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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 10:26
Les divorces seraient évités et pourraient être empêchés si la femme reconnaissait encore l’homme comme le chef, ce qu'il est…..

Aveux de l’Enfer. (DFT) extraits d’exorcismes 1987 (Suite )

L’esprit de domination de la femme conduit la famille à l’abîme

 

D = Comme j'ai déjà dû le dire, vous devez reconnaître que, si la Très Haute, la Dame de l'Église (Les démons ne prononcent jamais le Nom de Marie), se mettait à genoux, se prosternait devant le Sacerdoce et l'Église, tous les hommes devraient d'autant plus se prosterner et spécialement tous les prêtres, les évêques, le Pape et les religieuses, devant tant de sublimité et de majesté.

 

Mais je dois dire aussi à cet endroit que si la Très Haute, la créature la plus pure, la Dame de l'Église qui n'a commis aucun péché, et qui rayonne d'une si grande pureté et d’une si grande grâce et impeccabilité, si elle-même s'inclinait par vénération, que veulent donc (il crie) les femmes aujourd'hui dans l'Église ?

 

Qu'ont-elles donc à chercher dans le chœur de l'Église, je dois me répéter! Combien plus elles devraient s'agenouiller dans les bancs de l'église et prier pour avoir la grâce, la force et l'humilité !

 

Combien plus de grâces leur parviendraient dans les bancs ordinaires, si elles priaient à genoux et écoutaient l'évangile du prêtre, d'un diacre ou même d'un sacristain !

 

Au lieu qu'elles-mêmes s'avancent dans le chœur, prennent avec importance le livre en main et dans leur orgueil, sombrent presque dans le marécage de l'orgueil, quand elles se tiennent debout, devant, et croient être honorées de pouvoir ou de devoir lire à haute voix l'évangile ou autre chose, aux autres femmes et hommes et aux autres fidèles.

 

Cela n'est pas voulu du tout par Dieu. C'est du sale orgueil et je dois dire de l'élévation, une élévation de femme, une fausse élévation, une élévation par soi pour ainsi dire, qui n'est pas et ne se trouve pas dans l'esprit de Dieu.

 

 Les femmes obtiendraient beaucoup plus de grâces, si, en toute humilité, prononçaient le "je servirai", même vis-à-vis de l'homme et de la famille, que quand elles veulent brandir le sceptre et triompher sur l'homme comme cela arrive aujourd'hui déjà en beaucoup d'endroits.

 

Tant de divorces seraient évités et pourraient être empêchés si la femme reconnaissait encore l’homme comme le chef, ce qu'il est, si elles se soumettaient à lui même là où cela lui est pénible (sauf bien sûr quand l’homme la mène au péché).

 

Elle pourrait enseigner la véritable humilité et ainsi sauver ainsi son conjoint de la mort éternelle. Il n’en est pas moins vrai qu’aujourd'hui, la femme veut dominer l'homme, au lieu de l'inverse, et que les deux s'en vont vers l'abîme ; au lieu que la femme soit plus avisée et s’incline dans l'humilité, accueille en elle les grâces de la Messe, prie pour son mari, et pour ainsi dire le sauve de l'abîme, comme la Providence l’a déterminé pour la femme et aussi inversement.

 

C'en est arrivé à ce point maintenant que la femme ne veut plus servir. C'est maintenant une désolation de voir comment la femme avec ses sales opinions orgueilleuses veut dominer l'homme et triompher, pas du tout dans l'esprit du bien. «Voici Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole » !

 

                C’est de cette façon aussi que la femme devrait prier. Elle devrait aussi accepter chaque enfant que Dieu, dans Son décret Éternel, lui a destiné. Au lieu de cela, le naturel de la femme se cabre. Elle se cabre dans son orgueil, la femme, et dit: « Cela, je ne le veux pas. Il ne manquerait plus que cela ! Je veux vivre bien et avoir quelque chose. Croyez-vous que je vais jouer à la bonne d'enfants, ou à la femme au foyer? A longueur d'années et sans reconnaissance, si cela doit être ? Je ne le ferai pas! Je veux être quelque chose ! Je veux être reconnue ! Je veux brandir le sceptre !", etc.  - Je ne veux plus parler ! (Adjurations)

  

                  On comprend mieux la fureur des démons d’être forcés par la Toute Puissance Divine de révéler ainsi leurs plans de destruction de la famille, par la subversion du rôle pacifiant essentiel des femmes, de leur mission providentielle de transmission de la vie tant physique que spirituelle. La Révolution en tuant les pères, les prêtres, les papes, les rois, les chefs de famille en bafouant leur autorité, désorganise toute vie terrestre. C’est la Bête, trois fois maudite.

 

http://amdg.over-blog.fr/article-aveux-de-l-enfer-avertissements-importants-pour-la-survie-de-la-famille-113899885.html

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 21:01

 

ACTUALITE DE LA FIN DES TEMPS

Louis de Boanergès (1992)  DFT… 

 

Avec l’apparition de l'Antéchrist, il y aura nécessairement un développement de l’aspect matériel et économique. Si les conditions mystiques, théologiques, pour l'apparition de l'Antéchrist sont bel et bien réunies de nos jours, nous allons voir qu'il en est de même économiquement parlant.

Comme base de nos réflexions, citons l'Ecriture Sainte, saint Jean et son Apocalypse, qui est le point final de la Bible. C'est un texte d'ailleurs bien connu de la plupart de nos lecteurs : "Et la Bête fait que tous, petits et grands, riches et pauvres, hommes libres et esclaves, se mettent une marque sur la main droite ou sur le front, en sorte que nul ne peut acheter ni vendre s'il n'est marqué du nom de la Bête ou du chiffre de son nom. C'est ici qu'il faut de la sagesse. Que celui qui est intelligent calcule le chiffre de la Bête : car c'est un chiffre d'homme, et son chiffre est 666". (Apoc. XIII, 16)

 

L'actualité de ces dernières décennies, montre l'impressionnante préparation de ce contexte économique antéchristique !

 

En fait, cela commença avec la montée accélérée du paiement par chèques ce qui finit par poser de sérieux problèmes de gestion bancaire. C'est alors que les dirigeants des Banques américaines et mondiales commencèrent à envisager un autre échange monétaire. Tel Th. Waage, premier vice-président de la branche new-yorkaise de la Fédéral Reserve Bank, qui déclara lors d'une conférence de la United Press, en 1975, "qu'il fallait absolument développer un nouveau système électronique d'échange sous peine de voir le système bancaire des Etats-Unis s'étouffer sous une avalanche de chèques".

