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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 09:25

Les sept péchés capitaux sont  …                   

L'orgueil, l'avarice, l'envie, la luxure, la gourmandise, la colère et la paresse.

Est orgueilleux celui qui se glorifie en s'attribuant à lui-même ses propres qualités en ne reconnaissant pas ce qu'il doit à Dieu, puis méprise les autres. L'orgueil est source d'une ambition fausse, d'arrogance, de vanité, d'hypocrisie, de la tartufferie (Absalon, les Phari­siens, Lucifer). « Dieu résiste aux orgueilleux » (Je 4:6). Nous triom­phons de l'orgueil par l'humilité chrétienne.

Est avare celui qui attache son cœur à l'argent et aux biens et se mon­tre dur pour les pauvres. L'avarice est source de la dureté de cœur, d'insensibilité au malheur d'autrui, de vol et de mensonge ( Judas). On triomphe de l'avarice par la générosité et par la charité.

Est envieux celui qui est jaloux du bien spirituel ou temporel du pro­chain. L'envie est source de jalousie, de calomnie, d'insultes, de la tendance aux commérages, des disputes et de la haine (Caïn, les frères de Joseph). On triomphe de l'envie par la justice, l'amour et la bien­veillance. Il faut rapporter à l'envie la mauvaise joie, lorsqu'on se réjouit du malheur des autres. La mauvaise joie est source de médi­sances, de calomnies, de moqueries (les ennemis du Christ, la méchante femme de Salomon). On triomphe de la mauvaise joie par la com­misération, la sympathie dans la misère d'autrui et la miséricorde.

Pour ce qui est de la luxure, soit le 6e et 9e commandement de Dieu, nous y reviendrons dans le prochain blog.

Est gourmand celui qui boit et mange avec excès et pour le seul plai­sir. La gourmandise est source de luxure, d'ivrognerie; on nuit à sa santé, on ne se retient pas, on est capable de commettre un crime et s'adonner aux vices (le mauvais riche, Hérode). On triomphe de la gourmandise par la modération, la maîtrise de soi, le jeûne et par un ordre de jour bien fait.

Est coléreux celui qui ne maîtrise pas ses émotions et repousse avec violence ce qui lui déplait. La colère est source d'inimitié, de dispute, d'aigreur, de rancune, de procès, de blessures corporelles et d'homi­cide (Saül contre David, Hérode l'assassin des enfants). Ceux qui ne se dominent pas deviennent durs et aveugles envers les autres, même à l'égard de leurs parents ou de leurs frères et sœurs. - On triomphe de la colère par l'égalité d'âme, la douceur, l'esprit conciliant, la patience. Il y a aussi la colère juste, maîtrisée et sainte (Moïse, Jésus lorsqu'il chassa les vendeurs du temple).

Est paresseux celui qui recule devant l'effort et le travail et qui néglige ses devoirs. La paresse est source de légèreté, de négligence dans l'accomplissement du devoir d'état, de la pauvreté coupable, de la vulgarité, du découragement (la parabole du serviteur coupable).

On triomphe de la paresse par l'amour du travail, le courage, la fidé­lité aux devoirs, la serviabilité et par la ponctualité.

NOTE : Il faut éviter ces péchés mortels et s’en corriger.  Voilà pourquoi il faut bien prier. C’est le but de mon blog.

Extrait du : Catéchisme de l’Oratoire

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 09:56

LE  PRIX DE  NOIRE ÂME…                

mes frères, Le roi David considérait un jour les œuvres de Dieu et il était ravi. Il regarda d'abord le ciel, et il lui semblait le voir briller des feux de ces milliers d'étoiles qui, par les belles nuits d'Orient, scintil­lent à sa voûte; il entendit l'harmonieux concert que forment les sphères en roulant dans l'immensité de l’espace.

Ses regards s’abaissèrent sur la terre, et elle lui apparut avec sa fécondité, la parure de ses fleurs, la majesté de ses montagnes, avec la ceinture azurée des mers dont Dieu l'environna au premier jour du monde : et à la vue de ces merveilles, il ne put contenir ses trans­ports et entonna ce beau cantique : Domine, Dominus noster…

Mais voilà qu'au centre de l'univers, il aperçoit un être plus beau que les autres. A sa démarche, à son regard, à l'intelligence qui rayonne sur son front, il a reconnu le roi du monde : il le salue alors avec respect, et poursuivant son cantique de louange : « Mon Dieu, s'écrie-t-il, de quelle gloire vous l'avez couronné ! Il n'est rien ici-bas qui égale sa grandeur; vos anges seuls sont au-dessus de lui, et encore, est-ce bien peu ! »

Qu'est-ce donc que cette créature qui ravit ainsi le royal prophète ? C'est l'homme !

Qu'est-ce que l'homme? L'homme, dit le caté­chisme, est une créature raisonnable, composée d'un corps et d'une âme; et volontiers je le com­pare à ces temples merveilleux que la foi des vrais chrétiens a élevés au moyen âge, à la gloire de Jésus-Hostie.

Entrez dans une église. Vous y admirez des colonnes élancées, des voûtes hardies, des lignes harmo­nieuses et tout un travail de sculpture et d'ornemen­tation qui manifeste à tous les yeux le génie de l'ar­chitecte. Pourquoi tant de richesses artistiques, sinon pour l'Hôte divin qui réside là-bas, sous les voiles eucharistiques au fond du sanctuaire ?

