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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 13:02

   

 

Nous connaissons maintenant la considérable influence de l'archevêque de Milan, le cardinal Jean-Baptiste Montini, sur la phase préparatoire et pendant le déroulement plutôt agité et parfois confus de la première session du Concile Œcuménique Vatican II.

 

 Le fait vraiment nouveau (on pourrait presque dire l'épreuve du feu) consistait en la reprise du Concile, sous la direction de la même personne mais dans un rôle absolument différent : celui de chef suprême de l'Église et guide indéfectible du Concile.

 

Le monde entier, catholique ou non, qualifié ou non, guettait le nouveau Pape, d'autant plus qu'au cours du très bref interrègne de l'Église catholique s'étaient déroulés des événements d'ordre international, et d'autres purement italiens, mais également importants du point de vue psy­chologique et moral, qui avaient profondément changé le visage de l'humanité ou en avaient tout au moins tendu l'expression.

 

Il est évident que l'influence de l'Église catholique dans le monde n'est pas seulement spirituelle : Elle se reflète inévi­tablement dans d'autres secteurs de la vie quotidienne de l'humanité, ne serait-ce qu'en raison de l'intégralité de la personne humaine créée par Dieu : intégralité qu'elle défend vaillamment comme le fondement de tout droit et de tout devoir, de toute liberté et de toute action de l'homme.

 

L'attente était donc plus que justifiée en ce qui concerne la réouverture des travaux conciliaires sous le nouveau Pape, et les conjectures, les prévisions, les indiscrétions et même les pressions trouvaient une garantie naturelle, sinon une justification intelligente, en ces jours mémorables et riches d'événements.

 

JOURS DE LUTTE

 

Pour donner une idée de l'atmosphère tendue qui régnait à la veille de la reprise des travaux conciliaires, il suffit de rapporter l'article de fond d'une revue italienne à grand tirage, qui rend clairement compte de la diversité des inter­prétations, des points de vue et des évaluations concernant la principale assise de l'Église catholique.

 

Le titre de cet article est en lui-même significatif : « Pas de compétition entre christianisme et communisme. »  Sous le titre « Seconde Phase », écrit la revue, Mario Alicata a publié dimanche matin dans l’Unità, un article de fond dans lequel sont précisées les conditions auxquelles Sa Sainteté Paul VI devrait se tenir, dans la mise en place et la conduite du Concile Œcuménique, pour être lui aussi accepté par les dirigeants moscovites. »

 

L'exhortation de l'Unità, à l'adresse du Souverain Pontife au moment où il s'apprête à rouvrir les travaux du Concile, se divise en deux parties. Une première partie, où on laisse transparaître tous les doutes, les perplexités et les défiances que le monde communiste nourrit à l'égard du nouveau Pape; celui-ci semble, en effet, d'après les tous premiers actes de son pontificat, s'acheminer sur une route peu convain­cante, aux yeux des communiantes. Avec une intention polé­mique manifeste, Alicata écrit : « Ne pas revenir en arrière, sur la route ouverte par Jean XXIII, mais la parcourir avec prudence, en en corrigeant les excès, et, pourrait-on dire, les erreurs, de direction politique : voilà le devoir que semble s'être assigné Paul VI. »

 

Ceci dit, on passe à la seconde partie de l'avertissement, là où se précisent, d'une manière assez rapide, les initiatives et les décisions que les communistes attendent de ce Pape et de ce Concile. « Les directives que le pape Montini dictera aujourd'hui au Concile et l'encyclique qu'il a annoncée, écrit l'Unità, parleront beaucoup plus clairement que ses attitudes ambiguës, face à certains des problèmes soulevés, avec une extrême vigueur et un immense élan intellectuel et moral, par Jean XXIII devant la conscience du monde catholique. Elles nous diront jusqu'à quel point la correction en cours attaquera ce qui semble avoir été la véritable nouveauté révolutionnaire introduite par son prédécesseur, dans la doctrine et dans la pratique de l'Église de Rome; c'est-à-dire, la conscience que la fonction universelle et unificatrice de l'Église de Rome ne peut s'expliquer qu'en acceptant une confrontation compétitive avec les autres religions, les autres idéologies et les grands courants de pensée du monde contemporain, et renonçant pour toujours à l'intolérance fanatique et à l'esprit de croisade, et en s'opposant ouvertement à la tendance des vieilles classes dominantes de l'Occident à utiliser, dans leurs propre intérêt, son prestige et son autorité. »

 

Étant admis que ni l'Unità, ni Togliatti ne s'intéressent le moins du monde à l'effort œcuménique de Rome, tendu vers la réunification des « frères séparés » de toutes les églises chrétiennes, il est clair que la « confrontation compétitive » si chaleureusement recommandée par Alicata, concerne uni­quement les « autres idéologies » et les « grands courants de pensée du monde contemporain », autrement dit le marxisme-léninisme. C'est désormais une vieille histoire que celle du défi, de la course, que les communistes fait le grand honneur de proposer aux chrétiens, dans le but édifiant de découvrir, à l'épreuve des faits, qui a raison du Christ ou de Marx.

 

L'article d'Alicata, si pauvre en nouveautés, n'aurait pas en lui-même, une bien grande importance, s'il n'avait été suivi, quelques heures après son apparition dans les kiosques, du discours à Saint-Pierre, par lequel Paul VI a effectivement ouvert les travaux de la seconde phase du Concile. Toute la dernière partie de l'allocution papale, adressée aux pères conciliaires, concerne justement « le dialogue de l'Église avec le monde contemporain », ce dialogue pour lequel les commu­nistes montrent tant d'intérêt, dans l'intention déclarée de le voir se transformer en la fameuse confrontation compé­titive.

 

Après avoir rappelé que, dans son action évangélisatrice envers le monde, l'Église s'inspire d'un principe supérieur d'amour, Paul VI a dit : « Nous devons être réalistes et ne pas cacher la blessure qui, de bien des régions, parvient à ce synode universel. Pouvons-nous être aveugles et ne pas nous rendre compte que beaucoup de places, en cette assemblée, sont vides ? Où sont nos frères des nations où l'Église est combattue et dans quelles conditions se trouve-t-elle dans ces pays ? Notre pensée à cette évocation s'assombrit, pour tout ce que nous savons et, plus encore, pour tout ce qu'il ne nous est pas donné de savoir, que ce soit au sujet de la hiérarchie, des religieux et des religieuses, ou de nombreux fils soumis à la crainte, aux vexations, aux privations et aux oppressions en raison de leur fidélité au Christ et à l'Église. Quelle tristesse devant ces souffrances et quelle peine que de voir, en certains pays, la liberté de religion et les autres droits fondamentaux de l'homme opprimés par des méthodes d'intolérance politique, raciale et religieuse! » Plus loin, pour conclure son discours, le Pape a encore dit : « Que le monde le sache : l'Église le regarde avec une profonde com­préhension, avec une sincère admiration et avec l'intention loyale, non pas de le conquérir, mais de le servir, non pas de le mépriser, mais de le valoriser, non pas de le condamner, mais de le réconforter et de le sauver. »

 

Une chose apparaît évidente dans les paroles de Paul VI : il ne parle pas de compétition, ni de défis. L'aspect combatif du dialogue demandé par Moscou, échappe à ce point à l'Église qu'elle repousse toute intention de conquête et que, de toute évidence, avec la même fermeté, elle rejette l'idée d'être conquise à son tour; éventualité qu'aucun concurrent, et tant que tel, ne serait autorisé à exclure a priori.

