Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 01:38

Mon âme est un vaisseau en partance pour l'infini. Mon corps le met à l'ancre dans les ports momentanés de ce monde; mais il flotte, et un balancement léger l'avertit qu'on l'attend ailleurs.

 

Balancement? Oui. J'entends les rythmes de la matière, ces va-et-vient d'énergie à la fois créa­teurs et destructeurs, facteurs de vie, agents de mort, sans qu'on puisse distinguer le gain de la perte. La mort, c'est quand le mouvement inté­rieur rejoint le flux du dehors et va s'y confondre. Le monde, alors, existe toujours; mais nous n'existons plus.

 

Ce mouvement du dedans, cette fin dans le dehors générateur et mortel sont décrétés par notre naissance même, qui est un arrangement provisoire, à la manière d'une nébu­leuse spirale ou d'un tourbillon. On meurt tout le temps. Vivre en attendant ceci ou cela, même si l'échéance est prochaine, c'est vivre en con­sentant à mourir. Et les choses aussi meurent, et nous mourons à elles, qui de toutes parts nous quittent et s'écoulent sur les pentes du temps.

 

Un jour vient où l'impression de ces choses s'accentuant, l'attraction hallucinante des objets ayant perdu de sa force, la vie paraît rentrer en elle-même et comme se télescoper.

 

Les fins touchent aux commencements. Les relations d'intervalle demeurent pareilles ; mais la valeur absolue du temps décroît et se réduit à rien. Il n'y a plus que des fins de journées, des fins de semaines, des fins d'années, des fins de vie. Des choses commencent : on sent que c'est pour finir. Toutes s'efforcent vers la durée : aucune ne dure.

 

On le sent; mais c'était vrai avant qu'on ne le sentît. Être, à tout âge, c'est déjà avoir changé, et vivre, dans l'acte même de vivre, c'est déjà une façon de mourir. Nous ne vivons donc jamais. Ce sont les morts qui vivent, ne devant plus mourir.

 

Oh ! L'astuce du temps, qui a l'air de se répéter, nous montrant le même après le déclin du même, ramenant le jour après la nuit, le beau temps après la pluie, le printemps après l'hiver, feignant ainsi de nous rendre, à mesure, ce qu'il nous prend! Au vrai, il prend toujours; jamais il ne rend. Il n'y a pas deux êtres semblables, deux événements pareils, deux retours véritables. Rien n'arrive qu'une fois, et le temps emporte sans espérance tout ce qui est une fois arrivé.

 

On a des raisons de penser que le diamant brûle dans l'air, à la température normale, avec une extrême lenteur : un milliard de siècles par milligramme, peut-être. Notre corps brûle plus vite, c'est toute la différence, La rouille du fer est entre les deux, et c'est elle que le Sauveur a prise comme exemple de notre caducité. A chaque instant nous nous transformons en eau et en gaz carbonique. C'est peu réjouissant! Celui qui en aurait le sentiment net pourrait-il seulement vivre? On voit un homme tombant d'un aéroplane, sans parachute, gratifié seulement, par faveur spéciale, d'une faible accélération, et autorisé à badiner sur la route.

 

O inconscients et infortunés mortels!

 

Heureusement, on peut envisager la vie et la mort sous un tout autre angle. Elles sont ceci, et elles sont encore cela. Pascal a raison d'ap­peler la mort « un incident »; on ne la voit pourtant ainsi qu'après avoir compris qu'on meurt tout le temps, et qu'on n'échappe à cette perpétuelle destruction qu'en menant tout le temps une vie immortelle.

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

 

Partager cet article
Repost0
12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 00:14

« Fais-moi connaître, Yahweh, quel est le terme de ma vie, quelle est la mesure de mes jours, que je sache combien je suis périssable. Tu as donné à mes jours la largeur de la main; ma vie est comme un rien devant toi. » (Ps. 38.)

