Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 08:15

La vérité qui est le bien de l'intelligence…

Après avoir rendu à Dieu ses premiers devoirs, alors nous pou­vons chercher à attirer sur nous ses regards, lui exposer nos besoins et lui demander ses grâces. Disons-lui : "  conduisez-moi dans le chemin de la vérité et enseignez-moi. " (Ps. 26) Éclairez mes yeux afin que je ne m'endorme pas dans la mort de l'erreur : Demandons à Dieu la vérité qui est le bien de l'intelligence ; demandons-lui aussi la vertu qui est le bien de notre volonté.

La tâche que nous avons à remplir ici-bas est impossible à nos forces naturelles, affaiblies par le péché. Des ténèbres, ou du moins des nuages obscurcissent souvent notre intelligence ; des affections déréglées se disputent notre cœur ; notre corps lui-même, en proie à de regrettables passions, se révolte contre le joug austère de la vertu.   Comment alors accomplir la, volonté de Dieu ? Comment atteindre le but qu'il nous propose ? Dès l'enfance, l'Eglise nous a bien révélé l'objet, la fin de notre existence : c'est pour connaître Dieu par l'esprit, pour l'aimer de tout notre cœur, pour le servir de toutes nos forces et par là mériter la vie éternelle que nous avons été créés.

Nous le savons, mais, pour atteindre le but, il ne nous suffit pas de le connaître, il nous faut encore la volonté de l'atteindre et la persévérance dans les efforts pour y parvenir; en un mot, il faut faire le bien et fuir le mal, c'est-à-dire, le péché qui est incompatible avec la gloire éternelle, dans laquelle rien de souillé n'entrera jamais ; (Apoc. XXI) faire le bien, c'est-à-dire, les bonnes œuvres qui sont les dispositions pour mériter cette vie éternellement heureuse. (Ps. XIV) Pour fuir le péché il faut résis­ter à toutes les tentations qui nous y portent et qui nous vien­nent de toutes parts. Pour faire le bien il faut remplir tous les devoirs que Dieu nous a imposés comme des moyens nécessai­res afin d'arriver à sa gloire. Or nous ne pouvons rien faire de toutes ces choses sans la grâce de Dieu. (jean XV.)

Cette grâce, il faut la demander à Dieu. C'est pour cela que saint Jean Damascène définissait la vertu : Une demande que nous faisons à Dieu des choses convenables et qui peuvent ser­vir à sa gloire et à notre salut.

Attirons sur nous ses regards par le récit de nos misères, de notre faiblesse, de notre impuissance et de tous les maux qui nous affligent en notre âme et en notre corps ; découvrons-lui tous nos besoins afin qu'il ait pitié de nous et qu'il vienne à notre secours. Entrons dans le détail de tous les biens que nous dési­rons ; adressons-lui nos supplications et nos demandes ; prions-le de venir à notre secours, de nous faire sentir sa miséricorde et ses largesses, de nous assister de ses grâces.

Disons-lui : ô mon Dieu, venez à notre aide,  Seigneur, hâtez-vous de me secourir : il nous tendra sa main toute puis­sante et il nous introduira, nous, déshérités de la vertu, dans le royaume d'ordre et de paix où se repose la conscience victorieuse.

Quand on veut purifier une maison on brûle des matières odo­riférantes qui ont la merveilleuse propriété de répandre des va­peurs parfumées et embaumer les airs. " C'est là l'image de la prière, dit saint Hilaire : parfum divin, elle se répand dans les parties les plus intimes de notre âme et, après l'avoir purifiée, elle la rend plus digne des regards de Dieu. "

Et nous devons parler à Dieu sans crainte, sans embarras, puisqu'il est toujours disposé à nous accueillir avec une extrême bonté, une grande compassion, et qu'il ne manque jamais de se montrer bien disposé à notre égard, quelque coupable que nous puissions être.

La prière est un entretien d'ami, c'est dit saint Grégoire de Nysse, "une conversation, une causerie de l'âme avec Dieu". " La prière, dit sainte Thérèse, est avant tout une affaire d'amitié avec Dieu. Il faut être avec Nôtre-Seigneur comme avec un père et un frère." La prière était déjà considérée comme telle sous la loi de crainte, à cette époque de terreur plutôt que d'amour où l'Eternel se montrait au milieu de la foudre et des tonnerres. Le Seigneur parlait à Moïse face à face, comme un ami a coutume de parler à un ami : (Exode xxxIII). A plus forte raison doit-il en être ainsi sous la loi d'amour où Dieu s'est fait notre ami, notre frère, notre serviteur.

