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Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il perd son âme

28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 01:48

Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (20)

On  donne quelques règles pour ne pas se laisser tromper par les protestants, et on résout quelques-unes des difficultés qu'ils ont l'habitude de présenter.

 

Que disent les protestants pour ca­cher leur apostasie ? Ils disent que l'Église romaine s'est corrompue, est tombée dans l’erreur, et que partant il était nécessaire de la corriger et de la réformer; tellement qu'ils s'appellent eux-mêmes réformés, et leurs églises, églises réformées.

 

Dans de sem­blables disputes les hérétiques affectent d'habitude beaucoup de zèle pour la vérité et la vertu ; c'est pour cela qu'il faut être circonspect, et ne pas se laisser éblouir par des paroles qui ne signifient rien, par des raisonnements qui ne prouvent rien.

 

Il est nécessaire aussi de tenir pour sus­pects beaucoup de récits dans lesquels ils exagèrent les abus et les vices, parce que l'esprit de secte et la haine profonde qu'ils nourrissent contre l'Église catholique ro­maine, les entraînent souvent jusqu'à la ca­lomnie, soit en inventant ce qui n'a jamais existé, soit en grossissant et en envenimant ce qui est vrai.

 

Le fidèle catholique, surtout s'il n'est pas suffisamment versé dans la connaissance de l'histoire, ne doit pas entrer dans les ques­tions où il s'agit de savoir s'il y a eu ou non plus ou moins de corruption en tel ou tel temps, en tel ou tel lieu, si tel ou tel ec­clésiastique ou évêque a rempli ses devoirs ou non.

 

Le moyen le plus court et le plus ju­dicieux de répondre à de pareilles difficultés est renfermé dans le dialogue suivant :

 

Le protestant dira : en tel siècle il y a eu tel et tel abus ; même à Rome on remarquait tel ou tel excès ; les ecclésiastiques n'accom­plissaient pas leurs devoirs, s'abandonnaient au vice.

 

Le catholique. Je n'examinerai pas ce qu'il y a de vrai ou de faux dans ce que vous dites; mais je veux bien supposer que tout cela soit ainsi. Jésus-Christ n'a point dit qu'il fondait une Église, dans laquelle tous les papes seraient bons, dans laquelle tous les évêques et tous les ecclésiastiques rem­pliraient toujours leurs devoirs; ce qu'il a dit c'est qu'il ne permettrait pas que cette Église tombât dans l’erreur, et qu'il serait avec elle jusqu'à la consommation des siè­cles. Qu'ont de commun les vices soit des ecclésiastiques, soit des évêques, soit des papes, avec la doctrine qu'ils enseignent? Ils sont chargés de me l'enseigner, je vois en eux des envoyés de Jésus-Christ; s'ils sont vicieux, je m'en affligerai, j'en aurai pitié, cependant cela ne m'autorise pas à me séparer de leur doctrine. Jésus-Christ m'a dit d'écouter ses ministres, et il ne m'a pas dit que je devais les suivre s'ils étaient mauvais.

 

Le protestant. Comment est-il possible que Jésus-Christ pour nous enseigner la vérité, ait  voulu se servir de ministres per­vers? Qu'a de commun la sainteté avec le vice, la lumière avec les ténèbres ?

 

Le catholique. Voyez comment chacun con­sidère les choses à sa façon. Je suis si loin de m'étonner de ce qui vous paraît étrange, que je trouverais très irrégulier au contraire que Jésus-Christ n'eût voulu se servir que de ministres vertueux seulement. Car ou bien il eût fallu en pareil cas qu'il opérât conti­nuellement un grand miracle, en ne permet­tant qu'en aucun temps et en aucune partie du monde aucun ministre de l'Église com­mît un seul péché, ou bien il eût été néces­saire qu'il nous donnât une marque certaine pour reconnaître parmi ses ministres ceux qui seraient pécheurs, afin de savoir que nous ne devions pas les écouter. Or vous savez, et tout le monde sait, qu'il y a beau­coup de péchés qui peuvent se commettre sans que personne d'autre le sache que celui qui les commet : en pareil cas quel remède aurions-nous?

