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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 12:26

 

 

 

Le Pape, l'Église d'Occident, et Athénagoras, l'Église d'Orient, se sont embrassés. Justitia et Pax osculatae sunt !

 

Cette rencontre exceptionnelle a eu lieu au soir du dimanche 5 janvier sur le mont des Oliviers, à la délégation apostolique; elle s'est renouvelée le lundi 6 janvier au patriar­cat gréco orthodoxe, où Paul VI était allé rendre sa visite à Athénagoras.

 

Toutes les polémiques accumulées en neuf siècles se sont dissoutes à la chaleur de cette accolade, malgré les distinctions de caractère théologique et disciplinaire, qui seront bientôt examinées avec un soin minutieux, au cours du dialogue déjà approuvé, tant par l'Église que par la Conférence panorthodoxe de Rhodes.

 

Athénagoras   arriva   à   la   délégation   apostolique   vers 21h 30 et fut aussitôt introduit dans la salle d'audience, au rez-de-chaussée. Deux fauteuils identiques étaient préparés, sur le même plan, deux fauteuils recouverts de damas rouge. Au bout de quelques minutes le Pape entra et se dirigea les bras tendus, vers le Patriarche.  Ce fut une accolade chaleureuse et spontanée. En neuf cents ans de séparation entre  chrétiens   orthodoxes   et  chrétiens   catholiques,   des milliards d'hommes ont apparu et disparu sur la terre, des milliers de guerres ont été combattues, la civilisation s'est transformée et la face de la terre a littéralement changé; les individus et les peuples, grâce aux nouveaux moyens de communication  se  sont  rapprochés  :   seuls  les  chrétiens restaient lointains, froidement envieux les uns des autres, en une attitude circonspecte et polémique, parfois même âpre et combative. « On a fait plus, en ces cinq dernières années, pour l'unité des chrétiens, qu'on avait fait en cinq siècles » affirmait récemment un prélat qui a de graves responsabilités en ce domaine. Et il ajoutait qu'à la lumière et à la chaleur de ce baiser entre Paul VI et Athénagoras, il parvenait à com­prendre une phrase que lui avait dite, quelques semaines plus tôt, un archevêque orthodoxe : « Ce qui nous sépare, ce n'est que neuf siècles de séparation. » Ce n'était pas là un mot suggéré par une courtoisie vide, mais une expression qui renfermait la vérité et reflétait la situation, essentiellement psychologique, à laquelle la séparation est en grande partie liée. « D'abord se connaître, ensuite dialoguer, » disait le pape Jean, qui avait deviné, avec une merveilleuse prompti­tude, la nécessité de renouer l'unité chrétienne. La première condition s'est réalisée dans la double accolade et dans le baiser de paix échangés entre le Pape et Athénagoras. Et cela est arrivé d'une façon enthousiasmante, supérieure à toute attente. Après ce geste d'affection, Paul VI et le Patri­arche conversèrent, sans témoins, pendant vingt-cinq minutes. Ils parlèrent en français. Il n'est évidemment pas possible de savoir ce qu'ils se sont dit, mais on peut supposer qu'ils ont parlé longuement du pape Jean, avec lequel Athénagoras avait entretenu, par lettres et par personnes interposées, des relations amicales et à qui il avait l'habitude d'envoyer des cadeaux à l'occasion des fêtes de Pâques.

 

Le Souverain Pontife et le Patriarche étaient assis a quelques centimètre l’un de l’autre, fraternellement. Le Pape avait voulu donner la droite à son hôte illustre, et cette délicatesse allait bien au delà de la courtoisie, revêtait une signification de bien plus vaste portée: e  Souverain Pontife enten­dait manifester ainsi, non seulement son respect envers le Patriarche, mais aussi un sentiment d'égalité. Athénagoras s'adressait au Pape en lui disant « Saint Père », et Paul VI, à son tour, l'appelait « Sainteté ».

 

Après l'entretien privé, les per­sonnalités furent admises, et Athénagoras adressa au Pape un discours en grec. Le P. Duprey, sous-secrétaire pour les églises orientales du Secrétariat pour l'union des chrétiens, traduisit en français. Le Patriarche dit, entre autre, qu'il désirait ardem­ment et priait pour que survînt la rencontre dans le Calice, c'est-à-dire dans la célébration des mystères fondamentaux du christianisme. Et le Pape, lui offrant un splendide calice qu'il avait avec lui, lui répondit que c'était là le symbole de ce désir si élevé.

 

Personne ne pourra plus oublier ce qui se passa ensuite : le Pape commença le Pater noster en latin, scandé par sa suite, tandis qu'Athénagoras le récitait en grec, avec sa suite de métropolites, d'archevêques et d'archimandrites. Paul VI accompagna le Patriarche jusqu'au seuil, et ce fut, de nouveau, le baiser et la double accolade.

 

Le lendemain, lundi 6 janvier, quelques heures avant de repartir pour Rome, Paul VI se rendit au siège du Patriar­cat orthodoxe, sur le Mont des Oliviers à Jérusalem, pour rendre sa visite à Athénagoras. Le Patriarche l'accueillit dans le jardin de la villa, où ils échangèrent à nouveau le baiser de la paix. A l'intérieur, il fit part au Pape de sa joie et de son émotion et Paul VI manifesta les mêmes sentiments, rappelant qu'Athénagoras avait désiré cette rencontre, depuis le temps de Jean XXIII. Il ajouta que, de part et d'autre, les chemins qui conduisent à l'union des chrétiens peuvent être longs et semés de difficultés, mais qu'ils convergent l'un vers l'autre et, en définitive, rejoignent les sources de l'Évangile.

