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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 09:43

Mystère de l'Incarnation, première partie…   

Le Fils unique de Dieu, le Verbe, qui est de toute éter­nité dans le sein de son Père, s'est abaissé jusqu'à prendre un corps et une âme semblables aux nôtres.

Ce n'est pas le Père qui s'est fait homme, ce n'est pas non plus le Saint-Esprit, c'est le Fils, la seconde personne de la très sainte Trinité.

La manière dont ce mystère a été accompli ne peut ni être conçue par l'esprit humain, ni s'exprimer par les paroles ; mais voici ce que l'Évangile nous apprend. Lorsque le temps arrêté dans les conseils divins fut arrivé, un ange se présenta devant la très sainte Vierge ; il la salua pleine de grâces, lui annonça qu'elle serait mère sans cesser d'être vierge et que Celui qui naîtrait en elle serait le Fils du Très-Haut et l'ouvrage du Saint Esprit. La très sainte Vierge crut à la parole de l’envoyé céleste et elle y donna son consentement. Dès ce moment le mystère de l'Incarnation s'accomplit ; le Saint-Esprit forma en elle le corps de Jésus-Christ, il y mit une âme et en même temps se fit cette union indissoluble de la nature divine avec la nature humaine en la personne du Fils de Dieu. Ainsi le Fils unique de Dieu devint homme sans cesser d'être Dieu.

D'où il suit que la très sainte Vierge est véritablement Mère de Dieu ayant conçu et enfanté un homme-Dieu.

Marie, en devenant mère, n'a pas cessé d'être vierge, Jésus-Christ, son fils, ayant été conçu par l'opération du Saint-Esprit.

Ainsi Jésus-Christ, comme homme, n'a pas de père et Dieu n'a voulu que saint Joseph fût l'époux de Marie qu'afin de cacher ce mystère sous le voile d'un chaste mariage ; mais, comme Dieu, Jésus-Christ a un Père, qui l'a engendré de toute éternité et auquel il est égal.

Il n'y a en Jésus-Christ qu'une seule personne, mais il y a deux natures distinctes : la nature divine, par laquelle il est Dieu comme son père, et la nature humaine par laquelle il est homme comme nous, possédant toutes les qualités propres à notre nature.

Quoique ce mystère surpasse infiniment la portée de l'esprit humain, nous devons cependant le croire fermement parce que Dieu, qui est la vérité souveraine, l'a révélé. D'ailleurs, il n'est nullement contraire à la raison et nous en avons en nous-mêmes une image qui, quoiqu’imparfaite, peut aider notre foi. En effet, notre âme, qui est d'une nature spirituelle et incorruptible, est unie à un corps matériel et corruptible, et l'union de ces deux substances si différentes ne fait qu'un seul homme, qui est tout à la fois esprit et corps, incorruptible, intelligent et matériel. De même, la divinité du Verbe et la nature de l'homme, unies sans être confondues, forment un seul Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, engendré du Père dans l'éternité et né d'une Vierge dans le temps, tout puissant comme Dieu et environné de faiblesse comme homme ; car, excepté le péché et les suites inséparables du péché, telles que sont l'ignorance et la concupiscence, Nôtre-Seigneur s'est assujetti à toutes nos misères. Il a eu faim, il a eu soif, il a été sujet à la fatigue, au sommeil et à toutes les infirmités de notre nature, avec cette seule différence qu'il ne souffrait, que parce qu'il le voulait, au lieu que nous les éprouvons malgré nous.

