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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 10:36

D'UN JESUITE REVOLUTIONNAIRE      (SUITE et fin)

AU SALVADOR UN TRAVAIL EN DEUX ÉTAPES: RELIGIEUX PUIS POLITIQUE

Au Salvador, notre travail comportait deux étapes, l'une religieuse, l'autre politique: la seconde étant la consé­quence de la première.

Nous collaborions avec un mouvement religieux appelé Délégués de la parole de Dieu, qui fut créé en 1968 après la Conférence épiscopale de Medellin. Ces Délégués de la parole de Dieu émanaient de 1’I.P.A.L. (Institut pastoral de l'Amérique latine) qui fit ses débuts en Equateur et en Colombie, avant d'essaimer dans les pays du continent sud:américain. Ce mouvement regroupe des laïcs bénévoles, des sortes de diacres qui mènent la même ac­tion que les anciens catéchistes ruraux qui apportaient jadis leur aide aux prêtres des campagnes: administration des | baptêmes en cas d'urgence, préparation au mariage, cours d'éducation religieuse, assistance sociale, aides charitables, toutes les tâches que les prêtres, trop peu nombreux, n'ont pas le temps d'accomplir.

Mais les Délégués de la parole de Dieu ont d'autres ambitions: l'organisation interne du mouvement et sa philosophie avaient pour dessein d'offrir aux paysans une possibilité de cohésion sociale et une appartenance à un groupe actif aux tâches bien définies.

Certains d'entre nous préparaient les textes à répandre dans d'autres communautés. D'autres, les penetradores  (agents de pénétration) devaient se familiariser avec les coutumes des peuples pour les approcher avec le plus de succès possible.

Enfin, les consolidadores (consolidateurs) visitaient fréquemment les communautés rurales. Par leurs soins, les paysans étaient rendus conscients de leurs besoins révélés et amplifiés. Nous renforcions l'emprise permanente des Délégués de la parole de Dieu et rendions nécessaire leur action. Grâce à cette infiltration, nous avons unifié les masses rurales en captant leur attention par la parole de Dieu. C'est en montrant aux paysans qu'ils étaient capables de s'organiser, c'est en leur donnant le goût de la concertation et de la réunion que nous avons consolidé une base populaire indispensable à l'action politique.

Cependant, personne n'organise pour le simple plaisir d'organiser. Au Salvador, nous avions un objectif. Il s'agissait, à partir de cette base religieuse populaire, d'édifier un second étage et d'entreprendre une nouvelle forme d'éducation, politique cette fois. Nous leur ouvrions les yeux, nous les poussions à réagir: Vous devez vous défendre vous-mêmes contre ceux qui vous exploitent, vous devez combattre l'exploitation, disions-nous. Comment? D'abord en assimilant les rudiments de marxisme que naturellement nous leur inculquions. Que faire ensuite? S'unir. Et en prévision de la réaction de possédants? Apprendre à se défendre. Comment se défendre? En se familiarisant avec des  mécanismes dits d'autodéfense, qui n'étaient en fait rien d'autre qu'un tremplin vers la véritable violence.

En même temps, nous changions la structure traditionnelle des communautés chrétiennes: président, directeur, trésorier étaient remplacés par neuf secrétariats qui permettaient au peuple de prendre une large part à l'organisation sociale. Avec cette nouvelle structure socio-religieuse, les gens découvraient par eux-mêmes qu'il fallait une nouvelle instance supérieure d'organisation, pour arracher de façon violente leurs droits de travailleurs qui, il faut le dire, étaient pratiquement inexistants au Salvador. A ceux qu'avaient pénétrés ces nouvelles idées, il devenait facile d'inculquer que:

— Dieu ne veut pas l'injustice;

— la justice doit être faite par le peuple;

— le peuple a en face de lui des gens nommés exploiteurs;

— il faut supprimer les exploiteurs pour que le peuple ait la paix.

En faisant ainsi partager aux paysans nos profonds sentiments religieux et nos idéaux politiques, nous préparions un terrain fertile au Front de libération populaire Farabundo-Marti. Jamais nous n'avons réellement incité les paysans à la lutte armée, mais l'enjeu de la lutte des classes et les endoctrinements antérieurs suffisaient à leur faire prendre la décision de se battre.

LA SUBVERSION EN ZONE RURALE.

Ce Comité d'unité des paysans s'infiltrait sans difficulté dans les couches paysannes grâce à l'habileté dont il faisait preuve en respectant les coutumes, les rites et les mythes qui font partie intégrante de la vie des paysans du Guatemala et tiennent lieu de vie religieuse. Une certaine vie rurale était organisée par le biais d'associations villageoises, de fêtes patronales et de festivals; mais c'était un monde à part, très fermé, et reposant sur l'expérience des plus anciens du village. Il était difficile de devenir membre de ces organisations rurales dont pourtant le rôle social était minime parce qu'elles ne donnaient pas de fonction précise à leurs membres.

Ce Comité d'unité des paysans prenait d'abord contact avec ces organismes ruraux et apprenait à bien les connaître pour savoir en quoi ils pouvaient être utiles. Généralement, il décidait que cette forme populaire de  Sensibilité religieuse devait être maintenue. Il fallait simplement remédier au manque de cohésion sociale, d'identification religieuse (les organismes ruraux n'appartenant à aucune institution religieuse traditionnelle). A ce moment  entraient en action les Délégués de la parole de Dieu.

Cette organisation socio-religieuse se distingue par sa parfaite adaptation aux mentalités très particulières des populations paysannes du Guatemala. Les jésuites ont su se démarquer de l'Eglise traditionnelle trop hiérarchisée, trop solennelle, trop imposante et surtout trop lointaine.

Les Délégués de la parole de Dieu savent se mettre à la portée des humbles. Leur messe peut être improvisée dans le village le plus éloigné, la ferme la plus isolée, ou même célébrée la nuit. Il n'est pas interdit aux fidèles de prendre la parole pendant le sermon; il n'est pas nécessaire de payer les tarifs qui sont appliqués ailleurs pour la célébration des mariages. En outre, le prêtre est choisi en fonction de ce que désire (ou ne désire pas), la congréga­tion, mais ne lui est pas imposé par la hiérarchie ecclésiastique.

En fait, on entend très souvent dire Allons à la réunion des Délégués de la parole de Dieu, car il n'y a pas d'autres occasions de se distraire. Ainsi, la cohésion sociale, consolidation réussie grâce au mouvement des Délégués, est un préliminaire au succès du Comité d'unité des paysans; on a d'abord créé une première structure sociale fondée sur la religion, qui, plus tard, sera utilisée à d'autres fins.

Ainsi s'introduisent les prêtres chez les paysans, et surtout le clergé étranger. Les prêtres ou missionnaires qui arrivent d'autres pays avec un regard neuf sont d'ordinaire plus sensibles encore aux besoins du peuple. Auprès de celui-ci, leur prestige est aussi plus grand, car leurs possibilités d'action sont souvent importantes.

NOUS. JESUITES, SOMMES COUPABLES D'AVOIR CONSPIRE AU SEIN DE LA SUBVERSION

Fîère de ces quatre cents ans d'histoire, de ses 35 000 membres dispersés sur tout le globe, de sa stricte et lé­gendaire discipline, la Société de Jésus ne va certainement pas croire que mes paroles sont sincères et mes sentiments profonds. Les jésuites vont affirmer que cela sonne faux, et ils vont accuser les autorités, les forces de sécurité, d'être responsables des propos que j'ai librement tenus.

Et pourtant, je répète que la Société de Jésus, et moi-même en tant que jésuite, nous sommes coupables d'avoir conspiré au sein de la subversion: d'abord du point de vue de la foi par un prêche destiné à pervertir les esprits ? Avec la théologie de la libération; et d'autre part, en soutenant directement ou indirectement le mouvement insurrectionnel. Et si tous les jésuites du Guatemala n'appartiennent pas à l'Armée de guérilla des pauvres, la Société de Jésus a tout de même fourni à cette organisation ses meilleurs éléments.