 

« Nous voyons nos années s'évanouir comme un son léger; nos jours s'élèvent à soixante-dix ans, et dans leur pleine mesure à quatre-vingts ans, et leur splendeur n'est que peine et misère; car ils passent vite et nous nous envolons. » (Ps. 89.)

 

Nous avons besoin, en vérité, de méditer ces pensées, qui emportent avec soi de si vastes con­séquences. Un savant d'hier, Jules Soury, avait pris l'habitude de se dire : « Premièrement, je mourrai; deuxièmement, chaque jour qui finit je ne le verrai plus. » Bonne précaution, contre l'oubli que l'hallucination de la vie inflige à presque  tous,  au  détriment  de  la  haute  vie morale.

 

Ce curé du Briançonnais qui était bien inspiré, faisait dire au cadran solaire de son église, à l'adresse des villageois et des passants : « Il est plus tard que vous ne croyez. » L'avertisse­ment est grave. L'heure  (le temps) enveloppe notre vie et en coulant elle l'emporte. Sans hâte, sans bruit, avec toute permission pour nous de l'ignorer, elle nous enlève ce à quoi nous tenons tant et qui plus jamais, pour nous, ne fera retour.

 

En nous tous, il y a une voix secrète qui nous dit immortels et il est urgent de l'entendre. Mais les voix qui nous disent mortels, c'est-à-dire livrés, quant au corps et à tout ce qui dépend du corps, au temps inexorable, sont aussi des voix amies; car on n'accède à l'éternité, actuelle ou future, qu'à travers le temps, et de le savoir fuyant, de le savoir destructeur de tout ce qu'il charrie et nous offre enveloppé de prestiges, c'est une pressante invitation en faveur de l'es­sentiel.

 

On nous expulse de la durée; on nous expro­prie peu à peu de nos possessions et de notre être. De gîte en gîte, éternel passant, je me dirige vers la chambre banale, la chambre tragique d'où je ne sortirai plus.

 

Avant d'être jeté hors de chez moi « les pieds devant »,  je serai, l’esprit devant, jeté hors de moi-même. La conscience de moi-même cessera; puis moi-même je cesserai, vivant à qui un peu de matière fut prêtée pour nourrir une âme.

 

La mort, qui m'arrache ainsi tout, efface même mon nom. Qu'on le prononce au passé! Au pré­sent, il ne répond plus à rien; il ne désigne qu'une ombre. « Un tel », est-ce moi? Non, quelque chose de moi; moi si l'on veut, mais moi sans être moi : mon âme, tremblante et pâle, avec tout le poids de ce qui se passa dans la chair.

 

Oh! Que ces pensées ont parfois de puissance, quand elles passent, tel un couteau affilé, à tra­vers nos fragiles cœurs! Il y a des nuits où la mort tout à coup me réveille. « Est-ce l'heure? » — « Non. » Mais je sais que ce non est provi­soire, et la mort même ne veut pas que je m'y trompe; son air grave m'avertit, à moins que son ricanement ne me glace.

 

Nous devrons corriger fermement le pessi­misme qui pourrait s'attacher à de telles évo­cations. La mort, au fond, n'est pas triste. Mais la mort est; la mort est chose grave, et en atten­dant d'autres leçons, il faut retenir celle-ci, que nous fournit le proverbe : « Il n'y a si long jour qui ne vienne à la nuit. »

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

 

Partager cet article
Repost0
11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 11:03

Pour bien goûter la  signification du temps, il faut le survoler, prendre de l’altitude et méditer sur de l'éternel. Alors, le temps lui-même devient une harmonie et participe de l'éternité, comme son « image mobile ».

 

Nous avons en nous ce pouvoir. Le temps, l'éternité même d'une certaine façon, sont homo­gènes à notre esprit, étant au fond esprit, participation de l'Esprit créateur. La durée nous est ouverte en tous ses contours et en tous ses stades. La durée aussi  est  « une sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence nulle part », et nous sommes donc constamment au centre. Comme un centre rayonnant possède toute la sphère, dont chaque rayon aboutît à lui : ainsi nous possédons, si nous le voulons, la durée totale.