Mais gardons-nous de croire que la nature divine ait été altérée dans l'Incarnation ; Dieu, sans cesser d'être tout ce qu'il est par lui-même, a daigné s'unir à la nature humai­ne ; il n'a rien perdu par cette union : ses abaissements et ses souffrances ne tombent que sur l'humanité : c'est comme homme que Jésus-Christ a souffert et c'est comme Dieu qu'il a donné un prix infini à ses souffrances ; c'est comme homme qu'il a été petit enfant, pour être le modèle de tous les âges, et c'est comme Dieu-Homme qu'il a été le Sauveur du genre humain.

histoire : Un hérétique, sectateur d'Eutychès, s'étant trou­vé dans une société où était un enfant qui avait été instruit avec soin, voulut faire dire à cet enfant qu'il n'y avait qu'une seule nature en Jésus-Christ.   Pour l'en convaincre, il prit deux morceaux de fer, il les fit rougir au feu et les joignit ensuite l'un à l'autre pour n'en faire qu'un seul morceau.     "C'est ainsi,  lui dit-il, que la nature divine et la nature humaine, unies ensem­ble dans Jésus-Christ, ne font plus qu'une seule nature dans sa personne.

Mais, répondit l'enfant, mettez un petit lingot d'or a la place de ce petit morceau de fer, faites-les rougir tous deux et n'en faites qu'un seul morceau.   

Je vous le demande alors, ce morceau sera-t-il tout or ou tout fer ? Chaque morceau ne restera-t-il pas ce qu'il était auparavant ? C'est-à-dire l'un ne sera-t-il pas toujours un lingot d'or et l'autre un morceau de fer quoiqu'ils soient unis ensemble ? Oui, sans doute, vous n'en pouvez disconvenir. Voilà donc deux morceaux, l'un d'or, l'au­tre de fer, qui, tout distingués qu'ils sont l'un de l'autre, ne fe­ront plus cependant qu'un morceau. C'est ainsi, conclut l'enfant, que la nature divine et la nature humaine, quoique distinguées l'une de l'autre, ne font néanmoins qu'une seule personne en Jésus-Christ."

Lettres édifiantes, Mission du Levant,

exercices.

1. Par quel mystère Dieu a-t-il exécuté la promesse faite à Adam après sa chute ?

2. Quelle est des trois personnes divines celle qui s'est incarnée ?

3. Qu'est-ce que l'Évangile nous apprend sur la manière dont s'est accompli le mystère de l'incarnation?

4. Combien y a-t-il de natures en Jésus-Christ ?

5. N'a­vons-nous pas en nous-mêmes une image du mystère de l'Incarnation ?

6. La na­ture divine est-elle altérée dans ce mystère ?

Extrait de : Extrait de : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU. (1860

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18 décembre 2017 1 18 /12 /décembre /2017 01:46

Naissance de Jésus-Christ…                   

Auguste César ayant ordonné un dénombrement de tous les habitants de l'empire, Joseph et Marie se rendirent de Nazareth à Bethléem, d'où leur famille était originaire. C'est là que, l'an de la création 4,004, le Fils de Dieu vint, au monde, au milieu de la nuit, dans une pauvre étable, la pauvreté de Joseph ne lui ayant pas permis do trouver place dans les hôtelleries.    Sa naissance fut aussitôt an­noncée par des anges à des bergers qui veillaient tour à tour sur leurs troupeaux.  Gloire à Dieu, disaient  ces esprits célestes en annonçant cette heureuse  nouvelle, gloire à Dieu au plus haut   des   deux   et   paix   sur la terre aux hommes de bonne volonté !

Huit jours  après sa  naissance, il  fut   circoncis   et  ce même jour la très sainte  Vierge et saint Joseph, selon l’ordre qu’ils avaient reçu de  Dieu par  un ange, lui donnèrent le nom de Jésus, qui signifie Sauveur, parce qu'il était venu pour sauver tous les hommes et les délivrer du péché et de l'enfer.

On a ajouté au nom de jésus celui de christ, qui signifie oint ou sacré, non pas qu'il ait été sacré d'une manière sensible, mais à cause de son union hypostatique avec la nature divine.

Nous nommons aussi Jésus-Christ notre-seigneur, parce qu'il a un droit particulier sur tous les chrétiens, qu'il a rachetés par le prix de son sang.

