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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 23:07

Tout le monde convient que l'amitié exige de part et d'autre le désintéressement et le déta­chement d'une âme libre. Un homme qui tient à son argent n'est jamais un loyal ami. On ne serre pas une main pleine. Comment ce même homme serait-il un ami de Dieu ?

 

On n'utilise chrétiennement la vie que si l'on est prêt à s'en détacher, que si l'esprit la dépasse, et cela est vrai spécialement de la richesse. On ne guide bien que de haut.

 

Ce que représente l'argent, c'est uniquement — à titre direct tout au moins — un moyen d’échange de ce monde. Or, nous ne sommes pas de ce monde. L'état propre du chrétien, même riche, et même s'il n'y a pas lieu pour lui de renoncer à ses biens, mais peut-être de les accroître, c'est donc toujours un état de détachement, un état de pauvreté.

 

Le voyageur ne prend pas sur son dos ce qui pourrait alourdir sa marche; il ne s'encombre pas. L'attachement passionné aux richesses est un des plus graves empêchements que puisse subir le voyageur de ce monde. Il peut finir par vous fixer au sol, vous amener peut-être à vous y vautrer. A plus forte raison ne permet-il pas cette liberté qui use de ce monde comme n'en usant pas, ainsi que le veut l'Apôtre, et qui nous rend disponibles pour le meilleur.

 

Un noble cœur peut avoir des coffres; il ne s'installe pas à côté, et quand du bout des doigts il détache des coupons de rente, son âme est plus haut.

 

Pourquoi courir après ce qui ne rend ni plus heureux ni meilleur quand on le possède, ni moins heureux ni moins bon quand on ne le pos­sède pas? Et comment ne pas craindre, averti par l'Évangile et par l'expérience, de devenir au contraire, par trop d'attachement aux richesses, et moins heureux, et moins bon ?

 

Un tel désir est sans limite, comme nos con­voitises. Il nous livre à un entraînement fatal. Autant la nature pose ses propres frontières, au­tant la passion, qui s'ignore elle-même, ignore où elle butera. J'ai faim : je me nourris, et c'est fini; mais si je veux m'enrichir, de plus en plus ce qui est de soi un instrument de la vie me deviendra la vie même; ce qui est moyen sera élevé à la dignité de fin, au détriment de la fin véritable, qui est notre croissance en la vé­rité et en la beauté, en l'amour mutuel et en l'amour commun des choses éternelles.

 

« Ne cherchez pas le pain qui périt, dit le Seigneur, mais celui qui demeure pour la vie éternelle. » La richesse nous procure le pain qui périt : c'est son rôle; mais le nôtre est de chercher, par son moyen ou sans elle, un autre pain dont l'hostie mince et blanche est le sym­bole, dont le Seigneur même, avec la plénitude des biens qu'il renferme, est la réalité.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 23:29

Jean XXIII s'est repenti et a donc été sauvé.

Exorcisme du 13 Mai 1987 Extraits Éditions DFT

Notons qu'il est fait mention de Jean XXIII comme pape légitimement élu.

Démon = Le Pape. Jean XXIII"n'était pas d'une très grande intelligence et tomba ainsi dans le panneau. Il ne comprenait pas grand chose à la magie, à la loge ou à la franc-maçonnerie. Il a agi en beaucoup d'occasions en trop bonne confiance, et il s'est ainsi laissé rouler par la franc-maçonnerie. A son lit de mort ou déjà avant, il prit alors bien conscience de ce qu'il avait provoqué. Il disait qu'il voulait ouvrir une fenêtre dans l'Église et en agissant ainsi, il a ouvert une brèche qui n'est plus réparable humainement et reste ouverte. Je ne veux pas parler ! - (Adjurations)

D = ...et que l'on ne peut plus faire réparer. Il l'a durement expié. Il a trop peu vu ce qui se passait. Il a trop peu défendu la Vérité. Certes, il a écrit un journal intime et a pratiqué la vertu, mais quand il s'agissait de choses importantes, il était trop peu ... Ah à nous l'enfer, cela nous a valu de bonnes choses ... - Je ne veux plus parler! - (Adjurations) D = le Pape Jean XXIII est tombé dans le panneau et il s'est laissé rouler. Déjà à cette époque la magie dominait et avait déjà atteint un grand développement. Déjà à cette époque-là. Il a l'héritage ... - Je ne veux plus par1er, je ne veux pas en dire plus ! -; (Adjurations)