 

Chaque région de la durée temporelle, quand nous la méditons, fait entendre son bruit dis­cret : les temps guerriers sonnent une vague fan­fare; les temps religieux font une musique de cathédrale; les temps savants ou littéraires pro­noncent en nous des sentences de sages ; les temps d'agitation populaire nous laissent un bruit de foule traversé de clameurs de notre propre vie. Notre passé nous chante sa symphonie ample et diverse; notre présent retentit comme un pas et notre avenir nous envoie déjà sa rumeur con­fuse. En chacun, passé, présent ou avenir, toute destinée, et la nature, et l'humanité, et Dieu peuvent trouver écho.

 

Rien de tout cela ne nous échappe que si l’instant lui-même nous échappe; l'instant, qui est toute l'actualité du temps; qui seul met en synthèse dans l'esprit ses fractions fuyantes; qui est donc le point par où nous pouvons l'aborder et le faire nôtre, au lieu de le laisser s'échapper comme une eau sans réservoir et de nous trouver vides, nous qui ne peuplons notre vie intérieure que de la substance du temps.

 

Là plupart des vies se passent plus ou moins dans l’inconscience et ne sont donc pas des vies, mais des phénomènes dans la vie générale des êtres.

 

Beaucoup d'autres sont à éclipses, des périodes de claire activité faisant place à des trous obscurs. Une vraie vie est une unité consciente, ne forme qu'une seule coulée et ne comporte d'éclipsé que celle de l'ultime sommeil.

 

L'effort à faire est de nous rassembler à toute heure en un présent riche de passé et d'avenir, riche surtout d'éternité attenante aux durées mobiles. On peut vivre, dans le temps, comme au-dessus du temps et en possession de tout le temps.

 

On peut participer à l'écoulement sans en être. L'éclusier ne suit pas le flot; il l'observe, inter­vient et garde la rive. Nous sommes, spirituelle­ment, les éclusiers du temps. Il y a une rive d'où nous pouvons, avec Celui qui y règne, guider notre durée.

 

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

Partager cet article
Repost0
10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 14:45

          

Quel mystère que le temps! Qu'est-il? D'où vient-il? De quel lointain sans bords ou de quel océan d'immobilité dois-je voir surgir sa course?

 

Des philosophes l'ont vu comme une ondulation perpétuelle, un  retour éternel  sans terme assignable en avant ou en arrière : grande pensée que volontiers la raison ferait sienne. Mais les chrétiens voient plus grand encore, en ce que, refusant au temps une pareille ampleur, ils l'ac­croissent de sa source.

 

Le temps est un ruisseau qui s'échappe du glacier éternel. Cette eau vient de ce cristal et le reflète. Sa pureté est troublée, dans sespro­fondeurs, par les scories de la matière; mais en celle-ci réside encore une admirable fécondité.

 

Le temps porte toute vie, et toute activité ici bas est sa sujette. Il porte les humains qui ont vécu, vivent ou vivront, et le Christ, leur aîné, chef de toutes les races, et l'Église, mère commune, qui à des titres divers appartient elle aussi toutes les générations.

 

Par la croix qui le domine, le temps est devenu sacré. Ma petite vie, qui y est prise, participe de sa nature auguste et ressent l'obligation de ne déposer en lui que du sacré.

 

Le temps est un grand don de Dieu. Ce mot est sacré, car il  accorde au divin la première place et un rôle enveloppant par rapport à tout le reste. A ce titre, l'or même, cette boue jaune, comme on l'a appelé, peut revendiquer cette qualification, à son rang, le dernier parmi les choses humaines.

 

Quelle grossièreté, si on le prenait à la lettre, dans ce dicton américain : «Le temps, c'est de l'argent!» Comme boutade, cela s'admet; comme doctrine, cela signifierait que la vie se résume en l'argent, s'engouffre dans l'argent. Disons plutôt : le temps, c'est de la beauté, c'est de la vérité, c'est de la vertu, c'est de l'amour et c'est de l'espérance.

