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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 11:41

Le progrès intérieur ne prouve pas toujours un niveau moral très élevé; c'est le point de dé­part qui en décide. Dans l'absolu, le degré éminent de la valeur spirituelle revendique le nom de sagesse.

 

On appelle un sage celui qui juge de haut et prévoit de loin, qui résorbe les incidents de la vie dans une intention large, qui laisse tomber l'insi­gnifiant en faveur de l'essentiel, qui ne s'agite ni ne se trouble en face des tâches et des obstacles, qui sait envelopper dans une calme activité un grand nombre de cas et d'objets vus d'un seul regard et embrassés d'une simple acceptation paisible.

 

La sagesse est apparentée au grand art; elle l'égale en ampleur, en profondeur et en simpli­cité. Elle applique en matière de vie la définition de Michel-Ange : « Le beau est la purgation de toute superfluité. » A coup sûr, pour elle, cette règle négative d'apparence est un programme de magnanimité. Une grandeur d'âme quotidienne, sans jactance, est ce qui écarte le superflu et amène la plénitude.

 

La vie du sage est une vie en profondeur avec de fortes assises. C'est dire qu'elle ne s'improvise pas. La vertu est le résultat de nos actes, en atten­dant qu'elle les dirige, et la clarté qui la baigne est l'effet concentré de longs recueillements.

 

Le sage est sans haine et sans aigreur pour per­sonne ; il est bon et miséricordieux avec tous, sans égoïsme, sans amour-propre, égal au plaisir et à la peine, joyeux sans éclat, maître de soi et facile aux désirs d'autrui, l'esprit fixé sans contention sur la règle souveraine de ses jugements et de ses actes, qui est l'Esprit divin.

 

Le regard de Dieu enveloppe tout; la volonté de Dieu est la loi des êtres : les rencontrer et les suivre est la sagesse même. Qu'appellerait-on sagesse mieux que cette participation révéren­cieuse au règne éternel?

 

Dans les épreuves qui ne peuvent manquer de survenir, le sage brille d'un éclat nouveau; il est plus beau de tout ce qui marque la supériorité de son regard et le haut domaine où siège son amour.

 

Car c'est l'amour qui est ici le grand mot. Il ne faut pas croire ceux qui dépeignent une sa­gesse froide et impassible, contente de soi et fixée dans un superbe dédain. Une telle sagesse est un renversement qui mériterait plutôt le nom d'or­gueil exécrable. On l'a reprochée aux Stoïciens, et ce ne fut pas toujours avec justice; mais il est sûr que le grief, là où il est fondé, est infiniment grave, car il fausse la destinée autant qu'il vio­lente l'âme et désoriente la vie.

 

L'option qui nous est proposée en ce monde et qui décide de notre sagesse ou de notre folie est une option d'amour : ou tout aimer en liaison avec son divin Principe, dans l'ordre, dans l'as­cension unifiante au long de la pyramide idéale, dans le sens de l'éternité et de la joie; ou bien aimer dans la dissociation, le désordre, l'émiettement par en bas, dans le sens de la matière, de la confusion et de la mort.

 

Le sage est celui qui choisit bien.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 08:10

L'échec partiel est accepté par chacun avec plus ou moins de difficulté; cela dépend du cou­rage, et plus encore de la hauteur des pensées. Mais un échec global et définitif, l'échec de la vie en sa courbe pleine, en son élan qu'un choc brutal ou un progressif enlisement vien­nent briser, c'est la peine par excellence.

 

On peut penser que cette sorte d'échec évite des malheurs, une destinée menée à sa fin ne manquent guère de rencontrer sur la route, une ardente activité. Mais il y a une épreuve souveraine dans l'absence des épreuves normales de la vie. Dans le vide des croix, il y a la croix du vide. La lèvre humaine ignorante du cri peut trouver une amertume plus profonde dans le soupir.

 

Est-ce un motif pour se croire vaincu? « On n'est vaincu qu'après l'avoir été intérieurement », écrit Barrés. Vous avez manqué votre vie ? Il y a, d'abord, la vie des autres. En se consacrant à autrui, on retrouve une raison de vivre, raison plus haute, si on la puise au foyer de l'amour, raison élargie, épurée par le désintéressement, auréolée de sacrifice.

 

Mais personnellement non plus, la défaite ne peut pas être définitive, si on ne le veut. En regardant bien sa plaie, on peut la trouver belle.

 

Il n'est pas de situation qui ne se puisse enno­blir. Du point de vue de l'éternel, on sait que tout a même prix, à égalité de valeur spirituelle et de réponse à la grâce. Qu'importera, au jour de la mort, d'avoir été ici ou là, d'avoir obtenu ceci ou cela de ce que la mort emporte ?

