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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 10:01

L’avis d’un vrai prêtre sur le Corona de la peur…

 

L’abbé Rioult connait bien l’ennemis qu’il identifie regardez et écoutez sur youtube ceci :

https://www.youtube.com/results?search_query=abb%C3%A9+olivier+rioult-radio+quebec

 

elogofioupiou.over-blog.com

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12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 12:09

« Solennité des solennités », c'est la fête par excellence de la vie. Notre participation aux mystères de la mort et de la sépulture a préparé nos âmes à bénéficier de celui de la Résurrection. Là, c'était la voie purgative, ici commence la voie illuminative.  

1° Raisons de communier à la grâce de Pâques.

     On ne meurt pas pour mourir, mais pour revivre. Saint Paul nous en avertit : « Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous aussi nous marchions dans une vie nouvelle. » (Rom., 6, 4).

Trois motifs nous imposent cette vie nouvelle.

a)   Le principe de notre vie intérieure, c'est l'âme du Christ, « le Christ est en vous ». Or, cette âme, en son état présent et définitif, est « une âme de ressuscité ». Effectivement, qu'il s'agisse de communion sacramentelle, de communion spirituelle, c'est, selon le mot de M. Olier, au « Christ de gloire » que nous communions, et ce Christ nous inocule un germe de résurrection : « un gage de la gloire future nous est donné. »

b)   La vie présente prépare la vie future. En celle-ci, on vit la résurrection : « Je crois la résurrection de la chair ». La préparation doit s'en ressentir, « notre conversation est dans le ciel. » (Phil., 3, 20).

c)   La vie pleine, c'est la vérité pleine : « la vérité et la vie ». Si la mort introduit dans cette vérité, la résurrection l'affirme ; qu'il s'agisse du corps, qu'il s'agisse de l'esprit, du cœur des personnes, des événements, elle prononce le dernier mot de Dieu et fait triompher son éternelle vérité.

     C'est, donc à une vie toujours plus haute que celle d'ici-bas, que nous devons tendre. Nous avons, pour cela, à transposer toute notre activité morale sur un plan supérieur et transcendant : « Marchons dans une vie nouvelle. » (Rom., 6, 4).

     O Jésus, vous sortez du tombeau vainqueur de la mort ; entraînez-moi dans votre mouvement victorieux. Que je sorte de mes misères, triomphant du démon, fort de votre force.

2° Mode de cette communion.

     La résurrection a opéré dans le Christ de remarquables changements.

     Il n'est plus comme auparavant, constamment avec les siens ; on ne l'y voit que par intermittence, et seulement pour entretenir ses apôtres des secrets de l'éternité.

     Il semble au-dessus des exigences naturelles ; s'il mange et boit c'est dans le but d'affermir la foi à la réalité de son corps ; bien que transformé, il n'est pas un fantôme.

     Il a une attitude toute céleste ; il ne permet pas à Marie-Madeleine de le toucher.

     Tels sont les grands traits à reproduire pour participer à la vie ressuscitée. « Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d'en-haut où le Christ demeure assis à la droite de Dieu ; affectionnez-vous aux choses d'en-haut et non à celles de la terre. » (Col., 3, 1).

     Sous l'influence de la grâce de la résurrection, l'âme met plus de divin en sa vie, elle s'élève au-dessus des obscurités d'en-bas vers la lumière des sommets. Elle ne paraît dans le monde que dans la mesure requise pour ne pas se singulariser, ou pour y faire du bien ; elle ne prend des créatures que ce qui est nécessaire à son existence.

     Comme par instinct ses pensées vont vers Dieu. Elle n'est pas à l'abri de l'épreuve des ténèbres, mais elle n'hésite plus dans ses convictions raisonnées, ne fléchit plus dans ses actes de libre volonté. A tout ce qui n'est pas Jésus, elle dit avec une quiétude triomphante : « C'est fait, vous ne me pouvez plus rien : ne me touchez pas. » (Jean., 20, 17).

     O Jésus, cette attitude est évidemment celle qui doit me caractériser. Quelque délicate qu'elle soit, je vous conjure de m'aider à l'acquérir. Elle sera ma joie et ma force.

Extrait des MEDITATIONS QUOTIDIENNES Stella Matutina. (1947)

Elogofioupiou.over-blog.com

 

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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 12:17

     Tous les mystères du Christ renferment une grâce spéciale, destinée à aider nos âmes dans leurs efforts vers la perfection.