Peu de jours après que Jésus eût été circoncis, il fut re­connu pour Dieu et pour roi par trois mages qui, conduits par une étoile, vinrent de l'Orient pour l'adorer. Arrivés à Jérusalem et ne voyant plus d'étoile, ils demandèrent en quel lieu était né le roi des Juifs ; les docteurs de la loi, interrogés par Hérode, roi de la Judée, répondirent que le Messie de­vait naître à Bethléem. Hérode, alarmé et méditant déjà la mort de ce Dieu enfant, engagea les mages à lui donner avis du lieu où ils le trouveraient, feignant de vouloir l'ado­rer. Les mages, continuant leur course, trouvèrent l'enfant et lui offrirent de l'or, de l'encens et de la myrrhe ; mais, avertis par un ange qu'Hérode voulait faire mourir l'enfant, ils s'en retournèrent par un autre chemin.

Quarante jours après la naissance de Jésus, la très sainte Vierge et saint Joseph le portèrent au Temple pour le pré­senter à Dieu, selon qu'il était ordonné par la loi des Juifs, parce qu'il était un premier-né. La sainte Vierge accomplit en même temps la loi de la purification et offrit, suivant cette loi, deux tourterelles : c'étaient les présents que les pauvres offraient en pareille occasion. Quel exemple d'hu­milité et de fidélité à la loi.

Hérode, voyant que les mages ne revenaient pas, conçut le dessein de faire mourir tous les enfants au-dessous de deux ans qu'il pourrait trouver à Bethléem et aux environs, afin d'envelopper le Sauveur dans ce massacre ; mais saint Joseph averti de tout par un ange, s'était enfui en Egypte avec Jésus et Marie, où il y demeura jusqu'après la mort de ce prince barbare. Alors il revint en Judée et alla demeurer à Nazareth, en Galilée.

L'Evangile nous apprend qu'à l'âge de douze ans Jésus-Christ fut mené à Jérusalem pour célébrer la fête de Pâques, selon la coutume des Juifs, et qu'il demeura dans le Temple sans que ses parents s'en aperçussent ; voyant en­suite qu'il n'était pas avec eux, ils le cherchèrent pendant tout le jour, mais inutilement, ce qui fut cause qu'ils re­tournèrent à Jérusalem où ils le trouvèrent dans le Temple assis au milieu des docteurs, les écoutant et leur proposant, des questions d'une manière si étonnante, que tous ceux qui l'entendaient étaient surpris de sa sagesse et de ses réponses.

A l'âge de trente ans, Jésus-Christ fut baptisé au fleuve du Jourdain par saint Jean-Baptiste ; en même temps le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d'une colombe et le Père éternel déclara du haut des cieux que : « Jésus-Christ était son fils bien-aimé

Aussitôt après, le Saint-Esprit conduisit Jésus au désert, où il jeûna pendant quarante jours, sans boire ni manger. C'est sur ce modèle que l'église a établi le jeûne du carême.

Jésus-Christ permit ensuite au démon de le tenter, pour nous apprendre à ne pas craindre les tentations et pour nous enseigner la manière d'y résister et nous en mériter la grâce.

histoire : —Une mère aussi pieuse qu'éclairée dans la foi, re­commandait à ses enfants de ne passer aucun jour sans deman­der à Jésus enfant sa bénédiction.  "Aussitôt que vous avez, fait votre prière du matin et du soir, leur disait-elle, imaginez-vous que la très sainte Vierge paraît devant vous portant, le saint enfant Jésus dans ses bras ; inclinez-vous avec respect et dites avec ferveur : O Marie, daignez étendre sur moi la main de votre divin Fils, afin que béni par lui, j'évite le mal qui lui dé­plaît et que je fasse le bien qui lui est agréable ; que je l'invite dans son obéissance et ses autres vertus et qu'enfin je me rende digne de le posséder avec vous dans le ciel !"

Extrait de : NOUVEAU TRAITÉ DES DEVOIRS DU CHRÉTIEN ENVERS DIEU. (1860) 

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 03:06

Noël est la grande révolution bienfaisante…       

Noël, c’est la date qui a coupé en deux la série des événements : le calendrier même qui semble si neutre et l'histoire la plus laïque en témoi­gnent : on répartit le cours des siècles entre les an­nées avant et les années après Jésus-Christ.

