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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 03:02

 

Permettez-moi,   ô   Jésus,   mon   père   et  mon   maître, de vous ouvrir tout mon coeur pour vous montrer à nu toutes ses plaies, et verser dans votre sein, mes gémissements  et mes prières.

 

N'êtes-vous pas le médecin de ceux qui souffrent, la voie de ceux qui commencent, la force des faibles, le docteur des ignorants, le consolateur de ceux qui versent des lar­mes, le soutien de ceux qui combattent ?

 

Écoutez-moi, mon Dieu ! Comme David je viens vous avouer mes méfaits. J'ai beaucoup péché dans les jours que vous m'avez donnés, et beaucoup de mes offenses, faiblement pleurées autrefois, se sont déjà perdus dans mon oubli sans que je songe à les pleurer encore ; et beaucoup de celles que je commets tous les jours ne sont suivis d'aucuns gémissements.

 

Mon Dieu, que d'affreuses ténèbres en moi, et à l'égard des péchés de ma jeunesse, et à l'égard de ma pénitence, et jus­que dans le calme apparent de mon âme !

 

Mon Dieu, souvent aussi le courage me manque sur la route. Il n'y a en moi, malgré toutes vos grâces, que des velléités, des inconstances, des lâchetés et de tristes misères. J'avance bien dans la vie, mais je n'avance pas dans votre amour. Vous usez envers moi d'une patience continuelle, et moi j'abuse tous les jours de vos longanimités, et tous les jours j'accrois mes fautes sans les pleurer.

 

Oh ! Quand deviendrai-je meilleure, ô mon Dieu ? Quand ré­formerai-je entièrement ma vie ? Quand mon âme sera-t-elle parfaitement guérie ? Quand serai-je victorieuse de tous mes penchants mauvais ? Seigneur, pourrai-je ressusciter enfin à une vie nouvelle ?

 

Mon Dieu, qui ne voulez pas que je me perde, donnez-moi donc l'appui de votre grâce spéciale et favorisez-moi du regard de votre miséricorde !

 

Donnez-moi, mon Dieu, l'esprit de ferveur, car je sens que ma prière languit et s'ar­rête sans pouvoir retrouver le chemin du ciel. Oh ! Donnez-moi souvent ces larmes qui fécondent la terre aride et lui font porter des fruits de bénédiction !

Que les jours de cet exil sont donc mauvais ! Oh ! Quand passerai-je enfin des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie et du danger de vous perdre à la certitude de vous possé­der toujours ?

 

Oui, je veux tout vous dire, ô mon Dieu ! Pourquoi, lors­que je vous sens en moi si vivant, me retrouve-je bien­tôt après dans la solitude sans que je puisse même soup­çonner votre départ ?

 

Pourquoi agissez-vous ainsi, ô mon Dieu, envers une servante si faible, si dénuée de vaillance, et qui n'a encore que des offenses à placer à vos pieds ?

 

Quand donc, ô mon Dieu, dirai-je un éternel adieu à toutes les créatures ! Quand me détacherai-je parfaitement de toutes les frivolités d'ici-bas! Quand mon âme sera-t-elle dans un dépouillement parfait, et décidément uni à vous seule !

 

Oh ! Lorsque vous la visitez, cette âme, ô mon Dieu, comme alors elle est ravie des biens que vous lui donnez ! Mais souvent, vous vous retirez et alors je gémis comme accablée sous le poids de mon infortune ! Que de maux viennent m'attrister, me distraire de votre souvenir et me priver de vos douces caresses ! Si je vous aimais davantage, mon Dieu, si mon pauvre cœur n'avait pas toujours à rompre quelques liens qui l'attachent aux créatures, oh ! Alors, je jouirais constamment de votre amour, je ne ver­rais, je n'aimerais, je n'ambitionnerais que vous seul.

 

Ce ne serait plus moi qui vivrais, ce serait vous, ô mon Dieu ! Vous dans la demeure de Bethléem, vous sur la route du Calvaire, vous sur la croix, comme dans les joies du Thabor.

 

Eh ! Qui t'empêche donc, ô mon âme, de tout abandonner pour Jésus et de l'aimer enfin uniquement et lui seul ?

 

Mon Dieu, que cela soit ! Mon âme le désire si vivement !  Elle vous le demande si instamment! Ayez donc pitié de ses faiblesses, pardonnez-lui ses lâchetés et unissez-la si étroitement à vous qu'elle ne puisse plus jamais vous quitter !

 

FÊTE DU JOUR: le 23 avril

Saint Georges, martyr.

 

dans sa jeunesse, Georges embrassa la carrière militaire et gagna la faveur de Dioclétien qui le nomma tribun.

 

Toutefois, lorsque l'Empereur eut commencé sa persécu­tion contre les chrétiens, Georges lui reprocha ouvertement et sévèrement sa cruauté et se démit de son grade.

 

Ce fut pour lui le commencement de longs tourments qui ne ces­sèrent que par sa mort sous la hache du bourreau qui le décapita. Il y avait dans la fière allégresse de Georges au mi­lieu des supplices quelque chose de si noble et de si communicatif, que tous les chrétiens considérèrent le triomphe du jeune soldat comme le triomphe du courage chrétien dont la gloire rejaillissait sur chacun d'eux.

