Comment aider Jésus à porter sa Croix.
(Dictée de Notre Seigneur Jésus-Christ à Sœur Josefa Ménéndez, Mardi Saint, le 27 Mars 1923.)
Pendant ce temps, le cortège s'avance sur le chemin du Calvaire.
Ces hommes iniques, craignant de me voir mourir avant le terme, pressés par une perfide malice et non par la compassion, s'accordent entre eux pour chercher quelqu'un qui M'aidera à porter la Croix. C'est alors qu'ils réquisitionnent pour un prix modique, un homme des environs appelé SIMON LE CYRÉNÉEN...
Contemple-Moi sur le chemin du Calvaire, chargé de la lourde Croix. Regarde derrière Moi Simon qui M'aide à la porter et considère d'abord deux choses :
Premièrement : cet homme, quoique de bonne volonté, est cependant un mercenaire, car s'il m'accompagne et partage le poids de ma Croix, c'est pour gagner la somme convenue. Aussi lorsqu'il se sent accablé de fatigue, laisse-t-il peser davantage le fardeau sur mes épaules, et c'est ainsi que je tombe deux fois encore sur le chemin.
Secondement : cet homme est réquisitionné pour M'aider à porter une partie de la Croix, mais non pas toute ma Croix.
Venons au sens figuré par ces deux circonstances :
Simon est réquisitionné, c'est-à-dire qu'il a un certain intérêt au travail auquel il est forcé.
Ainsi en est-il de beaucoup d'âmes qui marchent à ma suite. Sans doute acceptent-elles de M'aider à porter la Croix, mais en restant soucieuses de consolation et de repos… Elles consentent à venir après Moi, et c'est dans ce but qu'elles ont embrassé la vie parfaite, mais sans abandonner leur intérêt propre qui demeure pour elles au premier plan. Aussi, vacillent-elles et laissent-elles tomber ma Croix lorsque le poids en devient trop lourd.
Elles cherchent à souffrir le moins possible, mesurent leur abnégation, évitent cette humiliation, cette fatigue, ce travail et se souvenant peut-être avec regret de ce qu'elles ont quitté, elles essaient de s'accorder du moins certaines jouissances. En un mot, il y a des âmes si intéressées et si égoïstes que, s'étant mises à ma suite plus encore pour elles que pour Moi, elles n'acceptent que ce qu'elles ne peuvent éviter ou ce qui les oblige strictement… Ces âmes ne M'aident à porter qu'une petite partie de ma Croix, et de telle façon qu'à peine pourront-elles acquérir les mérites indispensables à leur salut. Mais dans l'éternité, elles verront combien loin en arrière elles sont restées sur le chemin.
Au contraire, il y a des âmes, et elles sont nombreuses, qui, pressées par le désir de leur salut, mais bien plus encore par l'amour de Celui qui a souffert pour elles, se décident à Me suivre au chemin du Calvaire. Elles embrassent la vie parfaite, et se livrent à mon service, non pour porter seulement une partie de la Croix, mais pour la prendre tout entière! Leur unique but est de Me reposer et de Me consoler. Elles s'offrent à tout ce que ma Volonté leur demande et ne cherchent que mon Bon Plaisir. Elles ne pensent ni à la récompense, ni aux mérites qui leur en reviendront, ni à la fatigue, ni à la souffrance qui pourront en résulter. Leur seul désir est de Me prouver leur amour et consoler mon Cœur.
Que ma Croix se présente à elles sous la forme de la maladie, ou qu'elle se cache dans un emploi contraire à leurs goûts et à leurs aptitudes..., qu'elle revête les apparences de quelque oubli ou d'une certaine opposition de la part de ceux qui les entourent, elles la reconnaissent et l'acceptent avec toute la soumission dont leur volonté est capable.
Parfois, sous l'impulsion d'un grand amour pour mon Cœur et d'un vrai zèle pour les âmes, elles ont fait ce qu'elles croyaient le meilleur en telle ou telle circonstance. Mais toutes sortes de peines et d'humiliations répondent à leur attente. Alors ces âmes que l'amour seul avait inspirées, découvrent ma Croix sous cet échec, elles l'adorent, elles l'embrassent et offrent pour ma Gloire toute l'humiliation qui leur en revient.
Ah! Que ces âmes sont bien celles qui portent vraiment tout le poids de ma Croix, sans autre intérêt, ni autre gain que l'amour ! Ce sont elles qui reposent mon Cœur et qui Le glorifient.
Et tenez pour certain que si votre abnégation et vos souffrances tardent longtemps à donner leur fruit, ou semblent même n'en donner aucun, elles n'ont été cependant ni vaines, ni inutiles. Un jour la récolte sera abondante.
L'âme qui aime véritablement ne mesure pas ce qu'elle fait et ne pèse pas ce qu'elle souffre. Elle ne marchande ni la fatigue, ni le travail, elle n'attend pas de récompense, mais elle poursuit tout ce qu'elle croit être le plus glorieux à son Dieu.
Et parce qu'elle agit loyalement, quel que soit le résultat, elle ne cherche ni à se disculper, ni à protester de ses intentions. Et parce qu'elle agit par amour, ses efforts et ses peines aboutiront toujours à la gloire de Dieu. Aussi, elle ne s'agite, ni s'inquiète..., moins encore elle ne perd la paix si --dans quelque circonstance -- elle se voit contredite ou même persécutée et humiliée : le seul motif de ses actes était l'amour, et l'Amour son seul but!
Voilà les âmes qui n'attendent pas de salaire et qui ne cherchent que ma consolation, mon repos et ma gloire. Ce sont elles qui ont pris ma Croix et qui en portent tout le poids sur leurs épaules.
Extrait de : L'Appel à l'Amour. (LA PASSION DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST) « Sœur Josefa Ménéndez épouse, victime et confidente de mon Cœur. »
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