C'est que dans toute cette histoire humaine où les véritables révolutions sont plus rares qu'on vou­drait nous le faire croire, Noël est la grande révo­lution, il faudrait dire la seule Révolution ; et à la différence de tant d'autres qui furent brutales et peu fécondes, elle est la grande révolution bienfaisante. Aujourd'hui on parle beaucoup de promotions : promotion de l'ouvrier, promotion de la femme, pro­motion des races sous-développées et des peuples de couleur. Mais Noël marque la vraie promotion de l'humanité, car du moment que Dieu lui-même entre dans cette humanité pour en faire réellement partie, il lui confère un sacre plus que royal.

Déjà l'homme est un être sacré, en dépit de ses faiblesses et de ses tares, par le fait qu'il est créé « à l'image et à la ressemblance de Dieu », c'est-à-dire avec une intelligence, un cœur, une liberté.

Déjà l'homme est un être digne de tout respect parce qu'il est le fils très aimé du Père céleste.

Mais à Noël, il s'agit de bien autre chose ; ou plutôt c'est grâce à l'Incarnation et à Noël que l'homme devient pleinement et dans un sens tout nouveau à l'image et à la ressemblance de Dieu; c'est grâce à l'Incar­nation et à Noël qu'il est vraiment et qu'il se sent lui-même le fils très aimé du Père.

Car à Bethléem, suivant l'expression du prophète qu'il faut prendre dans toute sa signification litté­rale, « un petit enfant nous est né, un fils nous a été donné ». Comme on l'a dit, il est arrivé à notre terre cette chose extraordinaire qu'elle a germé Dieu. Dieu en personne vient prendre rang au milieu de la foule humaine ; dès lors il est de notre famille, de notre parenté : un homme et une femme de notre race sont ses grands-parents, une femme de notre race nommée Marie est sa maman et lui dit « mon petit ». On parle souvent de l'abaissement, de l'a­néantissement accepté par le Fils de Dieu devenu homme : on a raison, on ne fait que répéter saint Paul. Mais il ne faut pas oublier l'aspect complé­mentaire du dogme, la promotion inouïe, l'exalta­tion invraisemblable de l'humanité. D'ailleurs, la divinité en elle-même n'est jamais abaissée ni humi­liée. Un Dieu qui s'abaisse jusqu'à l'homme, c'est un Dieu qui élève l'homme jusqu'à lui. L'Incarna­tion, qui de la part de Dieu est une condescendance inimaginable, est aussi pour l'humanité une ascen­sion vertigineuse.

D'autant qu'à Noël, Dieu ne vient pas seulement « honorer la terre de sa présence », tel un chef d'État qui, selon l'expression consacrée, honore de sa présence la région où il se rend en visite officielle. Dieu ne vient pas ici-bas pour être seulement à côté de nous, pour mener une vie humaine qui ne serait que semblable à la nôtre, voisine de la nôtre. Il n'y a pas seulement un Homme-Dieu venant habiter parmi nous; il y a un Homme-Dieu venant divi­niser les hommes. Suivant la formule chère aux saints docteurs de l'Église ancienne, « il s'est fait homme pour nous faire dieux ». Il est bien réelle­ment un homme déterminé, Jésus de Nazareth, avec ce corps humain et cette âme humaine et avec cet état civil et dans ce milieu social ; mais il est aussi, d'une manière mystérieuse, tous les hommes, puis­qu'il vient ici-bas pour que tous les hommes devien­nent ses membres. « Eux c'est moi », fait dire au Christ saint Augustin. Et voilà qui projette sur l'hu­manité une lumière toute neuve.

Ceux qui n'admettent d'autre réalité que la ma­tière ne peuvent considérer l'homme que comme un animal : et c'est une insulte à l'homme. Les philo­sophes qui affirment l'existence de l'esprit ensei­gnent que l'homme est un animal raisonnable; et c'est lui reconnaître une noblesse authentique. Mais la foi va plus loin et nous permet de découvrir une définition de l'homme singulièrement plus haute : dans le Christ et par lui, l'humanité est divinisable ; 1''homme se définit comme un être capable de Dieu. Bossuet dit en un énergique raccourci qui accuse le contraste prodigieux : l'homme est un animal divin.