 

Plus tard, saint Georges devint comme le type du chrétien victorieux dans les combats contre le démon ; on le représenta terrassant le dragon infernal ; son martyre fut le thème favori des chants guerriers et des légendes des camps, et tant de renommée forma autour de lui « une ombre si glorieuse » qu'on peut à peine maintenant retracer sa véritable physionomie. Saint Georges reçut un culte d'honneur en dehors même de la chrétienté. Les Sarrasins, dans leurs invasions sur les terres chrétiennes, s'étaient engagés à respecter l'image de celui qu'ils nommaient le blanc chevalier.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 16:39

 

COMMENT SŒUR MARIE-MARTHE SUT RÉPONDRE AUX DÉSIRS DE JÉSUS

 

Remuée jusqu'aux plus intimes profondeurs de son être par de semblables révélations, notre chère Sœur s'en laissait imprégner tout entière.

 

Elle était éprise d'un tel amour pour les Plaies adorables du Sauveur, qu'il lui semblait « qu'elle allait les dévorer ». Son plus ardent désir était de susciter dans l'univers les sentiments d'amour et de recon­naissance qu'elles doivent inspirer, prête à donner sa vie pour l'extension d'un culte qu'elle voulait immense, passionné, sans limite !

 

Si, d'ailleurs, son ardeur se ralentissait, si les invocations se pressaient moins nombreuses sur ses lèvres, Jésus ne tardait pas à se présenter à elle dans l'état pitoyable où l'ont réduit nos iniquités et, montrant ses Plaies, lui faisait d'amoureux reproches : « Elles te regardent toujours, quand même tu les oublies, toi, qui devrais toujours les regarder...Tu dois t'appliquer à guérir mes blessures en contemplant mes Plaies. — Je te les ai déjà fait voir si souvent que cela devrait te suffire, mais non, il faut toujours que Je réveille ta ferveur. »

 

Ou encore : « Les inventions des bourreaux pour me faire souffrir, c'est moi qui les voulais. Je les voulais par amour pour vous et pour satisfaire à mon Père : tout se faisait par ma volonté !... — A présent, ma fille, je te ferai souffrir aussi, parce que je le veux. — Je désire et je veux que tu me dédommages des outrages que je reçois !... — Je te veux victime debout...Il faut élever vos cœurs et vous jeter dans mes Plaies. »

 

Se présentant à elle comme dans un tableau : « Il faut me copier », — suppliait-Il un jour, avec un accent d'indicible tendresse et d'ardent désir, — « il faut me copier !... Les peintres font des portraits à peu près conformes à l'original, mais ici, c'est Moi qui suis peintre et qui fais mon image en vous, si vous me regardez. »

 

Revenant sur cette même invitation, notre divin Sauveur lui enseignait un autre jour : « Ma fille, quand un peintre veut faire un tableau, il prépare d'abord la toile qui doit recevoir son pinceau. » — « Bon Maître, je ne sais pas ce que cela veut dire ? » interrogea-t-elle dans son extrême ignorance. Et Jésus dut expliquer que son âme était cette toile d'attente : « Ma fille, prépare-toi à recevoir tous les coups de pinceau que je voudrais te donner. »

 

Quelque temps plus tard, Il lui demandait : « Ma « fille, veux-tu être crucifiée avec moi, ou bien veux-tu être glorifiée ? » — « Ah ! Mon bon Jésus, j'aime mieux être crucifiée !... »

 

A ces mots Sœur Marie Marthe fut soudainement envahie par une grande appréhension et se mit à énumérer ses nombreux défauts, comme un obstacle aux grâces de Dieu : « Tes défauts, répliqua son tendre Maître, paraîtront tous au jour du Jugement, mais pour ta gloire !... Je reçois toutes tes actions et tes souffrances pour les pécheurs et pour les âmes du Purgatoire, mais il faut que tu demeures collée à mon Cœur, à mes Plaies, ne faisant qu'un avec moi... — Il ne faut  pas sortir de mon Cœur, car je ne pourrais plus me communiquer à toi. »

 

« Bon Maître, faites-moi le catéchisme», demanda-t-elle une fois, avec sa candeur et sa hardiesse d'enfant : « Viens dans ta demeure, mon épouse, » répond Jésus en lui montrant ses Plaies, viens « dans ta demeure : là tu trouveras tout !... Je serai ton prédicateur et je t'apprendrai à t'immoler pour moi et pour le prochain.

 

« Le Crucifix, voilà ton livre !... Toute la vraie science est dans l'étude de mes Plaies. Quand toutes mes créatures les étudieraient, toutes y trouveraient assez de lumières sans avoir besoin d'aucun livre. — Le livre de ma Passion est celui où tous mes Saints lisent et liront éternellement : c'est le seul que vous devez affectionner. »

 

« Quand vous puisez dans mes Plaies, lui confie encore Notre-Seigneur, vous soulagez le divin « Crucifié ! » — Puis s'adressant à saint François de Sales et lui montrant sa petite Privilégiée : « Voilà ton fruit ! Une de tes filles qui puise dans les trous sacrés pour donner aux âmes et apaiser ma Justice.