 

En ce temps même, si nous ne prétendons qu'à la joie profonde, à l'honneur vrai, nous les trou­verons toujours là où le sort l’aura mise, j'en­tends le sort divin, qui est paternité attentive et secrète connivence avec le malheur.

 

Oh! Que le malheur est puissant! Qu'il est beau! Et que la ruine humaine peut revêtir de splendeur, ou cachée, ou visible ! Ru­dyard Kipling écrivait : « La perfection n'est pas le fait de la main de l'homme, c'est la mystérieuse collaboration du ciel et des épreuves que son œuvre doit su­bir. »

 

Ce que fait le travail du temps sur des ruines, le reflet seul de l'éternité l'accomplit dans une vie soumise à son ordre, consciente de ses lois et confiante, en dépit de toute apparence, dans la bienveillance de ses fins.

 

Dans toute souffrance on peut trouver le moyen d'une création.

 

Dans la souffrance en quelque sorte totale d'un échec de vie, fût-il de notre faute, une occasion suprême est offerte de reprendre cette vie en ses fondements mêmes, de l'asseoir plus profondé­ment et plus solidement en Dieu, en sa propre humanité et en sa propre personnalité secrète, si souvent ignorées du bonheur.

 

La terre est une « vallée de larmes »; mais combien ignoreraient les sommets qui la bordent et l'océan où son flot s'écoule, s'ils n'avaient point pleuré !

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 11:59

Une jeune fille disait : « Je me sens des ailes; je me sens capable de faire de grandes choses, et même de toutes petites. » Celle-là avait compris que sur toutes choses, petites ou grandes, comme l'oiseau sur la branche, notre âme peut se poser. Mais qu'eût-elle dit, si un coup de foudre avait abattu devant elle toutes les branches, ou si les branches, l'une après l'autre, avaient cassé sous le poids de l'oiseau aggravé de fardeaux trop lourds?

 

Les hommes aiment à choisir librement leurs tâches. Les plus courageux les mènent loin. Mais le courage même subit une épreuve cruelle, quand l'effort qui devait aboutir, en fait n'abou­tit pas, soit en raison de quelque traverse, soit — ce qui est le plus dure de tout — du fait de celui qui en pâtit avec l'ennui de se sentir res­ponsable. Il est précieux alors de posséder le talis­man au moyen duquel l'échec peut se muer en succès, le revers tourner à l'honneur, et la chute même en apothéose.

 

Tout chrétien doit savoir que ce talisman existe. Il suffit de croire à la providence. Dans ce grand courant qui entraîne tout, non fatalement, mais selon des lois de liberté et d'amour, il y a toujours des moyens de relèvement, comme il y a toujours, même dans les plus extrêmes complai­sances du sort, des possibilités de chute.

 

Il y a des échecs qui ne nuisent pas. Il y a des succès qui n'avantagent pas. L'effet décisif dé­pend de l'âme et de la manière dont elle s'adapte à ce qui lui est ainsi proposé. En ce sens, on peut renverser le proverbe, et dire : Dieu propose — par le moyen des événements, — et l'homme dis­pose, avec Dieu il est vrai, mais qui ne refuse jamais son concours.

 

« Les faits ne nous donnent que la chaîne des événements, écrit un homme d'État; c'est la vo­lonté humaine qui doit tisser la trame. » Vraie politiquement, cette maxime l'est aussi en matière de destinée, à condition de joindre à la volonté humaine le bon vouloir divin et la grâce. L'échec n'est jamais qu'une invitation de recourir à Dieu. Une humiliation est le prélude de l'honneur qui se retrouve en Dieu. Une chute est un premier stade pour tomber dans les bras de Dieu. Y au­rait-il là échec au sens vrai du terme ?

 

On n'y change rien en disant : c'est ma faute. Toute faute s'efface par le regret. Ce qui en reste n'est plus alors que fait brut ou que providence; or le fait obéit à l'esprit, et la providence est toute nôtre. De ce qui est, même par notre faute, nous ferons, avec Dieu, ce que nous voudrons, non en la forme désirée peut-être, mais en équivalent su­périeur, et cet accroissement imprévu de nous, divinement préparé, ne le voudrions-nous pas?

 

Hasard, malice d'autrui, erreur ou faute de notre part, tout échec prétendu est au service de l'âme; il répond à un dessein éternel dont il ne dé­pend que de nous de procurer l'aboutissement.