D = Il a reçu l'héritage de Pie XII et sous le pontificat de ce dernier, beaucoup, beaucoup de choses allaient déjà de travers. Le Pape pie XII était... - Cela je ne veux pas le dire maintenant, laissez-moi! - (Adjurations)

D = Le Pape Pie XII était un génie, un génie linguistique. Il était plus intelligent et il a discerné que les choses allaient déjà de travers. Il en a beaucoup souffert, il s'est sacrifié et a prié, mais c'était trop tard. ….. D = Je dois revenir encore une fois au Pape Jean XXIII. Comme il gisait sur son lit de mort, il a prié avec repentir et supplié que l'on n'accepte pas le modernisme, disant qu'il l'avait proclamé faussement et qu'il était tombé dans l'erreur. Il a demandé en suppliant que l'on suive l'enseignement de St Pie V, de St Pie X, etc., l’enseignement des docteurs de l'Église et les enseignements fondés déjà depuis longtemps, qu'on continue à les suivre... Je ne veux pas parler ! - (Adjurations)

D = Mais près de son lit se tenait déjà quelques francs-maçons. Il était encerclé, cerné, par quelques francs-maçons, ils ont empêché les bonnes décisions de s'accomplir et ont agi contre sa volonté, pour que le testament de Jean XXIII ne puisse être exécuté... Je ne veux pas parler! (Adjurations) --

Note : Nous pouvons donc prier l'âme de SS Jean XXIII pour le retour de SS Paul VI. Prions aussi pour le repos de l'âme du « sosie », qui se repentit et est au plus profond du purgatoire. Le retour de SS Paul VI délivrera aussi l'âme possédée -expiatrice à qui nous devons tant d'informations dans nos confusions ténébreuses.

 

http://amdg.over-blog.fr/2014/03/l-enfer-force-de-temoigner-aux-proces.html

 

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 23:14

Employer de l'argent, c'est s'employer soi-même, et la hiérarchie à établir entre nos dé­penses ou nos mesures d'épargne est donc cal­quée sur celle de nos facultés et de nos valeurs de vie. La richesse est pour l'esprit, comme le corps est pour l'âme, comme tous deux sont pour Dieu.

 

Quand je dépense, ce doit être pour accroître la vie, surtout en ce qu'elle a de meilleur : la santé à la base, et, au-dessus, l'activité, la pensée, les nobles sentiments, les affections droites, les liens familiaux et les liens sociaux. Si j'épargne, ce sera en vue de favoriser cela encore, bien que ce soit pour demain.

 

Demain! Il y a un piège dans ce propos, et beaucoup y tombent. L'avarice pourrait là s'em­busquer, au minimum la timidité, la crainte de voir le sol manquer sous vos pieds, ou bien un conformisme absurde.

 

Il y a des maximes toutes faites au service de ces défauts-là, comme de ne jamais toucher à son capital   et,   par   exemple, fût-on   riche, de constituer peu à peu la dot de ses filles unique­ment avec son revenu.  Ce sont là des sottises. Il est des cas où il faut entamer le capital; il est des cas où il faut ménager même les rentes. Ce qui en décide, c'est la vie en ce qu'elle a d'es­sentiel, en ce qu'elle a de plus pressant et de plus haut.

 

L'épargne est bonne à cette condition qu'elle représente la modération   vertueuse et la prévoyance. Léonard de Vinci disait : « Le gaspillage ne profite à rien ni à personne, ne pas prévoir c'est déjà gémir ».   Mais l'entassement des biens profite encore moins, et il avilît davantage. La dilapidation est légère; l'avarice est affreuse.

 

Le vigneron est sot, qui se refuse une grappe en faveur d'une vendange qu'il ne verra peut-être pas, et il est coupable en la refusant à son enfant qui a soif ou au passant fatigué.

 

Remplir un coffre n'est honorable qu'à la condition de le remplir comme un réservoir, en vue  d'arrosages  qui ne  seront  pas  toujours  et toujours différés.