     Pour atteindre ce sommet, nous parcourons des étapes que nous tracent les différents états par lesquels est passé notre Sauveur. Le tombeau en est l'aboutissement final avant la résurrection, ou la pleine et inamissible vie. Nous devons communier à la grâce de l'ensevelissement.

 

1° En quoi consiste-t-elle ?

     C'est une grâce d'anéantissement qui nous aide à réaliser le renoncement, condition essentielle de la vie. Ne perdons pas de vue l'absolu de Dieu ; il veut tout ou rien, parce qu'il a droit à tout. L'ascèse chrétienne n'a pas d'autre but que de nous faire arriver au vide de l'humain pour que se fasse le plein du divin. Nous avons suivi Jésus, nous l'avons vu être crucifié, mourir, être enseveli.

     Le crucifiement fut une phase de grandes souffrances, mais bien acceptées, le Fiat ! de Gethsémani les couvrait.

     L'âme doit consentir à la crucifixion que lui imposent l'acquisition et la pratique des vertus.

     La mort met fin à la sensibilité.

     Fixée dans la pratique du bien, l'âme ne se laisse pas émouvoir par la tentation ou par l'épreuve ; elle ne quitte pas la croix : « Vous êtes morts et votre vie est cachée, avec le Christ, en Dieu. » (Col., 3, 3).

     L'ensevelissement efface tout, pour ainsi dire ; on n'aperçoit même plus le cadavre que rien ne peut atteindre.

      L'âme vraiment morte à elle-même arrive à être tant indifférente à tout ce qui n'est pas Dieu, que ses facultés sensibles ne sont plus émues par quoi que ce soit : « Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort. » (Rom., 6, 4).

     C'est alors que s'épanouit la vie divine, que progressivement les inclinations, les sentiments du Christ pénètrent l'être moral, « Nous avons la pensée du Christ (1 Cor., 2, 16), et que la sainteté commence.

     O Mon Dieu, je dois être (devenir) un saint. En m'attirant davantage à vous, vous m'avez certainement doté de privilèges spéciaux, de lumières très grandes, d'assistances efficaces ; à moi de les utiliser pour atteindre cette mort nécessaire à la vie, et qui n'effraie que de loin.

 

2° Comment y correspondre ?

       Il s'agit « d'ensevelir avec le Christ » ce qui s'oppose au règne de Dieu en nous. Or, il n'y a que nous-mêmes qui soyons un obstacle à ce règne ; car les autres créatures n'ont d'importance que dans la mesure où nous tenons à elles, où nous nous trouvons en elles.   

    L'être détaché de lui-même ne tient à rien. Nous sommes amour-propre et volonté propre. Voilà les deux immolations à opérer ; par quoi on correspond à la grâce de l'ensevelissement.

     Pour aboutir à un bon résultat, une double tactique est à observer :

     L'une, négative, consistant à accepter tout ce qui providentiellement contrarie amour et volonté propres.

    L'autre positive, faisant agir généreusement et directement à l'encontre des mouvements instinctifs naturels.

     Comme le Père des cieux veut notre sainteté, il pourvoit à la première par une foule de petits et grands événements, qu'une âme attentive utilise avec soin. C'est difficile mais extrêmement formateur, que de dire oui à toute contrariété.

     Quant à la seconde manière, elle est peut-être plus facile, mais plus délicate, car, en se combattant directement, l'amour propre risque encore de s’y retrouver. Abandonnons-nous donc au Saint-Esprit et, ne perdant pas de vue le but à atteindre, allons devant nous avec simplicité.

     O Jésus, gardez-moi dans l'humilité, dans le silence de votre sépulcre, faites que j'y puise avec vous la semence de ma résurrection.

 

Extrait des MEDITATIONS QUOTIDIENNES Stella Matutina. (1947)

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 10:10

     Rien n'est plus grand en Jésus que son sacrifice. Il l'a consommé en ce jour et le renouvellera sans fin. C'est sur la croix que s'est réalisée finalement la prophétie de Siméon, qu'il serait un signe de contradiction. Tout est contradiction dans le Christ : incréé et créé, Dieu et homme, tout et néant, infini et fini, éternel et mortel.