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 09:29

Saint François de Sales conseille de se tenir, «comme sous le regard des anges » quand on est seul. Grande leçon pour qui entend sanctifier toute sa vie. Une noblesse n'envahit-elle pas l'existence ainsi érigée jusque dans les moin­dres choses ? N'y voit-on pas la grandeur de Dieu reflétée et son amour présent ? Et quelle délica­tesse, dans des communications si attentives et constantes! Quelle convention muette! Quel se­cret entre nous et le ciel!

 

Il n'y a aucune différence visible entre le hé­ros qui nettoie son fusil et le déserteur ou le niais qui fait la même besogne, et pourtant ils appar­tiennent à trois mondes bien différents.

 

Sous le ciel, un balai à la main, on peut appar­tenir au ciel, à l'enfer et à la poussière.

 

Pascal écrit dans son Mémorial : « Faire les plus petites choses comme grandes,  à cause   de   la majesté de Jésus-Christ qui les fait en nous et qui vit notre vie. » C'est bien là le vrai motif. On ne peut trouver de l'ennui aux petites choses, ou les négliger, que par la méconnaissance de ce qui nous les rend grandes : la majesté du Christ en qui nous les faisons, et qui les tient pour sien­nes.

 

On ne peut s'égaler aux grandes choses que si on les aborde dans cet esprit qui agrandit même les plus petites.

 

Rien n'est indifférent dans notre existence, parce que Dieu nous aime tout entiers, en l'unité de son Christ. Et rien n'est petit de ce que nous offrons, de ce que nous consacrons, parce que, aimant en Jésus-Christ, Dieu nous voit tout entiers et voit aussi son Christ dans cha­cun de nos gestes, vu que l'amour, âme des œuvres, est comme l'âme dans le corps : toute dans le tout et dans la moindre partie.

 

L'amour aime les petites choses, parce que rien ne l'y encombre, et il y peut régner sans heurter de prétendues valeurs qui souvent le gênent et dont aucune ne le remplace. L'amour de Dieu aime spécialement ce qui ne compte pas, afin que Dieu seul compte, et le cœur qui monte à lui, et ce lien mystérieux qu'un prétexte suffit à nouer, parce que son vrai motif est lui-même.

 

J'aime Dieu parce que c'est Dieu; j'aime Dieu parce que c'est moi. Le moindre objet peut porter ce sentiment qui se suffit. Le moindre geste le satisfait. Il n'est besoin ni de cadeaux merveilleux, ni d'actions héroïques.

 

Quelle consolation pour les petites vies ! Quelle leçon pour les grandes ! Rien ne vaut que les sen­timents. Rien ne compte, dans le don, que le do­nateur même.

 

Petites vies, sachez ce que vous êtes. Vous êtes, si vous le voulez, les plus grandes de toutes. Ap­prenez donc la vraie grandeur, et vivifiez par l'amour ce qui, sans l'amour, n'est rien.

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 10:36

Pour en savoir plus sur son retour prochain, nous vous recommandons d’écouter l’enregistrement sur : Gloria.tv: Retour de Paul VI au Vatican lors de la Révolution italienne.    http://fr.gloria.tv/?media=570524

 

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 10:25

On prouve qu'on est homme spirituel quand on sait découvrir un as­pect divin dans le plus mince objet.  Gœthe écrivait : « On prouve qu'on est poète quand on sait découvrir un aspect intéressant dans un vulgaire objet ».

 

Une fois Dieu trouvé, se peut-il qu'on manque de le trouver partout ? C'est une méprise que de Le réduire à ce qu'on appelle grand, Lui qui est étranger à nos mesures et n'apprécie en tout que Sa gloire même, qui y rayonne toujours.

 

Rien n'est petit, quand l'infini y est en germe, et c'est le cas de toute action faite en vue de Dieu.

 

Dans la nature déjà, nous avons observé que l'événement commun est celui qui contient la plus haute dose de mystère : notre vie retrouve cette loi, quand il s'agit d'accéder au mystère vivant. Les grandes actions sont trop spéciales et trop rares pour nous relier aussi efficacement à notre principe; elles reflètent trop l'homme; elles dé­pendent trop du temps, et elles semblent ainsi plus loin de l'éternel.

 

C'est en donnant sa valeur de fond à chaque moment, et non en faisant briller, fût-ce du meilleur éclat, l'heure exceptionnelle, qu'on prépare le mieux son progrès et son aboutissement.

 

Dans l'unité de nos sentiments dominants, tous nos jours vagabonds se ressemblent : où trouver une supériorité qui ne soit issue de ces mêmes sentiments, abstraction faite de leurs objets?

