Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 09:38

TRAITÉ SUR LE PAPE ET SUR LE CONCILE… (2-3)              

Œuvre de Saint Alphonse de Liguori  Docteur de l’Église

L'infail­libilité du Pontife Romain et de sa supériorité sur le Concile, notre Saint Docteur se prononce d'une manière formelle sur l'une et l'autre de ces deux questions fonda­mentales.

Quant à la première, il présente invariablement la pré­rogative de l'infaillibilité pontificale comme une vérité de foi divine, c'est-à-dire comme manifestement appuyée sur la révélation, nomme réellement contenue dans la parole révélée, soit écrite, soit traditionnelle. Il affirme expressé­ment que son opinion, qui est « le sentiment commun, » comme il l'appelle lui-même, « touche tout au moins à la foi » tandis que l'opinion contraire « paraît tout à, fait erronée et touchant à l'hérésie ».

Et ailleurs il déclare qu'il tient son opinion pour certaine.  Il dit aussi : « Lorsque le Pape parle comme docteur universel définissant ex cathe­dra, c'est-à-dire en vertu du pouvoir suprême transmis à Pierre d'enseigner l'Eglise, nous disons qu'il est absolument infaillible dans la décision des controverses relatives à la foi et aux mœurs; » puis, citant Suarez, il ajoute : « Tel est actuellement l'enseignement de tous les docteurs catho­liques, et je tiens que c'est là un point de foi certain;... le commun consentement de l'Eglise est si constant, et l'opinion des écrivains catholiques si unanime au sujet de cette vérité, qu'il n'est nullement permis de la révoquer en doute. » Et notons ici que le Saint Auteur s'est exprimé dans un langage aussi catégorique, au cœur même du royaume de Naples, à une époque où le gouvernement de ce pays n'était que trop engoué des idées contraires, incar­nées dans le Jansénisme et le Fébronianisme dont il était le complaisant fauteur.

Cette doctrine, si nettement formulée, a été ratifiée par le Concile du Vatican et élevée à la hauteur d'un dogme défini, comme le constate la définition dogmatique de 1870.

Quant à la seconde question, notre Saint n'est ni moins explicite, ni moins précis : Ji L'opinion, dit-il, à laquelle nous adhérons, tient qu'un Pape non douteux est toujours au-dessus du Concile ou de toutes les Eglises, même prises collectivement. « Et ailleurs il représente cette opinion comme étant la plus commune. Enfin, il conclut en affir­mant qu'elle est plutôt celle de toute l'Eglise que la sienne propre.

Ici encore le Concile du Vatican a donné gain de cause à notre Saint Docteur et confirmé sa doctrine par des déci­sions irréfragables. Il est donc réalisé ce vœu que nous avions exprimé de voir le Concile œcuménique imprimer le sceau d'ure définition dogmatique aux glorieuses prérogatives de l'infaillibilité pontificale et en finir avec toutes les arguties de certains néo-chrétiens et les ingénieuses échappatoires du gallicanisme désormais enterré.

2° Sentiments de Saint Alphonse. — Une chose digne de remarque, c'est que tous les Saints se sont distingués par une obéissance exceptionnelle, une vénération toute spéciale pour le Vicaire de Jésus-Christ sur la terre ; nous oserons même affirmer que le degré de leur sainteté est en raison du degré de leur dévouement. Aussi le savant pape Benoît XIV, dans son célèbre ouvrage De la Béatification des Serviteurs de Dieu et de la Canonisation des Bienheureux, compte-t-il parmi les signes sur lesquels on peut fonder un jugement solide touchant l'héroïsme de la foi, cette obéissance et cette soumission spéciales envers le Souverain Pontife. Or, on peut dire que Saint Alphonse était animé de ces sentiments portés à leur suprême degré, et que, sous ce rapport, il s'est même distingué parmi les autres Saints. C'est ce que constate le procès de sa Béatification : Tous les Saints, y lisons-nous, ont professé une grande vénération pour le Souverain Pon­tife ; cependant, de même que les astres diffèrent entre eux par leur éclat, ainsi le saint prélat Alphonse-Marie de Liguori brille, sous ce rapport, d'un éclat particulier parmi les autres Saints.

Aussi attachait-il une importance capitale à tout ce qui se rapporte à l'autorité du Pontife Romain. C'est ce qui lui fit entreprendre, en dépit de ses infirmités et de son grand âge, les différents écrits qui composent le volume que nous publions ; et, comme nous l'avons fait remarquer, il s'y pro­nonce d'une manière catégorique, sans assigner de limite à la puissance du Pontife Romain dans sa primauté d'hon­neur et de juridiction. De plus, non content d'avoir traité les plus importantes questions sur l'autorité pontificale dans des écrits spéciaux de polémique religieuse, il ne craint pas de se détourner de sa route dans la marche régulière de sa Théologie Morale, comme il le dit lui-même, en y insérant une dissertation purement dogmatique; et il allègue pour motif, que c'est l'importance de cette question « si célébre et si vivement agitée de nos jours, » qui l'a déterminé à cette combinaison apparemment irrégulière. Et combien de fois ne répète-t-il pas sous différentes formes cette idée fon­damentale et essentiellement vraie, que, sans un juge infailli­ble, il n'y a plus d'unité de foi possible dans l'Eglise, et que par conséquent sans lui l'œuvre du Sauveur serait fatale­ment compromise et même vouée à une ruine inévitable !

Mais, à un point de vue plus large, Saint Alphonse, comme le remarque un de ses biographes, « défendait avec d'autant plus de zèle l'autorité pontificale, qu'il savait qu'elle est la seule qui s'oppose aux erreurs que l'on cherche à répandre sur le dogme, la morale, le droit canonique et civil, l'histoire ecclésiastique et profane, la philosophie, la politique, la médecine, etc. » Or, l'autorité pontificale est la seule qui comprime et arrête sûrement le flot de ces erreurs, comme on peut le voir par tous les décrets qui émanes du Saint-Siège, par l'Index des ouvrages prohibés, par les allocutions consistoriales, en un mot, par tous les docu­ments pontificaux qui donnent au monde les plus solennelles leçons.

Animé de ces sentiments, Saint Alphonse « ne trouvait aucun repos et ne pouvait contenir son indignation, quand il apprenait qu'on attaquait ou qu'on révoquait en douce l'autorité du Pape sur le Concile et son infaillibilité en matière de foi. Au contraire, il ne se possédait point de joie, quand il voyait que d'autres partageaient ses sentiments sur ce point : Otez au Pape, disait-il, sa qualité de juge suprême pour décider les controverses, et la foi est perdue. Ce juge manque chez les hérétiques; aussi ne trouve-t-on parmi eux que confusion et dissentiment, parce que chacun se donne à lui-même la qualité de Juge.

 Après Dieu, disait-il encore, à l'occasion de la mort de Clément XIII, nous n'avons que le Pape ; sans lui, dans quelle confusion ne serions-nous pas ? C'est le Pape qui nous fait connaître la volonté de Dieu, et qui met la paix dans nos con­sciences.  » Dans la Dédicace de sa Théologie Morale, il appelle le Pape « le Prince suprême de la Théologie, le Modérateur de l'Eglise, le Conservateur et le Vengeur de la vérité divine, le seul Juge des controverses ; » et dans son Homo Apostolicus, il le proclame - le Docteur universel de l'Eglise, l'Interprète suprême de la volonté divine; enfin, il le nomme « le Fondement, la Règle, le Docteur et le Défenseur de !a Foi. »

Ces titres magnifiques révèlent toute la pensée et tous les sentiments de Saint Alphonse sur la personne et l'autorité du Vicaire de Jésus-Christ en ce monde. Ces sentiments, il a voulu les faire partager à tous les membres de sa famille spirituelle, auxquels il ne cessait de les inculquer; et pour les perpétuer en quelque sorte parmi eux, il a établi comme une règle inviolable dans son Institut, qu'un jour de chaque semaine, on appliquerait « toutes les prières, communions, mortifications, travaux et occupations, pour l'exaltation de la Sainte Eglise et pour le Souverain Pontife. 

On conçoit, après cela, que la trop fameuse Déclaration de 1682 dût être pour lui » comme une épine qui lui perçait le cœur, » d'après l'expression des historiens de sa Vie. Aussi prit-il à coeur de la réfuter ex professa, parce qu'il s'était convaincu que la plus forte opposition que l'on fit, de son temps, à l'infaillibilité pontificale, était basée sur les quatre Articles de la Décla­ration. — Et dès qu'il apprit la publication du livre pernicieux de Fébronius, il ne trouva plus de repos, comme nous le lisons dans les Actes de sa Béatification, qu'il n'eût donné la réfutation de cet insidieux ennemi des prérogatives du Pontife Romain.