 

Notre Sœur, dévorée qu'elle était de l'amour de Dieu, profite de cet instant pour demander à notre bienheureux Père de lui obtenir d'aller bientôt, dans la Patrie, jouir du Bien souverain. Mais il répondit à ses supplications : « Ma fille, il faut faire ta tâche !...Nul ne peut entrer au Ciel avant d'avoir accompli sa tâche ici- bas. — Si tu venais ici, en voyant que ta tâche n'est pas faite, tu voudrais retourner sur la terre pour l'achever, considérant la gloire rendue au divin Maître, et combien tu apaises la Justice de Dieu si fort irritée... »

 

Ainsi, Sœur Marie Marthe était constamment soutenue, encouragée dans « sa tâche », selon l'expression qui revient sans cesse sur ses lèvres. Cette tâche, nous l'avons vu, c'était, en premier lieu, de faire valoir continuellement les mérites des saintes Plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour les besoins de l'Église militante et de l'Église souf­frante.

 

C'était ensuite de travailler à renouveler, dans les limites du possible, cette salutaire dévotion dans le monde entier.

 

La première partie la regardait personnellement : Notre-Seigneur l'y avait engagée par des promesses solennelles, anciennes déjà et rédigées par la main maternelle :

 

« Je, Sœur Marie Marthe Chambon, promets à Notre-Seigneur Jésus-Christ de m'offrir tous les matins à Dieu le Père, en union avec les divines Plaies de Jésus Crucifié, pour le salut du monde entier et pour le bien et la perfection de ma Communauté. — Je l'adorerai dans tous les cœurs qui le reçoivent dans la Sainte Eucharistie... Je le remercierai de ce qu'il veut bien venir dans tant de cœurs qui sont si peu préparés... — Je promets à Notre-Seigneur d'offrir toutes les dix minutes, avec le secours de sa grâce et en esprit d'obéissance, les divines Plaies de son Sacré Corps au Père Éternel..., d'unir toutes mes actions à ses saintes Plaies, selon les intentions de son Cœur adorable, pour le triomphe de la sainte Église, pour les pécheurs et les âmes du Purgatoire, pour tous les besoins de ma Communauté, ceux du Noviciat, du Pensionnat, et en expiation de toutes les fautes qui s'y commettent... Tout ceci, par amour, sans obligation de pécher.

 

L'invocation : « Père Éternel, je vous offre les Plaies de Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour guérir celles de nos âmes », telle est la formule de cette offrande...

 

Sœur Marie Marthe avait promis « toutes les dix minutes », mais il ne se passait guère de moment dans la journée, où sa bouche ne la renouvelât, en y joignant la seconde invocation : « Mon Jésus, pardon et miséricorde, par les mérites de vos saintes Plaies. »

 

L'existence de notre chère Sœur devint ainsi une prière ininterrompue : L'union à Dieu, un silencieux recueillement se lisaient sur sa physionomie. En la voyant, on était frappé de ses yeux presque tou­jours fermés, de ses lèvres murmurant sans cesse une prière. Au chœur surtout, elle se perdait vrai­ment en Celui qui daignait se montrer aux yeux de son âme, comme un Père et un Ami.

 

Quant à la seconde partie de la « tâche », celle de réveiller dans les âmes la dévotion aux saintes Plaies, elle ne dépendait pas uniquement de la générosité héroïque de Sœur Marie Marthe...

 

Notre-Seigneur avait pris soin de lui en laisser entrevoir les longueurs et les difficultés : « Ton chemin, c'est de me faire connaître et aimer surtout dans l'avenir.

 

« Il faudra longtemps pour établir cette dévotion. »

 

Le voile de l'avenir semble bien s'être levé par­tiellement devant le regard de Sœur Marie Marthe dans une sorte de vision dont notre T. H. Mère Thérèse Eugénie Revel déplore, avec un sensible regret, l'obscurité : « Nous n'avons pu en savoir davantage sur la fin de cette vision et sur sa signification.* » * C'était le 29 août 1868. A cette époque, remarquons-le en passant, une Œuvre, commencée en 1843, poursuivait à Lyon ses progrès. Elle fut élevée au rang d'Archiconfrérie en 1875. C'est l'Archiconfrérie des Cinq Plaies, dont le siège était rue de l'Enfance, 65, Lyon.

 

 Sans entrer nous-mêmes dans le détail de ce récit, sans chercher une interprétation qui ne pourrait être que personnelle et, sans doute, fantaisiste, constatons simplement les faits réels :

 

Sœur Marie Marthe avait, avec l'aide de ses Supérieures, introduit la dévotion aux saintes Plaies dans la Communauté : c'était un premier pas.

 

De nombreux Monastères ont suivi cet exemple et adopté la dévotion : c'est un second pas.

 

La concession de 300 jours d'indulgence en faveur de toutes les Visitations du monde est un troisième pas.

 

Le quatrième pas date de la publication de cette brochure. Il se poursuit magnifiquement :la lecture des grâces accordées à notre Sœur, la bienfaisante influence des paroles de Jésus concernant sa sainte et amoureuse Passion, le zèle des âmes religieuses et de tant de cœurs dévoués, les hauts encou­ragements reçus... ont provoqué un renouveau d'amour envers le divin Crucifié, si bien qu'à travers le monde entier se multiplient les confiantes invo­cations aux saintes Plaies.

