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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 06:54

 

 

 

A la mi-août, Paul VI trouva donc dans son courrier le pli provenant de Nazareth. Il le lut attentivement. Il était accompagné d'une lettre signée par Paul Gauthier, et par une quinzaine de prêtres de la congrégation et d'ouvriers chrétiens arabes et juifs. La lettre disait en substance : « Saint Père, pourquoi ne venez-vous pas en Terre Sainte ? Le monde comprendrait un geste de ce genre. » Paul VI dut être frappé par cette invitation qui coïncidait avec sa secrète inspiration. Il demanda au cardinal Lercaro des informations plus détaillées sur les Compagnons et le cardinal lui apporta un petit livre du P. Gauthier, intitulé « Jésus, l'Église et les pauvres ». Il paraît qu'il l'a longuement médité, en cette veille de la reprise du Concile, qui devait débattre de thèmes sociaux en même temps que de grands problèmes théolo­giques. Aux premiers jours de novembre deux ecclésias­tiques partirent pour la Terre Sainte protégés par un secret absolu qui n'a jamais été divulgué; ce n'étaient pas deux quelconques pèlerins mais don Pascal Macchi, secrétaire privé du pape, et Mgr Jacques Martin, de la Secrétairerie d'État. Ils restèrent cinq jours en Palestine et y rencontrèrent de nombreuses personnalités pour préparer le voyage du Souverain Pontife.

 

L'annonce en fut donnée par Paul VI en personne, dans le cadre le plus solennel, à Saint-Pierre, devant 2,200 pères conciliaires, qui assistaient à la cérémonie de clôture de la seconde session, le mercredi 4 décembre. A la fin de l'allocution et après avoir examiné les résultats des travaux, le Pape suspendit un instant sa lecture, releva les yeux et dit : « Permettez-Nous un dernier mot, pour vous communiquer un projet qui depuis longtemps mûrissait dans Notre âme et que Nous Nous sommes décidés aujourd'hui à rendre public, devant une assemblée aussi choisie et aussi significative. La conviction que, pour l'heureuse conclusion du Concile, il faut intensifier les prières et les travaux, est si vive en Nous que Nous avons décidé, après mûre réflexion et de nombreuses prières, de Nous faire Nous-même pèlerin sur la terre de notre Seigneur Jésus-Christ. »

 

Les applaudissements écla­tèrent dans la Basilique, tandis que la nouvelle, transmise par la radio et la télévision, suscitait une heureuse surprise dans le monde. Le Pape poursuivit, expliquant les raisons, l'esprit et les buts de son pèlerinage : « Nous voulons, en effet, si Dieu Nous assiste, Nous rendre en Palestine en janvier prochain,  pour  honorer  personnellement,  sur  les   Saints Lieux où Jésus naquit, vécut, mourut, ressuscita et monta aux cieux, les premiers mystères de notre salut : l'Incarnation et la Rédemption. Nous verrons ce sol béni d'où Pierre partit et où ses successeurs ne revinrent plus; Nous y retour­nerons très humblement et pour très peu de temps, en signe de prière, de pénitence et de rénovation, pour offrir au Christ son Église, pour rappeler à elle, une et sainte, les frères séparés, pour implorer la divine miséricorde en faveur de la paix parmi les hommes, cette paix qui, ces jours-ci encore, montre à quel point elle est faible et tremblante ; pour supplier enfin le Christ Seigneur pour le Salut de l'humanité toute entière. »

 

Les réactions à cette nouvelle exceptionnelle furent partout immédiates et enthousiastes, de la part des hommes poli­tiques comme des personnalités religieuses, si l'on excepte les quelques manifestations de très mauvais goût auxquelles s'est abandonnée la presse égyptienne, contrôlée par le gouverne­ment. Le patriarche de Constantinople, Athénagoras, qui désirait rencontrer le Pape depuis des années, malgré les difficultés soulevées par l'église grecque orthodoxe, fit une déclaration d'une énorme importance : « Ce serait une œuvre de la Divine Providence si, à l'occasion du pèlerinage sacré de Paul VI, les chefs de toutes les églises d'Orient et d'Occident, des trois confessions (catholique, orientale et protes­tante) se réunissaient dans la ville sainte de Sion, afin d'ouvrir une nouvelle et véritable route de l'unité pour la gloire de Notre Seigneur, pour le bien de l'humanité, pour son salut et pour l'accomplissement de la volonté de Jésus.

 

La proposition de réunion des chefs de la chrétienté autour de Paul VI fut ainsi lancée et suscita à Rome des consen­tements immédiats parce qu'elle coïncidait avec l'ardent désir qui était à l'origine du pèlerinage.

 

Pourtant, on ne sait pas grande chose des réponses précises que firent les diverses églises orthodoxes au projet d'Athénagoras. L'Église de Grèce commença par tergiverser, puis se révéla hostile, dans l'ensemble de sa hiérarchie. Le patriarche orthodoxe de Jérusalem, Benoît Ier, se montra peu favorable au début; puis, devant l'insistance du Gouvernement grec, accepta, à condition que son autorité ne s'en trouvât pas diminuée; il sera donc le premier à rencontrer le Pape et celui-ci rendra sa visite à Athénagoras, au siège du patriarcat. Le patriarche orthodoxe d'Antioche Théodose IV, commu­niqua à une agence qu'il approuvait le dessein d'Athénagoras, dans un esprit de courtoisie chrétienne.

 

Quant au patriarche de Moscou, qui s'était déjà préoccupé de ne pas laisser s'instaurer dans l'orthodoxie, une primauté effective, il se montra réticent au début; quand la rencontre d'Athénagoras avec Paul VI fut décidée, il déclara qu'il considérait la chose comme une initiative personnelle du patriarche de Constantinople, qui n'avait par conséquent rien à voir avec les décisions prises à Rhodes, relatives à la mise en train d'une conversation de toute l'orthodoxie avec l'Église de Rome, sur un pied d'égalité. Dans son message du 28 décembre dernier, Alexis ajoutait qu'il aurait volontiers, lui aussi, effectué un pèlerinage en Terre Sainte, si sa santé le lui avait permis.