Au moment de livrer à l'impression son grand ouvrage intitulé : Triomphe de l'Eglise ou Histoire et Réfutation des Hérésies, il reçut quelques observations du réviseur ecclésiastique touchant sa doctrine sur l'infaillibilité pon­tificale. Le Saint lui répondit : Il y a un temps pour parler et un temps pour obéir : Tempus loquendi et teinpus obediendi. On peut, si l'on veut, changer certaines réflexions auxquelles je ne tiens pas; mais s'il s'agit de la puissance suprême du Pape, je suis prêt à donner ma vie pour la défendre : ôtez cette puissance, et je ne crains pas de dire que l'autorité de l'Eglise est anéantie. Cette dernière phrase suffit à caractériser l'esprit de Saint Alphonse au sujet de l'autorité pontificale, qu'il proteste vouloir défendre jusqu'à l'effusion de son sang. Cette sublime parole est également consignée dans les Actes de sa Canonisation.

Notre Saint s'est donc acquis un titre spécial de gloire par son dévouement envers le Siège Apostolique, il est le premier parmi les saints honorés sur les autels, qui ait défendu solidement l'infaillibilité du Sou­verain Pontife dans la définition des questions de foi, indé­pendamment du consentement de l'Eglise, ainsi que sa supériorité sur la Concile œcuménique, et qui ait vengé ces deux vérités des mensonges et des sophismes contemporains. En un mot, nous pouvons dire, en poursuivant cette citation, que Saint Alphonse a été au-delà de cette vénération et de cette soumission héroïque qui sont com­munes aux autres Saints, quand il s'agit des décrets et des ordres du Pontife Romain.

Nous pourrions ajouter ici quelques réflexions touchant l'autorité avec laquelle Saint Alphonse a traité ces matières, autorité basée sur une science vaste et solide, sur une éminente sainteté, sur l'approbation spéciale de l'Eglise et les plus honorables suffrages des Souverains Pontifes.  

Voici en pour résumer les paroles d'un savant canoniste moderne, parlant précisément des écrits qui font l'objet de ce volume : « L'autorité de Saint Alphonse, dit le docteur Bouix, est immense et décisive, à cause des arguments qu'il fait valoir, à cause de la sainteté qui a brillé en lui, à cause du juge­ment porté par le Siège Apostolique sur les écrits dont nous parlons.

 Ces paroles concises mais bien significatives sont confirmées par un témoignage encore plus éclatant, emprunté à la Bulle de Canonisation du Saint, publiée sous Grégoire XVI, le 26 mai 1839 : Saint Alphonse, y lisons-nous, a écrit plu­sieurs ouvrages pour soutenir les droits de ce Saint-Siège Apostolique; on y admire une vigueur extraordinaire, une science étendue et variée, des preuves éclatantes de son zèle sacerdotal et un rare dévouement pour la religion.

D'où l'on est en droit de conclure avec un écrivain moderne et distingué de la Compagnie de Jésus, que le témoignage de Saint Alphonse en ces matières est très-grave et en ren­ferme bien d'autres, parce que c'est celui du plus saint, du plus modéré, du plus savant, du plus autorisé des Docteurs que Dieu ait donnés à son Eglise dans ces derniers siècle.  Ces fortes paroles acquièrent un surcroît de valeur depuis que, par sa sentence solennelle et irrévocable, le Siège Apostolique a élevé notre pieux Auteur au rang sublime et exceptionnel de Docteur de l'Eglise universelle.

NDLR : S.S. PAUL VI est  en 2917, le véritable vicaire du Christ,  les autres ne sont que des imposteurs.  La Vérité restera toujours la Vérité.  Ave Maria.

Extrait de : ŒUVRES COMPLÈTES de St-Alphonse de Liguori.

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 11:31

TRAITÉ SUR LE PAPE ET SUR LE CONCILE… (1-3)              

Saint Alphonse de Liguori  Docteur de l’Église

Ce neuvième et dernier volume des Œuvras dogmatiques de Saint Alphonse se rapporte tout entier à une des question les plus vitales du christianisme : le pouvoir pontifical. Cette question est doublement importante depuis les suprêmes décisions du Concile du Vatican et les ardentes polémiques qui les ont précédées. Pour en bien saisir toute la portée, il importe de présenter quelques réflexions sommaires et sur le sujet, et sur l'auteur, et sur l'ouvrage, d'autant plus que ces traités constituent une des gloires les plus saillantes de notre Saint Docteur.

Les questions qui concernent le Pape sont toujours fondamentales, toujours actuelles, parce qu'elles ont une importance intrinsèque dans tous les âges du monde. En effet, l'infaillibilité du Pape, par exemple, n'est pas tant la prérogative d'un homme que celle de l'Eglise, et à l'instar de la fameuse parole d'un potentat : « L'Etat, c'est moi, » on peut dire dans une certaine proportion que « l'Eglise, c'est le Pape, » qui en est tout à la fois la tête et le fondement. Saint François de Sales l'a dit dans ces courtes mais expressives paroles:   «  Le Pape et l'Eglise, c'est tout un.» Et c'est là une vérité manifeste, attendu que sans le Pape, il n'y a point de corps épiscopal ou d'Eglise enseignante, non plus qu'il n'y a de collège apostolique sans Pierre.

Aussi le saint évêque de Genève s'est-il adressé en ces termes au Souverain Pontife : « Vous êtes le cœur et le soleil de tout l'état ecclésiastique. » voilà, certes, deux mots bien significatifs. — Bien plus, on peut même dire que « l'Etat, c'est le Pape ;  car, selon la remarque des éditeurs de De Maistre, on ne considère pas assez « l’influence exercée par le Souverain Pontife sur la formation et le maintien de l'ordre social, comme aussi l'importance de ce même pou­voir pour rétablir  la civilisation sur les  véritables  bases, aujourd'hui qu'un génie malfaisant  les a brisées ou dépla­cées... 

La nécessité de son action est si sensible, que tout esprit droit et religieux se voit entraîné à cette conclusion : «Sans le Pape, il n'y a plus de christianisme, et, par une suite inévitable,  l'ordre social est blessé au cœur.» En effet, peut-on contester la nécessité d'un chef suprême et infaillible, non-seulement pour maintenir dans l'Eglise l'unité de croyance, mais encore pour déterminer toutes ces ques­tions modernes qui, même abstraction faite  de  leur côté religieux, ont de si graves conséquences dans la pratique? Et cette réflexion trouva-t-elle jamais plus d'à-propos que de nos jours, où nous subissons les conséquences du ter­rible cataclysme qui a ébranlé l'Europe a la fin du siècle dernier, et qui a légué à la génération présente le triste héritage des idées modernes, en faussant avec elles et par elles les vraies notions sur les relations de l'Eglise et de l'Etat, et sur la liberté envisagée dans ses  applications multiples.

Ajoutons qu'aujourd'hui l'erreur ne consiste plus dans la négation isolée d'un dogme ou d'une vérité chrétienne, mais dans la négation générale de toute certitude en matière de foi, négation assez mal déguisée sous les noms trompeurs de rationalisme, de naturalisme, de matérialisme, de liberté de penser et même de libéralisme.

Or, quelle digue plus puissante peut-on opposer à ce flot envahissant d'idées antirationnelles, antichrétiennes et antisociales, que l'ensei­gnement infaillible du VRAI Vicaire de Jésus-Christ, que l'affir­mation solennelle d'une autorité suprême dont les décisions doctrinales sont irréfragables et sans appel ? C'est le Pape qui, armé de cette autorité, maintiendra désormais avec un surcroît de puissance les vérités politiques et religieuses opposées aux quatre-vingts propositions négatives du fameux Syllabus de 1864 ; c'est lui qui détournera de l'Eglise et de la société les désastres que leur préparent ces théories modernes qui tendent à l'émancipation absolue de la raison et de la science, et, par suite, à l'anarchie politique et religieuse.