 

 Dieu devrait nous envoyer continuellement des anges pour nous révéler de ne point écouter tel ecclésiastique, tel évêque, parce qu'il aurait commis à telle heure tel ou tel péché. Ne voyez-vous pas en quelle confusion nous nous trouverions tout de suite, si nous suivions une semblable doctrine ?

 

Ne voyez-vous pas combien il est peu fondé de dire que l'Église romaine a erré, et que nous ne devons point l’écouter, en appuyant cette assertion sur les vices des ecclésiastiques, des évêques, et même des papes ; et cela même en supposant que ces vices ont été aussi nombreux et aussi graves que vous le dites, et même qu'ils l'ont été beaucoup plus?

 

A suivre…

 

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 12:42

Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (19)

Si l’on veut rendre manifeste l'égarement où se trouvent toutes les sectes séparées de l'Église romaine, il n'est pas nécessaire d'at­taquer une à une toutes les erreurs dans lesquelles elles sont tombées, mais il suffira d'exposer une raison, qui militant également contre toutes, les convainc toutes de faus­seté.

 

 

Pour ce faire nous leur demanderons : quelle est la véritable Église? Il est clair qu'elles doivent convenir que c'est celle qui ayant été fondée par Jésus-Christ et les apôtres, s'est perpétuée jusqu'à nous. Bien.

 

 

Continuons : quelle est l'église qui réunit ces caractères? Est-ce l'Église romaine, ou quelqu'une des autres? Qu'elles se présentent toutes en ligne de bataille, luthérienne, cal­viniste, protestantes de tout nom, nous les mettrons en déroute à l'aide d'une seule question. Et cette question sera : Qui t'a fondée? Moi, répondra l'une, Luther m'a fondée; moi, Calvin, dira l'autre; Socin, exclamera celle-ci; Fox, dira celle-là; et ainsi pourrons-nous nous adresser successi­vement à toutes.

 

 

C'est à dire que leur an­cienneté remonte à deux cents ans, ou à trois cents ans tout au plus, tandis que la fondation de l'Église romaine date de l'apô­tre saint Pierre, et que la succession de ses pontifes s'étend par une chaîne non inter­rompue de saint Pierre au Pape actuel Pie IX.

 

 

C'est là un argument sans réplique, puisqu'il est fondé sur un fait que ne peuvent nier les protestants eux-mêmes, et qu'à dire vrai ils n'ont jamais osé nier non plus.

 

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 09:37

Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (18)

Nous avons démontré que Jésus-Christ n'était point un imposteur, qu'il avait tous les caractères d'un envoyé du ciel : donc tout ce qu'il a enseigné est la pure vérité ; donc ce qu'il a promis s'accomplira ; donc la sainte Église qu'il a fondée durera, comme lui-même l'a dit, jusqu'à la consommation des siècles; donc cette Église à laquelle il a promis son assistance ne peut nous trom­per; et par conséquent nous devons nous re­poser tranquillement dans la foi que nous lui portons, sans qu'il nous soit permis de dou­ter d'aucun des articles enseignés par elle.  (On parle ici de l’enseignement traditionnel, de la véritable Église, celle d’avant le concile hérétique de Vatican 2) *

 

 

Cette Église dans le sein de laquelle nous devons rester, est l'Église catholique, apos­tolique, romaine, laquelle reconnaît pour chef visible le Pape de Rome; car il ne suffi­rait pas d'être convaincus que Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme, et qu'il est venu au monde pour nous racheter, et que toutes les religions autres que la Religion chré­tienne sont fausses, si nous n'étions unis avec la véritable Église qui est l'Église ca­tholique romaine.  (N’oublions pas que le véritable chef de la sainte Église fondé par N. S. J.-C., est SS Pape Paul VI en exil et toujours vivant.) *

 

 

Quelques éclaircissements particuliers sont nécessaires ici. Comme les sectes séparées de l'Église catholique se nomment aussi chrétiennes, il pourrait arri­ver en effet que quelque imprudent se laissât tromper par la sainteté de ce nom, et tombât dans l’erreur en se persuadant qu'il suffit d'appartenir à une de ces sectes pour obtenir le salut éternel. (Depuis Vatican 2, une secte judéo maçonnique  occupe l’église et dupe une grande partie des croyants superficiels et crédules. Réveillez vous, cette religion est bien une secte satanique, [SS Paul VI ayant perdu son pouvoir de diriger, a dit que: "les fumées de Satan étaient entrées dans l'Église",] qui a pour mission de détruire la véritable Église. Jusqu'alors cette tentative avait toujours avorté, parce que les membres de cette sainte Église, savaient encore prier et savaient aussi se sacrifier pour une sainte cause : Notre salut éternel et la gloire de Dieu.) *

 

* Les commentaires entre parenthèses sont d’elogofioupiou.