 

On mit alors en route un transfert électronique de fonds au niveau international, (SWIFT) Society for Worldwide Interbank Financial Télécommu­nications, établie à Bruxelles et comptant, en janvier 1975 nous le rappelons, déjà 246 banques pourvues d'un système privé de communications pour la transmission de paiements et d'autres messages associés aux transactions bancaires internationales. La plupart des messages transmis sur le réseau (swift) peuvent être retransmis en n'importe quel point du système, dans les différents pays du monde occidental, en moins d'une minute après leur composition...

 

Mrs. M.-S. Relfe, une femme d'affaires américaine, a fait paraître en 1981 & 1983, deux livres fort bien documentés sur le système monétaire 666 en cours d'élaboration. Elle écrivait dans «Quand le système monétaire tombera... ce sera le 666 système !» "Bruxelles, le quartier général de l'économie européenne, est le lieu où se trouve le centre principal de branchement du réseau international swift. Ce centre a l'ambition d'étendre ce transfert de fonds au niveau international (c'est-à-dire pour tous, et dans tous les pays). Ce centre de contrôle monétaire occupe trois étages de l'immeuble de treize étages du quartier général de la CEE. …

 

Un peu plus loin, Mrs. Relfe rapporte l'extrait d'un article qui est du pasteur W. Cantelon. Cet article, intitulé "une nouvelle monnaie ou aucune" indique, comme le précédent, que les informaticiens sont en train de travailler sur un plan maître pour attribuer des numéros à chaque individu sur la terre. Ces numéros pourraient être utilisés pour des buts commerciaux : achats et ventes. Mais les informateurs suggèrent de plus qu'un nombre chiffré pourrait être inscrit par tatouage au laser sur le front ou sur le dos de la main. Cette "marque internationale" pourrait faire disparaître toutes les monnaies.

 

« Aucun individu ne pourrait acheter ou vendre sans avoir l'attribution d'une marque chiffrée». (p.47) On voit déjà nettement dans quelle direction va le fameux sens de l'histoire !

 

Les capacités des ordinateurs du réseau SWIFT centralisés à Bruxelles sont telles que certains l'appellent déjà "The Beast", la Bête. Ainsi, dans cet interview entre M. Gaverluk, pasteur et scientifique, et M. Fisher, informaticien :

 

 Question : Pouvez-nous nous dire quelque chose au sujet du gigantesque ordinateur à Bruxelles qui a été appelé "la Bête" par plusieurs ? R. Il existe depuis quatre ans environ. Grâce aux cartes de crédit, il a été facile de mettre presque toutes les populations des nations commerciales dans les mémoires des Banques. Vous et moi sommes liés à cette immense machine électronique par une ou plusieurs clés qui peuvent être notre numéro de sécurité sociale, notre permis de conduire, notre extrait de naissance, notre numéro de passeport, et quelles que soient les cartes de crédit que nous utilisons. Chaque mouvement d'argent que nous avons fait, et chaque penny que nous avons payé au service des impôts de chaque année, tout est enregistré… La capacité de cette gigantesque machine de Bruxelles était préalablement établie pour deux milliards de personnes. Ils provenaient pour la plupart, des nations industrielles et commerciales.

 

Question : Laissez-moi insister à nouveau : chaque individu membre de l'une de ces nations indus­trielles, est déjà dans cet ordinateur ? R. Oui, il y est. Et chaque déplacement d'argent qu'il a effectué, tous les changements d'adresse, ses emplois, ses revenus et son taux d'imposition. …

 

Dans ce contexte déjà bien avancé, "il suffirait alors seulement d'un pas de plus pour réaliser parfaitement la domination économique et monétaire de l'Antéchrist, prophétisée par saint Jean. Ce serait sim­plement, comme il a été suggéré plus haut, de marquer la main ou le front des gens de leur numéro de code les autorisant à acheter ou à vendre. On a déjà proposé cette idée très sérieusement.

 

"Dans ce programme, tout achat et toute vente se feront par ordinateur. Pas de devises, ni de monnaie ni de chèques. Dans ce système, chaque personne recevra un numéro, tatoué sur son poignet ou sur son front. Il sera imprimé par un rayon laser sans qu'on ne le sente. Le numéro sur le corps sera invisible à l'oeil nu et sera aussi durable que les empreintes digitales. Comme tous les articles commerciaux seront pourvus d'une marque à l'ordinateur. La caisse ordinatrice du magasin qui enregistre le numéro des articles, enregistrera également le nombre sur le corps de la personne, fera automatiquement le total des achats et déduira le montant de son compte spécial de droit de retrait"

"Au bord de l'Apocalypse", W. Gôetz, p. 127.

 

Laissons W. Gôetz continuer : "L'emploi du rayon laser pour marquer existe déjà. Dans un livre bien documenté, Ron Steele démontre de façon convaincante que la technologie pour marquer, enregistrer et surveiller des gens existe.  On pourrait identifier individuellement chaque animal du monde au moyen d'un marquage au laser et d'une marque universelle et inaltérable inventée par le Dr Keith Pareil, de l'Université de l'Etat de Washington. "C'est rapide et indolore", dit l'inventeur. Un technicien peut imprimer une marque ou une initiale en une fraction de seconde, il admet s'être marqué lui-même de cette façon en guise d'expérience. Et W. Gôetz de conclure : "Il semble vraiment que la scène est préparée pour l'apparition du dictateur (l'Antéchrist) !"

 

N'oubliez pas l'assentiment général, peut-être non formulé chez la plupart de nos contemporains, mais bien réel pourtant, de l'attente d'un grand homme universel qui résoudrait tous les problèmes de toutes sortes, unifiant le monde et les religions. Cette attente généralement inexprimée se révèle tout de même de temps à autre, par des phrases du genre de celle qu'a prononcée P.-H. Spaak, alors secrétaire général de l'OTAN : "Nous ne désirons pas un comité de plus, nous n'en avons déjà que trop. Ce que nous désirons, c'est un homme d'une envergure suffisante pour obtenir la fidélité, la soumission de tous et pour nous sortir du marasme économique où nous nous enfonçons. Envoyez-nous un tel homme, et qu'il soit Dieu ou diable, nous l'accepterons".

