très grand bien sous un autre rapport. Il suffit, par exemple, de les accepter de la main de Dieu pour en faire un bien qui dépasse en valeur toutes les richesses d'ordre naturel. C'est précisément cette soumission à l'adorable volonté de Dieu que Nôtre-Seigneur nous enseigne à faire lorsqu'il nous fait dire : « Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. »

II y a, en second lieu, le mal moral, c'est-à-dire le péché. Mais il ne peut s'agir de ce genre de mal dans la demanda présente, puisque, dans les deux demandes précédentes, nous avons déjà imploré Dieu d'en être délivrés en le suppliant de nous pardonner nos pé­chés passés et de nous en préserver à l'avenir par le secours de sa grâce.

Reste enfin le mal suprême : la damnation éternelle, mal que les théologiens qualifient d' «essentiel», car il ne peut être un bien sous aucun rapport.

C'est évidemment de ce mal de la damnation éter­nelle qu'il est surtout question dans la quatrième de­mande et nous supplions « Notre Père qui est aux cieux » d'accorder à tous ses enfants la grâce d'une bonne mort afin de les préserver du sort terrible de l'enfer éternel.

La deuxième partie de l'oraison dominicale se ter­mine donc par un cinquième acte de charité parfaite.

En résumé,  dans le Notre Père, qu'on peut réciter en quelques secondes, Nôtre-Seigneur nous apprend d'abord à nous adresser à Dieu avec la confiance filiale d'un enfant envers son père; il nous fait faire ensuite trois actes d'amour de Dieu, dont deux sont en même temps des actes d'amour du prochain; et la prière se termine enfin par cinq actes de charité parfaite envers le prochain. Le pécheur qui récite cette prière atten­tivement et avec sincérité recouvre infailliblement l'état de grâce et celui qui a le bonheur de posséder déjà la grâce sanctifiante obtient une augmentation de plusieurs degrés de cette même grâce.

On est donc en droit de conclure que le Notre Père est une prière vraiment divine, un chef-d’œuvre de simplicité et de concision. Ici, aucune prétention à la littérature, aucun raisonnement savant; l'on va droit au but. Les actes d'amour jaillissent du coeur à coups ré­pétés, comme les explosions d'un feu d'artifice.

Il est à remarquer que Nôtre-Seigneur, dans la se­conde partie du Pater, nous fait prier uniquement au pluriel. Par là, l'oraison dominicale diffère d'un trop grand nombre de prières savantes et éloquentes, où le « moi » et le « je » émaille toutes les phrases.

Malgré l'extraordinaire perfection de sa formule, la récitation du Notre Père ne produit pas toujours les effets salutaires que nous avons signalés au cours de cet article. Deux défauts surtout contribuent à en dimi­nuer l'efficacité ou même à la rendre stérile.

• Il y a d'abord le manque d'attention

Le Notre Père est une des premières prières que nous avons apprises par coeur. On nous l'a enseigné à un âge où il nous était impossible d'en saisir le sens; nous l'avons ensuite récité pendant des années d'une façon toute machinale et sans penser au sens des paroles.

L'habitude prise au cours de notre enfance de marmonner nos prières sans penser à rien à la tendance na­turelle de durer toute la vie et elle est fort difficile à dé­raciner. Pour la combattre, les maîtres de la vie spiri­tuelle conseillent de réciter de temps en temps quelques-unes de nos prières lentement, en laissant quelques secondes entre les groupes de mots qui forment un sens complet, afin de pouvoir ainsi réfléchir suffisamment au sens de la prière. C'est ce que l'on devrait faire chaque jour pour le Notre Père; et le temps qui semble le plus approprié pour cet exercice, c'est le matin, immédiatement après le réveil. On est sûr ainsi de commencer la journée en état de grâce et le coeur rempli d'amour de Dieu et de charité envers notre prochain.

• Il y a ensuite l'égoïsme

Le second défaut qui vicie notre récitation du Pater, c'est la tendance instinctive que nous avons tous de faire au singulier les demandes que Nôtre-Seigneur nous fait faire au pluriel. En effet, nous sommes tous égoïstes par nature; nous sommes portés à penser d'abord ou uniquement à nous-mêmes; notre salut nous intéresse et le salut des autres nous laisse indifférents. Il arrive donc que quand nous disons : « Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien », dans notre intention et notre pensée, ces mots ont le sens de : « Donnez-moi » et « pardonnez-nous nos offenses » devient : « Pardonnez-moi... »

II faut réagir contre cette tendance égoïste et se rap­peler que le moyen le plus efficace d'obtenir beaucoup pour soi, c'est de demander beaucoup pour les autres. Nôtre-Seigneur, en effet, nous a avertis expressément qu'on nous traitera avec la même mesure que nous aurons traité les autres.

Fin

Extrait de : Le Pater  Médité… Père A. Bettinger  

Elogofioupiou.over-blog.com

 

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