Pour comprendre les raisons de ce choix idéologique, il faut se souvenir de ce que j'ai déjà dit sur Vatican II et sur les nouvelles orientations des jésuites, définies lors de la 32e congrégation générale. Pour diffuser sa nouvelle dimension d'humanisme chrétien, la Société de Jésus s'est donc attachée à influencer les organisations déjà actives en Amérique latine. C'est dans ce but que furent noués des liens avec la Confregua (Confédération des religieux en Amérique latine. C'est dans ce but que furent noués des liens avec la Confregua (Confédération des religieux du Guatemala), avec la congrégation Maryknoll, avec les dominicains de Panama, les salésiens du Nicaragua, avec les religieuses belges du collège de la Sainte-Famille, avec la congrégation Scheut, et bien d'autres ordres religieux, pour les gagner eux aussi à la théologie de la libération.

Donc, je le répète, l'Armée de guérilla des pauvres pouvait compter sur le soutien des jésuites dans notre pays, que sur celui d'autres groupes de jésuites dans le reste du monde, que la subversion du Guatemala ne manquait de solliciter. Et c'est avec leur aide que s'est mis en place cet appareil qui prétendait dénoncer et chasser les injustices et la corruption, pour qu'advienne le nouveau Royaume terrestre de Jésus: l'avènement du socialisme.

Extrait du : LE DOCTRINAIRE, doctrine et vie.  Septembre 1982.

Elogofioupiou.over-blog.com

 

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 13:21

D'UN JESUITE REVOLUTIONNAIRE; Eduardo Pellecer était un bon jeune homme quand il entra dans la Compagnie des jésuites en 1967, à l'âge de vingt et un ans. Après dix ans d'études, prêtre en 1976, comme tous ceux de sa génération postconciliaire, il est devenu sous l'impulsion de son Ordre un agitateur révolutionnaire, au Salvador, au Nicaragua, au Guatemala enfin, son propre pays. Comme les autres, il avait résolu de prendre femme. Au moment de passer à la guérilla armée, il a reculé, ses yeux se sont désillés. Il s'est échappé. Sa disparition a été portée au compte des crimes de l’extrême-droite. Ses supérieurs en ont fait un martyr. C'était en juin 1981. Le 30 septembre, il réapparaît publiquement et confesse ses fautes.

il raconte son embrigadement jésuite révolutionnaire.

C'est l'immense dérive de l'Eglise conciliaire, de l'Evangile de Jésus-Christ, de la religion catholique, à la lutte des classes, à la révolution armée marxiste-léniniste. Au-delà de son cas personnel, c'est l'accusation des papes et des évêques de Vatican II, du Père Arrupe(1) et de la Compagnie jésuite, tout entière complice, et enfin de tous ceux qui gouvernent, parlent, agissent dans l'Eglise postconciliaire, sous couvert de réforme, pour la subversion et l’apostasie. Dans toute cette oeuvre monstrueuse, le mensonge et l'homicide érigés en système sont la signature du diable (Jn. 8, 44). Il y a vingt ans que nous le disons. En voici la preuve. Ce document capital est publié par le Figaro-Magazine du 24 avril. D'autres suivront. Nous n'en repro­duisons ici que les premières pages.

L'affaire commence. C'est le procès en forfaiture, crimes et trahison intenté par le Monde libre aux évêques et aux (faux) papes conciliaires. A eux de suivre le chemin d'Eduardo Pellecer.

" UN JESUS DIFFERENT DE CELUI DE L'EVANGILE, UN JESUS REBELLE, REVOLUTIONNAIRE... "

La situation de l'Eglise a commencé à se modifier à partir du concile Vatican II (11 octobre 1962 - 8 décembre 1965). Auparavant, l'Eglise catholique était l'Eglise de la loi et de la norme stricte, Pour les baptisés, pour ceux qui reconnaissent Dieu, le salut n'est concevable que dans l'Eglise.

A partir de 1962, l'Eglise de la loi devient l'Eglise du dialogue. Elle n'est plus une île hors du temps; elle veut faire partie intégrante de l'évolution des peuples et y jouer un rôle, en particulier dans les pays en voie de développe­ment.

Ce changement d'orientation implique une transformation capitale. Avant le Concile, on considérait qu'il n'y avait pas de salut hors du peuple de Dieu. La nouvelle doctrine a modifié la signification de l'Eglise, car il peut alors exister ce que j'appellerai des chrétiens anonymes, c'est-à-dire des gens qui trouveront le salut même s'ils ne con­naissent pas Dieu, ou ne sont pas baptisés.

En 1968, s'est réunie à Medellin, en Colombie, la conférence épiscopale de l'Eglise latino-américaine pour actu­aliser et adapter à l'Amérique latine les propositions de Vatican II. Tous les évêques étaient présents et, pour la première fois, il a été dit que les peuples étaient opprimés. Ils étaient sans argent et sans espoir d'en avoir; sans culture | et sans espoir d'y accéder; sans vie politique et sans espoir d'y participer. La seule façon de les sauver, c'était de les libérer.

En 1980, à Puebla, au Mexique, se tint une nouvelle conférence épiscopale latino-américaine pour réactualiser les principes de Medellin. On savait à cette époque que les éléments modérés de la conférence épiscopale voulaient tenter de combattre les positions prises à Medellin en 1968. Devant cet état de choses, la société de Jésus d'Améri­que centrale et de Panama essaya de radicaliser les évêques qui penchaient à gauche en poussant à ses extrêmes la théologie de la libération.

TROIS ARMES: LA " THEOLOGIE DE LA LIBERATION ", LE MARXISME, LA PRIORITE AUX PAUVRES

La théologie de la libération est la première des trois armes dont on m'a appris le maniement. La poudre n'est pas nécessaire à leur fonctionnement, mais ce sont des armes beaucoup plus puissantes que toutes celles qui nous sont | familières.

La théologie de la libération est la nouvelle approche de la religion qui résulta de Medellin puis de Puebla et j remodela l'action de tous les ordres religieux. En quoi consiste-t-elle?

Avant tout, c'est la présentation aux pauvres d'un nouveau Jésus-Christ, un Jésus différent de celui de l'Evangile ou de nos catéchismes. Ce Jésus-là est un rebelle, un ennemi du système capitaliste, un révolutionnaire. Ce Jésus qui commence, ici et maintenant, et pour les temps à venir, est exclusif et partial: Dieu des pauvres, exclusivement voué au salut des pauvres, il écarte à jamais du salut les riches, les puissants, les gouvernants.

Ce Jésus-là ne peut pas êtres le Dieu de tout le monde. Et si l'on demande et les autres? (c'est-à-dire évidemment les riches), l'Eglise de ma génération répondra: Les riches ont connu pendant quatre ou cinq siècles une intimité sans cesse croissante avec l'Eglise, en ce qui concerne et leurs intérêts et leurs sentiments. Il est temps maintenant pour l'Eglise de rompre à jamais avec les tout-puissants et de retourner au service exclusif des pauvres.

L'an dernier, nous prêchâmes cette doctrine jusqu'au point d'énoncer que seuls les pauvres devaient célébrer Noël, parce que le jour de Noël est né le Dieu des pauvres, le leur. Quant aux riches, nous ne savons pas ce qu'ils célèbrent le 24 décembre.

Le deuxième principe de la théologie de la libération s'énonce comme suit: ce nouveau Jésus a un plan concret et une mission. Notre Père l'a envoyé sur terre pour bâtir un royaume que nous (j'entends par nous: les jésuites, et spécialement ceux de ma génération) définissons comme un royaume socialiste pour lequel nous devons construire une société socialiste. Pour cela, nous avons besoin de puissance. Comment l'acquérir? C'est le troisième point de cette théologie de la libération.

Ce nouveau Jésus est détaché de l'Eglise en tant qu'institution. Il a rejeté toutes les structures institutionnelles et hiérarchiques de l'Eglise.