 

Un communiqué officiel, sur la rencontre entre Paul VI et le patriarche Athénagoras, déclare qu'elle ne peut être considérée que comme « un geste fraternel, inspiré par la charité du Christ et, qu'après tant de siècles de silence, les deux Pèlerins se sont rencontrés dans le désir de réaliser la volonté du Seigneur et de proclamer l'antique vérité de son Évangile, confiée à l'Église. » La séparation des deux Églises, si l'on excepte l'infructueuse tentative d'union du Concile de Florence (1439), dure depuis plus de neuf siècles, et ne pourra être effacée d'un seul coup.

 

Mais un extraordinaire pas en avant a déjà été réalisé, avec cet entretien entre les « deux Saintetés », qui aura des effets positifs, à une échéance pas forcément lointaine. L'allu­sion à la rencontre dans le calice et l'offre d'un calice, constituent probablement, une indication très valable, et non fortuite, sur la possibilité d'une communication in sacris, c'est-à-dire d'une reconnaissance réciproque : déjà les sacrements, le sacerdoce et la hiérarchie des orthodoxes sont pleinement reconnus par l'Église catholique, en ce qu'ils maintiennent la forme et la nature originales, comme avant la séparation des deux Églises. Et même après la séparation, jusqu'au dix-huitième siècle, les prêtres catholiques pouvaient célébrer dans des églises orthodoxes. La communication in sacris pourrait être la première pierre, sur laquelle on construira, grâce à des contacts théologiques qui, du côté catholique, ne conduiront à aucun compromis en matière doctrinale « le patrimoine n'est pas à nous, il est au Christ; nous n'en sommes que les gardiens, les maîtres, les interprètes. »

 

Mais il n'en est pas moins évident que, malgré les diffi­cultés, la route de l'unité est désormais dans la réalité du temps.

 

 

Une journée aussi mémorable, une rencontre aussi prometteuse pour l'union du christianisme, ne pouvaient finir que sur un épisode d'une touchante délicatesse, qui incarne parfai­tement la sensibilité et la charité de Paul VI.

 

Le Pape, déjà terriblement fatigué par son voyage, venait de rentrer à la délégation, après l'entrevue avec le patriarche Athénagoras, quand le délégué, Mgr Lino Zanini, s'approcha; il lui dit qu'un enfant paralytique de cinq ans, un petit arabe, avait exprimé le désir de rencontrer le Pape, de lui parler. Il n'avait pu, comme les autres, le saluer, le voir, et l'acclamer dans les rues de Jérusalem et il osait, timidement mais en confiance, demander cette audience exceptionnelle. Il était déjà tard, plus de 23 heures, mais la famille avait conduit le petit infirme à la délégation. Il s'appelle Samir Najjar et déjà, dans sa très courte vie, il a connu la douleur, la souffrance la tristesse de ne pas être comme les autres enfants.

 

Paul VI le fit aussitôt amener près de lui. Quand Samir arriva dans les bras de ses parents, il le regarda et lui sourit; le sourire du Pape voulait certainement cacher son angoisse de se trouver devant un petit paralysé. Il s'approcha, tendant les bras, se pencha vers lui et s'agenouilla, pour se mettre au même niveau, en un geste d'une humilité si spontanée qu'il arracha des larmes aux quelques personnes présentes. Le Pape et l'enfant conversèrent longuement, en un langage fait de regards,  de gestes et de caresses plutôt que de paroles. Autour d'eux régnait un silence absolu, mais chacun pensait à Jésus qui si souvent avait dit : « Laissez venir à moi les petits enfants » et aux pages de l'Évangile qui racontent ses contacts avec les infirmes. Puis le Pape l'embrassa, l'éleva dans ses bras, et le rendit à ses parents, émus et troublés, les congédiant avec une bénédiction paternelle, non sans avoir chargé son secrétaire de leur remettre une importante somme d'argent.

 

A suivre…

 

Extrait du volume : PAUL VI 

                                G. SCANTAMBURLO

                                Édition; Maison Mame  (1964)

 

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 16:48

 

En 1969, (il y a maintenant plus de 44 ans,) Notre Seigneur dit au Pape:

 

" Toi (Paul VI), tu sera seul !!!  Hors de ton groupe, personne ne sera béni. Et, MAUDIT, soit celui qui sera contre toi. !! "

 

Le Pape Paul VI  est  le grand martyr dans  l'histoire de l'Église.

 

Notre Seigneur dit :   "     (à Rome),  Mon bien-aimé Vicaire,   est un martyr,   et ceux qui l’entourent, presque tous, sont ses ennemis,  eux, qui non  seulement le  font souffrir, mais aussi le diffament. Ceux qui le font souffrir sont ses bourreaux.  Paul VI connaît maintenant ses ennemis; mais il offre son martyre à Dieu, demandant pardon pour ses bourreaux. Et pour cette, vertu héroïque, il sera grandement récompensé.  Et " MALHEUR ", aux ennemis du Saint Père. !!! "

 

Tous  les traditionalistes doivent cesser d'accuser le Saint Père Paul VI, publiquement et privément,  s'ils ne veulent pas affronter les JUGEMENT DE DIEU.

 

Extrait de : INFORMATIONS DU PERE J.F. GAUDZE, supérieur fondateur des: Frères Minimes Franciscains du Verger de Mexico.