 

L'apparition il y a quelques années d'un code barre informatique qui s'est étendu rapidement sur la quasi-totalité des biens de consommation a été la première conséquence concrète, perceptible, du plan d'asservisse-
ment monétaire en cours. Notez que cette nouveauté de portée pourtant universelle, s'est faite absolument sans aucun tapage publicitaire... comme la chose la plus naturelle au monde !... Ce code universel, composé d'une série de barres de différentes tailles avec une rangée de chiffres à leur base, "approuvé par l'ONU en 1972 et appliqué depuis 1977, comporte treize chiffres, trois pour le pays et la région d'origine, cinq pour les producteurs (usine, atelier, etc.), et cinq pour le produit (prix, date, etc.). Chaque chiffre est lui-même réalisé par une juxtaposition de sept modules blancs ou noirs. Afin d'éviter les doubles, tous ces codes sont attribués, dans chaque pays, par un diffuseur unique, Gen code, filiale du diffuseur américain…

 

Alors, nous pouvons déjà dire, sans grand risque de nous tromper, que la marque sur la main ou sur le front a toutes les chances de ressembler à celle que l'on voit déjà sur tous les produits de consommation, mais en plus petit. La technique du laser consisterait à imprimer par brûlure microscopique, indolore, inaltérable et très précise, le Code informatique des données bancaires, comme nous l'avons vu plus haut. Remarquons que le principe même du marquage par brûlure, pour identifier tel ou tel individu, n'est pas nouveau. …

 

Voilà donc à quoi aboutirait l'humanité pécheresse: à devenir un troupeau de bestiaux entre les mains de l'Antéchrist ! Marqué physiquement parce que "marqué au fer rouge dans leur propre conscience". Bien des auteurs, et même des témoignages récents (comme après la tuerie entre supporters opposés, dans un stade en Belgique, etc.) font état de cet avilissement bestial. Saint-Exupéry, par exemple : "Je hais cette époque où l'homme devient sous un totalitarisme universel, bétail doux, poli et tranquille"...

 

A suivre…

 

Extrait du livre de Louis de Boanergès,

ACTUALITE DE LA FIN DES TEMPS

En dépôt à D.F.T  (France)

 

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 20:59

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

 

C'est ainsi que j'eus l'honneur d'être le seul journaliste présent, et de façon très privée, à la célébration du rite. En attendant l'arrivée de l'archevêque, don Charles qui était déjà là me pria de l'aider à dépouiller la copieuse correspon­dance amassée sur son bureau, au premier étage du grand édifice de la Pro Juventute. Mon aide consistait à ouvrir les enveloppes et à les lui tendre, pour qu'il en parcourût rapi­dement le contenu. Un œil sur la porte grande ouverte, l'autre sur les lettres, don Charles dépêchait son travail, un doux sourire sur son visage déjà creusé par la maladie qui, deux ans plus tard, devait l'emporter. Les lettres inu­tiles, c'est-à-dire celles qui contenaient seulement des éloges pour lui, finissaient en morceaux dans la corbeille. On était ainsi arrivé à une missive d'un admirateur anonyme milanais qui priait don Gnocchi de transmettre au nouvel archevêque toute son admiration pour l'œuvre qu'ils étaient en train  d'accomplir en commun, et ajoutait un éloge particulière­ment destiné à don Gnocchi. « Je n'en mérite pas tant » dit don Charles et aussitôt il déchira lettre et enveloppe, jetant les fragments dans la corbeille. La chance voulut que mon regard tombât sur des fragments où un mot était resté lisible : « un million ». Quand Mgr Montini arriva, don Charles et moi étions agenouillés sur le plancher occupés à assembler comme un puzzle avec de la colle et une feuille de vélin, les morceaux du chèque que le bienfaiteur anonyme avait joint à sa lettre.

 

Une voix nous frappa : « Laudetur Jésus Christus. » L'arche­vêque était là, sur le seuil de la porte, avec un sourire plein de curiosité et de douceur, les mains croisées sur la poitrine. Don Charles était embarrassé, et moi encore beaucoup plus, comme si on nous avait surpris en train de voler. Le doux « père de l'enfance mutilée » ne parvenait même pas à expli­quer à son grand ami l'archevêque, comment, par un excès d'humilité « qui l'avait amené à risquer de pécher par orgueil », il se trouvait agenouillé par terre en train de faire une chose qui ressemblait à un petit jeu d'enfant. Quand il sut de quoi il s'agissait, l'archevêque s'illumina et dit de sa voix paisible : « Je peux finir de coller ? Et une autre fois, don Charles, attention, on ne sait jamais. » II se baissa et avec une humilité dans les gestes égale à celle de don Gnocchi, il colla jusqu'au dernier fragment de chèque sur le vélin, me souriant avec une espèce de complicité innocente que je n'ai jamais pu oublier.

 

Peu de temps auparavant, en haut de l'escalier où trois petits mutilés étaient venus l'attendre, il eut un geste très significatif : tandis qu'il montait, un enfant poliomyélitique, poussé par un instinctif mouvement d'amour s'était aventuré à descendre à ma rencontre, porté à grand'peine par ses petites jambes grêles. L'archevêque tendit les bras, le recueillit, lui fit faire volte-face et le soutint vers les marches supérieures, lui faisant de ses propres mains des béquilles sous les aisselles; mais le courage lui manqua de le voir sautiller de marche en marche : il le souleva dans ses bras et le porta tendu devant lui, comme un pasteur l'agneau.

 

Pour la célébration des trois Messes consécutives en usage à Noël, Mgr Montini endossa sur son simple habit noir bordé de violet, la chasuble en lamé or offerte à don Gnocchi par ses chasseurs alpins. Avant le début de la Messe célébrée sur l'autel en marbre précieux que Pie XII avait donné à don Charles, un petit aveugle récita la prière des enfants mutilés et offrit à l'archevêque deux béquilles en miniature posées sur un plat de céramique, sur lequel était peint le blason du nouvel archevêque de Milan : cinq petits monts superposés, trois lys d'argent sur champ de gueules avec la devise In nomine Domini, le tout timbré du chapeau d'arche­vêque et de la croix à trois branches.

 

Jamais musiques de Bach, de Schuman et de Frank ne furent appelées à s'accorder à une aussi tragique beauté et à une si profonde spiritualité : Les enfants de chœur en robe rouge et surplis blanc, yeux éteints, bras mutilés, jambes raidies, formaient autour du célébrant un chœur de douleur sans égal; d'autres, enfermés dans leurs voitures grises com­posaient des scènes de vitrail consacrées à la souffrance humaine. Au nom de cette douleur, Mgr Montini leur parla plus doucement et plus longuement peut-être qu'il n'avait jamais fait, sans s'abandonner aux suggestions d'une facile rhétorique de circonstance, s'efforçant de dissimuler sa très profonde émotion. Au moment de distribuer la communion, quand il s'approcha de la Sainte Table, le ciboire d'or entre les mains, face à ces visages éteints, striés de bleu, à ces petites mains fanées comme des fleurs mortes, l'archevêque trembla imperceptiblement, ferma un instant les yeux, sub­mergé par l'émotion, et son visage parut émacié et pâli jus­qu'à la transparence; puis sa main droite sur laquelle se déta­chait la grosse topaze brûlée de l'anneau pastoral se leva, présentant l'hostie une, deux, dix, cent fois tandis que l’Ave Maria de Schubert soulignait le rite.

 

Quand tout fut fini, quand il eut retiré les ornements litur­giques qui conféraient à sa silhouette une dignité solennelle, l'archevêque se retrouva seul pour s'isoler en une prière qui contenait toute la douleur du monde.