 

Pas de compétition donc, mais de nombreuses questions angoissantes, posées avec une insistance calme et inflexible par le Pontife aux responsables de la persécution religieuse.

 

En dehors de toute interprétation et de tout jugement intéressé, le discours par lequel Paul VI a ouvert solennelle­ment à Saint-Pierre, le 29 septembre dernier, la seconde ses­sion du Concile Vatican II, a été un discours programme : Il a mentionné chacun des travaux conciliaires qui attendaient les évêques, arrivés à Rome de tous les coins du monde, et on peut le considérer comme un véritable plan d'action du pontificat. Paul VI, toutefois, avait déjà annoncé précédem­ment qu'il promulguerait sa première encyclique dans quelque temps : Elle sera consacrée, pour autant qu'il nous est donné de le savoir, au thème de l'Église dans ses rapports avec le monde contemporain.

 

Après avoir rappelé avec émotion le souvenir de Jean XXIII « voix prophétique pour notre siècle, qui résonne encore dans notre mémoire et notre conscience, pour tracer au Concile le chemin à parcourir », le Pontife a illustré les quatre devoirs qu'il assigne à l'Assemblée Œcuménique et à l'Église :

 

I. — Connaissance ou conscience de l'Église, essentiel­lement par un approfondissement de la doctrine de l'épiscopat, sans toucher aux doctrines dogmatiques de Vati­can I, auquel se relie l’actuel Concile.

 

II. — Réforme de l'Église.

 

III. — Rassemblement de tous les chrétiens dans l'unité.

 

IV. — Colloque de l'Église avec le monde contemporain.

 

En synthétisant, le mot d'ordre du Concile proposé par Paul VI pourrait être : « Le Christ, l'Église et le monde, » et les 2,900 pères effectivement présents, depuis ce lundi 30 septembre 1963, examinent déjà, dans une atmosphère de très grande sérénité, le schéma fondamental de cette XXIe Assemblée Œcuménique : De Ecclesia.

 

  A suivre…

 

   Extrait du volume : PAUL VI 

                           G. SCANTAMBURLO

                                  Édition; Maison Mame  (1964)

 

 

   Elogofioupiou.com

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 00:00

 

En 1950, on demanda à un Français arrivé au Canada:

Pourquoi donc avez-vous quitté la France ?

L'émigré répondit : Je voulais oublier... Oublier quoi ?... Franche­ment, je ne le sais plus... J'ai oublié.

 

Voilà un homme à imiter.

 

S'il est important de savoir se souvenir, il l'est encore plus de savoir oublier.

 

En effet, à côté des souvenirs à garder, il en existe d'autres à éliminer, à pourchasser, à détruire. Comment y parvenir ?

 

Quand un souvenir indésirable se présente, claquons-lui la porte au nez. Détournons notre attention des événements pas­sés dont l'évocation nous déprime, nous décourage.

Refusons de penser à ce qui nous rend vindica­tifs, furieux, rancuniers.

Occupons-nous tout de suite à autre chose. Ab­sorbons nos énergies dans une occupation qui mo­bilise toutes nos forces.

Avec une telle technique, nous parviendrons à oublier la grande majorité des souvenirs qui nous rongent comme des cancers.

 

En certains cas, comme lorsqu'il s'agit de deuils récents, on parviendra à neutraliser les cha­grins et leurs effets débilitants, non par l'oubli im­médiat qui d'ailleurs serait impossible, mais par des pensées altruistes, positives.

Ainsi pensons que, pour l'être cher, les souffran­ces, les maladies, les misères sont finies et que, pour lui, une éternité de bonheur a commencé en la compagnie de Dieu, au Paradis.

 

En certains autres cas où l'oubli s'avère plus difficile, combattons ces souvenirs no­cifs avec les armes légères mais efficaces de l'hu­mour.

L'autre jour, il advint à l'un de mes amis d'échap­per le mot de Cambronne en pleine réunion de per­sonnages importants.

A la suite d'un tel impair, d'autres se morfon­draient en regrets, d'ailleurs parfaitement inutiles. Lui, raconta sa mésaventure avec esprit et en se moquant de lui-même. Il décanta ainsi l'événement  malencontreux de ses éléments empoisonnés.

En somme, ne laissons pas les événements tristes de notre passé entraver nos énergies présentes.

 

Ces événements tristes, ou bien enlevons-leur leur nocivité, ou bien oublions-les.

 

Souvenons-nous d'oublier, mais n’oubliez pas de visiter souvent votre blog :  elogofioupiou.com   et de le faire connaître, c’est très important.

 

 

Elogofioupiou.com

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 23:59

             

 

Le cardinal Montini revit Jean XXIII pour la signature du décret par lequel le pape mettait personnellement en œuvre la béatification du cardinal Ferrari, autre grande figure d'archevêque milanais et glorieux prédécesseur de Montini.

 

Le 29 mai, le cardinal Cicognani montrait au Pape un message de l'archevêque de Milan. Jean XXIII était couché; il lui restait cinq jours à vivre. Autour de son lit de souffrance le monde entier tremblait d'angoisse et d'amour, comme cela n'était encore jamais arrivé au cours de l'histoire.

 

Le cardinal Montini, dans ce message, lui présentait une sorte de relation des plus récentes initiatives de son diocèse : on venait de poser la première pierre de l'église dédiée à saint Grégoire Barbarigo, dans la banlieue milanaise et de fonder l'académie Saint Charles, dont nous avons déjà parlé. C'était les saints préférés du pape Jean XXIII : « avec Saint Charles je suis chez moi, dit-il, et puis il y a le cardinal Ferrari. Cette académie Saint Charles voilà cinquante ans que je la désire; j'ai un peu insisté; le cardinal Montini a aussitôt compris et ses bons milanais l'ont secondé. Je bénis l'insti­tution et j'en prévois un bien immense. »

 

Le cardinal Montini accourut à son chevet par le premier avion. Mais le pape agonisait déjà.

 

Sa mort a creusé un vide; mais elle a peut-être fait fleurir le plus beau miracle historique de charité, d'émotion, d'affection, d'estime et de sympathie pour l'Église et son pasteur suprême dans une humanité divisée et matérialisée, mais unanime dans sa douleur autour du pape mort, le pape du Concile et de la paix.

 

Nous nous sommes tous sentis orphelins ce jour-là.

 

Mais, « le Pape est mort, vive le Pape ! », l'Église vit dans les siècles.

 

On prépare le Conclave. Commentaires et indiscrétions sont claironnés dans le monde entier par les journaux, les bulletins d'agences et les nouvelles radiotélévisées.