 

(À suivre)

 

Extrait de : Soeur Marie Marthe Chambon de la Visitation Sainte-Marie de  Chambéry.  Monastère de la Visitation.  1937

 

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 02:23

 

1. «Consacrez à Dieu les prémices de votre journée, dit saint Jean Climaque : car elle sera tout entière à celui qui en aura pris possession le premier ».

 

Si, dès notre réveil, nous nous donnons à Dieu de tout notre cœur, il nous sera facile de nous conserver tout le jour dans cette disposition.

 

 Que notre première pensée, notre pre­mière parole, notre première action, nos premiers sentiments, soient pour Dieu : notre première pensée, en nous le re­présentant à côté de nous : n'a-t-il pas veillé sur nous pen­dant la nuit et ne nous offre-t-il pas son assistance pour tout le jour ? Notre première parole, en prononçant les noms de Jésus, Marie, Joseph ; notre première action, en faisant le signe de croix ; nos premiers sentiments, en lui rendant nos devoirs d'adoration, d'amour, de reconnaissance, et lui offrant toute notre journée avec l'intention de ne vivre que pour lui en Jésus-Christ.

 

L'âme qui sera ainsi une fois bien établie en ces saintes dispositions aura une grande facilité à s'y maintenir. Si, au contraire, nous commençons la journée dans la dissipation, l'oubli de Dieu, la recherche de nos aises, l'amour de nos caprices et de nos fantaisies, l'oisiveté, la lâcheté, il nous sera bien difficile de changer ces mauvaises dispositions.

 

Et pourquoi donc refuserions-nous à Dieu les prémices de la journée, que nous savons lui être spécialement chères ? Ce serait une injustice, puisque ces premiers moments lui appartiennent ; ce serait une ingratitude, après le bienfait de notre conservation pendant la nuit ; ce serait un aveuglement, puisque de cette première action dépendent toutes les au­tres, et qu'ainsi il y va de nos plus grands intérêts de la bien faire. Avons-nous jusqu'à présent réfléchi sérieusement sur l'importance de sanctifier le lever ?

 

2. — Trois vertus doivent sanctifier cette première action de la journée: l'obéissance, la modestie et la religion, l'obéissance veut que nous nous levions à l'heure précise de notre règlement, sans rien accorder ni à la paresse ni à la rêverie, et que nous mettions le moins de temps possible à nous vêtir : car c'est gaspiller le temps que d'employer cette action plus que les moments strictement nécessaires.

 

La modestie veut, de son côté, que nous évitions la moindre indécence en nous habillant, la recherche dans la mise, la délicatesse dans les soins du corps, l'affectation d'excessive propreté.

 

Enfin, la religion doit occuper notre intérieur (le pieuses et saintes pensées : « Vous garderez mes paroles dans votre cœur, dit Dieu à son peuple, et vous les méditerez à votre lever ». C'est le moment de nous appliquer à faire toutes nos actions en union avec Jésus-Christ et sous son regard.

 

3. — L'acte du coucher ne demande pas moins de vigi­lance. Il faut d'abord se coucher à l'heure fixe, sans écouter le caprice qui voudrait avancer ou retarder cette action. Il finit ensuite se bien souvenir que la modestie exige qu'on se déshabille décemment, ne se découvrant que dans la mesure du nécessaire, par respect pour les regards de Dieu fixés sur nous ; qu'on se couche de même et qu'on se tienne au lit dans une posture qui atteste également le respect pour Dieu et pour l'ange gardien qui nous voient.

 

La re­ligion demande, de son côté, qu'on ne se couche jamais sans avoir fait la prière du soir avec l'examen de conscience, suivi d'un acte de contrition ; elle souhaite qu'on prenne de l'eau bénite et qu'on en jette sur le lit pour éloigner le démon pendant la nuit ; qu'étant couchés, notre der­nière action soit le signe de la croix ; nos dernières paroles, les noms de Jésus, Marie, Joseph ; et qu'après cela, nous nous abandonnions entre les bras de Jésus, pour nous endormir sur son sein et prendre en lui notre repos. Avons-nous ob­servé ces règles ?

 

4. — Enfin, il y a certaines dispositions intérieures à gar­der pour faire saintement l'action du coucher.

 

En nous déshabillant, désirer vivement nous dépouiller de nous-mêmes et de toutes nos attaches, et nous considérer comme indignes d'avoir un vêtement, après avoir perdu celui de l'innocence.

 

En nous couchant, honorer Notre-Seigneur, qui a fait cette même action, et rendre hommage au mystère de sa mort et de sa sépulture ; regarder notre lit comme notre sépulcre, nos draps comme notre suaire, le sommeil comme l'image de la mort, et entrer en con­séquence dans les sentiments où nous voudrions être à notre dernier soupir, accepter la mort avec l'état de corruption qui la suivra, et désirer que le monde nous oublie comme on oublie les morts.