Cette nouvelle vision de Jésus projetait sa propre moralité. Pour nous, la seule chose importante, c'était la révo­lution, le socialisme, et tout le reste était secondaire. Peu importait que l'on vécût ensemble en dehors du mariage, peu importait le divorce ou la vie dans toutes les débauches. Tout était tacitement permis (1). Dans ce nouveau système moral, le seul absolu était le socialisme et la prise du pouvoir.

Il ne faut pas perdre de vue cette démonstration. En Amérique latine, les problèmes graves sont le sous-développement et la marginalisation. A Medellin, il a été dit que la salut des peuples passait par la lute politique. En présentant ce Dieu détaché de l'Eglise, ce Dieu indifférent aux principes moraux traditionnels, la théologie de la libération contribuait à cette politisation. Dans ces pays d'Amérique latine, les populations ont été sensibilisées par ce programme qui réclamait la participation massive des hommes désireux de lutter pour la révolution et l'avéne­ment du socialisme. Pour parvenir à la prise du pouvoir par un mouvement révolutionnaire, on n'a pas besoin d'une Eglise hiérarchisée, mais d'une nouvelle Eglise: celle de la base, celle du peuple.

Telle fut la première des trois armes que j'ai appris à manipuler.

La deuxième de ces armes, c'est l'idéologie marxiste-léniniste sur laquelle se fonda l'endoctrinement de presque tous les jésuites de ma génération. Je l'ai étudiée pendant quatre années à Mexico et au Salvador; car le postulat initial était que pour satisfaire les besoins réels des gens, un prêtre devait être un spécialiste, un expert en science marxiste-léniniste. Nous étions persuadés de ne rechercher qu'une technique d'analyse pour étudier les causes de l’exploitation de notre peuple et pour y mettre fin. Et on nous enseignait qu'il était impossible d'expliquer l'in­justice et la pauvreté sans recourir à une analyse socio-politique marxiste: il fallait montrer que l'injustice était due à l'existence des classes sociales.

L'une de mes erreurs fondamentales fut de croire que nous en resterions au plan théorique, que nous n'utilise­rions que dans nos bureaux et nos salles d'études cet outil de recherche et d'investigation approfondies, eh lisant des livres et des documents. Pour moi, c'était l'équivalent d'un scalpel de chirurgien dont l'usage n'aurait aucun sens hors de la salle d'opérations. Comment aurais-je imaginé — et comment n'ai-je pas compris — que la théorie serait mise en pratique?

La dernière des trois armes fut l'orientation donnée voilà deux années au travail des jésuites par la Congrégation générale de la société de Jésus. Il fut décidé que ce travail porterait prioritairement sur les secteurs les plus pauvres des populations rurales et urbaines. Nos vies, nos ressources, notre savoir, nos plus grands efforts devaient être dédiés à l'intensification de nos sermons destinés aux paysans et aux ouvriers urbains.

Comme jésuites, nous étions parfaitement capables d'imprégner les esprits de la théologie de la libération et du marxisme-léninisme. Nous savions simplifier ces théories, les mettre à la portée des masses et utiliser le nouveau système d'enseignement qu'on appelle pédagogie de l'opprimé.

Usant de notre autorité de prêtre, nous remportions des succès auprès de la masse des simples. Nous semions le germe de la décomposition en brandissant un nouvel Évangile, un nouveau Jésus inconnu jusqu'alors: un Jésus assoiffé de sang. Et nous agissions ainsi pour devenir d'authentiques soldats animés d'un esprit religieux et combat­tant pour leur foi.

C'est d'abord au Salvador, puis au Nicaragua et finalement au Guatemala que j'ai expérimenté en personne, comme prêtre catholique, la puissance de ces trois armes: la théologie de la libération, l'appareil marxiste-léniniste, l'engagement des jésuites parmi les pauvres. Elles ont contribué à éveiller et à former une conscience politique et à faire naître l'esprit de subversion.   (A suivre)

(1) Le 9 novembre 1981, l'hebdomadaire Newsweek écrivait (p. 55): Même quand des jésuites étaient dénoncés comme ayant des petites amies — ou de petits amis —le père Arrupe ne prenait aucune "sanction" déplore un prêtre partisan du Pape. C'était scandaleux.

Extrait du : LE DOCTRINAIRE, doctrine et vie.  Septembre 1982.

Elogofioupiou.over-blog.com

 

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 09:26

Sept témoignages de Dieu…  (suite)   2 de 2

Puis vient le quatrième témoin, au centre des sept. C’est bien sûr la personne même du Seigneur. S’il y a un témoin par excellence, incomparable, à nul autre semblable, c’est bien le Seigneur. Il a rendu un témoignage divin, bien sûr, et par conséquent parfait. Dans l’évangile selon Jean nous lisons (3:31-33) : « Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est de la terre, et parle comme étant de la terre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous ; et de ce qu’il a vu et entendu, de cela il rend témoignage ; et personne ne reçoit son témoignage. Celui qui a reçu son témoignage, a scellé que Dieu est vrai ».

Si des hommes ont parlé, rendu témoignage, si des prophètes ont parlé, l’épître aux Hébreux nous déclare, en commençant, que Dieu a parlé dans le Fils ou « en Fils ». La Parole de Dieu, la pensée de Dieu incarnée a été donnée à connaître de manière particulière par le message, par le ministère, par la vie du Seigneur. Bien sûr que c’est le seul témoignage qui ait été parfait, sans aucune défaillance, témoignage lié à l’excellence de Sa personne, puisqu’il nous est dit de Lui qu’Il était l’empreinte de Sa substance et le resplendissement de Sa gloire. L’homme n’a pas vu cette gloire, gloire morale, et il ne l’a même pas discernée. Mais le Seigneur était Dieu manifesté en chair, ce grand mystère de la piété dont parle Paul en écrivant à Timothée.

Il a été le témoin par excellence, innocent, bien qu’ayant la connaissance du bien et du mal. Il a été l’homme parfait qui s’est approché du pécheur sans jamais connaître le péché. Il n’a ni commis ni connu le péché. Il a été le témoin par excellence. Bien sûr quant à Sa personne et quant à Sa marche, quant à Sa vie, Il a été le témoin également incomparable : « je fais toujours les choses qui Lui plaisent », « je me suis toujours proposé l’Éternel devant moi » : quel témoignage ! Ce témoignage d’obéissance, de soumission, avait déjà été exprimé par le langage prophétique : « voici je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté » (Héb. 10:7, 9). Quel chemin que celui du Seigneur ! On peut dire que du premier pas au dernier pas, il s’est dégagé le même parfum pour Dieu, de sorte que le Seigneur, comme Seigneur, peut sceller Lui-même sa vie d’homme sur la terre, ne la remettant, pas plus que son œuvre, à l’appréciation de personne, en disant (dans l’évangile du Fils de Dieu) : « je t’ai glorifié sur la terre » (Jean 17). Cette parole « je t’ai glorifié sur la terre » est un témoignage rendu dès son entrée dans ce monde et tout au long de son ministère, — un témoignage rendu quant à Sa personne, quant à Ses paroles, quant à Ses œuvres. « Les œuvres que je fais », dit ce même évangile de Jean, « rendent témoignage de moi ». Encore fallait-il Le voir, et fallait-il Le recevoir !