 

Admirer, comprendre, aimer, es­pérer, et bien faire, c'est là durer.

 

Le temps contient ce qu'il y a de plus sublime dans ce qui passe, et il augure ce qui est éternel.  Le temps n'est pas seulement une extension; il a une profondeur du fait de nos attaches immor­telles.

 

Ce ne pourrait être que de notre faute, si se réalisait le mot désenchanté de Leconte de Lisle : Le temps n'a pas tenu ses promesses divines.

 

Le temps ne trahit pas : ne le trahissons pas nous-mêmes. Aimons-le et vénérons-le. Ne soyons pas de ceux qui le profanent en usant mal de lui; de ceux qui le « tuent » en n'en usant point; de ceux qui le gaspillent en l'employant à des riens; de ceux qui le surchargent et s'en font les « bourreaux » ainsi que d'eux-mêmes.

 

Le temps veut la mesure, étant lui déjà une mesure intérieure des choses. Le temps veut le sérieux et la profondeur, étant, de sa nature, une ondulation de surface, dont le dessous est la substance immuable des choses, et dont l'ar­rière-fond est l'Être éternel.

 

Extrait de : RECUEILLEMENT. Œuvre de A. D. Sertillages O.P. (1935)

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

Partager cet article
Repost0
9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 12:55

Un pacte fut conclu avec Abraham et il y a quelqu'un  qui l’a pris au sérieux. Il y a, au centre du Calvaire, la Sainte Croix. Il y a Dieu le Fils qui y est attaché. Et sous cette croix, il y a une femme debout. Il y a une femme tout droit, debout, qui regarde son fils. Et qui ne cessera pas pendant tous les siècles des siècles de le regarder.

 

Et à l'arrière-plan, comme sur les vieilles gravures, on voit le Saint-Esprit qui descend sur les apôtres, on voit Damas et le Chemin de Damas et saint Paul les jambes en l'air foudroyé par un éclair en zigzag; et encore les apôtres, chacun un bissac sur le dos où il y a de quoi dire la messe, qui se dirige vers la province qui lui est assignée; et dans le ciel, deux anges qui déploient une longue banderole sur laquelle sont écrits ces mots :

 

«Ce n'est pas vous qui M'avez choisi, c'est Moi qui vous ai choisis.»

 

La mer est là aussi, paisible, toute à son rôle décoratif, avec un certain nombre de petits bateaux sur elle qui s'en servent honnêtement.

 

Non, non et trois fois non, il n’est pas vrai, mais pas du tout vrai, que toutes les religions sont vraies. Il y a le vraie et il y a le faux,  il y a le oui et il y a le non, il y a le bien et le mal, il y a le blanc qui est blanc et il y a le noir qui est pas autre chose que tout noir!

 

Tous les esprits éclairés, tous les faux pasteurs de toutes les fausses églises du monde, auront beau me passer en long et en large sur la figure une langue rassurante, ils ne m'empêcheront pas de constater sur le Calvaire le fait sérieux, le fait solennel, le fait redoutable, le fait formidable, le fait irrécusable, de la Croix, de cette Croix au milieu et de ce Bon Larron qui est à droite et de ce Mauvais Larron qui est à gauche!

 

Ces faux pasteurs ne m'empêcheront pas de faire attention à ce Jugement Dernier qui n'a pas cessé de commencer au milieu de nous! Ils ne m'empêcheront pas d'entendre cette Voix qui dit : Venez! Les bien-aimés de Mon Père! Et, mais oui, parfaitement! Allez! Allez, maudits! Allez, maudits, au feu éternel qui a été préparé au démon et à Ses anges!

 

Toutes les religions sont vraies, c'est exactement comme si on disait : toutes les religions sont fausses. Il est possible que la vérité pour l'atteindre soit supérieure à ma capacité de comprendre.

 

Mais je réclame au moins le droit et le moyen de me trom­per. Je réclame le droit de ne pas tout adorer en même temps. Je demande le droit au jugement, le droit au choix et le droit au refus, un choix à mes risques et périls.