 

Les biens que le Seigneur nous octroie, il les destine à ses fils — à l'instar des biens spirituels et sous leur gouverne — « afin qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance. »

 

Il s'ensuit que la richesse ne doit pas être employée à nous épargner le travail, tout au plus à en modifier la forme, et plus que tout à en assurer l'efficacité.

 

Le travail, c'est la vie en acte : si la richesse est pour la vie, elle est aussi pour cette manifes­tation de la vie qui doit la préserver et l'ac­croître, multiplier ses effets au bénéfice du tra­vailleur et au bénéfice de tous.

 

La richesse de l'oisif est une espèce de vol. Celle du travailleur est un don, étant une force conjointe à ce qu'il donne et un adjuvant pour la tâche commune.

 

L'argent est mortel à la vertu quand il prétend en dispenser ou qu'il la domine.

 

Et l'argent do­mine toujours la vertu, s'il ne la sert pas.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 11:47

Jean XXIII, vrai pape, sauvé par son repentir.

A Rome, on s'affaire à la préparation de la « canonisation » de W...et de Jean XXIII. Il serait imprudent de négliger des données importantes dans ce procès. Ces canonisations « express » sont totalement invalides. Prions pour que cette faute gravissime soit évitée, car elle serait une offense grave au Saint Esprit et une victoire pour l'enfer. Ce serait  de Satan », une sorte de répétition générale des fourberies de l'Antéchrist, aveuglant tous les peuples.

Exorcisme du 8 septembre 1989 ; Judas Iscariote. Documents DFT diffuseur exclusif

A Propos de W ….

« IL (« JP II ») EST LE PRÉCURSEUR DE L'ANTÉCHRIST, un antipape, voilà ce que je dois dire, moi Judas. J'étais Apôtre et j'ai fait beaucoup d'erreurs. Moi aussi, j'ai espéré les richesses et la royauté. Moi aussi, j'ai espéré la puissance et les honneurs, comme ce faux pape, ce renard, qui ne s'est assis sur le Trône que pour être glorifié, pourrait-on dire, mais je dois parler en termes humains : pour être honoré et acclamé ; pour avoir la parole et pouvoir amener l'Église catholique pratiquement au point zéro. Voilà pourquoi il est venu de Pologne sur le Trône.

ET PAUL VI N'EST PAS MORT. Paul VI, ils l'ont mis à l'écart, jour et nuit, comme l'a dit Catherine Emmerick, la grande, bonne et fidèle sainte Catherine qui a durement souffert. Ils l'ont fait prisonnier, et pour les gens, il était supprimé et rayé de la liste. Ils ont tué le sosie à sa place. WORTYLA SAVAIT TOUT CELA, ce renard. Il a souri de ce coup réussi.' Il s'est frotté les mains et a pensé: maintenant, je suis au Gouvernail ! Maintenant, j'ai la parole et je suis le demi saint vénéré, le demi-dieu des hommes, comme je dois le dire, moi Judas Iscariote. Je suis désigné aujourd'hui pour dire cela parce que je pensais presque la même chose. Cependant, je n'étais pas si fier et je ne me sentais pas si élevé que ce renard qui occupe à Rome le Trône Pontifical et qui brandit son sceptre tout en sachant parfaitement qu'il le brandit pour la chute. IL SERA DUREMENT PUNI. Des choses très dures et terribles l'attendent, si quelques âmes expiatrice ne se sacrifiaient pour lui ou le pouvaient encore pour qu'il ne tombe pas en enfer. Note 2014 : Sa maladie de Parkinson fut une terrible épreuve et il mourut en 2005 d'insuffisance respiratoire, privé de la parole, après plusieurs années de déclin progressif. S'est-il repenti comme Jean XXXIII ? Le jugement n'appartient qu'à Dieu. Prions.

http://amdg.over-blog.fr/2014/03/l-enfer-force-de-temoigner-aux-proces.html

 

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 09:05

Il ne faut pas dire trop de mal de la richesse. En elle-même, elle mérite louange comme tout ce que Dieu a fait. Les richesses naturelles : ma­tières, produits du sol, objets d'utilité ou de beauté qu'on en tire ne peuvent être bons sans communiquer de leur valeur à l'argent, qui les représente et qui en permet l'échange.

