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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 03:59

 

SES PREMIÈRES ANNÉES DE RELIGION

 

Lorsque la Visitation Sainte-Marie de Chambéry lui ouvrit ses portes, Françoise Chambon avait vingt et un ans. Deux années plus tard, en la fête de Notre Dame des Anges, 2 août 1864, elle pronon­çait les saints Vœux et prenait place définitivement — sous le nom de Sœur Marie Marthe — parmi les Religieuses du voile blanc.

Rien, à l'extérieur, ne prévenait en faveur de la nouvelle épouse de Jésus-Christ. La beauté de la fille du Roi était vraiment tout intérieure... Dieu qui, sans doute, se réservait des compensations, avait, sous le rapport des dons naturels, traité Sœur Marie Marthe avec une réelle parcimonie ! Des manières et un langage rustiques ; — une intelligence plutôt médiocre, que nulle culture, même sommaire, n'était venue développer : Sœur Marie Marthe ne savait ni lire ni écrire ;

 

(Note : Il importe de ne jamais perdre de vue cette complète ignorance de Sœur Marie Marthe : d'une part, on sera émerveillé de trouver tant « d'exactitude doctrinale et de justesse d'expression » chez une personne si peu cultivée ; d'autre part, on excusera volontiers ce qui peut laisser à désirer dans « certains détails ne se rapportant pas à la substance des choses ». (Appréciation du R. P. Mazoyer, S. J.)

 

des sentiments qui ne s'élèveront que sous l'influence divine ; — un tempérament vif et quelque peu tenace ; les Sœurs, ses compagnes le disent volontiers, en souriant : « 0h ! Pour une sainte, c'était une vraie sainte ! Mais une sainte parfois agaçante, et énervante ! »

 

La « sainte » le savait bien ! Et, dans sa naïveté touchante, elle se plaignait à Jésus d'avoir tant de défauts : « Tes imperfections, lui répondait-il, « sont la plus grande preuve que tout ce qui se passe en toi vient de Dieu. Je ne te les enlèverai jamais ; elles sont la couverture qui cache mes dons. Tu as  bien envie de te cacher ? J'en ai encore plus envie  que toi!... »

 

En regard de ce portrait, on aimerait à en placer un second aux lignes autrement attrayantes. Sous les dehors d'un bloc passablement informe, l'obser­vation plus attentive des Supérieures ne tarda pas, en effet, à deviner, puis à reconnaître une physio­nomie morale déjà très belle, et s'embellissant tous les jours sous l'action de l'Esprit de Jésus. On note­rait ici de ces traits frappés aux signes infaillibles qui révèlent l'Artiste divin... et le révèlent d'autant mieux que les disgrâces de la nature n'ont point disparu : dans cette intelligence si fruste, que de lumières, que de vues profondes ! Dans ce cœur sans culture naturelle, quelle innocence, quelle foi, quelle piété, quelle humilité, quelle soif de sacrifice !

 

Il suffira, pour le moment, de rappeler le témoi­gnage de sa Supérieure, N. T. H. Mère Thérèse Eugénie Revel : « L'obéissance est tout pour elle.  La candeur, la droiture, l'esprit de charité qui l’anime, sa mortification, et, par-dessus tout, son humilité sincère et profonde, nous paraissent les plus sûrs garants de la conduite de Dieu sur cette âme. Plus elle reçoit, plus elle entre dans un vrai mépris d'elle-même, étant presque habituellement écrasée par la crainte d'être dans l'illusion. Docile aux avis qui lui sont donnés, les paroles du Prêtre et de la Supérieure ont une grande puissance pour lui rendre la paix... Ce qui nous tranquillise sur­tout, c'est son amour passionné pour la vie cachée; son besoin impérieux d'échapper à tout regard humain, et la frayeur qu'elle a qu'on aperçoive ce qui se passe en elle. »

 

Les deux premières années de vie religieuse de notre Sœur s'écoulent à peu près normalement. A part un don d'oraison peu commun, un recueil­lement perpétuel, une faim et une soif de Dieu toujours croissantes, rien de vraiment particulier et qui fasse prévoir des choses extraordinaires.

 

Mais, en septembre 1866, la jeune Converse commence à être favorisée des fréquentes visites de Notre-Seigneur, de la Très Sainte Vierge, des Âmes du Purgatoire, des Esprits Bienheureux.