 

Cette visite doit avoir laissé une trace bien profonde dans son âme, car quelques mois après son élection au trône pon­tifical, il la rappellera avec émotion au cours d'une émouvante audience accordée aux anciens polios de l'Association Ita­lienne des Invalides qui se pressaient en grand nombre autour de son trône, dans l'après-midi du 2 octobre 1963.

 

L'Osservatore Romano du dimanche suivant rapporta l'évé­nement et résuma le discours du pape : «... Le Saint Père rappelle ensuite que de telles souffrances ne doivent pas s'arrêter au niveau purement humain de la résignation, il désire qu'elles se haussent encore plus haut jusqu'au plan religieux, spirituel. Ces fils très aimés savent que le Seigneur les voit et les préfère; si les pas de leur existence physique et sociale sont entravés, ils doivent penser que l'épreuve que Dieu leur envoie est une espèce de présence du Seigneur et qu'il est si proche d'eux qu'ils peuvent entendre sa voix : « Mon fils, arrête toi : Pense que la vie est grande pour celui qui souffre, qui aime et qui tend à se dépasser. Je t'ai choisi pour que tu sois un guide et un exemple de grandeur spiri­tuelle pour les autres. Je t'ai choisi pour que tu sois proche de moi. Il est un mot de saint Paul, qui fait beaucoup médi­ter : « Christo confixus sum cruci. » Je suis cloué en croix avec Jésus; être sur la croix avec Jésus c'est dépasser le monde, entrer dans le plan de salut que le Seigneur a établi pour le rachat de notre pauvre humanité et devenir capables de répandre autour de nous les mérites, les exemples, les prières et les forces morales que seul celui qui souffre généreusement, cette foi au cœur, peut communiquer aux autres et offrir à Dieu... »

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 18:58

           

 

Grâce à Dieu, aucune de celles qui lisent cet ouvrage n'est vraisemblablement dans le cas de s'appliquer les terribles pensées que contient ce chapitre.

 

Mais personne ne peut avoir la certitude absolue de persévérer dans le bien ; nous devons toujours craindre de tomber dans le péché et d'être infidèle à Dieu.

 

C'est pourquoi, si zélée que l'on soit pour sa sanctification, il est toujours utile de méditer les grandes vérités, et, notamment, de considérer combien est horrible la mort du pécheur, afin de se précautionner de plus en plus contre un aussi épouvantable malheur.

 

 « La mort du pécheur, est le plus grand de tous les maux. » disait David, « La mort est cruelle, déclare saint Ber­nard, en ce qu'elle arrache l'homme à ce monde, plus cruelle encore par la séparation de l'âme et du corps, mais souverai­nement cruelle lorsqu'elle voue un de nos semblables aux sup­plices de l'enfer, et que l'âme et le corps sont livrés ensemble aux flammes éternelles. »

 

Le péché est un grand mal, mais la mort unie au péché mortel est le plus grand de tous les maux. C'est un mal absolu, éternel, sans remède, et il n'est pas de plus terrible menace dans la bouche de Dieu que celle-ci : «Vous mourrez dans votre péché. »

 

Mourir mal, ce n'est donc point mourir dans la pauvreté, dans les flammes, dans l'eau, dans d'atroces souffrances, abandonné de tous; mais c'est mourir dans l'inimitié de Dieu, dans l'état du péché mortel.

Mourir ainsi, c'est le comble du malheur pour tout homme, fût-il roi ou empereur. « Malheur à vous, dit le Sage, qui avez méprisé la loi de Dieu ! quand vous serez mort, la ma­lédiction sera votre partage ! »

Ce qui fera alors la joie et la consolation des bons, fera le désespoir et l'amertume des méchants : la mort est douce pour le juste, elle est effroyable pour le pécheur. L'un aspire à la vue de Dieu : l'autre ne redoute rien tant que de devoir pa­raître devant ce Dieu qu'il a offensé, devant ce père qu'il a outragé, devant ce juge qu'il a méprisé, devant ce chef qu'il a déserté, devant ce roi dont il a secoué le joug, devant cet ami qu'il a indignement trahi, devant ce Sauveur que ses crimes ont cloué à la croix !...

Tout conspire à accabler le pécheur, tout suscite autour de lui mille terreurs : « Le méchant à l'heure de la mort, dit le Psalmiste, sera assailli de maux. » Au-dessus de lui c'est un ju­ge courroucé qui lui prépare une sentence d'éternelle répro­bation. A ses pieds c'est l'abîme béant où il va bientôt être englouti ; devant lui c'est Jésus-Christ, prêt à venger le sang

97—12

divin qu'il a foulé aux pieds ; derrière lui, c'est le monde dont il a été l'ignoble jouet : dans sa conscience c'est « le ver ron­geur, » c'est le poids écrasant de cette multitude de péchés qui vont tout à l'heure déposer contre lui et lui valoir une expiation éternelle.

Le passé accablera le pécheur du souvenir de tant de grfi-ces dont il a abusé, de tant de moyens de salut qu'il a négli­gés ; de tant de bien qu'il a omis, de tant de mal qu'il a com­mis ; de tant de plaisirs qui l'ont séduit et flatté un instant pour le torturer maintenant sans relâche et sans fin, pareil qu'il a accordé pendant toute sa vie une aveugle préférence à la terre sur le ciel, à la créature sur le Créateur.

Le présent l'accablera de la pensée que le temps de la péni­tence est passé, et qu'il devra dans un moment quitter its biens terrestres dont son cœur est encore l'esclave.

L'avenir l'épouvantera par l'attente de l'arrêt terrible cl des affreux supplices qui sont le châtiment du péché.

Tout ce qui flattait le pécheur pendant sa vie devicndr.i pour lui un objet d'amertume et de chagrin à l'heure de mi mort. L'anxiété le torturera ; il n'y aura personne qui sri-.\ capable ni de le rassurer ni de le consoler : le monde infidèle le délaissera, tout l'abandonnera d'un commun accord : set amis de la terre comme les anges et les saints protecteurs du ciel et jusqu'à Dieu lui-même. Tous les péchés de sa vie vien­dront fondre à la fois sur lui, et avant même qu'il les expie en enfer, ils lui en feront éprouver par anticipation toutes les tortures. O spectacle épouvantable! «Vous le voyez exté­rieurement couché dans son lit, dit saint Augustin, ce malhen reux pécheur : votre foi ne vous le montre-t-elle pas traîné au feu éternel ? »

Rappelez-vous l'effroi qui accompagna la mort de plusieurs insignes pécheurs, Voltaire par exemple, en dépit de toutes les fanfaronnades d'impiété dont leur vie était remplie. A ci-moment suprême, le plus forcené libre penseur perd toute as­surance, et si l'on en voit qui affichent encore une certaine in­différence, c'est le dernier effort de l'orgueil qui les pousse :\ conserver l'attitude du calme et de la paix.