 

 

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 16:47

 

Tout le monde était fatigué, épuisé, après l'accueil triom­phal, mais tumultueux, que Jérusalem avait réservé la veille à Paul VI. Les journalistes n'en durent pas moins se lever à deux heures du matin, pour pouvoir franchir la fameuse Porte de Mandelbaum qui constitue, dans la rigide séparation, partout ailleurs impérative, le seul lien entre la Jordanie et Israël. Pour la première fois depuis de nombreuses années, cette Porte qui ne peut normalement être franchie que dans un sens, sans possibilité de retour en Jordanie, devait rester ouverte toute la nuit, pour permettre le passage des journa­listes à la suite du Pape.

 

Paul VI se leva à cinq heures, une demi-heure avant qu'à l'horizon, sur les collines de Judée, aussi sèches et rugueuses que celles de la crèche, le ciel ne se peignît d'un rosé léger, pour annoncer l'aurore imminente.

 

A sept heures, le cortège se mit en route, vers la frontière arabo-israëlienne, vers Jenin. Cette localité avait été choisie pour éviter toute équivoque sur la signification d'un accueil réservé au Pape par les autorités israéliennes à Jérusalem. Si le Pape et le chef de l'état israélien s'étaient rencontrés dans la Jérusalem israélienne, les arabes auraient pu interpréter le fait comme une reconnaissance de la ville, en tant que capitale d'Israël.

 

Le choix de Jenin supprimait toute possibilité de complication politique. La rencontre avec les autorités israéliennes, eut lieu à Meghiddo, premier poste frontière, et le Souverain Pontife, en réponse à l'hommage que lui adressait le Président Zalman Shazar, dit, entre autre : « Votre Excellence sait, et Dieu nous est témoin, que nous ne sommes, dans cette visite, guidés par aucune consi­dération qui ne soit d'ordre purement spirituel. Nous venons comme des pèlerins, nous venons vénérer les Lieux Saints, nous venons pour prier. » II y eut un échange de cadeaux (le Pape offrit deux candélabres d'argent finement ciselés et un moderne appareil pour électrocardiogrammes, comme il l'avait déjà fait pour un hôpital jordanien); puis le cortège rejoignit Nazareth et, à la basilique de l'Annonciation, le Pape célébra la Sainte Messe et prononça un nouveau dis­cours, entièrement consacré à l'exaltation de la Sainte Vierge. Puis on se remit en route vers le lac de Tibériade, en passant par Cana, la ville où Jésus changea l'eau en vin, pendant le fameux repas de noces. La Galilée est une terre heureuse et le Christ l'aimait tendrement; il vécut longuement à Naza­reth, jusqu'à l'âge de trente ans, et y travailla le bois comme Joseph. Les menuisiers, les charpentiers, les artisans sont encore nombreux en Palestine; et c'est à Nazareth que le P. Gauthier a fondé sa congrégation des « Compagnons de Jésus Charpentier » : le Père, entouré de dizaines d'ouvriers arabes, était présent au passage du cortège et présentait un gigantesque écriteau de bienvenue.

 

Voici le lac de Tibériade, le « Lac de Jésus », sur lequel il navigua plusieurs fois en barque et où il marcha sur les eaux; le Pape s'arrêta à l'endroit exact où Jésus donna à Pierre son pouvoir; il descendit trois marches, se baissa, plongea les doigts de la main droite dans le lac, s'agenouilla, se signa; puis il se releva, se retourna et bénit la foule.

 

Le cortège pontifical rejoignit ensuite le mont des Béati­tudes, où le Pape lut la fameuse page de l'Évangile, qui a donné son nom à la localité : une colline haute de cent cin­quante mètres. Ses paroles, vibrantes d'émotion, semblaient acquérir, plus que jamais, une vitalité et une actualité pres­santes, en cet endroit de la terre où la douceur et la justice sont tellement oubliées. C'était l'écho toujours vivant, tou­jours identique, qui montait du fond des siècles, pour dicter les règles de ceux qui veulent suivre le Christ.

 

Dans le couvent tenu par les « Franciscains de la Garde de Terre Sainte », le Pape prit ensuite un déjeuner frugal et s'accorda un moment de repos.

 

Puis on se rendit à Capharnaüm, via Tag bah. Capharnaüm fut, après Nazareth, la ville préférée de Jésus : c'est là qu'il s'installa, qu'il enseigna, qu'il accom­plit la plupart de ses miracles, dans ces rues et sur ces places. Les gens venaient l'écouter de la Galilée, de la Samarie, et même de la Judée et, certains jours, pour échapper à la foule qui voulait à tout prix un prodige, il devait se réfugier sur les berges du lac de Tibériade. C'est à Capharnaüm qu'il annonça l'institution de l'Eucharistie. Quand le Pape fut dans les ruines de la Synagogue devant laquelle Jésus avait prêché, il accomplit un geste qui parut improvisé, mais qui avait certainement été longuement médité : il annonça à Mgr Martin et à Mgr Kaldan, de la Garde de Terre Sainte, qu'il les avait nommés évêques. Mgr Martin tomba à genoux. Ces deux nominations, communiquées individuellement, avaient, certes, une signification qui dépassait la reconnais­sance envers les personnes; c'était une réaffirmation de la primauté de Pierre, à qui il revient de confirmer ses frères.

 

Le voyage en Israël allait finir. Quand le Pape, accompagné seulement des trois cardinaux Tisserant, Cicognani et Testa, et de son confesseur, le P. Bevilacqua, monta au mont Tabor, le soleil se couchait presque.

 

Jésus aussi laissa tous ses autres disciples et, « entouré de Pierre, de Jacques et de Jean, monta seul sur une montagne pour prier ». Et, tandis qu'il était en oraison, son visage devint lumineux comme le soleil, ses vêtements blancs comme la neige. Ce fut la Transfigura­tion.