Et cette vérité, les saints nous l'enseignent. Un jour sainte Thérèse va trouver Dieu et lui dit avec l'autorité de l'amour : "Seigneur, vous ne devez pas me refuser cette grâce." Une autre fois, elle se plaint que Dieu semble la délaisser-et elle ajoute : "Comment cela peut-il s'allier avec votre miséricorde ? Comment l'amour que vous avez pour moi peut-il le souffrir ? Non Sei­gneur, cela ne peut se tolérer. " Ailleurs encore, elle cause ainsi avec Dieu, en sollicitant une faveur pour son frère : " Mon Dieu, si vous aviez un frère et qu'il fût en un semblable péril, que ne ferais-je pas pour le délivrer ? Je tenterais, ce me semble, tous les moyens qui sont en mon pouvoir. "

Au reste l'Eglise nous enseigne que la prière, c'est l'entretien d'un enfant avec son père qui l'a créé, qui l'a adopté et dont il est l'image et la ressemblance. Et l'Eglise enseigne cette vérité parce qu'elle la tient de son divin fondateur. N'est-ce pas Jésus lui-même qui nous a enseigné de lever les yeux au ciel et de dire, avec un accent de confiance filiale: "Notre Père qui êtes aux cieux et ailleurs il ajoute : " Quel est le père qui donnera une pierre, à son enfant lorsque celui-ci lui demande du pain ? Tout méchants que vous êtes, vous savez faire le bien à votre famille ; à combien plus forte raison notre Père céleste donnera des bonnes choses à ceux qui les lui demanderont. " (math, VI, 9)

Allons donc à Dieu comme un enfant va à son père ; parlons-lui comme un ami parle à son ami. Comme elle est belle la con­versation de deux amis intimes ; voyez la franchise, la cordialité, la familiarité qui règne entre eux ; ils conversent, c'est-à-dire, qu'ils se versent l'un dans l'autre ; ils se donnent non pas de ces choses communes et vulgaires qu'on prodigue à tout le monde ; ils versent ce qu'il y a de plus caché et de plus précieux dans le cœur. C'est là l'emblème de l'âme qui prie ; elle va à Dieu com­me au meilleur des amis qui veut nous consoler dans nos peines et sécher nos larmes, qui nous admet aux honneurs de sa familiarité et nous confère le droit de nous asseoir au milieu des princes de sa cour. Il sait que son secours est nécessaire à nos progrès dans la vertu, que sans lui nous ne pouvons rien faire et alors il incline sa toute puissance devant l'énergie de nos prières.

Quel bonheur pour la créature de pouvoir ainsi dans la prière converser avec son Créateur et de lui dire ses besoins, ses peines, comme son amour, ses joies et ses espérances ! Comme la vie serait amère si dans cette vallée de larmes, nous ne pouvions pas ouvrir nos âmes au Père céleste qui seul peut les guérir, les con­soler, les fortifier !

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

Partager cet article
Repost0
26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 08:03

Par la prière nous élevons notre âme vers Dieu…                            

La prière est donc une élévation, c'est-à-dire, un acte par le-que nous quittons en quelque sorte la terre pour monter aux cieux afin de nous entretenir avec Dieu. C'est une élévation de notre âme, par conséquent de notre intelligance, de notre volonté, de notre cœur tout ensemble. Et cela pour lui rendre nos devoirs; et le premier est celui de l'adoration pour sa Majesté suprême.

Voyons ce que fait l'inférieur en arrivant auprès de son supé­rieur, ce que fait le pauvre en se présentant au riche. Il com­mence par le saluer très poliment ; puis il lui témoigne son res­pect par son attitude composée et ses paroles pleines d'égards. " Seulement après s'être acquitté de cette dette de civilité, il lui expose son état, lui fait part de ses peines, de son embarras, de son indigence ; il cherche à toucher son cœur par le détail de ses souffrances, et il le fait avec d'autant plus d'expansion qu'il remarque plus de sympathie et un meilleur accueil de la part de celui à qui il s'adresse. Alors seulement il fait appel à sa géné­rosité ; il frappe à la porte de son cœur, en réclamant son secours et son assistance.

C'est ainsi que nous devons agir avec Dieu. Par la prière nous approchons notre Créateur, notre Divin Maître. Celui qui est la source de tous nos biens, de qui nous dépendons en toutes choses, nous devons lui rendre les hommages qui sont dus à ses infinies perfections et à sa souveraine grandeur.

" Venez ; adorons le Seigneur, dit le Prophète royal ; pros­ternons-nous la face contre terre parce qu'il est le seul grand Dieu; il est infiniment grand et digne de louanges." (Ps. 94.) " Et qu'est-ce que l'homme ô mon Dieu, pour que vous daigniez vous souvenir de lui ? " (Ps. 8.) " Les cieux racontent la gloire de Dieu et le firmament publie la beauté de ses œuvres ; le jour l'annonce au jour et la nuit en donne connaissance à la nuit ; le Seigneur a mis sa tente dans le soleil et de là il s'élance comme de sa chambre nuptiale, il se met en route comme le géant pour parcourir sa voie. " (Ps. 18.)