Or en même temps que son témoignage est annoncé, la Parole déclare déjà : « personne ne reçoit son témoignage » (Jean 3:32). Sa marche, sa mission ont été à la satisfaction parfaite de Dieu. Dieu Lui-même a déclaré par deux fois le plaisir qu’Il trouvait en Lui ; mais plus le témoin est fidèle, moins il est connu et reçu. Comme témoin, Il a été rejeté, et quel témoignage rendu sur la croix ! Ce n’est pas sans raison que c’est le seul homme qui emporte dans le ciel ce titre de « témoin », cité deux fois au début de l’Apocalypse : Jésus Christ le témoin fidèle. Il est le témoin par excellence, et la qualité, la perfection, la continuité absolue de Son témoignage rendu à Dieu Lui-même dans ce monde, fait que ce titre de témoin est associé à Sa personne comme homme glorifié. Le témoin fidèle…

On peut dire qu’Il a été la manifestation sans aucune restriction de toute la pensée, de toute la volonté, de toute la nature de Dieu, puisque la plénitude de la déité s’est plu à habiter en Lui. Lorsque Dieu habite avec l’homme, c’est toujours une grâce, et lorsqu’Il a habité dans la personne de son Fils, c’était un plaisir. C’est le Seul à l’égard duquel il nous est dit que cette plénitude s’est plu à habiter dans l’homme Christ Jésus. N’a-t-Il pas été la manifestation sans aucune restriction de tous les caractères divins dans ses gloires variées, dont l’amour, on peut dire, est le rayon le plus élevé.

Un témoignage excellent, lié à celui du Seigneur, est le témoignage du Père. C’est le témoignage de Dieu le Père rendu à l’égard de Son Fils, et la Parole est là dans ces mêmes chapitres pour nous le dire : « Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est de la terre, et parle comme étant de la terre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous ; et de ce qu’il a vu et entendu, de cela il rend témoignage ; et personne ne reçoit son témoignage. Celui qui a reçu son témoignage, a scellé que Dieu est vrai ; car celui que Dieu a envoyé parle les paroles de Dieu, car Dieu ne donne pas l’Esprit par mesure. Le Père aime le Fils, et a mis toutes choses entre ses mains. Qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3:33-36). Le Père aime le Fils, Il a mis toutes choses entre ses mains. Au ch. 5:37, nous avons un témoignage : « Et le Père qui m’a envoyé, lui, a rendu témoignage de moi ». Le Père a rendu, on pourrait dire, publiquement témoignage de Lui par ces deux déclarations, d’une part en sortant du Jourdain, d’autre part à la montagne de la transfiguration, où Dieu déclare le plaisir qu’Il trouve dans son Fils bien-aimé.

Dans la première épître de Jean nous avons également le témoignage du Père : « Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand ; car c’est ici le témoignage de Dieu qu’il a rendu au sujet de son Fils. Celui qui croit au Fils de Dieu, a le témoignage au dedans de lui-même ; celui qui ne croit pas Dieu, l’a fait menteur, car il n’a pas cru au témoignage que Dieu a rendu au sujet de son Fils » (1 Jean 5:9-10). Nous ne pensons pas peut-être toujours et suffisamment à l’appréciation de Dieu à l’égard de son Fils, notamment dans son chemin d’homme sur la terre. Ne pas croire au témoignage de Dieu qu’Il a rendu au sujet de son Fils, c’est être assuré d’être condamné. Qui croit au Fils à la vie ; en dehors de cela, il n’y a que la mort et le jugement. Le témoignage de Dieu, qui pourrait le contester ?

Sixièmement, l’heure de la croix arrive. En 1 Jean 5 nous avons le témoignage rendu par l’Esprit, mais lisons d’abord ce que le Seigneur Lui-même dit à cet égard en Jean 15:26 : « Mais quand le Consolateur sera venu, lequel moi je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité, qui procède du Père, celui-là rendra témoignage de moi », et en 1 Jean 5:6 nous lisons : « C’est lui qui est venu par l’eau et par le sang, Jésus le Christ, non seulement dans la puissance de l’eau, mais dans la puissance de l’eau et du sang ; et c’est l’Esprit qui rend témoignage, car l’Esprit est la vérité ; car il y en a trois qui rendent témoignage : l’Esprit, et l’eau, et le sang, et les trois sont d’accord pour un même témoignage ».

L’Esprit rend témoignage : le fait que le Saint Esprit s’est posé sur Lui sous la forme corporelle d’une colombe au jour où le Seigneur remontait des eaux du Jourdain est déjà une manifestation de ce témoignage rendu par l’Esprit. Il s’est posé sur le Seigneur pour sceller le Fils de Dieu de Sa présence. Lorsque le Seigneur dit en 1 Jean 5:6 : « c’est Lui qui est venu par l’eau et par le sang », sa venue n’est pas ici en rapport avec l’incarnation, mais en rapport avec Son œuvre. C’est exactement ce que nous avons en Jean 12 quand il est dit : « Je suis venu à cette heure ». « Maintenant mon âme est troublée ; et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ; mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure » (Jean 12:27). Ce n’est pas l’incarnation cela, mais c’est le Seigneur dans son obéissance, que rien ne pouvait détourner. Il a poursuivi son chemin et Il est arrivé jusqu’à cette heure-là où Il devait s’offrir, et c’est ce même « venu » que nous avons dans 1 Jean 5:6 : Lui qui est venu par l’eau et par le sang, Jésus Christ.

Ces trois éléments l’eau, le sang et l’Esprit ne sont pas nécessairement cités dans un ordre historique, mais dans un ordre moral. L’eau nous parle de la mort ; Il est entré dans les eaux profondes ; nous avons à cet égard la figure bien connue des douze pierres dans le Jourdain ; Il a dû entrer dans les eaux de la mort. Et le sang nous parle du don de sa vie ; la vie est dans le sang. L’Esprit, l’eau et le sang, ces trois éléments sont d’accord. Cette expression est frappante : c’est comme s’ils avaient conversé ensemble ; ils sont d’accord pour un unique et même témoignage.

Nous sommes mis au bénéfice de l’œuvre du Seigneur, Il est entré dans les eaux profondes où les algues ont enveloppé sa tête (Jonas 2:6) ; nous sommes au bénéfice du don de Sa vie. Le sang a été versé par des mains iniques à leur totale responsabilité, mais quant au don de la vie, c’est Lui-même qui l’a fait, « personne ne me l’ôte, je la laisse de moi-même ». Et l’Esprit est là pour rendre témoignage de ces choses ; Il vient sceller en quelque sorte ce double témoignage, et les trois sont d’accord pour rendre témoignage. Dieu mentionne dans les Écritures comme un témoignage multiple, trois témoins qui attestent la valeur de l’œuvre de Christ. Dieu rend témoignage à son Fils par ces trois éléments.

Enfin nous avons le septième « moyen » par lequel Dieu rend son témoignage. Ce sont ses rachetés au-delà de l’œuvre de la croix. Ces rachetés comportent, bien sûr, ceux desquels nous faisons partie par grâce, les rachetés de l’économie de la grâce, son assemblée, son église. Il s’y ajoutera les témoins, combien fidèles, qui souffriront après la venue du Seigneur, et desquels il nous est parlé d’une manière si éloquente et élogieuse, incomparable, dans le chapitre 14 de l’Apocalypse. Ces témoins connaîtront les souffrances des grandes tribulations, et il nous est dit d’eux qu’ils sont irréprochables, ils suivent l’Agneau où qu’Il aille. Nous ne trouvons pas une appréciation divine d’un tel niveau dans les temps précédents. Que nous soyons nous-mêmes rendus irréprochables, c’est notre position en Christ, irrépréhensibles et irréprochables en Christ ; mais ça ne concerne pas notre marche et notre responsabilité, c’est ce que nous sommes en Christ devant Dieu. Mais dans ce chapitre 14 de l’Apocalypse, il s’agit des saints de l’économie apocalyptique, de la deuxième demi-semaine de Daniel, les saints de cette grande tribulation où chaque pas de fidélité les expose à la mort. Ils suivent l’Agneau où qu’il aille, autrement dit quoi qu’il en coûte ; et ils sont irréprochables.

Donc tous les saints au-delà de la croix constituent, on peut dire, un témoignage collectif rendu par les rachetés. Mais notre privilège et notre responsabilité, quant à nous-mêmes dans l’économie où nous vivons, est d’être des témoins à titre individuel, et un témoignage à titre collectif. Nous n’entrons pas dans les septuples caractères d’un témoignage collectif qui conditionnent sa réalisation et qui conditionnent par conséquent la réalisation et la vie d’assemblée ici bas ; c’est un très beau sujet que chacun peut considérer.