 

Sur la route du retour, le Pape s'arrêta au Cénacle, à la Dormition (l'endroit où l'on croit que la Vierge s'est endormie dans le Seigneur) au mont Sion. Puis il entra dans la Jérusalem jordanienne, par la Porte de Mandelbaum, symbole de la guerre et de la haine. Il la franchit en priant pour la paix.

 

Et nous voici arrivés à la grande rencontre historique!

 

A suivre…

 

Extrait du volume : PAUL VI 

                                G. SCANTAMBURLO

                                Édition; Maison Mame  (1964)

 

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 09:55

 

Le  23 janvier 1977, (il y a 36 ans)  Notre Seigneur révéla à la Porte-voix qu'il y a des Cardinaux Francs maçons,  au Vatican, qui retiennent le Saint Père prisonnier et qui lancent des excommunications.   Il dit:

 

 " Ne lancez pas le  ban de  l'excommunication,  quand vous-mêmes êtes excommunies   ipso facto.»

 

Selon un article du 13 février,  1975,  issu du "Wanderer",   les Catholiques  sont maintenant  libres de joindre  les Maçons.  Mais  regardez de plus près, les mots  et  la tournure de phrase de cet article.   "  La permission citée, (  i.e.,  de joindre les Maçons   )   était contenue dans un document,   envoyé en juillet 1974,  par le Cardinal Seper et la Sacré Congrégation pour la Doctrine de la foi,   ( note:   elle ne fût pas envoyée par le Pape )  à certaine conférences,   ( pourquoi pas,  toutes  les conférences épiscopales;  l'Église n'est t’elle pas Universelle ) incluant celle des États-unis, dans laquelle, il était dit aux  Évêques   ( en attendant la prochaine publication du nouveau Code du Droit Canon ),    qu'il  pouvaient,  en toute confiance, enseigner et appliquer l'opinion de ces auteurs,  qui maintiennent que le Canon 2335,   ( ordonnant 1'excommunication pour les Catholiques qui deviennent Francs-maçons  ) se réfère uniquement aux Catholiques inscrits dans des associations qui conspirent vraiment contre l'Église.  "

 

Le Pape n'a pas et n'a jamais  sorti un document en contradiction avec le Droit Canon.   L'approuva t’il ?  Était-il seulement au courant ?  Il y a positi­vement de sérieuses raisons de croire,  qu'il ne pouvait pas  le savoir et encore moins 1'approuver.

 

Au moins huit   (8)   Papes ont à plusieurs reprises,  condamné la Maçonnerie,  et réitéré  l'excommunication comme peine pour l'engagement,   les  Évêques et  les prêtres joignent maintenant leur " fraternité ".  Mais ce document cité plus haut, ne pouvait pas  et n'a pas   levé le ban de  l'excommunication,  un fait confirmé quand Notre Seigneur s'adressent aux Cardinaux Maçons dans  le Vati­can,  en disant:  " Vous-mêmes,  vous êtes  excommuniés, Ipso facto.  " Les prêtres et les évêques de plusieurs pays,  qui sont Maçons,  sont certainement responsables pour la rapide progression du modernisme dans  l'Église,  aujourd'hui.

 

 

 

Dans le Message du 23 janvier, 1977, Notre Seigneur les avertit:

 

"Vous êtes du rebelles et des insensés, et vous approchez de la fin !  Quand l'âme du Pape. Paul VI, quittera son corps, il viendra à Moi, et J'irai au Vatican avec, lui à Ma Droite, et Je révélerai cette infâme, trahison ! Car, s'ils ne  cessent pas leurs sataniques manipulations, Je les détruirai  du souffle de Ma bouche. " 

 

Extrait de : INFORMATIONS DU PERE J.F. GAUDZE, supérieur fondateur des: Frères Minimes Franciscains du Verger de Mexico.

 

 

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 09:53

 

 

Lorsque Paul VI arriva à la porte de Damas, ce fut une explosion de délire populaire. Toutes les minutieuses dispo­sitions du protocole et toutes les mesures de sécurité furent annulées par le fougueux élan populaire et la Mercedes noire du Pape fut si entourée, pressée, qu'il n'en put descendre. Cet immense enthousiasme,  qui n'était pas  sans  danger, dépendait d'un fait, lointain dans le temps, mais présent à chaque époque : il y avait une foule identique, menaçante certes, mais tout aussi hurlante, quand Jésus entouré de soldats monta au Calvaire, sur cette même route que le Pape voulait maintenant parcourir en un pieux recueille­ment.

 

Les gens voyaient en Paul VI, le 262° successeur de saint Pierre, le Vicaire du Christ. Aucun personnage civil, si important et célèbre qu'il soit, n'a jamais reçu et peut-être ne recevra jamais un accueil aussi triomphal. Le Pape l'a reçu parce que, dans sa personne, est représenté le Christia­nisme. C'est une réalité que tout le monde a constatée à Jérusalem, à Nazareth, à Bethléem, dans chacun des lieux où il s'est arrêté, pendant les trois jours de son pèlerinage. Pressé par la foule, le Souverain Pontife réussit enfin à descendre de l'auto, protégé par les soldats qui distribuaient des coups de cravache à droite et à gauche, pour contenir les plus déchaînés; plusieurs personnes furent malheureusement touchées, membres de la suite pontificale et journalistes ainsi que le secrétaire du Pape, don Macchi, qui y laissa ses lunettes. Paul VI… fut porté par la vague humaine vers la Via Dolorosa et le cardinal Eugène Tisserant, voyant ce tumulte, eut bien raison de dire : « C'est vraiment un chemin de Croix! » Selon le programme, le Pape aurait dû s'arrêter en différentes stations, pour prier et écouter les méditations de son confesseur, le Père Bevilacqua; mais tout cela tomba à l'eau, y compris l'hymne Mater Dolorosa qu'aurait dû chanter la fameuse cantatrice libanaise Feyroz.