 

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 08:22

Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (17)

Peut-être se trouvera-t-il quelqu'un pour dire que l'idolâtrie existait avant la venue de Jésus-Christ, répandue pour ainsi dire dans le monde entier, et qu'encore aujour­d'hui elle conserve assujettis à son empire beaucoup de peuples de la terre ; et qu'il est pourtant clair qu'il ne s'ensuit pas nécessairement que l'ido­lâtrie est la religion véritable.

 

 

Nous avons vu combien est faible le rai­sonnement tiré de la religion de Mahomet ; beaucoup plus faible encore est celui que l'on fonde, comme nous venons de le mon­trer, sur l'extension et la durée de l'idolâtrie.

 

 

En premier lieu, l'idolâtrie n'est pas une re­ligion, mais un assemblage de toutes les erreurs et de toutes les monstruosités. Dans tel temps et dans tel pays, elle se présente sous une forme, dans d'autres sous une forme toute différente : nous ne voyons pas en elle une religion formée sur un plan ré­gulier, mais une masse informe d'erreurs qui se sont amoncelées avec le temps, masse qui se compose de vérités altérées et défigu­rées , de fictions complètement arbitraires, d'allégories mal comprises, de passions divi­nisées ; nous n'y voyons rien de fixe, d'uni­forme, rien qui indique un plan, non pas seulement inspiré de Dieu, mais qui ait pu être arrangé par un homme.

 

 

Comment oser après cela comparer la Religion chrétienne avec l'idolâtrie! Cette sainte Religion où tout est d'accord et pro­portionné, tout est noble, pur, élevé, avec cette religion méprisable, où tout est dispa­rate, informe, mesquin, et souillé de toutes parts par la flétrissure du vice !

 

 

Cette reli­gion divine, si parfaitement d'accord avec toutes les lumières naturelles, qui enseigne bien, il est vrai, des mystères supérieurs à la raison, mais rien de contraire à la raison, comment la comparer avec ce monstrueux assemblage d'erreurs et de délires de l'ido­lâtrie!

 

 

Avec cette tourbe de dieux et de déesses qui se querellent entre eux, se haïs­sent, se portent envie, se font la guerre, commettent des vols et des adultères, se souillent de toute espèce de vices, favorisent la corruption, se complaisent aux sacrifices de sang humain, exigent pour leur culte les actes les plus honteux, et qui mêlés, confon­dus sans ordre ni harmonie, sont tous assujettis à une certaine divinité aveugle, dont personne ne sait ce qu'elle est, et dont on ne connaît que le nom, le destin!

 

 

Cette chose qui à la première vue répugne si fort à la raison, il se trouvera quelqu'un qui osera la comparer avec notre Religion auguste ! Pour se convaincre de ce qu'il y a de monstrueux dans une semblable comparaison, est-il be­soin par hasard de quelque chose de plus que d'ouvrir un de ces livres où est contenue l'histoire des faux dieux, et de la comparer avec la doctrine du catéchisme chrétien, et avec les récits de l'Ancien et du Nouveau Testament ?

 

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 00:32

Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (16)

Quelques-uns diront peut-être que la reli­gion de Mahomet a pris aussi beaucoup d'ex­tension : mais à cela nous répondrons que Mahomet et ses successeurs ont répandu leur religion par le moyen des armes; leurs preuves étaient l’épée  levé sur la tête des vaincus : ou croire ou mourir.

 

 

Ont-ils fait ainsi les apôtres allant seuls par le monde, sans autres armes que leur bâton de voya­geurs? Mahomet, quand il commença ses prédications, était un homme fort riche et très puissant, instruit dans la langue de son temps et de son pays, tenu pour sage parmi les siens, et exerçant une influence con­sidérable; Jésus-Christ était d'humble con­dition, il n'avait pas appris les lettres, et il était si pauvre qu'il naquit dans une étable, et qu'il n'avait pas où reposer sa tête.