 

Le cardinal Montini arrive à Rome avec tous les autres princes de l'Église, pour s'enfermer dans l'enclos de la chapelle Sixtine.

 

Inutile de revenir sur les événements de cette attente de l'Église et du monde : c'est de l'histoire d'avant-hier.

 

Le cardinal Montini réserva aux élèves de son Séminaire Lombard, provisoirement installé via Aurélia, ses dernières paroles prononcées parmi les hommes avant le Conclave.

 

Il rejoignit le Lombard auquel l'attachent des liens d'affec­tion à la fois anciens et récents, le mercredi précédant son élection à 13 h. 30. Quelques heures plus tard allait com­mencer la claustration des quatre-vingt cardinaux, appelés à élire le successeur de Jean XXIII avec l'assistance du Saint-Esprit. Le cardinal ne fit qu'une courte halte sur le seuil : Quelques minutes suffisantes pour parler aux sémina­ristes et aux prêtres du Lombard avant d'affronter le mémo­rable événement qui allait faire de lui le pasteur universel de l'Église.

 

Un étudiant milanais lui dit : « A bientôt à Milan, Éminence. » Le cardinal ne répondit pas. Il ouvrit les bras et eut un sourire énigmatique. L'étudiant est persuadé qu'il fallait interpréter ce sourire comme un présage de son élec­tion imminente.

 

Le cardinal Montini rappela aux élèves du Séminaire la puissance des tentations démoniaques auxquelles l'humanité succombe parfois. « Ne luttons pas seulement contre la chair et le sang, dit-il, mais aussi contre tout ce qui gouverne ce monde de ténèbres. » Un pressentiment pour le futur Paul VI ?

 

Parlant du Conclave imminent qui polarisait l'attention anxieuse de tous, celle de l'homme de la rue et plus évidem­ment encore celle des hommes d'Église, fussent-ils étudiants, il dit : « C'est un mystère. Tant de forces agissent sur la décision! Mais celle du Saint-Esprit est déterminante. »

 

Parmi les séminaristes qui faisaient cercle autour de lui, nombreux étaient ceux qui se démenaient sans trop d'habileté, avec des appareils photographiques. Le cardinal était mitraillé par les flash, bien que tous les opérateurs en herbe ne fussent pas certains qu'il en sortirait des instantanés historiques et précieux.

 

« Faites, faites, disait-il avec son habituel sourire contenu, si cela témoigne votre affection, c'est une grande consola­tion. Faites, même si cela doit contribuer à grossir le nombre des anecdotes autour de mon humble personne. »

Étaient également présents à la rencontre les cent trente séminaristes du « Pieux Collège d'Amérique Latine » qui accueille temporairement dans ses locaux une partie du Lombard. Tous étaient originaires des différents pays d'Amé­rique Latine et c'est cette union de la foi, cette image de la catholicité de l'Église qui suggéra à l'archevêque un appel à la fraternité universelle qui a frappé et ému tous les assis­tants.

 

Quelques heures plus tard, l'archevêque de Milan entrait dans la claustration du Conclave.

 

Le monde entier attendait et conjecturait. La place Saint-Pierre était, à toute heure du jour, noire de monde, en attente de la fumata blanche.

 

Comme dans la miraculeuse gestation de Marie, œuvre du Saint-Esprit, l'Église de Dieu était en gestation dans le solennel enclos de la Chapelle Sixtine. Et l'humanité attendait l'heureux événement.

 

Les spécialistes du Vatican de tous les journaux, les envoyés spéciaux, les cameramen, les commentateurs, les reporters formaient un essaim de guêpes désordonné, fastidieux, indiscret, dans la ruche de cet impassible et séculaire édifice de l'Église.

 

Un jour et une nuit suffirent, et au matin resplendissant de soleil, la fumata blanche s'effilocha dans le ciel et le nouveau chef de l'Église apparut au balcon de Saint-Pierre : le cardinal Jean-BaptiSte Montini, Paul VI.

 

Quelques heures plus tôt, à Brescia, le fleuriste Cavagnini qui depuis des années a la pieuse habitude de déposer une couronne de fleurs sur la tombe des parents de Jean-Baptiste Montini, avait demandé et obtenu, comme de coutume, la permission de la déposer « sur la tombe des parents du Pape ».

 

Paul VI est maintenant le nouveau pontife.

 

L'Esprit-Saint a bien choisi! Un mot anglais, sur lequel est fondé toute l'antique suprématie britannique dit : « The right man, in the right place, » et nous ajouterons, in the right time : « l'homme juste à la place exacte et au moment opportun. » Toute l'Église, tous les hommes peuvent avoir confiance en lui.

 

La prophétie présumée de Malachie (Saint Malachie, évêque irlandais (1940-1148) à qui est attribuée la Pro­phétie sur l'Histoire des Papes.)

 

est sauve, car le nouveau pape a des fleurs dans son blason, et aussi parce que la Providence a fait choisir par les quatre-vingt cardinaux de la Sainte Église Romaine, la fleur des fleurs en sa personne!

 

Paraphrasant Dante nous dirons :

...  le monde l'aime beaucoup mais s'il savait quel cœur il eut... il l'aime­rait encore plus!

 

Dans le premier discours de son pontificat, Paul VI, avec saint Augustin, a défini son devoir comme « une mission d'amour ». Il y a quelques années il avait révélé le secret de son apostolat : « nous n'oublierons pas que l'attitude fonda­mentale des catholiques qui veulent convertir le monde, c'est de l'aimer. C'est là le génie de l’apostolat : savoir aimer. » Il avait dit aussi, au Congrès de l'Apostolat des Laïcs, en 1957 à Rome : « Nous aimerons notre prochain et nous aimerons nos frères lointains. Nous aimerons notre patrie et nous aimerons celle des autres. Nous aimerons nos amis et nous aimerons nos ennemis. Nous aimerons les catholiques, nous aimerons les schismatiques, les protestants, les anglicans, les indifférents, les musulmans, les païens les athées. Nous aimerons toutes les classes sociales mais plus particuliè­rement celles qui ont le plus grand besoin d'assistance et de promotion. Nous aimerons les enfants et les vieillards, les pauvres et les malades. Nous aimerons ceux qui se moquent de nous, qui nous méprisent, qui nous combattent ou nous persécutent. Nous aimerons ceux qui méritent et ceux qui ne méritent pas d'être aimés. Nous aimerons nos adversaires : comme homme, nous ne voulons aucun ennemi. Nous aime­rons notre temps : notre civilisation, notre technique, notre art, notre sport, notre monde. Nous aimerons, en nous efforçant de comprendre, de compatir, d'estimer, de souffrir, de servir. Nous aimerons avec le cœur du Christ : venez tous à moi... nous aimerons avec la générosité de Dieu... »

 

Saint Père, nous aussi nous t'aimerons.

 

NDLR : Et nous prions pour vous…  en 2013  AMEN

 

   A Suivre…

 

Extrait du volume : PAUL VI 

                           G. SCANTAMBURLO

                                  Édition; Maison Mame  (1964)

 

 

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 17:52

 

 

Savez-vous seulement ce que c'est qued'être prête à mourir ?