" O mon Dieu, vous visitez la terre, vous l'enivrez de l'effu­sion de vos bontés, vous la comblez de toutes vos richesses.... Continuez ces irrigations bienfaisantes ; multipliez les germes de la terre et elle se réjouira de la rosée féconde que vous lui envoyez ; les lieux déserts s'engraisseront et les collines tressailleront sous leur ceinture verdoyante ; les agneaux se couvriront de laine et les vallées de froment. Et toute créature élèvera sa voix pour chanter un hymne de reconnaissance et d'amour : "  (Ps. 64.)

Après les hommages dans la prière doivent venir les remercie­ments. Adorer Dieu, ce n'est pas assez et fussions-nous prosternés jusqu'à la fin des temps devant sa perfection adorable, il atten­drait encore l'élévation de notre cœur et la prière dont le cœur seul est capable : l'action de grâces.

Notre vie tout entière n'est qu'une chaîne de bienfaits de la part du Créateur. Qui pourrait compter les faveurs dont Dieu nous a comblés et nous comble chaque jour ? Est-il un seul bien dont nos jouissons qui ne vienne de lui ? Est-il un seul mal dont nous avons été préservés qui n'ait été écarté de nous par sa main ? Il nous a aimés de toute éternité alors que nous n'é­tions pas encore. Il a disposé dans l'espace, pour être notre de­meure, ce monde immense, le ciel avec ses astres, la terre avec sa parure de verdure et de fleurs qui se renouvelle sans cesse et ne vieillit jamais. Il a formé notre corps et l'a animé d'un souffle de vie. Il est descendu du ciel pour nous racheter alors que nous étions perdus pour jamais. Il fait croître et mûrir les moissons. Il nous a donné un esprit pour comprendre et un cœur pour aimer, Il nous a fait naître de parents catholiques qui nous ont donné la connaissance et l'amour de Dieu, dès que notre intelligence et notre cœur ont été capables de le connaître et de l'aimer. Que de fois il nous a pardonné nos fautes ! Que de fois il nous a donné ses sacrements ! Que de bienfaits généraux ! Que de bienfaits particuliers ! Que de bienfaits personnels !

La justice veut que l'on remercie celui qui nous donne un verre d'eau fraîche ; quelle reconnaissance elle exige de nous pour tous les bienfaits dont Dieu nous a comblés ! Cette reconnaissance, l'Église nous la demande. " Rendez grâce en toutes choses, nous dit-elle par la bouche de saint Paul, telle est la volonté de Dieu : " (II cor. IX) Et à la messe, avant de commencer cette immolation sacro-sainte dans laquelle se réunissent tous les bienfaits divins, elle s'écrie au nom du peuple chrétien : " Vere dignum etjustum est, cequum et salutare, nos tibi semper et ubique gratias agere. "

Toute la nature bénit le Seigneur : l'oiseau qui vole dans les airs, les fleuves qui se précipitent ; l'océan qui mugit et la créa­tion tout entière est un hymne perpétuel : " Bénédicité omnia opéra Domini Domino. " (DAN. III)

" Toute créature loue et remercie Dieu, dit saint Augustin, celle qui est en repos et celle qui se meut, celle qui habite aux cieux et celle qui demeure sur la terre ; celle qui touche aux con­fins de la vieillesse et celle dont la vie est au printemps. "

Tout être bénit la main de qui il reçoit la vie, la nourriture et le bonheur : quand le soleil verse sa lumière et sa chaleur sur la plante, celle-ci ouvre son calice, et, par un gracieux mouve­ment, elle se dirige vers l'astre du jour comme pour témoigner à sa manière sa joie et sa reconnaissance.

" Les cieux, dit le psalmiste, racontent la gloire de Dieu, le firmament publie les œuvres de ses mains " (Ps. xvliii) " Les montagnes et les vallées, dit le Pro­phète, bénissent le Très Haut ; les océans et les fleuves publient la louange du Créateur. " (dan. III) Le printemps célèbre la beauté et la magnificence de Dieu par sa luxuriante verdure et la multitude de ses fleurs ; l'été proclame la richesse de ses tré­sors immenses par l'abondance de ses moissons ; l'automne ses perfections infinies par la grande variété de ses fruits ; la terre entière par sa fécondité rend hommage aux biens sans nombre que Dieu renferme en lui-même.

Le lion qui mugit dans le désert, l'oiseau qui fait retentir l'air de ses mélodies, chantent un cantique de reconnaissance à celui qui " donne la pâture aux petits des oiseaux qui l'invoquent. " (Ps. 146)

II n'est pas jusqu'au brin d'herbe de la prairie qui ne bénisse à sa manière le Dieu qui, dans sa Providence, lui donne la rosée du ciel avec la chaleur du jour et la fraîcheur de la nuit. " Rien, dit saint Paul, n'est sans voix dans l'univers. " (I cor. XIV)

Si l'homme ne bénissait pas Dieu, ne lui témoignait pas sa gratitude, il serait seul dans la création à se montrer ingrat à l'égard de celui qui lui a donné la vie, la force, l'intelligence, la royauté ; il se montrerait l'être le plus dénaturé parce qu'il est le plus favorisé et qu'il possède le plus magnifique héritage.