 

En attendant, les échanges entre Constantinople et Rome allaient bon train. Le père Duprey, vice secrétaire de la section orientale du Secrétariat pour l'union des chrétiens, apportait le 10 décembre une lettre du cardinal Béa à Athénagoras. Le 27 décembre arrivait à Rome, envoyé officiellement par le patriarche et le Saint Synode de Constantinople, le métro­polite de Thiatira qui s'appelle aussi Athénagoras; il fut reçu le lendemain en audience privée par le Souverain Pontife…  au terme de son entretien avec le souverain pontife, se dit bouleversé par l'émotion et ajouta : «Après des siècles de silence, l'Occident latin et l'Orient grec, mus par un respect, et un amour mutuels, inspirés par l'Évangile et par leurs cœurs chrétiens, s'apprêtent à se rencontrer pour un échange de vues et de salutations fraternelles et pour ouvrir, si possible, un dialogue de compré­hension pour la paix du monde et le progrès de l'Église de Dieu. »

 

II est intéressant de noter que, dans son adresse au Souverain Pontife, le métropolite avait dit : « Votre prédécesseur de bienheureuse mémoire, Jean XXIII, convoqua le second concile Vatican pour un rajeunissement de l'Église Occidental. Peut-être Votre Sainteté est-elle appelée, en qualité : premier évêque de l'Église, avec le consentement des autres patriarches et chefs des Églises d'Occident et d'Orient, convoquer, en une conférence pan chrétienne, tous les représentants des Églises chrétiennes, pour examiner, dans l’amour et dans la compréhension, comment combattre le péché, comment protéger l'Église, la paix, et la liberté du monde, menacées par des ennemis communs : l'athéisme et tyrannie. » On retrouve dans ces expressions les idées chères au patriarche de Constantinople : une réunion de tous les chefs des églises chrétiennes pour une collaboration réciproque et un front commun contre l'athéisme matérialiste communiste. Pour conclure ces échanges, le patriarche Athénagoras annonçait publiquement à ses fidèles, dans son discours du nouvel an, sa rencontre avec Paul VI en Terre Sainte, commentant : « C'est un grand événement que je vous annonce en ce jour de fête. »

 

A suivre…

 

Extrait du volume : PAUL VI 

                                G. SCANTAMBURLO

                                Édition; Maison Mame  (1964)

 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 06:52

 

 

Sous prétexte de fausse charité qui veut unir tous les hommes, on a vou­lu atténuer ou même ignorer les divergences religieuses, à l’encontre de la Vérité qui est le Verbe Incarné, Notre Seigneur Jésus-Christ.

 

Une union à réaliser: Celle des Orthodoxes et des Protestants, si l’on veut poursuivre l'union avec les autres sectes.

a) Union avec les Grées Orthodoxes: Qu'est-ce qui sépare les Orthodoxes de l'Église ? Le pouvoir de juridiction du Pape.

 

1.)  Il faudra donc réduire ce pouvoir, en augmentant celui des groupes d'Évêques, des Conférences Épiscopales: qui auront un pouvoir per­mettant d'assimiler les Églises Orthodoxes; qui reconnaîtront au Pape une primauté d'honneur.

Pour cela, faisons valoir le principe de collégialité qui, de soi, tend à obliger le Pape à consulter ses collègues et enfin à res­pecter la majorité des voix.

 

2.)  Par la Sacramentalité de l'Épiscopat, tendre àdonner à l'Évêque sa juridiction de par son sacre et à enlever sa dépendance totale du Pape.     

 

3.)         Enlever tout ce qui, psychologiquement, gêne les Orthodoxes. Multi­plier les contacts, leur rendre les mêmes honneurs qu'aux Évêques catholiques, enlever l'excommunication. Rendre les reliques qui leur ont été enlevées. Offrir des excuses pour ce qui a été fait contre eux, etc...

 

Jusque là, la foi pouvait paraître sauve; paraître: car c'était toucher à la constitution fondamentale de l'Église basée sur la primauté de Pierre. C'était fausser les notions traditionnelles du Collège Apostolique, en essayant de lui ap­pliquer la notion de collégialité abstraite. C'était introduire à nouveau 1'êpis-copalisme, soit un ferment d'indépendance dans l'épiscopat, tenté par la formation d'Églises nationales et autocéphales.

 

b)     Union avec les Protestants. Leur présence au Concile est un fait sans précédent et assez significatif d'une volonté de réduire au minimum les di­vergences.

Si le danger de l'union avec les Orthodoxes étaitpérilleux pour la Véri­té de la Constitution de l'Église, telle que Notre Seigneur l'a voulue, il est beaucoup plus grave de vouloir à tout prix une union avec les Protestants.

 

Toutes les erreurs et conséquences du modernisme, du naturalisme, du libé­ralisme, sont à craindre. Le protestantisme véhicule toutes ces erreurs, et en a été la source. Ne plus obliger à l'abjuration des erreurs, mais chercher à détrui­re les barrières qui nous séparent des protestants: barrières liturgiques, canoni­ques, théologiques, scripturaires qui justifient les barrières liturgiques et ca­noniques.

 

C'est l'Église entière, dans sa définition, sa constitution, ses relations avec la société civile, son droit public: en définitive, toute sa tradition, sa conception du sacerdoce, de son esprit missionnaire, sa sociologie, qui en seront bouleversées.

 

C'est l'introduction d'un humanisme naturaliste, négateur de toute foi, du Credo, de la grâce, du Sacrifice propitiatoire, du péché originel, qui détrui­ra l'Église de fond en comble.