Ainsi l'homme. Vu de l'extérieur, c'est déjà tout un monde de merveilles : et la vivacité du regard, et la majesté de la démarche, et la dignité de sa pose, et la beauté de ses traits, nous disent mieux que la parole la plus éloquente, la puissance et la sagesse de Celui qui l'a créé.

Mais, pour quel hôte invisible Dieu a-t-il cons­truit ce superbe édifice ?

Il l'a construit pour l'âme et l'âme est le moteur intelligent qui, si je puis parler ainsi, du fond de son sanctuaire, donne le mouvement à la machine savamment organisée. Il est raconté qu'un soldat suisse avait ramassé sur le champ de bataille de Morat une petite pierre qui brillait d'un éclat extraordinaire, mais qui cependant ne lui  paraissait être qu'un simple mor­ceau de cristal. Il  fut  tout heureux de la vendre pour quelques pièces de monnaie.  C'était le plus riche diamant de la maison des ducs de Bourgogne. Il n'en connaissait pas la valeur. Est-ce que vous ne commettez pas une méprise qui des conséquences plus graves encore ? Que pensez-vous de votre âme ? Pour vous faire connaître le prix de votre âme, je vous dirai, mes Frères, qu'elle est la grande préoccupation de la Trinité tout entière.

Votre âme est la grande préoccupation de la Trinité tout entière : le Père l'a créée.

Votre âme est la fille et l'image de Dieu.

Nous le disions tout à l'heure : toutes les créatures sont belles! Venant de Dieu, elles manifestent quelque chose de sa puissance, de sa sagesse et de sa bonté.

Oui,  beau est le firmament d'où jaillissent des torrents de lumière !

Belle est l'étoile dont la douce clarté dirige, pen­dant le calme des nuits, le pilote sur les flots!

Belle est la mer, soit qu'elle s'élance jusqu'aux nues, soit que silencieuse elle repose dans ses gouf­fres profonds!

Belle est la terre avec ses vallées qu'arrosent les fleuves, et ses montagnes où habitent les aigles, et ses riches sillons où mûrissent les épis!

Pour créer ces merveilles, Dieu se contenta de jeter sa parole sur le néant :

« Que la terre soit », et à l'instant même, la terre se déroula dans l'espace.

« Que la lumière soit », et le firmament resplen­dit, et de ses feux illumina l'univers.

« Que la vie s'épanouisse », et la vie, accourant par des chemins secrets et mystérieux, s'épanouit en plantes et en fleurs, en arbres et en fruits. Mais tout à coup...

Dieu s'arrêta. Les trois personnes de la Trinité Sainte se recueil­lirent; elles se consultèrent,  elles délibérèrent : on eût dit qu'elles ramassaient tout ce qu'elles avaient d'énergie créatrice pour une œuvre suprême.

Il s'agissait de former l'homme, corps et âme à la fois, admirable dans son corps d'une merveil­leuse structure, bien plus admirable encore dans son âme; car, son âme, Dieu voulait qu'elle fût son portrait, et qu'en elle se reproduisissent les traits de sa perfection infinie.

Alors Dieu prononça cette parole, — révélation sublime de sa tendresse et de notre grandeur : « Fai­sons l'homme à notre image et à notre ressem­blance. » Puis, prenant du limon de la terre, il en fabriqua le corps, et se penchant avec amour sur cette boue pétrie, sculptée de ses propres mains, il y jeta un souffle, un soupir. C'est l'âme, souffle de l'esprit de Dieu, soupir de son amour. Et voilà l'homme debout, les yeux au ciel, façonné, disent encore nos saints livres, en une âme vivante, image de la divinité.

 

Arrêtons-nous un instant à considérer en nous ! Les traits divins.

Vous avez été frappés quelquefois des ressemblan­ces profondes qu'on remarque entre un fils et son père : c'est le même regard,  le même sourire,  la même physionomie. Ah! Si, déchirant les voiles qui couvrent vos yeux, Dieu vous montrait votre âme, et se montrait lui-même, vous seriez bien autrement frappés de la ressemblance qu'il y a entre le père sa fille, entre votre âme et Dieu...

Cette ressemblance, bien que vous ne puissiez pas la voir, vous  pouvez cependant en découvrir quelque chose, car, enfin, mes Frères, qu'y a-t-il en Dieu?

Dieu est Trinité. Semblable à Dieu le Père, l'âme a l'être; semblable à Dieu le Fils, elle a l'intelligence; semblable à Dieu  le  Saint-Esprit, elle a l’amour; et cet être, cette intelligence, cet amour, et une même vie, une seule âme tout comme trois adorables personnes de la sainte Trinité ne forment qu'un seul Dieu.

Dieu se connaît, et en se connaissant il s'aime, et en s’aimant il jouit d'un bonheur infini. Et les âmes sont ses destinées ? Connaître Dieu, l'aimer, et par sa connaissance et son amour, mériter le souverain bonheur.

Dieu est esprit. En lui rien de matériel, rien qui tombe sous les sens, rien qui se partage, parce qu'il est la plénitude de l'être, l'être infini. Et notre âme, n'est-elle pas esprit comme Dieu, simple et indivi­sible comme lui ? Voyez le corps : là tout est multi­ple, complexe; ce ne sont qu'éléments qui s'unis­sent, qui se séparent, qui changent et se succèdent. Dans l'âme, au contraire, tout échappe aux sens : impossible de la voir, de la saisir, de la décomposer et si vous y recherchez des parties, elle s'évanouit à vos yeux.

