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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 12:24

« Il convient, disait Pie XI, de mesurer avec soin l'étendue et la gravité de la crise, puis d'en rechercher les causes et les origines, si l'on veut y appliquer le remède approprié. »

Alors, comme aujourd'hui, la paix était au premier plan des préoccupations pontificales : « Les prophètes, disait Pie XI, ont des mots qui conviennent merveilleusement à notre épo­que : Nous attendions la paix et nous n'avons rien obtenu. Les vieilles haines continuent de s'affirmer, ou sournoisement dans les intrigues de la politique comme dans les fluctuations du change, ou sur le terrain découvert de la presse quotidienne et périodique; elles ont même

en­vahi des domaines, qui, par leur nature, sont fermés aux conflits aigus, tels que l'art et la littérature...

« Il en résulte que des inimitiés et des atta­ques réciproques entre les peuples les empê­chent de respirer. Ces pénibles conséquences de la dernière guerre, tous les pays sans excep­tion les ressentent. Et le remède tardant à venir, la crise devient chaque jour plus intolérable. De là, comme une nécessité pour toutes les na­tions, dans la crainte toujours croissante de nouveaux conflits, de vivre sur le pied de guerre, ce qui, outre l'épuisement du trésor public, amène l'affaiblissement physique de la race et la perturbation dans la culture intellec­tuelle comme dans la vie religieuse et morale...

« Aux inimitiés extérieures entre peuples viennent s'ajouter, fléau plus triste encore, les discordes intestines, qui mettent en péril les régimes politiques et la société elle-même. Il faut signaler en premier lieu cette lutte de classes, qui, tel un ulcère mortel, s'est déve­loppée au sein des nations, paralysant l'indus­trie, les métiers, le commerce, tous les facteurs enfin de la prospérité publique ou privée.

« Dans le domaine de la politique, les partis se sont presque fait une loi, non point de cher­cher sincèrement le bien commun dans une émulation mutuelle et dans la variété des opi­nions, mais de servir leurs propres intérêts au détriment des autres. Que voyons-nous alors? Les conjurations se multiplient : embûches, terrorisme, menaces, révoltes ouvertes et au­tres excès du même genre...

« Fait très déplorable, ce mal s'est infiltré jusqu'aux racines profondes de la société, c'est-à-dire jusqu'à la cellule de la famille; elle était déjà en voie de désagrégation, mais le cata­clysme de la guerre en a précipité la ruine...

« Enfin, partout les âmes sont devenues in­quiètes, aigries, ombrageuses. Aussi la con­fiance et la sécurité ont-elles fait place à des préoccupations anxieuses et à des craintes tou­jours en éveil; au lieu de la tranquillité de l'or­dre, gardienne de la paix, règnent un trouble et un chaos universels. De là, cet arrêt de l'industrie, cette crise du commerce international, ce déclin de la littérature et de l'art. Conséquence bien plus grave encore : la vie chrétienne a tel­lement disparu de beaucoup de milieux qu'il semble que, loin d'avancer indéfiniment dans la voie du progrès, l'humanité paraît retourner à la barbarie... » (A suivre)

Extrait de : Sa Sainteté PIE XI. Mgr R. Fontenelle. (1937)

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 12:09

OH! SI J'AVAIS SU !

Pour mieux comprendre tous les bienfaits de la révélation, mettons-nous à la place d'un jeune homme qui n'en a jamais entendu parler — par exemple à la place de ce petit soldat dont le Père Lenoir, aumônier militaire de la guerre 1914-1918, nous raconte l'histoire émouvante :

On m'appelle en toute hâte. Dans une grange, à côté, un enfant râle, un pauvre gosse de dix-sept ans, la poitrine maculée de sang. La position du fusil, la ficelle prise dans la gâchette, la chemise ouverte laisse voir la criminelle tentative. Le malheureux n'a plus sa connaissance.

Rapidement, — et combien anxieux! — je lui donne l'absolution, l'extrême-onction...

La balle n'a pas touché le cœur, mais elle a dû le frôler : impossible de transporter ce reste de vie, on le laisse là.

Or voici que, peu à peu, les yeux s'ouvrent, de grands yeux étonnés. Puis l'orientation se fait dans cette âme renaissante et, bientôt, nous pouvons causer.