 

Tout à coup, on entendit un cri : « Sauvez le Pape! » et l'on put penser en cet instant que Paul VI, qui n'avait jamais été aussi peu Souverain et aussi mêlé à la foule, était vraiment Père. Il semblait serein, bien qu'un peu fatigué par le voyage et par ce tohu-bohu qui ne lui laissait aucune trêve; la sueur perlait sur son front et quelques pétales de fleurs s'étaient collés sur ses joues et ses cheveux. « Sauvez le Pape! » le colonel Angelini, commandant de la gendar­merie pontificale, était à ses côtés. Le Pape lui demanda : « Que faisons-nous ?» — « Sainteté, il faut trouver un refuge. » Et ce fut un refuge providentiel et pleinement évangélique : le couvent des « Petites Sœurs de Jésus », fondé par le P. Charles de Foucauld.

 

Le Pape franchit le seuil de leur humble maison, descendit un petit escalier raide, entra dans la misérable chapelle de la communauté et s'agenouilla, ou plutôt se prosterna devant l'autel de pierre, nu et dépouillé, sans nappe blanche, réduit à l'essentiel. La tête entre les mains, il était en colloque intime avec Dieu; autour de lui se tenait une couronne de petites sœurs, dans leurs habits bleus, humbles et silencieuses.

 

C'était une scène merveilleuse, d'une indicible émotion. Le Pape priait, réussissant à se recueillir, malgré les clameurs qui parvenaient de l'extérieur, où, évidemment, les soldats jordaniens continuaient à frapper comme des sourds.

 

Une demi-heure plus tard, quand l'excitation de la foule se fut un peu calmée, le Pape se releva, adressa un sourire aux Petites Sœurs et les bénit, en disant : « Priez pour moi, … pour la paix, pour l'unité des chrétiens et surtout, pour les buts de ce pèlerinage. » Il put sortir et gagner le Saint-Sépulcre, lieu où, selon la tradition, fut déposé le corps du Christ.

 

Cette basilique, partagée entre les différentes communautés chrétiennes, est maintenant réduite à un état pitoyable, toute étayée par des soutiens provisoires, en attendant que soient entreprises les réparations prévues par l'accord conclu en 1958 entre catholiques et orientaux dissidents. Elle est le miroir de la division des chrétiens, le scandale architectural de ces neuf siècles  de  séparation. Dans  la  chapelle du Saint-Sépulcre,  tenue par les catholiques, le Pape dit la Sainte Messe, au milieu d'une foule qui l'entourait de très près. Au moment de la consécration, un câble électrique s'incendia et la lumière s'éteignit pendant quelques minutes; avant que ne se mettent à fonctionner les groupes électrogènes déjà installés, les lieux furent éclairés par la lueur tremblante des bougies, comme aux temps de la chrétienté primitive. Puis, ce fut l'affolement; les gens fuyaient de tous côtés, en criant « Au feu!... au feu!... »

 

Seul le Pape resta calme et tranquille et poursuivit la célébration, tandis que le petit incendie était dompté d'un jet d'extincteur. Lorsqu'il prononça les paroles de la consécra­tion, la voix de Paul VI fut brisée par un sanglot, comme cela était déjà arrivé, un peu plus tôt, à la lecture du passage de l'Évangile qui raconte l'apparition à Marie-Madeleine, de Jésus déguisé en jardinier. Et de nouveau les larmes jaillirent de ses yeux lorsqu'il prononça cet admirable discours, qui n'était pas un discours, mais un entretien de prière avec la foule, des invocations alternées, commencées par le Pape et complétées par les fidèles.

 

Aucune messe de Jean-Baptiste Montini, pas même la première — qu'il célébra en 1921 — ne l'aura ému autant que celle-ci, célébrée sur les lieux mêmes de la sépulture du Christ. Quand le Pape sortit de la basilique, il fut littéralement soulevé par la foule; on le vit ondoyer, tandis que, soutenu par la marée, il descendait l'escalier pour regagner sa voiture.

 

Aussitôt après eut lieu l'audience accordée au Patriarche grec orthodoxe Benedictos et au Patriarche arménien orthodoxe, Derderian, au siège de la délégation apostolique, sur le Mont des Oliviers. Paul VI, en un geste extraordinaire, rendit sa visite à Benedictos, au siège du Patriarcat grec orthodoxe, distant d'un kilomètre environ, toujours sur le Mont des Oliviers. Puis, rentré à la délégation, le Pape dîna très simplement, à la même table que le Délégué apostolique, Mgr Zanini, le P. Bevilacqua et ses deux secrétaires.

 

La délé­gation apostolique est une modeste villa, qui rappelle bien des maisons bourgeoises, avec des corridors étroits, pleins de bouquets de fleurs et de cadeaux pour l'hôte illustre. La salle à manger est au fond du couloir à droite, au rez-de-chaussée. A 22 h 02 la porte s'ouvrit et Paul VI se trouva face à un groupe de journalistes, qui stationnaient là, dans l'attente de détails. Tous s'agenouillèrent, mais le Pape, les saluant avec amabilité, leur dit : « Ne vous dérangez pas, ne vous dérangez pas, » et il remonta rapidement l'escalier qui conduit à l'étage supérieur, où se trouvait son appartement.