 

Jésus crucifié, surtout, lui offre presque chaque jour à contempler ses Plaies divines, tantôt resplen­dissantes et glorieuses, tantôt livides ou ensan­glantées, en lui demandant de s'associer aux dou­leurs de sa sainte Passion.

 

(À suivre)

 

Extrait de : Soeur Marie Marthe Chambon de la Visitation Sainte-Marie de  Chambéry.  Monastère de la Visitation.  1937

 

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 03:56

CANTIQUE en attendant le Jugement de Dieu.   

(Mgr Ghika 1872-1954)

 

Larmes et sourires, bénissez le Seigneur.

Regrets et repentirs, bénissez le Seigneur.

Fièvres et ferveurs, bénissez le Seigneur.

Péchés laves et pardonnes, bénissez le Seigneur.

Crimes expies et répares, bénissez le Seigneur.

Injustices devenues servantes du salut, bénissez le Seigneur.

Bourreaux absous et victimes volontaires, bénissez le Seigneur.

Oublies dont Dieu se souvient, bénissez le Seigneur.

Ingratitudes doucement accueillies, bénissez le Seigneur.

Secrets du fond des âmes, bénissez le Seigneur.

Mensonges agenouilles devant la Vérité, bénissez le Seigneur.

Énigmes et perplexités, bénissez le Seigneur.

Appels, attentes et recherches, bénissez le Seigneur.

Misères faites pour être comblées, bénissez le Seigneur.

Espérances faites pour être dépassées, bénissez le Seigneur.

Impatiences faites pour être confondues, bénissez le Seigneur.

Obstacles faits pour être surmontés, bénissez le Seigneur.

Ténèbres et éblouissements, bénissez le Seigneur.

Extases et délaissements, bénissez le Seigneur.

Fatigues et agonies, bénissez le Seigneur.

Offrandes et sacrifices, voeux et serments, bénissez le Seigneur.

Choses données et point reprises, bénissez le Seigneur.

Rêves et désirs, bénissez le Seigneur ...

Nos saintes et bienheureuses ignorances, bénissez le Seigneur.

Frémissements de la vie de Dieu dans tout ce qui est, bénissez le

Seigneur.

Pensées plus hautes que les cieux, soucis tout proches de 1'humble

Terre, bénissez le Seigneur.

Mystères de la Providence et du salut, blottis jusque dans les plus

Petites choses, bénissez le Seigneur.

Morts et poussières, bénissez le Seigneur.

Ma mort a moi, bénis le Seigneur !

Les choses qui naîtront de moi, quand je ne  serai plus de ce monde,

bénissez le Seigneur.

Le silence autour de ma mémoire, bénis, toi aussi, le Seigneur.

Mon   âme,   qui   ne   doit jamais   mourir,   crie   ton   éternité  déjà

commencée, en bénissant, des maintenant et éternellement, le Seigneur. »

 

http://amdg.over-blog.fr/article-louanges-et-benedictions-2-2-112531552.html

 

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 03:33

 

SON ENFANCE ET SA JEUNESSE

 

On ne trouvera pas ici une Vie complète de Soeur Marie Marthe Chambon, mais simplement quelques indications biographiques, encadrant un Exposé de sa dévotion préférée : la dévotion aux saintes Plaies de N. S. J.- C.

 

Françoise Chambon naquit d'une modeste mais chrétienne famille de cultivateurs, au hameau de la Croix-Rouge, sur Chambéry, le 6 mars 1841. Le même jour, elle reçut le saint Baptême dans 1'église paroissiale de Saint-Pierre de Lémenc.

 

Il plut à Notre-Seigneur de se révéler de très bonne heure à cette âme innocente.A peine Françoise avait-elle neuf ans que, sa tante l'ayant conduite un Vendredi Saint à l’adoration de la Croix, le Christ s'offrit à ses regards, déchiré, ensanglanté, comme au Calvaire. « Oh! Dans quel état Il était!... » Dira-t-elle plus tard.

 

Ce fut là une première révélation de la Passion du Sauveur qui devait tenir tant de place dans son existence. Mais l'aurore de sa vie apparaît surtout favorisée par les visites de Jésus Enfant.

 

Le jour de sa Première Communion, Il vint à elle visiblement ; et depuis lors, à chacune de ses communions, jusqu'à sa mort, ce sera toujours l'Enfant Jésus qu'elle verra dans la sainte Hostie. Il devient l'Inséparable Compagnon de sa jeunesse, la suit au travail, dans les champs, converse avec elle le long du chemin, la ramène à la chaumière paternelle : « Nous étions toujours ensemble..., oh! Que j'étais heureuse! J'avais le Paradis dans le cœur!... » Disait-elle en rappelant, vers la fin de sa vie, ces lointains et doux souvenirs.