Il me parle de sa douleur... Simplement, il me raconte le coup :

« J'étais à bout de forces... j’étais certain que ce soir je n'aurais pas même pu faire la route. J'ai essayé de mettre mon sac, ce matin, pour voir ; ça me prenait dans la poitrine et dans les jambes, je serais tombé dans les tranchées... Alors, pourquoi gêner le monde !... Ce n'est pas pour ça que je me suis engagé! Je ne croyais pas que ce serait si dur et que j'aurais moi aussi, la force de servir le pays...

Puisque je ne suis plus bon pour être un bon soldat, vaut mieux me détruire. Alors j'ai préparé mon affaire dans la grange. Mais j'ai mal visé, c'est idiot! »

Je lui demande alors ce qu'il faisait avant de s'engager... Je suis sorti d'une maison de correction, que depuis dix mois où j’avais été enfermé à l’âge de treize ans.

« Voyez, lui dis-je, comme c'est heureux que vous ayez mal visé ! Au lieu de vous punir, le bon Dieu va vous pardonner cette faute-là, ainsi que toutes les autres. »

Il me regarde d'un air de quelqu’un qui ne comprend pas.

« Au fond, mon petit, vous l'aimez bien, le bon Dieu ! »

Dénégation de la tête, et toujours l'air de ne pas comprendre.

« Voyons, vous êtes chrétien ? »

Nouvelle dénégation.

Je lui montre mon crucifix :

« Vous savez ce que c'est que cela ! »

Toujours la dénégation et l'étonnement.

« Vous n'avez jamais été à l'église ?

— Oh ! Non ! proteste-t-il, comme si je lui parlais d'une mauvaise action. Quand J'étais petit, un jour que je passais avec ma mère devant une église, elle m'avait dit : « Vois-tu, faut jamais entrer dans ces grandes machines-là : il y a là dedans, des curés qui mangent les enfants. »

Alors vous n'avez jamais entendu parler du bon Dieu ?

— Non, jamais.

Savez-vous que nous ne mourons pas comme les chiens, qu'il y a quelque chose après la mort ? »

Il me regarde ahuri.

Je lui explique, tant bien que mal, l'existence d'un Dieu rémunérateur, la vie future, le péché, Notre-Seigneur Jésus-Christ, les sacrements…

Et le divin Maître, qui sait bien que le temps presse, éclaire miraculeusement l'âme de ce pauvre petit, victime de l'ignorance. Rien ne lui fait difficulté. Sur la perspective du ciel, il ouvre ses yeux tout grands : « Oh! Vrai ?... » Et voici qu'un mot, spontanément, monte à ses lèvres, qui revient sans cesse à mesure que se déroulent devant lui les beaux dogmes de l'Eglise catholique : « Ah! Si j'avais su! »

Séance tenante, il veut le baptême, que je lui confère... Il rayonne, il veut aussi la sainte Eucharistie, qu'il a comprise comme le reste. « Oh! Si, monsieur, faites-moi faire ma première communion! Je me rappelle que mes camarades m'avaient parlé de ça, un jour... Et, puisqu'il est si bon, le bon Jésus, je veux l'avoir : faites-moi faire ma première communion ! »

Mais les circonstances ne s'y prêtent pas... Il est prudent de patienter jusqu'à demain.

De bonne heure, je reviens le voir. Son regard guettait la porte. Il s'illumine. « Ah! J'ai cru que vous ne viendriez pas! J'avais si grande peur de mourir sans faire ma première communion! J'y ai pensé toute la nuit! »

Ensemble, nous faisons une petite préparation, bien facile, et, sur ses lèvres décolorées, je dépose le Tout-Puissant. Alors ses yeux se ferment, et, sur sa figure de mourant, se dessine un sourire divinement beau... il avait dit : SI J'AVAIS SU !

Dieu lui laissa encore quelques heures pour se mieux préparer à rencontrer la Miséricorde Divine. Ce fut sa dernière et unique préoccupation, maintenant qu’il savait pourquoi il avait été crée…

Note du blog : J’espère que ce récit va vous amener vous aussi, à réfléchir à cette dernière préoccupation qui devrait être celle de tous les hommes de bonne volonté… Oui SI J'AVAIS SU. Maintenant vous, vous ne pourrez pas avoir cette excuse là…

Extrait de : JÉSUS, LUMIÈRE DU MONDE –II (1952)

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 09:54

PRIÈRE A JÉSUS AGONISANT

Le secours apporté à Jésus par l'ange consolateur ne fut pas de longue durée. A peine l'évangéliste l'a-t-il mentionné qu'il ajoute tout aussitôt : Et Il tomba en agonie. (S. Luc XXII-43)

Il est tombé en agonie ! Qu'est-ce à dire ? C'est affirmer que notre doux Sauveur s'est vu dans cette lutte terrible de la vie contre la mort, à ce moment où se rompent un à un les liens qui rattachent l'âme au corps, en apportant à l'homme la plus grande somme de douleurs que la nature puisse supporter.