Lectrice chrétienne, rentrez en vous-même et demande/ •vous dans le plus profond de votre cœur :

N'ai-je pas fait de mauvaises confessions ? ai-je eu soin île

les réparer par une bonne confession générale ? Si la réponse est mauvaise, faites-le sans retard.

N'ai-je point nourri de haine contre mon prochain ? Si vous êtes coupable de cette grande faute, pardonnez-lui main­tenant comme vous voulez que Dieu vous pardonne un jour.

N'ai-je pas en ma possession du bien mal acquis ? Si oui, restituez-le, et ne différez pas de le faire, car votre âme vaut mille fois plus que tout l'or du monde.

N'ai-je pas chez moi de mauvais livres ou des images dés-honnêtes ? Si vous en avez, brûlez-les : il vaut mieux que ce soit un vil papier qui brûle que vous-même durant toute l'é­ternité.

Et ainsi de suite...

Renoncez au péché, renoncez aux occasions prochaines du péché ; bannissez de votre maison et de votre cœur tout ce qui pourrait rendre votre mort mauvaise, et ne redoutez rien tant que de mourir en état de péché mortel.

R. P. hillegeer.

 

FÊTE DU JOUR: Saint Thomas de Cantorbéry, martyr.

saint Thomas Beckct naquit en 1117, dans le comté de Southwark en Angleterre. Dès son enfance, il fut at­taché à la maison de Théobald, archevêque de Cantorbéry, qui l'envoya étudier le droit à Paris et à Bologne. D'abord archidiacre de Cantorbéry, Thomas fut ensuite nommé par le roi Henri II lord chancelier d'Angleterre. Sa science, son habi­leté, les services rendus au royaume lui gagnèrent l'amitié du roi et sa plus entière confiance. L'état de l'Église d'Angleter­re était alors lamentable. Les barons s'emparaient par vio­lence des biens ecclésiastiques ; le roi saisissait les revenus des évêchés et des monastères vacants, les laissant de lon­gues années sans titulaires en empêchant les élections cano­niques. Or, en 1160, l'archevêque Théobald étant venu à mourir, le roi insista pour que Thomas liccket fût consacré à sa place. Le lord chancelier s'y refusa, prévoyant bien que son amitié avec le roi serait à jamais brisée dés qu'il serait évêque. Il céda pourtant et reçut la consécration épiscopale. La lutte ne tarda pas à s'élever entre le roi et l'évêquc. Saint l. m. 7—12

Thomas résista aux coutumes de régale qui violaient les IUj bertés de l'Église et les lois du royaume. Après six années <l| disgrâce, qu'il passa dans l'exil à Sens et à Pontigny, sainlTIic mas, sans illusion sur le sort qui l'attendait, revint comme 1g I bon pasteur au milieu de ses brebis, et le 29 décembre 1170,1 il fut martyrisé dans sa cathédrale, victime   glorieuse de srt fermeté à défendre les droits de l'Église. Ses quatre assassin»] portèrent bientôt les marques de la malédiction divine.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 18:57

 

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

Le lendemain de son arrivée dans le diocèse, Mgr Montini se rendait à la polyclinique pour visiter les malades; le 8 janvier, c'était le tour de l'hôpital de Niguarda et de l'Institut des Rachitiques ; « Monsieur Montini, Monsieur Mon­tini... » criait un petit enfant de l'Hôpital Majeur et le prélat, quittant les autorités, alla à son chevet et se mit à lui parler et à le réconforter. Quand il s'éloigna du petit lit, ses yeux étaient gonflés de larmes.

 

Si le cardinal avait déclaré à son arrivée qu'il porterait une affection particulière aux humbles et à tous ceux qui souffraient, on peut dire que les malades, prêtres ou laïcs, furent les favoris parmi les favoris.

 

A l'Institut Palazzolo, il baisa au front un vieux prêtre dont le corps portait de nombreuses plaies; à l'Hospice de la Sainte Famille de Cesano Boscone, un jeune infirme l'attendait dans sa voiture, à son entrée dans l'église; le cardinal Montini quitta le cortège qui le précédait, rejoignit le malheureux, le prit dans ses bras et l'embrassa.

 

Plusieurs fois on le vit pleurer pendant les visites pastorales, quand des parents lui présentaient leurs enfants atteints de graves infirmités et sans aucun espoir.

 

Ses paroles de réconfort n'étaient pas une simple formalité, elles sortaient du cœur, spontanément, et apportaient la paix à ces familles, auxquelles parvenait souvent quelque secours plus urgent.

 

A une fillette qui lui avait écrit après la mort de ses parents, il adressa de sa main une lettre émouvante et y joignit un petit cadeau qui contribua à distraire sa douleur.

 

Lors de ses visites aux malades, il trouva toujours motif à les inviter à voir au delà de leurs souffrances, à participer avec leurs douleurs à la vie de l'Église et à souffrir avec le Christ pour l'humanité.

 

Dans son message aux malades, à l'occasion de la Grande Mission, il a écrit : « La mission est venue pour vous faire réciter cette prière, le Pater Noster, avec une pleine compré­hension; pour vous rendre la dignité et l'espérance dans la douleur; pour faire de vous des frères exemplaires et coré-dempteurs avec le Christ des misères humaines; pour vous apporter la paix intérieure et la joie de l'esprit; pour vous faire sentir que vous n'êtes ni seuls, ni séparés, ni abandonnés mais que vous êtes les frères préférés, l'image transparente du Christ. »

 

Nous avons déjà rapporté les mots de don Rossi qui affirme que le cardinal Montini a toujours eu une passion particulière, celle de visiter les infirmes et de s'agenouiller devant leurs lits et nous pensons que cette passion qui devenait compréhension et compassion fraternelle et délicate, lui est venue de son enfance et de sa jeunesse pendant lesquelles sa santé précaire et deux attaques d'une douloureuse maladie ont particulièrement affiné sa sensibilité à la souffrance de son prochain. Montini voyait « l'image transparente du Christ » dans la personne du malade, mais il savait aussi ce que souffrir veut dire.

 

Il réservait une compassion toute paternelle et délicate aux enfants qui souffrent.

 

Un journal catholique de Milan a très justement écrit dans la légende d'une photographie qui le montre priant, mains jointes, parmi un groupe d'enfants : « On peut facilement mesurer la grandeur d'une âme à son aptitude à sentir le charme de l'enfance. Les mains des enfants mystérieusement consacrées par le parfum de l'innocence, cherchent le contact des mains consacrées par la grâce divine. L'Évêque, le Pasteur que fut pour tous les milanais le cardinal Montini, prenait véritablement dans le geste délicat dont il effleurait les jeunes visages ou serrait les petites mains, l'aspect radieux et inquiet du Père : « Laissez venir à moi les petits enfants ! »

 

Une visite du cardinal Montini aux Enfants Mutilés de don Gnocchi, au Foro Italico de Rome, nous éclaire sur tout ce qu'ils ont fait ensemble pour l'enfance douloureuse.