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 07:41

CE QU'EST LA PRIÈRE…

La prière est une élévation de notre âme vers Dieu pour lui ren­dre nos hommages, le remercier de ses bienfaits, lui exposer nos besoins et lui demander ses grâces. Il faut bien comprendre le sens de chacune de ces paroles.

D'abord la prière est une élévation de notre âme vers Dieu, un élan de notre cœur vers l'Être souverainement bon et infiniment parfait.

Strictement notre âme n'a pas besoin d'aller loin pour trouver Dieu puisque Dieu est partout et que nous sommes plongés dans l'essence divine comme le poisson dans la mer.   Dieu remplit tout l'univers de sa gloire ; tout est pénétré de sa substance, y nage dans cet océan et respire cette atmosphère infinie dans laquelle la vie ne serait pas possible… Dieu est partout, dans les vallées comme sur les hauteurs, sur la terre et dans les cieux, avec la même gloire essentielle. " Seigneur, disait le Prophète, où irai-je ?  pour me dérober à votre regard ? Si je monte vers les cieux, je vous y trouve ; si je descends au plus profond des enfers, vous y êtes  encore ; si je prends des ailes pour aller aux extrémités de l'Océan, c'est votre main qui me conduit et me protège. " (Ps. 138.)

Mais, depuis la chute originelle, l'âme de l'homme a été com­me enveloppée d'épais nuages et assujettie à tous les désirs, à toutes les convoitises d'une nature dégradée. Les objets exté­rieurs l'attirent, la sollicitent et s'en disputent la possession; la dissipation du monde, les distractions du siècle l'arrêtent dans son essor, l'empêchent de vivre de cette vie divine qui est le but de sa céleste origine. Lorsque cette âme, courbée sous le faix des choses terrestres, veut s'unir à son Dieu, elle est obligée de faire un effort sur elle-même et de secouer ses chaînes ; elle doit s'élever au dessus des créatures afin de les dominer et de s'unir intimement à Celui dont elle a entrevu la beauté souveraine.

La prière est la première de nos grandeurs. Par elle l'homme s'élève jusqu'au ciel : « Il monte jusqu'à Dieu. » La prière, c'est le vol de l'âme vers Dieu ; c'est l'élan du cœur, fatigué des secousses de la vie, qui cherche dans des régions supérieures à ce monde le lieu de son repos ; c'est la faim divine d'un être qui ne trouve aucun aliment sur la terre, le retour de la colombe qui ne sait où mettre le pied et vient demander un abri à l'arche d'où elle est partie.

La prière est la fonction la plus noble, la plus glorieuse que l'homme puisse exercer sur la terre, elle le met en rapport d'in­timité et de faveur exceptionnelle avec tout ce qu'il y a de vrai, de beau, de saint dans l'abîme des perfections infinies ; elle le rend participant de la nature divine, de la vertu du Très Haut, de son amitié, de ses plus tendres épanchements. La prière, c'est Dieu versé en nous, selon la belle pensée de saint Augustin.

Dans les siècles où l'on croyait à l'autorité, où l'on avait pour elle ce culte de respect et d'amour qui était encore la meilleure garantie de l'ordre et du bonheur social, l'histoire nous apprend que les familles les plus riches et les plus puissantes d'un vaste empire étaient au comble de leurs espérances, lorsque leurs enfants pouvaient être admis à la cour, pour y séjourner et servir la famille des princes ; on estimait cette vie la plus honorable et cette faveur était la plus grande que pouvaient ambitionner les classes privilégiées.

Mais Dieu nous fait un honneur plus grand lorsqu'il permet à de pauvres créatures de paraître en sa présence, d'y demeurer toujours, de converser familièrement avec lui et de vivre à sa cour comme les membres de sa famille.

Et cette faveur insigne, Dieu l'accorde à toutes les âmes de bonne volonté. Il n'y a point pour lui de castes privilégiées, ou du moins chacun peut très facilement acquérir les titres de no­blesse qui donnent un droit d'entrée ; ces titres, à la portée de tous, sont la confiance de l'enfant qui aime et la droiture du cœur. Saint Jean Chrysostome dit à ce sujet : " Dans le ciel, il n'y a  pas d'antichambre où se tiennent des soldats pour nous repousser et nous imposer les nombreuses et fatigantes cérémonies de l'éti­quette. Il n'est pas de garde pour nous dire : l'heure de la récep­tion n'est pas encore arrivée ; vous reviendrez plus tard." Ici pas de garde imposante ; point d'étiquette ; ici, les pauvres, les petits, tous ceux que le monde dédaigne et repoussent, peuvent entrer.