     Le grand drame qui termine sa vie, met en relief, entre autres trois antithèses douloureuses : Douceur et cruauté, et Humilité et orgueil, Amour et haine.

 

1° Douceur et cruauté.

     Il était « doux et humble de cœur », il avait supporté avec une inaltérable patience toutes les oppositions, les persécutions, les grossièretés qui lui venaient de toutes parts. Dès qu'il fut arrêté, par la cohorte aux ordres de Judas, il n'ouvrit pas la bouche pour se plaindre, il ne fit pas un geste d'impatience, il se laissa faire. Cette attitude, loin de toucher ou de déconcerter ses bourreaux, ne fit que les exaspérer, les exciter, et pousser à l'extrême leur brutalité. Il est garrotté, roué de coups, frappé comme une bête de somme.

     On n'évoque pas sans frémir les scènes de la flagellation, du couronnement d'épines, du portement de croix, de l'arrachement de ses habits sur le Calvaire et de la crucifixion.

     Des animaux féroces attaquent leur proie, la tuent et la dévorent ; ils ne la torturent pas. Les bourreaux de Jésus ne se sont pas bornés à le tuer, ils ont pris plaisir auparavant à le faire souffrir.

     O notre doux Sauveur, ils sont cruels pour vous les pécheurs, et vous demeurez pour eux plein de douceur. Je veux travailler à les convertir, afin de diminuer votre martyre.

 

2° Humilité et orgueil.

      Puisqu'il est au fond de tout péché, l'orgueil est l'unique cause de la Passion où il apparaît infernal dans les auteurs du grand drame. Orgueil des pharisiens qui ne veulent pas avoir tort ; orgueil des prêtres qui s'érigent en juges du Prêtre éternel ; orgueil d'Hérode qui veut voir des signes et méprise l'adorable Jésus, orgueil de Pilate qui ose condamner à mort le Maître de la vie.

     En face de ces forcenés, le Sauveur est humilié et il accepte tout, d’une impressionnante façon. Il est souffleté par un valet devant Caïphe ; il est conduit à un roi immonde et se tait en sa présence ; devant toute la foule il est mis sur le même pied qu'un infâme malfaiteur ; on tourne en dérision sa royauté ; finalement condamné à mort, il est crucifié, supplice des esclaves, avec deux bandits.

     Peut-il descendre plus bas dans l'effondrement de tout ce qui est l'honneur, la dignité d'un homme ?  Il en a voulu ainsi, pour expier nos orgueils fous.

     O mon humble Maître, « rendez mon cœur semblable au vôtre ». A vous voir si humilié j'ai honte de mon amour propre, de mes suffisances, de ma sottise. Je vous aime, c’est pourquoi je m'anéantis devant vous.

 

3° Amour et haine.

     Parce qu'il est Dieu, « charité », il a apporté ici-bas l'amour infini.

     Puisqu'il est homme, il aime d'ineffable amour humain ceux qu'il venait sauver.

     Délicat, généreux, bon, même pour ses ennemis, même pour Judas auquel il ne dit que ce mot: Mon ami !... Il n'a adressé, au pauvre Pierre renégat, qu'un regard douloureux.

     Sur la croix, il a promis le paradis au larron pénitent, il a prié pour ses bourreaux. Pour lui, loin de désarmer la haine, son amour la fait monter.

     Plus se déroule la scène terrible, plus se multiplient les blasphèmes, les cris sauvages, les ignobles malédictions. Ce mystère de la haine répondant à l'amour durera jusqu'à la fin des siècles ; il se multiplie, encore de nos jours, par les communions sacrilèges.

     Pourquoi me frappez-vous ?  Murmure, le doux et divin Agneau, au fond d'une âme qui en est coupable. La haine contre amour éternel, ce sera, hélas ! un enfer éternel.

     O mon bon Jésus, je veux vous aimer de tout mon cœur, en esprit de justice, en esprit de réparation ; je travaillerai à exciter en ceux qui m'entourent la foi de saint Jean : « Et nous, nous avons connu l'amour que Dieu a pour nous. » (1 Jean., 4, 16).

 

Extrait des MEDITATIONS QUOTIDIENNES Stella Matutina. (1947)

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 10:09

     Au moment où Jésus a dit ces paroles créatrices du pouvoir de consacrer qu'il donnait à ses apôtres, il portait déjà en son Cœur les prêtres et les communiants de tous les temps. Nous y étions, et ce jeudi-saint est le vrai jour anniversaire de notre invitation au Saint-Sacrifice de la Messe et à la Sainte-Table.