 

Le but de la richesse est de forcer la nature et d'aider l'homme à entrer dans les vues de l'esprit, à réaliser les projets de l'esprit, et ainsi de mener toutes choses à leur fin terrestre, qui est l'accroissement spirituel des personnes.

 

Quand je mange du pain, je prends de la force : si je puis nourrir mon activité avec de la richesse, mon activité en toutes ses formes : sagesse, vertu aussi bien que réalisations exté­rieures, en aura le profit.

 

L'indépendance, qui est à l'ordinaire une condition précieuse de cette activité, sera spécialement favorisée par un peu de richesse.

 

L'indépendance permet les initia­tives, et elle rend la vertu plus facile.

 

Un homme de grande valeur morale s'accommode de tout; mais une dépendance trop dure à l'égard d'autrui, à l'égard des événements, fait que beaucoup n'arriveront pas à une grande valeur morale.

 

Le jugement est toutefois, en cette matière, d'une grande ambiguïté. Au point de vue de l'origine, il y a un argent fils d'iniquité, et un autre qui est fils de notre intelligence, de notre expérience, de notre modération, de notre appli­cation au travail. L'argent qui est bon dans son origine doit le rester jusqu'à son emploi : or, ici, la même ambiguïté se retrouve.

 

La pauvreté a ses tentations : en elle-même, elle est une impuis­sance extérieure et une aide morale. La richesse a ses ressources morales : en elle-même, elle est une force extérieure et un danger spirituel. Dans une situation si incertaine et si étroitement dé­pendante de nos libertés, l'événement seul déci­dera.

 

A plus forte raison y aura-t-il ambiguïté et incertitude, si l'on compare la richesse non plus avec la pauvreté, mais avec la misère.

 

La misère est la région de l'impuissance totale et du décou­ragement — ou bien de l'héroïsme. La richesse est la région de l'orgueil et de toutes les tentations — ou bien de l'héroïsme aussi, bien que cet hé­roïsme ne ressemble pas à l'autre. Il lui res­semble en ce que tous deux attachent leur sort aux seules valeurs immatérielles.

 

Mais là où le premier exerce le détachement par rapport à ce qui lui manque, l'autre doit se détacher en esprit de ce qu'il a et pratiquer en outre l'hé­roïsme du don.

 

Tout ce qu'on peut dire, c'est que la richesse de l'homme bon est bonne et la richesse de l'homme mauvais mauvaise; que la pauvreté de l'homme bon est bonne et la pauvreté de l'homme mauvais mauvaise. Mais il arrive que la richesse de l'homme bon le rende mauvais et le devienne avec lui, alors que la pauvreté de l'homme bon tend à le confirmer dans le bien. Et c'est ce qui fait sa supériorité   spirituelle, que l'Évangile consacre.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 07:45

En regardant d'un peu haut et sans rien mé­connaître, on peut avancer que la richesse ou la pauvreté sont indifférentes à la vie. On n'en dirait pas autant de la misère, qui frise, si elle ne l'atteint, la totale impuissance.

 

Encore reste-t-il à l'homme misérable la possibilité merveil­leuse d'être un héros, parfois un martyr. Mais la pauvreté est compatible avec une vie nor­male et haute; la richesse aussi; chacune a ses avantages et chacune ses pièges; dans notre vie complexe, on ne peut assurer laquelle réussira, laquelle échouera. La seule ressource est d'op­poser à la complexité du dehors la simplicité élevée du dedans. Alors, elles s'égalent.

 

La richesse est de ne manquer de rien; mais il y a deux façons de satisfaire cette requête : ou courir après ce qui manque, ou se contenter de ce que l'on a.

 

Les faibles pensent à ce qu'il leur faille pour agir et pour vivre; les forts pensent à vivre et à agir avec ce qu'ils ont. Les premiers mau­dissent le sort; les seconds le dédaignent ou se vengent de lui. « Les grands hommes ont de petits lits », dit M. Henri Lavedan.

 

Quand on ne sait pas se contenter de ce qu'on a, c'est en vain qu'on désire ce qu'on n'a pas; on ne saurait en user avec sagesse.