 

A l'époque de ces précoces faveurs, Françoise ne songeait même pas à faire confidence de sa vie de familiarité avec Jésus : elle se contentait d'en jouir, croyant ingénument que tout le monde possédait le même privilège.

 

Toutefois, la pureté et la ferveur de cette enfant ne pouvaient échapper au digne Curé de la paroisse : aussi l'admettait-il fréquemment à la Table sainte. Et c'est lui qui découvrit en elle la vocation reli­gieuse et vint la présenter à notre Monastère.   (À suivre)

 

Extrait de: La brochure sur Soeur Marie Marthe et les Saintes Plaies.                                                                                                                                                                                                                                Monastère de la Visitation.  (1937)

 

ARCHEYECHE DE  CHAMBERY

 

Chambéry,  le 9 juillet 1924.

 

La brochure sur Soeur Marie Marthe et les Saintes Plaies se répand dans le monde pieux avec un vrai succès d'édification.

 

Heureux sommes-nous de voir ainsi Notre-Seigneur plus aimé et prié avec plus de ferveur. Que les maux de notre société trouvent un remède dans les Plaies de notre Sauveur !

Ce nous sera une grande joie qu'une modeste fleur de notre terroir salésien ait ainsi contribué d’embaumer les plaies du monde par le recours aux divines Plaies de Jésus.

 

Dominique CASTELLAN, Archevêque de Chambéry.

 

 

 

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 03:32

 

 

Cette vérité a peut-être plus que toute autre excité, sur­tout dans ces derniers temps, les outrageantes clameurs des ennemis de  notre sainte religion. Rien cependant n'est plus facile à démontrer et à comprendre que ce point capi­tal.

 

L'Église catholique possédant seule la vérité, doit néces­sairement professer cette doctrine. 

 

La vérité est une et l'Église la possède essentiellement. Donc en dehors d'elle c'est l'erreur, comme en dehors de la lumière ce sont les ténèbres. Mais le salut ne peut être que là où se trouve la vérité.

 

En effet, s'il est évident qu'il faut une religion à l'homme raisonnable, il ne l'est pas moins qu'il ne peut y en avoir qu'une qui soit la véritable.    Celle que Dieu a donnée, est la seule qui puisse nous assurer le salut.

 

Dès lors que notre sainte religion est prouvée divine, en dehors d'elle il ne peut y avoir de salut; et les clameurs contre l'intolérance de ce dogme sont aussi absurdes que le serait la prétention de concilier les ténèbres avec la lumiè­re, le oui avec le non, le vice avec la vertu.

 

Bien plus, toute religion qui prétendrait concilier des enseignements qui se contredisent et se combattent, prouverait par là même qu'elle ne possède pas la vérité.

 

Mais il ne faut pas croire que ce dogme soit un arrêt de damnation pour tous ceux qui ne paraissent pas apparte­nir au corps de l'Église. Car, pour quiconque cherche la vérité sincèrement, si d'ailleurs il ne met pas d'obstacles aux grâces divines, en peut être certain que la vraie lumiè­re lui apparaîtra et que les miséricordes de Dieu l'introdui­ront dans la voie du salut.

 

Et d'ailleurs, par la disposition formelle et constante de croire toutes les vérités que Dieu a révélées, même quand involontairement on les ignore, on peut appartenir invisiblement mais réellement à l'Église.

 

HISTOIRE —Avant d'épouser Charles d'Autriche, qui fut de­puis empereur sous le nom de Charles VI, la princesse Elisa­beth Christine Wolfenbuttel crut devoir, pour la tranquillité de sa conscience, consulter les luthériens mêmes dont elle avait jus­qu'alors professé la foi. Les docteurs protestants, assemblés à Helmstadt, répondirent que «les catholiques ne sont point dans l'erreur pour le fond de la doctrine et qu'on peut se sau­ver dans leur religion ».

 

Dès que la princesse apprit cette décision, elle déclara : « Il n'y a plus lieu d'hésiter, et dès demain j'embrasserai la foi de l'Église romaine, car le parti le plus sûr dans une matière si importante est toujours, la plus sage. » Le père de la princesse tint le même langage et s'atta­cha comme elle à la religion catholique.