 

 Étant au lit, offrir notre repos à Dieu en l'honneur du repos de Jésus-Christ pendant qu'il était sur la terre, et plus encore en l'honneur du repos éternel que le Père céleste prend en lui-même, en son Fils, en la très sainte Vierge et en tous les saints; puis, entrer dans l'aban­don que Notre-Seigneur fit de son âme à son Père, et dire en nous endormant ce qu'il dit en mourant :

 

 « Mon Père, je remets mon âme entre vos mains » ; après quoi, tâcher de nous endormir en quelque bonne pensée, afin que nous n'en ayons que de bonnes en nous éveillant, et que notre sommeil même soit une prière devant Dieu.

 

C'est encore une excellente pratique d'avoir notre chapelet enroulé à notre main droite et de nous endormir en le récitant.

 

Observons bien ces petites industries spirituelles ; elles nous préserveront de tentations dangereuses ou nous ob­tiendront la force de les vaincre.

 

22 avril  FÊTE DU JOUR:

Saint  Epipode et saint Alexandre, martyrs.

 

Épipode et Alexandre subirent le martyre à Lyon, dans l'année qui suivit la grande persécution qui désola l'Église de cette cité. Tous deux étaient jeunes ; ils avaient passé ensemble leur enfance et avaient vécu dans une gran­ité pureté de mœurs. Le chrétien qui raconte leur martyre voit dans cette innocence le véritable motif de leur mort et de leur gloire, car, dit-il, ils avaient vécu en hommes dignes d'être offerts un jour comme victimes au Seigneur.

 

Épipode et Alexandre s'étaient réfugiés, pour fuir la rage des persécuteurs, dans un petit hameau à quelque distance de Lyon. Ils y furent néanmoins découverts et soumis à la torture.

 

Épipode, le plus jeune des deux, fut jugé seul, afin que personne ne pût soutenir sa faiblesse. Frappé jusqu'à ce qu'il vomît le sang par la bouche, étendu sur le chevalet tandis qu'on lui tordait les chairs avec des tenailles rougies au feu, il ne cessait de répéter au milieu des tourments : «Je confesse que Jésus-Christ est Dieu, avec le Père et le Saint-Esprit. Je ne perds pas ma vie, je la change en une vie meilleure ». Saint Épipode consomma son martyre par le glaive, qui lui trancha la tête.

 

Alexandre entra dans la voie douloureuse de son martyre avec d'autant plus de courage que son frère avait déjà conquis le ciel. Il fut cloué à une croix, et mourut sur l'instrument de notre rédemption, en invoquant Jésus-Christ jusqu'au dernier soupir.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES  (1933)

 

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 06:27

 

Très Sainte et Adorable Trinité, notre Mère la sainte Église souffre sa cruelle PASSION à cause de  nos PÉCHÉS.

  

La tiédeur des chrétiens et  les machinations de ses ennemis l'ont réduite aux  dernières  extrémités: "le Sacrifice Perpétuel  est  interdit, la Religion renversée, l'Église éclipsée" Cette prédiction de « La Salette 1856 » est devenue une réalité, depuis Vatican 2, par  permission divine, pour nous châtier. 

 

Nous savons que nous vivons présentement la fin des temps, et que la véritable Église souffre présentement sa passion et tout ce qui s’en suit, pour devenir Elle aussi co-rédemptrice, comme le fut la Sainte Vierge Marie.

 

Père Éternel, nous vous offrons les plaies de N.S.J.-C. et son Sang précieux pour votre Sainte Église et son chef légitimes.

 

Si vous ne voulez pas châtier les rebelles  Seigneur, à cause de votre grande miséricorde, par pitié pour nous, INTERVENEZ en donnant force  et  puissance au  Pape,  ce Christ  visible  que  l'Église universelle  attend  pour parvenir à sa victoire final  et redevenir, Une, Sainte, Catholique et Apostolique !

 

Très Sainte et Adorable Trinité, par votre toute puissance, conservez nous, le Pape PAUL VI en bonne santé, faites que, lorsqu’il réapparaîtra, l'éclat de la vérité chasse les ténèbres mortelles ! Que son  Successeur, consacre la Russie au Cœur Immaculée de Marie et que le Saint Pape  annoncés  par  Vos  Prophètes  lui succèdent  et  fassent  triompher votre sainte Église !   Et que tous trois reçoivent dès maintenant Votre force, Votre soutien, et Votre Sainte Protection.


 AINSI   SOIT- IL.


 « Autant de fois, au souvenir de Ma Passion, l’homme gémit du fond de son cœur, autant de fois il semble appliquer une rose fraîche sur Mes plaies, et il en part pour atteindre son âme un trait d’amour qui lui fait une marque de salut. » (Ire part., ch. XVI.)  (Sainte Mechtilde)

 

 

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 06:24

LES SAINTES PLAIES ET LES AMES RELIGIEUSES

 

« Dans la Maison de Dieu, il faut vivre unies à mes Plaies, dit le Sauveur. — « Vos vœux sortent de mes Plaies !... »

 

Un jour, Sœur Marie Marthe étant au Chemin de la Croix et arrivant à la dixième station, Jésus fait comprendre à son épouse le mérite de son dépouillement en regard du vœu de pauvreté, lui demandant d'offrir les saintes  Plaies — « pour celles de ses épouses qui ont besoin de dépouillement, afin qu'elles sachent le revêtir par une pratique plus exacte du vœu de pauvreté ».