 

Lorsque vous êtes sur le point d'entreprendre un voyage, involontairement vous vous posez cette question qu'inspire la plus vulgaire prudence :   « Suis-je prêt ? Ne le manque-t-il rien ? Ne me reste-il aucune disposition à prendre avant de quitter ta maison ? »

 

Lorsque vous devez faire quelque action d'une certaine importance : subir un examen, paraître dans une assemblée, etc., vous vous dites encore : «Suis-je prêt ? Suis-je en état de faire bonne figure là où tu vas aller, et de réussir ? »

 

Et ainsi du reste. On ne fait rien sans se demander si l'on est prête et pourtant toutes les choses d'ici-bas n'ont que fort peu de conséquence. Une seule est grave, c'est celle qui met fin à toutes les autres : la mort. Et c'est la seule à laquelle on ne se prépare pas, la seule en prévision de laquelle on ne se pose pas la grande question : Suis-je prêt ? Comprenez-vous une telle aberration ?

 

Songez-y donc une fois : Dieu veut que tous soient prêts à mourir, et à mourir à toute heure : « Soyez prêts, dit-il dans le saint Évangile, car le Fils de l'homme viendra à l'heure que vous ne pensez pas. » Il ne dit pas : préparez-vous à la mort quand elle sera à votre porte : Il veut que cha­que instant de la vie nous y soyons préparés !

 

Les vierges folles, qui ne se disposèrent à recevoir l'époux que lorsqu'il était déjà arrivé, furent expulsées du banquet, tandis que celles qui étaient toutes prêtes en l'attendant y furent admises. « La mort, dit saint Chrysostome, surprend les gens qui ne l'attendent pas, à la manière des assassins et des voleurs : mais elle est pour ceux qui y sont préparés com­me un messager royal qui vient les convier de la part du Sei­gneur à l'éternité bienheureuse. »

 

Mais savez-vous seulement ce que c'est qued'être prête à mourir ?

 

C'est être dans la position du vaisseau marchand qui stationne dans le port et qui n'attend pour se mettre en route que la marchandise. S'il faut encore em­barquer les munitions et les vivres, pourvoir à son aménage­ment, il n'est pas prêt assurément puisque tout reste à faire. Et que de choses vous manquent encore, à vous de les préparer ; donc en temps utile : N'attendez pas jusqu'au dernier moment, jusqu'à l'instant de la mort, où l'obscurcissement de l'intel­ligence, les angoisses de l'esprit, le trouble, l'inquiétude, les regrets, la souffrance, rendent l'homme incapable de prêter toute son attention à une affaire aussi importante.

 

Personne n'a jamais eu lieu de regretter d'y avoir songé trop tôt ; tandis qu'une foule de malheureux gémiront éternelle­ment pour avoir apporté de la négligence dans une affaire si décisive et si grave.

 

Sera-t-il temps de vous munir de bonnes œuvres pour le grand voyage de l'éternité au moment où sonnera l'heure du départ et quand on vous dira, avant même que vous ayez rendu le dernier soupir, cet adieu anticipé : Ame chrétienne, partez de ce monde !

 

Est-il sage de s'exercer au maniement des armes au moment du combat, et alors que l'ennemi engage l'action ? Est-il bien temps d'établir ses comptes à l'heure où on doit les produire et les justifier ?

 

Pourquoi remettre à demain votre pénitence et votre préparation, puisque vous n'avez pas une minute d'assurée ? Quel homme sensé s'avise d'ajourner indéfiniment une affaire de laquelle dépendent sa vie et sa fortune ?

 

Heureux qui peut dire avec l'apôtre : Je meurs tous les jours : c'est-à-dire je suis toujours prêt à mourir : heureuse l'âme que le trépas trouve morte déjà à elle-même et à toutes les créatures ! La mort n'est véritablement pour elle que le commencement de la vie.

 

Si c'est une monstrueuse démence que de rester seulement une nuit, seulement une heure en état de péché mortel, que dire de ceux qui passent dans cet état des mois et des années entières ? Si la mort n'avait surpris jusqu'ici qu'un seul in­dividu dans le péché, vous devriez appréhender encore d'y passer un seul instant, de crainte d'être le second. Pourquoi n'être pas plus sur vos gardes, vous qui avez l'exemple de tant de misérables qui subissent les supplices éternels pour avoir été surpris par la mort dans ce funeste état ?

 

Tâchez de n'avoir pas lieu de vous adresser à vous-même sur le seuil de l'éternité ce reproche tardif que se faisait jadis Annibal après avoir laissé échapper  l'occasion de s'emparer de Rome : « Quand je pouvais, je n'ai pas voulu : quand je voulus, je ne pouvais plus ! » Aujourd'hui vous pouvez : veuillez, donc aussi ; demain peut-être la puissance et la volonté vous feront défaut !

 

C'est une pratique bien sage et bien salutaireque d'accom­plir toutes ses actions comme si elles étaient les préliminaires de la mort : c'est à cette préparation que tendaient tous les combats des saints, leurs victoires, leurs austérités, leurs mortifications, leurs jeûnes, leurs prières, leurs veilles !

 

Un pieux ermite qu'on exhortait à se préparer à la mort répondit : « Depuis que je porte cet habit je n'ai rien fait d'autre. »

 

Le célèbre solitaire saint Antoine répétait fréquemment ces mots à ses religieux : « Vivez comme si vous deviez mou­rir le jour même. »

« Heureux le serviteur que le maître trouvera vigilant et tout prêt lors de son arrivée ! »

 

Prenez la résolution de vivre chaque jour comme s'il devait être le dernier de votre existence. En outre, choisissez un jour par mois pour vous préparer particulièrement à la mort et pour régler le compte de votre vie.

 

 

Saint Lazare, martyr.

Lazare, issu d'une noble famille juive, vivait à Béthanie avec ses deux sœurs Marthe et Marie. Non content de donner souvent à Jésus l'hospitalité de sa demeure, Lazare of­frit au divin Maître celle de son cœur, et Jésus, en retour de cette affectueuse hospitalité, l'admit au nombre de ses amis. Il arriva qu'en l'absence de Jésus Lazare tomba gravement malade. Ses sœurs, pleines d'inquiétude pour sa vie, firent prévenir leur divin hôte du danger que courait son ami. Jé­sus cependant tarda un peu de se rendre à cet appel, et La­zare s'endormit du dernier sommeil.