Nous entrevoyons les conséquences de cette vérité extraordinaire. L'humanité est sacrée; l'homme a une valeur, l'homme est sacré.

Qu'on n'ironise plus désormais sur cet être chétif perdu dans l'immensité de l'univers, car l'homme étant frère du Christ créateur de l'univers est lui-même plus grand que cet univers. Qu'on cesse de plaisanter sur l'occupation humaine ridiculement petite et vaine comme l'agitation d'un insecte : l'existence d'un être divinisé n'est jamais petite ni jamais inutile. Qu'on renonce au jeu facile, cher aux satiriques et aux faiseurs de maximes, d'énumérer complaisamment les défauts risibles de l'homme, ses tares, ses insuffisances : un être qui a la vocation d'être frère du Dieu fait homme et membre du Christ n'est jamais méprisable, en dépit de toutes ses faiblesses.

Et voilà qui va fort loin. Si l'humanité elle-même est sacrée, tout homme a une valeur, même celui qui n'a aucune valeur humaine, comme le tout-petit, même celui qui semble avoir perdu toute valeur, comme le dégénéré ; tout homme commande le res­pect, même celui que la société est portée à consi­dérer comme un déchet, un débris ou un parasite sans utilité sociale : le va-nu-pieds, le malade ingué­rissable, le client des maisons de santé ; tout homme a une dignité, même celui qui au point de vue de la civilisation paraît un retardataire : l'être sans éducation, l'homme d'une race primitive. Oui ou non, tous ces êtres font-ils partie de l'humanité? Oui ou non, est-ce l'humanité tout entière que le Christ a consacrée, qu'il a appelée à être divinisée?

Dans le christianisme, aucun dogme ne reste théo­rique et l'Incarnation moins que tout autre. Croire au Dieu fait homme est la condition de notre estime pour l'humanité et de notre amour pour les hommes.

Condition suffisante et d'ailleurs nécessaire. Si l'hu­manisme athée, malgré ses prétentions, devient un antihumanisme, si en adorant cette humanité qu'il a substituée à Dieu, il en arrive à traiter les hom­mes, dans les jours paisibles, comme des bêtes à l'engrais, dans les guerres déchaînées, comme des bêtes à l'abattoir, c'est justement que l'humanisme athée, rejetant Dieu et par le fait même la doctrine du Dieu fait homme, ne peut admettre l'idée de l'homme vraiment et personnellement divinisé. Et si, malgré tout, le monde moderne est plus respec­tueux ou veut être plus respectueux que le paganisme ancien, du tout-petit, de la femme, de l'être sous-évolué, c'est dans la mesure où le monde baptisé, mais en grande partie apostat, a gardé quelque chose de son baptême : grâce à des survivances obscures, une maman et son bébé lui font penser à Marie et à l'Enfant de Bethléem, un pauvre évoque plus ou moins consciemment le grand Pauvre, un blessé et un malade sont pour lui comme l'Ecce homo du vendredi saint.

Puisque le dogme de l'Incarnation n'est pas pour nous une survivance confuse, mais une vérité lumi­neuse pleinement admise par notre foi, que cette vérité soit en nous pleinement efficace et qu'elle nous inspire une belle attitude chrétienne ! En pré­sence de l'homme, nous sommes souvent portés au pessimisme et au mépris, pour des raisons qui nous semblent justes. Mais un certain pessimisme n'est-il pas comme une critique et une condamnation du Créateur, qui décidément semblerait avoir manqué son œuvre ? Une certaine sévérité pour l'homme n'en vient-elle pas à déprécier la valeur de l'Incarnation, à minimiser son efficacité; n'est-elle pas comme une atteinte au Dieu fait homme ?

Ne soyons pas pour l'humanité plus difficile que ne l'est Dieu lui-même. Et si nous éprouvons des répugnances à aimer les hommes à cause de défauts trop réels, souvenons-nous que malgré tous les défauts, Dieu les aime et nous aime.