Dieu est libre. Il ne dépend de rien et tout dépend de Lui. Notre âme, elle aussi, est libre : libre dans ses pensées, libre dans sa volonté, libre dans son cœur, libre et tellement maîtresse de soi que ni le Créateur ni les créatures n'ont de puissance sur sa volonté que par le consentement de sa volonté même.

Dieu est immense. Partout où quelque chose vit, subsiste, Dieu est là. Eh bien! Par sa nature notre Âme partage, dans un certain degré, l'immensité de Dieu.  Vous êtes plus grands que l'espace. Aucune distance ne peut limiter vos conceptions et vos cal­culs.  Une seule de vos pensées est plus vaste que l'univers.  Nulle immensité n'est assez large pour l'envergure de vos ailes et le déploiement de votre vol.

Dieu est éternel. Il était avant les siècles, il est au­jourd'hui, il sera dans les âges sans fin; et, si mon âme n'était pas hier, elle vivra, pour la gloire ou l'ignominie dans son incommensurable éternité.

Dieu est souverain. Il règne en maître sur la terre, au ciel et jusque dans les enfers. Ainsi l'âme est reine et souveraine, l'univers entier a été mis à ses pieds. L'homme est roi.

Enfin   Dieu ne   trouve sa   béatitude   qu'en   lui-même.

C'est là le dernier trait de ressemblance de votre âme avec son Auteur, elle ne  trouve sa béatitude qu'en Dieu. Il n'est pas difficile de le prouver.

Avez-vous rencontré sur la terre un seul homme qui ait trouvé ici-bas un bonheur parfait ?  Non. Salomon remplit l'Orient du bruit de son nom, est-il heureux ? Voyez-le branler la tête et jeter à tous  les siècles ces mélancoliques paroles : « Vanité des vanités et tout est vanité ! » Les passions rempliront-elles mieux le cœur? St-Augustin a goûté toutes les délites de la voluptueuse Afrique, elles n'ont pu lui suffire... Il a épuisé la coupe des plaisirs, et son âme est vide, et voici qu'il s'écrie, tout désenchanté : « Je me suis devenu à moi-même une région d'indigence et de douleur ! » Non, ni la richesse, ni la gloire, ni les passions   ne   peuvent   rendre   l'âme   heureuse.   La science elle-même, si noble et si pure, ne peut la satisfaire, car la science a des mystères et notre âme besoin de lumière sans   ombres.  L'amour   d'un père, l'amour   d'une   mère, l'amour   d'un  enfant, toutes ces affections si vives et si douces n'y suffisent pas non plus.

Notre cœur, mes Frères, est un abîme. Jetez-y toutes les joies de la  terre, elles y produiront tout au plus, comme on l'a dit, l'illusion une pierre qui tombe dans un gouffre : le gouffre reçoit, tressaille et subsiste. Dieu seul, Dieu seul peut le combler, parce que, seul, II est infini.

C'est ce qui faisait dire à Lamartine s'adressant à Dieu :

Mon âme est un rayon de lumière et d'amour.

Qui  du foyer divin  détaché pour un jour,

De désirs dévorants loin de toi consumée,

Brûle   de  remonter  à  sa  source enflammée.

 

Extrait de : Retraite sur les Grandes Vérités. Père J. Millot. (1922)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

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12 janvier 2018 5 12 /01 /janvier /2018 18:26

Nous devons servir Dieu…                     

Dès que Dieu commande il faut obéir;

Dès qu'il défend, il faut se soumettre;

Dès qu'il révèle et qu'il enseigne, il faut croire;

Dès qu'il impose une reli­gion, il faut la pratiquer.

Comment servir Dieu?

Il  faut le servir unique­ment,  parfaitement,   constamment.

Et d'abord, le service de Dieu nous réclame tout entier. « L'on trouve des personnes, dit saint Fran­çois de Sales, qui veulent bien se donner à Dieu, mais elles veulent néanmoins toujours se réserver quelque chose. Je veux me donner à Dieu, disent-elles,  mais non pas si absolument que le monde n'y ait encore quelque part.

Je me contenterai de rendre à Dieu ce qui est dû à Dieu, et réserverai ce qui est dû au monde, sans toutefois rien faire qui offense sa divine Majesté ni qui soit contraire à sa sainte loi. »

Quelles illusions! L'Évangile nous dit : « Nul ne peut servir deux maîtres; s'il chérit l'un, il aura l'autre en aversion. »

Le vrai chrétien sert Dieu parfaitement. Il le sert dans les petites comme dans les grandes choses. Pas un iota, pas un point de la divine loi qui ne soit l'objet de sa respectueuse attention et de sa reli­gieuse observance. Il veut que tout contribue à la gloire de son Maître. Au lieu de perdre le menu de sa vie, il le recueille précieusement; il offre ses pe­tites actions, ses soupirs, les moindres palpitations de son cœur, et Dieu accepte tout, parce que tout ce que transforme son saint amour, dit un pieux auteur, contient la semence du ciel.

Il faut servir Dieu constamment. Pourquoi?

Parce que le domaine de Dieu est un domaine éternel et qu'en conséquence il n'y a pas un seul moment qui ne doive lui être consacré.

Le désordre est que nous voulons être à Dieu, mais toujours pour l'avenir, et jamais pour le pré­sent. Nous voulons être à Dieu quand nous n'aurons plus à lui présenter qu'une vie usée et inutile; être à Dieu quand nous aurons donné à nos passions tout le loisir et tous les moyens de se satisfaire; être à  Dieu quand il nous plaira et non quand il lui plaît.

Est-ce là honorer Dieu?

Non, c'est l'outrager.