 

Attendri par la douleur de Marthe et de Marie, le divin Maître frémit en lui-même, il pleura sur Lazare, et s'écriant à haute voix : « Lazare, sor­tez dehors», il le ressuscita du tombeau où depuis quatre jours la corruption faisait son œuvre. Ce prodige fit éclater, aux yeux de tous, la puissance de Jésus. Plus tard, ses ennemis dé­posèrent sur une barque tombant de vétusté Lazare, Marthe, Marie, Marcelle, Maximien et quelques autres chrétiens, les abandonnant au hasard des tempêtes sans voile, sans gou­vernail et sans vivres. D'après la légende, Dieu aurait guidé cette barque et elle aurait abordé à Marseille dont Lazare fut ainsi le premier évêque. Mis en demeure de choisir entre l'apostasie ou la mort, après un fructueux apostolat, Lazare ré­pondit : «J'ai un ami dont la puissance une fois déjà m'a rendu la vie. Pour lui je suis prêt à mourir une seconde fois. » Le saint évêque eut la tête tranchée et consomma ainsi, vers l'an 80, son martyre qui le réunit pour jamais à Jésus-Christ, son éternel ami.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 17:13

 

 

Le cardinal Montini vit en Vatican II, annoncé par Jean XXIII, une occasion historique de relancer l'Église : « On ne peut rester étranger à un tel épisode historique et spirituel, qui intéresse non seulement la vie de l'Église mais aussi celle de toute la chrétienté et de l'humanité entière. »

 

Dès le début, il souligna l'importance de quelques-uns des buts du Concile : la valorisation de l'épiscopat, la défi­nition de la place des laïcs dans l'Église, le dialogue avec les frères séparés et avec le monde moderne. Il contribua à la préparation du Concile au sein de la Commission centrale. « Le discours sur la nature et la fonction de l'épiscopat, dit-il, en harmonie avec la papauté romaine, pourra amener à une affirmation nouvelle et spontanée de l'unité juridique et surtout vivante de l'Église autour du trône de Pierre; il pourra aussi et sans intentions revendicatives donner le départ à une internationalisation du gouvernement central de l'Église. »

 

Un mois avant l'inoubliable ouverture solennelle du Concile, le cardinal Montini convoqua le clergé ambrosien en synode : l'exemple d'une réforme intérieure de l'Église devait partir des prêtres. « Vous devez être des ascètes, » dit-il en substance.

 

Sa lettre pastorale de 1962 avait justement pour thème : « Pensons au Concile ». Elle a été considérée comme la meilleure étude sur l'événement; elle en était certainement en tout cas la plus profonde car elle voulait répondre à cette terrible question : Qu'attend le Seigneur de ce Concile ?

 

« Comprendre cette volonté divine — écrit Montini — serait une grande chose; le jeu mystérieux et plein d'amour de la Providence dialoguant avec l'histoire, c'est-à-dire avec la somme des libres volontés humaines, pour préparer aux âmes et au monde de nouveaux destins, nous serait en une certaine mesure révélé, et d'immenses panoramas nous seraient ouverts : Des grâces provenant du ciel, de responsa­bilités appelées à des choix suprêmes, de nouvelles énergies surgissant du fond des cœurs humains, de combinaisons merveilleuses de temps et de faits, de fils courant de la trame serrée des choses d'hier et d'aujourd'hui vers demain, vers l'avenir et au-delà du temps, vers l'avènement final du Christ... »

 

Pendant la première session du Concile, ouverte le 11 octobre 1962, Jean XXIII le voulut à ses côtés, au Vati­can, seul parmi tous les cardinaux. Il fut le premier, en Italie et dans le monde, à maintenir, par l'intermédiaire des colonnes du quotidien catholique milanais, un contact continu avec ses fidèles, les informant de ce qui se passait dans la salle conciliaire, où se pressaient deux mille cinq cents évêques, provenant de tous les coins de la terre.

 

L'une de ses lettres du Concile, celle du 2 décembre, quand les assises œcuméniques étaient à un tournant décisif, fran­chit les frontières du diocèse, pour être commentée dans le monde entier.

 

« Matériau immense, écrivit à cette occasion le cardinal Montini, excellent mais hétérogène et inégal qui aurait réclamé une réduction graduelle et courageuse, si une auto­rité, pas seulement extrinsèque et disciplinaire, avait dominé la préparation logique et organique de ces magnifiques volumes, et si une idée centrale, architecturale, avait polarisé et assigné une fin à ce considérable travail. En raison du respect du principe de spontanéité et de liberté dont est né le Concile, le programme de Vatican II a fait défaut sur un point capital. »

 

Trois jours après, c'est à propos du thème De Ecclésia, qu'il s'exprimait : « Cet aspect des rapports de l'Église avec son chef, qui est le Christ, n'est pas suffisamment mis en lumière, dans le texte actuellement en discussion. Et d'autre part l'Église ne peut rien par elle-même. Elle n'est pas seule­ment une société fondée par le Christ : Elle est l'instrument par lequel Il agit sur le monde; en second lieu, la façon de présenter la doctrine de l'épiscopat est plus juridique que théologique. »

 

Il rappelait ensuite les buts donnés par Jean XXIII à Vatican II. Son intervention fut faite avec beaucoup de diplomatie, de tact, d'équilibre, attentif à ne blesser personne et à rester au dessus de la mêlée. Ce fut une intervention mémorable dans la salle conciliaire, car il réussit à faire sienne une grande partie des critiques qui avaient été avan­cées sur ce thème, tout en tranquillisant et en apaisant de nombreux esprits échauffés.

 

Lui qui avait défini le Concile : « Une heure de présence mystique et agissante du Christ dans son Église et dans le monde... un Concile de réformes positives plutôt que puni­tives; plus d'exhortations que d'anathèmes, » il ne pouvait ne pas se révéler comme l'élément d'équilibre et de sagesse, le plus autorisé et le mieux préparé.

Les extrémismes n'étaient ni dans son caractère ni dans sa charité. Un exemple ? Peu avant de partir pour Rome, afin de participer à Vatican II, Montini prouva sa nature d'homme hostile à tout extrémisme en interdisant une réunion de la revue catholique progressiste française Esprit qui devait se tenir à Milan, et en ordonnant la cessation des publications de la revue bimensuelle Adesso, le journal de bataille fondé par don Primo Mazzolari.

 

Vingt-quatre heures après l'intervention de Montini, le pape Jean XXIII donnait des directives pour un nouvel examen et un perfectionnement des thèmes, selon les sugges­tions avancées en salle conciliaire. Le cardinal Montini, à qui le Pape avait confié la cérémonie du 4 novembre à Saint-Pierre pour l'anniversaire de son couronnement, quitta l'ap­partement de l’archiprêtre de Saint-Pierre, à l'ombre de la coupole, et rentra à Milan.

 

De retour dans son diocèse, il trouva dans de nombreux secteurs de l'opinion publique, du monde catholique et du clergé, une agitation et des critiques insolites, d'insolites attentes suscitées par la première session du Concile qui, par ailleurs, avait polarisé l'attention du monde entier.

 

Il était nécessaire d'intervenir; et il intervint, avec une lettre à ses prêtres du dimanche des Rameaux, pour faire le point de la situation et freiner les enthousiasmes exagérés et les dangereux pronunciamientos.