Mais écoutons le célèbre Joseph de Maistre, homme du. monde et homme de génie, profond politique et chrétien, convaincu : « Il m'est prouvé, dit-il, et je voudrais de tout mon cœur le prouver aux autres, que sans le Souverain, Pontife, il n'y a point de véritable christianisme, et nul honnête homme chrétien, séparé de lui, ne signera sur son honneur (s'il a quelque science,) une profession de foi claire­ment circonscrite.» — « Sans le Souverain Pontife, tout l'édifice du christianisme est miné ;» car « le christianisme repose entièrement sur le Souverain Pontife. » Et en cela l'illustre défenseur du Pape est d'accord avec Saint Alphonse de Liguori, comme nous le verrons dans la suite de cette Préface et dans le corps même de ce volume; il ne l'est pas moins avec la vénérable cardinal Bellarmin dans ces remarquables paroles : De quoi s'agit-il quand il est question de la primauté du Souverain Pontife? Je réponds en deux mots, qu'il s'agit de tout le christianisme ; car c'est là une question de vie ou de mort pour l'Eglise ; en effet, priver l'édifice de son fondement, le troupeau de son pasteur, l'armée de son général, les astres du soleil, le corps de sa tête, n'est-ce pas renverser l'édifice, disperser le troupeau, mettre l'armée en déroute, obscurcir les astres, tuer le corps ?

De plus, les attaques des ennemis du Saint-Siège donnent au sujet un caractère particulier d'actualité. On peut appli­quer à notre époque ces véridiques paroles du comte de Maistre, que nous citons textuellement en substituant sim­plement le présent au passé : « La rage antireligieuse con­tre toutes les vérités et toutes les institutions chrétiennes s'est tournée surtout contre le Saint-Siège. Les conjurés savent assez, et le savent malheureusement bien mieux que la foule des hommes bien intentionnés, que le christianisme repose entièrement sur le Souverain Pontife. C'est donc de ce côté qu'ils tournent tous leurs efforts... Ils présentent le Saint-Siège comme l'ennemi naturel de tous les trônes; ils l'environnent de calomnies, de défiances de toute espèce; ils tâchent de le brouiller avec la raison d'Etat; ils n'oublient rien pour attacher l'idée de la dignité à celle de l'indépen­dance. »

Tels sont les ennemis actuels du Saint-Siège, ennemis égarés par l'ignorance et l'indifférence, le préjugé et la mauvaise foi, la malice et l'impiété.

Enfin, on sait quelles discussions ont soulevées les ques­tions concernant l'autorité pontificale, à l'occasion du Concile œcuménique du Vatican, en 1870. L'ardeur de la polémique et la gravité des décisions portées par l'auguste assem­blée nous font encore mieux comprendre l'importance des questions traitées par Saint Alphonse. D'ailleurs, les infailli­bles décrets qui ont définitivement sanctionné les droits du Pontife suprême, n'ont pas encore découragé complètement ses ennemis séculaires, ni détruit sans retour leurs opiniâtres préjugés ; et puis, même après ces décrets irréformables et cette avalanche de livres savants qui ont paru au moment de la lutte engagée à l'occasion du Concile, que d'ignorants encore qui connaissent à peine le premier mot de la ques­tion et les définitions les plus élémentaires !

Notre Saint Auteur aurait donc pu placer en tête du présent volume, s'il l'avait publié dans les mêmes conditions que nous, ces paroles d'un autre défenseur du Siège Apos­tolique : «A cette époque mémorable, il m'a paru utile d'exposer, dans toute sa plénitude, une théorie vaste et importante, et de la débarrasser de tous les nuages dont on s'obstine à l'envelopper depuis si longtemps. »(De Maistre)  (A suivre)

Extrait de : ŒUVRES COMPLÈTES de St-Alphonse de Liguori.

Elogofioupiou.over-blog.com

 

Partager cet article
Repost0
11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 08:49

La profession d'étudiant est décriée. On rit sous cape quand nous affirmons qu'elle est dure. Et beaucoup d'étudiants rient aussi, croyant que l'on se moque d'eux. Ne serait-ce pas, parce qu'ils n'ont jamais pris leur vie au sérieux?

Est-ce pour rire que S. Augustin a dit qu'il fallait aimer virilement l'intelligence, et Pascal qu'il fallait d'abord travailler à bien penser.

Dis-toi souvent que rien n'est plus beau que l'étude puisque c'est l'exercice de la reine des facultés humai­nes, celle par laquelle tu ressembles le plus à Dieu. Et donc, par respect pour elle et pour Lui, de toutes tes forces cultive-la.

Dis-toi souvent que rien n'est plus utile que l'étude. Cas ce sont les doctrines qui conduisent les hommes. Un cerveau qui pense juste est plus utile au monde que cent bras vigoureux. Ne serait-ce pas un crime que de lui refuser les services du tien?

Il ne faut mépriser personne. Mais le travail de l'esprit exige plus de volonté que celui des mains. Il est plus difficile d'être un bon étudiant qu'un bon maçon. Avant de devenir une joie, l'étude est d'abord un martyre. Intelligence sans vertu... fléau, et sans courage... zéro.

Henry de Montherlant prétend, que les deux tiers des Français atteignent au sommet de leur intelligence vers l'âge de treize ans" mais qu'elle, meurt chez la plupart aux alentours de dix-sept ans". A cause de quoi? Sois-en sûr, cette faillite de l'intel­ligence est due uniquement à un krach de l'énergie.

La profession d'étudiant est certainement la plus sabotée. En agissant ainsi beaucoup s'imaginent ne faire tort à personne. Erreur! C'est gaspiller le temps que Dieu nous prête.

C'est frustrer le monde de l'homme de valeur que nous pourrions devenir. Que dirais-tu d'un apprenti de quinze ans qui ferait sa besogne avec le sans-gêne que tu apportes à la tienne. Tu dirais que c'est un voleur. Et toi?

Bossuet était convaincu des possibilités presqu'infinies qui s'ouvrent à l'intelligence de l'homme: L'esprit de l'homme, disait-il, peut trouver jusqu'à l'infini; sa seule paresse met des bornes à sa sagesse et à ses inventions ".

Il n'est point besoin, écrit le P. Sertillanges, de facultés extraordinaires pour réaliser une œuvre; une moyenne supérieure y suffit; le reste est fourni par l'énergie et par ses sages applications".

Il dit encore : La vie d'étude est austère et impose de lourdes obligations. Elle paye, et largement; mais elle exige une mise dont peu sont capables. Les athlètes de l'intelligence comme ceux du sport, ont à prévoir les privations, les longs entraînements et la ténacité parfois surhumaine. Il faut se donner à plein cœur pour que la vérité se donne. La vérité ne sert que ses esclaves ".

Le monde a besoin de ton intelligence. Dieu a besoin de ton esprit pour porter la vérité aux hommes. Tu es indispensable, irremplaçable. Ce que tu omettras de faire, personne ne le fera. Que te faut-il de plus? Travaille! Travaille!

Extrait de : AU LARGE (Méditations pour Étudiants)  Jean Le Presbytre  (Casterman)

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 07:31

TESTAMENT que fit sur la croix, JÉSUS-CHRIST, notre SAUVEUR, priant son PÈRE ÉTERNEL.

Le Seigneur attaché à la croix disposa de ces biens éternels, faisant connaître ceux à qui ils devaient ap­partenir et qui devaient être ses légitimes héritiers, et ceux qu'il déshéritait, ainsi que les causes de la diffé­rence de leur sort. Il s'entretint de tout cela avec son Père éternel, comme souverain Seigneur et très juste juge de toutes les créatures, car les secrets de la prédesti­nation des saints et de la réprobation des impénitents ëtaient renfermés dans ce Testament, qui fut fermé et ca­cheté pour les hommes. Seule, la bienheureuse Marie eut le privilège de l'entendre, parce que non seulement elle pénétrait toutes les opérations de 1'âme très sainte de Jésus-Christ, mais elle était encore son héritière uni­verselle, constituée la maîtresse de tout ce qui est créé. Coadjutrice de la rédemption, elle devait être aussi l'exécutrice testamentaire qui présiderait à l'accomplis­sement des volontés de ce Fils, qui mit toutes choses en­tre les mains de sa Mère, comme le Père éternel les avait mises entres les siennes (Jean: XIII;3), et en cette qua­lité, elle devait être chargée de distribuer les trésors acquis par son Fils et lui appartenant, tant à raison de son titre que de ses mérites infinis. Cette connaissance m'a été donnée comme faisant partie de cette histoire, afin de faire mieux ressortir la dignité de notre auguste Reine, et que les pécheurs recourent à elle comme à la dépositaire des richesses, dont son Fils, notre Rédemp­teur, veut rendre compte à son Père éternel: car tous nos secours doivent être tirés du dépôt de la très pure Marie et c'est elle qui doit les distribuer de ses mains chari­tables et libérales.