DE  TREVERN,  Discussion amicale.

 

Henri IV, sollicité par ses amis d'embrasser la religion catholique, demanda aux évêques si l'on pouvait se sauver dans l'Église romaine. Ceux-ci, lui répondirent qu'assurément on pouvait se sauver, et de plus, qu'on ne pouvait pas se sauver hors de son sein.

 

Le prince s'étant ensuite adressé aux minis­tres protestants, leur demanda s'il était possible de trouver le salut dans leur réforme ainsi que dans l'Église romaine.

 

Les ministres lui ayant affirmé qu'on pouvait se sauver dans l'une comme dans l'autre, le roi leur répondit : « Les évêques disent que hors de l'Église romaine il n'y a pas de salut ; vous autres, vous avouez que l'on peut s'y sauver : dans ce cas je vous déclare que je me fais catholique. Dans une affaire aussi impor­tante, le parti le plus sûr est toujours le meilleur.»

 

Puisque, de l'aveu des protestants, on peut se sauver dans la religion catholique, embrasser cette religion n'était pas seulement prendre le parti le plus sûr, c'était évidemment embras­ser la vérité, car la vérité est une et le salut ne peut être que là où se trouve la vérité.

 

Extrait  du : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU  (1860)

 

 

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 08:28

 

            Dieu (Le Père) dit à Sainte Catherine de Sienne : « Tu le vois, Ma fille bien-aimée, les hommes ont été régénérés dans le Sang de Mon Fils et rétablis dans la grâce : mais ils la méconnaissent et s’enfoncent de plus dans le mal ; ils Me poursuivent de leurs outrages et méprisent Mes bienfaits.

 

              Non seulement ils repoussent Ma grâce, mais ils Me la reprochent, comme si J’avais d’autres buts que leur sanctification. Plus ils s’endurciront et plus ils seront punis ; leur châtiment sera plus terrible qu’il ne l’aurait été avant la Rédemption.    N’est-il pas juste que celui qui a beaucoup reçu soit tenu de donner davantage à son bienfaiteur ?

 

             Les hommes Me sont bien redevables, eux qui ont reçu le trésor de ce Sang Précieux qui les a rachetés, et la dette est plus grande après la Rédemption qu’avant.

 

             Ils Me doivent l’amour envers le prochain ; ils Me doivent des vertus sincères et véritables et s’ils ne s’acquittent pas, plus ils Me doivent, plus ils M’offensent.

 

Ma Justice alors demande que Je proportionne la peine à l’offense et que Je rende plus terrible pour eux la peine de l’éternelle damnation. Aussi le mauvais chrétien est-il beaucoup plus puni que le païen.

 

Le feu terrible de Ma vengeance, qui brûle sans consumer, le torture davantage, et le ver rongeur de la conscience le dévore plus profondément.

 

Quels que soient leurs tourments, les damnés ne peuvent perdre l’être ; ils demandent la mort sans pouvoir l’obtenir, le péché ne leur ôte que la vie de la grâce. »

 

(Dialogue, ch..XV.)

 

http://amdg.over-blog.fr/article-misericorde-et-justice-116875730.html

 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 07:27

 

Le 2 décembre 1920, Jésus dit à Marie Fidèle :

 

 « J’aime les pécheurs et J’ai soif de leurs âmes. Les souffrances que tu as endurées avec Ma grâce et dans une union intime avec Moi, Je les ai unies au Sacrifice de la Croix, dont elles tirent toute leurs force.

 

«Je veux que tu* (*Sœur Marie Fidèle Weiss (1882-1923) vécut très saintement dans le monastère des tertiaires franciscaines de Reutberg, en Bavière) Me laisses toujours le choix du pécheur en faveur de qui J’appliquerai le fruit de tes souffrances, et de tes sacrifices, maintenant ou plus tard.

 

«Je suis le Seigneur qui règle tout pour le mieux, selon ce qui convient à Ma gloire et au salut des âmes. Ce sont les pécheurs en face de la mort qui ont un besoin plus grand de Ma miséricorde.

 

«Je suis le Bon Pasteur à l’égard des pécheurs ; c’est pourquoi envers toi, Ma victime J’agis comme un juste juge.

