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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 09:05

Le nom de « Jésus » était très communément usité parmi les Juifs. Dans l'hébreu primitif, c'était « Josué ». L'ange dit à Joseph : « Marie enfantera un fils et tu Lui donneras le nom de Jésus. » Matthieu 1, 21.

Cette première indication de la mission du Christ sur la terre ne dit rien de Son enseignement, car l'enseignement aurait été inutile s'il n'y avait eu d'abord la Rédemption.

En même temps un autre nom Lui était donné : « Emma­nuel ». « Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils; et on L'appellera du nom d'Emmanuel » c'est-à-dire : Dieu avec nous. Matthieu 1, 23.»

Ce nom, tiré de la prophétie d'Isaïe, donnait la garantie d'une certaine présence divine. Uni au nom de « Jésus », il signifiait une présence de Dieu qui délivre et qui sauve. L'ange n'avait-il pas dit à Marie : « Voici que vous concevrez en votre sein, et vous enfan­terez un fils, et vous Lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut; et le Sei­gneur Dieu Lui donnera le trône de David, son père : et il régnera pour jamais sur la maison de Jacob, et son règne n'aura point de fin. » Luc 1, 31-33.

Le titre de « Fils du Très-Haut » est le seul qui ait été donné au Rédempteur par l'esprit mauvais qui possédait le jeune homme du pays des Géraséniens. L'ange déchu recon­nut alors que Jésus était bien Celui qu'avait annoncé l'ange fidèle : « Qu'y a-t-il entre Toi et moi, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut? » Marc 5, 7.

Le salut, garanti par le nom de « Jésus », n'est pas d'ordre social, c'est un salut d'ordre spirituel. Le Sauveur ne vient pas délivrer les peuples de leur pauvreté, Il vient les délivrer de leurs péchés. D'ailleurs, détruire le péché n'est-ce pas arracher les racines de la pauvreté ? Le nom de « Jésus » rappelle le souvenir du grand chef qui conduisit les Hébreux dans la terre promise et les y installa. Le fait qu'il ait été préfiguré par Josué indique que le Christ avait les qualités nécessaires pour conduire ses disciples à la victoire finale sur le mal, victoire qui viendrait de la généreuse acceptation de la souffrance, d'un courage résolu, d'une volonté ferme et d'une fidélité inébranlable aux ordres du Père.

Le peuple, courbé sous le joug de Rome, aspirait à sa déli­vrance. Aussi pensait-il que l'accomplissement de toute pro­phétie ayant quelque rapport avec Josué prendrait un cer­tain aspect politique. Plus tard, des gens demanderont à Jésus quand Il les délivrera du joug de César. Mais en ce moment, aux tout premiers jours de Sa vie, le divin Libérateur affirmait par la voix d'un ange qu'il avait à vaincre un ennemi plus grand que César. Les Juifs devaient conti­nuer de rendre à César ce qui était à César; Sa mission à Lui était de les délivrer d'un esclavage bien plus dangereux, l'esclavage du péché. Tout au long de la vie du Christ, le peuple persisterait à matérialiser l'idée de salut et à croire que la délivrance dont il s'agissait ne pouvait être comprise que dans un sens politique. Le nom de « Jésus », ou Sau­veur, ne Lui a pas été donné après qu'il a eu accompli l'œuvre du salut, mais au moment même où Il était conçu dans le sein de Sa mère. Le fondement du salut qu'il venait opérer n'était pas de l'ordre du temps, mais de l'ordre éternel.

premier-në

«Elle mit au monde son Fils premier-né. Luc 2, 7.»

L'expression « Premier-né » ne voulait pas dire que Notre-Dame devait donner le jour à d'autres enfants selon la chair. La loi accordait au premier-né une place d'honneur |dans la famille, même s'il ne naissait aucun autre enfant. Il très bien pu se faire que saint Luc ait employé ce mot, dans le verset cité ci-dessus, en pensant au récit qu'il ferait plus loin de la présentation de l'Enfant au Temple par Sa Sainte Mère comme « son Fils premier-né ». Les « frères du Seigneur », mentionnés ailleurs par saint Luc, n'étaient pas ses fils de Marie; ils étaient des cou­sins. Marie n'a pas eu d'autre enfant selon la chair. Mais « premier-né » pouvait aussi signifier une position par rap­port à d'autres enfants qu'elle aurait sur une nouvelle inter­vention de l'Esprit. C'est en ce sens que son divin Fils lui désigna Jean, debout au pied de la Croix, comme son « fils ». Spirituellement parlant, Jean fut son «second fils ».

Plus tard saint Paul utilisera l'expression « premier-né » dans le temps pour établir un parallèle avec la génération éternelle du Sei­gneur comme Unique Engendré du Père. Ce n'est qu'à Son divin Fils que Dieu a dit : « Tu es mon Fils, c'est moi qui T'ai engendré aujour­d'hui », ou encore : « Je serai pour Lui un Père et Lui sera mon Fils. » Et quand de nouveau il introduira son premier-né dans le monde, il dira : « Que tous les anges de Dieu L'adorent! » Hébreux 1, 5-6.

Extrait de : La vie de Jésus (1960) Mgr Fulton Sheen.

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