Après que la sainte croix eut été dressée sur le Calvaire, le Verbe incarné qui y était attaché, dit inté­rieurement à son Père, avant de prononcer aucune des Sept paroles: "Mon Père, Dieu éternel, je vous glorifie de cette croix où je suis, et je vous honore par le sacrifi­ce de mes douleurs, de ma passion et de ma mort, vous bé­nissant de ce que par l'union hypostatique de la nature  divine, vous avez élevé mon humanité à la suprême dignité de Christ, Dieu et homme, oint par votre Divinité même. Je vous glorifie pour la plénitude de tous les dons pos­sibles de grâce et de gloire que vous avez communiqués à mon humanité des l'instant de mon incarnation; et je re­connais que vous m'avez donné des ce moment l'empire uni­versel sur toutes les créatures dans l'ordre de la grâce et de la nature pour toute l'éternité (Math.: XXVIII;18); que vous m'avez établi Maître des ci eux et des éléments, du soleil, de la lune, des étoiles, du feu, de l'air, des mers, de la terre, et de toutes les créatures sensibles et insensibles qui s'y trouvent; de la révolution des siècles, des jours et des nuits, soumettant tout à mon pouvoir absolu; que vous m'avez fait le Chef, le Roi et le Seigneur des anges et des hommes, pour les gouverner et pour récompenser les bons et punir les méchants (ephés.:I;21-Jean:V;22); qu'à cet effet vous m'avez donné la toute puissance et les clefs de l'abîme (Apoc. : XX;1), depuis les hauteurs du ciel jusque dans les profondeurs des enfers; que vous avez remis entre mes mains la justi­fication éternelle des hommes, leurs empires, leurs roy­aumes et leurs principautés, les grands et les petits, les pauvres et les riches, et tous ceux qui sont capables de votre grâce et de votre gloire; enfin, que vous m'avez établi le Justificateur, le Rédempteur et le Glorificateur universel de tout le genre humain (I Cor.:l;30), le Seigneur de la mort et de la vie, de tous ceux qui sont nés, de la sainte Eglise et de ses trésors, des Écritures, des mystères, des sacrements, des secours, des lois, et des dons de la grâce: vous avez remis, mon Père, toutes choses entre mes mains (Jean: XIII ;3), et les avez subor­données à ma volonté, et c'est pour cela que je vous exalte, que je vous glorifie.

"Maintenant, Père éternel, que je sors de ce monde pour m'en aller à votre droite par la mort que je vais souffrir sur la croix, et que j'ai accompli par elle et par ma passion la rédemption des hommes que vous m'avez confiée, je demande, mon Dieu, que cette croix soit le tribunal de notre justice et de notre miséricorde. Je veux juger, pendant que j'y suis attaché, ceux pour qui je donne la vie. Et justifiant ma cause, je veux disposer des trésors de mon avènement au monde, de ma passion et de ma mort; afin de déterminer dès maintenant ce qui est dû aux justes ou aux réprouvés, à chacun selon les œuvres par lesquelles il m'aura témoigné son amour ou son mépris. J'ai cherché, Seigneur, tous les hommes, je les ai tous appelés a mon amitié et à ma grâce, et j'ai tra­vaillé sans cesse pour eux dès l'instant que j'ai pris chair humaine; j'ai souffert toutes sortes de peines, de fatigues, d'injures, d'opprobres; j'ai subi une flagella­tion ignomineuse, et ai porté la couronne d'épines; enfin je vais mourir de la mort cruelle de la croix; j'ai im­ploré votre miséricorde infinie pour tous; je vous ai sollicité en faveur de tous par mes veilles, par mes jeûnes et par mes travaux; je leur ai enseigné le chemin de la vie éternelle; et autant que cela peut dépendre de ma volonté, je veux l'accorder à tous, comme je l'ai mérité pour tous, sans en excepter ni en exclure aucun; c'est pour tous que j'ai établi la loi de grâce; et l'Eglise, dans le sein de laquelle ils pourront se sauver, durera toujours, sans que personne puisse 1'ébranler.

"Mais nous connaissons, mon Père, par notre prescien­ce, que par leur malice et leur dureté tous les hommes ne veulent pas recevoir notre salut éternel, ni se préva­loir de notre miséricorde, ni marcher dans le chemin que je leur ai frayé par ma vie, par mes œuvres et par ma mort; mais qu'ils veulent arriver, par les voies de l'i­niquité, jusqu'à la damnation. Vous êtes juste, Seigneur, et vos jugements sont très équitables (Ps. : CXVIII;137) ; il est juste aussi, puisque vous m'avez établi juge des vivants et des morts (Act.: X ;42), des bons et des mé­chants, que je décerne aux justes la récompense qu'ils ont méritée en me servant et m’imitant, et que j'inflige aux pécheurs le châtiment de leur obstination perverse: que ceux-là aient part avec moi a mes biens, et que ceux-ci soient privés de mon héritage, qu'ils n'ont pas voulu ac­cepter. Or, mon Père éternel, en votre nom et au mien, et pour vous rendre gloire, je vais faire les dernières dis­positions de ma volonté humaine, qui est conforme à votre volonté éternelle et divine. Je veux en premier lieu nom­mer ma très pure Mère qui m'a donné 1'être humain, et la constituer mon héritière unique et universelle de tous les biens de la nature, de la grâce et de la gloire qui m'appartiennent, afin qu'elle en soit la maîtresse avec un plein pouvoir; je lui accorde actuellement tous ceux de la grâce, qu'elle peut recevoir dans sa condition de simple créature, et je lui promets ceux de la gloire dans l'avenir. Je veux aussi qu'elle soit maîtresse des anges et des hommes; qu'elle ait sur eux un empire absolu, que tous lui obéissent et la servent, que les démons la crai­gnent et lui soient assujettis, et que toutes les créatu­res privées de raison et de sentiment lui soient soumises, les cieux, les étoiles, les planètes, les éléments et tous les êtres vivants, oiseaux, poissons et animaux que l'univers contient: je la rends maîtresse de tout, et veux que tous la sanctifient et l'exaltent avec moi. Je veux encore qu'elle soit la dépositaire et la dispensa­trice de tous les biens que les cieux et la terre renfer­ment. Ce qu'elle ordonnera et disposera dans l'Eglise, à l'égard des hommes mes enfants, sera confirmé dans le ciel par les trois Personnes divines, et nous accorderons selon sa volonté tout ce qu'elle demandera pour les mor­tels, maintenant et toujours.

"Je déclare que le suprême ciel appartient aux anges, qui ont obéi à votre sainte et juste volonté, afin qu'il soit leur demeure propre et éternelle; et que là leur ap­partiennent également la jouissance et la claire vision de notre Divinité. Je veux qu'ils en jouissent d'une pos­session éternelle, en notre amitié et en notre compagnie. Je leur prescris de reconnaître ma Mère pour leur Reine et leur Maîtresse légitime, de la servir, de l'accompa­gner, de l'assister en tout lieu et en tout temps, et de lui obéir en tout ce qu'elle voudra leur commander. Quant aux démons qui ont été rebelles à notre parfaite et sain­te volonté, je les bannis de notre vue et de notre compa­gnie; je les condamne de nouveau à notre indignation et à la privation éternelle de notre amitié et de notre gloi­re, et de la vue de ma Mère, des saints et des justes mes amis. Je leur assigne pour demeure perpétuelle l'enfer, qui est le centre de la terre, et le lieu le plus éloigné de notre trône céleste, où ils seront privés de la lumiè­re, et dans l'horreur des ténèbres palpables (Jud.:6). Et je déclare que c'est là la part d'héritage qu'ils ont choisie par leur obstination et par leur orgueil, en s'é­levant contre l'Être divin et contre ses ordres: et je les condamne à être tourmentés dans ces antres ténébreux par un feu éternel qui ne s'éteindra jamais.