Dans ce monde nous regardons comme un grand honneur de parler aux puissances et d'avoir l'oreille   des  rois, mais  quel honneur incomparablement plus grand n'avons-nous pas dans la prière où nous parlons, non pas à une puissance caduque, mais à une puissance éternelle et où nous sommes écoutés avec com­plaisance non pas d'un roi mortel mais du Roi immortel à qui tout obéit au ciel, sur la terre et jusqu'au fond des enfers ! "Qui ne sera pas frappé d'étonnement et d'admiration", dit saint Jean   Chrysostome, à la vue d'une si grande bonté de notre Dieu envers  nous qui le porte à faire à des mortels l'honneur d'entrer en conversation avec lui et de nous permettre de déposer nos vœux au pied de son trône ?

Nous devons donc comprendre l'honneur que Dieu nous fait en nous permettant de l'approcher par la prière. Les anges s'es­timent trop heureux de posséder ce glorieux privilège. Quand on leur demande leur nom, ils répondent : " Je suis une des sen­tinelles du trône de Dieu et toujours je demeure en sa présence. " (saint Luc, 1, 19) Le chrétien quand on lui demande son nom, devrait aussi être en mesure de répondre par la beauté de sa vie et l'habitude de ses relations divines: "Je suis un de ceux qui, mal­gré les ombres ténébreuses de la terre, aiment à se tenir en la pré­sence de Dieu, qui demeurent unis à Celui qu'ils chérissent, et cette vue, cette union sont la gloire et le bonheur de ma vie "

On a. remarqué que certains oiseaux, quand ils veulent célé­brer à leur manière les louanges de Dieu, prennent leur essor, s'élèvent sur leurs ailes, montent avec des cris de joie ; parvenus au terme de leur course, ils s'arrêtent quelques instants comme pour respirer un air plus pur ; et, dans ce moment de jouissances, ils entonnent leur plus beau cantique ; puis, con­tents et joyeux d'avoir payé le tribut de la reconnaissance an Souverain Auteur de toutes choses, ils s'abattent doucement vers, la terre où la main de Dieu les a placés.

L'homme ici-bas doit imiter le vol de l'oiseau ; il doit élever doucement son âme sur les ailes de la miséricorde divine. Arrivé à ces régions où le cœur oublie le monde et voit de nouveaux cieux et de nouvelles terres, il doit demeurer quelque temps dans un saint repos, réunir les forces de son esprit et de son cœur pour redire des hymnes de reconnaissance et d'amour. Puis il descen­dra au milieu de ses frères afin de les aimer et de remplir ses devoirs.

Extrait de : La Prière - Olivier Elzéar Mathieu. Archevêque de Régina   (1925)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

Partager cet article
Repost0
23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 08:46

      LA   DÉVOTION  EST  CONVENABLE  A  TOUTES   LES  VOCATIONS  ET  PROFESSIONS

Dieu commanda, lors de la création, aux plantes de porter leurs fruits, chacune selon son genre : ainsi commande-t-il aux chrétiens, qui sont les plantes vivantes de son Église, qu'ils produi­sent des fruits de dévotion, un chacun selon sa qualité et vocation. La dévo­tion doit être différemment exercée par le gentilhomme, par l'artisan, par le valet, par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée ; et non seu­lement cela, mais il faut accommoder la pratique de la dévotion aux forces.

La Vie Dévote dans les affaires et nos devoirs d’y participer.   Je   vous   prie,   Philothée, serait-il à propos que l'Évêque voulût être  solitaire  comme les  Chartreux ? Et   si   la mariés   ne   voulaient   rien amasser non  plus  que  les  Capucins, si l'artisan était tout le jour à l'église comme le religieux, et le religieux toujours  exposé  à   toutes   sortes   de rencontres pour le service du prochain comme l'Évêque, cette  dévotion  ne serait-elle   pas   ridicule, déréglée et insupportable ? Cette faute néanmoins arrive bien souvent ; et le monde qui ne discerne pas, ou ne veut pas discer­ner, entre la dévotion et l'indiscrétion de ceux qui   pensent    être   dévots, murmure et blâme la dévotion, laquelle ne   peut   mais   de   ces   désordres.

Non, Philothée, la dévotion ne gâte rien quand elle est vraie, ainsi elle per­fectionne tout, et lorsqu'elle se rend contraire à la légitime vocation de quelqu'un, elle est sans doute fausse. « L'abeille », dit Aristote, « tire son miel des fleurs sans les altérer, leur nuire. » les laissant entières et fraîches comme elle les a trouvées ; mais la vraie dévo­tion fait encore mieux, car non seu­lement elle ne gâte nulle sorte de voca­tion ni d'affaires, ainsi au contraire elle les orne et les embellit. Toutes sortes de pierreries jetées dedans le miel en deviennent plus éclatantes,  chacune selon sa couleur, et chacun devient plus agréable en sa vocation la conjoignant à la dévotion : le soin de la famille en est rendu paisible, l'amour du mari et de la femme plus sincère, le service du prince plus fidèle, et toutes sortes d'occupations plus suaves et amiables.