 

Puis, au Crucifiement, Il ajoute — « qu'étant vouées à Lui, nous devions être clouées à la Croix avec Lui...,lorsque nous suivons notre propre volonté, nous nous déclarons ennemis de la Croix...  il faut vous laisser gouverner par votre Supérieure, comme Moi, tendant les mains, je me suis laissé attacher à la Croix. »

 

Il lui demande encore de prier — « pour celles qui voudraient se déclouer de la Croix, en manquant à l'obéissance... »

 

« Ma fille, redit-Il une autre fois, regarde ma couronne, et tu verras la mortification, — mes mains étendues, et tu apprendras l'obéissance, — tu comprendras la pauvreté en me voyant tout nu sur la Croix, — la pureté en Celui que tu adores et qui est si pur !... »

 

Il lui enseigne que les âmes religieuses sont aussi des âmes vouées à la souffrance : « Je voudrais voir toutes mes épouses des Crucifix !...

 

« Ne faut-il pas que l'épouse ressemble à son Époux ? Déclare Celui que la sainte Amante des Cantiques dépeint ainsi : « Mon Bien-Aimé est blanc et vermeil. »

 

« Je te donnerai des souffrances pour toute la  journée, lui promet-Il, afin que tu ailles plus souvent aux Sources heureuses de mes divines Plaies. Je veux que tu sois crucifiée avec Moi ; je le veux de toutes manières... — A mesure que tu diras: oui, je te crucifierai davantage.

 

« Ma fille, regarde ma couronne ! Je n'ai pas dit : elle me fait trop souffrir — je l'ai acceptée de mon Père, pour vous !

 

«Regarde mes mains ! Je n'ai pas dit : Je ne les donne pas, cela me fera trop souffrir ! et de même pour mes pieds. »

 

Puis, Jésus montre à sa servante sa chair sacrée, déchirée, en lambeaux : « Partout tu trouveras des Plaies en ton Époux ! — Je veux que tu sois ainsi ! — Contemple-Moi sur la Croix : lorsque  j’y étais, je ne regardais ni les bourreaux ni leurs outrages..., je regardais mon Père. — Il faut ainsi accomplir votre devoir, en faisant ce que je veux, sans autre regard vers la créature..., comme Moi je regardais mon Père uniquement ! »

 

Un autre jour, lui apparaissant sur la Croix tout décharné, n'ayant que la peau sur les os, ce tendre Maître s'écrie : « Voilà, ma fille, où doivent passer ceux que je me suis choisis et qui veulent arriver à la gloire, — non pas ceux qui lèvent la tête. — Ma Mère a passé par ce chemin... Il est bien rude pour ceux qui vont par force et sans amour ; mais doux et consolant est le chemin des âmes qui portent leur croix avec générosité. — « Il faut que les épouses de Jésus Crucifié souffrent...  Je n'ai plus que mes épouses pour me dédommager. »

 

Dans un autre entretien, Jésus dit encore : « Ma fille, il faut bien aimer le Crucifix et vous crucifier pour aimer Jésus, afin de pouvoir mourir comme Jésus et ressusciter dans la vie comme Lui.

 

« Je renouvelle maintenant les grâces de ma Passion...c'est à vous d'en répandre le bénéfice sur le monde entier. »

 

(À suivre)

 

Extrait de : Soeur Marie Marthe Chambon de la Visitation Sainte-Marie de  Chambéry.  Monastère de la Visitation.  1937

 

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 06:09

 

LES PÉCHEURS

 

Une fois que la Communauté se fut pliée aux demandes de Notre-Seigneur sur ces deux points, Jésus ne cessa pas pour autant ses appels.

 

 Il se fit même de plus en plus pressant à présenter ses Plaies comme sources de grâces pour les pécheurs, et comme leçons éloquentes pour les âmes religieuses :

 

« Il y a bien longtemps, — c'est toujours Jésus qui parle, — que je désire vous voir distribuer les fruits de ma Rédemption ! Vous faites maintenant ce que je veux pour le salut du monde.  A chaque mot que vous prononcez du chapelet de la miséricorde, je laisse tomber une goutte de mon Sang sur l'âme d'un pécheur.

 

« Les hommes foulent aux pieds mon Sang, je veux que vous, mes épouses, vous m'aimiez et travailliez pour mon amour.

 

« Si, avec toutes les richesses dont mes Plaies sont remplies pour vous, vous n'en profitiez pas, vous seriez bien coupables...

 

« — Les âmes qui ne vénèrent pas mes saintes Plaies, et qui, au contraire, les ridiculisent, — ces âmes-là, je les rejette.

 

« Les pécheurs méprisent le Crucifix : je prends patience, mais un jour viendra où je me vengerai.