 

Je demande le droit de croire à quelque chose de toutes mes forces! Le droit d'espérer quelque chose de toutes mes forces! Le droit de préférer quelque chose de toutes mes forces! Je demande le droit au désir! Je demande le droit à l'horreur! Oui, l'horreur du mal, l'horreur de l'esclavage, l'horreur du péché, l'horreur du pas vrai et l'horreur de l'a moitié vrai!

 

Et ne me dites pas que c'est bien assez pour moi d'un peu de vérité! Je n'en ai que faire de votre un peu de vérité! Elle me dégoûte plus que l'erreur totale!

 

Et d'abord, il n'y a pas un peu de vérité, il n'y a de vérité que la vérité totale. C'est elle que je réclame, c'est elle seule dont j'ai besoin! Et c'est précisément parce qu'elle est entièrement hors de ma prise que je n'ai absolument pas besoin d'autre chose!

 

Ce ne serait pas la Vérité, si ce n'était que ma Vérité! J'ai besoin de quelque chose à ma mesure, hors de toute mesure! Quelque chose pour me faire du bien qui ne m'entre qu'en me faisant mal, quelque chose pour me faire du bien qui me fasse mal tout le temps et partout!

 

Vous pouvez la garder pour vous, votre Vérité humaine!  J'ai besoin de quelque chose que je n'aie pas fait moi-même! J'ai besoin de quelque chose hors de moi comme le soleil, à la mesure de cet œil nouveau en moi qu'est devenu mon cœur!

 

Et d'ailleurs, qu'est-ce que vous voulez dire avec toutes  vos religions? Il y en a tant que ça, des religions? Pour moi, il n'y en a qu'une qui est la religion chrétienne, catholique, apostolique et romaine. Tout le reste n'est qu'œuvre de l'homme. Point de mains en elles qui soient capables de m'étreindre, point de profondeur qui soit capable de rendre et de redemander à mes narines la respiration.

 

Et d'ailleurs, puisque l'homme est lui-même l'œuvre de Dieu, qu'il reste dans toute œuvre de l'homme un peu de Dieu, oui, oui, bien sûr, ça va!

 

Ça va! C'est possible, c'est certain et ça m'est tellement égal! Vous me raconterez tout cela quand j'aurai le temps et pardonnez-moi si je baye un peu!

 

Inspiré du livre: EMMAUS (Paul Claudel)

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

 

Partager cet article
Repost0
8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 09:32

Tous ces faits inexplicables par la science démontrent que nous touchons à la toute puissance de Dieu.

Sur cette photo miraculeuse les moindres détails ont leur importance. Nous y voyons des choses incroyables. Découvrez les par vous-même.

C’est un témoignage  qui vous remplira de joie. Rendons grâce à cette Grande Dame de Guadeloupe.

 

http://www.youtube.com/watch?v=tgwJ9KjpNXo

 

elogofioupiou.over-blog.com

 

 