Que Noël nous inspire assez de perspicacité pour voir en tous les hommes ceux qui sont ou doivent devenir les frères du Christ. Que Noël nous rappelle la parole à la fois pleine de promesses et de mena­ces : « Tout ce que vous faites au moindre des miens, c'est à moi que vous le faites. »

En présence de la crèche, comment ne pas vouloir trouver le moyen de remercier le Dieu fait homme pour le don inestimable qu'il nous a fait en se don­nant lui-même? Mais comment ne pas sentir l'insuf­fisance de notre merci et de tous les dons que nous pouvons lui présenter, que ce soient les agneaux des bergers ou  même les trésors encore bien pauvres des mages?

Nous avons le moyen de remercier le Christ. Estimer l'homme est peut-être le plus bel acte de foi à l'Incarnation, au Dieu fait homme. Aimer l'homme et regarder tous les hommes d'un regard fraternel est l'acte d'amour le plus authentique que nous puis­sions offrir à l'Enfant de Bethléem.

Joyeux Noël

Extrait de : PLUS  PRÈS  DE DIEU.  Gaston Salet S. J.

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12 décembre 2017 2 12 /12 /décembre /2017 21:22

Comment trouver le cadeau inestimable pour votre enfant…

Matière à réflexion :

À la recherche d'un cadeau pour leur enfant, des parents parcourent plusieurs kilomètres et vont dans une foule de magasins. Après deux longues soirées de magasinage, fatigués, ils décident de lui demander ce qu'il aimerait recevoir.

Voici la liste des cadeaux qu'il suggère :

J'aimerais être Félix, notre petit chat, pour être moi aussi pris dans vos bras chaque fois que vous revenez à la maison.

• J'aimerais être un baladeur pour me sentir parfois écouté par vous deux, sans aucune distraction, avec mes seules paroles dans vos oreilles, fredonnant l'écho de ma solitude.

• J'aimerais être un journal pour que vous preniez un peu de temps, chaque jour, pour me demander des nouvelles de moi.

• j'aimerais être une télévision pour ne jamais m'endormir le soir sans avoir été, au moins pendant un moment, regardé avec intérêt.

• J'aimerais être une équipe de hockey pour toi, papa, afin de te voir, rem­pli de joie à chacune de mes victoires, et un roman pour toi, maman, afin que tu puisses lire mes émotions.

• À bien y penser, je n'aimerais qu'une chose, un cadeau inestimable.

Ne m'achetez rien: permettez-moi seulement de sentir que je suis votre enfant.

Extrait de : Renaître du passé  par Line Bolduc.  Les Édition Quebecor

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11 décembre 2017 1 11 /12 /décembre /2017 03:30

LE DON DIVIN  FONDAMENTAL … 

Dieu est une idée qui vit.

Dieu est spirituel. Il n'a pas de dimensions. Il appartient au même monde que celui des idées. Or les idées, vous le savez bien, jouissent de propriétés qui ne ressemblent guère aux propriétés physiques. Elles ne sont ni oblongues, ni carrées, ni sphériques. Elles ne sont ni rouges, ni bleues. Elles n'ont pas de surface ni de densité. Elles peuvent, en se diffusant dans les esprits, se diviser sans perte, se multiplier sans accroissement. Or Dieu est une idée subsistante, dépouillée de toute imperfection. En conséquence il réside dans les êtres sans entrer en composition avec eux, sans être multiplié par leur multiplicité.

Cette pensée devrait vous être un réconfort et un stimulant. Dieu, présent en vous, vit en vous. Il vous voit, vous connaît. Il vous connaît même mieux que vous-même. Tout homme en effet et vous ne faites pas exception est un mystère à lui-même. « S'il se vante, je l'abaisse, disait Pascal en parlant de l'homme ; s'il s'abaisse, je le vante ; et je le contredis toujours jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il est un monstre incompré­hensible ».