"Par toute la plénitude de ma volonté, j'appelle, je choisis, et je tire de la nature humaine entière tous les justes et tous les prédestinés qui, par ma grâce et par mon imitation, doivent être sauvés en accomplissant ma volonté et observant ma sainte loi. Ce sont ceux que je nomme en premier lieu (après ma bienheureuse Mère) les héritiers de toutes mes promesses, de mes mystères, de mes bénédictions, des trésors de mes sacrements, des se­crets de mes Écritures, de mon humilité, de ma douceur, des vertus de foi, d'espérance et de charité, de pruden­ce, de justice, de force et de tempérance, de mes dons, de mes faveurs, de ma croix, de mes souffrances, de mes opprobres, de mes humiliations et de ma pauvreté. Ce sera là leur partage en la vie passagère. Et comme ils en doi­vent faire eux-mêmes le choix par leurs bonnes œuvres, afin qu'ils le fassent avec joie, je le leur destine en gage de mon amitié, parce que je l'ai choisi pour moi-mê­me. Je leur promets ma protection, mes aspirations, mes faveurs, mes secours, mes dons, et la justification, se­lon leur disposition et leur amour; car je serai pour eux un père, un frère, un ami (II Cor.: VI; l8), et ils seront mes enfants, mes élus et mes bien-aimées: et comme tels, je les institue légataires de tous mes mérites et de tous mes trésors sans aucune réserve de ma part. Je veux qu'ils obtiennent de ma sainte Eglise et puisent dans mes sacrements tout ce qu'ils se rendront capables de rece­voir; qu'ils puissent recouvrer la grâce s'ils la perdent, et regagner mon amitié en se baignant et se purifiant de plus en plus dans mon sang; que l'intercession de ma Mère et de mes saints leur serve dans tous leurs besoins; qu'elle les adopte pour ses enfants et les protège comme siens; que mes anges les gardent, les conduisent et les défendent; qu'ils les portent dans leurs mains, de peur qu'ils ne trébuchent, et en cas de chute, qu'ils les ai­dent à se relever (Ps.: XC; 11 et 12).

"Je veux que mes justes et mes élus dominent sur les réprouvés et sur les démons, et que mes ennemis les crai­gnent et leur soient assujettis; que toutes les créatures les servent; que les cieux, les planètes, les étoiles et leurs influences les conservent; que la terre, les élé­ments, tous les animaux et toutes les autres créatures, qui sont à moi et qui me servent, les entretiennent comme mes enfants et mes amis, et que leur bénédiction soit dans la rosée du ciel et dans la graisse de la terre (Ichor.: III;22-Sap.: XVI;24;-Gen.: XXVII;39). Je veux moi-même prendre mes délices au milieu d'eux (Prov.: VIII;31), leur communiquer mes secrets, conserver intimement et demeurer avec eux dans l'Eglise militante sous les espèces du pain et du vin, en gage infaillible de la félicite et de la gloire éternelles que je leur promets, et dont je les fais héritiers, afin qu'ils en jouissent 3 jamais avec moi dans le ciel d'une possession inamissible.

"Quant à ceux que notre volonté rejette et réprouve (bien qu'ils fussent créés pour une plus haute fin), je consens à leur attribuer comme leur partage en cette vie passagère, la concupiscence de la chair et des yeux, l'orgueil et tous ses effets (Jean: ll;l6) ; je permets qu'ils se rassasient de la poussière de la terre, c'est-à-dire de ses richesses, des vapeurs et de la corruption de la chair, de ses plaisirs, des vanités et des pompes mondaines. Pour en acquérir la possession, ils n'ont ces­sé d'employer tous les efforts de leur volonté; ils y ont appliqué leurs sens, leurs facultés, les dons et les bienfaits que nous leur avons accordés; et ils ont eux-mêmes choisi volontairement l'erreur et rejeté la vérité que je leur ai enseignée dans ma sainte loi (Rom.: II;8-Ps.: IV;3). Ils ont renoncé à celle que j'ai écrite dans leur propre coeur, et à celle que ma grâce leur a inspi­rée; ils ont méprisé ma doctrine et mes bienfaits; ils se sont associés avec mes ennemis et les leurs; ils ont ac­cueilli leurs mensonges et aimé la vanité; ils se sont plus aux injustices, à la vengeance et aux projets de l'ambition; ils n'ont cessé de persécuter les pauvres, d'humilier les justes, de railler les simples et les in­nocents; ils ont cherché leur propre gloire et aspiré à s'élever au-dessus des cèdres du Liban (Ps.: XXXVI;35) dans la loi de l'iniquité qu'ils ont observée.

"Comme ils ont fait tout cela en dépit de notre bonté divine, qu'ils ont persisté dans leur malice opiniâtre et renoncé au droit d'enfants que je leur ai acquis, je les déshérite de mon amitié et de ma gloire. Et ainsi qu'Abraham éloigna de lui les enfants des esclaves avec quel­ques présents, et réserva tout son bien pour Isaac, fils de Sara, qui était né libre (Gen.: XXV;5), de même j'ex­clus les réprouvés de mon héritage avec les biens passa­gers et terrestres qu'ils ont eux-mêmes choisis. Et en les repoussant de notre compagnie, de celle de ma Mère, des anges et des saints, je les condamne aux abîmes et au feu éternel de l'enfer où ils seront en la compagnie de Lucifer et de ses démons, auxquels ils se sont volontai­rement assujettis, et je les prive pour notre éternité de l'espérance du remède. C'est là, mon Père, la sentence que je prononce comme juge et comme chef (Ephes.: IV;l5-Colos.: II, 10) des hommes et des anges, et le testament que je fais au moment de ma mort pour régler l'effet de la rédemption du genre humain, rendant à chacun ce qui lui est dû en justice selon les œuvres ( II Tim.: IV;8), et conformément au décret de votre sagesse incompréhen­sible et de votre justice très équitable."

Ainsi parla notre Sauveur crucifié à son Père éternel, et ce mystère fut caché et gardé dans le coeur de la bienheureuse Marie, comme un testament secret et scellé, afin qu'il fût exécuté en temps et lieu, et dès lors même dans l'Eglise par son intercession, comme il l'avait été précédemment par la prescience divine, dans laquelle le passé et l'avenir sont également présents.

(Extrait de LA CITE MYSTIQUE DE DIEU par la vénérable Mère Marie de Jésus d'Agréda, tome V, pp. 178 à 188.1857.)

Elogofioupiou.over-blog.com

Partager cet article
Repost0
8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 09:14

JEUDI   Voulez-vous  que  nous  allions  arracher l'ivraie ? — Non!

Ardent, le zèle des serviteurs paraît excessif au juge­ment du maître.  Ils voudraient arracher tout de suite ; l'herbe  mauvaise.   « Non,   vous  risqueriez   d'arracher   en •même temps le bon froment. » Dans la réforme du mal, j'emploierai comme vous, ô Jésus,  les moyens suivants :

1° Patience. — Dieu lui-même nous en donne l'exem­ple. Le monde l'offense, et il supporte le monde, parce que, s'il y a des hommes pervers, il en est de bien ver­tueux, II nous a supportés nous-mêmes quand nous l'avons offensé ; il ne nous a point anéantis comme il aurait pu le faire, parce que nous n'aurions pas pu tirer de nos défaillances les fruits d'humilité, de pénitence, de plus grand amour qui en pouvaient sortir. Tous les grands pénitents, de la Madeleine à Augustin, ont pra­tiqué de magnifiques vertus, dont leurs désordres furent l'occasion, et qui auraient été inexistantes si la justice divine les eût frappés sans délai. Un acte de charité donne plus de gloire au Seigneur, que ne lui en enlèvent plusieurs péchés mortels.

Soyons donc patients avec nous-mêmes. Vouloir aller trop vite relève plus d'un subtil orgueil que d'un vérita­ble désir de perfection. Après une défaite, au lieu de nous dépiter, de nous assombrir, reprenons-nous doucement et fortement'; recommençons à marcher ; la vie est un com­bat, elle n'est pas une victoire, c'est-à-dire, qu'elle est une succession de succès et de revers. Prenons-en notre parti ; veillons seulement à toujours croire à la possibilité de la victoire finale, donc à la poursuivre toujours. « Vous posséderez vos âmes dans la patience. » (Luc., 21, 19).

Soyons patients avec les autres. « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. » Ce que nous n'obtenons pas aujourd'hui, nous l'aurons demain ou après-demain, ou plus tard. Il ne faut pas facilement croire à la mauvaise volonté des êtres, plutôt faut-il penser à leur faiblesse, et redouter de les heurter, de les décourager. « La patience fait l'œuvre parfaite. » ( Jac., 1, 4). Désirons le bien du prochain avec ardeur, mais avec calme ; ce n'est point contradictoire.