 

Mgr Montini avait été nommé depuis peu archevêque de Milan et se préparait à célébrer solennellement dans son diocèse son premier Noël d'archevêque, quand don Gnocchi arriva à Milan pour y recevoir la médaille d'or du mérite de la province. La rencontre entre le nouveau Primat du plus grand diocèse du monde et son vieux compagnon d'études et de jeunesse, don Gnocchi, « père de l'enfance mutilée » suggéra à l'archevêque un désir inattendu : celui de célébrer la messe de Noël dans la chapelle du Collège des Enfants Mutilés au Foro Italico à Rome, où don Gnocchi avait déjà fondé le premier Centre pour poliomyélitiques.

 

De nombreuses années auparavant, quand Mgr Montini était assistant national des universitaires catholiques et que don Gnocchi travaillait parmi les jeunes de l'Action Catho­lique, leurs routes s'étaient séparées; la Providence avait conduit le premier derrière les bureaux de la Secrétairerie d'État, le second sur les champs de bataille de la guerre et de la douleur, puis auprès des jeunes et des malades. Mais les divergences de destin n'avaient été qu'apparentes : Mgr Mon­tini avait continué à bercer dans son cœur l'idéal de l'apostolat parmi les jeunes et à suivre avec un vif intérêt le nouveau chemin de don Gnocchi en faveur de l'enfance mutilée. Leurs entrevues se déroulaient toujours sous le signe de ces dramatiques instances, que l'explosion d'engins de guerre abandonnés un peu partout renouvelait continuellement; et, par la vertu d'une parfaite osmose d'intelligence et de cœur, un aidait l'autre à réaliser leur commun idéal. Mgr Montini n'apparaissait jamais officiellement, par son expresse volonté, dans cette œuvre de soutien de son ami, voué corps et âme jusqu'à la mort à une cause d'amour sans égal.

 

Quand le problème des Enfants Mutilés fut en grande partie résolu, il s'en présenta un autre : celui des poliomyé­litiques. Il revêtait cette fois le visage toujours égal et toujours nouveau de la vie même, de la douleur inévitable qui ne donne aucune trêve aux générations et qui n'a pas besoin de la guerre et de ses problèmes pour se manifester. C'était Mgr Montini lui-même qui avait poussé don Gnocchi sur cette nouvelle route, après avoir visité en 1952 une colonie pour polios à Ostie.

 

« J'avais été littéralement assailli par les mères de ces bambins, angoissées de ne pas savoir où emmener leurs enfants, après cette courte parenthèse bienfaisante; » : ce sont ses propres paroles, qu'il m'a lui-même rapportées. « Les enfants poliomyélitiques, rien qu'en Italie, étaient environ soixante mille, et je ne parvenais pas à oublier ces yeux maternels pleins d'imploration, ces membres d'enfants réduits à l'état de fragiles branches sèches. Jamais de ma vie, je ne pourrai les oublier. »

Sur la route du retour d'Ostie vers Rome, la tragique vision continuait à l'obséder et Mgr Montini ne se consola qu'à l'idée d'en parler à son ami don Gnocchi et de faire avec lui et grâce à lui quelque chose de concret.

 

Il leur suffit de quelques mots pour se mettre d'accord. Les réalisations suivirent aussitôt : le plan général de l'œuvre en faveur des polios n’était pas encore tracé lorsque les premiers enfants atteints de cette maladie furent accueillis dans une section détachée de l'Œuvre Pro Juventute de don Gnocchi, au Foro Italico. Les premiers dons en argent qui parvinrent à l'Œuvre aussitôt après sa fondation arrivèrent de Milan; il était donc naturel que le nouvel archevêque choisît ce lieu pour y célébrer la messe de Noël.

 

Don Charles Gnocchi qui n'avait pas moins que lui le désir très vif de faire le bien en secret et le plus humblement possible, ne voulut inviter, pour assister à cette messe exceptionnelle, qu'un journaliste qu'il connaissait depuis longtemps et qu'il jugeait incapable de transformer en mani­festation mondaine un événement d'un caractère aussi hau­tement spirituel.

 

A suivre…

 

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 19:10

 

La mort est pour le juste le terme de sa captivité, la fin de son exil, la récompense de ses travaux, c'est sa victoire, son triomphe. Une chrétienne vertueuse qui descend dans la tombe ressemble au vaisseau qui entre au port.

 

Le juste n'a point à appréhender les accablements de la mort ; il est dans la main de Dieu, qui est son père et son protecteur. La crainte de mourir ne viendra pas le troubler, car il ne songe qu'à la joie d'une délivrance prochaine et d'u­ne éternelle union avec Jésus. La crainte de l'enfer ne l'affli­gera pas davantage, car il a la confiance de passer bientôt à une vie meilleure : les remords n'auront point accès dans son cœur, car le juste aie cœur pur. Saint Martin, voyant le dé­mon près de son lit de mort, lui criait : « Que fais-tu là, misé­rable ? Tu n'auras aucune prise sur moi, grâce à Dieu ! » Oh ! Vivez maintenant si pieusement que vous puissiez tenir le même langage à votre dernière heure !

 

Saint Louis de Gonzague ayant appris que sa fin approchait manifestait une joie extraordinaire : « Quel bonheur ! disait-il, quel bonheur! Nous allons partir! Nous allons partir! « Le cardinal Bellarmin assurait que la nouvelle de sa mort pro­chaine lui avait causé la même impression que lui eût causé la nouvelle d'un heureux événement. Rappelez-vous la joie merveilleuse de saint Stanislas Kostka, favorisé d'une vision céleste, la paix ineffable dont jouissait Saint Louis, roi de France, mourant sur une terre étrangère, et tant, d'autres saints dont la mort vous offre de si consolants exemples. Le pieux et savant Suarez, se trouvant sur le point de mou-

rir, disait avec une profonde et douce émotion : « J'ai attendu le Seigneur avec une vive impatience 1 Que vos tabernacles sont aimables, ô Dieu des armées 1 « Et il ajoutait comme s'il eût déjà un avant-goût des délices du ciel: «J'ignorais qu'il fût si doux de mourir ! »

Croyez-en la Vérité éternelle qui affirme que celui qui craint le Seigneur sera heureux à ses derniers moments : Heureux dans son corps, car ses douleurs sont allégées par l'espérance des biens éternels ; heureux dans son âme, car le calme dont elle jouit est un avant-goût et un gage de salut ; heureux, parce qu'il a la ferme confiance de comparaître devant un juge favorable, qu'il s'est toujours appliqué à servir fidèle­ment et au tribunal duquel ses bonnes œuvres l'ont précédé. Si vous voulez agir dans vos intérêts, vivez dans la crainte de Dieu, observez ses commandements, accomplissez les de­voirs de votre état : Souffrez sans impatience, et vous serez tranquille à l'heure si redoutée de la mort.