Mais le témoignage est confié maintenant aux rachetés du Seigneur, et en Jean 15 le Seigneur l’ajoute aux versets que nous avons partiellement lus après avoir mentionné la venue prochaine du Consolateur qui rendra témoignage de Lui : Jean 15:26 « l’Esprit de vérité qui procède du Père celui-là rendra témoignage de moi », et le Seigneur ajoute : « et vous aussi vous rendrez témoignage parce que dès le commencement vous êtes avec moi ». Vous aussi, disciples du Seigneur, qui appartiendrez peu après à l’Église en résultat de l’œuvre de la croix : nous aussi sommes appelés à être des témoins.

Nous savons bien que l’élément fondamental qui qualifie le témoin, c’est de contraster avec ce qui l’environne. Lorsque nous serons auprès du Seigneur, rendus semblables à Lui, où nous foulerons un sol sans danger de souillure, où il n’y aura plus aucune mise à l’épreuve, où nous seront délivrés de nos limites, délivrés de tout ce qui peut en nous-mêmes nous entraver et de tout ce que produit la chair qui est encore en nous, — lorsque nous serons dans cet état céleste de gloire dans la présence du Seigneur, nous n’aurons plus de témoignage à rendre ; ce sera trop tard pour le faire, le temps du témoignage sera passé. Dans une scène de perfection et de gloire, il n’y a pas de témoignage, mais nous serons avec le Témoin fidèle. Il conserve ce titre (Apoc. 1:5 ; 3:14). Mais maintenant que nous sommes sur la terre, cheminant encore peut-être pour peu de pas, nous sommes appelés à être des témoins, — des témoins qui sont conduits par la Parole de Dieu, — des témoins qui sont nourris par les Écritures, dont les affections sont développées, entretenues, et qui sont par cela attachés au Seigneur Lui-même, — des témoins qui sont séparés de ce monde, bien que marchant encore dans ce monde, comme le Seigneur l’a dit dans sa prière de Jean 17 « je ne te demande pas que tu les ôtes du monde mais que tu les gardes du mal, sanctifies les par ta Parole ».

Que cette parole du Seigneur dans sa prière sacerdotale trouve son exaucement dans nos cœurs, pour Sa propre gloire et pour notre bénédiction, — notre bénédiction présente, mais aussi notre bénédiction future. Car nous devrons rendre compte au jour de la comparution devant le Seigneur, ce jour où tout sera mis en évidence par le Seigneur. Malgré la précarité des temps, malgré toutes les défaillances en nous-mêmes, et tout le coefficient de risque qu’il y a en nous-mêmes, Il nous a maintenus toutes Ses ressources, et nous les maintiendra jusqu’au dernier moment.

Qu’Il nous rende désireux d’être dans ce monde des témoins qui contrastent avec ce monde, — dans le monde mais pas du monde.

http://www.bibliquest.org/CombeP/CombeP-7_temoignages_de_Dieu_a_l_homme.htm

Psaume 19:1-3, 7-9    Pierre Combe  Août 2005

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 11:55

Nature et objet du témoignage

Combien nous pouvons rendre grâce au Dieu qui habite la lumière inaccessible, que nul œil n’a vu ni ne peut voir, de ce que Dieu dans sa miséricorde s’est plu à se faire connaître ! Bien que l’homme se soit détourné de Lui par la désobéissance, la transgression et l’introduction du péché, Dieu, dans sa grâce et dans sa bonté, ne l’a pas laissé dans cet état, et la première manifestation divine après l’introduction du péché par l’homme dans le monde, a été de l’appeler : « où es-tu ? », « qu’as-tu fait ? ».

Dieu veut se faire connaître : c’est ce qui constitue en quelque sorte, sous des aspects très variés, le témoignage que Dieu rend de Lui-même.

Pourquoi Dieu rend-t-Il son témoignage ? C’est précisément parce qu’Il veut se faire connaître, et faire connaître Sa volonté, Ses pensées, ce qu’Il se propose.

À qui le fait-il ? À des créatures qui par nature étaient ennemies dans leur entendement, — ce qui nous fait mesurer quelque peu la grâce dont nous sommes les objets.

Quand le fait-il ? Quand Dieu rend-t-Il son témoignage de Lui-même ? Pendant le temps de la responsabilité de l’homme sur la terre.

Comment le fait-il ? Sous des formes variées, et la révélation de ses pensées progresse au cours des siècles. Nous sommes dans l’économie [ou : dispensation] de la grâce, si favorisée, et au bénéfice de la révélation complète de ce que Dieu juge bon de nous faire savoir, tout ce qui nous est profitable.

Et nous pouvons constater dans les Écritures, que le témoignage de Dieu est rendu (en quelque sorte, et pour faciliter la mémorisation) de sept manières, ou par sept moyens, ou par sept canaux de Son choix, dont les deux premiers nous sont mentionnés brièvement dans ce psaume 19, la création tout d’abord, et la Parole de Dieu. Nous ne ferons, dans nos limites, qu’évoquer ces différents moyens par lesquels Dieu rend son témoignage, cherchant à dégager quelques pensées générales sans pouvoir, bien sûr, nous étendre sur ces différents aspects.

La création est un témoignage muet : il n’y a pas de langage dans la création, et pourtant quel langage éloquent pour qui sait le discerner (Ps. 19:3). Cette création, ouvrage de Ses mains, de laquelle Dieu a pu dire au terme des six jours que tout était très bon, en sorte que Dieu put se reposer de son travail (Dieu ne peut trouver du repos que quand Il est satisfait, c’est bien la raison pour laquelle tant qu’il y a des âmes perdues et éloignées de Lui, le Seigneur peut dire : « mon Père travaille et moi je travaille » Jean 5:17). Dieu a été satisfait, mais on peut dire que cette satisfaction a été de courte durée à cause de l’homme qui a souillé par la transgression ce que Dieu avait placé entre ses mains pour qu’il domine, pour qu’il gère cette scène de délices qu’était le premier jardin.

Néanmoins en dépit de la chute et des conséquences que la création en a subies (car le sol a été maudit à cause de l’homme, et aujourd’hui encore, comme le dit l’épître aux Romains (8:22), « la création soupire », elle gémit, bien qu’elle n’ait pas péché ; mais elle subit les conséquences du péché de l’homme). Néanmoins la création demeure un témoignage qui rend l’homme responsable (Rom. 1:18-20). Même quand l’homme cherche à scruter ce qui est au dessus et au dessous de lui, et au-delà de ses limites, il ne peut que s’épuiser en hypothèses ; et même si Satan cherche à développer ce qui peut détourner l’homme de son Créateur, par l’évolution et par tant d’autres choses, il n’en demeure pas moins que la création est un langage qui rend l’homme plus que responsable comme le dit l’épître aux Romains. L’homme est appelé, en raison de l’intelligence qui lui est donnée, à discerner l’Auteur des merveilles de cette création, et cela le rend inexcusable. La création en effet, par laquelle Dieu a appelé toute chose à l’existence, témoigne de Sa grandeur, de Sa puissance, de Sa sagesse, de Sa divinité, et l’Écriture dit que, déjà devant ce témoignage là, l’homme est inexcusable.

Après avoir été créées, les choses ont été placées entre les mains de l’homme. Il a failli à son mandat puisqu’il devait garder et cultiver ce que Dieu lui avait confié, et il s’est laissé en quelque sorte ravir par l’Ennemi ce que Dieu lui avait confié en tant que gérant, — un gérant qui devait être honnête et fidèle. Satan l’a ravi, et nous voyons au début de l’évangile selon Luc, que Satan a cette parole effrontée à l’égard du Seigneur même : Lui montrant les royaumes, il lui dit que l’autorité lui a été donnée, à Satan lui-même, et qu’il la donne à qui il veut. Or nous savons bien que Satan a usurpé ce pouvoir : il l’exerce pour éloigner la créature de Dieu. Mais le Seigneur recevra en son temps (encore futur) tout le domaine de la création ; tout Lui sera donné, mais Il ne le recevra pas de la main de l’Ennemi ; Il le recevra de la main de son Père.