Mes Frères, connaître, aimer, servir Dieu, gagner |le ciel, voilà votre fin dernière. Travailler pendant quelques années, souffrir   peut-être, pleurer  peut-être, et puis, passer à travers la tombe et aller jouir de Dieu dans des siècles sans fin! Sortis de Dieu, notre principe, nous allons à Dieu, notre fin; nous allons à Dieu comme les fleuves vont à l'océan : le tombeau ne garde pas notre âme. Vous avez voyagé  en   chemin de fer? Vous   êtes entrés   avec   la  bruyante   machine   dans un   souterrain, c'était la nuit; puis tout à coup la lumière reparaissait : voilà l'image des transformations que !a mort opère en nous. Le tombeau est comme le souterrain, on y passe, et de l'autre côté, on retrouve la lumière éternelle, la vie, une vie plus heureuse, plus durable que celle-ci.

Au XIVe siècle mourait, dans une cellule du Carmel, une princesse qui avait échangé son manteau contre la robe de bure de la religieuse. Le dernier conseil de la bienheureuse Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne, aux pieuses filles qui l’entouraient, fut celui-ci : « Soyez des âmes loyales à Dieu. » Il me semble que cette parole résume bien l’instruction que vous venez d'entendre. Oui soyez des âmes loyales à Dieu.

Vous venez de Dieu, vous allez a Dieu; que rien ne vous coûte lorsqu’il s'agit d accomplir sa volonté, de soutenir ses droits et de procurer sa gloire.  Ainsi soit-il.

Extrait de : Retraite sur les Grandes Vérités. Père J. Millot. (1922)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

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11 janvier 2018 4 11 /01 /janvier /2018 10:45

Que devons nous faire ici-bas …                       

Pour allez à Dieu, nous devons mes Frères, faire passer  cette vérité qui a été démontrée précédemment, par la pratique et la gou­verne de votre vie ?

Il en résultera naturellement ceci, car vous devrez ordonner à cette fin toutes vos opérations, tous vos actes; plus simplement, que vous devrez vous appliquer à connaître, à aimer, à servir ce Dieu à qui vous devez tout.

1° Vous devez connaître Dieu,

Le premier besoin de notre âme est de connaître. Le premier objet qu'elle poursuit, est donc la vérité. Ce besoin se manifeste dès le moment où nos yeux commencent à s'ouvrir à la lumière et durant tout le cours de notre vie, nous en subissons l'influence.

L'ignorance nous pèse, le doute nous tourmente. Nous cherchons la vérité avec non moins d'avidité que les aliments destinés à nourrir notre corps; et, pour y parvenir, nous devrions nous livrer à des recherches et à de longues méditations.

Mais s'il est une vérité que nous devons nous ap­pliquer à connaître de toute la force de notre intel­ligence, c'est celle qui a pour objet Dieu lui-même. Il faut connaître Dieu ! J'entends des voix qui me disent: « Mais non, je n'ai pas besoin de connaître Dieu! Je m'occupe de mes affaires. Je vois ce qui m'est utile; je fais le tour de ma maison et de ma petite existence, mais je ne me demande point et je ne veux même pas me demander si Dieu est, ni ce qu'il peut être... Oui, il y a des âmes qui ont cette allure et qui vivent dans cet état. Eh bien! Si lé­thargique que soit leur sommeil, si complet que soit leur enivrement, je m'adresse à elles et je leur dis : Il faut connaître Dieu. Dieu n'est pas un étranger. Il est le maître et nous sommes ses serviteurs, il faut songer à lui. Il faut... comprenez bien ce mot, c'est vous dire que c'est une véritable nécessité.

Il n'est pas nécessaire que vous ayez des talents, de la fortune, des plaisirs, une position honorable dans la société... il n'est pas nécessaire que vous ayez une longue vie... il n'est pas nécessaire que vous soyez au monde, mais supposé que vous exis­tiez il est nécessaire que d'abord vous connaissiez Dieu! C'est votre devoir le plus élémentaire et le plus essentiel.

Quoi ! Dira aurait été prodigue de ses dons. Il vous aurait octroyé la vie avec tous les biens qui la constituent. Pour vous Jésus-Christ serait né dans une crèche, pour vous il aurait grandi dans la pau­vreté, pour vous il aurait vécu, pour vous il serait mort, mort dans l'opprobre et dans les ignominies du dernier supplice, pour vous il aurait bâti l'Eglise, mis son Évangile sur les lèvres des Apôtres et l'amour de vos âmes dans leur coeur, pour vous il aurait dressé l'autel du sacrifice et la table eucha­ristique, et vous vous en iriez traversant le monde, légers, distraits, insouciants, jetant à peine un re­gard sur la croix, donnant à peine vu souvenir à votre Sauveur, refusant à votre Dieu une minute de réflexion. Vous feriez cela, et vous croiriez que tout serait fini! Non, on ne joue pas avec l'amour d'un Dieu.  Il faut connaître Dieu, c'est un devoir.

Et vous, chrétiens fidèles, où en est votre foi ? Avez-vous une foi en rapport avec votre âge et avec l'ensemble de votre instruction ? Ou bien ne vous en êtes-vous pas tenus au petit bagage de vos premières leçons de catéchisme ? Remplissez-vous vos devoirs intellectuels vis-à-vis de la religion : l'étude, la réflexion, le jugement, la culture ?

Questions bien importantes que vous devez vous poser…

Vous devez aimer Dieu.