 

« Viens avec ton cœur, mon épouse, viens avec ton cœur bien vide, parce que Moi, j'ai de quoi le remplir : viens à la conquête des âmes. »

 

Et lui faisant voir dans le monde une quantité de pécheurs : « Je te les montre, afin que tu ne perdes point de temps. »

 

En temps de Carême ou de Retraites, la vision de Jésus souffrant durait parfois des journées entières :

 

« Ma fille, j'ai autant souffert pour une seule âme, que pour toutes ensemble... La Rédemption a été abondante !  Et le Sang rédempteur coulait à flots des blessures adorables, et Jésus murmurait avec amour : « C'est le Sang de ton Époux !... de ton Père !... C'est pour vos âmes qu'il a été versé ! — Il n'y a que Moi qui puisse verser ainsi ce Sang divin !... — Ma fille, je suis ton Époux ! Je suis tout à toi pour les âmes !... »

 

Quelquefois, elle voyait la Justice de Dieu irritée, prête à s'appesantir sur le monde : « Ne me prie pas, je veux punir, disait le Christ dans son indignation. « Le monde, pour être régénéré, aurait besoin, d'une  seconde rédemption. ».

 

Le Père Éternel, interve­nant, déclarait : « Je ne puis donner mon Fils une seconde fois. » Mais notre Sœur comprenait que, par l'offrande réitérée des saintes Plaies, nous pouvions opérer cette rédemption. — A mesure qu'elle les offrait, elle voyait la colère divine se changer en une douceur de grâce qui se répan­daient sur le monde.

 

« Ma fille, — disait une autre fois le Seigneur Jésus, — il faut remporter la palme de la victoire : elle vient de ma sainte Passion... «Au Calvaire, la victoire paraissait impossible, et cependant, c'est de là que mon triomphe a éclaté. — je désire, constamment que vous profitiez de ma Rédemption par la correspondance à mes grâces que tant d'hommes méprisent... »

 

Notre-Seigneur l'épouvanta en lui donnant une vue de sa Justice excitée par les péchés des hommes... Alors, tout éperdue, elle s'écria, en s'humiliant profondément : « Mon Dieu, ne regardez pas notre misère, mais regardez votre miséricorde. »

 

Et elle recommençait à apaiser le Sauveur par les invocations multipliées aux saintes Plaies.

 

«Offre-les moi souvent pour me gagner des pécheurs, encourageait le bon Maître, car j'ai faim des âmes !... »

 

(À suivre)

 

Extrait de : Soeur Marie Marthe Chambon de la Visitation Sainte-Marie de  Chambéry.  Monastère de la Visitation.  1937

 

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 07:58

 

DEMANDES DE NOTRE-SEIGNEUR

 

En échange de tant de grâces exceptionnelles, Jésus ne demandait à la Communauté que deux pratiques dont nous allons dire un mot rapidement : l'Heure sainte et le Rosaire des saintes Plaies.

 

A l'époque du choléra qui, en 1867, fit tant de victimes dans la région chambérienne, Nôtre Seigneur témoigna le désir que, tous les vendredis, l'Heure sainte fût faite par cinq Sœurs dont chacune serait chargé d'honorer une de ses Plaies.

 

La Très Sainte Vierge unit sa demande à la demande de son divin Fils, par ces paroles où perce un douloureux regret :

 

« Il n'y a aucune Maison sur la terre où les saintes Plaies de Jésus soient honorées tout particulièrement le vendredi soir... Il faut pendant cette heure contempler ces saintes ouvertures et vous y enfoncer. »

 

Elle apprend à l'heureuse privilégiée comment devrait s'accomplir ce pieux exercice : « Ma fille, lui dit-elle, la première fois que j'ai contemplé  les Plaies de mon cher Fils, c'est lorsque son très saint Corps fut déposé entre mes bras. J'ai médité ses douleurs et j'ai tâché de les faire passer dans mon cœur... J'ai regardé ses pieds divins l'un après l'autre..., de là je suis allée à son Cœur, où j'ai vu cette grande ouverture, la plus profonde pour mon Cœur de Mère..., j'ai contemplé la main gauche, puis la droite, et ensuite la couronne d'épines. Toutes ces Plaies me perçaient le cœur!... Voilà ma Passion à Moi !... — Sept glaives sont en mon cœur, et c'est par mon cœur qu'il faut honorer les Plaies sacrées de mon divin Fils !... »

 

Ce fut environ à la même époque (1868-1870) que, pour entrer dans les intentions de Nôtre Seigneur, les Supérieures établirent la récitation quotidienne du « Rosaire des Saintes Plaies ».

 

Voici comment nous avons coutume de réciter ce rosaire :

 

Comme introduction, avant les dizaines, la belle prière inspirée à un prêtre de Rome :

 

« 0 Jésus, divin Rédempteur, soyez-nous miséricordieux pour nous et pour le monde entier. —  r. Amen.

 

« Dieu fort, Dieu saint, Dieu immortel, ayez pitié de nous et de tout le monde. — r. Amen.

 

« Grâce, miséricorde, ô mon Jésus, pendant les dangers présents ; couvrez-nous de votre Sang précieux. — r. Amen.

 

« Père Éternel, faites-nous miséricorde par le Sang de Jésus-Christ votre Fils unique; faites-nous miséricorde, nous vous en conjurons. R. Amen, « amen, amen. »

 

Sur les petits grains :

 

« MON JÉSUS, PARDON ET MISÉRICORDE.

r. PAR LES MÉRITES DE VOS   SAINTES PLAIES. »

 

Sur les gros grains :

 

« FÈRE ÉTERNEL, JE VOUS OFFRE LES PLAIES DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST.

r. POUR GUÉRIR CELLES DE NOS AMES. »

 

Ces deux dernières invocations sont celles qu'avait indiquées Nôtre Seigneur lui-même et auxquelles Il a fait des promesses si belles !