La création donc est un langage muet, et qui peut le percevoir et le saisir et en tirer profit, si ce n’est la foi ? C’est ce que nous déclare l’épître aux Hébreux dans son chapitre 11 : « par la foi », il n’est pas dit « nous savons », mais « nous comprenons qu’Il a fait les mondes ». Il n’y a que la foi qui saisit, qui comprend — dans la conscience de ses limites, mais dans l’adoration et la révérence — le travail que Dieu a accompli en Créateur en appelant du néant des choses à l’existence. Par la foi nous comprenons ; mais l’homme ne peut pas aller au-delà de ses limites ; il est un être limité et Dieu n’a pas de raison à nous donner pour ce qui demeure encore caché aux limites de l’homme. C’est là le premier témoignage.

Le deuxième témoignage que nous avons dans les versets du Ps. 19, c’est la Parole de Dieu, — la loi de l’Éternel, autrement dit la Parole de Dieu, appelée « les témoignages ». Dieu témoigne, se fait connaître, révèle Sa volonté et Ses pensées par la Parole, la Parole écrite.

C’est dans le chapitre 17 de l’Exode (17:14) que nous trouvons pour la première fois la mention de l’Écriture, après la victoire remportée sur l’ennemi Amalek : « Et l’Éternel dit à Moïse : Écris ceci pour mémorial dans le livre ».

La Parole de Dieu revêt les mêmes caractères que Dieu Lui-même qui nous l’a donnée. L’apôtre Pierre est là pour nous dire (1 Pierre 1:23) que nous avons une Parole vivante, émanant du Dieu vivant et véritable, Celui qui est Vérité. C’est Lui qui nous l’a laissée, et elle est rendue opérante et pénétrante par l’action de son Esprit. C’est à cette Parole que la foi s’attache ; cette Parole a le son des trompettes d’argent (Nombres 10) qui résonnent aux oreilles de celui qui est attentif. Nous avons le privilège de posséder cette Parole qui nous fait connaître Ses pensées. Dieu veuille qu’elle ait toujours plus de prix pour nos âmes.

La Parole, nous le savons bien, a été incarnée dans la personne même du Seigneur, dont il est dit « la Parole devint chair et habita au milieu de nous » (Jean 1:14). Il est du reste frappant de constater la mesure dans laquelle le Seigneur, en dispensant ses enseignements, plus particulièrement sous la forme de paraboles, a recours aux éléments de la création, de la nature. La création et la Parole sont en quelque sorte deux moyens par lesquels Dieu s’adresse à la conscience ; Il le fait par la création, et Il s’adresse à la conscience et au cœur par sa Parole. Cette Parole combien précieuse, est le guide de notre marche, elle est la nourriture de nos âmes ; elle nous révèle les pensées les plus profondes de Dieu quant à Lui-même et à notre égard.

Cette Parole a été donnée sous la forme de la loi à son peuple terrestre, Moïse ayant reçu ces tables de la loi écrites du doigt même de Dieu. Où pouvait-elle être à l’abri, cette Parole, au sein du peuple, ce peuple d’Israël dans le désert qu’Aaron avait livré au désordre ? C’était impossible ; le peuple eut été consumé si les tables avaient pénétré dans l’enceinte du peuple : Moïse a dû les briser. Mais Dieu avait ordonné de faire une arche, et rappelant ces circonstances au peuple, à une nouvelle génération, Moïse pourra dire quant à ces tables, les deuxièmes qu’il a reçues (qui comportaient du reste la même Parole, il n’y a pas a plus de changement dans la Parole de Dieu que dans Dieu Lui-même) : « Je me tournais et les mis dans l’arche, et elles sont là jusqu’à ce jour » (Deut. 10:5). En quelque sorte, la Parole ne pouvait être à l’abri que dans la personne de Christ ; Il a été la Parole faite chair, venant ici bas et faisant connaître, au-delà des limites de la loi, les ressources de la grâce.

Nous avons le privilège de connaître cette ressource merveilleuse qui est celle de la Parole ; Dieu veuille que nous fassions l’expérience qu’en fit le psalmiste auteur du psaume 119 qui en parle dans la quasi-totalité de ses versets, et qui, sauf erreur, 9 fois au cours de ce long psaume, peut exprimer les délices qu’il trouve dans les témoignages. Trouvons-nous de la joie dans sa Parole comme celui qui a trouvé un grand butin ? La mangeons-nous comme l’a dit Jérémie (15:16) ? Est-elle, et produit-elle l’allégresse et la joie dans nos cœurs ? Dieu veuille que ce soit le cas.

En dépit de ce qu’est l’homme, en dépit de ce qu’est ce monde, en dépit des assauts permanents de l’Ennemi qui a cherché à détruire cette Parole, il n’y est jamais parvenu ni n’y parviendra jamais. C’est le livre le plus répandu sur la terre, traduit en plus de mille cinq cent langues. Cette Parole, l’Ennemi ne pourra jamais la détruire. Dieu veuille qu’elle soit précieuse à nos cœurs, et que l’exhortation de l’apôtre s’adressant à son enfant Timothée « exerce-toi à la lecture » trouve un écho dans nos affections profondes. C’est par elle que nous apprendrons ce que Dieu veut nous communiquer.

Un troisième moyen, si on peut dire, en restant très bref et très général, par lesquels Dieu fait connaître ses pensées, et Il rend et a rendu témoignage, c’est par le moyen des saints de l’Ancien Testament. Nous pensons à ce chapitre 11 de l’épître aux Hébreux, qui est suivi du premier verset du chapitre douzième : La mention au chapitre 11 des hommes de foi de l’Ancien Testament est couronné par cette première déclaration du chapitre 12 « une si grande nuée de témoins », qui sont donc des témoins de l’Ancien Testament.

Le chapitre 11 commence par le premier témoin qu’il y a eu sur la terre, Abel, qui a payé son témoignage fidèle du prix de sa vie. Abel est le premier qui est mentionné. D’ailleurs en lisant en détail l’évocation des noms, il est frappant de voir que, dans la personne d’Abel, nous avons l’évocation de la valeur du sacrifice dont il a senti la nécessité ; en Énoch nous avons l’évocation de la marche avec Dieu ; en Noé nous avons celui qui est mis à l’abri du jugement pour arriver sur le rivage de la délivrance ; en Abraham, le père de la semence de la foi, etc.…

Une si grande nuée de témoins… Qu’est-ce qui a animé leur témoignage et qui l’a produit ? C’est la foi.

Il y a donc eu des témoins avant le déluge, Abel, et beaucoup d’autres, Énoch, Noé. Noé a été un témoin dont il nous est dit qu’il était un « prédicateur de justice », bien que nous n’ayons aucune parole de Noé rapportée dans l’Écriture. Mais les innombrables années pendant lesquelles il a construit une arche sur une terre sèche était un témoignage qui aurait du être observé.

Puis nous avons les témoins qui sont venus plus tard, après le déluge. Abraham occupe une place particulière parmi eux. Il est l’homme de foi, celui dont parle l’épître aux Romains (ch. 4), nous disant de lui qu’il ne forma point de doute sachant que ce que Dieu a promis, Il est puissant aussi pour l’accomplir ; et en cela il donna gloire à Dieu, et par cela il a été justifié. Remarquons que toujours et dans tous les temps, longtemps avant la grâce, avant l’économie de la grâce, l’homme a été justifié par la foi ; en raison de sa foi, il a été en quelque sorte mis au bénéfice de ce qui sera acquis pour lui par l’œuvre de Christ à la croix. Abraham a glorifié Dieu par la foi : quel témoignage ! Quittant sa parenté, le lieu de sa résidence initiale, il est allé vers une terre inconnue, s’appropriant les promesses divines.