 

«Ne suppose aucune âme perdue jusqu’au dernier moment de sa vie. Mon amour de Rédempteur et Ma sollicitude de Pasteur poursuivent le pécheur avec longanimité jusqu’à la mort pour le sauver et le rendre heureux ; car J’aime les pécheurs. »

 

(Ed. allm., p.164; éd. franç., p. 175.)

 

http://amdg.over-blog.fr/article-pardon-et-misericorde-116848818.html

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 01:04

 

imaginez-vous  que  vous  étés  comme  Lazare,  enferme dans le tombeau,  et déjà livrée à cet affreux travail de décomposition qui fait  du corps le plus robuste « un objet qui n'a de nom dans aucune langue... » Dites alors a Jésus : « Seigneur, si vous le voulez, vous pouvoir me faire passer de la mort a la vie ! » Pour en obtenir la grâce, demandez-vous comment Jésus-Christ a ressuscite Lazare.

Il y a eu plusieurs particularités qui ont prépare et ac­compli la résurrection de Lazare. A vous aussi plusieurs choses sont nécessaires :

 

Il faut premièrement prier. « Seigneur, celui que vous aimez est malade», dirent Marthe et Marie a Jésus. Si vous voulez ressusciter à la grâce, il est nécessaire de prier,  de prier avec  humilité,   avec  une   vive   confiance ;   de  prier  avec persévérance.   Dites-lui donc avec humilité : Seigneur, cette pauvre âme que vous avez créée a votre image et a votre ressemblance, que vous avez rachetée de votre sang précieux, que vous avez adoptée au baptême, et élevée a la plus haute

dignité, elle est toute défigure, toute couverte de lèpre et remplie d'imperfections. Jetez donc sur elle un regard de miséricorde !   Continuez  à  prier  avec  une  vive  confiance pour vous et pour les autres... Vous ressusciterez, si vous y êtes fidèle.

 

En second lieu, entendre la divine parole. Les prières de Marthe et de Marie ne suffirent pas pour ressusciter Lazare. Il a fallu de plus la divine parole. Il ne suffira peut-être pas que les âmes pieuses et les saints Anges prient pour nous, ni même que nous joignions nos supplications aux leurs ; il sera en outre nécessaire que nous écoutions la divine parole, et que nous la méditions dans le silence de la retraite. Tant que les apôtres négligèrent ce point important, tantôt lâches et pusillanimes, tantôt curieux et téméraires, ils abandonnèrent le Seigneur ; mais a peine se furent-ils retires dans le cénacle, en compagnie de la sainte Vierge, a peine eurent-ils médite les paroles de la vie éternelle sorties de la bouche du Sauveur, que, revêtus a 1'instant de la vertu du Très-Haut, et changes en d'autres hommes, ils convertirent le monde. Prenez donc la résolution de faire une bonne retraite spirituelle, afin d'entendre et de méditer la parole de Dieu dans la solitude. Vos bons désirs seront peut-être inefficaces, votre conversion sera illusoire, comme elle 1'a été jusqu'a pressent, si vous n'en venez pas la. Et pourquoi ne le feriez-vous pas ? Si Naaman, quelque répugnance qu'il eut pour le remède qui lui était indique, suivit le conseil du serviteur de Dieu, afin d'être guéri de sa lèpre, pourquoi n'accepteriez-vous pas de faire une retraite si salutaire qui vous est recommandée dans le but de vous purifier de votre lèpre spirituelle ?

 

En troisième lieu, il faut renoncer d l'occasion du péché. Enlevez la pierre ! dit Jésus. Et pourquoi donc, Seigneur, ordonnez-vous d'enlever la pierre qui ferme l'entrée du sépulcre ? Une pierre était donc capable d'empêcher la résurrection de Lazare ? Et puisque, en ressuscitant, vous avez soulevé la pierre qui fermait votre sépulcre, ne pouviez-vous pas faire que celle-ci s'enlevât d'elle-même, quelque pesante qu'elle fut ? Non, répond-il par la bouche de saint Augustin, ce n'était pas cette pierre matérielle qui offrait un obstacle a ma puissance ; mais, comme la résurrection matérielle est une vive image de la résurrection spirituelle, cette pierre était la figure des pierres de scandale qui devaient empêcher la résurrection de tant d'âmes. Voulez-vous donc ressusciter ? Enlevez ces pierres de scandale, éloignez-vous de ces occasions qui ont jusqu'ici rendu inutiles les efforts de ma grâce... cette maison... cette personne... ce divertissement... qui sont la cause de votre perte et de votre ruine. Voulez-vous vraiment ressusciter ?... Voulez-vous retrouver la paix et la joie du coeur ?... Tenez-vous loin de l’occasion... rompez cette amitié... sachez bien que de la dépend votre conversion... votre salut éternel.