 

 

Ma­homet, loin de contrarier les passions, les a flattées, en accordant à ses sectateurs la plus ample liberté dans les choses qui exercent le plus de séduction et d'entraî­nement sur le cœur de l'homme; Jésus-Christ, au contraire, loin de flatter aucune passion, loin d'innocenter aucun vice, a tou­jours parié avec franchise contre tout désor­dre moral, n'a excusé aucun mal, et a en­seigné par sa parole et par son exemple l'étroit sentier de la vertu.

 

 

Qu'y a-t-il donc de commun entre Mahomet et Jésus-Christ? Tout bien examiné, nous voyons dans Maho­met un homme puissant qui se fait roi au moyen de divers artifices, qui étend ensuite son règne par la conquête, et qui impose sa religion à ses sujets, comme d'autres con­quérants ont imposé d'autres lois aux vain­cus. Qu'y a-t-il là de divin, de miraculeux ?

 

Il y aura, si l’on veut, astuce, habilité, va­leur, ou choses semblables; mais de surna­turel il n'y a rien ; rien qu'on puisse compa­rer seulement avec ce qui a été exécuté par Jésus-Christ.

 

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 00:11

Un jour Jésus demanda à Jean de la Croix quelle récompense il désirait de lui. Le saint répondit: Souffrir et être méprisé pour vous, mon Dieu. Souffrir ou mourir, s'écriait la grande contemplative d'Avila. Non pas mourir, mais continuer de souffrir, disait Madeleine de Pazzi. Et plus près de nôtre temps la petite sainte de Lisieux disait: J'en suis venue au point où je ne puis plus souffrir, car toute souffrance est devenue un délice pour moi.

 

Quel est le secret de cette ardente soif, de cet amour passionné de la souffrance que nous voyons chez les saints? Le secret est simplement l'amour pour Dieu et pour Jésus crucifié qui les consumait. La souffrance ne les troublait pas, quelque forme qu'elle prît. Elle leur semblait quelque chose de très désirable. Ils décou­vraient dans la souffrance d'inépuisables trésors, et un moyen d'accroître chaque jour leur amour irrassasié. Méditons parfois sur les grands avantages de la souf­france, et peu à peu nous réussirons, avec la grâce de Dieu, à en apprécier la signification comme le faisaient les saints.

 

La souffrance nous rend semblables à Jésus, et si nous aimons notre Sauveur d'un amour ardent et désintéressé, comment ne désirerions-nous pas de lui ressembler? N'est-ce pas une des facultés de l'amour de nous rendre conformes à l'objet aimé? Comment pourrions-nous contempler Jésus souffrant, souffleté, crucifié, et pourtant fuir tout ce qui nous fait ressembler à lui même au moindre degré?

 

Quelques saints se sont efforcés d'imiter la Passion de notre Sauveur dans tous ses détails. Le bienheureux Henri Suso jouait le drame de la Passion dans le jardin et les cloîtres de son monastère. Sainte Rosé de Lima flagellait son corps, se fouettant jusqu'au sang; elle portait autour de sa tête une couronne de fer hérissée de pointes aiguës; elle portait pendant de longues heures une lourde croix sur ses épaules et attachait ses deux bras autour de la croix la nuit, unissant sa prière à celle de Jésus mourant. Ceci montre à quel point peut atteindre l'amour de Jésus crucifié et le besoin de lui ressembler, éprouvé par certaines âmes.

 

La souffrance nous fait ressembler à Jésus; elle nous donne aussi d'innombrables et parfois merveilleuses occasions de prouver notre amour pour lui. Sans aucun doute il y a beaucoup d'autres façons de prouver cet amour. L'obéissance, la chasteté, l'humilité, l'amour pour nos frères, toutes les vertus sont des expressions de notre amour. De la même façon la contemplation, l'activité apostolique, la charité nous offrent tour à tour des occasions de manifester notre amour et de démontrer à Jésus combien nous l'aimons.