Puis nous avons les témoignages rendus par les hommes de Dieu au cours de la vie d’Israël, du peuple choisi de Dieu selon le critère de la grâce souveraine — non pas parce que ce peuple était plus attrayant, plus nombreux, plus puissant, mais parce que Dieu l’a aimé. Que de témoins dans le cours de l’histoire d’Israël ! Si l’on pense à Moïse, à Eléazar, à Rahab, à Caleb, à Josué, et tant d’autres encore — des témoins qui ont été des canaux dans la main de Dieu pour conduire le peuple, pour lui communiquer Ses pensées. Moïse a été l’homme dont Dieu peut dire qu’Il parlait avec lui comme un homme parle à son ami.

Il y a eu ensuite le temps qui a succédé à la vie dans le désert, puis le temps des prophètes qui ont parlé comme oracles de Dieu — des témoins qui ont été la bouche de l’Éternel. Si l’on pense à ce qui a été donné à connaître et à annoncer à des hommes tels que Élie, Jérémie, Ésaïe, Ézéchiel et tant d’autres, quels témoins ! Ils attendaient la cité de laquelle Dieu serait l’architecte et le créateur, le fondateur, mais ils n’ont pas connu ni vu ni vécu les choses promises. C’est encore cette épître aux Hébreux qui nous le fait connaître, mais leur foi n’a pas été ébranlée par une attente qui a été jusqu’au terme de leur vie ; ils sont demeurés des témoins fidèles, parlant comme la bouche de l’Éternel, des hommes de Dieu.

Quand la Parole parle d’« hommes de Dieu », cela qualifie beaucoup de serviteurs, David et d’autres encore ; David est ainsi appelé trois fois, et  Élisée sauf erreur plus de vingt fois. « Homme de Dieu » ne signifie pas du tout que c’est un homme à l’abri des chutes, ou qui a une nature privilégiée naturellement, mais c’est un homme pour qui les droits divins s’imposent au cœur et à la conscience, et qui n’a pas de privilège personnel ou de position à défendre. Les « hommes de Dieu » sont des instruments dociles et dépendants dans la main de Dieu, qui s’en sert soit pour dénoncer le mal et les conséquences, soit pour annoncer les bénédictions qui se rattachent à la fidélité. Que d’hommes de Dieu, que de témoignages auront été suscités !

On peut dire que le dernier prophète, c’est Jean le Baptiseur. Il était le précurseur, appelé à préparer le peuple afin qu’il reçoive le Messie que la bonté divine leur envoyait. Il est le seul prophète, le seul témoin de cette dispensation qui a vu Celui qu’il annonçait. Il est du reste très frappant de considérer les sept témoignages que Jean le Baptiseur rend à l’égard du Seigneur, une plénitude remarquable de témoignage, six fois dans le premier chapitre, et une fois au chapitre 3 au sujet de son privilège d’annoncer l’Époux en sa qualité d’ami.

Extrait de :   Psaume 19:1-3, 7-9    Pierre Combe  Août 2005

A suivre…

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 09:52

Bon Maître, que faut-il faire pour entrer dans la vie éternelle? C'est ainsi qu'un adolescent de ton âge aborda un jour le Christ. Jésus venait de bénir des enfants, et le jeune homme, n'y tenant plus, se jeta à ses pieds.

Bon Maître ! C'est la bonté du Christ qui l'a subjugué. C'est elle toujours qui nous attire. Mais quand on veut en parler, la plume hésite. Ne va-t-on pas commettre le même sacrilège que tant de peintres et de sculpteurs, qui ne nous donnent qu'une image caricaturale du Christ? « Mon pauvre Bon Dieu, comme ils t'ont arran­gé », disait un artiste mourant, auquel on présentait un méchant crucifix à baiser.

C'est qu'il n'y a pas d'homme au monde qui ait uni à plus de bonté, plus de majesté, à plus de familiarité, plus d'autorité, à plus de tendresse, plus d'intransi­geance, à plus de dévouement, plus d'exigences. Et c'est ce qui frappe en premier lieu dans la bonté de Jésus : C'est la bonté d'une puissance que l'on sent infinie, c'est la Bonté du Fort.

Rien de puéril, de mièvre, d'efféminé. Rostand l'a singulièrement diminué, notre Christ, dans la « Samaritaine », en mettant sur ses lèvres un tas de fadaises sentimentales.

Et pourtant, de la bonté II possède, tous les visages, toutes les nuances et en particulier la simplicité, 1 a cordialité de l'accueil, cette tendresse enve­loppante qui fait que chacun se sent vraiment adopté par lui, vraiment ami, vraiment frère, vraiment quel­qu'un qui compte.

Jésus est d'une accessibilité telle qu'elle étonne même parfois les Apôtres. Tout le monde peut l'approcher, lui présenter ses requêtes, lui confier ses petites affaires. La foule le harcèle. Les mères viennent lui faire bénir leurs petits; les boiteux, les aveugles, les lépreux, que leurs misères avaient habitués aux rebuffades, lui cla­ment leurs misères, essayent de le toucher, ou bien imaginent des moyens audacieux pour le rejoindre quand la foule est trop dense, témoin ce paralytique qui se fit descendre à ses pieds par une ouverture pra­tiquée dans le toit.

Les pauvres, les mendiants, les publicains, tous ceux que leur misère ou leur situation sociale avait dressés à la méfiance, se placent sur son chemin et quand ils sont trop petits, afin de mieux le voir, ils montent sur un sycomore. Jésus les encourage, leur fait signe, et mange avec eux. Les pécheurs, les larrons, les condam­nés, que leur conduite a mis au ban du peuple, et que leurs fautes ont aigris contre eux-mêmes, tous partagent ce bon accueil. Jésus manifeste même pour eux une sorte de préférence, II se laisse inviter par eux. La Samaritaine, la pécheresse de Magdala, le publicain Zachée, la femme adultère, les bourreaux, le larron... c'est pour ceux-là qu'il est venu!...

Il les comprend! Et c'est un autre signe de la bonté. Comprendre les autres ; se mettre à leur place ; vivre le drame de ceux que l'on rencontre, le faire sien; comprendre même les faiblesses, les fautes; ne pas entrer en connivence avec elles, ni les excuser, mais les expliquer, découvrir même une certaine logique dans les égarements et pénétrer dans l'âme de l'autre de toute sa propre âme pour la guérir, pour pardonner, cela c'est la bonté.

Qui l'a mieux pratiquée que Jésus? Lui qui est si exigeant, il se contente des moindres vouloirs; Lui qui veut la pureté totale, il voit, sans colère, venir à Lui les âmes les plus souillées; Lui qui veut qu'on renonce à tout et qu'on soit doux, il pardonne à un voleur des grands chemins; Lui qui veut qu'on le préfère et qu'on préfère son Père à tout, il ne veut pas qu'on éteigne la mèche qui fume encore. « Il aime les pécheurs, dit le P. Grand-maison, avec cette tendresse insistante et inquiète qu'ont les mères pour des enfants longtemps menacés et qu'elles ont pour ainsi dire enfantés une seconde fois dans les larmes ». Et quand il pardonne, il le fait royalement et avec une promptitude et une discrétion touchantes. « Va en paix » et à l'apôtre qui l'a renié : « Pierre, m'aimes-tu? »

La bonté fait aussi confiance. Elle croit les autres capables d'accomplir de grandes choses. Elle leur donne des responsabilités. Elle les associe à ses travaux.

Ici encore Jésus bat tous les records. Sa mission est unique; il vient révéler aux hommes l'amour caché du Père, il vient leur donner le moyen de redevenir avec Lui et en Lui, les fils bien-aimés. Et c'est à des hommes sans culture qu'il va confier sa doctrine; c'est à des pécheurs ignorants qu'il va remettre l'économie de la grâce. Il va se reposer sur eux pour la conquête du monde.

