LES PÉCHEURS, qui méprisent le Crucifix, seront rejetés… (14)
Les Plaies de N.S. J.-Christ sont des sources de grâces pour les pécheurs, et des leçons éloquentes pour les âmes religieuses :
« Il y a bien longtemps, — c'est toujours Jésus qui parle, — que je désire vous voir distribuer les fruits de ma Rédemption ! Vous faites maintenant ce que je veux pour le salut du monde. A chaque mot que vous prononcez du chapelet de la miséricorde, je laisse tomber une goutte de mon Sang sur l'âme d'un pécheur.
« Les hommes foulent aux pieds mon Sang, je veux que vous, mes épouses, vous m'aimiez et travailliez pour mon amour.
« Si, avec toutes les richesses dont mes Plaies sont remplies pour vous, vous n'en profitiez pas, vous seriez bien coupables...
« Les âmes qui ne vénèrent pas mes saintes Plaies, et qui, au contraire, les ridiculisent, ces âmes-là, je les rejette.
« Les pécheurs méprisent le Crucifix : je prends patience, mais un jour viendra où je me vengerai.
« Viens avec ton cœur, mon épouse, viens avec ton cœur bien vide, parce que Moi, j'ai de quoi le remplir : viens à la conquête des âmes. »
Et lui faisant voir dans le monde une quantité de pécheurs : « Je te les montre, afin que tu ne perdes point de temps. »
En temps de Carême ou de Retraites, la vision de Jésus souffrant durait parfois des journées entières :
« Ma fille, j'ai autant souffert pour une seule âme, que pour toutes ensemble... La Rédemption a été abondante ! Et le Sang rédempteur coulait à flots des blessures adorables, et Jésus murmurait avec amour : « C'est le Sang de ton Époux !... de ton Père !... C'est pour vos âmes qu'il a été versé ! Il n'y a que Moi qui puisse verser ainsi ce Sang divin !... Ma fille, je suis ton Époux ! Je suis tout à toi pour les âmes !... »
Quelquefois, elle voyait la Justice de Dieu irritée, prête à s'appesantir sur le monde : « Ne me prie pas, je veux punir, disait le Christ dans son indignation. « Le monde, pour être régénéré, aurait besoin, d'une seconde rédemption. ».
Le Père Éternel, intervenant, déclarait : « Je ne puis donner mon Fils une seconde fois. » Mais notre Sœur comprenait que, par l'offrande réitérée des saintes Plaies, nous pouvions opérer cette rédemption.
A mesure qu'elle les offrait, elle voyait la colère divine se changer en une douceur de grâce qui se répandait sur le monde.
« Ma fille, disait une autre fois le Seigneur Jésus, il faut remporter la palme de la victoire : elle vient de ma sainte Passion... « Au Calvaire, la victoire paraissait impossible, et cependant, c'est de là que mon triomphe a éclaté. Je désire, constamment que vous profitiez de ma Rédemption par la correspondance à mes grâces que tant d'hommes méprisent... »
Notre-Seigneur l'épouvanta en lui donnant une vue de sa Justice excitée par les péchés des hommes... Alors, tout éperdue, elle s'écria, en s'humiliant profondément : « Mon Dieu, ne regardez pas notre misère, mais regardez votre miséricorde. »
Et elle recommençait à apaiser le Sauveur par les invocations multipliées aux saintes Plaies.
«Offre-les moi souvent pour me gagner des pécheurs, encourageait le bon Maître, car j'ai faim des âmes !... »
(À suivre)
Extrait de : Sœur Marie Marthe Chambon de la Visitation Sainte-Marie de Chambéry. Monastère de la Visitation. 1937
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