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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 16:26

LE SECRET DE  SAINT BONAVENTURE… (Dernier) 13ième

 

Extrait de : Saint Bonaventure vous parle de LA SCIENCE.

Éditions Franciscaines. Paris 1943. Albert Garreau.

 

Saint Bonaventure écarte sans effort, comme si tout allait de soi, les difficultés où nombre de savants et de spirituels de son temps s'égarent.

 

Ni les sophismes, ni les scrupules ne le font hési­ter un instant. Il travaille, il ordonne, il décide et prend les respon­sabilités. Il y a en lui, certes, la sérénité, la sécurité d'allure des grands scolastiques, qui n'ont jamais douté des droits et des de­voirs de l'intelligence humaine, ni de la légitimité ou du bon aloi des résultats qu'elle atteint.

 

Il y a plus encore, une grâce particulière au Docteur séraphique et qui, à nos yeux, l'individualise. Saint Bonaventure ne paraît même pas s'être posé pour soi-même le problème qui tour­mentait les spirituels de son temps et qu'ils tranchaient par une condamnation sans appel de la science. Aucune trace de lutte intérieure, de déchirement, à une époque déterminée, dans ses écrits. Rien qui permette de penser que les regards qu'il porte sur la création n'ont pas toujours été assurés et paisibles. Il a reçu dès l'origine ce don de sagesse qu'il définira si bien dans ses derniers jours, par lequel science et piété s'accordent parfaite­ment. C'est pourquoi sans doute, il a pu exprimer les conditions de cet accord en termes clairs et précis et en établir les fonde­ments parmi ses Frères.

 

Sa vie nous livre sans rien dissimuler le secret de sa réussite. Il fut un maître savant, humble, aimable et pieux. Son efface­ment n'est jamais de la mollesse, sa modération n'est jamais de la tiédeur, parce qu'en lui la raison et la science sont toujours illuminées par la charité.

 

Il nomme son savoir une très pauvre toute petite chose,  bien qu'il soit l'un des plus grands doc­teurs de son siècle. « A ceux qui sont peu intelligents, comme moi, je propose, dit-il, à mon exemple, de s'attacher aux opinions les plus communes ». Il applique ce programme dans une mesure qui fait de lui l'un des interprètes les plus sûrs des doctrines de l'Église, mais non pas au point d'étouffer dans ses écrits des sen­timents très personnels, dont on a pu dire qu'ils traduisaient exac­tement sur le plan et dans le langage philosophique la prière de saint François.

 

Mieux vaut se taire, dit-il, que définir témérairement. Il con­seille aux jeunes gens de ne pas mépriser les opinions des an­ciens, « car il ne faut pas croire que de si grands amants et chercheurs de la vérité aient soutenu sans raisons leurs opinions si remarquables ». Il était, rapportent les biographes, gracieux et pacifique, tel qu'on ne pouvait pas le voir sans l'aimer, modéré et modeste dans la polémique, sans arrogance dans l'affirmation, sans nul entêtement dans ses opinions.

 

L'étendue et la profondeur de sa science étonnaient les plus doctes. Les peintres se sont emparés d'une anecdote, peut-être lé­gendaire, mais riche d'enseignement et, dans son esprit, bien con­forme à la vérité.

 

Saint Thomas d'Aquin lui demande où est la splendide bibliothèque qu'il doit avoir à sa disposition pour être si savant ; saint Bonaventure se tourne vers le crucifix et le mon­trant à son ami : « Voilà, dit-il, le livre qui m'instruit ».

 

Un autre jour, saint Thomas surprend dans sa cellule Bonaventure écrivant la vie de saint François, il se retire en silence et dit aux Frères qui l'accompagnent : « Laissons un Saint travailler pour un Saint ».

 

D'après une tradition un peu différente, saint Thomas d'Aquin, discutant avec saint Bonaventure, aperçut au-dessus de la tête de celui-ci un crucifix et des rayons de lumière qui par­taient des plaies sacrées pour aboutir sur les écrits de saint Bo­naventure. Dès lors saint Thomas d'Aquin n'osa plus argumen­ter contre son confrère.

 

Telle est donc la source suprême de son savoir, et aussi du res­pect, de l'amour qu'il porte à l'étude des sciences humâmes ou divines. Telle est sa plus haute et plus constante leçon : « O âme, soit que tu écrives, lises, enseignes ou fasses tout autre chose, que rien n'ait pour toi de saveur, que rien ne te plaise sinon Jésus. Invoque donc Jésus, c'est-à-dire le Sauveur ; qu'il te pré­serve de la vanité du monde qui te livre des assauts, qu il te délivre du mensonge du démon, qui est une infection, qu il te garde de la fragilité de la chair, qui te crucifie ».

 

Fin.   (J’espère que vous avez apprécié…)

 

elogofioupiou.com

 

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