J'adore, ô Jésus, la longanimité avec laquelle vous m'avez supporté. Je vous en remercie de toute mon âme, vous suppliant d'en user ainsi jusqu'à la fin de ma vie, vous promettant de faire tout mon possible pour réparer mes défectuosités et m'améliorer sans cesse.

2° Bonté. — La patience est déjà une forme de la bonté, mais elle n'est pas la seule. Quand on est bon, on ne se borne pas à supporter le mal, on compatit encore  aux défauts d'où  il procède,  et l'on  cherche  à y   remédier. Dieu ne s'irrite pas violemment de nos péchés, il nous les pardonne, et il nous donne des grâces, pour que nous les réparions, pour que nous les remplacions par des vertus. Il n'abandonne pas sur la route le pauvre voyageur demi-mort ;   bon   Samaritain, il panse  ses plaies, il le confie à son Eglise afin qu'elle lui applique sa rédemption. Jésus n'a maudit ni le traître Judas, ni Pierre le renégat, ni ses bourreaux ; il leur a dit des paroles, il a fait pour eux des gestes, qui pouvaient les arracher à leurs erreurs. Prier  pour ceux qui le faisaient mourir, promettre  le paradis à un blasphémateur qui vient à peine de cesser ses insultes.  Voilà de la bonté, voilà des procédés divins, reconnaissons et admirons les.

O Père des cieux, je vous appelle : « le bon Dieu », et,  Jésus m'a dit : « Personne n'est bon que Dieu ». J'ai bénéficié de votre bonté plus que je ne l'imagine. Je vous en rends grâces et je vous supplie de me traiter ainsi jusqu'à la fin de ma vie, que je m'efforcerai de rendre digne de votre miséricorde.

VENDREDI    Ramassez et liez les mauvaises herbes afin de les jeter au feu.

L'heure viendra, ô Jésus, où il faudra mettre de l'or­dre ; le départ sera fait entre le bien et le mal. Contre celui-ci s'exercera la vengeance du feu. Il y aura trois sortes de feu.

1° Le feu présent. — Le feu a toujours été le symbole des châtiments divins, depuis qu'il le fut effectivement pour Sodome et Gomorrhe, et que, sous l'ancienne loi, il dévorait les blasphémateurs et les sacrilèges. Dans sa prédication Jésus en parle, notamment en prêchant l'enfer, puis en condamnant l'arbre infécond : « Tout arbre qui ne fructifie pas sera coupe et jeté au jeu. » (Matt., 13,10). 

Sans attendre l'éternité, il y a dès ici-bas, pour les pauvres êtres qui s'obstinent lâchement dans le mal, un feu terrible. D'abord, celui de leurs passions, qui les enfièvrent, les dévorent, les tourmentent : ambitions déçues, désirs insatisfaits, jalousies impuissantes, colères vaines. Puis, celui des conséquences de leurs pécjiés. Quelque endurci que soit un malheureux, il a des heures terribles de tourments de conscience, de hontes secrètes, de dégoût profond, d'effroi devant la mort inévitable, d'épouvanté à la pensée des inéluctables jugements de l'Eternel. C'est un enfer anticipé ; il conduit parfois au suicide.

O mon Dieu, gardez-moi de ce malheur ; que, par votre miséricorde, je puisse plutôt dire : « Notre gloire, c'est le témoignage de notre conscience. » (2 Cor., 1, 12).

2° Le feu futur. — C'est l'enfer. Il existe. Il n'y a que les fous qui s'en moquent, que les ignorants qui le nient, que les damnés d'avance qui le bravent. Jésus l'a prédit, et « si le monde passe, sa parole demeure éter­nellement. » Aux endurcis jusqu'à la fin de leur péché, il dira : « Allez au feu éternel » ; un feu qui brûle sans consumer, qui torture l'âme aussi bien que le corps. Quand on y réfléchit, on ne peut comprendre que, pour un ins­tant de jouissance brutale et basse, on s'expose à une éternité de tourments atroces.

Y a-t-il des damnés ? Certainement. Et Dieu ne les a pas poussés en enfer ; ce n'est pas lui qui damne, on se damne. Ce feu, c'est encore le purgatoire. Il existe. N'y pas croire serait une hérésie. Et les pauvres âmes qui y sont détenues y souffrent comme les damnés, la peine du dam. sauf, et c'est immense, les affres de l'éternité. Elle ne voient pas Dieu qu'elles désirent ardemment. Elles souffrent la peine des sens ; un feu mystérieux les mar­tyrise.

O Seigneur, où irai-je à l'heure de ma mort ? Angois­sante question à laquelle je puis répondre, puisque « où l'arbre penche, il tombe ». Je vous adresse le cri du dies irae : « Indignes sont mes prières, mais vous, soyez plein

 de bénignité, que je ne sois pas consumé dans le feu  per­pétuel. » !

3° Le feu de la charité. — Pour se préserver du pre­mier, atténuer du second la violence, sinon l'éviter, devra être incandescent le feu de la charité. De celui-là le Christ a dit : « Je suis venu allumer le feu sur la terre, je ne désire rien tant que de le voir s'étendre. » (Luc., 12, 49).

Dans son principe l'amour est un feu : « Feu vivant, charité », dit 1’hymne Veni Creator. Il l'est dans l'âme qui en vit ; « la charité du Christ nous brûle », écrit saint Paul. Aussi consume-t-il les scories, purifie-t-il l'atmosphère.

En réalité, le péché est un refus d'amour, puisqu'il consiste dans la révolte de la volonté, et que la volonté est toute l'âme. L'amour est don de soi à Dieu ; le pécheur ne veut pas se donner. Voilà pourquoi l'amour répare le péché, il compense, même en son extension, selon la teneur du second commandement, semblable au premier : « La charité couvre la multitude des péchés. » (1 Petr., 4, 8). Jetons-nous dans ce feu, l'ivraie de notre vie y sera détruite.

O Jésus, votre Cœur est « fournaise ardente de cha­rité», communiquez-m'en une étincelle et qu'elle m'em­brase.

SAMEDI  Mettez le blé dans mon grenier.

Si l'on doit détruire les  herbes mauvaises,  ô Jésus, on doit surtout conserver avec soin le bel et bon froment.  Aussi, prudent et prévoyant, le père de famille recommande-t-il à ses serviteurs d'y veiller. 1° Quel est le beau  froment, 2° Dans quel grenier le placer ?

1° Le beau froment. — C'est le fruit d'un  labeur généreux. Le  grain  est  lourd, il  possède  des  qualités nutritives   sérieuses.  Aussi,  concourra-t-il  à  la  bonne santé, à la vigueur de l'homme, lui permettant de bien remplir  sa tâche.  Le travail important de l'âme, c'est son application réaliser surnaturellement son devoir. De quoi résulte un double bien : l'affermissement de ses vertus, l'augmen­tation de ses mérites.

Nos vertus sont naturelles ou surnaturelles et infuses. Les secondes s'appuient sur les premières en les utilisant et en les transportant sur un plan supérieur.   Des unes/ et des autres,  l'exercice s'impose sans cesse à celui qui I veut suivre imperturbablement la voie droite. Difficiles à leur début,  les actes nécessités par cet exercice devien­nent   progressivement moins pénibles;  ils arrivent à j être même  aisés, et l'on bénéficie  de  vertus  acquises autorisant vers l'idéal de la sainteté une montée dilatée et épanouie.

Alors apparaît le mérite, c'est-à-dire, un droit concédé par la miséricorde de Dieu à une récompense surnaturelle. Celle-ci peut consister dans des grâces actuelles précieuses, éclairantes, fortifiantes ; elle peut être une augmentation de cet inestimable trésor qu'est la grâce habituelle ; elle peut enfin, atteindre son sommet par l'introduction dans ta gloire.  Il est magnifique le bon froment qui, semé en la terre des âmes, par l'amour de Dieu, en peut sortir abondant et fort,

O mon Dieu, vous l'avez fécondé le champ de mon cœur ; vous y versez constamment des grains riches et abondants. Ne permettez pas que je rende vos faveurs inutiles ; mais faites que je leur fasse produire cent pour lins que je vous glorifie par ma générosité, en m'enri­chissant de vertus et de mérites.

2° Le grenier. — Nous possédons de belles récoltes, mais saint Paul nous donne un grave avertissement : « Nous portons ce trésor dans des vases fragiles, afin qu'il paraisse que cette souveraine puissance vient de Dieu et non pas de nous. » (2 Cor., 4, 7). La négligence peut laisser se perdre nos profits ; les voleurs que sont nos passions leur font courir des risques ; abritons-les sans retard, dans le Sacré-Cœur de Jésus.