 

Qui n'est pas prêt à la patience est tout prêt pour l'abus.

 

L'humanité a besoin de la richesse, qui repré­sente pour elle un supplément d'existence et de pouvoir; mais chaque humain, pour peu qu'il sache s'adapter à son cas et s'assimiler ce qui est à sa disposition dans la richesse commune, peut être riche avec peu d'argent.

 

Le bon riche a le droit de dire : tant mieux! Mais c'est à la condition, s'il devient pauvre, de savoir dire : tant pis!

 

C'est que, quand on a de l'argent, on a « de quoi vivre »; mais après cela, il faut vivre, et quand on sait le « prix » des choses, il reste à en découvrir la valeur.

 

Le pauvre qui est à plaindre n'est pas celui qui manque d'argent; c'est celui dont l'âme est dépourvue et les ambitions spirituelles petites.

 

On dira de celui-ci : quel pauvre homme! On ne le dira pas de celui qui vit petitement et montre un grand cœur.

 

On peut trouver le moyen de s'enrichir de sa pauvreté, comme des riches trouvent le moyen de s'appauvrir du fait de leur argent. Si les riches sont privilégiés en quelque chose, c'est parce qu'ils peuvent dire avec Septime Sévère : « J'ai eu tout, et j'ai vu que tout n'est rien. »

 

Ceux qui détiennent la vérité définitive au sujet de la richesse, ce sont les enfants, et c'est pourquoi l'Évangile veut qu'on leur ressemble. Les gens sérieux, qui regardent avec un sourire d’indulgence les jeux des enfants, ce sont eux qui bâtissent des châteaux de sable.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 02:55

Nietzsche définit l'héroïsme : « l'état d'un homme qui poursuit un but au regard duquel lui-même ne compte plus ». Et il observe qu'une telle attitude condamne un être à aller du même geste au-devant de ses plus grandes douleurs et de ses plus hautes espérances. Pour qu'il en fût autrement, il faudrait que le héros habitât un univers parfait, parfait lui-même. Or le monde est « livré à la malice », dit saint Jean, et le héros constate chaque jour — c'est sa plus grande peine — qu'il n'est que la caricature et comme la comédie de son propre idéal.

 

Les plus grands cris de désespoir ont été jetés par les génies, les héros et les saints. Désespoir exaltant, celui-là, et non point mortel; aiguillon de l'action, non instrument de chute; car il n'a pas pour objet un milieu hostile qu'on aurait la tentation de déserter, mais un obstacle inté­rieur dressé devant un objet qu'on estime plus que tout, qu'on veut à tout prix, et qui attire infiniment plus que l'obstacle ne repousse.

 

Le désespoir du héros naît de l'impossibilité et de la nécessité rigoureuse du parfait.

 

Qui ne nous demande pas l'impossible ne nous honore pas assez, et qui nous le demande nous consterne.

 

Il y a en nous un sens de l'impossible et il y en a la peur, comme d'un inaccessible sommet. C'est la misère personnelle du héros en même temps que sa gloire.

 

Quant au milieu où le héros évolue, le cas est pareil. Gloire et misère aussi. A l'ordinaire, les hommes sont en contact surtout par leurs faiblesses. Le héros est presque toujours seul. Pourtant, il attire. Il attire précisément à condition de ne pas se conformer.

 

Contradiction? Non; dualité. Il y a en nous deux êtres, dont l'un s'agrège au frère en faiblesse et l'autre au héros. Celui-ci est pour les hautes parties de l'âme; celui-là pour les moyennes et les basses, et l'on ne renoncerait ni à cette complicité secrète, ni à cet idéal.

 

De là vient sans doute que les héros spirituels ou temporels, si peu utilisés dans le fait, sont cependant surveillés et jugés avec une âpreté implacable. On en veut davantage à un grand homme de bien qui a un défaut ou qui commet une faute, qu'à un médiocre ou à un vicieux. On lui en veut de sa défaillance. On lui en veut d'avoir seulement une défaillance. Diversement, il nous gâte, par sa valeur persistante le métier d'homme, et par sa faute celui de héros. Est-ce là une injustice? Oui; mais c'est aussi un hom­mage. Pour tous c'est une leçon.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

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