 

D'où les schémas d'oecuménisme, de liberté des religions, de l'Église dans le monde, où prédominent la conscience personnelle, le libre examen, la li­berté dans la culture et les arts, dans le mariage, la reconnaissance de l'objection de conscience, le pacifisme, etc…

 

Pour arriver à ce rapprochement, à cette réunion, on sacrifiera l'honneur de l'Église, la dignité de Pierre, de l'Épiscopat catholique, la dignité incomparable du Sacerdoce catholique, le trésor mystique de la Liturgie, du Sacrifice et des Sacrements. Rien ne résistera au désir de cette folle unité: ni la gloire de Dieu, ni le Sang du Christ Rédempteur, ni le mérite des martyrs, ni le zèle des missionnaires. On fera bon marché de tout cela pour cette chimère de l'unité dans l'erreur et le mensonge.

 

Que l'on songe aux conséquences pour l'Église, de cette fureur oecuménique, et l'on s'apercevra que rien n'a résisté. Malheur à ceux qui s'y opposent; malheur bien plus certain à ceux qui sont à l'origine de ces blasphèmes et de ces sacrilèges, qui ignorent la gloire de Dieu et la pérennité de la Vérité et de Sa Parole: ceux-là encourront les malédictions divines.

 

D'où, nous ne pouvons pas, ne pas conclure que ce dernier Concile a été rédigé et inspiré par des modernistes et que tout a été fait en fonction de ce but, consciemment par certains, inconsciemment par d'autres.

 

On ne sortira de cette impasse que par le retour à la foi pure et intégrale. La foi est une et intègre: elle n'autorise pas de compromis avec l'erreur.

 

On ne fait pas 1'aggiornamento de la Foi.

 

Marcel Lefebvre,

Archevêque de Synnade,

Melbourne, le 19 février 1973.

 

Note de l'Éditeur australien.

D'autres écrivains, Patric Omlor en particulier, ont démontré que Vatican II, est en vérité un Concile hérétique, qui doit être totalement rejeté, malgré les bons points qu'il a soulignés: parce que ces bons points ne sont pas nouveaux. On peut les retrouver dans le contenu de l'ensemble des enseignements catholiques. Mais on s'en est servi d'une manière diabolique pour dorer la pilule des nombreu­ses hérésies de ce Concile. Personne n'a encore répondu aux arguments basés sur la raison, présentés par Omlor: nos Évêques ont opté pour la politique du silence.

 

Yves Dupont,

World Trends

P.O.Box 180, Hawthorne,

Vie. 3122, Australia.

 

Extrait des cahiers de :

Louis de France, T.O.S.F.   (1975)

 

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 17:50

 

 

Cette idée du Pape a vraiment été une idée géniale et qui le définit tout entier.

 

Elle a été aussi la plus merveilleuse des trouvailles pour relancer son pontificat, à un moment particulièrement délicat de l'histoire de l'Église et de l'humanité.

 

Le pape Paul VI a toujours été l'homme des idées excep­tionnelles, marquées d'une très nette empreinte personnelle, de cet irremplaçable style « montinien », qu'il a depuis l'en­fance, comme nous avons pu le voir à maintes reprises au cours de cette biographie. La Grande Mission de Milan en est un exemple clair.

 

Le nouveau Pape avait d'ailleurs fixé sa prédilection apostolique le 21 juin 1963, en choisissant le nom de Paul. Le nom d'une personne est important; il est toujours un programme quand il est choisi dans des circonstances par­ticulières et solennelles, comme la profession religieuse ou l'élévation d'un nouveau pontife à la Chaire de Pierre. Saint Paul fut en effet le plus ardent et infatigable marcheur du Christianisme. Il fut le premier grand guide de la nouvelle religion, le premier scout de la foi.

 

Sa vie ne fut qu'un voyage : il parcourut des milliers de kilomètres et rencontra des millions de personnes. Ses lettres, dans lesquelles le terme voyage est répétées comme une néces­sité de la foi, en sont un vivant témoignage. Indubitablement, le christianisme, mission et témoignage de vérité, naissent en chemin. Aujourd'hui, surtout, que l'Église a entrepris un nouveau chemin vers « des cieux et des terres nouvelles » …

 

Nous avons vu que Paul VI n'en est pas à son premier grand voyage : le 5 juin 1960, archevêque de Milan, il quitta la « Malpensa » à destination de l'Amérique et, en deux semaines, accomplit quator2e vols, qui le conduisirent à New York, Chicago, Philadelphie, Washington, Baltimore, Brasilia, Saô-Paulo, Rio-de-Janeiro.

 

En 1962, du 19 juillet au 10 août, il se rendit en Afrique, où il visita les ouvriers italiens qui travaillent au grand bar­rage de Kariba et de nombreuses villes d'Afrique du Sud.

 

Nous avons rapporté le mot du pape Jean, qui se révèle maintenant comme une authentique prophétie, disant que son successeur « monterait dans les avions ». Et cet avion de la compagnie Alitalia, le premier qu'il ait pris en tant que pape, ne sera certainement pas le dernier.

 

LA  LONGUE PRÉPARATION  SECRÈTE

 

Paul VI va donc en Terre Sainte, là où le Christ a vécu et fondé l'Église : c'est un événement historique dont la portée dépasse la chronique contingente. Pierre est venu d'Antioche à Rome en 42 de notre ère (l'année est incertaine); il y est resté vingt-cinq ans... il a été le premier Pon­tife de Rome et c'est à Rome qu'il est mort martyrisé en 64 ou 67.