 

Mais l'âme enflammée d'amour, l'âme réellement amoureuse de Dieu sent instinctivement que la souffrance sous ses mille formes offre peut-être le meilleur moyen d'aimer. Et ce moyen satisfait l'âme. Elle n'a pas besoin d'autre motif, elle ne désire pas d'autre récom­pense. Comme l'a dit si justement saint Augustin: Aimer est la récompense même de l'amour.

 

L'amour est essentiellement le don de soi; donc nous aimons dans la mesure où nous nous donnons. Comment peut-on se donner plus effectivement que par la souffrance endurée, recherchée, aimée pour le bien-aimé? L'amour est aussi un oubli de soi-même. Plus nous nous mettons de côté pour celui que nous aimons, plus nous aimons, et comment pouvons-nous nous oublier plus complètement que par la souffrance aimée pour Jésus?

 

L'amour est un sacrifice, une immolation de soi-même. Et quelle belle immolation de soi-même que la souffrance chrétienne!

 

Aimer la croix pour l'amour de Jésus, c'est préférer Jésus à soi-même, préférer ses désirs, ses joies aux nôtres. L'âme qui souffre avec amour et par amour se compte elle-même comme rien. Jésus est son tout. Cette âme éprouve un charme secret à s'humilier devant lui, à ne compter pour rien ses goûts, ses dégoûts» son bien-être afin de prouver sans aucun doute son amour pour Jésus. En outre, qu'est-elle comparée à lui qui est la suprême Beauté, Bonté, Douceur. L'âme est une créature insignifiante et pécheresse. Aussi est-ce avec joie et en toute sincérité que nous nous écrions, surtout aux heures d'amour passif: O mon Sauveur, un sourire sur vos lèvres divines vaut bien toute une vie de travail et de souffrance.

 

La souffrance nous permet de témoigner notre amour à Jésus et par le fait même nous donne l'occasion de le rendre heureux. Rendre Jésus heureux, lui donner joie, lui plaire, comme cela est doux si j'aime le divin Maître vraiment et tendrement! N'est-ce pas le rêve de ma vie, mon seul et unique idéal? Que m'importent les richesses de ce monde, la gloire et les louanges des hommes? Que m'importent les plaisirs des sens et tout ce qui enchante mon moi intérieur comparés à l'amour de Jésus?

 

Ma seule satisfaction est de plaire à Jésus, c'est lui seul que je désire aimer en ce monde, lui que je désire au lieu de ce moi trop aimé jusqu'ici. En consé­quence, je veux souvent répéter: O mon bien-aimé Jésus, je ne demande qu'une joie ici-bas, la joie de vous rendre heureux.

 

Or où pourrais-je mieux trouver cette joie que dans les mille et une souffrances qui composent ma vie? Chaque croix, toute petite qu'elle est, devient, si je l'aime, un baiser de mon âme à Jésus. Chaque souffrance lui dit: Mon Sauveur, je vous aime, je vous aime mille fois plus que moi-même; je n'aime que vous en ce monde.  Si seulement je pouvais voir de ce point de vue la petite souffrance de chaque heure, combien chaque souffrance me paraîtrait agréable, combien je souhaiterais qu'aucune souffrance ne me soit épargnée.

 

Voilà pourquoi la petite sainte de Lisieux aimait tant les croix. Cueillir des fleurs et répandre leurs pétales aux pieds du Christ crucifié n'était que l'expres­sion de son amour passionné pour les souffrances quotidiennes qu'elle rencontrait, l'expression du désir de son cœur de ne laisser échapper aucune occasion de souffrir pour Jésus.

 

Donc nos souffrances, endurées comme elles doivent l'être, sont, comme nous l'avons dit, des baisers à Jésus crucifié. Mais la souffrance est aussi le baiser de Jésus crucifié à notre âme. Les âmes ordinaires ne voient généralement dans la souffrance qu'une punition de Dieu, une preuve de sa justice ou de son déplaisir. L'âme généreuse, au contraire, trouve dans la souffrance une preuve de l'amour de Dieu pour elle. Elle ne voit pas la croix toute nue, elle voit Jésus crucifié sur la croix, Jésus qui embrasse l'âme avec amour et attend d'elle en retour un généreux et tendre consentement.