Sainte Marguerite-Marie écrit : « Si vous êtes dans un abîme d'infidélité' et d'inconstance, allez vous jeter dans celui de fermeté et de stabilité du Cœur de Jésus, notre vrai et fidèle ami, qui vous apprendra à lui être fidèle et constant,

comme il l'a toujours été à nous aimer. » Excellent conseil, qui n'est qu'un écho des recommandations du Maître lui-même. Nous n'oublions pas sa comparaison du cep et des branches. « Sans moi, vous ne pouvez rien faire. — Demeurez dans mon amour. » (Joan., 15, 5, 19). C'est par une vie d'union profonde au Christ que nous mettons en sécurité dans son âme; nos vertus et nos mérites; Ce qu'il garde est bien gardé. Et c'est dans son Cœur que accumulent nos richesses pour le jour où elles seront définitivement placées dans le ciel. Il nous montrera, alors, qu'il en était le gardien, puisqu'il énumérera lui-même nos mérites. « J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; soif, et vous m'avez donné à boire... ». (Mail., 25, 35).

O Jésus, tous mes biens sont de vous ; je les remets à votre divin Cœur, sûr ainsi, non seulement de ne pas les perdre, mais encore, de les voir s'augmenter jusqu'à l'éternité.

Extrait de STELLA MATUTINA  Mgr A. Gognon (1947)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

Partager cet article
Repost0
7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 09:59

MARDI  L'ennemi sema de l'ivraie au milieu du froment.

O mon Dieu, depuis la chute de Lucifer il y eut toujours des ennemis en face de vous. C'est un mystère, vous, amour infini, vous n'avez voulu créer que de l'amour, et la haine est sur la terre, séparant les hommes, en dres­sant beaucoup contre vous ! Les meilleurs parmi nous ont des antagonistes qui cherchent à leur nuire.

1° L'ennemi. — Malheureuse réalité, nous avons toujours un implacable, un irréconciliable ennemi dans le démon. Il nous en veut comme hommes, il nous en veut surtout comme chrétiens, parce que nous pouvons arriver à l'éternelle béatitude dont il est pour jamais privé, banni qu'il est du royaume de Celui auquel il a refusé de se soumettre. Aussi il tâche dé nous nuire par tous les moyens. .

Il en a plusieurs à sa disposition, ne serait-ce que la possibilité que Dieu lui laisse d'atteindre notre sensibilité, notre imagination, notre mémoire. Puis, il a des suppôts à son service qui, par une parole, une attitude, une démar­che, peuvent nous faire beaucoup de mal.

Nous avons fait effort, nous nous sommes établis sur un plan supérieur que nous croyons solide, et, soit par une insinuation perfide, soit par une bourrasque violente, tout est renversé.

Il s'en prend à nous, il s'attaque aussi à nos œuvres, qu'il s'agisse de notre devoir d'état, bien établi, dirigé, qu'il s'agisse de notre part dans l'action catholique.

Nous avons travaillé avec foi, noua nous sommes appli­qués de notre mieux, nous nous sommes dévoués géné­reusement, et tout est contrarié, rien ne réussit, d'où, peuvent nous saisir le doute, le découragement, une lassi­tude paralysante.

Gardons-nous, soyons forts. Les Proverbes nous don­nent un programme auquel ' nous devons nous attacher obstinément : « L'homme sage est fort, docte, solide (24, 5), et la. sagesse, saint Jacques nous a avertis qu'on l'obtient quand on la demande « dans la foi, sans hésitation. »

O Jésus, accordez-moi la vigueur d'âme qui me main­tiendra  invincible  contre  les  assauts  sournois  de  mon ennemi.

2° Il sema de l'ivraie/ — La « zizanie » dont parle le texte est  ainsi nommé parce que ses grains peuvent donner le vertige de l'ivresse. Assez sem­blables à ceux du froment, ils sont en général de couleur noirâtre. Mêlés en partie notable à la nourriture, ils peu­vent causer la mort.

Comparaison expressive ! Il ne fait pas autre chose, l'ennemi, que de semer en notre âme des mensonges qui nous enchantent, nous grisent, nous amènent à perdre pied, et finalement nous jettent à terre. Les raisonnements sur lesquels nous avons appuyé notre orientation ver­tueuse sont ébranlés, -nous semblent exagérés sinon erronés ; la porte est ouverte au relâchement, tout danger nous menace. Voilà pourquoi il est important d'être fidèle à une oraison qui nous garde en contact avec une lumière pleine et limpide, que les nuages n'arrivent pas à obscurcir.

Même tactique en ce qui concerne nos œuvres, nos tra­vaux. L'ennemi s'y insinue, il suscite des difficultés là où nous pensions être aidés, il crée des incompréhensions, il occasionne des blâmes, il nous jette ainsi dans le doute sur la route que nous suivons, le dégoût pour notre dévoue­ment que nous estimons inutile, il s'efforce de nous incliner vers la paresse ou l’égoïsme.

Restons surnaturels, ne regardons que Dieu, ne cher­chons que lui et n'ayant pas peur, allons toujours de l'avant : faisons notre devoir tranquillement, sans nous préoccuper du résultat.

O Jésus, je comprends que je dois être toujours sur le qui-vive. Je vous implore avec confiance, défendez-moi de l'ennemi perfide, ne permettez pas qu'il me trouve jamais endormi:

MERCREDI

Quand grandit la semence, apparut la zizanie.

Seigneur Jésus, si la ressemblance entre l'ivraie et le froment est si grande, au début surtout, qu'il faille attendre la formation de l'épi pour bien se rendre compte de la présence des parasites, il y a donc un danger latent. D'où je conclus que je dois :

1° Me défier. — Nous avons tous fatalement des défauts ; nul ne vient parfait en ce monde : « Je jus conçu dans l'iniquité. » (Ps. 50, 7). Ces défauts dépendent du tempérament et physique, et moral. On ne rencontre jamais une nature pleinement équilibrée ; une faculté se développe presque toujours au détriment d'une autre ; de là des déficiences parfois regrettables.

Ces défauts peuvent venir encore de notre hérédité, de notre éducation, de notre ambiance. Multiples et pro­fondes sont les influences qui émanent de ces sources et qui laissent jusqu'au bout leur frappe sur notre âme. S'il en est de favorables à la vertu, il en est beaucoup d'autres qui lui sont contraires.

Enfin, une troisième cause de mal, c'est le démon qui, astucieux, habile, exploite les deux premières et nous poursuit obstinément par les mêmes tentations.

Il arrive alors que les mauvaises herbes poussent plus vite que les bonnes. Nos imperfections ne sont pas détrô­nées par nos vertus ; elles nous suivent toute notre vie. et parce que, en vieillissant, à moins qu'on ait l'habitude d'une sévère discipline, on se surveille moins, elles appa­raissent dans un relief malheureux. Ne voit-on pas des personnes de piété, pas très jeunes, médisantes, critiques, ou violentes, irascibles, ou avares, regardantes, ou immor­tifiées, sensuelles... D'où pour quelques-uns, une sorte de scandale auquel il faut prendre garde. A mesure que s'avancent les années, nous devrions progresser. Ceux avec lesquels nous vivons sont en. droit de nous demander une édification qu'il serait désastreux de ne point leur donner. Ne laissons pas l'ivraie grandir avec le bon grain.

O mon Dieu, maintenez ardente ma volonté d'être un de ne tolérer en moi nul laisser-aller, d'être docile à saint Paul qui recommande de « ne donner nul étonnement à personne, pour ne point faire mésestimer la reli­gion. » (2 Cor., 6, 8).

2° M'y opposer. — Convaincus de nos misères, tra­vaillons dès le début à les débusquer, à les combattre.

Débusquer. Cela exige une sérieuse attention sur soi, une introspection assidue, l'habitude des examens cons­ciencieux. Il est précieux le « Connais-toi toi-même » de l'antique sagesse. Qui s'ignore, ne voit pas son mal, n'en suit pas le développement, est bien incapable d'y remédier.

Nous devons, évidemment, pratiquer toutes les vertus, mais il en est qui, plus que d'autres, nous préoccuperont, parce qu'elles sont l'antithèse de nos défauts. On n'en fait pas le discernement avec légèreté.