 

Depuis lors, en 1930 années environ, aucun pape n'est jamais retourné en Palestine. Paul VI est le premier des 262 successeurs de Pierre qui entreprend un pèlerinage en ces lieux sacrés, qui fasse le voyage du grand retour, qui remonte à la source. Il le fait en un temps de Concile, presque pour signifier un retour au Concile de Jérusalem, celui au cours duquel les Apôtres décidèrent de lancer l'Église à la conquête du monde païen et de permettre à Paul de baptiser les gentils, sans leur imposer de rites, de contraintes ni de lois particulières. Ce fut un concile largement ouvert aux néces­sités de la société du temps… Un concile dans lequel on lança la première codification du Verbe de Jésus, avec le Credo ou Symbole des Apôtres.

 

C'est la première fois qu'un pontife va en Terre Sainte, la première fois depuis 160 ans qu'un pape franchit les fron­tières de la péninsule italienne (si l'on excepte Pie VII qui alla à Paris en 1804 et fut traîné en France cinq ans plus tard, prisonnier de Napoléon); la première fois aussi qu'un pape voyage en avion; ce sont là des faits et des circonstances qui étaient tout simplement impensables jusqu'au 4 octobre 1962, le jour où le pape Jean, souriant et serein, malgré la maladie qui le dévorait déjà, fit son fameux pèlerinage à Lorète et à Assise…

 

Mais si ce pèlerinage en Terre Sainte est déjà sensationnel en lui-même, les perspectives qu'il ouvre sont incalculables pour le moment. Il suffit de songer qu'à Jérusalem, Paul VI rencontrera les patriarches des Églises d'Orient, et surtout Athénagoras de Constantinople, qui est le primus inter pares, c'est-à-dire une sorte de Pape Orthodoxe, qui n'a pas juris­prudence sur les églises autonomes mais jouit d'une pri­mauté d'honneur reconnue.

 

Quand l'inspiration de ce pèlerinage vint-elle à Paul VI ? Il est difficile d'indiquer une date, d'établir un jour précis. On peut dire que Jean-Baptiste Montini désirait, depuis de nombreuses années, se rendre en Terre Sainte, mais qu'il n'avait jamais pu réaliser ce rêve. Élu pape, le 21 juin 1963, il demandait à la Secrétairerie d'État, dès la fin juillet, un rapport détaillé et très secret sur la situation religieuse, sociale et politique de la Palestine.

 

Les très rares prélats au courant de cette requête pensèrent immédiatement que Paul VI projetait un geste d'une impor­tance exceptionnelle. L'idée mûrissait rapidement, et peut-être était-elle déjà définie dans les grandes lignes, quand, à la mi-août, survint un fait singulier. Un matin, le Pape trouva, dans son courrier du jour, un pli provenant de Nazareth, expédié par les « Compagnons de Jésus charpentier ».

 

Rappelons que cette congrégation religieuse fut fondée il y a quelques années par un prêtre français, Paul Gauthier. Professeur au séminaire de Dijon, Gauthier était revenu d'une visite en Terre Sainte avec un poids sur le cœur. C'était sur la terre du Christ qu'il avait vu des milliers d'êtres humains plongés dans la misère la plus sombre ; c'était sur la terre du Christ qu'il avait touché du doigt la scandaleuse opposition entre chrétiens qui se disputaient la propriété du Saint Sépulcre, partagé entre catholiques, orthodoxes grecs et monophysistes d'Antioche. Il avait alors pensé, avec ses confrères, qu'il fallait faire quelque chose.

 

C'est ainsi que naquit la congrégation des « Compagnons de Jésus charpentier »; charpentier, c'est-à-dire travailleur, proche des pauvres et des abandonnés. Ils partirent et s'établirent à Nazareth où s'était déroulée une grande partie de la vie du Christ. Ils voulaient vivre les mêmes souffrances que le peuple, l'aider à se relever, lui témoigner leur fraternité par le sacrifice. En Palestine, la vie s'est arrêtée au temps de Jésus : les gens s'habillent de la même façon, souffrent autant, et, par milliers, habitent encore dans des grottes. Les compagnons choisirent pour chapelle une grotte, où Jésus était peut-être entré, et déposèrent le Saint Sacrement dans la très antique mangeoire creusée dans la roche. L'Église se réunissait en Concile; pouvait-elle trouver meilleure occasion de se prononcer sur la misère, sur l'intolérance raciale et religieuse, sur la division des âmes, sur toutes les plaies de l'humanité, particulièrement douloureuses et exas­pérées en Palestine ?

 

Les Compagnons écrivirent à des cardinaux et à des évêques, demandant que le Concile traitât aussi de thèmes sociaux. Il se constitua une sorte de mouvement de « l'Église des Pauvres » dont font partie les cardinaux Léger et Lercaro, l'évêque chilien, Mgr Larrain, qui a vendu sa croix pectorale pour fonder une école, le colombien Mgr Botero Salazar, qui a quitté son palais pour s'établir dans une petite maison du quartier ouvrier, et l'évêque du Sahara, Mgr Mercier, qui débarqua à Gênes et rejoignit Rome à pied, pauvrement vêtu et mendiant son pain quotidien.

 

A suivre…

 

Extrait du volume : PAUL VI 

                                G. SCANTAMBURLO

                                Édition; Maison Mame  (1964)

 

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 17:23

 

 

Lorsque Salomon monta, sur le trône, âgé seulement de dix-sept ans, Dieu lui demanda ce qu'il souhaitait. « Seigneur, répondit le jeune prince, je ne suis qu'un en­fant, et je dois régner sur un grand peuple. Je ne vous de­mande ni les honneurs ni la fortune, mais une seule chose, la sagesse. » Cette prière plut au Seigneur, et il accorda à Sa­lomon, non seulement la sagesse qu'il demandait, mais les ri­chesses et la gloire qu'il n'avait pas sollicitées.

 

Puissent nos vœux, chers lecteurs ressembler à celui-là ! Oubliant les vanités qui nous font exprimer tant de misérables souhaits et solliciter les petits bonheurs de ce monde, puissions-nous adresser à Dieu la même prière que Salomon : « Seigneur, donnez-nous la sa­gesse ; » et notre Père de là-haut, tout en l'exauçant, y ajou­tera par surcroît, dans toute la mesure où ils nous seront uti­les, les biens de la terre et la bonne renommée.