     La véritable messe en latin doit être le centre de notre vie. Rien ne nous aidera mieux à « ressusciter la grâce qui est en nous ». Méditons ces trois actes essentiels : L'oblation, la consécration et la sainte communion.

 

1° L'oblation.

     Quel en est le sens ?

     Remarquons, d'abord, son importance, puisque d'après la locution courante : « offrir le saint Sacrifice », semblerait être le principale, dans ce geste sacré.

     Et pourtant, on ne peut rien offrir à Dieu, Lui qui est le souverain maître de tout.

     N'oublions pas que, s'il a créé, c'est pour l'homme, afin que, celui-ci, utilisant les créatures, par elles aille à leur Créateur, et qu'elles, à leur tour, aillent à leur Créateur par lui.

     Or, le péché l'arrête à elles, les arrête à lui. En les offrant, il les rapporte à leur Maître essentiel dont ainsi il reconnaît le domaine absolu. On peut donc dire que l'oblation est une sorte d'adoration initiale, un acte de haute justice.

     De là il découle donc que la volonté de l'offrant doit être en harmonie parfaite avec Celui auquel il offre. A la messe, l'hostie offerte est Jésus, dans l'âme duquel sont toutes les âmes créées ; elles s'offrent par lui, il les offre avec lui.

     Prenons bien conscience de la parfaite pureté, qu'exige de nous, ce premier acte sacrificiel, en union avec le prêtre.

     O mon Dieu, puisque je viens chaque matin à l'offertoire reconnaître que tout est à vous, ma volonté ne doit pas être en désaccord avec la vôtre. Aussi, je vous dis du fond de l'âme : « Recevez Seigneur toute ma liberté. »

 

2° Consécration.  

     Offerte, et ainsi marquée d'un sceau distinctif, l'hostie sera consacrée.

     De la sorte sera consommée l'adoration commencée par l'oblation. On ne peut, en effet, dépasser la mort dans la reconnaissance de la souveraineté divine. La victime qui exhale son dernier souffle dit à Dieu l’équivalent de : « Vous êtes, je ne suis pas. Vous avez seul le droit de vivre, je n'ai que celui de disparaître ».

     Sur la croix, le Christ a rendu un témoignage total, absolu, du tout de son Père, du rien de son humanité à lui. Comme il était « le premier né d'un grand nombre de frères » (Rom., 8. 29), l'humanité entière était anéantie en lui, devant l'Éternel et lui rendait un hommage définitif. Ce qui se continue à la messe, où Jésus est le même, et dans la même attitude intime, qu'au Calvaire.

     O mon Dieu, faites que je ne l'oublie pas : le prêtre qui, à la sainte Messe, invite tous les fidèles à s'unir à lui et à Jésus souverain Prêtre. La ligne droite de ma vie intègre, et votre Providence, pourvoient à mon immolation en union à Jésus victime ; je ne m'y soustrairai pas.

 

3° La sainte communion.

     Le péché a séparé l'homme de Dieu, l'oblation et la consécration ont pris le contre-pied de ce péché et comblé l'abîme qu'il avait creusé : « La justice et la paix s’embrasseront » (Ps., 84, 11) ; rien ne s'oppose plus au rapprochement, et voilà la floraison du sacrifice : la communion, la « commune union ».

     Elle existait symboliquement dans les anciens sacrifices, où trois parts étaient faites de la victime : l'une pour l'holocauste, l'autre pour le prêtre, la troisième pour l'offrant. Elle est réelle à la messe : accipite et manducate : hoc est corpus meum. Jésus réalise d'ineffable manière son vœu : « Moi en vous et vous en moi ».

     La joie de nos aurores c'est notre communion de chaque matin, où dans un cœur à cœur réel nous prenons contact avec le divin Ami, pour aller avec Lui au labeur quotidien.

      O Jésus, je conclus facilement à la portée morale de ce troisième geste sacrificiel : « qui s'assemblent, se ressemblent ». Pour « me joindre » à vous, il faut que je vous ressemble. Je ferai donc, tous les efforts possible pour vous suivre « Vous nous avez donné l'exemple pour que nous vous imitions. » (Jean., 13, 15).