Cet état déplorable, Jésus Lui-même l'a voulu, parce qu'il aimait. C'est la véhémence de son Amour qui l'a produit.

O Jésus ! Votre Agonie dernière sur un gibet ne devait-elle pas être assez douloureuse ?

Pourquoi Vous abreuver deux fois de telles amertumes ?

C'est qu'il ne Vous suffisait pas de succomber bientôt sous les coups des bourreaux ; Vous vouliez ici succomber déjà sous l'excès de l'Amour ! O bonté, ô charité !

Seigneur Jésus, ma mort aussi viendra. Comme Vous, je veux l'accepter d'avance, avec toutes ses peines et toutes ses angoisses. Je veux et je bénis déjà tel genre de mort qu'il Vous plaira de m'envoyer. Pour ce dernier combat, je mets toute ma confiance en vos Mérites. Mais daignez, ô mon Jésus très bon, exciter dans mon âme les pensées les plus propres à me disposer à bien mourir. Par la grâce de votre sainte Agonie, préservez-moi d'une mort imprévue, de cette mort qui frappe sans qu'on y ait songé. Car ce n'est pas la mort subite qui est à craindre, mais la mort qui n'a pas été préparée. Faites, Seigneur, que je me prépare dès maintenant, en mourant à moi-même tous les jours, malgré les cris de la nature, et dans l'estime toujours plus grande des seuls biens.

Quand on vit avec Vous et pour Vous, Divin Jésus, quel profit de mourir !

«Sanglant le raisin foulé, broyé sous le pressoir, exprime son jus en abondance », ainsi le Cœur de Jésus est broyé à cause de nos péchés. Il est écrasé au point que la douleur fait jaillir son Sang de tous les pores. Ce Sang précieux, ce Sang divin « coule maintenant en ruisseaux sur le sol ».

O perles de rosée divine dont une seule goutte peut laver le monde entier de toutes ses souillures!

Est-ce que, devant un tel spectacle, la méditation de mes faiblesses, de mes infidélités et de mes fautes, fait sourdre en moi, sinon du sang, du moins des larmes !

« Ne voudrais-tu pas ma Sueur de l'Agonie ? » dit un jour Jésus à sainte Marguerite de Cortone...

Et-vous que répondez-vous ?

Inspiré de : Les chemins d’Amour de Jésus souffrant. Père ALOYS (1954)

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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 08:40

La Nature a ses lois. (Suite)

L'âme humaine est au-dessus de la Nature.

L'âme n'est pas un affinement de l'instinct. L'instinct est fixé par des bornes dont il ne peut pas sortir.

L'instinct de l'abeille lui fait observer une loi intelligente de la Nature. Mais l'intelligence n'est pas dans l'abeille; elle est dans la loi que son instinct la force à accomplir. C'est pourquoi, malgré l'intelligence qu'on lui prête, jamais l'abeille ne pourra faire autre chose qu'elle ne fait depuis des siècles, jamais elle ne pourra sor­tir de ce rôle; jamais, même, elle ne pourra fabriquer ses cellules différemment, jamais elle ne pourra en changer les dimensions, ou faire une cire d'une composition différente. L'intelligence dont elle fait preuve n'est donc pas une intelligence personnelle, mais une intelligence qui lui est imposée par l'intermédiaire de son instinct.

Il en est de même pour tous les animaux, même ceux que l'on classe parmi les plus intelligents. Ils sont prisonniers dans des bornes fixes, et ne peuvent autre chose que ce qu'ils font.

L'âme apparaît chez l'homme dans ses œuvres. Alors que l'oiseau est prisonnier d'une chanson, d'une même ritournelle qui ne va­rie pas d'un siècle à l'autre, l'homme peut créer et varier ses chansons à l'infini, leur faire exprimer dans leurs paroles et leur musique des significations, des sentiments et des pensées dont les bornes n'existent pas.