Un homme illustre qui fut pair de France et aca­démicien, Montalembert, se promenait un soir, triste et préoccupé, dans le parc de son château de la Roche-en-Brény; il rencontra l'une de ses filles, âgée de cinq ans, accompagnée de sa gouvernante : « Mon enfant, lui demanda-t-il gravement, pourquoi êtes-vous en ce monde ?

Pour vous aimer ! » Ré­pondit-elle en se jetant dans ses bras.

Oh! La charmante réponse, qui fut un baume pour le cœur angoissé et souffrant du père! Oh! La gra­cieuse et profonde leçon que nous donne cette jeune enfant ! Pourquoi nous avez-vous mis en ce monde, ô mon Dieu ?  Pour vous aimer !

On peut aimer Dieu d'un amour intéressé, par reconnaissance de ses bienfaits passés, par espérance de ses bienfaits à venir; cet amour est bon, quoiqu’imparfait, il est dû à notre suprême bienfaiteur et nous ne saurions trop en multiplier les actes. Penser aux bontés de Dieu pour l'en remercier ou les lui demander, y a-t-il rien de plus saint et de plus sanc­tifiant?

Penser à la bonté de Dieu en lui-même, à ses per­fections, pour l'aimer d'un amour pur et désinté­ressé, c'est la charité, et l'état de grâce qui n'est que l'état de charité nous donne la force et nous met en état d'en produire les actes. C'est le vrai amour filial: quel est le cœur du fils qui calcule exactement les bienfaits d'un père pour en faire la juste mesure de sa tendresse ? C'est l'amour proprement dit : car n'aimer le don ou le donateur qu'à cause du don, ce n'est plus aimer ou c'est alors n'aimer que soi. Pour accomplir le précepte qui nous oblige à ai­mer Dieu, il n'est pas nécessaire d'avoir de grands talents, de grandes lumières : témoin le fait suivant. Un religieux occupé aux plus humbles travaux du monastère, vint un jour trouver saint Bonaventure et lui dit : « Que faut-il faire pour être sauvé ? — Il faut être en état de grâce. » — « Quoi !  reprit le re­ligieux, un homme ignorant peut aimer Dieu aussi parfaitement que le plus grand docteur ?» — « Oui, répliqua saint Bonaventure, et même il y a plus : une pauvre femme du peuple peut aimer Dieu plus qu'un théologien célèbre. » A ces mots, le religieux transporté de joie va dans le jardin et se tenant à la porte qui était sur le grand chemin : « Venez, dit-il, gens simples et sans lettres, venez tous aimer Nôtre-Seigneur; vous pouvez l'aimer autant et plus que le Père Bonaventure et les plus habiles doc­teurs. »

(A suivre avec : Comment devons nous servir Dieu…)

Extrait de : Retraite sur les Grandes Vérités. Père J. Millot. (1922)

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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 10:23

allez-vous … est-ce une course à la mort…              

Demandez à la plupart des hommes où ils vont ?

Avez-vous déjà considéré d'un regard réfléchi cette multitude d'hommes qui compose l'humanité ? Voyez comme ils s'agitent sur la terre. Ils vont et viennent, courent dans toutes les directions, tou­jours pressés, poussés par une activité fiévreuse qui ne leur laisse pas un instant de repos.

Chacun d'eux paraît sur la terre à un moment bien précis, prend part à cette course échevelée qui s'ap­pelle la vie, puis disparaît emporté par la mort. On le met en terre, un autre le remplace jusqu'au mo­ment où il tombe lui-même dans le même sépulcre. Il y a un milliard quatre cents millions d'hommes qui prennent part à chaque instant à cette course à la mort. Interrogez ces agités. Demandez-leur ce qu'ils font? Ils vous répondront que la vie, que leur vie est dans le mouvement. Et après, demandez-leur quel est le but qu'ils se proposent d'atteindre ? Combien vous répondront loyalement : Ils n'ont pas le temps de penser à ce qui les attend après.

Après ? Pour eux, c'est la jouissance de demain. De leur fin, ils ne savent rien ou ils ne veulent pas s'en tourmenter. Ils vont au hasard, recherchant droit devant eux les chemins où la marche sera plus facile et plus douce. Ils sont emportés comme les feuilles mortes quand le vent tourne et retourne à l'au­tomne, ils marchent au hasard jusqu'à l'effondre­ment final et la chute dans le vide béant de l'in­connu...

Ils tombent alors avec le grand cri de  suprême épouvante : « Ah ! Mourir, mou­rir...! Est-ce que je dois mourir, moi ? » En vérité, on dirait qu'ils ne savent pas qu'on doit tous mourir !

O foule insensée! Tu viens de Dieu, tu retournes à Dieu et tu ne t'en doutes pas!... Le monde ressem­ble, sous ce rapport, aux eaux des fleuves. Sorties de l'Océan, elles roulent vers lui leurs flots plus ou moins rapides, mais fatalement, elles y aboutissent. Que vous le vouliez ou non, sortis de Dieu vous devez re­tourner à Dieu.

 

Vous devez retourner  à Dieu.

C'est un principe, que tout être a sa fin là où il a pris son commencement.

Suivant le mot de Joseph de Maistre, « l'homme décrit une courbe fermée, qui s'achève au point même où elle a commencé ». Sorti des mains de Dieu, il doit donc retourner à Dieu.

Son corps, tiré de la poussière, sera rendu à la poussière. Mais son âme, créée par Dieu, reviendra à Dieu.