Enfin, c'est surtout à la grandeur du dévouement, que se mesure la grandeur de la bonté. En Jésus l'un et l'autre sont sans mesure. Aux hommes il n'apporte pas seulement du pain, des guérisons, des discours, il s'apporte Lui-même. Le don qu'il fait de Lui-même dépasse tellement les limites de l'imaginable, que même ses disciples ont failli ne pas y croire. Et tous ceux qui quittent le christianisme pour des raisons dogmatiques, c'est encore et toujours parce qu'ils ne peuvent croire que le Christ ait tant aimé le monde. Un Dieu qui se fait chair, un Dieu qui meurt pour ceux qui l'ont offensé; un Dieu qui se fait Pain, un Dieu qui se livre dans ses profondeurs les plus intimes, de sorte que, par la grâce, sa vie se mêle à notre vie et que nous devenions « un », - voyez les hérésies - c'est tout cela qu'on n'a pu croire. Pauvres hommes, au cœur trop petit, qui créent un Dieu à leur image et ressemblance !

Quant à nous, nous avons cru à l'amour... à la bonté. Je dis « croire », parce qu'elle reste un mystère. La bonté de Dieu nous est apparue éclatante dans la bonté de Jésus : nous la palpons. Mais personne ne saurait en dire le pourquoi. Mystère du Bien !  Le Bien, disent les philosophes, ne demande qu'à se répandre. Et ils croient avoir expliqué quelque chose, alors qu'ils ont fait une simple constatation.

L'amour explique tout, mais qui expliquera l'amour? Personne. Contentons-nous d'adorer et d'imiter.

Extrait de : AU LARGE (Méditations pour Étudiants)  Jean Le Presbytre  (Casterman)

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 13:04

Le faux Pape déclare que Lucifer, Satan est Dieu L'ange qui s'est rebellé contre Dieu n'est pas le malin selon le Pape François. Il invite même les gens à prier pour celui qui a voulu "sauver la race humaine". La vidéo est en latin sous-titrée en anglais, mais si vous avez l'oreille vous n'aurez pas besoin de traductions... Le pape a aussi déclaré que l'enfer n'existe pas et il a fait des gestes attestant de son appartenance à la franc-maçonnerie. Source: Before It's News,  Sept 14, 2015-10-19

Source Nouvel Ordre Mondial

 

Le personnage qui affirme un tel blasphème ne peut pas être pape.  Cela est d’autant vrai que si le bon Dieu a permis  que Paul VI soit encore vivant; il doit nécessairement revenir pour confondre ces ennemis de la vraie Église.

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 09:48

Audience générale (du vraie Pape le seule et l’unique PAUL VI) du 13 juillet 1966.

Chers Fils et chères Filles,

Une minute de réflexion. Pourquoi êtes-vous venus? Pour voir le Pape, Nous le savons. Mais pourquoi voulez-vous voir le Pape ? Parce qu'il est le vicaire du Christ et le chef de l'Église. Vous voulez donc voir un certain reflet du Christ et avoir une certaine vision directe de l'Église. C'est une grande aspiration que la vôtre, et elle explique un peu l'affluence à ces audiences générales. Vous voulez voir. La visite est une exploration, une recherche. C'est un regard qui ne s'arrête pas au spectacle sen­sible ici à vos yeux, mais qui veut pénétrer si possible jusqu'aux réalités religieuses qui ici se présentent à votre esprit. Nous pouvons dans ce cas orienter votre légitime curiosité vers le grand thème, vers le mystère de l'Église qui se manifeste ici avec plus d'ampleur. Si donc, en fidèle de bonne foi, vous cher­chez ici quelques notions essentielles sur l'Église, vous vous demandez deux choses: qu'est-ce que l'Église, en définitive? Et si vous avez conscience de posséder déjà une certaine connais­sance de la nature de l'Église, la seconde question succède: que fait l'Église effectivement?

Nature et mission de l'Église: telles sont les deux questions principales que le fidèle se pose et que révèle ici, à l'audience du Pape, son avidité de voir et de com­prendre.

Prenons la seconde question (Nous avons donné à la pre­mière, en d'autres occasions, des éléments de réponse). Que fait l'Église? Pour beaucoup de nos contemporains, cette question revient à celle-ci: à quoi sert l'Église? L'habitude moderne de tout évaluer en fonction de l'utilité pratique et économique fait qu'on est tenté de répondre: elle ne sert à rien, l'Église ne fait rien de ce qui sert à la vie réelle. N'est-il pas malheureusement vrai que beaucoup pensent ainsi ?

Eh bien, pour pénétrer le sens de la mission de l'Église, c'est-à-dire de son efficience, de son insertion dans le tourbillon verti­gineux de l'activité humaine, il suffira de rappeler une simple mais sublime parole de Jésus aux Apôtres, du fondateur de l'Église par conséquent à ceux qui allaient la diriger après lui: Vous êtes la lumière du monde (Math. V, 14).

Supposons que nous nous trouvons dans une pièce obscure où l'on allume subi­tement une lumière: les choses et les personnes présentes dans cette pièce ont-elles changé? Elles sont comme avant. Mais que s'est-il produit ? Avec la lumière, il est arrivé que le milieu a pris forme et mesure, que toute chose a acquis lignes et cou­leurs. Vous souvenez-vous de la poésie de Manzoni sur la Pente­côte ? « Comme la blanche lumière qui ruisselle d'objet en objet et éveille des couleurs variées partout où elle se pose...» Ainsi en est-il, fils très chers, là où arrive l'Église.

Absolument parlant, l'Église ne sert à rien dans l'ordre temporel parce que, justement, son règne n'est pas de ce monde (cf. Jean XVIII, 36); mais elle est la lumière du monde. Cela veut dire qu'elle porte en elle un message de vérité et de sagesse qui donne un sens au déroulement de notre vie terrestre; elle éclaire la conscience de l'homme; elle lui révèle ce qu'il est (car la vieille énigme qu'est l'homme pour lui-même demeure toujours. La réponse au grand précepte de la philosophie: connais-toi toi-même, est toujours ambiguë, partielle, changeante, douloureu­sement incertaine). L'Église donne à l'homme une pleine con­science de lui-même.

De plus, si l'on observe bien, la conscience que l'Église fait naître dans l'humanité n'est pas seulement une sagesse spécu­lative. C'est une conscience pratique; c'est une inquiétude, si vous voulez, un ferment, une vocation, une responsabilité, une fin à atteindre, un homme nouveau à tirer du vieil homme, un royaume à conquérir, une vie nouvelle à commencer ici pour en jouir dans sa plénitude au-delà du temps. Aucun humanisme ne suscite autant d'idées, autant d'énergies, autant d'espérances dans le cœur de l'homme et la mentalité de la société que celui que l'Église annonce et instaure.

Sa mission est d'éduquer l'homme, l'éduquer au sens étymologique et socratique du mot, c'est-à-dire extraire, rendre efficient, conduire à la perfection. Certes, elle sait que l'homme est un être imparfait et de plus radicalement blessé par le péché originel; mais l'Église éprouve une immense estime, une immense confiance, un immense amour pour l'homme et c'est pourquoi, comme dit le Concile, « elle se reconnaît réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire » (Gaudium et spes, 1).

Pour l'instant, chers fils, cela suffira pour vous amener à réfléchir sur la mission de l'Église. Non, celle-ci n'est pas inutile à la vie et à l'histoire du genre humain. Elle est salutaire, elle est providentielle, elle est nécessaire.

Nous voudrions que vous retiriez tous de cette audience une reconnaissance plus grande envers le Christ Nôtre-Seigneur pour avoir institué l'Église et lui avoir donné la mission d'éclairer et d'éduquer l'humanité. Et en même temps, Nous voudrions que s'accroissent en vous la vénération pour la sainte Eglise et la confiance en elle. Avec Notre Bénédiction apostolique.

PAUL VI

Extrait de : Actes Pontificaux. Éditions Bellarmin

Texte italien dans L'Osservatore Romano du  14 juillet 1966 Traduction des Actes Pontificaux.

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