Si l’animal est prisonnier de lois qui le forcent à toujours faire leur abri d'une seule et même façon, sans pouvoir imaginer un autre mode d'abri, l'homme manifeste sa personnalité, dans les innombrables façons de construire ses maisons. Et que dire des sciences, des arts, des jeux de la pensée ! Nous sommes loin de l'instinct primaire et borné.

Cette puis­sance intangible, spirituelle, invisible, qui pétrit la matière, qui ar­rache à la nature ses secrets intimes, qui pénètre ses lois, serait un produit de la matière, du corps humain !

C'est une impossibilité, et la raison ne peut admettre cette simple supposition. Il y a, dans la personne humaine, quelque chose qui est au-dessus et en-dehors de la matière; et il faut qu'il en soit ainsi, pour que ce quelque chose puisse apprécier et transformer la matière. Et ce quelque chose est personnel, car la science n'a pas encore pu trouver l’intelligence en-dehors du domaine personnel. S'il en est ainsi pour l’homme, il faut qu'il en soit ainsi pour Dieu. Dieu ne peut pas être «la les lois de la Nature, la grande force anima­trice, etc.,» comme pour l'homme, il faut que ce soit une per­sonne divine.

Devant le mystère de la vie et de la nature, c'est l'athéisme qui répugne a la raison; et, par contre, seule la foi en Dieu peut sa­tisfaire la raison, la contenter, la repaître. Avec l'existence de Dieu, alors la vie peut être comprise, avoir sa raison d'être, sa néces­sité, alors seulement elle vaut la peine d'être vécue, d'être subis avec joie malgré testes ses vicissitudes. Et sans Dieu, la vie est une stupidité dont paraît imbécile celui qui continue de la subir.

Fin

Extrait de : Mon livre d’heures. Adrien Arcand (1935-36)

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 14:10

La Nature a ses lois. (Suite)

Naître, souffrir, subir, craindre, mourir! Et puis rien? Mieux vau­drait alors la destruction immédiate, par les hommes, de leur en­geance. Ce serait une exigence morale. Car, en morale humaine non révélée (suivant le fameux humanitarisme maçonnique qui se sub­stitue à la charité révélée), il serait stupide de consentir à ce que d'autres, dans l'avenir, soient victimes des mêmes maux que nous subissons, et cela pour le simple plaisir de souffrir et de retomber dans un néant de non-conscience.

La doctrine chrétienne de l'existence de l'âme et de l'au-delà, sur­tout la doctrine catholique, est la seule explication du mystère de la vie qui réponde à l'intelligence et satisfasse pleinement la raison.

Perpétuer une vie de misère qui ne conduit pas dans un au-delà se­rait une preuve de stupidité de la part des hommes, sans une croy­ance à l'au-delà.

Admettre l'âme et l'au-delà, c'est instantanément justifier la vie, ses ennuis et ses misères; c'est justifier le progrès matériel, qui tente de faire une vie meilleure à ceux qui devront nous succéder dans cette triste vallée de larmes.

Admettre l'âme, c'est comprendre pourquoi la vie n'est pas une partie de plaisir, mais la condition d'un combat que chacun doit gagner.

Plus le matérialiste a cru ce rapprocher d'un "paradis terrestre ", plus il s'en est éloigné. Plus sa science a conquis de difficultés, plus grand a été le nombre de nouvelles qui ont surgi. Quand la rage a été conquise, l'influenza est apparue quand la diphtérie a cédé le terrain, la tuberculose et le cancer ont augmenté leurs progrès; quand ceux-ci seront conquis, la contrepartie du mal phy­sique équilibrera d'un autre côté. C'est la Loi de la nature. Il n'y a pas de loi qui ne soit voulue par une volonté.

Qui veut la Loi naturelle ? L'Auteur de la nature. Il a exprimé sa volonté, que bien des esprits orgueilleux (donc ténébreux) ne veulent voir ni entendre ni comprendre. Plus la petite science des hommes a vou­lu compliquer les choses, plus la Loi de Dieu s'est simplifiée dans ses manifestations. Tant est vraie le sermon sur la Montagne: " Bien­heureux les simples, car ils verront Dieu ".