C'est un erreur, ainsi une hérésie, de vouloir bannir la vie dévote de la compagnie des soldats, de la bou­tique des artisans, de la cour des princes, du ménage des gens mariés. Il est vrai, Philothée, que la dévotion purement contemplative, monastique et religieuse ne peut être exercée en ces vocations-là ; mais aussi, outre ces trois sortes de dévotion, il y en a plusieurs autres, propres à perfectionner ceux qui vivent les états séculiers. Abraham, Isaac et Jacob, David, Job, Tobie, Sara, Rébecca et Judith en font foi pour l'Ancien Testament ; et quand au Nouveau, saint Joseph, Lydia et, saint Crépin furent parfai­tement dévots en leurs boutiques ; sainte Anne, sainte Marthe, sainte Monique, Aquila, Priscilla, en leurs ménages ; Cornélius, saint Sébastien, saint Maurice, parmi les armes ; Cons­tantin, Hélène, saint Louis, le bien­heureux Ame, saint Édouard, en leurs trônes. Il est même arrivé que plu­sieurs ont perdu la perfection en la solitude, qui est néanmoins si dési­rable pour la perfection, et l'ont con­servée parmi la multitude, qui semble si peu favorable à la perfection : Loth, dit saint Grégoire, qui fut si chaste en la ville, se souilla en la solitude. Où que nous soyons, nous pouvons et devons aspirer à la vie parfaite.

Extrait de : Introduction à la VIE DÉVOTE.  St-François De Sales. Texte original 1948

Elogofioupiou.over-blog.com

 

Partager cet article
Repost0
21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 07:39

Je suis la lumière du monde…              

« Lumière » était l'un des noms symboliques du Messie. Jésus se l'attribue ouvertement, il y tenait, car il résumait l'essentiel de sa mission à lui « qui était venu illuminer tout homme en ce monde ». Ce qu'il a dit, naguère, il le dit toujours et nous devons docilement l'entendre : 1° Celui qui me suit, 2° Ne marche pas dans les ténèbres, 3° II aura la lumière de vie.

1° Celui qui me suit. — C'est celui qui, selon le mot de saint Bernard, fait partie de « la procession des saints qui d'ici-bas monte là-haut ». Il y a donc à suivre Jésus dès à présent, c'est-.à-dire, s'attacher d'esprit à son Esprit, comme on s'attache à un maître de la pensée avec lequel  on arrive à tant et si bien communier d'idées, qu'on acquiert l'instinct de voir, de juger, d'apprécier comme lui.

Ainsi devons-nous, par l'Évangile qui nous les rapporte, nous efforcer de faire nôtres les idées du Christ, en les méditant assiduement : « Médite ces choses et sois-y tout entier afin que tes progrès soient évidents pour tous. » (1 Tim., 4, 15). Un apôtre sérieux lit sans cesse le livre saint, il y puise l'aliment de sa vie spirituelle, l'inspiration de ses enseignements, et cela influe à la longue sur sa conduite, inspire ses réflexions, donne à sa conversation un ton qui, sans affectation, met les auditeurs dans une atmosphère élevée.

O Jésus, l'apôtre a dit : « Si quelqu'un n'a pas l'esprit du Christ, il ne lui appartient pas. » (Rom., 8, 9). Je suis à vous, je veux que tout ce que je dirai, ferai, porte votre marque. Aussi bien, je m'attacherai à vos pas, j'obéirai docilement à votre :  Suis-moi !

2° Ne marche pas dans les ténèbres. — Quand on ne suit pas le Maître, on suit ses idées personnelles ou celles  des  autres ;   sagesse  humaine  fatalement  étroite, obscure, dangereuse ; on risque de marcher dans la nuit, des erreurs si fréquentes et funestes, dans le brouillard des disputes philosophiques, au milieu de quoi les faux pas  sont  presque  inévitables.  « La science enfle»,  c'est malheureusement trop prouvé, et certains, qui ne se sont pas défiés, ou qui n'ont pas tenu compte des avertisse­ments de leur conscience, des monitions de leurs pères, « sont devenus vains dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence  s'est enveloppé de  ténèbres. »  (Rom.,   1,  21). Sans aller si loin, et dans un ordre plus modeste, quand on n'a pas comme principe directeur de sa conduite les données évangéliques,  on reste dans le naturalisme sous toutes ses formes et l'existence se déroule dans un demi-jour banal, où rien ne peut se réaliser de beau et de grand, où rien ne s'enrichit de mérites, où tout, au contraire, est sur la pente d'une inévitable ruine.

O Jésus, vous disiez: « Si la lumière qui est en toi est ténèbres, combien grandes seront les ténèbres. » (Matt., 6, 23). Cette réflexion m'effraie. Ne permettez pas que je m'a­veugle, que je m'illusionne; gardez-moi de la nuit.

3° Il aura la lumière de vie. — Cette lumière de vie est celle de la bienheureuse éternité : « Dans votre lumière nous verrons la lumière. » (Ps., 35, 10). Il importe de la posséder tout de suite ; ce qui se fait par la foi. Cette lumière est toute dans la pensée de Dieu, dans son Verbe. Adam l'a perdue par son péché ; Jésus est venu la redonner aux âmes. Y adhérer c'est bondir au-dessus du temps et s'établir dans une atmosphère de clarté, au milieu de laquelle la marche est assurée.