 

II allait réciter le bréviaire : « Je dois encore dire Vêpres et Complies, » avait-il expliqué, quelques minutes plus tôt, à ses quatre commensaux. Les trois sœurs « Filles de Notre-Dame du Mont Calvaire », au service de la délégation, apparurent timidement sur le seuil de la cuisine, quand le Pape fut remonté dans sa chambre. Elles étaient radieuses, mais, en même temps, craintives. L'un des prélats les ras­sura : « tout s'est très bien passé. »

 

Mais la première journée historique de Paul VI en Terre Sainte n'était pas encore terminée. Il se rendit d'abord au collège gréco catholique de Sainte-Anne, où il reçut la hié­rarchie catholique orientale, puis à la basilique de Gethsémani, pour l'Heure Sainte. C'est là que Jésus pleura, qu'il pria, « Mon Père, si ce calice ne peut passer sans que je le boive, que ta volonté soit faite! » C'est là que son âme fut «triste jusqu'à la mort », là qu'il fut capturé après la trahison et le baiser de Judas. Chaque premier jeudi du mois et chaque Vendredi Saint, pour rappeler cet épisode de la Passion de Jésus, on répète l'Heure Sainte et le Pape a voulu le faire aussi, comme le plus humble des pèlerins, pour conclure sa première journée.

 

Le chœur chantait à voix basse les versets évangéliques, qui rappellent la Passion; puis, de temps à autre, un religieux lisait un passage de l'Évangile en diverses langues : latin, grec, arabe, arménien, slave, copte égyptien. Après chaque lecture, Paul VI récitait une prière. A la fin, il s'approcha de l'autel et se prosterna à terre, pour baiser la roche sur laquelle le Christ passa les mémorables heures de sa veillée douloureuse, pendant que ses disciples dormaient.

 

La voûte qui domine l'autel représente justement cette scène : le Christ est assis sur un rocher, qui a presque la forme d'un trône; il est abattu, prostré, mais son regard est ferme; en haut, apparaît la vision du Père. Le Pape, avant la bénédiction, commença le Pater noster, récité par tous les assistants. Puis, sans prononcer le discours que son secrétaire tenait déjà prêt dans une bourse en cuir, il retourna à la délégation apostolique.

 

A suivre…

 

Extrait du volume : PAUL VI 

                                G. SCANTAMBURLO

                                Édition; Maison Mame  (1964)

 

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 17:28


 

Cette lettre du Pape Paul VI, à l'Archevêque Marcel Lefebvre, datée du 11 octobre, 1976, fut publiée le 9 décembre, 1976, provenant de 1'Observatore Romano, et exploitée et republiée par plusieurs journaux et revues dites 'Catholi­ques', incluant le "Wanderer" est un faux.

 

Le style et les expressions n'étaient pas celles du Pape Paul VI, et en réalité, cette lettre ne fut pas écrite par le Saint Père.

 

Parlant à la 'Porte-voix', le 18 janvier, 1977, le Christ demanda la publication de Son Message, afin que le monde puisse connaître la vérité et l'innocence de Son bien-aimé Vicaire, Paul VI.

 

Il dit: " La lettre, qu'eux, (les maçons du Vatican) ont maintenant publiée, concernant Le, (Cardinal) Lefebvre,... n'est pas de Paul VI; il n’est même pas au courant..."

 

Quand le Saint Père rencontra l'Archevêque Lefebvre, à  Castel Gandolfo le 11 septembre 1976, l'Archevêque Benelli était présent et prenait des notes. Ces notes ont apparemment servi comme base à la dite lettre. Et com­me Mgr. Lefebvre n'y donnait pas de réponse, ils la publièrent dans 1'Observa­tore Romano, dont l'assistant directeur est le Franc maçon, Mgr. Virgilio Levi.

 

Ainsi, en envoyant des lettres du Vatican, à Mgr. Lefebvre, les ennemis de l'Église, donnent l'impression que le Pape et Lefebvre sont en oppo­sition l'un contre l'autre, alors qu’en réalité, ils ne le sont pas du tout.

 

L'Archevêque Lefebvre est un Cardinal... !

 

Les mots dont le Christ s'est servi, en parlant à la 'Porte-voix', le 18 janvier, 1977, étaient: " La lettre qu'eux (les Maçons du Vatican), ont maintenant publiée, n'est pas, de. Paul VI... "

 

Pourquoi le Christ parle t’Il de lui comme d'un Cardinal ??? Au dernier Consistoire, quand Paul VI nomma (les) deux Cardinaux et les éleva officielle­ment au rang de Princes de l'Église, il retint deux noms. Alors, deux évêques furent élevés 'in pectore', dans son coeur. Il y eut spéculation dans la pres­se, à savoir que ces deux (non mentionnés), pouvaient être des évêques de pays communistes, et que leurs noms ne furent pas révélés en raison de leur propre sécurité.

 

Maintenant, dans Son Message, Notre Seigneur nous éclaire: L'Archevê­que Lefebvre fut élevé au rang de Cardinal, par Paul VI, in pectore, dans son coeur.

 

Évidemment, il récompensait Mgr. Lefebvre, pour s'être tenu debout, à la défense des vrais enseignements de l'Église, de la Tradition et des sept Sacrements. Aux yeux de Dieu, quand un évêque est élevé au rang de Cardinal, publiquement ou in pectore, il est un Cardinal pour toute l'éternité.

 

Extrait de : INFORMATIONS DU PERE J.F. GAUDZE, supérieur fondateur des: Frères Minimes Franciscains du Verger de Mexico.