 

Mais, il y a longtemps qu'on l'a dit, et cette parole reste toujours vraie : Aide-toi, le ciel t'aidera. Si nous voulons ac­quérir la sagesse et, avec elle, tous les biens qui en sont la suite ou la récompense, il faut nous aider un peu nous-mêmes. La grâce de Dieu ne manquera pas, mais un certain travail personnel est nécessaire.

 

Un petit trait vous dira en quoi principalement doit con­sister ce travail, point de départ et condition du succès.

 

Un jour Socrate, passant devant le temple de Delphes, lut sur le frontispice ces mots : Connais-toi toi-même. Ce fut pour lui comme un trait de lumière. Il avait jusqu'alors pour­suivi la sagesse dans mille directions différentes ; il avait lu une multitude de livres; il n'en avait oublié qu'un: c'était son propre cœur. Il avait étudié l'histoire des peuples les plus lointains ; mais il ne connaissait pas son histoire à lui, du moins il n'avait jamais réfléchi sur les événements de sa vie.

 

II avait fatigué ses yeux à l'étude de l'astronomie, et il n'a­vait pas sondé les profondeurs de son âme. Il avait écouté les plus illustres maîtres, et il n'avait pas prêté l'oreille à la voix de sa conscience. Ces simples mots: « Connais-toi toi-même,» lui révélèrent qu'il n'était qu'un ignorant, puisqu'il avait oublié d'apprendre l'a b c de cette grande science de la sagesse. Il se mit à étudier son cœur, et il recueillit de cette élude les plus précieux résultats.

 

A nous aussi, de nous dire : « Connais-toi toi-même. » Peut-être un bon nombre d'entre nous sont aussi dans la situation où était Socrate avant d'avoir médité la fameuse maxime. Nous avons beaucoup de connaissances, mais dans le fond nous ne savons pas trop comment nous sommes et ce qui nous manque au moral. Peut-être encore connaissons-nous mieux la géographie et la statistique de notre pays que celles de notre âme. Si nous sommes de la cam­pagne, peut-être connaissons-nous mieux l'art de cultiver un champ que celui de cultiver cette âme, la nature des ter­rains que celle de nos dispositions et de nos penchants. Enfin, nous savons sans doute mieux ce qui convient, à la santé de notre corps qu'à celle de notre âme.

 

Et pourtant, où est la logique, où la saine raison dans cette immense préférence donnée aux choses temporelles ? Ne faut-il pas s'occuper plutôt de ce qui doit durer éternellement que de ce qui finit après quelques jours ? Si nous négligeons la connaissance de nous-mêmes, n'est-il pas vrai que nous ressemblons à cet homme, qui, une lunette en main, considérait le cours des astres, pendant que, ne regardant pas à ses pieds, il allait choir dans un puits ?

 

Pour dire toute la vérité, nous devons convenir que la connaissance de nous-mêmes n'est pas, au début surtout, une science bien réjouissante ;  elle réserve des humiliations  à notre amour-propre, car on y marche de désenchantement en désenchantement. Une femme qui se croyait belle, et qui est forcée tout à coup de se reconnaître laide dans un miroir, n'est certes pas ravie de la découverte.

 

C'est notre histoire : quand nous nous mettons à nous étudier avec candeur et bon­ne foi, nous nous trouvons passablement laids au moral. Nous disons de bonne foi, parce que souvent on se trompe soi-même : on veut à tout prix se faire illusion ; on imite les gens qui commandent leur portrait à un peintre et qui se fâcheraient s'il reproduisait exactement leurs traits. On peint pour soi-même un portrait de fantaisie qu'on a la naï­veté d'admirer. Cette vanité nous cache nos défauts les plus saillants ou les transforme en qualités aimables.

 

Il n'y a qu'un moyen d'arriver à la connaissance de soi-même: c'est de s'examiner devant Dieu, et, dès que l'on cons­tate certaines imperfections, de leur faire impitoyablement la guerre. Un petit examen de chaque jour y aidera avec beaucoup d'efficacité. N'en doutons pas, dès que nous nous connaîtrons parfaitement nous-mêmes, nous ne serons pas loin de posséder la véritable sagesse.

 

Voici sur cet important sujet quelques réflexions qui ne manquent pas d'à-propos.

 

« II y a, dit un pieux auteur, une connaissance devant la­quelle chacun recule, c'est la connaissance de soi-même.

 

» On ferme les yeux pour ne point se voir, preuve évidente qu'on a peur de se voir tel qu'on est. On ouvre au contraire les oreilles aux complaisants comme pour se rassurer contre son propre jugement.

 

» Cette conduite n'est ni raisonnable, ni chrétienne.

 

» Pour se bien connaître, il faut se recueillir en soi-même.

 

» Dans une eau bien tranquille, on distingue les plus petits grains de sable, et, dans la paix de l'âme, on se rend mieux compte de sa valeur personnelle. Or, s'apprécier à sa juste valeur, c'est surtout reconnaître ses défauts et ses imperfections. Si quelqu'un y contredit, c'est parce qu'il a, en dehors des défauts ordinaires, celui de ne pas vouloir les reconnaître.

 

» C'est un grand défaut, en effet, et la plus grande imper­fection, de ne pas reconnaître qu'on a beaucoup d'imper­fections et de défauts.

 

» Une chose m'a toujours frappé, c'est de voir les saints c'est-à-dire ce qu'il y a de plus grand sur la terre, s'esti­mer les derniers des hommes. Que penser après cela de quelqu'un qui se croit quelque chose, sinon qu'il n'est pas assez clairvoyant ni assez saint pour voir clair au milieu de ses misères ?