Pas besoin de subir le réquisitoire de Pascal pour constater qu'il existe en nous des régions inexplorées, des terres inconnues. Autant dans la direction du bien que dans celle du mal, notre réflexion devine sans difficulté des zones qu'habitent les ombres du mystère. Nous sommes à la fois meilleurs et pires que nous le croyons! Par­fois nous nous livrons à des bassesses, nous com­mettons des lâchetés, des méchancetés dont nous nous serions crus incapables. A d'autres moments, au contraire, nous posons avec une spontanéité et une facilité qui nous étonnent nous-mêmes, des actes quasi héroïques. Quand Alexis Carrel parle de « l'homme cet inconnu », il signale avant tout les impuissances de la science à connaître l'être hu­main. Il aurait pu, avec plus de raison encore, disserter sur cet inconnu que l'homme est pour lui-même, sur les limites et les risques de l'intros­pection.

Ce moi qui nous demeure mystérieux, Dieu le connaît, ce Dieu qui en pénètre spirituellement les moindres replis. Il n'y a rien en nous qui lui échappe. Où pourrions-nous nous réfugier pour nous dérober au regard d'un être présent par­tout ? Où pourrions-nous fuir pour soustraire nos secrètes pensées à quelqu'un qui ne laisse rien hors de son atteinte ?

« Sors-tu de ta maison, note saint Augustin, ru es vu. Tu y rentres ? Tu es vu encore. Que ta lampe soit éteinte ou allumée, Dieu te voit. Te caches-tu dans ton lit ? Te réfugies-tu au fond de ton cœur ? Il te voit, il te voit toujours». (Serments de Scripturis, Sermo CXXXII, PL 38, 736.)

Déjà au temps lointain de l'Ancien Testament, le saint roi David chantait l'heureuse incapacité où se trouve l'homme d'échapper au regard de Dieu.

« Yahvé,  tu me sondes et tu me connais... Tu m'observes quand je suis en marche ou cou­ché, et toutes mes  voies  te  sont familières.  La parole n'est pas encore sur ma langue que déjà, Yahvé, tu la connais entièrement… Où aller loin de ton esprit ? Où fuir loin de ta face ? Si je monte aux cieux, tu y es ; si je me couche dans le séjour des morts, te voilà !

Si je prends les ailes de l'aurore, et que j'aille habiter aux confins de la mer, là encore ta main me conduira et ta droite me saisira.

Et je dis : Au moins les ténèbres me cou­vriront et la nuit sera la seule lumière qui m'entoure ! ... Les ténèbres mêmes n'ont pas pour toi d’obscurité ; pour toi la nuit brille comme le jour, et  les  ténèbres comme la lumière». (Ps.  139, 1-12.)

Aucun   moyen   de   tromper   cet   observateur omniprésent. Aussi de quel ridicule ne nous cou­vrons-nous pas lorsque nous cherchons, dans un examen de conscience par exemple, à dissimuler nos   intentions ?  Nous   sommes  alors  comme le voyageur qui, sous les yeux mêmes du douanier, se mettrait à cacher dans le fond de sa valise une marchandise  taxable. Plus enfantine encore serait notre tentative  de   contrebande   sous   le   regard toujours ouvert, toujours vigilant de Dieu. Vrai­ment, pour peu que nous réfléchissions à cette ubiquité divine, nous devons reconnaître que la seule attitude raisonnable est celle d'une loyauté parfaite, d'une franchise totale. Il y va de notre dignité autant que de notre intérêt.

Ajoutons que Dieu, spirituel, vivant, est aussi actif. On doit même affirmer, à la suite du grand saint Thomas d'Aquin, que, s'il est présent par­tout, c'est principalement parce qu'il agit partout. Il n'habite pas les êtres à la manière d'un étranger qui assisterait passivement à leurs évolutions.  Dieu cause toutes et chacune des créatures et il les cause à tout  instant.  Tout ce qu'elles  ont d'existence, elles le  tiennent de  lui d'une façon directe et sans discontinuité.

