Nous ne pouvons mieux terminer ce chapitre qu'en citant une belle page de l'abbé André Richard, dans L'Homme nouveau de Paris (21 nov. 1965), à la fin du Concile Vatican II :
« Nous, catholiques, nous subissons aujourd'hui la tentation déjà dénoncée par saint Paul, d'évacuer la Croix du Christ . . . Nous devons poser d'abord le fait de la chute originelle, le fait de l'Incarnation rédemptrice, le fait du Christ mort en Croix pour expier les péchés de l'humanité. Nous ne devons pas en avoir une espèce de honte, maintenant que l'humanité serait devenue adulte ...
« Il ne faut pas cacher la Croix devant les yeux de l'homme, aujourd'hui moins que jamais. La Croix est le témoignage d'un Dieu qui s'est révélé comme l'Amour. Elle est un appel adressé à tous les hommes pour une réponse d'amour, en vue de réintroduire l'humanité dans une Communion éternelle d'amour avec Dieu même et entre nous : une communion d'amour, et par conséquent de joie totale.
« Cependant, pour mieux ramener les hommes vers le Crucifié, il ne serait pas inutile de rendre plus totalement expressifs nos Crucifix. En regardant vers les Calvaires de nos églises ou de nos carrefours, nous trouvons un Homme marqué de toutes les plaies, de toutes les douleurs de l'humanité. Et, au pied de la Croix, il y a une Femme qui pleure des larmes de sang, comme nulle femme n'en a jamais versées. Il n'y a pas d'illusion à se faire sur l'ampleur de la misère des hommes.
« Mais nos Crucifix devraient pouvoir suggérer aussi que Jésus-Christ n'est plus mort : il est ressuscité. Sa résurrection est le gage de notre propre résurrection. Ses plaies ne sont plus sanglantes; elles sont en lui rayonnantes et nous ouvrent l'accès à une vie éternelle et glorieuse. Et cette Femme qui fut Marie douloureuse, notre foi nous l'a fait déjà chercher vivante, couronnée d'étoiles, expression de la Cité toute entière des hommes, qui se pare comme une fiancée pour ses noces avec l'Éternel lui-même.
« Quiconque nous promet moins que cela, ne nous promet rien. Et quiconque attend cela et en vit déjà, se sent pressé irrésistiblement de mettre en oeuvre tous les moyens, y compris ceux de la technique et de la politique, pour incorporer à la cité terrestre tout ce qu'elle peut recevoir dès maintenant de la merveilleuse unité, fraternité et béatitude de la Cité de Dieu.
« Puisse donc le Concile inaugurer, dans la reprise de conscience du Mystère Pascal, un renouvellement de la communauté chrétienne. Alors, les fils de l'Église pourront rayonner une atmosphère et déclencher une révolution des idées, des moeurs et des institutions, qui révélera aux marxistes eux-mêmes l'efficacité de LA CROIX DU CHRIST, l'Agneau qui a été immolé et qui vit aux siècles des siècles. »
Extrait de : La CROIX, étendard du Christ Roi. Chanoine Georges Panneton
Édition LE BIEN PUBLIC
Trois-Rivières, Canada.
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