Les savants matérialistes ont eu beau disséquer le corps humain dans ses mystères les plus reculés, ils n'ont pu encore comprendre le mystère même de la vie. S'ils admettaient l'existence de l'âme, ils verraient que tout s'explique, à la plus complète satisfaction de la raison. Le "mystère que l'on doit croire sans comprendre " est encore ce qui permet le mieux de comprendre. La foi sincère, simple et candide dans l'incompréhensible est, chose curieuse, la source de la lumière aveuglante qui éclaire ce que la science maté­rialiste obscurcit de plus en plus.

La science, malgré tous ses prétendus progrès, n'a encore pu rien changer à ce qu'ordonné la Révélation: " Tu mourras de mort, tu gagneras ton pain à la sueur de ton front, tu subiras la douleur...".

Si la science ne peut comprendre la permanence de cet­te loi, malgré tous ses efforts et ses découvertes, la foi la fait com­prendre clairement, la foi en explique la mécanique et la nécessi­té. C'est pourquoi la foi seule peut expliquer le pourquoi de la vie, chose que la science ne pourra jamais découvrir ni expliquer par ses propres moyens.

(A suivre)

Extrait de : Mon livre d’heures. Adrien Arcand (1935-36)

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 11:01

La Nature a ses lois.

Ces lois sont intelligentes, donc le fruit d'une intelligence.

Comme la Nature n'a pas d'intelligence (bien que subissant des lois intelligentes), il s'ensuit qu'elle ne peut être elle-même l'au­teur de ces lois.

La science positive nous prouve que l'intelligence a son siège dans une personne vivante et animée. La Nature, n'étant pas une personne, il est donc raisonnable de croire que ses lois intel­ligentes viennent d'une personne extérieure et supérieure à la Nature. Cette personne intelligente ne peut être que Dieu.

De même, dans le corps matériel de l’être humain, il y a une in­telligence. Cette intelligence ne peut être le produit de la nature matérielle du corps. La matière ne peut produire une substance, ou une essence plus subtile qu'elle-même. L'intelligence humaine pro­vient d'une personne. Et cette personne, ce MOI qui a conscience d'être indépendant de la matière dans son essence, est l'âme hu­maine.

La Nature subit ses propres lois, dont la parfaite ordonnance et la stabilité sont permanentes. De qui les subit-elle ? Ce ne peut être d'autre chose que d'un Législateur supérieur à elle et qui por­te en Lui-même la perfection de l'ordonnance, de la stabilité et de la permanence. Ce Législateur est nécessairement Dieu.

Si Dieu cessait d'être un seul moment, en même temps cesserait de fonctionner l'essence animatrice de la Loi, la Loi cessant, la Nature qui la subit cesserait aussi au même moment.

On ne peut admettre une substance qui subit des lois sans admet­tre aussi une essence qui impose ces lois. Et comme la Nature subit des lois, sans pouvoir de légiférer, elle est extérieure et in­férieure à son Législateur, qui est nécessairement Dieu.

La Nature transporte les lois qui la régissent là où elle se trans­porte elle-même. Comme le corps humain provient de la Nature, il subit lui aussi les lois imposées à la Nature. La Nature n'impo­se pas de lois à l'homme; elle lui transmet seulement celles aux­quelles elle est soumise.

Les facultés de l'âme humaine ne sont pas soumises aux lois de la Nature. La raison, si elle s'appuie sur la nature dans un grand nombre de ses manifestations, est extérieure et supérieure à la Nature parce qu’elle est une personne intelligente. Il n'est pas possible de supposer que la raison, les facultés de l'âme, soient fonction de la matière, du cerveau, du système célébrai ou nerveux.

Des défectuosités matérielles peuvent paralyser le fonctionnement de certaines facultés, comme des défectuosités de cordes vocales peuvent nuire au chanteur; mais, de même que la corde vocale, instrument d'exécution, n'est pas le chant, de même le cerveau n'est pas la raison ni l'âme. Le cerveau est un instrument au ser­vice de la raison, mais la raison n'est pas fonction du cerveau.

Lorsqu'on jette un coup d'œil rapide sur les généralités de la vie humaine, on ne peut s'empêcher de demander: Pourquoi la vie ? Pourquoi suis-je ?

La faim, soif, froid, chaleur, maladie, dangers, anxiétés, deuils...

Pourquoi ?

Pour les êtres qui n'ont pas d'intelligence, qui ne peuvent appré­cier, qui ne peuvent pas poser ni se poser la question, l’existence est facile à comprendre.