Au plus intime de chaque être, Dieu est là, comme la cause qui le soutient dans l'existence, comme le créateur qui donne à chaque instant à son œuvre d'être ce qu'elle est. Car il  y a une «norme différence entre l'ouvrier humain et l'ou­vrier divin. Le premier ne travaille que sur du déjà existant : il ne fait que modifier des appa­rences. Le second opère à partir de rien, il crée les  substances  mêmes qui supportent les appa­rences. De là vient l'universalité et la nécessité permanente de son action. S'il cessait un instant de soutenir ses créatures, celles-ci retomberaient dans le néant. Elles disparaîtraient instantanément, privées de ce soutien indispensable qu'est l'être.

Placez un diamant à la lumière. Il resplendit, il charme l'œil par l'éclat de ses scintillements. Remettez-le brusquement dans les ténèbres. Aus­sitôt ses feux s'éteignent. Il ne se différencie plus guère du banal morceau de charbon. Son éclat était en dépendance étroite de la lumière. Celle-ci supprimée celui-là disparaît. Il en serait de même si Dieu refusait, fût-ce pour un instant son action productrice et conservatrice : les créatures dis­paraîtraient.

Elles disparaîtraient si totalement que la comparaison du diamant et de la lumière n'est pas assez forte. Même une fois son flamboiement éteint le diamant continue d'exister, tandis que dans l'hypothèse où nous nous plaçons les créa­tures cesseraient d'exister. Il vaut donc mieux recourir à des comparaisons moins inadéquates. Peut-être le lien essentiel qui relie des rayons à leur source lumineuse suggérerait davantage la dépendance incessante des êtres créés vis-à-vis de la causalité divine. Ou encore le lien entre l'orateur et les paroles qu'il prononce. A tout moment les paroles dépendent dans leur exis­tence de celui qui les profère. De même les créa­tures sont suspendues au souffle de Dieu. Son influx constant leur est nécessaire. Elles s'abreuvent sans cesse à l'être divin et si cette source devenait inaccessible, elles périraient aussitôt.

Chacun de nous, à titre de créature, dépend ainsi de Dieu. Chacun de nous, même dans l'ordre naturel, est porteur de la divinité. Dieu est pré­sent en nous de cette première présence fonda­mentale et si nous prenons l'habitude de méditer sur ce fait merveilleux nous verrons le monde avec d'autres yeux, des yeux renouvelés et comme doués d'une seconde vue. Nous apercevrons Dieu partout : Dieu dans les choses, et nous les traiterons avec la piété candide d'un saint Fran­çois ; Dieu dans les autres hommes, et nous les considérerons avec respect ; Dieu en nous-mêmes, et nous en éprouverons un légitime orgueil.

Prenons l'habitude de méditer ces vérités élémentaires, ces vérités que notre légèreté incon­cevable nous porte à oublier. Connaissant chaque jour davantage ce don de Dieu, d'ordre naturel, qui est sa présence en nous, à titre de conserva­teur de notre être, nous arriverons à penser à Dieu avec une joie et une satisfaction plus grandes que celles que nous éprouvons à rêver à Blanche Neige et à toutes les autres créations de la fan­taisie humaine.

Extrait de : Catholique d’aujourd’hui Marcel-Marie Desmarais. O.P.

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10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 13:48

UNE PRIÈRE SIMPLE à méditer…

Seigneur, faites de moi un instrument de votre Paix !

Là où il y a de la haine, que je mette l'amour.

Là où il y a l'offense, que je mette le pardon.

Là où il y a la discorde que je mette l'union.

Là où il y a l'erreur, que je mette la vérité.

Là où il y a le doute, que je mette la foi.

Là où il y a le désespoir, que je mette l'espérance.

Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.

Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

O maître, que je ne cherche pas tant :

A être consolé... qu'à consoler;

A être compris... qu'à comprendre;

À être aimé... qu'à aimer;

Car:

C'est en donnant... qu'on reçoit;

C'est en s'oubliant... qu'on trouve;

C'est en pardonnant... qu'on est pardonné;

C'est en mourant... qu'on ressuscite à l'éternelle vie.

St-François

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7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 05:19

«J'ai choisi pour la route de mon calvaire celle de l'abandon, et par ce chemin, j'ai appris que tout devient facile. »

(Sainte Catherine de Sienne)

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