 

Prenez un saint : aucune réalité ne le fait pen­ser qu'à Dieu et ne l'amène qu'à Dieu; une âme vulgaire : aucune réalité ne l'y accorde. Heureux qui sait lever les voiles de la réalité quotidienne et y découvrir Dieu!

 

« Presque tout provient de presque rien », écrit Amiel. La médecine moderne tend à établir que notre vie tient moins au fonctionnement de très gros organes qu'à la sécrétion régulière de certaines glandes, parfois minuscules. Ainsi la vie morale et la vie spirituelle dépendent d'élé­ments secrets et en apparence minimes, plutôt que des actions importantes et extérieures.

 

Du reste, au sujet de ces dernières, il faudrait encore savoir ce qu'elles pèsent à l'égard des grandes fins du monde, et ce que Dieu en dit dans l'éternité.

 

La vie morale est une architecture dont les évé­nements quotidiens sont les matériaux : avec les mêmes matériaux on peut bâtir une bicoque, une taverne ou un temple.

 

La vie morale est un geste d'ensemble où s'in­cluent des mouvements utiles, petits, grands, quelconques, et de vaines agitations tapageuses.

 

On est l'ouvrier qui pousse une pièce de préci­sion, ou un bloc, ou bien l'on ressemble à ces singes « qui font toujours quelque chose et qui n'ont jamais rien fait » (Abel Bonnard).

 

O éternité vers laquelle nous allons! Nous ne marchons point vers toi, à l'ordinaire, par bonds, ou par enjambées héroïques, mais par de tout petits pas qu'agrandissent nos espoirs.

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 10:00

Socrate disait avoir un génie qui le gardait des fausses démarches. Le chrétien a en lui beaucoup mieux, il a un génie de l'Être, un génie universel, qui peut harmoniser son action relative à lui-même, a tous et à tant, sans déviation funeste.

 

Nous avons reconnu en nous un autrui divin; mais c'est ici une   influence  plus  vaste,  bien qu'elle coïncide partiellement avec l'autre et se rapporte au même sujet éternel.

 

Gœthe a remarqué que rarement nous adop­tons les moyens de nos fins, que nous prenons rarement la bonne route. Le but nous est tracé par l'instinct; mais la raison et la passion se disputent la marche. Que faudrait-il pour que la raison triomphât ? Que la passion voulût bien céder ? Mais cela ne se peut toujours pas. Il y a donc lieu de se souvenir que le résultat dépend aussi de l'autre extrême. La passion subsistant, l'effet sera redressée si l'instinct est le plus fort. Mais notre instinct ne pourrait s'arrêter là que si nous étions seulement des indi­vidus et des hommes.

 

Nous sommes des fils de Dieu, frères de toutes créatures, et des élus de Dieu,   appelés   à   son   amitié   jusqu'au   partage intime de ses biens.  Comme tels, nous devons nous sentir entraînés   dans une voie où nulle passion   individuelle   on   commune   ne   devrait pouvoir arrêter nos pas ou  faire dévier notre marche.  Bhagavad-Gîtâ dit : « Dans le cœur de tout vivant, réside un maître qui le fait mouvoir par sa magie comme par un mécanisme caché. » Disons plutôt des ailes, car il s'agit de survoler le réel immédiat en faveur de ces îles lointaines : le « parfait » et l'universel, dont nous sommes les croyants.

 

Pour que notre conduite égale notre appel, il faut et il suffit que notre moi profond, empreint de la Divinité et scellé de son chiffre, excite le moi inférieur et le contraigne. L' « obligation » est une auto obligation, d'origine céleste, mais sise en nous et qui se complète d'invitations au progrès, voire à l'héroïsme. En nous est le règne de Dieu. L'Esprit universel nous habite. L'uni­vers prend conscience en nous, avec son Père et notre Père, son Dieu et notre Dieu, dans la com­munauté de tous nos frères les êtres pensants. Une telle vision, si nous savions la « réaliser », ne serait-elle pas un stimulant tout-puissant ? La lumière qui en émane ne suffirait-elle pas à tout ? Ne ferait-elle pas naître un désir emportant tout, et n'y trouverions-nous pas une source de joie inépuisable ?

 

Mais qui donc écoute son cœur ? Notre vie consciente est une petite clarté entre deux nuits : nuit du mystère et nuit du dedans, où nous ne faisons aussi que quelques pas. Rentrer en soi-même, prendre conscience de soi jusqu'au delà de soi, jusqu'au tout et au Père de tout, jusqu'à la Trinité éternelle, et suivre l'indication qui nous vient de ce moi élargi, de ce moi-Dieu.

 

C'est obéir au vrai génie humain, à l'Esprit qui crie en nous : « Père! Père! » (Epître aux Romains VIII, 15.)

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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