 

Combien transfigurée nous paraîtrait la croix si nous la considérions ainsi, un embrassement de notre Sauveur, une effusion de son amour. Combien nous l'aimerions entièrement! Avec quelle joie nous la salue­rions, disant avec l'Apôtre: Dieu me préserve de me glorifier sauf en la croix de Nôtre Seigneur Jésus-Christ!  (Gai., 6, 14).

 

Mais pour voir la croix de ce point de vue, je ne dois pas la considérer d'une manière théorique ou poétique. Pour moi, la Croix de Jésus, c'est tout ce qui me fait souffrir. Les baisers de Jésus à mon âme, pour si étrange que cela paraisse, ce sont les nombreuses petites souffrances de ma vie quotidienne, les petits manques de considération à mon égard, ces continuels dérangements au milieu de mes occupations, cette vie monotone qui est mon sort, ces compagnons qui me montrent si peu de sympathie, ces infirmités corpo­relles qui m'attaquent de temps en temps. A ces épreuves je puis ajouter les silences prolongés de Jésus dans mon cœur, ces imperfections rebelles qui résistent à tous mes efforts, les tentations qui parfois m'assaillent, et même les aspirations inaccomplies et douloureuses de mon âme.

 

Hélas! Qu’il est rare que je réussisse à trouver le divin Maître en toutes ces circonstances! Quel grand art de pouvoir découvrir, avec les yeux d'une foi vive et d'un ardent amour, Jésus défiguré, méprisé, à peine reconnaissable sous ces apparences peu attrayantes! Car c'est vraiment l'amour de Jésus pour nous et son désir d'être aimé en retour qui disposent et arrangent tous les détails de notre vie, qu'ils soient désagréables ou agréables à notre nature. A chacune de ces souffrances Jésus est caché, mais nous crie: Chère âme, je vous aime, aimez-moi en retour.

 

Aux âmes qui ont soif de l'amour divin les souffrances semblent attrayantes pour une autre excellente raison: la souffrance apaise à un certain degré la soif d'amour qui les consume. Si nous avons quelque peu compris combien Dieu est adorable et en même temps combien notre moi est haïssable, nous devons avoir éprouvé, du moins à certains moments, un intense désir d'aimer davantage, d'une façon plus pure et plus désintéressée. Et nous aurons acquis peu à peu une conscience claire que, quoi que nous puissions faire, quelque ardent et pur que soit notre amour, nous n'aimerons jamais Dieu autant que le mérite son infinie bonté. Cette conscience deviendra petit à petit une vive et intense souffrance qui, à mesure que nous progressons en amour, deviendra la plus grande et plus profonde souffrance de notre vie.

 

Si nous sommes de ces âmes bénies que l'amour divin a blessées de la blessure incurable causée par l'insuffisance même de leur amour pour Dieu, la souf­france doit être pour nous, sous quelque forme qu'elle vienne, le meilleur baume pour notre blessure d'amour. Car elle nous apporte, comme nous l'avons vu, des occasions répétées d'aimer, de nous approcher de cet immense et très pur amour dont nous désirons brûler. En outre, bien que d'abord cela puisse paraître sur­prenant, la souffrance de ne pas aimer assez sera elle-même notre meilleure consolation et un très puissant remède à notre tristesse. Les âmes qui ont enduré ces souffrances bénies le savent par expérience. Pour rien au monde elles ne voudraient échanger la blessure douloureuse et pourtant bénie produite par l'insuffisance de leur amour.

 

Nous avons vu quelques-uns des grands avantages que l'amour de la souffrance nous apporte. Il y a beau­coup d'autres raisons d'aimer la souffrance. Par exemple, nous savons tous, bien qu'il nous arrive de l'oublier, que la croix est un moyen indispensable au succès de notre activité apostolique. La plupart des saints illustres qui ont fondé les grands ordres de l'Église ou accompli des merveilles pour le salut des âmes ont passé par de grandes tribulations avant de conquérir le succès que le monde a admiré après leur mort, sinon durant leur vie. Thérèse de Lisieux a dit justement: C'est beaucoup plus par la souffrance que par de brillantes prédications que Jésus veut établir son règne.