 

En 1912, l'Église les a enrichies de 300 jours d'indulgence chacune en faveur des Religieuses de la Visitation.

 

Ce ne fut pas sans difficulté que les Supérieures purent faire adopter la récitation du Rosaire des saintes Plaies ; de même qu'à Paray, par un zèle extrême de la Règle, on se permit plus d'une réclamation. Et nos Mères, ainsi que la pauvre Converse, en recueillirent bien des souffrances.

 

Mais Notre-Seigneur les encourageait : « Ma fille, les grâces de Dieu ne sont pas données sans qu'il y ait de la difficulté pour accomplir mes volontés... Mais, plus vous rencontrerez d'oppositions et d'obstacles, plus ma grâce sera abondante.

 

« Il ne faut rien craindre, il faut marcher pardessus les obstacles; là est le vrai amour... Celui qui vous tient ne peut être ébranlé : toujours je serai votre défenseur !... mais il faut cette souffrance. »

 

Dieu le Père, tenant une clé à la main, semblait menacer d'un air sévère : « Si vous ne faites pas ce que je veux, je fermerai les Sources et je les donnerai à d'autres. »

 

Avec une fermeté pleine de patience et d'humilité, nos Mères Thérèse Eugénie et Marie Alexis parvin­rent à faire accepter cette pratique, si peu onéreuse du reste. — Jésus les soutint manifestement :

 

Une Sœur, dont la haute intelligence et le solide jugement faisaient autorité dans le Monastère, se trouvait la plus fortement opposée à la nouvelle dévotion. Or, elle vit un jour venir à elle l'humble Converse, chargée d'un message de la part du Maître ; elle s'entendit révéler une chose absolu­ment secrète, qui s'était passée entre elle et Lui, dans l'intime de son âme, chose qu'elle n'avait jamais confiée à personne... et que, dès lors, Sœur Marie Marthe ne pouvait savoir que de Dieu...

 

Devant une telle preuve, la Sœur se rendit loyalement, et voulut réparer son opposition passée en faisant de petites images des saintes Plaies, pour en propager le culte.

 

« La dévotion à mes Plaies est le remède pour ce temps d'iniquité, assurait le Sauveur. C'est Moi qui le veux : il faut faire vos aspirations avec grande ferveur. »

 

« Ma fille, je vois tout, je compte tout. — Dis à ta Mère que, chaque aspiration qu'elle fait, j'en tiens compte. Il faut qu'elle fasse tout ce qu'elle  pourra pour  maintenir le chapelet de la miséricorde.

 

« Je suis content de vous voir honorer mes saintes Plaies : je puis maintenant déverser plus largement les fruits de ma Rédemption.

 

« Il faut que vous, qui connaissez mes volontés, soyez doublement ferventes... Si vous vous relâchiez dans la dévotion à mes Plaies, vous perdriez beaucoup.

 

« Comme il y a une armée dressée pour le mal, il y a aussi une armée dressée pour Moi. — Avec cette prière, vous êtes plus puissante qu'une armée  pour arrêter mes ennemis.

 

« Vous êtes bien heureuses, vous à qui j'ai appris la prière qui me désarme : Mon Jésus, pardon et miséricorde, par les mérites de vos saintes Plaies. « — Les grâces que vous recevez sont des grâces de feu... Elles viennent du Ciel, il faut qu'elles retournent au Ciel...

 

« Dis à ta Supérieure qu'elle sera toujours exaucée pour quelque besoin que ce soit, lorsqu'elle me priera par mes saintes Plaies, en faisant dire le Rosaire de la miséricorde.

 

« Vos Monastères attirent les grâces de Dieu sur les diocèses où ils se trouvent; quand vous offrez à mon Père mes saintes Plaies, je vous regarde comme tendant les mains au Ciel pour avoir des grâces !... — En vérité, cette prière n'est pas de la terre, mais du Ciel !... elle peut tout obtenir !

 

« Il faut le dire à ta Mère, se le rappeler, l'écrire pour l'avenir, afin que vous y ayez recours de préférence. »

 

Les recommandations de Notre-Seigneur n'ont pas été vaines. L'usage s'est maintenu du recours quotidien à cette prière du ciel. Que surgissent de grandes difficultés, des besoins graves, des dangers menaçants, les invocations se font plus nombreuses et plus pressantes...

 

Et après une expérience de cinquante ans, la Communauté peut déclarer qu'elle a toujours eu à se féliciter de sa confiance ! Ce n'est pas que les épreuves nous aient été épargnées, ni que la mort ait espacé ses visites... Loin de là ! Mais l'épreuve elle-même s'adoucit de tant de consolation ! Et les morts sont si douces à l'ombre des saintes Plaies !

 

(À suivre)

 

Extrait de : Soeur Marie Marthe Chambon de la Visitation Sainte-Marie de  Chambéry.  Monastère de la Visitation.  1937

 

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