 

» Que chacun de nous en vienne à la preuve et ne craigne pas d'entrer dans son intérieur, un flambeau à la main. Ce petit examen fera plus que tous les raisonnements. Exa­minez-vous aussi sévèrement que vous jugez votre semblable; à la liste de vos péchés, ajoutez celle de vos défauts naturels, de vos bévues, de vos maladresses ; si vous vous rendez ainsi souvent compte de l'état de votre intérieur, vous parviendrez  à  acquérir cette  connaissance  de  vous-même, si précieuse et si nécessaire. »

 

FÊTE DU JOUR: Saint Lucien d'Antioche, martyr.

 

Saint Lucien, élevé dès son enfance dans la piété par de vertueux parents, devint orphelin à douze ans. Dans son abandon il recourut à Dieu comme à son véritable Père, donna ses biens aux pauvres et, sous la direction d'un saint maî­tre, nommé Macaire, se livra à l'étude des Saintes Écritures. Après une jeunesse de prière et de sévères austérités, il fut Ordonné prêtre et ouvrit une école à Antioche. Les succès «de son enseignement attirèrent sur lui l'attention des autori­tés païennes et, lorsque la persécution de l'Empereur Maxime sévit en Orient, il fut un des premiers chrétiens qui furent saisis et emmenés à Nicomédie où résidait le tyran. Confié à la garde d'une troupe de soldats apostats, il leur montra l'énormité de leur crime et les décida à confesser de nouveau Jésus-Christ jusqu'au martyre. Dans la prison, Lucien devint le Consolateur des chrétiens persécutés. Fort de sa foi, il refusa les dignités les plus considérables de l'empire et subit des tourments horribles pour le nom de Jésus-Christ. On le laissa quatorze jours sans nourriture ni lumière ; le quinzième il expira en répétant trois fois: «Je suis chrétien. » L'empereur, s'acharnant sur le corps inanimé de Lucien, le fit jeter dans la mer avec une énorme pierre attachée à la main droite.

 

Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 17:07

    

 

Le projet, repensé pendant les neuf mois d'interruption, est divisé en une introduction suivie de quatre chapitres :

 

I. — Le Mystère de l'Église,

II. — La Constitution hiérarchique, avec une étude par­ticulière du                                                       problème de l'épiscopat,

III. — Le Peuple de Dieu,

IV. — La vocation de l'Église à la Sainteté.

 

Depuis les premières interventions, le schéma a été accepté comme base de discussion par tous les Pères conciliaires y compris ceux qui avaient présenté auparavant des centaines d'amendements. 2,900 Pères ont été convoqués aux réunions générales, alors qu'ils n'étaient que 2.778 à la première ses­sion. Malheureusement, ainsi que le Pape a fait tristement allusion, beaucoup d'évêques des pays d'au-delà du rideau de fer sont absents.

 

Pendant les neuf mois de suspension, 72 Pères conciliaires sont morts, mais 177 nouveaux Pères se sont présentés à leur place, en raison de la nomination de 98 archevêques et évêques, de 4 supérieurs généraux d'Ordres et de Congré­gations et de 75 préfets apostoliques. Dans l'enceinte conci­liaire sont également présents dix laïcs d'illustre réputation, tous dirigeants d'organisations catholiques.

 

Le nombre des observateurs des autres églises chrétiennes est passé de 45 à 64, y compris les hôtes du Secrétariat pour l'Unité.

 

Il pourra être intéressant, avant de passer à l'étude de détail, de faire une chronique rapide, mais fournie, des tra­vaux conciliaires en nous arrêtant plus particulièrement sur certains aspects de cette seconde session, et surtout sur quelques-unes des relations que divers organes de presse ont donné de l'événement.

 

La curiosité qui entoure cette seconde session, nous y avons fait allusion, n'est pas le seul fait des catholiques et des chrétiens des églises séparées de Rome. En décidant de la continuation de Vatican II, dès son premier message après son élévation au Pontificat, Paul VI n'a pas caché à l'opinion publique et à lui-même, le poids de l'héritage qui lui avait été transmis par Jean XXIII; poids si grand qu'il le « décon­certe jusqu'à la souffrance ». A côté de l'événement excep­tionnel qui engage la responsabilité morale et humaine de l'Église romaine, une question se pose tout naturellement, étroitement liée à l'attente universelle des décisions, du nouveau programme de modernisation, et des modifications canoniques qui sortiront de la libre discussion des Pères conci­liaires : « Que définira en somme, se demande-t-on beaucoup dans la presse, le Concile Œcuménique de l'ère atomique ? »

 

La continuation du Concile que Paul VI, s'il l'avait voulu, pouvait aussi bien renvoyer, remettre, suspendre ou même annuler selon les canons 222 et 229 du code de Droit Canon, maintient dans sa fermeté l'essence spirituelle de la pensée de Jean XXIII. La continuation rappelle avec insistance les efforts pour consolider la justice et la paix parmi tous les chrétiens, pour retrouver l'unité, douloureusement brisée dans le passé, et pour réformer en même temps le Droit Canon.

 

Mais, en fait, le Concile Vatican II commence seulement à cette seconde session. La première phase esquissa à peine les grandes lignes et servit surtout, dès le début, à dégager les courants de pensée, les controverses et les méfiances, à l'égard du traditionnel et, si l'on peut dire, séculaire immo­bilisme de la Curie romaine ; d'où le terme de aggiornamento, repris par la rhétorique officielle de Paul VI, en tant que possibilité actuelle de sortir des habitudes « paresseuses et sans générosité » et de ramener l'Église catholique sur le plan de la réalité, au-dessus, ou contre, l'erreur contingente.