 

En quatrième lieu, ressembler a Lazare dans sa corruption. Quelle humiliation pour lui ! Il n'était déjà plus qu'un cadavre infect ! Il était mort depuis quatre jours ! Mais c'est une heureuse humiliation, puisqu'elle est suivie d'une résurrection et d'une vie glorieuse. Si vous voulez ressusciter ainsi, vous qui êtes morte a la grâce, vous devez vous mettre aux pieds du ministre du Seigneur et lui révéler toutes vos faiblesses et toutes vos misères, vous gardant bien de les exposer seulement en gros ou de les couvrir hypocritement du voile de la vertu. Montrez-les à découvert, sans vous excuser. Terrible confusion ! Vous devez pourtant la supporter : cela est indispensable. Ou la confusion, ou la damnation. Mais quelle gloire cette confusion n'apportera-t-elle pas au ciel et a vous-même ?... Oui, mon Dieu, je veux la subir, coûte que coûte. J'ai eu le courage de commettre la faute, il est juste que j'aie le courage de la confesser.

 

Il faut sortir du sépulcre. — Admirez la bonté de Jésus : « Il pleura ». Eh ! Pourquoi ces larmes, ô Seigneur ? Je le comprends; vous les versez, non pas sur ce cadavre, mais sur mon âme et sur tant d'autres qui, comme elle, sont mortes devant vous ; non plus depuis quatre jours, mais peut-être depuis un grand nombre d'années. Je vois que si, véritablement, je veux ressusciter à la grâce, loin d'irriter votre justice, la vue de mes misères excitera et attendrira votre bonté infinie, et la portera a avoir pitié de moi... Oui, c'est pour cela que Jésus frémit et se troubla.

La pierre du sépulcre étant ôtée, il leva les yeux au ciel, remercia son Père, éleva la voix et dit avec un ton de souveraine autorité : « Lazare, sortez du tombeau ! » Et au même moment, celui qui était mort sortit vivant du sépulcre, les pieds et les mains lies, enveloppe d'un linceul, et la tête couverte d'un suaire. O prodige de la toute-puissance divine ! Mais le miracle que le Seigneur fera à votre égard en vous rendant à la vie de la grâce sera encore plus grand. Le prêtre, revêtu du pouvoir même de Jésus-Christ, dira avec autorité : «Satan, sortez de cette âme, » et a l’instant l’enfer abandonnera sa proie, et le ciel comptera une élue de plus, et 1'Eglise essuiera vos larmes, et les anges vous féliciteront. Et si, combattant contre vos habitudes vicieuses, vous savez rompre ces liens, quelle gloire vous apporterez au Seigneur ! Quelle joie et quelle allégresse vous causerez a 1'Eglise !

 

Quelle paix et quelle félicité goûtera votre âme ! Vous qui êtes coupable, voulez-vous d'un si grand bonheur ? Eh bien, il est entre vos mains.                                                       (Père mach.)

 

 

FETE DU JOUR: Saint   Gabriel,   archange.

gabriel dont le nom signifie : la force de Dieu, est un des sept esprits qui se tiennent sans cesse au près de 1'Eternel, messagers célestes charges par lui des missions les plus importantes au près des hommes. Gabriel est 1'Ange de l'Incarnation : c'est lui, affirme une pieuse tradition qui, aux tristesses de la malédiction première, mêla le consolant espoir d'un Messie rédempteur. Lorsque les temps furent proches, Gabriel annonça au prêtre Zacharie la naissance de Jean-Baptiste, le précurseur de Jésus. Puis, quand eut sonné 1'heure des miséricordes divines, il vint au nom du Très-Haut demander a Marie de consentir a devenir la mère virginale du Rédempteur ; 1'archange reporta au ciel le flat de l’humble vierge de Nazareth, et le Verbe se fit chair !... Mais la mission de Gabriel n'était pas terminée. Dieu, disent les saints Pères, 1'avait donne pour ange gardien a la très sainte Vierge ; il accompagna donc Marie dans les jours de son pèlerinage, préservant la sainte Famille de tout danger et la consolant dans ses peines.

 

Extrait de ; LECTURES   MEDITEES  (1933)

 

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