 

Mais examiner toutes les raisons d'aimer la croix, cela nous entraînerait trop loin. Ce que nous avons vu suffit pour nous faire accueillir avec joie et amour toutes les afflictions qu'il plaît à Dieu de nous envoyer. Soyons pleinement convaincus que si Dieu, qui est à la fois l'incomparable médecin et Père, juge bon de nous faire souffrir, c'est qu'à ses yeux la souffrance est très bonne et très précieuse. Autrement il ne consen­tirait jamais à employer ces amers remèdes qui causent tant de peine à ses enfants bien-aimés.

 

Extrait de : LA VERTU D’AMOUR. Paul De Jaegher. S. J. (1957)

                   «Le feu de l’amour est plus purifiant que le feu du purgatoire».  Ste Thérèse de l’Enfant Jésus.

 

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 03:48

Les preuves de la religion mises à la portée des enfants… (15)

Après avoir exposé des preuves si con­vaincantes de la Religion chrétienne, nous finirons par en mentionner une qui se pré­sente d'elle-même aux yeux de tout le monde, et qui pour être comprise n'a pas besoin qu'on consulte la sainte Écriture, ni les saints Pères, ni qu'on lise l'histoire profane, ni qu'on examine les miracles qu'a faits Jésus-Christ, ni les prophéties qui l’ont an­noncé, mais qui exige seulement un regard jeté sur des faits admis par tout le monde.

 

 

Pour être mieux compris, nous supposerons que nous ne savons rien de certain sur les autres preuves qui manifestent invinci­blement la vérité de la Religion. Personne ne nie, même pas les impies, que Jésus-Christ a changé la face du monde entier : le monde était idolâtre, et il s'est fait chrétien. Personne ne peut douter si peu que ce soit, puisque nous le voyons de nos yeux, que la Religion enseignée par Jésus-Christ dure toujours, et s'étend sur une grande partie de la terre ; personne ne conteste que Jésus-Christ était un homme de condition humble et pauvre, qu'il en était de même des apôtres, et que pour établir et propager la Religion chrétienne on n'a point usé de la force des armes, car je ne sache pas qu'on ait jamais dit que Jésus-Christ et ses apôtres avaient été des conquérants ; enfin personne ne peut nier que les préceptes et les conseils de la Religion chrétienne sont en lutte ouverte avec nos passions, qu'elle les contrarie à chaque pas, et qu'elle exige fréquemment de nous des sacrifices très douloureux à notre cœur.

 

 

Tous ces faits étant incontestables et à la portée de tout le monde, j'emploierai le rai­sonnement de saint Augustin. Changer la face de l'univers, en obtenant que sans forces, sans armes, sans violence d'aucune sorte, des personnes de tout âge, de tout sexe, de toute condition, se soient enrôlées dans la Religion chrétienne, vieillards, jeunes gens, enfants, riches et pauvres, savants et ignorants, et cela non paisiblement, mais en se privant de leurs biens, en sacrifiant leur vie au milieu des plus cruels tourments; arriver à ce que cette religion se soit établie, étendue, perpétuée en dépit des efforts des princes de la terre, des sages du monde, de la résistance de toutes les passions ; chan­ger, je le répète, la face du monde de cette manière, Jésus-Christ et ses apôtres l'ont-ils fait, en opérant de grands miracles, oui ou non?

 

 

Si c'a été avec des miracles, la Religion chrétienne est donc vraie; si c'a été sans miracles, alors je demanderai si ce n'est pas le plus grand des miracles de convertir le monde sans miracles; je demanderai s'ils étaient fous les hommes qui sans preuves, sans aucune manifestation d'une mission divine, sans y être forcés, en s'exposant au contraire à périr d'une mort infâme, ont voulu suivre la doctrine de quelques prédi­cateurs pauvres, ignorants, envoyés par un autre homme qui avait été condamné au der­nier supplice? Cela ne souffre pas de répli­que.

 

 

Qu'ils y réfléchissent ceux qui si légè­rement nient la vérité de notre Religion, et ils trouveront là quelque chose de plus so­lide que dans les frivoles discours de ceux qui les ont trompés.

 

 

Extrait de : Les preuves de la religion mises à la portée des enfants.  Dr Jacques Balmès. (1869)

 

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