 

La préparation de cette seconde session a corrigé les hési­tations de la première période préparatoire. Paul VI a voulu obéir à la synthèse des schémas et tout particulièrement au regroupement mesuré des responsabilités. Cette fois, la direc­tion proprement dite des travaux conciliaires et l'organisa­tion des discussions au sein des congrégations générales ont été confiées à quatre cardinaux seulement. La nationalité de ces princes de l'Église, appelés Modérateurs, reflète déjà la volonté de Paul VI. Deux de ces cardinaux, l'archevêque de Munich, Doepfner, et l'archevêque de Bruxelles, Suenens, appartiennent à deux nations où l'épiscopat est estimé pour son énergie modérée, son indépendance et son « franc-parler » vis-à-vis de la Curie. Les deux autres sont l'arche­vêque de Bologne, le cardinal Lercaro, et l'Arménien Agagianian. Le choix de ce dernier est déjà un hommage rendu aux églises catholiques qui ne suivent pas le rite romain et aux communautés des églises orientales. Tous les Conciles Œcuméniques de l'histoire représentent un procès de clari­fication que l'Église se fait à elle-même. Le « procès uni­versel » de Vatican II sera célébré et mené à bonne fin par Paul VI, après les préliminaires annoncés et dirigés par Jean XXIII. Quelques observateurs étrangers ont, en effet, écrit que le Concile dépendait seulement des directives de Paul VI en tant que protagoniste régulateur de l'assemblée. Per­sonne ne peut dire quelles seront les orientations suggérées par la volonté du nouveau Pape, dont on ne connaît pas encore la pensée réelle.

 

La première session eut ses journées de tempêtes. Les résultats concrets ont été minces par comparaison avec l'es­pérance soulevée par la grande œuvre entreprise. Le premier problème de Vatican II concerne, principalement, la décen­tralisation de la Curie et son internationalisation demandées surtout par le clergé étranger et particulièrement par le clergé français.

 

La Curie se développa dans le contexte historique d'état de siège dans lequel l'Église s'est trouvée au centre du monde moderne. Dans le droit moderne, la Curie sert exclusive­ment à désigner le vaste ensemble des dicastères ecclésias­tiques qui assistent le Souverain Pontife dans le gouverne­ment général de l'Église. Son immobilisme, au fond, date à peu près de l'époque de Sixte Quint qui la réorganisa sur les bases qui, aujourd'hui encore, en constituent le fonde­ment, selon la Constitution Immensa Aeterni Dei du 22 jan­vier 1588.

 

Une tentative limitée de réforme fut accomplie par saint Pie X, pour fixer les pouvoirs des différents dicastères. Plus tard, Benoît XV accepta la réforme du pape Sarto (Pie X), tout en apportant quelques innovations dans la Congréga­tion des Églises orientales, celle des Séminaires, et celle des Universités et en supprimant la Congrégation de l'Index, dont les attributions furent données au Saint-Office.

 

Paul VI, à la veille de la seconde session de Vatican II, a précisé sa pensée sur la réalité moderne de la Curie, en adressant, le 22 septembre 1963, une allocution aux cardi­naux et aux prélats attachés aux différents dicastères de cet organisme. « La Curie Romaine, a-t-il dit, est un instrument dont le Pape a besoin et dont il se sert pour mener à bien son propre mandat divin. »

 

 Mais, dans son allocution, le Pape a souligné le fait que l'on a aussi adressé à la Curie des critiques : « Nous devons accueillir les critiques qui nous entourent avec humilité, avec réflexion et aussi avec recon­naissance. » Enfin, dans les paroles de Paul VI, il y a une précision directe sur le projet de modernisation de la Curie, dans ses Structures juridiques. « C'est de Rome que part aujourd'hui, a conclu le Pontife, l'invitation à se mettre à jour. Mise à jour de la Curie et réforme du Droit Canon sera réalisées grâce au Concile. Bien des années ont passé, a-t-il observé, et l'âge vénérable de la Curie peut expliquer la détérioration de son organisation et le décalage qui s'est créé entre les exigences, les usages des temps nouveaux et les moyens dont elle dispose; il éclaire également son besoin de se simplifier, de se décentraliser et, en même temps, de s'élargir et de s'initier à de nouvelles fondions. »

 

En ce qui concerne la Curie romaine, Vatican II confor­mera donc ses décisions aux demandes d'internationalisation.

 

Le fait le plus surprenant de ce Concile moderne c'est la présence d'observateurs orthodoxes, calvinistes et luthériens, considérés jusqu'à hier comme hérétiques et schismatiques, et appelés, aujourd'hui, « très chers observateurs » et « frères baptisés ». Les observateurs assistent aux discussions en qua­lité de témoins et dans la familiarité d'une hospitalité chré­tienne. Le Concile prouve que l'Église romaine n'a rien à cacher au monde, ami ou ennemi, en offrant aux regards ces schémas que la tradition de la Curie reléguait la plupart du temps dans le secret de ses Congrégations. Avec cette Assem­blée œcuménique, l'Église pourra peut-être se définir elle-même d'une façon moderne, en se hissant au-dessus de l'im­mobilisme de la tradition archaïque, en abandonnant défi­nitivement l'esprit de la contre-réforme et en écoutant les requêtes des protestants relatives à une modernisation de l'interprétation des Saintes Écritures.

 

Un écrivain français, commentant la reprise du Concile, a déclaré que la théologie officielle a perdu son caractère et son esprit de polémique et de défense. Tous les problèmes de notre époque seront passés en revue par le Concile dans la vision universelle de la justice et de la charité chrétiennes : depuis le problème des pays sous-développés et de la répar­tition des richesses jusqu'à l'interprétation des conquêtes scientifiques.

 

Enfin, le point le plus important concerne le dialogue entre Rome et les Églises séparées où réside l'esprit des difficultés d'ordre psychologique et historique qui condi­tionnent le catholicisme dans ses rapports avec l'Orient chré­tien et le monde protestant. L'œcuménisme romain et catho­lique ouvre ses bras au monde pour la seconde fois. En s'adressant aux Églises orientales.