 

 

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 17:27

 

 

Deux minutes avant que le soleil du 4 janvier 1964 ne se levât, le Pape était descendu dans la cour de Saint-Damase, au Vatican, et avait pris place dans sa voiture, la Mercedes immatriculée SCV I. En quittant la place Saint-Pierre, il avait demandé au chauffeur de s'arrêter en cours de route, à la prison de Regina Coeli. Ainsi son pèlerinage s'ouvrait-il sur un épisode vraiment évangélique. Comme Jean XXIII l'avait fait à Noël 1958, il parla aux détenus en un langage simple et émouvant.

 

« Je suis venu vous apporter ma bénédiction et vous dire qu'en Terre Sainte je me souviendrai de vous dans ma prière. »

 

Puis, le cortège pontifical, salué par des milliers de per­sonnes malgré l'heure matinale, avait atteint Fiumicino, où les autorités italiennes conduites par le Chef de l'État et les diplomates accrédités auprès du Saint-Siège et du Quirinal, avaient présenté leurs hommages au Pape, avant qu'il ne prît place dans l'avion d'Alitalia. L'appareil, un DC 8 flam­bant neuf, dédié à Léon Pancaldo, était arrivé à Fiumicino le 13 décembre, de l'usine de Long Beach. Avant le départ, Paul VI avait voulu connaître, un par un, tous les membres de l'équipage, depuis le commandant Jean-Marie Zuccarini jusqu'au steward Grégoire Farabegoli; il s'était ensuite rendu dans la cabine de sa suite pour lui souhaiter bon voyage.

 

Puis il s'était retiré dans sa cabine avec ses secrétaires Don Pascal Macchi et don Bruno Rossi. Il avait pris place dans le fauteuil qui lui était réservé, un fauteuil d'avion ordi­naire, et avait attaché sa ceinture de sécurité. A 8h. 30, l'avion commença à rouler pour se mettre en position de vol. Puis il prit sa course et augmenta sa vitesse, tandis que les quatre réacteurs rugissaient. Le Pape regardait par le hublot et suivait la manœuvre avec un extrême intérêt.

 

« Le rêve de ma vie a toujours été de visiter la Terre Sainte » avait-il dit, pendant la première session de Concile, à Mgr Hackim, archevêque de Nazareth. L'avion volait maintenant à 900 km à l'heure, et son rêve, continuellement renvoyé en raison de ses engagements, se réalisait enfin.

 

A bord, le Saint-Père conversa avec les cardinaux Tisse­rand et Cicognani et avec Mgr Dell'Acqua; pour son déjeuner, il demande un bouillon léger, du poulet avec de la purée et une pomme; il ne voulut aucune boisson, sinon un peu d'eau minérale. Au-dessus de Chypre, il y eut un moment d'inquié­tude : d'Ammam parvenait la nouvelle qu'une brume épaisse pesait sur l'aéroport et que, si elle persistait, l'atterrissage serait très problématique, étant donné qu'il n'y avait pas de radar. Que faire ? La décision fut remise au Pape. « Atten­dons,  dit-il,  nous  déciderons plus  tard.   »

 

Pendant cette demi-heure  d'incertitude, les gens vécurent des moments d'enthousiasme à Beyrouth et à Damas, les deux aéroports de dégagement, dans l'espoir que le brouillard augmenterait et que, par conséquent, l'avion du Pape atterrirait sur l'un des deux terrains. Un bimoteur de la ligne aérienne libanaise fut aussitôt préparé à Beyrouth, pour accueillir le souverain pontife et sa suite et les conduire à Ammam, où un appareil plus petit qu'un quadriréacteur peut atterrir sans difficulté, par n'importe quelles conditions atmosphériques. Mais l'espé­rance des Libanais et des Syriens fut d'aussi courte durée que les sombres préoccupations des jordaniens qui attendaient le Pape avec impatience. Le brouillard se dissipa sur Ammam et la visibilité devint meilleure.

 

A l'aéroport, un vent glacé d'hiver ridiculisait les télé­grammes répétés d'un journaliste américain, qui avait demandé quelques jours auparavant au Tourist Office, de lui réserver une « chambre avec salle de bains, et surtout, avec air conditionné ».

 

Avec un quart d'heure de retard, le quadriréacteur du Pape apparut dans le ciel : il était 13-14 h (heure locale) et le départ de Rome avait eu lieu trois heures et vingt-cinq minutes plus tôt. L'atterrissage fut parfait et, quand Paul VI apparut dans l'encadrement de la porte, des applaudisse­ments frénétiques éclatèrent, en même temps que les vivats en italien, en arabe et dans toutes les langues du monde. Les Viva il Papa alternèrent sans interruption avec l'expression arabe équivalente Ya Ya el Baba. Tout en écoutant les hymnes, pontifical et jordanien, sur le podium à côté du roi Hussein, le Souverain Pontife souleva son chapeau et l'agita, en signe de salut. Ce geste provoqua de nouvelles manifestations délirantes. Après une brève conversation avec le roi Hussein, la présentation des personnalités et un échange de discours chaleureux, le Pape commença son voyage vers Jérusalem.

 

Les  rues  d'Ammam  regorgeaient  de  monde,  une  foule misérable dans laquelle se trouvaient des milliers de ces réfugiés palestiniens qui vivent dans des baraques, sur les collines, autour de la capitale. Arcs de triomphe partout, orchestres et ensembles de cornemuses : une fête populaire mais contenue dans les limites de la discipline. Du reste, les ordres d'Hussein étaient précis et sans équivoque : tirer à vue, au moindre signe de troubles. Mais ces dispositions, dictées par une excessive prudence, étaient superflues, et leur caractère radical montrait bien qu'elles constituaient un aver­tissement  plutôt  qu'une  réelle  menace;   autrement,  elles auraient été en opposition évidente avec la signification de la visite du Pape, héraut de la paix.