Vous êtes donc, ô mon Dieu, mon inévitable fin. Bon gré mal gré, après une course rapide sur cette terre d'exil, je rentrerai en vous. Vous m'avez fait, pour vous-même et vous ne permettez pas que je vous échappe. Même si je suis infidèle et si j'abuse de vos dons, je finirai à vos pieds, mais ce sera pour mon éternel malheur. Faites donc, Seigneur, que je vous sois fidèle, afin que lorsque j'arriverai en vous comme la pierre qui tombe vers son centre, j'y trouve un éternel repos.

Je le reconnais, ô mon Dieu, il serait aussi injuste que vain de prétendre fuir loin de vous. Si j'étais assez fou pour le tenter, une force invisible me ra­mènerait infailliblement vers vous. Puissé-je accom­plir de bon cœur, avec l'élan d'une âme aimante, cette loi, au fond bien douce, que m'impose la na­ture d'aller à Vous ! Je suis votre œuvre, je vous ap­partiens; dès maintenant je veux tout vous rendre par  ma  reconnaissance.   Vous  êtes  mon  père,  de vous je tiens la vie; je veux vous en faire don par un filial amour. Vous êtes mon rémunérateur, de vous seul j'attends le fruit de mes labeurs et la compen­sation de mes souffrances; je ne veux plus rien cher­cher hors de vous. Vous êtes mon héritage, et vous me comblerez de vos biens; je veux traverser l'exis­tence présente comme un étranger qui marche vers sa patrie.

 

3° Ne soyez donc pas des insensés en vous attachant uniquement aux biens de ce monde.

Vous n'êtes pas créés uniquement pour les plaisirs. Ces plai­sirs, les jours où vous en jouissez sont si rares, mes Frères; les impressions qu'ils laisseront en vous seront si fugitives; les suites qu'ils entraîneront après eux seront si amères !

Vous, pauvres humains, créés pour les plaisirs ? Ah! Il faudrait plutôt dire que vous êtes voués à la tristesse et aux larmes, tant elles sont le fréquent partage, le lot ordinaire de l'humanité !

Vous n'êtes pas créés pour la richesse. Il y en a si peu qui arrivent à s'emparer de la fortune ! Le plus grand nombre ne la connaîtra jamais. Et puis les quelques biens que vous possédez, à la mort, il faudra les laisser, sans pouvoir en emporter la moin­dre parcelle. Et ce serait pour cela que Dieu vous aurait donné l'intelligence et une âme immortelle ? Non, non, vous êtes nés pour de plus grandes choses.

Vous n'êtes pas créés pour les honneurs, la gloire, pour les positions plus ou moins brillantes. Tout cela est encore plus rare et plus fragile que la for­tune. Les honneurs, la gloire, les positions bril­lantes, mais ce ne sont pas toujours les plus méri­tants, les plus vertueux qui les obtiennent. Dieu n'a pu vous assigner pour destinée un but auquel on ne parvient trop souvent que par la bassesse, la ruse ou l'intrigue.

Grande vérité, sur laquelle reposent toutes les autres vérités !

Vous n'êtes point ici, laboureurs, pour remuer la glèbe et préparer une moisson; vous n'êtes pas ici, négociants, pour échanger des mar­chandises et de l'argent; vous n'êtes pas ici, magis­trats, pour vous occuper uniquement des procès de la terre; vous n'êtes pas ici, parents, pour veiller à la garde d'une famille.

Sans doute, tout cela est nécessaire, les quelques années de notre pèlerinage le demandent, mais tout cela n'est que l'accessoire : la fin principale de l'homme, c'est de servir Dieu.

Oui, mes Frères, voilà notre fin;

Dieu, voilà le but vers lequel nous tendons. Dieu seul est la vraie fin de notre esprit parce qu'il est la vérité même, la vraie fin de notre cœur parce qu'il est la beauté même, la vraie fin de tous nos actes parce qu'il est le bien même.

Où allez-vous?  Ne l’oubliez jamais, vous allez à Dieu.

(A suivre  avec : Que devons nous faire ici-bas.)

Extrait de : Retraite sur les Grandes Vérités. Père J. Millot. (1922)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 09:24

Qui êtes-vous et d’où venez-vous…                 

Vous venez de Dieu.

Il y  a  quelques dizaines d’années, vous n'existiez pas, mes Frères, personne encore ne pensait à vous. Et pourtant le monde existait avec ses villes et ses vil­lages; les hommes allaient à leurs affaires et à leurs plaisirs comme aujourd'hui ; les astres roulaient dans le firmament, le soleil se levait et se couchait, les saisons succédaient aux saisons : tout se passait dans l’univers comme à cette heure. Vous auriez pu ne pas voir le jour, et la terre aurait continué sa course, le monde la sienne, personne ne se serait aperçu de votre absence.

Qu'étiez-vous ? Rien, absolument rien : ni un moucheron, ni un brin d'herbe, ni un grain de sa­ble, ni un atome quelconque.

Où étiez-vous ? Je cherche votre place sous le toit qui vous abrite. Elle est vide. Je parcours les rues de cette ville ou de ce village que vous habitez. Je ne vous rencontre nulle part.

Qui pensait à vous? Personne, pas même les pa­rents qui vous ont donné la vie; de vous, de votre personne, de votre caractère, de vos vertus, de vos qualités, de vos défauts, de vous, tel que vous êtes avec votre individualité caractéristique, il  n'était nullement question.

Je me trompe, je l’avoue bien humblement…

Quelqu'un pensait à vous : Dieu. Lorsque le moment fixé par lui de toute éternité fut arrivé, il vous créa.