 

A cette heure suprême l'image du Sauveur crucifié est présentée aux justes comme aux pécheurs ; mais comme les sentiments qu'elle éveille en eux sont différents ! Ceux-ci ne voient dans le Christ qu'un juge sévère, dont une vie de dé­sordres doit provoquer la rigueur; ceux-là reconnaissent en lui le Rédempteur qu'ils ont aimé toute leur vie. Avec quelle consolation ils pressent sur leur cœur cette chère image ! Avec quelle confiance ils l'embrassent ! Avec quelle satisfaction ils entendent les prières de l'Église et répètent les doux noms de Jésus et de Marie qu'ils ont tant de fois invoqués pour obtenir la grâce d'une bonne mort !

 

« Heureux ceux qui meurent dans le Seigneur ! » nous dit l'Esprit-Saint. Oui, mille fois heureux ceux-là ! Quand le mon­de entier les délaisserait, quand ils périraient au fond d'une sombre prison ou sur un échafaud ; quand leur corps serait dévoré par les flammes, ou noyé dans les abîmes de la mer, mille fois heureux ceux qui meurent dans le Seigneur !

 

Mais « mourir dans le Seigneur », ce n'est pas simplement mourir après avoir observé extérieurement les lois de l'Église, ni faire partie d'une confrérie, ni répondre jusqu'au dernier soupir aux prières qu'on récite, ni se frapper la poitrine ; ce n'est même pas répandre des larmes, baiser la croix et ren­dre l'esprit en la pressant sur son cœur et sur les lèvres !

 

Mourir dans le Seigneur, c'est sortir de cette vie dans la grâce et l'amitié de Dieu.

 

Qu'importe que vous périssiez misérablement aux yeux des hommes, tuée par un accident par exemple, sans pouvoir ni vous confesser, ni prononcer même les noms de Jésus et de Marie ! Pourvu que vous mouriez dans l'amitié de Dieu et exempte du péché mortel, ce sera mourir dans le Seigneur et avoir l'assurance d'une béatitude sans fin.

Mais vous auriez beau mourir dans votre lit, après une lon­gue maladie, ayant distribué tous vos biens aux pauvres, fon­dé des milliers de messes pour le repos de votre âme et reçu les sacrements de l'Église, si vous mouriez en état de péché mor­tel, hélas ! C'en serait fait de vous, vous tomberiez dans une éternelle réprobation !

 

Autant le pécheur est terrifié par la perspective de la mort, autant est inondé de joie un bon chrétien lorsqu'il entend réciter à son chevet : « Ame chrétienne, partez de ce monde, de ce monde que vous avez toujours méprisé, pour aller pa­raître devant Celui pour qui vous avez travaillé avec tant de courage, souffert avec tant de constance et de résignation, combattu avec tant de générosité et de bravoure ! »

 

Quel ravissement doit transporter un prince exilé à qui l'on vient dire : « Retournez dans votre patrie, dans votre royaume ! » Quelle joie doit pénétrer le guerrier vaillant que la voix du général appelle à venir recevoir sa récompense ! Eh bien ! Votre joie sera bien plus grande encore quand vous serez rappelée de votre exil pour entrer dans la patrie éternelle, sinon aussitôt, du moins après un certain séjour dans le Pur­gatoire !

 

Combien on se félicitera alors d'avoir souffert les épreuves, d'avoir dompté sa chair et pratiqué la vertu, préféré la croix de Jésus à tous les biens du monde ! Qu'on se réjouira d'avoir confessé ses péchés avec sincérité et repentir ; de les avoir effacés par les indulgences, les aumônes, les jeûnes, les prières et les bonnes œuvres !

 

Il est en votre pouvoir de goûter ces douceurs : Choisissez aujourd'hui ce que vous voudrez alors avoir choisi, car si vous ne fixez votre choix, c'est en vain que vous formeriez alors des vœux plus raisonnables ; il sera trop tard.

R. P. Hillegeer.

 

29   DÉCEMBRE,  FÊTE DU JOUR:   Les Saints Innocents.

 

Les mages avaient quitté la crèche en évitant, sur un avis, du ciel, de repasser par Jérusalem. Hérode les attendait, anxieux de savoir quel était cet enfant salué par eux du nom de roi des Juifs ; la royauté du Messie le faisait trembler pour la sienne, et déçu par les mages, incertain du lieu exact ou était né Jésus, de son âge, de sa condition, pour sauver sa couronne, il donna l'ordre barbare de faire mourir à Bethléem et aux environs tous les enfants au-dessous de deux ans.

 

Voila comment  la   fureur   égarait    ce  roi  qui   tremblait    pour son trône. Le nombre des enfants immolés par son ambition fut de plusieurs milliers. Ces enfants, « sont morts pour le Christ, dit saint Augustin, l'innocence fut victime pour la justice, mais aucune faveur ne pouvait leur être plus avantageuse ; car, baptisés dans leur sang, ils jouent dans les cieux avec leurs couronnes, près de l'autel où s'immole l'Agneau de Dieu. » Dès le XI° siècle, l'empereur Justin dédia à ces saint \ martyrs, à Constantinople, une église, où l'on vénérait le corps de l'un d'eux. Jusqu'aux jours néfastes de la révolution on conservait aussi à l'abbaye de Saint-Denis, en France, les reliques de l'un des saints Innocents dans un berceau de palmier enchâssé dans une caisse d'argent doré. L'Église de Saints- Innocents à Paris se glorifiait d'une semblable relique. Enfermée dans un magnifique cristal garni d'argent et enrichi de pierreries par la magnificence du roi Louis XI. Ces précieux trésors ont disparu.

 

Extrait de : LECTURES   MÉDITÉES (1933)

 

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 19:09

Extrait du volume :

PAUL VI  Maison MAME 1964

G. SCANTAMBURLO

 

Peu d'hommes ont comme le cardinal Montini mis en pratique les sept Œuvres de Miséricorde corporelle et spiri­tuelle qui ne sont rien d'autre, au fond, que le christianisme pratique et vécu, le code, plus simple et sage que celui d'Ammourabi, selon lequel nous serons un jour jugés. « J'avais faim et tu m'as donné à manger... j'avais soif et tu m'as donné à boire... entre dans le Royaume de mon Père... »

 

Un Christianisme seulement spéculatif n'est souvent que subtil orgueil intellectuel et que trouble égoïsme moral. Mgr Montini avait le christianisme spéculatif et sublime d'un saint Jean, mais il vivait et pratiquait le christianisme agis­sant et bienfaisant d'un François d'Assise.