Combattre. Connaissant l'ennemi, nous emploierons contre lui une énergie farouche et tenace, ne nous décou­rageant jamais de nos défaites inévitables, qui doivent plu­tôt stimuler notre activité, si nous nous en relevons plus humbles qu'humiliés, plus défiants de nous-mêmes, mais plus confiants en la grâce de Dieu.

Enfin, soit de la surveillance à exercer, soit de l'effort à produire, nous ne nous départirons jamais ; nulle trêve dans cette lutte ; nous mourrons avec notre tempé­rament, il exigera jusqu'au bout l'attitude qui nous en fera tirer parti selon le plan providentiel.

O Jésus, lumière et force de mon âme, remplissez-la de votre clarté, de votre charité divine, afin qu'elle réalise sa perfection telle que vous l'attendez d'elle.

Extrait de STELLA MATUTINA  Mgr A. Gognon (1947)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

Partager cet article
Repost0
6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 10:35

DIMANCHE     Un homme sema de bonne semence en son champ.

La comparaison du semeur revient plusieurs fois sur vos lèvres, ô Jésus. Elle convenait à vos auditeurs et elle est aussi intelligible pour nous tous.

1° Le semeur. — C'est Dieu, ce ne peut être que Dieu car, de tous les dons, quels qu'ils soient, il est l'auteur. ' Tout est une forme de la vie, quelque chose de l'être, et nous savons ce qu'il a dit à Moïse : « Je suis celui qui suis. » Hors de lui, il n'y a rien et il ne peut rien y avoir. Dans Fange, dans l'homme, dans l'animal, dans la plante, dans la pierre, dans tous les ordres de créatures, se trouve de l'être, donc, son œuvre. Nul autre que lui ne peut créer. « 11 a créé dans le ciel les anges, sur la terre les ver­misseaux, dit saint Augustin, il n'est pas plus petit en ceux-ci, plus grand en ceux-là ». L'univers que nous aper­cevons, renferme des merveilles que nous ne connaîtrons jamais, et il n'est pas le seul ; il y en a peut-être d'autres plus magnifiques, que lui.

Au-dessus de tout plane le grand Semeur. Il a, pour ainsi dire, lancé la vie, et; dès qu'il a commencé, il ne cesse plus de le faire, car, s'il s'arrêtait de créer, ce serait l'anéan­tissement, ce serait le néant. Grave et splendide pensée : « En lui, nous vivons, nous nous mouvons, nous sommes. » (Act., 17, 28). Nous sommes l'effet d'une cause qui est Dieu ; tout en nous vient de lui, et notre corps avec ses, organes, et notre âme avec ses facultés. Dans nos travaux, nous ne faisons qu'utiliser le labeur même de Dieu, même si nous réalisions un chef-d'œuvre où apparaîtrait du génie.

Nous devrions être en adoration constante ; tous les battements de notre cœur nous redisent le mot d'Isaïe : « Dieu, le Seigneur éternel qui a créé les frontières de la terre, qui ne se fatigue, ni ne se lasse. » (40, 28). Puis, être attentifs à tout rapporter à Dieu ; tout en nous étant de lui est à lui. Une pensée, un sentiment, une action contraire» à sa volonté, c'est une injustice, c'est la mort, car ce n'est pas de lui, de la semence qu'il profuse à pleines mains.

O mon Dieu, tenez-moi bien ; imposez-vous à ma raison, à mon cœur, que je sois moi-même bonne semence.

2° La semence. — C'est l'être, mais, plus exactement, l'être pour la vie. Distinguons, en effet, l'existence de la vie en son sens profond. Celle-ci, saint Jean nous la définit : « En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes. » (I, Joan., 4).

Tout ce qui n'est pas esprit existe mais ne vit pas positivement. L'animal, la plante vont au néant. L'âme humaine remonte à sa source, elle est immortelle. Aussi bien, dans la création, tout se ramifie autour d'elle. « Tout est à vous, écrit saint Paul, vous au Christ, le Christ à Dieu. » (I Cor., 3, 23). La terre et tous les règnes de la création n'existent qu'à cause de l'homme, et ainsi, entrent dans l'ordre de la vie que l'homme possède, par quoi il a quelque chose de Dieu, auquel il communie pour toujours au terme de son existence.

Cependant, à ce moment, bien que son âme ne cesse pas d'être, elle risquerait de ne pas jouir de la vraie vie qui est lumière, amour, dans le cas où elle se serait soustraite volontairement, obstinément à la bonne semence de cette lumière et de cet amour que nous communique la grâce. Elle conserverait l'existence, mais plus la vie : épouvantable malheur, la mort éternelle.

Recevons avec un soin extrême cette bonne semence de la grâce ; le divin Semeur ne nous la ménage pas, car il veut notre vie ; sans cela, il ne nous aurait pas créés.

O Jésus, je vous en prie, dilatez mon cœur, répandez-y largement votre bonne semence et qu'elle y prenne  de profon­de  racines.

LUNDI     Alors que les hommes dormaient.

O Jésus, vous avez dit : « Celui qui agit mal, fuit la lumière ». Les mauvais coups se font la nuit. Ce n'est pas quand les hommes sont éveillés que s'approche le malfaiteur. Il y a donc à se défier, à prendre des précau­tions suivantes :  

1° Sommeil permis. — II faut bien qu'on dorme, c'est dans l'ordre de la nature, pour se reposer et reprendre des forces. C'est vrai du point de vue physique ; ce l'est moins du point de vue moral. Et cependant, on peut admettre que, soit dans le labeur qu'imposé la poursuite des vertus, soit dans celui que réclame le dévouement surnaturel, il y ait des heures de relâche, ou, plus exac­tement, de moins grande activité. Saint Jean se récréait en caressant une colombe.

Tendre la volonté constamment, c'est la tendre outre mesure. Il y a une grande différence entre tension et atten­tion. Une âme doit toujours faire attention pour se maintenir sur la voie montante, mais elle n'a pas à ré­aliser sans trêve ni merci la tension de ses puissances. Il y a des résultats acquis qui permettent de respirer et de repartir plus vigoureusement. Un essoufflement, de quelque ordre qu'il soit, n'est jamais bon.

Toutefois, ces phases plus modérées, plus calmes, ne signifient pas qu'on lâche la partie, ni qu'on se départisse d'une vigilance que tout impose. Il y a telle attitude sereine qui n'empêche pas qu'on interroge toujours la conscience. Ainsi ne court-on aucun risque et l'on peut en un certain sens, dormir.

Mon Dieu, je veux toujours faire effort, donner plus, donner mieux, et si je me sens un peu las, c'est en vous que je me reprendrai, et certes, sans danger, tout au contraire : «Dans là paix, et sur son Cœur, je m'endormirai et me reposerai. » (Ps., 4, 9).

2° Sommeil défendu. — Dormir, c'est s'arrêter de travailler, fermer les yeux, perdre conscience de ce qui se passe au-dedans et au-dehors. Lorsque, dans le domaine moral, cette perte de conscience s'appelle négligence, indifférence, laisser-aller, désintéressement, le sommeil est coupable, il peut même l'être gravement, car il constitue un danger.

Nous ne devons pas oublier, en effet, que notre ennemi mortel ne dort jamais, il est toujours à l'écoute, il est toujours à l'affût, et ne laisse passer aucune occasion favorable à ses desseins infernaux de porter atteinte à nos .résultats acquis, finalement de nous perdre.

Qu'on mette de côté systématiquement les moyens de dompter ses passions, de pratiquer la vertu ; qu'on soit moins vigilant sur soi-même, qu'on veille avec moins de soin sur. la route qu'on doit suivre, et une tentation arrivera, lus insidieuse ou plus violente, qui nous fera tomber, u moins rétrograder, et un coup de vent soufflera plus perfide ou plus' brutal, qui dispersera ou affaiblira les profits de longs mois d'un labeur intelligent et généreux.

Ne nous endormons donc jamais, en ce sens répréhensible. Le « veillez et priez » du Maître est le mot d'ordre nécessaire de l'âme soucieuse de sa perfection. Nous connaissons le mot de saint Augustin : « Qui dit, une fois, cela suffit, périt». On ne prend pas suffisamment au sérieux le proverbe banal : « Qui n'avance pas, recule. »

O Jésus, tenez-moi toujours en éveil ; ne permettez pas que je ferme les yeux à la lumière. Si je me repose que ce soit dans votre amour. En lui, les nuits sont lumi­neuses.

Extrait de STELLA MATUTINA  Mgr A. Gognon (1947)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

Partager cet article
Repost0