 

« Le Concile a diffusé l'attente d'un visage nouveau de l'Église, écrivait-il. Il faut réfléchir sur les changements auxquels s'adresse cette attente, afin que la face de l'Église en sorte extérieurement changée mais aussi intérieurement fortifiée et spirituellement embellie. Mais certains font consister cette attente en un désir de changement de la dis­cipline ecclésiastique, comme si elle n'était plus désormais qu'une coutume sotte et dépassée. Cette attente, raisonnable et légitime en ce qui concerne certaines formes, moins aptes aujourd'hui à exprimer l'efficacité spirituelle et pastorale de l'Église (certaines expressions liturgiques par exemple), trahit une considération superficielle de l'effort vital que l'Église est en train d'accomplir; elle laisse suspecter une tendance conforme aux habitudes de la société profane, une faiblesse envers la mode dans la pensée ou le compor­tement du temps qui passe, un respect humain qui nous fait désirer être d'un monde dans lequel nous devons au contraire apparaître différents, détachés, résistants.

« Notre réforme ne doit pas tant consister en une indul­gence envers le style de vie de notre siècle, comme si nous devions devenir un sel insipide privé de réactions brûlantes mais salutaires, qu'en une affirmation vigoureuse de notre forme de vie originale et autonome, telle qu'elle découle de l'Évangile et de l'interprétation concrète que nous donnent l'expérience ascétique et la loi canonique de l'Église.

 

« Parler, par exemple, de « crépuscule de l'âge constantinien », de « pluralisme idéologique » ou d'Église « spiri­tuelle » opposée à une Église « juridique » est extrêmement dangereux, parce que cela autorise des concepts approxima­tifs et imprécis, flatte les velléités subversives et alimente de fallacieuses espérances. Taxer de « paternalisme » l'exercice de l'autorité pastorale, revendiquer une liberté de pensée et de conduite dépouillée de préjugés, pour se soustraire effec­tivement à l'obéissance pratique nécessaire à la communauté sociale des fidèles, favoriser les expressions spirituelles indo­ciles et les critiques envers la norme commune et autorisée de la vie catholique, comme si c'était là des attitudes supé­rieures et raffinées, qui ne pouvaient plus tolérer désormais l'habitude cléricale, tout cela n'est pas constructif et trompe les esprits avides de sincérité et de fécondité religieuse. »

 

L'étude du dernier enseignement du cardinal Montini du haut de la chaire d'Ambroise (ses discours, ses sermons, ses lettres...) de la clôture de la première session du Concile à l'agonie déchirante et pleine d'amour de Jean XXIII et au Conclave, révèle quelque chose de profond, de mystérieux, d'hésitant et aussi d'anxieux dans son cœur et dans son esprit. On dirait une attente.

 

Ceux qui ont eu l'occasion de l'approcher à cette époque ont pu affirmer que, même dans ses conversations privées, il faisait preuve de plus de retenue et de circonspection que d'habitude.

 

Certains ont voulu voir dans ces derniers discours la distance prise par le cardinal face à certaines initiatives pas­torales hardies du clergé et de l'épiscopat français ; on y a vu aussi le choix d'une ligne qui a fini par en faire un modéra­teur prudent entre conservateurs et innovateurs dans l'Église et au sein même du Concile.

 

Quoi qu'il en soit, le discours qu'il prononça pour l'Ascen­sion 1963, à un peu plus d'un mois de son élection au trône pontifical, est très significatif.

« Nous avons besoin, nous catholiques, d'un sens plus profond, plus vivant et plus agissant de l'unité de l'Église. Le devoir de concorde est presque oublié; l'obligation et l'honneur de la discipline sont relâchés et souvent trahis; la fonction juste et sage de l'autorité est discutée, critiquée et quelquefois niée; on parle, comme d'une conquête à faire, d'un pluralisme d'idées sur des vérités indiscutables du patri­moine doctrinal de l'Église; on a ici et là la ridicule audace de parler de l'humble désobéissance à la hiérarchie comme d'un droit et d'une géniale trouvaille de vie spirituelle; on vivisectionne les instructions claires et conscientes de l'autorité ecclésiastique pour trouver, au moyen de sophismes et de subtilités casuistiques, les arguments qui permettent d'en éluder la grave signification. Un sens de l'Église cordial et fidèle nous fait défaut, comme fait défaut la perception de ce principe inviolable et génétique qu'est son unité intérieure, aimée et professée. »

 

Mais désormais Rome l'attend une nouvelle fois.

 

Et nous conclurons cette chronique de sa mission ambrosienne sur le jugement médité d'un prélat âgé, qui l'a connu de près : « L'histoire de cet homme est singulière; il semble dépourvu de sympathie humaine, si mesuré, si plein de retenue dans ses rapports avec la foule, si ennemi des phrases à effet; sans expérience paroissiale, il arrive à Milan, immense diocèse de trois millions et demi d'âmes et il devient l'arche­vêque des milanais, le plus aimé, le plus estimé. C'est un beau résultat pour quelqu'un qu'on a pu qualifier d'antipathique !»

A Suivre…

 

Extrait du volume : PAUL VI 

                           G. SCANTAMBURLO

                                  Édition; Maison Mame  (1964)

 

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 15:56

 

 

Les hommes n'acceptent le changement que sous l'empire de la nécessité…

 

NDLR : Pour Bien comprendre la situation actuelle, il faut absolument lire : Billions for the Bankers, by Pastor Sheldon Emry .   http://liberty-tree.ca/research/Billions.for.the.Bankers

 

Mais redonnons la parole à Jean-Pierre Laly, spécialiste boursier... qui n'hésite pas à dire la vérité. Il conclura avantageusement notre rapide revue de presse : "Actuellement, les gouvernements occidentaux mentent effrontément à leurs populations en disant que la stabilité du système monétaire et financier existe alors, qu'en réalité, elle n'existe pas. Depuis 1987, la confiance [populaire] dans ces pays, s'est considérablement fragilisée et, telle une coquille d'œuf, elle est en sursis du choc qui la brisera.

 

"Lorsque les peuples chloroformés d'Amérique, d'Europe, du cercle pacifique perdront toute confiance dans leurs banques, leurs caisses d’épargne, leurs compagnies d'assurances, leurs marchés boursiers, leurs marchés immobiliers, leurs gouvernements, leurs politiciens, leurs média f financiers... ils se précipiteront vers (...) l'or.

 

"Ce peut être une succession de scandales tel que celui, récent, de la BCCI, l'effondrement soudain d'une grande banque américaine ou japonaise, une chaîne de cessation de paiements des pays du Tiers-monde, l'effondrement soudain d'une devise d'un des pays du G7... Bref, n'importe quel événement peut déclencher une panique financière

 

"Nous sommes spectaculairement seuls à raisonner de cette façon, hormis quelques observateurs pointus dont la vigilance n'est que très rarement prise en défaut... Les chances grandissent au fil du temps, pour que nous soyons les seuls à avoir spectaculairement raison.