Pas d'erreur intellectuelle possible, quand il n'y a nulle divergence entre nos pensées et celles du Christ.

Pas de déviation morale possible, quand il n'y a nul éloignement entre la ligne suivie et la norme tracée par le Christ, comme son Église infaillible, nous la précise.

Ceci comme cela est évident, aussi, un esprit sérieux n'hésite pas à mettre de côté ses manières de voir à sacrifier ses vues si c'est nécessaire, afin de se maintenir étroitement uni à son Maître.

O Jésus, vous êtes la vie : « en Lui était la vie  » Je veux de plus en plus me remplir de vous par mes prières, mes méditations, au point de pouvoir dire avec l'apôtre : « Le Christ est ma vie.» (Phil., 1, 21)

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

 

Partager cet article
Repost0
20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 13:40

Lazare, notre ami, dort…              

Ces deux mots, notre ami, appliqués à Lazare par le Christ, constituent le plus magnifique panégyrique de ce saint. L'amitié avec Jésus fait qu'on, domine la mort. Remarquons l'expression : il dort, alors que le pauvre cadavre, déjà sentait. Souvenons-nous qu'elle est employée pour désigner la mort d'un autre ami du Maître, Etienne ; « Et comme il disait cela il s'endormit dans le Seigneur. » (Act., 7, 59). Nous sommes, nous aussi, appelés à être amis du Seigneur. Correspondons à ce que cela exige, et que note saint Thomas : 1° Une affinité de similitude, qui cause l'amitié, 2° Une inclination affective, qui constitue l'amitié, 3° Une union profonde, qui résulte de l'amitié.

1° Une affinité de similitude, qui cause l'amitié. —

L'amitié unit deux êtres. Elle ne le fait pas s'il n'y a pas entre eux une sorte d'harmonie préalable. Entre nous et Dieu elle avait été décidée. Quand il nous a créés, il dit : « Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance. » (Gen., 1, 26) ; selon son plan primitif, l'âme humaine devait être son reflet. Ainsi était-elle en Adam innocent ; elle cessa de l'être après son péché. A nous donc, de retrou­ver la beauté perdue. Admirons la condescendance divine, qui nous rend ce travail possible. On ne peut tendre à une similitude avec quelqu'un qu'on ignore, qu'on ne voit pas. Aussi bien, le Verbe, l'image substantielle de Dieu, le prototype des êtres, s'est fait chair, « et nous l'avons vu ». Par lui, Dieu se fait semblable à nous ; ainsi, à notre tour, il nous est possible de nous rendre semblables à lui, et il nous y invite : « Je vous ai donné l'exemple afin que vous-fassiez comme j'ai fait. » (Joan., 13, 15).

O Jésus, vous êtes devant moi comme l'idéal que je dois poursuivre, le modèle que je dois copier. Je veux vous contempler obstinément, afin que vos traits pénètrent mon âme et l'impressionnent à tel point, que je devienne de ces prédestinés dont parle l'apôtre : « Il les a prédes­tinés à être conformes à l'image de son Fils, il les a appelés, il les a justifiés. » (Rom., 8, 29).

2° Une inclination affective qui constitue l'amitié.— De nous à Dieu il y a, essentiellement, cette inclination affective ; il nous a faits pour lui, nous sommes à lui ; res clamât Domino, une chose réclame son maître, le tourment de l'infini est réel : « Je t'ai aimé d'un amour éternel, c'est pourquoi je t'ai attiré dans ma miséricorde. » (Jer., 31, 3) ; nous sommes comme aimantés à l'égard de Dieu. Qui ne va pas à lui, en réalité violente sa nature ; l'homme ne souffre que de son éloignement de Dieu.

Mais, de Dieu à nous, y a-t-il également cette inclina­tion ? A coup sûr. N'oublions pas que nos âmes sont faites à son image, et il la voit en nous cette image. Après la création, « il vit tout ce qu'il avait fait et cela était très bon. » (Gen., 1, 31). Sa complaisance ne se reposait ni sur les montagnes, ni sur les océans, mais sur ces âmes, qu'il entrevoyait comme des étincelles échappées du foyer de son amour, qu'il admirait comme le prolongement de son Verbe : « Tout a été fait par Lui. »

O Jésus, vous venez à moi avec tout votre Cœur misé­ricordieux ; je ne veux pas hésiter à aller à vous avec tout mon cœur confiant et simple.