 

Voici, pour nous éclairer sur son cœur et sa charité, un magnifique passage de sa lettre pastorale du carême 1963 sur « Le chrétien et le bien-être temporel ».

 

« II faut que nous ayons pour le Pauvre, écrit-il, un respect particulier, une grande sollicitude. Il est le miroir du Christ, il en est presque le vivant sacrement. Il stimule l'exercice de la charité, il en est l'objet. Il est le frère dont les besoins, s'ils ne lui confèrent pas de droits, sont pour nous des devoirs. Il est notre tourment si nous le fuyons; il est notre joie si nous nous en préoccupons. Il est notre maître à bien vivre, si nous écoutons sa muette leçon. Il est le compagnon de voyage qui, en définitive, est toujours à nos côtés : « Les pauvres, a dit Jésus, vous les aurez toujours avec vous. »

 

« Cette prophétie évangélique se réalise encore parmi nous, en ces temps de bien-être. Considérons la réalité du monde contemporain : il semble enfin capable de se procurer tout le pain nécessaire. Mais l’est-il vraiment ? Non, il ne l'est pas encore. Il ne l'est pas chez nous car d'innombrables hommes n'ont pas encore assez de pain pour satisfaire aux besoins normaux de la vie et à son développement naturel. La pros­périté croissante ne doit pas nous faire illusion, elle n'est pas encore équitablement distribuée, elle n'est pas sûre, elle n'est pas suffisante pour tous les besoins. C'est pourquoi, lorsque nous faisons l'apologie du bien-être, nous devrions encore encourager l'effort qui l'engendre et le garantit.

 

 

« Nous devrions aussi, dès que nos disponibilités aug­mentent, penser immédiatement à l'aumône. L'aumône : mot antique et sacré. La Bible en célèbre l'obligation et les vertus rédemptrices pour celui qui l'offre, consolatrices pour celui qui la reçoit. Toute la tradition chrétienne resplendit de cette fleur de bonté personnelle et de providence sociale. Elle fait partie de l'ascétique, de la pédagogie, de la conception sociale chrétienne et elle répond si bien à l'esprit évangélique qu'elle se confond avec ses expressions les plus essentielles et les plus authentiques : la providence, la miséricorde, la charité.

 

« Aujourd'hui nous l'appellerons bienfaisance, assistance, secours, assurance ou de tout autre nom; mais le concept devrait rester ce qu'il était à l'origine, c'est-à-dire, le don d'un bien économique, offert spontanément au frère indigent (non pour qu'il reste tel mais pour qu'il renaisse de cette indigence et, enfin, se suffise à lui-même); un don gratuit, offert par amour, pour l'amour de Dieu.

 

« Ainsi l'œuvre de miséricorde est parfaite; elle ne tire pas son principe et sa vigueur de la peur, de la contrition ou de quelque intérêt secret; elle les puise dans le cœur même de celui qui l'accomplit; et celui-ci ne cherche chez l'obligé ni sympathie ni titre de mérite, il n'attend pour lui-même ni gratitude ni louange; il lui suffit que l'œil de Dieu ait vu l'intérieur de son cœur et son geste secret. Si nous cherchons des expressions vraies et réformatrices de notre christianisme, nous devons encore, et toujours davantage, cultiver l'exercice de cette bienfaisante charité »

 

Si ces paroles sont si justes et si belles, c'est parce qu'elles sont vécues.

 

Le Pauvre est le miroir du Christ... Mgr Montini savait que ne sont pas pauvres seulement ceux qui manquent de pain, d'abri ou de vêtements ; est pauvre celui qui manque de travail, mais l'est encore plus celui qui manque de vérité, qui manque de Dieu.

 

Voilà le secret de toute son œuvre pastorale : il cherchait le pauvre, le sacrement du Christ. Lors de la première nuit de Noël qu'il passa à Milan, il ne célébra pas sa messe parmi l'éclat des cierges de la cathédrale, les chœurs des Pueri Cantores et les hermines des chanoines. Vêtu en simple prêtre, il rejoignit le port de mer, le dernier bidonville de la zone milanaise et, tandis qu'au dehors, dans la désolation de la misérable campagne, brûlaient des feux de joie, il célébra le sacrifice divin dans une baraque en bois, sous un toit en tôle rouillée, au centre d'un groupe de masures sans électricité, où quelques jours auparavant une petite fille, tombée dans une marmite où cuisait une misérable soupe, était morte ébouillantée.

 

Puis il parla aux missionnaires de la banlieue et leur dit l'urgente nécessité d'inventer de nouvelles formes d'apostolat et de liturgie en face de cette masse douloureuse de déracinés ; il incita ses prêtres à évangéliser les pauvres et à célébrer, si nécessaire, la messe en plein air, sur des tables de cuisine.

 

« Seul un cœur qui aime peut comprendre. Un cœur qui n'aime pas est porté à juger avec froideur. » Souvent quand la nuit était déjà tombée sur Milan, le cardinal sortait pour visiter un malade, porter secours à un malheureux, donner une parole d'espérance à qui était dans le désespoir ou aider quelque vieillard ruiné, trop digne pour montrer sa misère.

 

« II faut aider quiconque le demande, dit-il un jour à un dirigeant de l'A.C.L.I, si nous n'y arrivons pas nous vendrons tout ce que nous avons. »

 

Personne n'a jamais frappé en vain à sa porte; toute demande d'aide a été satisfaite, avec discrétion.

 

Les mineurs de la Candoglia lui avaient écrit pour lui parler de leur solitude et des soirées qu'ils étaient obligés de passer dans les carrières loin de leurs familles. Le cardinal leur envoya aussitôt un accordéon pour égayer leurs veillées.

 

Pendant la visite qu'il faisait chaque année à l'Hospice de la Sainte-Famille, il ne manquait jamais de s'arrêter devant les plus malheureux. Et les immigrés de la banlieue désolée se souviennent encore avec émotion des visites qu'il leur rendait, sans aucun caractère officiel, presque en cachette, s'intéressant à leurs problèmes, leur apportant le réconfort et l'espérance chrétienne matérialisés par des secours concrets.

 

Mgr Colombo a écrit, à propos de sa charité, faite de petites attentions délicates : « Il n'était jamais assez fatigué pour ne pas s'apercevoir que, près ou loin de lui, quelqu'un cachait un désir ou une peine secrète. Il y parvenait grâce à une admirable intuition, avec une geste opportun : une lettre inattendue, une louange cordiale, un don à une famille en pleurs, une bouteille de vin à un vieux prêtre malade, une boîte de gâteaux à un enfant, une invitation pour la fête de Noël à qui était seul au monde... »

 

A suivre…

 

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