 

"John Exter, insidieux par excellence, puisque ancien membre du directoire de la Réserve Fédérale, puis cadre supérieur de la Citicorp de New-York, a une vision personnelle encore plus apocalyptique que celle de Goldsmith [qui lui, voyait une crise dont la seule sortie serait l'or], ainsi qu'il ressort d'une interview récemment accordée à notre ami Franklin Sanders de la revue "Money changer" :

 

"Le système actuel de la monnaie fiduciaire, système universel, va bientôt s'écrouler (n'oublions pas que c'est un expert de la Réserve Fédérale qui s'exprime), nous nous dirigeons tout droit et sans aucune échappatoire possible vers la plus grande catastrophe économique de toute l'histoire...

 

« Je suis persuadé que cet effondrement débutera par le dollar. Un effondrement d'origine déflationniste des obligations à risque va nécessairement se produire, il sera suivi par l'effondrement des banques, des caisses d'épargne, des compagnies d'assurance et par la mise en faillite définitive des débiteurs... États, sociétés, institutions et individus»  (Extrait de "La Lettre confidentielle de Jean-Pierre Laly", volume 8, numéro 12, septembre 1991).

 

Voilà donc où en sont, économiquement parlant, les Etats-Unis et l'Occident. Voilà donc, par conséquent, où en est rendu l'économie mondiale. Et certes, au train où vont les choses, il est de la plus haute vraisemblance qu'après avoir assisté à l'implosion du communisme, nous verrons sous peu l'implosion du monde capitaliste et maçonnique au moment même où celui-ci croyait avoir remporté la victoire, et pouvoir imposer un mondialisme made in USA.

 

Certains ont d'ailleurs vu venir de loin cette banqueroute univer­selle. Au cours de l'analyse d'un livre sociologique, Gérald Messadié écrivait en janvier 1984 : "En matière d'économie, le marxisme ne parvient pas plus à sauver de la crise les pays où il est appliqué que le capitalisme ne parvient à maîtriser cette crise. Ce n'est d'ailleurs pas là une idée originale : n'importe quel lecteur habituel du Financial Times, du Wall-Street Journal ou des Echos, le sait depuis belle lurette (...) La dette publique américaine est double du total de la dette du Tiers-monde [!], et demain ou après-demain, la totalité du système économique mondial, marxiste et capitaliste à la fois, peut s'effondrer dans une faillite planétaire ! C'est simple : personne ne peut plus rembourser personne, les banquiers s'en tirent en prolongeant les délais. Pour le moment. Mais demain ?" (Science & Vie", janvier 1984). …

 

Cependant, cette gigantesque faillite planétaire, sorte de monstrueux krach internationalisé entraînant des désordres sociaux apocalyptiques, est destinée à servir au mieux les desseins du pouvoir occulte qui dirige le monde depuis la disparition des Monarchies de Droit Divin : il l'utilisera sans vergogne comme moyen idéal pour faire accepter le système financier 666, dont nous avons vu plus haut l'impressionnante prépa­ration.

 

Ce pouvoir occulte, au-dessus des Francs-maçonneries des étages inférieurs, a d'ailleurs contribué à cette situation de désordre financier basé sur l'argent facile des emprunts à répétition. Et puis, il sait très bien, rappelez-vous, que "les hommes n'acceptent le changement que sous l'empire de la nécessité, et qu'ils ne perçoivent la nécessité que lorsqu'ils sont confrontés à la crise" (Jean Monnet). Or, si tout est prêt matériellement parlant pour l'établissement du système 666, psychologi­quement, il reste une barrière à franchir.

 

Rôle que remplira l'effondrement boursier et monétaire universels, couplé au déferlement des peuples du Septentrion sur l'Occident (ou peut-être sera-ce le déferlement qui amènera le krach). S'ensuivra la très apocalyptique guerre chaos universelle décrite dans le Secret de La Salette qui ne pourrait pas durer plus de six mois, à notre avis, sans entraîner la fin de l'humanité. Saint Jean nous a déjà révélé dans l'Apocalypse, le nombre des "soldats" de cette guerre où chacun trouvera le combat "sur le pas de sa porte" comme nous en avertissait "er roué Stevan" : "deux myriades de myriades" (Apoc. IX, 16), soit... 200 millions, chiffre inouï à l'époque de saint Jean mais parfaitement admissible à la nôtre; et le nombre de victimes qu'elle fera : "un tiers des hommes" (Apoc. IX, 18).

 

Alors, simplement pour survivre, le monde percevra l'absolue nécessité de l'instauration du système 666... Et du mondialisme luciférien que l'Antéchrist présentera alors comme seules solutions pour se tirer du chaos universel. Et celui qui se dira "le sauveur du monde", l'instaurera, très probablement en faisant une remise à zéro de tous les compteurs, car la guerre chaos universelle aura détruit tout le système capitale bancaire actuel.

 

Quant à nous, il nous restera à crier vers le Ciel, dans l'attente de notre Délivrance, qui sera alors imminente.

 

"La fumée de leur supplice monte aux siècles des siècles : ils n'ont cesse ni jour ni nuit, ceux qui adorent la Bête et son image et ceux qui acceptent la marque de son nom sur le front ou sur la main. C'est là que se manifeste la constance des saints, ceux qui gardent les commande­ments de Dieu et la Foi de Jésus" (Apoc. XIV, 9 & 12.)

 

      FIN

 

 

Extrait du livre de Louis de Boanergès,

ACTUALITE DE LA FIN DES TEMPS

En dépôt à D.F.T  (France)

 

elogofioupiou.com     

 

 

 

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 15:55

  

 

Le témoignage de Mgr Pignedoli est précieux : « Mgr Mon­tini parle toujours de l'Église et il est naturel qu'il en soit ainsi. Mais sa façon d'en parler n'a rien d'habituel. Il y met la chaleur et la nouveauté d'un récent converti. »

 

Les années qui suivirent son accession au cardinalat, entre 1959 et 1962, virent se renouveler et s'intensifier le zèle et les initiatives pastorales du cardinal Montini dans ce diocèse dont il connaissait désormais, en père et en pasteur, tous les problèmes de gouvernement spirituel.

 

Ce sont les années de la grande maîtrise pastorale du futur pape; les années des Lettres de Carême, toujours plus illu­minées de doctrine et de souffle apostolique, toujours plus denses d'expérience humaine; les années des innombrables allocutions dictées par des circonstances particulières, comme les visites de paroisses ou d'institutions ou les rencontres très fréquentes avec les travailleurs, les étudiants ou les cadres, italiens et étrangers, de passage à Milan à l'occasion de la Foire.

 

Parmi ses lettres pastorales, les plus importantes et signi­ficatives sont la lettre sur le « Concile Œcuménique », celles sur « le bien-être temporel », « la famille chrétienne », « le sens moral »,... etc.; mais toutes les autres sont également riches de doctrine et de sagesse méditée.

 

Le cardinal Montini a été un grand archevêque, comme l'exigeaient les temps modernes, plein d'intuitions, d'ini­tiatives, de réalisations, mûries dans la volonté d'apporter à tous les milieux la vie et la pensée chrétienne et affrontées avec un esprit de sacrifice et une ténacité infatigables.