C'est Lui qui vous donna ce corps, admirable ma­chine, aux mille rouages merveilleux que l'homme ne saurait fabriquer. C'est Dieu qui vous a fait l'in­comparable présent d'une âme intelligente et libre, souffle immortel tombé de ses lèvres et sur laquelle il laissa une ineffaçable empreinte de son image. En vous créant, Dieu fit de vous, selon la parole d'un grand orateur (Lacordaire), « la plus belle de toutes les créa­tures visibles, le chef-d'œuvre de l'amour et de la toute-puissance divine, le roi du monde; plus que cela, l'image vivante de lui-même ». Se peut-il origine plus noble, plus grande, plus belle? Vous ve­nez de Dieu.

 

Vous venez de Dieu seul.

Revendiquez, si vous voulez, une part à tous les biens acquis depuis votre naissance : attribuez votre conservation à la prudence et à la sagesse de vos parents, votre science à la sagacité de votre esprit, votre vertu à la correspondance de votre volonté, votre fortune à la ténacité de vos efforts : jamais il n'en sera ainsi de votre existence.

Vous direz peut-être : Je tiens l'existence de mes parents. Mais eux-mêmes, de qui l'ont-ils reçue ? De leurs parents également... Et la même question re­cevant toujours la même réponse à mesure que

nous remontons la longue chaîne des générations humaines, nous arrivons à un premier homme, père-de tous les autres, qui doit nécessairement tenir son existence d'un autre être, d'un être qui lui est supé­rieur, souverainement grand et puissant, qui a voulu et pu le tirer du néant. Il faut admettre un créa­teur.

Vous venez de Dieu non pas seulement à cause de l'acte initial auquel vous devez votre existence, mais à cause de l'acte par lequel Dieu vous conserve la vie.

Lorsque l'artiste a achevé son travail, l'œuvre sortie de ses mains n'a point besoin de lui pour subsister. Il vivra, lui, quelques heures à peine, et son œuvre pourra braver les âges.

Il n'en est pas de même pour les ouvrages de Dieu; sans lui ils ne pourraient vivre, et s'il retirait son action créatrice, ils retomberaient dans le néant.

Vous êtes de Dieu à tous les moments. Autant de secondes dans le temps qui mesure votre vie, autant de fois il vous fait présent de l'existence. Vous de­meurez attachés à lui comme la plante à la racine, le ruisseau à la source, la maison au fondement qui la soutient. Qu'il retire son bras, vous ne serez plus.

Que Dieu vous abandonne cette parcelle de temps, que vous imaginez à peine, voilà aussitôt la source de la vie tarie dans votre cœur. Vous voilà dans 1e néant.

 

3° Par conséquent, vous appartenez à Dieu.

L'arbre appartient à celui qui l'a planté et arrosa de ses sueurs, le tableau au peintre qui l'a dessiné, la statue à l'artiste qui l'a ciselée. Dieu vous ayant créés et vous conservant à chaque instant, vous lui appartenez totalement comme la propriété appar­tient au propriétaire.

Dieu a sur vous un droit de propriété absolue. Le propriétaire dans ses biens peut remuer, changer, bouleverser. A toutes les questions qui lui seront faites, il sera en droit de répondre : Que vous im­porte, je suis le maître.

Dieu a sur vous un droit de juridiction absolue. À lui de commander, à vous d'obéir. Quand vos mauvais instincts se trouveront en contradiction avec sa volonté clairement exprimée, vous devez imposer silence à vos passions.

 

Dieu a sur vous un droit de propriété essentiel.

Ayant tout donné, il est seul vrai propriétaire. Mais que Dieu cesse un seul instant d'être le pro­priétaire de votre être, vous devez ne plus le recon­naître pour votre Dieu. Qu'est-ce que Dieu? C'est le souverain Seigneur de toutes choses : or s'il cessait d'être le propriétaire de votre vie, il y aurait une chose, — vous, — séparé de son domaine : par con­séquent il ne serait pas Dieu, propriétaire suprême.

Dieu a sur vous un droit de propriété irrésistible. Il vous est impossible de vous soustraire à la pro­priété divine. On peut se soustraire à la propriété, aux droits d'un homme, par l'indépendance, par la fuite peut-être : mais comment se soustraire à la propriété de Dieu ?

Un apologue vous fera bien comprendre cette vé­rité.

Un grand seigneur possédait une propriété magni­fique. C'était un parc immense, avec des fourrés épais, des arbres au feuillage touffu, des plantes à la sève vigoureuse, en même temps de vastes pe­louses d'un aspect ravissant. Dans ce domaine pre­nait ses ébats un gibier nombreux et varié. On le voyait tour à tour courir, fuir, se cacher dans les bosquets ou disparaître encore. Le gibier était heureux, s'imaginant posséder sa liberté complète.

Un jour le propriétaire convie ses amis à une grande chasse. Enchantés, ils accourent au rendez-vous. On commence par traquer les animaux qui tout effarés s'enfuient au plus vite, se cachent, se blottissent dans les broussailles, et tout d'abord échappent aux chasseurs. Bientôt il leur faut quitter ces asiles périlleux et courir encore cherchant d'au­tres abris. Ceux-ci n'offrant pas davantage de sûreté, les pauvres animaux essaient par de nouveaux dé­tours de se dérober aux regards. Mais voici que tout à coup cerfs, daims, chevreuils aperçoivent le mur d'enceinte, ce mur qu'ils n'avaient Jamais vu!...

