Moi,... indigne servante de Dieu, enfant coupable de son Église, mais profondément repentante de mes fautes, je me prosterne en ce moment aux pieds de la très sainte Trinité, de la sainte et immaculée Vierge Marie, de mon ange gardien, pour attester mes dernières volontés et la manière dont je veux vivre et mourir : et je fais le testament suivant en vue de l'éternité, pour la plus grande gloire de Dieu et le salut de mon âme.
1. Je vous remets, ô très adorable Trinité, mon corps et mon âme, comme à mon principe et ma fin, avec tous les biens spirituels et corporels que j'ai reçus et que je recevrai encore de votre main, et dont je vous bénis avec une humble reconnaissance et la ferme résolution de les consacrer à votre gloire.
2. Je croîs tout ce que l'Église catholique a toujours proposé à notre! Foi : c'est dans cette foi que je veux vivre et mourir en véritable enfant de la sainte Église : je désire recevoir avec une humble et sincère contrition le sacrement des mourants et avoir part aux mérites et à la mort de Jésus. Je déteste et j'abjure d'avance et dès ce moment tout ce que les suggestions de l'esprit malin, la violence de la maladie ou la privation de connaissance pourraient me faire dire ou penser alors contre la foi, ou contre mon divin Sauveur.
3. Je confesse que mes péchés sont innombrables et que j'ai mille fois mérité l'enfer ; mais je crois en même temps, ô Dieu de toute miséricorde, que votre clémence surpasse infiniment ma malice et que les mérites de Jésus l'emportent immensément sur mes péchés. Aussi je veux particulièrement fonder mon espérance sur la bonté infinie de Dieu, sur la souveraine efficacité du sang de Jésus-Christ et sur l'immuable vérité de ses promesses. O mon Sauveur, vous ne permettrez pas que je perde une âme qui vous a coûté tant de sang, tant de souffrances, tant de travaux, et la mort même !
4. Je déteste tous mes péchés et j'en conçois un vif et profond repentir, par pur amour pour vous, ô mon Dieu, le plus indulgent des pères, et je voudrais que mon repentir fût mille fois plus vif encore, prête à souffrir tout avec joie plutôt que de consentir à rien qui fût l'ombre d'une offense contre vous. Je vous offre, en satisfaction de mes fautes, les trésors infinis des mérites de mon Sauveur ; je me réfugie dans ses plaies sacrées pour laver dans le sang de l'Agneau mes infidélités sans nombre.
5. J'accepte avec un entier abandon ce que décidera la volonté divine touchant mon corps et mon âme, et je suis prête à agir, à souffrir, à vivre, et à mourir, selon le bon plaisir de votre Providence éternelle et infaillible.
6. Je déclare maintenant et pour l'heure de ma mort, que je désire participer aux indulgences que je puis mériter de quelque manière que ce soit, ainsi qu'aux bonnes œuvres, aux messes et aux prières qui se feront jusqu'au jour du jugement.
7. Je me mets sous la protection de la très sainte Vierge, ma mère ; je me recommande dans mon agonie à saint Joseph, à mon bon ange et à mes saints patrons, et je les conjure humblement de bien vouloir m'assister à mes derniers moments, m'encourager, me défendre et m'obtenir toutes les grâces et les vertus dont j'ai besoin pour faire une sainte mort.
8. Je souhaite que mes dernières paroles soient : Jésus ! Marie ! Joseph ! Et s'il arrivait que mes lèvres fussent muettes à ce moment redoutable et que j'eusse perdu l'usage de la raison, je dis à présent pour alors, avec toute la ferveur, le respect et la soumission dont je suis capable : Jésus, Marie, Joseph, je remets mon esprit entre vos mains.
9. Enfin, ô mon Dieu, je vous consacre toutes les affections de mon âme et toutes les actions de mon corps, avec tous les instants qu'il me reste à vivre : Je vous en offre l'hommage irrévocable : je veux en outre, dès maintenant et pendant toute l'éternité, n'honorer et ne servir que vous !
10. Daignez, ô miséricordieux Jésus, confirmer, par votre grâce et votre bénédiction, ces dispositions suprêmes que je veux maintenir pendant toute ma vie et jusqu'après ma mort, afin que j'y conforme toute mon existence et que je ne vive plus que par vous, ô mon Jésus, dans le temps et dans l'éternité ! Ainsi soit-il.
On engage les personnes pieuses a lire fréquemment cette protestation, tout au moins une lois chaque année.
FÊTE DU JOUR, le 3l décembre : Saint Sylvestre, pape.
Saint Sylvestre naquit à Rome vers la fin du troisième siècle. Il venait d'être ordonné prêtre lorsque éclata, sous le règne du cruel Dioclétien, la dernière, mais la plus violente des persécutions contre les chrétiens. Des idoles étaient élevées dans tous les carrefours, sur les places publiques, devant les fontaines, de telle sorte qu'il était à peu près impossible à un chrétien de sortir de chez lui sans être mis en demeure d'offrir un sacrifice aux dieux et d'avoir à choisir entre l'apostasie ou la mort.
Pendant ces jours de cruelles épreuves, Sylvestre fortifiait les chrétiens et les encourageait à mourir pour Jésus-Christ. Dieu, toutefois, préserva le généreux prêtre de tout danger, lui destinant une autre couronne que celle du martyre.
En 312, en effet, une nouvelle ère commença pour l'Église. Constantin, ayant remporté sous l'étendard de la croix une victoire qui lui assurait l'empire, se déclara le protecteur des chrétiens, éleva des basiliques splendides, et en particulier l'église de Saint-Jean de Latran, et donna au pape, si longtemps l'objet de la haine des païens, un palais digne de son auguste puissance.
C'est dans ces heureuses circonstances que saint Sylvestre fut élevé sur la chaire de Saint Pierre et, le premier de tous les papes, il put gouverner le troupeau de Jésus-Christ en toute sécurité. Il mourut, regretté des prêtres et des fidèles, en 355.
Extrait de : LECTURES MÉDITÉES (1933)
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