Extrait des MEDITATIONS QUOTIDIENNES Stella Matutina. (1947)

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 08:20

     Parce qu'il représentait l'humanité devant son Père, c'est devant celui-ci surtout que, durant sa passion, le Christ devait être humilié : « Il s'est humilie lui-même se faisant obéissant » (Phil., 2, 8), il en avait reçu l'ordre et il l'accomplit en sa vie entière, mais spécialement :

 

1° A Gethsémani.

      Répondant de l'humanité, il paraît devant son Père, chargé de toutes les iniquités du monde.

Première humiliation, lui « le Fils des complaisances », doit être comme « le péché » aux pieds du Dieu saint : « Lui qui ne connaissait pas le péché, il l'a fait devenir péché pour nous. » (2 Cor., 5, 21).

     Il sait le dégoût, la répulsion de son Père en présence des crimes humains, et de la chair et de l'esprit ; il les représente, bouc émissaire du peuple. Aussi, il est lui-même rempli d'amertume.

 

Seconde humiliation, l'affolement, pour ainsi dire, de son intelligence. Le calice à boire est si douloureux qu'il en demande l'éloignement, mais apparemment sans savoir, « si c'est possible » ; il semble ignorer si c'est possible, lui, qui disait : « Mon Père et moi nous sommes un. »

 

Troisième humiliation, l'hésitation de sa volonté, il a peur des supplices, de la mort qu'il entrevoit, à ce point que, s'y résignant, il en sue du sang.

 

Quatrième humiliation, le silence de son Père en écho à sa triple supplication, « si c'est possible, que ce calice s'éloigne de moi! » ; rien ne lui répond, et pourtant, naguère, il s'écriait heureux : « Père je savais bien que vous m'exaucez toujours ! » (Jean., 11, 42).

     Tout est changé, il n'est plus maintenant qu'une pauvre victime qui va être immolée. Il se sent mourir, « mon âme est triste jusqu'à la mort ».

     Effondré devant son Père, ayant touché le fond de l'abîme, il avoue n'en plus pouvoir : « Mon cœur m'abandonne » (Ps., 39, 13).

     O Jésus, tant humilié à Gethsémani, n'agonisez-vous pas dans bien des cœurs, en bien des tabernacles, ici et là dans l'abandon et le mépris. Je m'attendris sur vos douleurs et je veux y compatir par un amour, plus attentif, fidèle et généreux.

 

2° Au Calvaire.

      C'est bien là l'extrême humiliation. Tout fait naufrage autour de lui ; les méchants triomphent, ils insultent sa personnalité humaine, son sacerdoce et sa royauté, ils narguent sa divinité : « Si tu es le Fils de Dieu, descends maintenant de la croix. »

     Aurait-il pu donner plus au salut des âmes, à la gloire de son Père ? Son « consummatum est » affirmera que c'était impossible. Il semblait dès lors, qu'à ce moment du suprême sacrifice, le ciel eût dû lui sourire et l'encourager. Il n'en est rien.

     Que se passe-t-il d'effrayant en son âme ? C'est un mystère, ce dût être inexprimable. Tout à l'heure au Jardin des Oliviers, il avait encore appelé Dieu, son Père, maintenant sur la croix il n'ose plus et de sa poitrine haletante sort ce cri poignant : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ? » Il a comme la sensation que son Père l'abandonne, qu'il n'est plus son Fils, et il lui dit : « mon Dieu ! »

     O Jésus, l'indicible supplice, la formidable humiliation : être délaissé par Dieu ! C'est l'impression horrible du damné, qui, toute l'éternité, en est au désespoir. Vous n'avez pas désespéré, mais que vous avez souffert ! Qu'est-ce qui m'attend au moment de ma mort ? ? ?

      Ayez pitié de moi, Sauveur adorable : « Soyez mon soutien, ne m'abandonnez pas ! » (Ps., 26, 9). Je vous le dis pour aujourd'hui et je vous le dis aussi pour l'heure suprême.

 

Extrait des MEDITATIONS QUOTIDIENNES Stella Matutina. (1947)

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 08:16

     Jésus est venu sauver tous les hommes, pour tous il souffrira. Navrante est la prophétie d'Isaïe : « J'ai été seul à fouler au pressoir et parmi les peuples personne n'a été avec moi. » (Isaie, 63, 3).