 

Paul VI a dit : « Qui pour­rait nier que ces Églises tirent leur origine de l'unique tronc commun, Notre-Seigneur Jésus-Christ ? Et qu'elles ont le même baptême, la même foi fondamentale, une hiérarchie valable et des sacrements efficaces ? »

 

La charité catholique semble s'être alliée à la délicatesse évangélique à l'égard de ces malheureux pays où le clergé est, aujourd'hui encore, esclave d'un état athée. Particulière­ment significative est à cet égard l'initiative prise par Paul VI d'envoyer à Moscou, à la veille de la seconde session, l'évêque de Fribourg, Mgr Charrière, pour participer aux cérémonies données en l'honneur du Patriarche Alexis à l'occasion de son quatre-vingtième anniversaire.

 

A suivre…

 

Extrait du volume : PAUL VI 

                                G. SCANTAMBURLO

                                Édition; Maison Mame  (1964)

 

Extrait de : Le Rhin se jette dans le Tibre

 

Il est évident que l'histoire du présent Concile devra être écrite selon les normes que les anciens ont fixées aux historiens, et dont la première est la suivante :

 «Ne rien oser dire de faux, mais aussi ne rien cacher de la vérité. Ne rien écrire qui puisse donner naissance au moindre soupçon de favoritisme ou d'animosité.» (Cicéron, Or. 11. 15.)

 

S. S. PAUL VI, 31 janvier 1966.

 

http://www.a-c-r-f.com/documents/WILTGEN_Le-Rhin-se-Jette-dans-le-Tibre

 

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 11:47

L'Église, dans la fête de l'Épiphanie, honore le mystère de la manifestation de Notre-Seigneur aux nations.

 

Noël était comme une fête intime où n'étaient conviés que les représen­tants du peuple de Dieu : Marie, Joseph, les bergers ; l'Épiphanie, c'est l'expansion, dans le monde entier, des clartés du soleil de justice encore à son aurore.

 

Les Rois Mages, ve­nus de l'Orient adorer le Sauveur, furent ses premiers apôtres auprès des nations, qui attendaient, assises à l'ombre de la mort, l'annonce d'un jour nouveau.

 

Saints messagers, qui nous prêchent encore, après dix-neuf siècles, la foi, la générosité, la docilité aux inspirations de la grâce.

 

D'après, la tradition, Dieu a permis que les corps de ces saints personnages fussent conservés.

 

Pendant le siège de Milan par l'empereur Frédéric Barberousse, les principaux citoyens de la ville cachèrent ces corps, envoyés autrefois dans cette ville par Eustorgius, évêque de Constantinople.

 

A la suite de l'Empereur se trouvait Reinold, évêque de Cologne, à qui, pour prix d'un service rendu, un noble chevalier indiqua le lieu de ce dépôt précieux. L'évêque demanda à l'Empereur, pour son église, la possession de ce trésor. Frédéric lui ayant accor­dé cette faveur, Reinold fit enlever les saintes reliques, les transporta à Cologne et les plaça solennellement dans la ca­thédrale, où un grand nombre de miracles s'opérèrent par leur intercession.

 

C'est depuis cette époque que la ville de Colo­gne, fière de son trésor, porte trois couronnes dans ses armes, en souvenir des trois rois Mages.

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 17:46

 

 

Il a été évincé, méprisé et calomnié et ça continue encore après 35 ans d’absence forcée.  Nous vous suggérons de lire cet extrait d’exorcisme.

 

Aveux de l’enfer Édition DFT. Extraits de l’exorcisme du  9 Juin 1989.

En la fête du Chef sacré de Jésus en l’octave de la fête du Sacré-Cœur

 

Attendre dans la foi et la Charité, avec SS Paul VI

 

BELZÉBUTH : Suivez votre chemin sans vous égarer, le chemin de la Foi et de l’Amour. LE PAPE PAUL VI VIT, je dois encore le dire pour terminer, pour votre consolation. Il n’est pas mort! Il vit, il est vivant, ET LUI AUSSI DOIT VIVRE DANS UNE TRES GRANDE RETRAITE ET UNE TRES GRANDE PATIENCE. C’est encore beaucoup plus pénible que pour vous, de ne pas pouvoir parler alors qu’il est le Chef et devrait annoncer au monde entier qu’il est le vrai Pape. Le Pape Paul VI est le vrai Chef de l'Église. Mais il ne pourra parler que quand son heure sera venue. Elle est (presque) venue! Elle est très proche ! Il parlera dans très peu de temps ! SES PAROLES DÉPLACERONT PRESQUE DES MONTAGNES d’une certaine façon! En tous cas, ceux qui le suivront et le croiront, et les autres aussi, seront remués. Il fera ce que le Ciel veut. Le Ciel vous donnera des instructions en son temps, quand Il le voudra, et vous dira ce que vous devez faire. Vous recevrez des instructions quand la Sagesse Éternelle, Son Chef Sacré, le Siège de la Divine Sagesse, l’aura décidé pour vous. Que Sa Volonté se fasse, MEME SI JE NE LA COMPRENDS PAS ! Voilà là comment vous devez prier! Que Votre Volonté s’accomplisse, même si elle fait mal ! Que Votre Volonté soit faite, où que j'aille, où que je soie! »  

 

« Accordez, o mon Dieu, que les esprits s’unissent dans la Vérité et tous les cœurs dans la Charité »

 

Cette prière de Saint Pie X a été imprimée sur son image d’ordination par SS Paul VI.

Elle rejoint parfaitement la demande de Notre Seigneur à Térésa Higginson  de joindre dans une même dévotion à Sa Sainte Humanité Son Chef Sacré et Son Sacré -Cœur, car dit-t’Il : le cœur sans l’esprit est incapable de mérite :si un homme est privé de connaissance, que peut bien faire son cœur ? » http://amdg.over-blog.fr/article-aveux-de-l-enfer-suite-l-heure-de-la-sagesse-114072110.html

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