 

3° Une union profonde, qui résulte de l'amitié. — C'est l'union de la grâce ; elle ne peut être plus intime, plus réelle. Saint Paul parle de l'habitation du Christ en nous :  « Le Christ est en vous » — « Le Christ habite en vos cœurs

par la foi. » (Eph., », 17). C'est une présence spirituelle d'âme à âme,  mais très vraie, profonde,  vivante,  agissante,  toute à notre avantage,  si nous  sommes dociles à son influence.  Car nous savons bien que le plus fort entraîne le plus faible, que le plus grand emporte le plus petit. Voilà le bénéfice de notre amitié divine : nos pensées, nos sentiments, nos inclinations participent aux pensées, sentiments et inclinations de Jésus-Christ.   Rien de plus précieux,  de plus efficace pour notre perfectionnement et notre sanctification.

O Jésus, toutes mes énergies seront tendues vers ce but : me laisser prendre par vous, me laisser conduire par vos ins­pirations, me garder attaché à votre volonté. Soyez mon Jésus, le roi de mon cœur.

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

Partager cet article
Repost0
19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 08:24

Jésus rendit le fils unique à sa mère…       

Il est peu de pages évangéliques qui mettent en un relief plus émouvant la bonté du Cœur de Jésus que celles de saint Luc nous racontant la résurrection du fils de la veuve de Naïm : 1° Communions à cette bonté.  2° Recou­rons-y.

1° Communions à cette bonté. — II y a dans les cir­constances rapportées un ensemble vraiment attendrissant. Il s'agit d'un jeune homme. La mort est toujours triste ; quand elle frappe la jeunesse, qui appelle la vie avec une ardente passion, elle l'est extrêmement. Puis, c'était un fils unique, concentrant tous les espoirs du foyer, lequel, par la disparition de toute vision d'avenir semble s'effon­drer d'avance. Enfin, fils d'une veuve, femme doublement douloureuse, et dont la vie qui décroît ne peut plus être que l'image même de la désolation. Aussi « lorsque le Seigneur l'eut vue, touché de compassion pour elle, il lui dit : ne pleurez pas. » (Luc, 7, 13).

Nous sommes entourés d'une foule de jeunes morts. Ne passons pas indifférents au milieu d'eux : jeunes gens, jeunes filles dont la foi a sombré, dont les mœurs sont dévergondées, dont les âmes, faites pourtant pour la vie, aptes par leurs puissances neuves à monter vers une  magnifique, destinées comme toutes les autres à l'amour du Christ, se traînent lamentablement dans une pourri­ture dont ils n'ont même plus conscience ; « L'homme naturel ne perçoit pas les choses qui sont de l'Esprit de Dieu ; elles sont une folie pour lui. » (1 Cor., 2, 14). L'Eglise leur mère se lamente sur eux ; il ne faut pas qu'elle le fasse comme « Rachel pleure ses enfants ; elle n'a pas voulu être consolée parce qu'ils ne sont plus. » (Matt., 2, 18). A nous de la consoler, à nous de nous émouvoir, sur le malheur des pauvres pécheurs, surtout des jeunes, et de travailler de toutes nos forces à les convertir. Nous ferons comme Jésus : « Il toucha le cercueil ; ceux qui, le portaient s'arrêtèrent. » Par nos prières, nos sacrifices, nos péni­tences, nous toucherons mystérieusement ces cœurs flétris, nous barrerons secrètement la route aux démons pervertisseurs. Il y a de pauvres êtres modestes, cachés, inconnus qui convertissent ainsi beaucoup de malheureux. Nous qui de par notre apostolat, voulons être comme les ennemis officiels du péché, nous pouvons, nous devons le faire, et quand les occasions nous autoriseront à parler, à presser, à conjurer, nous n'y manquerons pas.

O Cœur sacré de Jésus, victime des pécheurs, donnez-moi une participation à vos flammes d'amour, et que pendant ce carême, elles allument en moi un zèle dévorant et conquérant.

2° Recourons-y. — Pour nous-mêmes, nous avons besoin de !a bonté du Sauveur ; implorons-la. Sans doute, nous ne sommes pas morts, nous ne sommes pas pécheurs ; mais, peut-être l'avons-nous été une fois ou l'autre, et il en reste en nous de l'inquiétude, de l'insécurité. Puis, c’est pour nous  un devoir sacré d'être ardents pour notre perfec­tionnement, de monter toujours plus haut ; et au lieu de cela, nous avons une âme languissante, hésitante, qui ne se Soucie pas de la recommandation délicate de saint Paul : « Ne contristez pas le Saint-Esprit. » (Eph. 4, 30). Notre  état n'est pas mauvais, cependant il n'est pas bon et |il faut qu'il le soit, et encore meilleur. Tendons résolument, la perfection. Allons au Christ et demandons à sa bonté d'intervenir victorieusement en nous. Qu'il y mette, avec la paix de la conscience, l'élan pour un progrès surnaturel que faci­litera certainement l'influence des dernières semaines si graves de la sainte quarantaine.

O Jésus, je suis le fils de l'Église. « Rendez-moi à ma Mère » comme elle veut me voir, en toute plénitude, en toute beauté, un homme du bon Dieu, un saint.

Extrait de : Méditations quotidiennes de  Mgr A. Gonon (1947)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

 

Partager cet article
Repost0