 

Quoi qu'il en soit, on pouvait voir les mitrailleuses sur les toits, sur les balcons, aux coins des rues et partout des blindés, comme pour un siège. Sur la route carrossable, ouverte en 1958, d'Ammam à Jérusalem, et longue de 94km, le déploiement de forces était également imposant : sur chaque hauteur, un soldat, et, ici et là, des patrouilles motorisées et blindées.

 

Le Pape traversa la Judée, une région si âpre, si sauvage, misérable et triste que la passion, la mort (mais aussi la résurrection) de Jésus, ne pouvaient se dérouler dans un cadre géographique plus approprié.

 

Quelques kilomètres après la dépression de la Mer Morte, on arrive au pont sur le Jourdain, qui, jusqu'à il y a vingt ans, séparait la Palestine de la Transjordanie. Le Jourdain est un tout petit fleuve, à peine plus qu'un ruisseau; son eau est jaunâtre et bourbeuse et pourtant il est sans conteste le fleuve le plus important de l'histoire humaine : le Tibre, le Danube et la Moscova disparaissent devant lui. Ici, Jésus fut baptisé; ici, il fut annoncé par Jean-Baptiste. On peut se demander, en regardant cette eau, comme l'a fait le Pape en une halte pleine de dévotion, ce que serait le monde d'au­jourd'hui si, il y a deux mille ans le Christ n'était pas venu, et ce que serait la civilisation, radicalement transformée par ce misérable Galiléen, qui reçut dans ces eaux un baptême sans pompe et sans solennité.

 

Le Souverain Pontife s'arrêta pour les contempler et, autour de lui, les autorités s'écartèrent, respectant sa brève méditation. On fit de nouveau une courte halte à Béthanie, où Jésus ressuscita Lazare, frère de Marthe et Marie : c'est une pauvre bourgade qui, en arabe, s'appelle El Lazaria, pour rappeler justement le prodige accompli par le Christ. En Palestine, chaque pierre, chaque vallée, chaque colline ramène au Christ et c'est là qu'est la signification, très simple et très profonde, du pèlerinage de Paul VI; signification que notre monde compliqué ne parvient pas à comprendre, cherchant de secrètes raisons, d'autre nature, qui n'existent pas. Et pourtant, quel autre lieu que la Terre Sainte pouvait constituer le but logique, naturel, du voyage d'un Pape ?

 

Enfin, au terme de cet après-midi du samedi 4 janvier, le cortège pontifical arriva à Jérusalem, à la Porte de Damas, dans la vieille ville, juste à l'entrée de la Via Dolorosa. C'est une ruelle tortueuse qui serpente parmi les maisons serrées et si proches qu'on peut les toucher en ouvrant les bras; d'habitude, il y a un marché arabe, l'un de ces souks orientaux où l'on peut trouver de tout, parmi mille odeurs où domine l'acre parfum du rôti de mouton. Dans ce boyau étroit et suffocant se pressait une foule fantastique, incroyable, que la police, pourtant nombreuse et décidée, ne réussissait déjà plus à contenir, une heure avant l'arrivée du Pape. Sur les côtés de la route en lacets qui, de la vallée du Cédron monte à Jérusalem, il y avait des milliers et des milliers de personnes, arabes et européens, musulmans et catholiques,  orthodoxes  et  coptes ;   des  groupes   d'enfants   des  écoles  catholiques   présentaient   des   branches   de   palmiers,   des rameaux d'oliviers et des bouquets de fleurs comme l'avaient fait leurs ancêtres il y a deux mille ans, quand le Christ était entré dans la cité sainte, monté sur une ânesse, symbole de paix et de douceur.

 

C'était maintenant le Pape qui venait, le premier Pape qui posât le pied en Terre Sainte, vingt siècles après le passage de Jésus, et tous se rendaient compte de l'immense privilège qui les avait touchés. A quelques pas de la Porte de Damas, au sommet de Jérusalem, courent des fils de fer barbelés et des chevaux de frise qui forment une nouvelle couronne d'épines, posée cette fois sur la tête de la ville pour séparer la partie jordanienne de l'israélienne. Au milieu, pour bien marquer la division, il y a la « terre de personne », le no man's land, représentation exacte de la haine et de l'abandon.

 

Les maisons sont vides, démolies par les canonnades et tout autour pousse la broussaille, comme dans une jungle. D'un côté les Israéliens, de l'autre les Arabes : ils s'ignorent mais sont pourtant prêts à tirer les uns sur les autres au moindre prétexte. C'est ainsi depuis quinze ans, depuis la guerre de 1948 : la paix, l'armistice plutôt, est très précaire et, en cinq ans, la présence du Pape a apporté le premier souffle de sérénité et de détente. Au cours des journées qui ont précédé son arrivée, Arabes et Israéliens ont travaillé, coude à coude, à mettre les routes en état, à nettoyer les places, à installer les arcs de triomphe et les drapeaux sur leurs hampes. Ce sentiment de sérénité momentanée était presque un soulage­ment pour la longue, l'exaspérante tension, et on le sentait dans le cœur des gens, de ceux qui remplissaient les routes et les places de la Jérusalem jordanienne, comme de ceux qui se pressaient aux fenêtres, sur les murs, les tours et les toits de la Jérusalem israélienne.  

 

A suivre…

 

Extrait du volume : PAUL VI 

                                G. SCANTAMBURLO

                                Édition; Maison Mame  (1964)

 

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