Mais pour l'être humain, qui peut apprécier, qui peut poser la question, qui, au lieu de simplement subir, peut commander à ses propres facultés, qui peut freiner ses instincts alors que l’ani­mal ne le peut pas; qui peut même considérer le mal physique comme un bien et le rechercher, alors que l’animal le plus intel­ligent ne pourra jamais que fuir le mal physique, pourquoi la vie ?

Parce que l'être humain a une âme. Enlevez cette explication, et la vie ne vaut pas la peine d'être vécue.

(A suivre)

Extrait de : Mon livre d’heures. Adrien Arcand (1935-36)

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 13:13

LA RACE DE JÉSUS ET DE MARIE…

Il n'y a que deux corps humains qui, avant la résur­rection générale, soient vivants au ciel. Ce sont les corps de Jésus et de Marie.

Parce que, s'ils sont d'essence humaine, ils sont PAR NAISSANCE au-dessus de l'humanité.

Quand on pousse à fond l'exploration du dogme catho­lique, il faut admettre cette conclusion. Et c'est venir en conflit avec le dogme catholique que d'affirmer, avec les Juifs, que JÉSUS ET MARIE ÉTAIENT DES JUIFS.

Marie, dès le moment de sa conception, fut exemptée du péché originel, d'après le dogme catholique. Elle était donc l'Ève nouvelle, l'Ève plus grande que la pre­mière, parce qu'elle ne devait pas pécher; parce qu'elle devait être sanctifiée par une communion intime avec chacune des trois personnes de la Sainte Trinité: fille parfaite du Père, épouse du Saint-Esprit, mère du Fils. Elle renfermait en elle ce mystère, unique dans toute l'histoire humaine, d'être à la fois la fille, l'épouse et là mère de Dieu.

Comme Ève, Marie ne fut d'aucune race; car son exemption du péché originel la plaçait au-dessus de tout atavisme de race, de tout apport de particularisme de sang. Comme Ève, elle était de toutes les races, appartenait à toutes les races, et toutes les races lui appartiennent. Ceci fut confirmé par le Christ lui-même, du haut de Sa Croix, quand Il la donna pour mère à Saint Jean et à toute l'humanité. Il la nomma FEMME, La Femme.

Marie, par les conditions de sa naissance, ne fut pas plus d'­une nationalité particulière qu'Ève ne l'avait été. Mais, comme pour Ève, toutes les nationalités se retrouvent en elle.

L'ex­emption du péché originel font de son sang et de sa chair la QUINTESSENCE DE LÀ SUBSTANCE HUMAINE. Elle a tiré son sang chez des Juifs mais dès sa conception, par la faveur divine, ce sang fut exempté et purifié de toute parti­cularité de race, de nationalité; elle fut conçue PERFECTION HUMAINE, au-dessus de toutes les races, au-dessus de l'huma­nité.

Et comme elle n'avait pas le péché originel, elle ne pou­vait pas mourir de mort; c'est pourquoi son corps fut trans­porté au ciel par les anges.

La nouvelle Ève n'est pas plus d'une race particulière que la première Ève.

Jésus fut le fils de cette femme qui, à cause de son exemp­tion, ne fut et n'est d'aucune race. Son père fut l'Esprit- Saint, qui n'est d'aucune race ou nationalité. Jésus n'est donc pas Juif, pas plus qu'il n'est Français, Allemand ou Anglais. Il est de l'ESSENCE HUMAINE PARFAITE, comme s'Il était né d'Ève avant sa chute, Il aurait pu ne pas mourir, Son corps parfait en ayant la condition voulue; mais, à cause de Sa mis­sion, il a voulu se soumettre à 1a mort, se soustraire à son exemption naturelle de souffrance, de douleur et de mort. C'est ce qui fait que son supplice et sa mort n'ont rien de comparable aux souffrances et à la port du commun des mortels qui, eux, ne peuvent volontairement s'en soustraire, et doivent s'y soumettre pour expier leurs péchés. N'avoir fait que du bien, n'avoir fait aucun mal, avoir parfaitement glorifié Dieu, n'avoir rien à redouter, et se livrer quand même à la douleur et à la mort, voilà les conditions qui font de la Passion un sacrifice aussi grand et aussi sublime, indépendamment du fait qu’il fut consenti par Dieu lui-même, l’outragé, l’offensé.

Extrait de : Mon livre d’heures. Adrien Arcand

Je vous recommande de lire : http://elogofioupiou.over-blog.com/2015/04/race-de-viperes.html

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