Partager cet article
Repost0
7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 10:33
Un jeune impie, après avoir fait rire de lui, n’en demanda pas davantage, il saisit furtivement son chapeau et s’en alla, honteux, dit-on, comme un renard qu’une poule aurait pris…
Voici l’histoire. Il y a quelques années, un jeune homme de province fut envoyé à Paris pour achever ses études ; comme tant d’autres, il eut le malheur de rencontrer de mauvaises compagnies. Ses propres passions, d’accord avec les discours impies de ses camarades, lui firent oublier les leçons de sa pieuse mère et mépriser la Religion.
Il en vint au point de désirer et enfin de dire comme l’insensé dont parle le Prophète : « Il n’y a point de Dieu ; Dieu n’est qu’un mot. » Pour le dire en passant, c’est toujours ainsi que l’incrédulité commence ; c’est une plante qui ne prend racine que dans la fange. Après plusieurs années de séjour dans la capitale, ce jeune homme revint dans sa famille. Un jour il fut invité dans une maison honorable, où se trouvait une nombreuse compagnie.
Pendant que tout le monde s’entretenait de nouvelles, de plaisirs et d’affaires, deux petites filles de douze à treize ans lisaient ensemble, assises dans l’embrasure d’une croisée. Ce jeune homme s’approche et leur dit : Quel roman lisez-vous, Mesdemoiselles, avec tant d’attention ? — Monsieur, nous ne lisons pas de romans. — Pas de romans ! Quel livre lisez-vous donc ? — Nous lisons l’histoire du peuple de Dieu. — L’histoire du peuple de Dieu ! Vous croyez donc, vous autres, qu’il y a un Dieu ?
Étonnées d’une pareille question, les deux petites filles se regardent, la rougeur leur monte au visage. Et vous, Monsieur, ne le croyez-vous pas ? Lui dit vivement la plus âgée. — Je le croyais autrefois, mais depuis que j’ai habité Paris, que j’ai étudié la philosophie, les mathématiques, la politique, je me suis convaincu que Dieu n’est qu’un mot. — Pour moi, Monsieur, je n’ai jamais été à Paris, je n’ai jamais étudié la philosophie ni les mathématiques, ni toutes les belles choses que vous savez, je ne connais que mon Catéchisme ; mais puisque vous êtes si savant et que vous dites qu’il n’y a pas de Dieu, me diriez-vous bien d’où vient un oeuf ?
La jeune fille prononça ces paroles avec assez de force pour être entendue d’une partie des personnes présentes. Quelques unes d’abord s’approchèrent pour savoir de quoi il était question, d’autres les suivirent, enfin toute le groupe se réunit autour de la croisée pour assister à la conversation.
Oui, Monsieur, reprit la jeune personne, puisque vous dites qu’il n’y a point de Dieu, me direz-vous bien d’où vient un œuf ? — Plaisante question ! Un oeuf vient d’une poule. — Et d’où vient une poule ? — Mademoiselle le sait aussi bien que moi, une poule vient d’un oeuf. — Très bien, mais lequel des deux a existé le premier, de l’oeuf ou de la poule ? — Je ne sais vraiment ce que vous voulez dire avec vos oeufs et vos poules ; mais enfin, celle des deux choses qui a existe la première, c’est la poule. — Il y a donc une poule qui n’est pas venue, d’un œuf ? — Ah ! Pardon, Mademoiselle, je ne faisais pas attention, c’est l’oeuf qui a existe le premier. — Il y a donc un oeuf qui n’est pas venu d’une poule ? Répondez, Monsieur. — Ah ! Si… pardon… c’est que…. parce que… voyez-vous…
Ce que je vois, Monsieur, c’est que vous ignorez si c’est l’oeuf qui a existé avant la poule, ou si c’est la poule qui a existé avant l’oeuf. — Eh bien, je dis que c’est la poule. — Soit, il y a donc une poule qui n’est pas venue d’un œuf ; dites-moi maintenant qui a créé cette première poule, d’où sont venues toutes les poules et tous les oeufs ? —Avec vos poules et vos oeufs, vous avez l’air de me prendre pour une fille de basse-cour. — Pardon, Monsieur, je vous prie seulement de me dire d’où est venue la mère de toutes les poules et de tous les oeufs. — Mais enfin… — Puisque vous ne le savez pas, vous me permettrez de vous l’apprendre. Celui qui a créé la première poule ou le premier oeuf, comme vous aimerez le mieux, est le même qui a créé le monde, et cet Être, nous l’appelons Dieu. Comment, Monsieur, vous ne pouvez, sans Dieu, expliquer l’existence d’un oeuf ou d’une poule, et vous prétendriez, sans Dieu, expliquer l’existence de l’Univers ?
Le jeune impie n’en demanda pas davantage, il saisit furtivement son chapeau et s’en alla, honteux, dit-on, comme un renard qu’une poule aurait pris.
Mgr Gaume – Catéchisme de persévérance (1889)
elogofioupiou.over-blog.com

 

Partager cet article
Repost0