 

Il a gouverné le diocèse ambrosien pendant l'une des périodes les plus tourmentées de sa vie séculaire; en un moment de profondes transformations sociales, de change­ment radical des mœurs; en un moment où le monde tradi­tionnel tout entier s'apprêtait à disparaître ou à se modifier devant la croissance continuelle de l'immigration et du tra­vail féminin et devant l'industrialisation diffuse qui carac­térise le diocèse de Milan, le plus grand du monde, comme il l'appela lui-même un jour.

 

Il en fut le connaisseur le plus attentif et le chercheur le plus exigeant. Il y encouragea toutes les initiatives capables d'aider à promouvoir « la pacification entre la tradition catholique italienne et ce qu'il y a de bon dans l'humanisme de la vie moderne » ainsi qu'il l'affirma dans son discours de présentation aux milanais.

 

« Custodi depositum fidei » fut la consigne que lui donna Pie XII en le nommant archevêque de Milan; mais la conser­vation de la foi, de cette tradition chrétienne qui caractérise encore tant de zones du diocèse ambrosien, devait être accompagnée d'une action d'approfondissement spirituel et d'extension des rapports avec le monde environnant. Voilà pourquoi la caractéristique principale de l'épiscopat du car­dinal Montini a été, jour après jour, le contact: humain, presque personnel, avec toutes les catégories sociales. On l'a souvent appelé l'archevêque des travailleurs et il s'en réjouissait; mais il fut aussi l'archevêque des patrons, des cadres, des commerçants, des artisans, des employés de banque, de tous ceux qui font battre le cœur de cette grande ville active.

 

Partout présent, en personne et en parole, il a été l'infatigable prédicateur de la nécessité de l'Église et d'une chrétienne cohérente pour les fidèles qui en font partie, partie vivante et vitale. Fidèle à la maxime évangélique « procla­mer la vérité sur les toits », il a employé tous les prodigieux moyens offerts par la technique moderne, pour se faire réellement l'évangélisateur du diocèse qui lui était confié, pour approcher ceux qui étaient lointains comme ceux qui étaient proches, pour donner à tous la parole de vie éternelle et pour faire comprendre à tous la sollicitude maternelle de l'Église. Il suffit de parcourir les actes officiels de ces huit années pour mesurer l'ampleur de cette mission évangélisatrice que l'image du bon semeur caractérise si bien...

 

« Exiit qui seminat seminare semen suum... » à toutes les heures du jour et de la nuit, en toute circonstance opportune et impor­tune, il a semé abondamment, à pleines mains, en toute liberté et avec un grand espoir, la parole de Dieu.

 

On remarque un aspect important et permanent dans sa mission de bon semeur : « le respect total, non seulement de la légalité publique, mais aussi de la liberté personnelle. »

 

Dans un discours à la F. A.C.E. pendant la grande Mission, le cardinal Montini dit en effet : « Nous ne faisons pas de pro­pagande, nous ne désirons pas forcer votre conscience. Je sais que bien des gens font preuve d'une grande méfiance envers les vérités religieuses. Eh bien saluez-les de ma part; et portez-leur à eux aussi mon message : Soyez des hommes ! Soyez loyaux! Je vous dis la vérité qui touche à la vie et à quoi sont suspendues vos destinées. Écoutez, on ne vous demande rien d'autre. Nous ne voulons de vous aucun tribut, ni hommage, ni aumône, ni applaudissements ni approba­tion. Nous voulons seulement que vos âmes s'ouvrent et écoutent encore une fois la parole du Christ. »

 

Le cardinal Montini voulait, en premier lieu, que les gens sachent que le problème religieux est indéclinable, qu'il est vital, qu'il est la source de tous les autres problèmes concer­nant notre destin et notre vie et qu'il doit graver son empreinte sur toute notre activité. En dehors de cela, prêcher sur d'autres thèmes à des gens inertes, assoupis, dont le sens religieux ne répondait plus, équivalait à son avis à survoler les têtes en laissant les esprits et les cœurs indifférents et les âmes confuses. Un diagnostic réaliste et non pas pessimiste.

 

Il fondait son action pastorale sur une connaissance réelle et non conventionnelle de son diocèse.

 

« Dans l'usine, par exemple, que trouve-t-on ? Se demandait-il. Le nom de Dieu, le crucifix n'y sont pas! Des mil­liers de personnes passent leur vie là où la vibration de la vie religieuse ne résonne jamais. Et dans les bureaux ? Qu'y a-t-il de religieux dans un bureau ? Et dans une caserne ? Dans un Stade ? Dans une maison populaire ? Qu'y a-t-il qui parle de Dieu, du Christ, de la vie surnaturelle dans tant d'écoles où l'on débat pourtant de graves problèmes spiri­tuels ? Ce sont pourtant des milieux qui influent énormément sur la pensée, la moralité, la vie et le destin de l'homme. Si, de temps en temps et pour interrompre le panorama profane de la ville moderne, nous ne voyions pointer ça et là, dans l'enchevêtrement des maisons, les rares clochers de nos églises, nous pourrions nous dire : il n'y a donc rien ici qui soit à Dieu! Constater cela c'est ressentir l'obligation d'étu­dier les moyens d'introduire un signe de Dieu dans tous les secteurs importants de la vie. »

 

C'est pourquoi il misait constamment sur la conspiration des forces catholiques. « Le monde catholique a encore beau­coup d'énergies; mais elles avancent chacune dans sa direc­tion, quand elles ne se croisent pas ou même ne se gênent pas l'une l'autre. Notre action serait tellement plus efficace, confiait-il un jour, s'il y avait parmi nous un peu plus d'unité, d'harmonie, c'est-à-dire d'humilité, d'obéissance et de véri­table charité et non une suite de privilèges, d'abstentions et d'égoïsmes spirituels! »

 

Sa préoccupation était de jeter dans cette société dispersée et distraite une authentique semence.

 

Mais, devant tant d'indifférence et d'absentéisme, au spec­tacle de cette mer bouleversée sur laquelle ne flottent plus que quelques rares îlots de ferveur religieuse, il se demandait souvent si ce n'était pas aussi « notre faute ».

 

« Au lieu de donner l'essentiel à ce peuple qui nous regarde et qui a peut-être besoin d'un témoignage plus authentique et plus naturel, nous lui avons souvent présenté un christianisme « phénomène », extérieur, limité à la dévo­tion, facultatif. Ne cherchez pas, je le répète, les succès immédiats; n'espérez pas qu'on vous applaudisse, que l'on vous remercie, que l'on commente : Quel beau résultat !

 

Lais­sez les résultats entre les mains de Dieu. Vous n'êtes que des conditions économiques générales mais devrait aujourd'hui encourir, de toutes parts, la plus vigoureuse réprobation.

 

« L'honnêteté est une règle nécessaire de l'ordre social : Celui qui la viole manque à celui qui est directement frustré mais offense encore plus la communauté toute entière parce qu'il ébranle la confiance sociale, qui est la base indispensable de la vie en commun, de son honorabilité et de son efficacité. »

 

A Suivre

 

Extrait du volume : PAUL VI 

                           G. SCANTAMBURLO

                                  Edition; Maison Mame  (1964)

 

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