     Du monde entier personne n'est pour lui. Devant tous, par tous, il est humilié ; qu'il s'agisse des petits, des grands, des indifférents, des ennemis, des amis.

 

1° Les petits.

      C'est ce peuple, celui qui l'a acclamé il y a quelques jours, celui qui fut par lui comblé de bienfaits, celui qui l'a vu inépuisablement bon, celui dont il faisait partie, puisqu'il était « ouvrier et fils d'ouvrier. » (Matt., 13, 55). Le voici ce peuple, rassemblé devant le balcon où Pilate amène Jésus et Barrabas, « qui était prisonnier avec les séditieux ses complices pour un meurtre qu'ils avaient commis. » (Marc. 15, 7).

      A vous de choisir : « Voulez-vous que je vous délivre le roi des Juifs ? » (Marc., 15, 9) et nous entendons, en frémissant, l'ignoble clameur : Enlevez-le, Crucifiez-le ! Le pauvre Jésus, honteux et tremblant courbe les épaules sous les vociférations de son peuple.

     Il a vu, tout au long des siècles, des foules subornées par leurs meneurs impies, le blasphémer, le poursuivre haineusement !

 

2° Les grands.

     Lui, le Maître souverain, paraît au tribunal des hommes. Tous les empires viennent de lui, et Pilate le juge. Les prêtres sont consacrés en son nom, et les princes des prêtres le citent à leur barre, l'accusant, lui Dieu, de blasphème, d'insulte contre le Temple.

     Il est le Roi des anges, la pureté des vierges, et on l'amène pour subir ses moqueries devant le sanguinaire et incestueux Hérode.

     Il a vu, tout au long des siècles, les législateurs sacrilèges, les puissants du monde persécuteurs, le mensonge, la calomnie essayer de le salir et de le vilipender en son Église, en ses prêtres, en ses religieux. « Or, Jésus se taisait. » (Matt., 26, 63). Comme il est humilié !

 

3° Les indifférents.

     A Jérusalem, pour les fêtes de Pâques, on ne connaît plus le nombre des étrangers, tant il est grand. La plupart ont entendu des cris, peut-être vu passer le cortège qui accompagnait le condamné, nul n'a réagi ; spectacle comme un autre, personne ne s'attendrit ; les brutes qui conduisent la victime doivent forcer Simon de Cyrène à l'aider quelque temps à porter sa croix.

     Il a vu, tout au long des siècles, la foule des baptisés, même de ceux qui ont fait leur communion solennelle et pour qui il n'est plus rien, à peine un souvenir, un nom !

 

4° Les ennemis.

     Jusque-là il les avait tenus en respect, sous la domination de la puissance qui émanait de lui ; nul n'avait osé le toucher ; quand ils voulaient le jeter en bas du rocher, il était passé tranquillement au milieu d'eux. Maintenant, c'est l'heure des ténèbres ; il a comme abdiqué.

     Aussi, ils s'en donnent à cœur joie : insultes, railleries, coups terribles, crachats immondes, les plus bas-fonds de l'enfer sont déchaînés et il sombre sous leurs débordements exaspérés.

     Humble, « semblable à l'agneau qu'on mène à la tuerie et à la brebis muette devant ceux qui la tondent. » (Isaïe, 53, 7). Il a vu, tout au long des siècles, les profanations sacrilèges et brutales.

 

5° Les amis.  

     C'est là le plus dur, car enfin : « Ce n'est pas un ennemi qui m'outrage ; je le supporterais. Mais toi, tu étais un autre moi-Même, mon confident et mon ami. Nous vivions ensemble dans une douce intimité. », (Ps., 54, 13). C'est Judas ! admis durant trois ans à son intimité. Un autre ami, Pierre, le malheureux qui, parce qu'une fille de service a ri de lui, jure qu'il ne le connaît pas. D'autres amis, les apôtres qui, « l'abandonnent et s'enfuient tous. » (Matt., 16, 56) Rien ne lui manque, il aura bien touché le fond de l'humiliation devant les hommes.

     O Jésus, je suis de « vos amis »; je dois, je veux, vous glorifier en moi, autour de moi; vous défendre, vous consoler. Je ne le puis, sans m'efforcer d'avoir un cœur comme le vôtre, doux, humble et adorable, je vous demande ardemment cette grâce. Amen.

 

Extrait des MEDITATIONS QUOTIDIENNES Stella Matutina. (1947)

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