Ils se croyaient libres, ils étaient esclaves!... Que faire devant cet obstacle infranchissable? Retourner en arrière? Mais les chasseurs sont là. Se cacher ? Hélas ! Les bosquets sont loin ; les traqueurs arrivent, et resserrent sans pitié le cercle dans lequel ils empri­sonnent le malheureux gibier. C'est fini; la lutte est impossible, il faut se rendre et tomber sous la balle meurtrière du chasseur. Ce mur, avez- vous bien compris, ce que c’est…

 

Mes Frères, ce parc immense, c'est le monde; le prisonnier, c'est vous, c'est moi, c'est nous tous. L'homme sur la terre peut oublier pendant un temps qu'il est la propriété de Dieu et qu'il dépend de lui; il peut se cacher et fuir les regards du proprié­taire, du moins il s'aveugle au point de se persua­der que le Maître ne le verra pas.

Mais il y a des bornes au domaine : il y a un mur que nul ne sau­rait franchir. Un jour arrive où le Seigneur envoie la mort.

Alors le pécheur est contraint de recon­naître son Maître et son Juge.

A suivre : Où allez-vous ?

Extrait de : Retraite sur les Grandes Vérités. Père J. Millot. (1922)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 10:45

VIVRE SA FOI,  Cultiver sa foi …                 

Nous cultiverons notre foi si chaque jour nous le demandons à Dieu avec humilité, si, dans les tentations d'une âme brisée par la souffrance, dans les terreurs que peuvent inspirer la vue du passé ou les incertitudes de l'avenir, dans les doutes que soulève le contact du monde et de ses incroyances, nous nous écrions avec le pauvre juif de l’Évangile : Je crois Seigneur, mais aider mon incrédulité (Marc IX, 28). La prière ne suffit pas il faut encore l’action (Rom. X, 28). Au milieu des dissipations, des joies malsaines et des plaisirs fascinateurs de la vie, laissons-nous guider par la foi, et suivons avec empressement ses salutaires enseigne­ments, qu'elle soit notre consolation dans nos tristesses, notre force dans nos défaillances, notre appui le plus ferme dans ces milles rencontres difficiles et dangereuses dont est semée notre course ici-bas.

 

Confesser sa foi

Confesser sa foi, c'est dire tout haut ce que le cœur pense tout bas, conformer sa conduite extérieure à ses convictions et à ses croyances religieuses, reconnaître publiquement le souverain do­maine de Jésus-Christ sur les âmes, et se soumettre sans respect humain à sa loi sainte. Confesser sa foi, c'est admettre sans ré­serve l'origine divine de l'Eglise, la légitimité de ses pouvoirs, l'infaillibilité de ses enseignements, la prudence et la sagesse de sa direction. Confesser sa foi, c'est en remplir noblement les de­voirs malgré les murmures, les insultes, les sarcasmes et les er­reurs, subtiles ou grossières, par lesquelles on cherche quelque­fois à dénaturer les plus vénérables de ses dogmes, ou les points les plus sacrés de sa morale et de sa discipline. Confesser sa foi, c'est lui demeurer fidèle alors même qu'on sent qu'elle est trahie et lâchement abandonnée.

Enfin, confesser sa foi, c'est recevoir et soutenir les persécu­tions, de quelque nature qu'elles soient, sans scandale, sans mur­mure, sans haine et sans crainte.

 

Défendre sa foi

Notre troisième devoir envers la foi consiste à la défendre et à la préserver.

Il en est de la foi comme de la grâce, elle peut se perdre. L'amour déréglé des honneurs, des richesses et des plaisirs, le dé­goût de la piété et des choses saintes, l’éloignement des sacre­ments, l'orgueil de l'esprit qui aspire à la pleine intelligence de toute vérité, la faiblesse de la volonté incapable de briser une idole, de rompre un lien, de s'imposer un sacrifice que réclame le devoir, les préjugés, les rancunes, l'intérêt personnel, sont autant de causes du dépérissement de la foi dans une âme.

A ces dangers que la foi rencontre en nous-mêmes de la part de nos passions, de notre tempérament et des dispositions de notre caractère, s'ajoutent les dangers extérieurs. De tout temps, l'ennemi de Dieu et de l'homme a cherché à semer l'ivraie dans le champ du Père de famille.

Ses ruses sont diverses et ses em­bûches multiples. Ses attaques, tantôt ouvertes, sont presque tou­jours cachées et perfides. Ici, il profère le blasphème et vomit l'impiété, là, il répand l'immoralité par tout ce qui enflamme les passions, ôte l'horreur du vice, inspire du dégoût pour la vertu. Aujourd'hui c'est l'Eglise dont il se moque dans ses croyances, qu'il outrage dans sa morale ou qu'il combat dans sa discipline, demain il frappera les pasteurs, afin de disperser les brebis (Zach. XIII, 7).

Tâchons donc de découvrir le démon partout où il se trouve, de connaître les instruments, même inconscients, dont il se sert, de déjouer ses ruses, et de préserver ainsi notre foi des pièges qu'il lui dresse.

Unis dans une soumission parfaite au même chef véritable, qui est le Pape, dans la participation aux mêmes sacrements, dans l'emploi des mêmes moyens de salut, travaillons et luttons cons­tamment, afin de conserver, dans sa pureté et son intégrité, la foi de nos pères, de l'affermir et de la développer au milieu de nous.

Mgr Edouard-Charles Fabre, arch.

(Souvenez-vous que Paul VI est toujours bien vivant en  janvier 2018)  Remercions la Sainte Vierge Marie de si bien le protéger.  UDP

Extrait de : NOURRITURES Spirituelles (Tome 1) 1956

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

 

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